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mercredi 7 février 2018

Egalité des genres et viol : Daval vs Darmanin, le parti-pris de Schiappa et Haas

La procureure Schiappa prend le parti des femmes en fonction des hommes accusés de violences sexuelles

La conception à géométrie variable de l'égalité femmes-hommes

L'activiste féministe à la tête du secrétariat d'Etat est une 'imposteuse' 
Marlène Schiappa est rattrapée par ses bavardges à tort et à travers, notamment sur les affaires Daval et Darmanin. La guerre des sexes qu'elle a ouverte, avec Caroline de Haas (Osez le féminisme), à la faveur du grand remue-ménage de l’affaire Weinstein parmi les starlettes en quête d'un rôle à tout prix, semble connaître une trêve. Pour comble d'infamie entachant la sincérité des furies, cette pause dans leur curée correspond aux mises en cause de l’islamologue Tariq Ramadan qui vient d’être mis en mis en examen et placé en détention provisoire à la suite de dénonciations de viols par deux plaignantes, et de Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, pour des faits que la plaignante qualifie de viol par surprise. 

Le membre du gouvernement se voit renouveler "la confiance et la solidarité" du président de la République, du Premier ministre et de l’ensemble de ses collègues en tout genre du gouvernement. Depuis, le président Macron a par ailleurs engagé Nicolas Hulot, numéro trois du gouvernement, à tenir face aux deux accusations de viol(s) dont il se défend, lui aussi. Le mot d'ordre : pour assurer le renouvellement annoncé des pratiques publiques, faire le dos rond à deux têtes...

Marlène Schiappa s’indignait hier encore de "l’impunité des crimes sexuels en France". Mais la troll des réseaux sociaux est soudainement saisie d'un engourdissement général, passé du cerveau au reste du corps: voilà que la secrétaire d’État auprès du Premier ministre, héraut de l’égalité entre les femmes et les hommes, qui était accablée par une diarrhée verbale et écrite et aujourd'hui frappée de mutisme profond

Par respect pour les femmes violentées, de nombreux marcheurs de l’Assemblée nationale ont offert une "standing ovation" à Gérald Darmanin, mardi 30 janvier: puisqu'il n'est pas mis en examen, il est honoré par les acclamations de godillots. Ca doit lui faire chaud partout : pourvu qu'il ne se croit donc pas encouragé à saisir les prochaines occasions que procure sa lourde charge au Budget: les exilées fiscales et autres phobiques administratives. D'autant que - en même temps- il conserve la "totale confiance" du gouvernement, alors que s’ouvre l’enquête préliminaire pour les faits dénoncés par Sophie Spatz. 

Militante féministe qui conseille et oriente les victimes supposées de violences, vers des associations, des collectifs et des avocatEs, Caroline de Haas réagit à l'accusation de viol de l'ex-call-girl Sophie Spatz à l'encontre de Gérald Darmanin.

Haas dénonce aussi le parti-pris de la "patronne du Parquet", la garde des Sceaux de Macron, Nicole Belloubet, pour sa solidarité avec Darmanin et estime que si un homme désapprouve #balancetonporc, c'est que le quidam a peut-être quelque chose  à se reprocher : les hommes, tous coupables ?


Le féminisme radical menace-t-il l'égalité entre les genres et la démocratie ?
Dans le même temps, une pétition mise en ligne par des féministes de combat, et Haas est de ces activistes chassant en meute, intimidant et accusant d'extrémisme, estimant une mise en cause pour viol incompatible avec le maintien d’un ministre à son poste. Les enseignements tirés de cette pétition seront peu-être exploités sereinement dans un contexte tendu de guérilla inter-genres, mais elle ne semble pas, pour l'heure, rencontrer le succès escompté, ni auprès des hommes, ni parmi les femmes équilibrés. Les excès de ces excitées produisent l'effet inverse de celui espéré, mais une activiste sans cause à défendre durablement se condamnerait à l'aléatoire d'une reconversion. Il n'est donc pas assuré que ces sexistes déjà si mal dans leurs peaux recherchent des solutions apaisées. 
Un classement officiel sans suite ne serait une double peine que pour les victimes authentiques et certainement pas pour celles (et ceux) dont c'est le fonds de commerce politico-médiatique. 

