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lundi 11 juin 2007

Résultats du 1er tour des législatives 2007

Résultats département par département
Dimanche 10 juin 2007 a eu lieu le premier tour des élections législatives. Il a été marqué par une forte abstention et la progression importante de la droite républicaine. Un second tour aura lieu dimanche 17 juin.

Le premier tour a été marqué par une abstention forte : 60,83 % seulement des Français se sont rendus aux urnes.

A l’issue de ce premier tour, la droite républicaine recueille 45,5 % des voix, soit 2 points supplémentaires par rapport à 2002. La gauche, elle, obtient 39 % des voix, contre 40 % il y a cinq ans.

110 députés ont été élus, tous de l’Union pour un mouvement populaire, à l’exception d’un député socialiste.


7 639 candidats en compétition

7 639 candidats se présentaient au premier tour dans 577 circonscriptions ; parmi eux, 41,6 % de femmes (le plus haut niveau historique). L’âge moyen des candidats était de 50,2 ans. La circonscription la plus disputée comptait 20 candidats.


Annonce officielle des résultats: VIDEO

Détail des résultats: cliquer ICI (Profession Politique)

CARTE DES RESULTATS

Sept ministres du Gouvernement ont été élus au premier tour :

François Fillon dans la Sarthe,

Jean-Louis Borloo dans le Nord,

Xavier Bertrand dans l’Aisne,

Valérie Pécresse dans les Yvelines,

Hervé Morin dans l’Eure,

Éric Woerth dans l’Oise

et Dominique Bussereau en Charente-Maritime.


Ministres en ballotage favorable:

Michèle Alliot-Marie

Roselyne Bachelot-Narquin

Christine Boutin

Ballotage plus difficile:

Alain Juppé, à Bordeaux

samedi 9 juin 2007

Le CG 13 accroît la fracture sociale

Le gouffre financier de ses espaces numériques de travail
Le Conseil Général des Bouches-du-Rhône dirigé par Jean-Noël Guérini pousse la démagogie un peu loin. Tout en accusant le gouvernement d’alourdir les charges régionales, le CG 13 dispose de l’argent public dans des opérations contestables sur le fond, grâce à une campagne publicitaire douteuse dans la forme. Les deux ont un coût…

Le Président ravi du CG 13 écrit : « […] Pour un jeune, ne pas maîtriser l’outil informatique ni internet est un handicap, quel que soit le métier auquel il se destine. »
Ce qui est un poncif sans fondement : de nombreux centres sociaux sont équipés par les communes, les centres multimédias fleurissent partout et les bibliothèques sont largement équipées. Cette opération est redondante et l’argument de Guérini n’est pas valide.
Il continue dans la même veine. « Doublant la fracture sociale, la fracture numérique amoindrit les chances de ceux qui, justement, en avaient le plus besoin. » 'Justement' pas ! Il suffit de passer un instant seulement dans les médiathèques pour constater que la fracture numérique est une mauvaise blague : la population qui fréquente les médiathèques est d’une part initiée et d’autre part très bruyante, constamment menacée d’expulsion et davantage intéressée au chat qu’à la recherche documentaire et culturelle. Aucune cotisation n’est généralement exigée, ou symbolique. Quiconque est motivé peut réduire la fracture numérique sans bourse déliée, jusque dans les villages.

Il s’enfonce dans l’erreur. « Pour apporter à tous les jeunes les compétences nécessaires, pour affronter les défis de demain, le Conseil Général 13 a voulu prendre la bonne décision. "
Or les ‘défis de demain’ sont relevés par ceux qui se bougent et non pas par ceux qui attendent que ça leur tombe tout cuit. Ce que le CG13 favorise en se faisant mousser. L’opération est médiatique en faveur du CG13 et non pas pédagogique. La ‘bonne décision’ aurait consisté à stimuler la jeunesse des Bouches-du-Rhône plutôt qu’à la ramollir.

Toujours plus profond, Guérini ! « Département pilote en la matière, il franchit aujourd’hui une nouvelle étape en allant du portable à la classe nomade, en étendant l’usage de l’ordinateur personnel à la famille, du collège au département numérique. » Et tout cela sans se soucier de savoir si les familles victimes de la fracture numérique parlent toutes la langue et utilisent toutes l’alphabet commun. Le département pilote en question contribue de fait à la fracture numérique avec les département moins riches de l’académie qui ne peuvent gaspiller. La fracture sociale n’est pas réduite par Guérini, mais aggravée. S’il est vrai qu’une opération dispendieuse comme Ordina 13 est la solution aux inégalités sociales, l’égalité scolaire est-elle de ce fait préservée partout sur le territoire national ? Les citoyens des départements alpins électeurs du camarade Jean-Louis Bianco à Digne, par exemple, candidats au bac, ont-ils les mêmes chances de réussite que ceux des Bouches-du-Rhône ?

Guérini se dilate bien comme il faut… « C’est tout le sens du passage du prêt au don de l’ordinateur portable : mettre notre département à la pointe du mouvement de fond créé par les technologies de l’information et de la communication dans notre société. » ‘Mouvement de fonds’ important, en effet ! Le financement est assuré à 100% par le citoyen...

