Les pharmaciens pourront-ils bientôt vacciner ?
Le projet de loi santé de Marisol Touraine considère que Leclerc ou Carrefour pourrait assurer un meilleur service de santé, que votre pharmacien de proximité, notament en matière de vaccination. Les risques éventuels d'allergie n'entreraient plus en ligne de compte que des pharmaciens en ce que la santé coûterait moins cher.
Vers un service de santé "low cost"
Dans cette optique d'un service de santé à deux vitesses, les plus défavorisés se poirraient se mettre entre les mains des hypermarchés, voire des supérettes.
Se faire vacciner par votre pharmacien de quartier - où d'ailleurs -, cela pourrait être possible dès 2015. Le projet de loi santé de Marisol Touraine prévoit d'autoriser en urgence les pharmaciens à pratiquer ce type d'acte, en lien avec le médecin traitant. Mais ce sera toujours ce dernier qui pourra prescrire le vaccin. Bilan : un remboursement de visite obligatoire au médecin prescripteur mais, vu la logique comptable du gouvernement socialiste, le risque - à plus ou moins brève échéance - de la suppression du remboursement de l'acte infirmier.
Couvrir 95% des Français est un faux argument.
L'objectif affiché est de faire du vaccin un consommable comme le préservatif. notamment pour les personnes qui vivent dans des déserts médicaux, principalement les ruraux. Couvrir à terme 95% des Français est loin d'être le cas aujourd'hui chez les adolescents et les adultes, si l'on se rapporte aux données de l'Institut de veille sanitaire. Par exemple, concernant la grippe, seuls 50% des plus de 65 ans se vaccinent, alors que l'objectif est d'atteindre les 75% de couverture vaccinale. Or, la responsabilité de la vaccination appartient aux parents.
Des économies certaines.
Passer par un pharmacien coûtera moins cher qu'une consultation chez le médecin traitant, si elles ne s'aditionnent plus... La rémunération du pharmacien de grande surface n'est pas encore fixée. Mais le tarif devrait être aux alentours de 10 euros - c'est ce que fait payer aujourd'hui un infirmier qui pratique un vaccin - contre 23 euros en passant par un généraliste, passage pourtant toujours obligatoire.
Quels vaccins ? Pour l'instant, on ignore le nombre et le nom des vaccins qui seront concernés par cette "délégation" aux pharmaciens de deuxième catégorie qui accepteraient de former un "sous prolétariat", parce qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter leur propre officine ou ne peuvent hériter d'un parent, selon le ministère de la Santé. L'union des syndicats de pharmaciens d'officine affirme que le vaccin contre la grippe en fera parti.
Des pharmaciens au rabais devront être formés à la vaccination des populations xogènes. "Le Portugal a franchi le pas il y a six ans. Aujourd'hui, 80% de ses pharmaciens vaccinent, notamment contre la grippe", se félicite Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. Pas question, évidemment, de vacciner devant tout le monde, au comptoir! Les défavorisés ne sont pas des sous-hommes... Le pharmacien devra prévoir un espace de confidentialité dans son officine.
Tout est pour le mieux