Faire avancer la justice (et le droit) et reculer les hommes
Comme Haas, sa protégée, Sophie Spatz, ne reconnaît "aucune intention de nuire". Elle n'aurait d'autre objectif que "les services enquêteurs puissent travailler sereinement […] afin que justice soit rendue"

Pour prendre la mesure de l'urgence d'une instrumentalisation du tribunal médiatique, il faut comprendre que les féministes veulent atteindre  le judiciaire qui, s'il s'en emparait, ouvrirait la voie menant au législateur par le biais de cette affaire. Il faut remonter le temps jusqu'en 2009. 
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Ancienne call-girl, condamnée en 2004 pour des faits de chantage, appels malveillants et menace de crime, la plaignante avait approché différents responsables politiques pour faire réviser cette condamnation, pourtant définitive puisque confirmée en appel. Gérald Darmanin, alors âgé de 26 ans (aujourd’hui plus jeune ministre du gouvernement), était l’un d’entre eux. 
Le jeune chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP va, selon les dires de la plaignante, lui offrir une oreille si attentive que l’exposé de son cas sera suivi d’une invitation à dîner, puis d’une virée en club libertin et enfin d’un rendez-vous dans une chambre d’hôtel : cet enchaînement ne plaide pas, on en conviendra, en faveur de la thèse d'un "effet de surprise". Ce d’autant que la promesse d’intervention, à l’issue du dîner, laissait clairement entrevoir une contrepartie sexuelle : "Je ne suis pas une gamine, j’ai compris tout de suite", confiera la plaignante au journaliste du Monde, la professionnelle du sexe consentant finalement à une relation sexuelle, tout en disant s’être sentie "prise en otage", en raison du besoin qu’elle avait de l’intervention promise. 

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Haas et sa protégée évacuent le fait que la sollicitation première est la responsabilité de la quémandeuse. Il n'est pourtant pas assuré que son consentement soit retenu contre elle, puisque lele procès s'engagera sur une base incertaine et discutable :  la plainte sera déposée pour viol et non pour harcèlement sexuel, infraction que l’on aurait pourtant pu invoquer, devant une relation sexuelle "extorquée" en échange de promesses ou de faveurs. L'homme piégé n'a pas de recours : il est entendu par la loi que l'homme est un potentiel prédateur... 
C’est prostrée, en proie au douloureux sentiment de "s’être fait avoir" que son mari dit l’avoir accueillie à son retour au domicile, au petit matin. Sophie Spatz dénonce une première fois les faits en novembre 2009 : elle écrit alors à l’assistante parlementaire de Jean-François Copé, pour ce qui, à l'origine, ne devait pas connaître d'autre ampleur que politique, en interne. 

Mais, dans sa réponse officielle du 10 décembre,
 le groupe UMP qui ne cherche pas étouffer l'affaire, lui conseille d’intenter une action en justice. Or, Sophie Spatz ne se rendra à aucune des convocations des policiers : le dossier sera logiquement refermé et la plainte classée sans suite. La plaignante n'avait pas été prise en mains par des féministes. 

Marlène Schiappa est dépassée par les accusations sur lesquelles elle s'est plu à polémiquer

Une aubaine pour les féministes.
En apprenant la nomination de Gérald Darmanin en mai 2017, la mémoire revient, la blessure se rouvre et la colère envahit Mme Spatz, à la faveur de la révélation par le New York Times et le New Yorker, en octobre 2017, qu'une douzaine de femmes accusent Harvey Weinstein, un producteur de cinéma américain renommé, de harcèlement sexuel, agression sexuelle ou viol. 
"Hystérique", selon ses propres termes, elle se promet d’obtenir la démission du jeune ministre, appelle l’Élysée, s’y rend, écrit à François Bayrou, éphémère garde des Sceaux… 

Au mois de juin 2017, elle rencontre la féministe engagée qui sera son sauveur, mais aussi son coach, Caroline de Haas. Celle-ci prend l’affaire en main, convainc Sophie Spatz (et  son mari) que le consentement n’en était pas un et que la "surprise" pourrait permettre de qualifier le viol. 
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Haas n'est pas une débutante : militante aux Scouts unitaires, aussi bien qu'à Amnesty International, aux Petits frères des pauvres ou à l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), elle participa en 2009 à la fondation de l'association Osez le féminisme !
En mai 2011, elle s'exprime sur l'affaire Dominique Strauss-Kahn, déclarant que "
la manière dont cette saga a été commentée en France par les média et les figures politiques met en lumière un sexisme débridé, dont nous connaissions l'existence".
En 2013, en réaction à la publication d'une pétition signée par "343 salauds", qui défendent la liberté d'utiliser les services de prostituées, elle crée le site 343 connards, qui permet d'envoyer des tweets à tous les signataires de cette pétition. Elle créera aussi un site internet destiné à encourager les internautes à dénoncer le machisme dans leur entourage.
Mais, lors des débats qui suivent les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 par des migrants à Cologne, Caroline De Haas répondit à ceux qui lient les agressions à l'arrivée de migrants en Allemagne par un tweet ainsi libellé : "Allez déverser votre merde raciste ailleurs"...
Quand, en janvier 2018, le ministre Gérald Darmanin est accusé de viol, Caroline de Haas s'empara de l'affaire et incita la jeune femme à re-porter plainte pour viol "par surprise", et chargea des amies avocates féministes de défendre l'accusation, pendant qu'elle-même en assurait la promotion dans les media (cf. RTL, ci-dessus). Une pétition de militantes féministes exigea la démission du ministre visé par une enquête préliminaire du Parquet de Paris.
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Florence Rault, avocate au barreau de Paris, s'indigna sur le blog VuDuDroit de cette méthode considérée comme peu respectueuse du travail de la justice : "[...] la meute est lancée et réclame à grands cris la démission du ministre, c’est-à-dire sa mort politique et sociale" et désigna Caroline de Haas comme "une des grandes prêtresses du néo-féminisme agressif". Dans un billet publié sur ...Mediapart, Caroline De Haas affirme : "Je suis sidérée par la réaction du Premier ministre qui, sans attendre que la justice soit rendue, a décidé qui avait raison ou tort dans cette affaire." "Il a toute ma confiance," a-t-il dit de l’accusé. [...] Le Premier ministre a donc déjà tranché. Il ne présume pas Gérald Darmanin innocent. Il affirme qu’il l’est. Avant la justice."
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Le risque politique couru Gérald Darmanin est donc modéré
Le tapage laissera des traces, en revanche. Si le dossier ressemble à ce qu’en dévoilent les media, la qualification de viol, fût-elle "par surprise" a bien peu de chances d’être retenue. Si des faits de harcèlement étaient qualifiés, ils seraient prescrits et ce, en dépit de la loi du 27 février 2017 qui doublait la prescription de ce délit, la portant de 3 à 6 ans. Mais un tel procès importerait moins aux harpies que de préparer le lit du sexisme féministe. 