Le Conseil Général des Bouches du Rhône a donc décidé de modifier quelque peu son opération Ordina 13. L’opération, qui a quatre ans « avait pour but jusqu’à présent de prêter un ordinateur portable à tous les élèves de 4e et 3e de l’ensemble des collèges du département » explique M. Doust, du service communication. En tout 60 000 ordinateurs sont prêtés chaque année, circulant de mains en mains entre les ex collégiens et les futurs 4ème.
Cette année, les ordinateurs seront tout simplement donnés à ces élèves, vient d’annoncer le Conseil général des Bouches du Rhône, royal, avec l’argent des contribuables…

Parallèlement à l’initiative, un programme d’informatisation des collèges a été mis en place avec comme cheval de bataille : un ordinateur fixe pour 5 élèves dans ces établissements publics, le câblage et la connexion internet haut débit, plus des bornes WiFi. Ces bornes permettent au Conseil Général d’épier ce qui se passe dans les collèges de l’Education Nationale. Outre le portable, « les collégiens bénéficient d’un accès Internet illimité dans le collège et 10h à la maison » (en RTC), explique le Département. Le projet a été épaulé par la création de 150 postes d’accompagnateurs informatiques et techniques (ATI), soit à peu près un par collège afin d’assurer l’assistance et la maintenance du parc. Parmi les logiciels installés, la suite bureautique, Star Office 7 et l’encyclopédie Hachette multimédia avec son atlas et sa partie dictionnaire.
De nombreux collèges n’utilisent pas les ordis en classe et les élèves ne les transportent pas : ils dorment à la maison où sont revendus à bas prix à la Porte d’Aix à Marseille, puisqu’il suffit de déclarer un vol. La quantité d’appareils endommagés et inutilisables dépasse les prévisions et incite le CG 13 à adapter son opération … « Dès cette année, malgré le succès mitigé en termes pédagogiques de cette offre, on a décidé de donner les machines » explique le Conseil Général rappelant qu’une grosse partie du public défavorisé n’a pas l’outil informatique à la maison. En vérité, nous le répétons, les ordis pouvaient être ramenés à la maison : la bonne preuve, c’est l’argument de propagande selon lequel chaque élève bénéficiait de 10h de connexion internet gratuite. « L’ordinateur sera nettoyé comme à chaque fin d’année. Ce sera LEUR ordinateur portable et nous rachèterons 30 000 nouveaux ordinateurs portables ». NOUS, ce n’est pas le Conseil Général socialiste du sénateur Guérini, soutien de Royal, mais VOUS, les contribuables de la région. Les ordinateurs sont des Nec dont le prix d’achat en 2003 était de 1000 euros pièce.

Si le contribuable croit être quitte, il se fait des illusions. Chaque collégien et ses professeurs devra à la rentrée être équipé de CLE USB. Evidemment, car si les portables dorment à la maison, les élèves n’y sont pas encore encouragés au collège par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône du socialiste Guérini ! Il fallait cela – pour un coût supplémentaire que vous imaginez– et faire de l’espace numérique plus qu’un gouffre financier, un lieu de …travail ! Une clé USB fait véritablement le lien entre le collège et la maison, tandis que l’ordi à raison d’un accès internet gratuit d’1h45 par jour pousse à la consommation payante, tant il est vrai qu’une recherche documentaire peut prendre beaucoup de temps, comme chacun sait. En fait, le système choisi par le CG 13 incite donc à court terme les parents à ne pas priver leurs enfants d’une souscription payante à un forfait auprès d’un fournisseur d’accès, pour environ 30€. De quoi réduire la fracture numérique, au dépens de la fracture sociale !
Plus raisonnable et sans doublon avec les ordis, nous verrons ci-dessous quel usage fait des clés USB le CG06.

Il faut ajouter à cela que la propagande éhontée est assurée par le CG13

A titre d’exemple, l’argent coule à flot sous formes de brochures et dépliants sur papier glacé. D’abord, le contribuable du département est heureux de financer le quatrième numéro de Le Mag (ou Ordinamag) , une publication grand format de 24 pages –tout de même– du Conseil Général, avec la tronche de Jean-Noël Guérini, comme sur toutes les autres, mais ici celle du recteur d’académie, Antoine de Gaudemar, dont le frère travaillait à Libération.
Le contribuable est en revanche heureux d’être soulagé dans le financement d’une BD de pas une de moins de cinquante pages (ci-contre à droite) sur papier glacé, intitulée Ca n’arrive p@s qu’aux autres, à laquelle pas moins de quatre scénaristes et une dessinatrice ont contribué. Vous attendiez-vous que les sponsors soient Boulanger et … Microsoft ?

La preuve de la pub dans les établissement scolaires, avec la participation du rectorat? Cliquer ICI...

A ceux qui considéreraient que la critique est facile, trop facile, PaSiDupes répond par l’exemple du Conseil Général des Alpes Maritimes :
Une clé USB au lieu de x livres dans le cartable
"Les quelques 13.000 élèves de 6e des Alpes-Maritimes vont recevoir une clé USB afin d'alléger les cartables, a annoncé le 04/09/2006Christian Estrosi, président du conseil général et ministre délégué à l'Aménagement du Territoire.Cette clé de 512 Méga Octets "permet de recueillir des cours et des exercices faits en classe puis de les utiliser chez soi ou dans l'établissement pour les familles qui n'ont pas d'ordinateur à la maison", a souligné M. Estrosi au cours d'une conférence de presse [...] Le conseil général va poursuivre l'expérimentation d'"espaces numériques de travail" (ENT) permettant aux élèves de quatre collèges de disposer d'un cartable virtuel personnel [...]"

Le CG06 n’est sans doute pas ‘pilote’, mais plus réfléchi que le CG13 et plus soucieux de l’argent public…
Information à l’attention des parents et fédérations de parents d’élèves qui font des déclarations dans les médias pour déplorer les années scolaires raccourcies…:
Les ordinateurs du Conseil Général sont distribués courant octobre et retirés avant les vacances de Pâques –le 16 avril, cette année ! Et le Conseil Général vous berne en annonçant "la mise en œuvre de projets pédagogiques fondés sur une utilisation de l’informatique" : combien de mois dans l’année? Puisque « La distribution des ordinateurs portables aux élèves de 4e et 3e s’effectue entre le 21 mai et le 3 juillet 2007, dans les collèges du département, avant le départ en vacances d'été. » Pour les devoirs de vacances ?
A l'attention des professeurs qui croient encore à la propagande du CG 13
Le Conseil Général annonce: "Cette année encore, 60 000 ordinateurs portables distribués à tous les élèves de 4e et 3e ainsi qu'à leurs professeurs." C'est faux! Pas de don pour les profs supposés utiliser l'informatique. Dans tel établissement du 13 où il en restait dix que les élèves ne voulaient pas, un homme en noir du Conseil Général a répliqué par cette exclamation à des profs qui s'étonnaient : "Plutôt les jeter à la casse que de les donner aux profs!..." ! Authentique!
La 'république du respect' est une promesse vaine tant que les socialistes ne sont pas élus; lorsqu'ils le sont, comme Guérini et Escoffard, à la casse la 'république du respect' !

Les élus socialistes du 13 renient-ils leur appartenance ?

Le PS n’est-il donc pas une référence ?
Profil bas, ils essaient avant tout de sauver leurs emplois.
C’est Le Monde qui l’écrit le 19.05.07 :
« En visite au hameau arlésien de Mas-Thibert, Michel Vauzelle
[avocat né en 1944 -l'âge de la retraite- à Montélimar, chargé de mission au cabinet de Jacques Chaban-Delmas, Premier ministre (1969-1972), mais qui a rejoint le Nouveau parti socialiste (NPS) de Montebourg-Veillon-Hamon-Emmanuelli, en juillet 2005, ; maire PS d'Arles, élu en juin 1995, mandat abandonné en 1998 en application de la loi sur le cumul des mandats ; s'est également récemment fait connaître en juin 2005 en s'opposant à l'érection d'une stèle à la mémoire de l'OAS à Marignane ],
président socialiste de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et candidat dans la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône, explique : "Le peuple a choisi, le débat idéologique est arbitré : la législative n'est pas un troisième tour de la présidentielle." La stratégie de celui qui fut maire d'Arles et député jusqu'en 2002 est donc tracée : "Je vais faire campagne sur mon bilan de président de région et faire comprendre qu'il ne s'agit pas d'une bataille Vauzelle/Sarkozy, mais d'un duel Vauzelle/Chassain", du nom de Roland Chassain, le député UMP sortant. […]
A l'autre bout de la région, Jean-Louis Bianco
[né en 1943 -l'âge de la retraite- à …Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), énarque (1969) entré au Conseil d'Etat en 1971 - Jacques Chaban-Delmas étant Premier ministre !- , a-t-il déjà travaillé ?],
député socialiste sortant des Alpes-de-Haute-Provence, est sur la même longueur d'onde que Vauzelle : "On va faire campagne sur nos qualités personnelles et sur notre action." Pour celui qui co-dirigea la campagne de Ségolène Royal, il s'agit par exemple de rappeler ses "multiples interventions" pour sauver les emplois d'Arkéma, filiale chimique de Total, dans le canton de Château-Arnoux, qui a offert les meilleurs scores du département à Mme Royal.[…] Ca n’aura suffi, ni à Sa Cynique Majesté Royal, ni surtout à Arkéma… Et les électeurs lui garderont-ils la tête sur les épaules?

Députée sortante (7°), vice-présidente du conseil régional, Sylvie Andrieux
[cadre commercial d'entreprise de manutention et d'acconage née en décembre 1961 à Marseille]
table elle aussi sur son ancrage local. Alors qu'elle fait du porte-à-porte dans une des plus vieilles cités HLM de son quartier, son suppléant Garo Hovsépian, maire du secteur, explique : "La rénovation de la place des Etats-Unis, un peu plus bas, a été financée à 80 % par la région, obligée de se substituer à la Ville", dirigée par l'UMP Jean-Claude Gaudin. […]