Marlène Schiappa, "pompière' incendiaire

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Paradoxalement, dans le cas de Gérald Darmanin, elle rappelle que la présomption d’innocence vaut pour tous, citoyens comme politiques, mais,  au micro de RTL, se prenant pour la procureure, la sous-ministre n’hésite pas à requalifier en "assassinat" le meurtre de son épouse Alexia par son conjoint Jonathann Daval, alors même que le procureur de la République, Edwige Roux-Morizot, avait affirmé que la préméditation n’avait pas été retenue. 

"Porter la voix de la raison au milieu de cette folie médiatique" (et gouvernementale)
Dans le même élan juvénile, la secrétaire d’Etat se crut justifiée et autorisée - en dépit du principe constitutionnel de séparation des pouvoirs - à s'indigner du fait que des considérations sur la personnalité de la victime aient été avancées par la défense, ce qui reviendrait à "légitimer les féminicides", néologisme dû à son entourage d'intello-bobos. 
"Ce n’est pas une dispute, ce n’est pas un drame passionnel, c’est un assassinat !", s’emportait, hystérique, la membre du gouvernement au micro de RTL le jeudi 1er février. La prétérition ("je dis ça pour le cas général et pas pour cette affaire en particulier") n’y change rien : la qualification du crime venait d’être revue.

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Christophe Castaner dut monter au front pour se désolidariser de la meute des femmes soutiens-gorges au poing et rappela qu’ "un ministre n’a pas à commenter une affaire judiciaire". A fortiori lorsque le commentaire dénie aux avocats de la défense le droit de parler des déclarations de leur client et, dans une vision en noir et blanc de la relation auteur-victime, requalifie le crime. 

Le soir-même, la procureure Edwige Roux-Morizot dénonçait "l’indécence" de certaines déclarations médiatiques, la violation du secret de l’instruction et l’oubli de la présomption d’innocence. Mêlant fermeté du ton et sobriété, elle appela à "porter la voix de la raison au milieu de cette folie médiatique". L’utilisation du terme de "meurtrier" (et non d’assassin) présumé, comme en écho aux propos de Marlène Schiappa, prenait valeur de condamnation de  l'égarement de la ministre, sans que Haas ne sente pour autant le souffle du boulet. 

Résultat de recherche d'images pour "caroline de Haas et Vallaud Belkacem"Les experts psychiatres devraient s’inquiéter et partager cette indignation... Alors que la caractérisation du passage à l’acte est l’un des principaux enjeux d’un procès d’assises, les experts seront-ils désormais fautifs d'expliquer le crime par une interaction fatale entre auteur et victime, en l'espèce, la domination de l'époux par l'épouse ? L'emprise de l'une sur l'autre restera-t-elle tabou, du fait de la véhémence des réseaux féministes, avec le soutien d'individus du genre masculin de l'espèce molle, tels que Patrick Cohen, qui déterminent leurs convictions au doigt mouillé ? Sera-t-il "politiquement incorrect" de disculper l’auteur(e) et de blâmer la victime, en toute circonstance ? 

Le risque majeur actuel pour les 
hommes est l'inégalité face aux femmes en matière de justice.
Comme Hélène Roux-Morizot, souhaitons que la justice reprenne sa place et que la vérité triomphe des media et de l'activisme associatif ou en réseau.

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