Et M. Mennucci
[diplômé d'un Institut d'études politiques de province, celui d’Aix-en-Provence, directeur adjoint de la campagne présidentielle et porte-bagages de Sa Cynique Majesté Royal, né en 1951 et baptisé ‘Ségolin’...
Selon Reuters, Patrick Mennucci a fait l'objet d'une interpellation policière à Marseille samedi 21 avril 2007 : accompagné d'une quinzaine de militants du PS, il distribuait des tracts alors que la campagne était close depuis le vendredi soir minuit. Dans un entretien téléphonique avec Reuters, le responsable socialiste a démenti cette information.]
Que les électeurs sachent aussi que Patrick Mennucci est en avril 2007 le premier à avoir proposé l'extension de la Communauté urbaine de Marseille vers l'ouest de l'Etang de Berre, pour fusionner avec le SAN Ouest-Provence et récupérer la taxe professionnelle générée par la zone industrialo-portuaire, située sur le territoire de la commune de Fos-sur-Mer.]

va diffuser une lettre du président (PS) du conseil général, Jean-Noël Guérini, rappelant tout ce que le département a fait pour cette circonscription. »
LIRE l’article suivant de PaSiDupes au sujet du CG 13 de J.-N. Guérini.

La perspicacité du journal Le Monde laisse pantois. Considérant l’effondrement du soufflet PS national, que peuvent faire d’autre les socialistes que de « tabler sur leur ancrage local » ? Tabler sur le bilan de Jospin ? Ou la campagne Royal ?
Combien resteront-t-ils du groupe socialiste de 141 membres et 8 apparentés ?

vendredi 8 juin 2007

Législative 2007: de quel côté penchent les jeunes?

Les jeunes préfèrent nettement la droite
Encore un baffe pour le PS, après celle de la Présidentielle, selon un sondage: Royal a une tête à claques, mais cette fois, c'est un jeu de massacre.
Majorité présidentielle: 36%
Gauche: 30%
Mais 40% des jeunes n'envisagent pas de se déplacer au 1er tour!

La gauche avait incité la jeunesse à se mobiliser et à s'inscrire sur les listes électorales pour la Présidentielle. Elle s'était approprié leurs intentions de vote et on a vu ce que ça a donné! Et ce n'est pas tout...

Vincent Peillon

La législative 2007: quitte ou double?
Vincent Peillon, le révolté du PS, pense que personne ne lui arrive à la cheville, qu’il a très enflée… Le député européen dénonce l'« incompétence » de François Hollande. Il se plaint de « verrouillage » ou même de la « malveillance » du Premier secrétaire. Quant au Conseil national, « c'est apparatchik's land » ! La modération n’est pas sa qualité première.
DSK ? « Dominique Strauss-Kahn est un type bizarre » Interrogé sur la possible refondation du PS, le porte-parole de Royal a renvoyé dos à dos les courants fabiusiens et strauss-kahniens.

Qui est ce quadra aux dents longues?
Vincent Peillon, professeur agrégé de philosophie, est né en 1960 dans les Hauts-de-Seine. Il fut élu député de la Somme, dans la troisième circonscription de Vimeux en 1997, siège qu'il perdit en 2002.
Pendant son mandat législatif, il sera Président avec Arnaud Montebourg de la mission parlementaire d'enquête sur le blanchiment en Europe.
Porte-parole du PS de 2000 à 2002 sous la direction de François Hollande, il créa un courant rénovateur , le NPS (Nouveau Parti Socialiste), au sein du PS, à la suite du 21 avril et de l'échec de Lionel Jospin.
Elu en 2003, premier secrétaire de la fédération socialiste de la Somme, fonction qu'il avait déjà occupée de 1997 à 2000, il devint député européen en juin 2004.
Le 6 novembre 2005, Vincent Peillon annonça qu'il n'excluait pas d'être candidat au poste de premier secrétaire du PS.
Le 20 novembre 2005, durant le congrès du PS au Mans, il vote avec Benoît Hamon et Henri Emmanuelli l'approbation de la synthèse générale au nom de la motion 5 du Nouveau parti socialiste, l'autre chef de file de son courant, Arnaud Montebourg, s'abstenant.
Alors que s'ouvre l'université d'été du PS à La Rochelle fin août 2006, il exprime son soutien personnel à Marie-sEGOlène Royal à l'investiture du Parti pour la présidentielle ; une position qui divise les membres du courant Nouveau Parti socialiste dont il est le co-aminateur avec Benoît Hamon et Henri Emmanuelli.
Il est durant la campagne présidentielle l'un des 3 porte-parole de Sa Cynique Majesté Royal.

On constate que l’homme a des ambitions personnelles. Mais en plus, l’homme ne sait plus où il habite. Faute de résidence connue et reconnue à Chepy, Vincent Peillon ne pouvait pas y voter pour la Présidentielle : le tribunal d’instance d’Amiens a rendu son jugement, le radiant de la liste électorale de Chepy. L’affaire avait été portée au tribunal par Dany Fourdrinier, avocate proche de l’UMP. Le président du Tribunal d’Instance d’Amiens considère que cette résidence serait précaire et discontinue.

Législatives 2007 : ce n’est pas gagné pour la gauche

Tout dépend de la mobilisation de l’électorat de gauche
Dominique Strauss-Kahn (Val d'Oise 8e), les pieds dans la boue des tranchées de France: A l'instar de la star déchue des sondeurs Marie-sEGOlène Royal, Dominique Strauss-Kahn sillonne la France afin de soutenir les candidats socialistes aux élections législatives. Du Nord à la capitale, DSK motive les troupes et tape sur la droite. Tout en pensant au grand chantier de demain: la "refondation du Parti socialiste". Il y a de la revanche dans l'air...

Jack Lang n'est plus à la fête dans le Pas-de-Calais (6e):
Absent de sa circonscription, le député socialiste sortant parachuté dans le Pas-de-Calais à la dernière législative devra-t-il encore aller se faire voir ailleurs?
D'Jack Lang, ancien bouffon-conseiller spécial de Sa Cynique Majesté Royal et star imaginaire du Festival des Vieilles Charrues, bagarre pour garder son siège. Au second tour de la présidentielle, la candidate PS a été majoritaire d'une courte tête chez lui.
Braouezec, l'homme du 9-3 (Seine-Saint-Denis 2e) devrait se maintenir
Le MoDem lui oppose un beur dans ce fief communiste du 9-3, stigmatisé comme département à "problèmes", les électeurs ont vu depuis quelques semaines s'afficher sur les murs les visages bien connus de Patrick Braouezec, député communiste sortant, ainsi que celui de Jamel Bouras, ancien champion olympique de judo. Un combat déséquilibré...
Vincent Peillon mène un combat difficile dans la Somme (3°)
Au premier tour de la précédente législative, Jérôme Bignon, député RPR jusqu’en 1997, était arrivé en tête avec 33 % des suffrages. Le porte-parole du PS avait de son côté réalisé un score de 25,7 %, améliorant d’un point celui de 1997. Candidat du PCF, bien implanté dans la région industrielle du Vimeux, Guy Roussel, conseiller général et maire de Friville-Escarbotin, avait obtenu 11,71 % des voix.
Législative 2007 ? De mère communiste, un peu empêcheur de tourner en rond au PS, il s’interroge sur l’avenir de la gauche. Dans la semaine, il a fait le tour des élus communistes, déterminés à faire barrage à la droite. " Travailler avec les communistes, c’est quelque chose qui me fait vraiment plaisir, et je suis heureux de la manière dont ils réagissent. "
LIRE l'article suivant de PaSiDupes, qui lui est consacré.
Rappel : Duel à gauche dans la 21e de Paris
"Quand on n'est pas d'accord, mieux vaut y aller au culot !" C'est une supportrice qui le dit, ce matin-là, à Michel Charzat, député-maire du 20e, qui se présente en dissident aux législatives. La 21e circonscription de Paris (une partie du 20e) a beau être ancrée à gauche – Sa Cynique Majesté Royal a obtenu 62 % des voix au second tour de la présidentielle -, la bataille fait rage.
Rappel: Le "James Bond" de l’UMP défie Montebourg en Saône-et-Loire (6e)
On lui prédisait la défaite en 2002 et Arnaud Montebourg a relevé le gant. Cinq ans plus tard, le député sortant de la 6e circonscription de Saône-et-Loire voit se profiler devant lui un nouveau danger. Surnommé le "James Bond français" en raison de ses états de service à la DGSE, Arnaud Danjean représente un atout de choc pour une UMP avide de reconquête en pays bressan.

L’électorat de droite doit rester mobilisé

Législatives 2007 : ce n’est pas gagné partout pour la droite
Michèle Alliot-Marie dans le traquenard des Pyrénées-Atlantiques (6e)Souvenez-vous, fin 2006, MAM hésitait à solliciter, face à Nicolas Sarkozy, l'investiture de l'UMP pour la présidentielle. Six mois plus tard, reconduite au gouvernement, passée de la Défense à l'Intérieur, elle incarne, dans la logique de rupture du Chef de l'Etat, la continuité avec l'ère Chirac. Ce qui pourrait la desservir pour conserver son siège de députée des Pyrénées-Atlantiques...

Alain Juppé, toujours vert, dans la Gironde (2e)?
Le super-ministre de l'Ecologie, Alain Juppé, veut reprendre le siège de député qu'il avait abandonné en septembre 2004 suite à sa condamnation dans le dossier des emplois fictifs du RPR. Si une vague bleue est annoncée au Palais Bourbon, Alain Juppé, lui, n'est donc sûr de rien dans «sa» circonscription. De retour aux affaires après un exil au Canada en 2004, le seul ministre d'Etat aura fort à faire à Bordeaux contre sa rivale socialiste. Pourtant, l'ancien Premier ministre n'a pas le droit à l'erreur, mais s'il a payé pour sa 'faute'. Son avenir gouvernemental en dépend.

Le juge Bruguière, l'anti-candidat dans le Lot-et-Garonne (3e)
Le juge anti-terroriste, Jean-Louis Bruguière, se présente sous l'étiquette UMP et briguera également le fauteuil de maire de Villeneuve, tenu par le socialiste Jérôme Cahuzac... L'ancien Premier ministre, Lionel Jospin, est monté au créneau pour dénoncer ce "parachutage". J.-L. Bruguière aura face à lui Pierre-Girard Hautbout, dissident démissionnaire de l'UMP.

Le retour en force d’Alain Carignon dans l’Isère (1ère)
Seul bastion de droite dans le sud du département, la première circonscription de l'Isère n'a jamais autant semblé proche d'échoir à la gauche. A cela une raison principale, le retour d'Alain Carignon, qui profite de l’exclusion du député sortant UMP, Richard Cazenave. Dans une atmosphère délétère, Geneviève Fioraso (PS ) pourrait profiter payer de cette division.

Hervé Morin dans l'Eure (3e) : son suppléant à l’Assemblée ?
Hervé Morin, nouveau ministre de la Défense, se représente dans la 3e circonscription de l'Eure. Mais, étant ministre, il ne pourra pas siéger à l'Assemblée. Ce n'est pas la seule curiosité de la circonscription qui compte une autre candidate du nom de Morin: Corinne, pour le PCF. Mais aussi deux socialistes et deux centristes, en pleines guerres intestines.

A Paris (8e circonscription), Arno Klarsfeld a fort à faire
Le bouillant avocat Arno Klarsfeld avoue lui-même ne "pas très bien" connaître la circonscription où il a été parachuté par l'UMP, même s'il a "traversé" le 12° arrondissement lors du marathon de Paris. Il tente de conserver cette circonscription où Royal a été majoritaire de peu au second tour du 6 mai 2007, où il affrontera la socialiste Sandrine Mazetier, mais où le député sortant est de droite.

jeudi 7 juin 2007

Quartiers : de l’écoute complaisante à la violence

Confusion entre éducation, écoute, prévention et laxisme
Le laisser-faire encadré et la tolérance complice ont montré leurs limites. Une politique de prévention consiste-t-elle à suivre une jeunesse rebelle et à compatir à ses problèmes divers liés autant à l’âge qu’aux difficultés sociales et aux discours démagogiques ?
Ce n’est pas la même chose d’organiser l’observation attentive des phénomènes de groupes d’adolescents (plus ou moins jeunes : on distingue dans la presse les ‘jeunes’ adolescents des vieux …adolescents de vingt et trente ans !) et d’encadrer cette jeunesse en difficulté, d’une part, ce qui s’appelle action sociale, et, d’autre part, d’assister ceux d’entre eux qui sont livrés à eux-mêmes en entretenant leur mal-être et leur sentiment d’abandon, voire en suscitant leur colère, ce qui s’appelle récupération.

Si on saisit par ailleurs une campagne présidentielle comme une opportunité de diabolisation du candidat de la droite avec pour objectif de pousser des jeunes au vote en faveur de la candidate socialiste, c’est jouer avec le feu en entretenant et en développant, au-delà du candidat, une rancœur et une volonté d’en découdre avec la société en général et les institutions en particulier.
C’est aux effets immédiats de ce comportement irresponsable de la gauche -aussi bien républicaine que radicale- que s’atèle maintenant et sans délais la nouvelle ministre de l’Intérieur, avant l’embrasement programmé des banlieues dans l’été. Ce qui est une autre conception de la prévention, celle qui prévoit et prévient, mais non pas celle qui accompagne la violence.

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, s'est saisie lundi du dossier sensible de la sécurité en Seine-Saint-Denis en tenant dans la soirée une réunion avec tous les acteurs de la sécurité du département, après la divulgation d'un rapport accablant sur les relations police-population. Ce rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES), qui dépend du ministère de l'Intérieur, évoque un "climat d'insécurité permanent", risquant même de s'envenimer.
Cette réunion "a permis de faire un bilan de la situation de l'insécurité et de la lutte contre la délinquance en Seine-Saint-Denis", a indiqué l'Intérieur, dans un communiqué publié à l'issue de la rencontre.
Le ministère a notamment cité "l'augmentation des effectifs" avec "350 policiers" supplémentaires et l'affectation d'une quatrième compagnie de CRS en mission permanente de sécurisation".
La "mise en place d'un service départemental de nuit, l'affectation de quatre psychologues et d'un travailleur social dans les commissariats (du département) et quatre permanences de ‘SOS victimes 93’ " ont complété le dispositif, ajoute-t-on de même source.
La ministre a indiqué dans la matinée à la presse, en marge d'une visite à la Brigade de protection des mineurs (BPM) de la police judiciaire parisienne : "J'ai demandé à ce qu'une réunion puisse être tenue dans les 48 heures avec les principaux responsables des problèmes de police dans le département".

Le rapport a suscité de nombreuses réactions de syndicats de police, d'associations et d'hommes politiques, notamment de François Hollande, premier secrétaire du PS, qui a jugé lundi qu'il fallait le prendre "très au sérieux". Réaction remarquable de flou ! Associée à une proposition constructive du PS ?

Dans ce département "très difficile aussi bien sur le plan économique que social, j'ai constaté l'âge très jeune des policiers", avait relevé la ministre lundi matin.
Elle a jugé "nécessaire qu'il puisse y avoir davantage de policiers plus anciens (pour) avoir (...) une certaine appréciation dans la durée de ce que sont les problématiques" du département.
Au cours de sa visite, M. Skuli avait fait état devant la ministre du poids des mineurs dans la délinquance, évoqué par l'INHES, et de la fidélisation nécessaire des policiers, souvent jeunes et déracinés, également évoquée par l'institut. "Les mineurs délinquants sont de plus en plus jeunes", avait-il dit, "souvent 15-17 ans, et peuvent se faire 3.000 euros par mois en devenant guetteurs pour des trafiquants de drogue". Quel est le bilan de l’Education Nationale ? La gauche prétend toujours que l’EN est un moyen républicain efficace de promotion de l’égalité des chances, par le savoir !… Or, les professeurs passent leur temps et usent leur énergie, non plus à enseigner et donc à instruire, mais à éduquer ! Bilan, donc, des investissements à fonds perdu??
M. Skuli avait dressé un tableau "préoccupant" des tensions entre cités HLM, évoquant par ailleurs les règlements de comptes entre bandes à Stains (trois morts en quelques semaines). Quel est le bilan des années Jospin de prévention ? Le produit de l’impôt englouti dans les actions en faveur des quartiers est-il productif ?
Concernant la police de proximité, évoquée par l'INHES, la ministre a estimé lundi, reprenant les thèmes de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, que les policiers n'étaient "pas là pour jouer au foot avec un certain nombre de jeunes" mais pour "poursuivre les délinquants". Elle a cependant ajouté que la "proximité" de terrain incluant "la connaissance des personnes" reste nécessaire.

Mme Alliot-Marie avait effectué, le 23 mai, l'une de ses premières visites de terrain en Seine-Saint-Denis. Elle avait déjà pu manifester son intérêt et mesurer l'ampleur des problèmes de sécurité dans le département, dont certains sont soulignés par le rapport de l'INHES. La ministre a d’ailleurs annoncé qu'elle se rendrait en Seine-Saint-Denis "au lendemain des élections législatives pour rencontrer les élus et les principaux acteurs de terrain".

LCR recrute anti-libéraux aigris et inorganisés

Ou comment ne pas passer à la trappe
La mort lente du PCF préoccupe la Ligue Communiste révolutionnaire. A qui le tour? se demande-t-elle.
La LCR, comme Rosanvallon et la République des Idées, prône une recomposition du paysage politique. Pour quoi faire, puisqu’ils ne veulent pas arriver au pouvoir, seulement le combattre et le renverser, quel qu’il soit.
La LCR dénonce la "petite musique" défaitiste de certains au Parti socialiste … Phagocyter le PS est donc maintenant l’objectif des anti-républicains!
Interrogé sur Canal +, le porte-parole de la LCR a de nouveau défendu l'émergence d'un nouveau parti "dans l'espace laissé vacant à la gauche de l'ex-gauche plurielle". Cette formation pourrait être composée de "militants, syndicalistes inorganisés dans les usines et les cités et qui se sentent orphelins d'un nouveau parti qui serait anticapitaliste, indépendant du système institutionnel actuel et qui voudrait encore changer la société".
Sur la défensive, la LCR voit "deux types de recomposition à gauche dans les prochains mois".
1- Le Parti socialiste "va vouloir faire, un peu sur le modèle italien, un grand parti de gauche avec ses anciens partenaires gouvernementaux, les Verts et le Parti communiste, tout en tendant la main à Bayrou". Sans les trotskistes, donc.
2- "Et puis il y a la nécessité de faire une autre recomposition politique mais cela ne se fera pas d'un claquement de doigts et je ne le ferai pas tout seul", a-t-il souligné.
Quel est le but recherché ?
"Ce que je souhaite dans les mois à venir dans les résistances qui sont nécessaires face à Nicolas Sarkozy, c'est de retrouver tous ces anonymes que j'ai côtoyés pour savoir si oui ou non (on peut) faire ce type de parti", a ajouté l'ancien candidat à l'Elysée. L’armée de l’ombre, en rouge et noir.
Après la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle, le PS semble "très tiraillé par ses dissensions internes en pensant beaucoup à 2012. Moi, la seule chose que j'attends du PS, c'est qu'on se retrouve unis dès maintenant pour résister face à la droite", a expliqué Olivier Besancenot.
La LCR se méfie du défaitisme socialiste : "Il y a une petite musique à gauche qui me gonfle un petit peu, qui consiste à dire que comme Sarkozy a eu 53% des suffrages, il est légitime, donc on ne peut plus rien faire", a-t-il déploré.
"Soit! Il a eu sa légitimité mais maintenant il faut montrer, dire clairement à Sarkozy que dès qu'il s'attaquera à la sécurité sociale, à une usine, à une école, à un enfant sans papiers qui se trouve dans cette école, eh bien il y aura une gauche qui se dressera face à lui. Peut-être qu'elle est encore minoritaire, n'empêche qu'elle sera là", a-t-il assuré, prônant à nouveau l'émergence d'un nouveau parti "anticapitaliste et plus seulement antilibéral".
Besancenot prétend avoir "beaucoup de contacts, beaucoup d'adhésions" depuis la présidentielle. "Des gens qui tapent à la porte pour savoir comment on peut résister face à Sarkozy parce que la résistance face à Sarkozy, elle ne se décrète pas".
A la veille des législatives, la LCR veut apparaître comme la seule alternative au renoncement socialiste. Il présente près de 500 candidats aux législatives, sur les 577 circonscriptions que compte le pays. Avec les chances de réussite que nous connaissons.
"Rien ne dit qu'on se prendra une gamelle à ces élections parce que je crois que les gens comprennent qu'il faut un contre-pouvoir au Parti socialiste", a-t-il ajouté, tout en soulignant qu'il donnerait "logiquement" une consigne de vote nationale favorable à la gauche pour le deuxième tour des législatives.
Au risque de nuire aux camarades socialistes face à UMP conquérante, dès le 1er tour !...

Chacun pour soi, à gauche

Le PS achève le PCF dans les Bouches-du-Rhône
A Marseille, le coup de grâce au PCF
ne sera donné ni par le Front national, qui a réalisé 24,44% des voix lors du premier tour de l'élection de 2002, ni la droite classique, dans ce secteur de la ville. C’est l'ancien allié socialiste, le PS de Sa Cynique Majesté Royal, qui -pour sauver la sienne- veut se faire la peau du député sortant Frédéric Dutoit lors des élections législatives des 10 et 17 juin, dans ce fief populaire du nord de Marseille où le PC a été élu sans discontinuité depuis 1936.
"De tous temps, on a fait des cadeaux au PC dans cette circonscription. Maintenant, notre parti a décidé de partir à la bataille sous ses propres couleurs", affirme Henri Jibrayel, Libanais d'origine né en 1951, ancien syndicaliste aux PTT, conseiller Général des Bouches-du-Rhône depuis 2001. Pas de quartier, donc !
"On ne va pas laisser tout le temps le PC sous perfusion, d'autant qu'il n'a plus les moyens d'influer ou de faire barrage à la politique de Nicolas Sarkozy. Le vote utile, c'est aujourd'hui le mien", ajoute le candidat socialiste. Faire obstacle à Sarkozy tient donc d’unique politique au PS : c’est obsessionnel ! L’électeur dans cette chasse à l’homme est quelque peu négligé.

Agé de 51 ans aussi , le dernier député communiste de Marseille estime aussi incarner le "vote utile" et pose sa candidature pour "rassembler bien au-delà de la gauche antilibérale". "Je suis le meilleur rempart face aux idées extrêmistes (sic!) que l'on tend à vouloir effacer de la scène politique. Voter pour moi, c'est conforter ce vote de gauche qui s'est exprimé sur Ségolène Royal lors de l'élection présidentielle", dit-il. Et le PCF qui tente de récupérer pour lui la dynamique présidentielle du PS, c’est pathétique…
Déjà, en 2002, la bataille avait été rude pour le maire des 15 et 16e arrondissements de la ville qui avait été confronté à la candidature de Patrick Mennucci, le porte-bagages de Sa Cynique Majesté Royal, avant que le futur codirecteur de la campagne de Sa Cynique susnommée ne se retire de la course au second tour sur l'insistance du puissant patron local du PS Jean-Noël Guérini (lequel, désormais, est très affaibli et absent).
Depuis, le PC n'a pas réussi à enrayer son déclin sur ce territoire où Marie-George Buffet a obtenu 4,54% des suffrages lors de l'élection présidentielle. "En 2002, la situation du PC n'était guère plus brillante et j'ai été élu avec près de 65% des voix au second tour", rêve encore Frédéric Dutoit, qui s'était finalement imposé dans son duel avec le candidat du FN ,

alors que cette gauche dénonce la bipolarisation, tout en y travaillant activement.











Décharge d'Entressen

Dans la 13° circonscription des Bouches-du-Rhône (Istres (PS) et Port-de-Bouc-Martigues (PCF)), le scénario est tout aussi fratricide : LIRE l’article de PaSiDupes déjà consacré à ce problème de la mort annoncée d’un parti historique sous les coups de la gauche, de la main du PS René Raimondi, 47 ans, maire de Fos-sur-Mer à la faveur de la condamnation du dénommé Bernard Granié (ci-contre à droite), et de l'interminable affaire politique intercommunale de l'incinérateur des déchets de la ville de Marseille (UMP)

Lendemain de Présidentielle: commentaires de Rosanvallon

France Culture : la parole à la contre-démocratie
Les propos de Pierre Rosanvallon, l’historien CFDT invité par la radio publique, sont imprégnés de sa théorie mais marqués de modération, au lendemain de la défaite cinglante –avec six points d’écart– de la candidate d’abord donnée victorieuse par les sondeurs à la botte, puis nettement vaincue. Pierre Rosanvallon s'est trouvé tout à coup privé de caisse de résonance. Raison de plus pour lui d’assurer lui-même la promotion de sa théorie de la contre-démocratie et de la faire vivre dans la rue : le 3° tour permanent !...

Vous pouvez écouter longuement le représentant de la gauche CFDT car l’enregistrement comporte aussi les titres et la revue de presse de France Culture du 7 mai 2007, lendemain du 2° tour de l’élection présidentielle
Si l’audition est trop longue (1 h 31), vous pouvez trouver l’essentiel, résumé, de l’entretien.
ENTENDRE

Résumé
La gauche est devenue minoritaire’, observe finement Pierre Rosanvallon, d’entrée.
Il ajoute que Royal a été battue pour ses ratés mais aussi pour ce qu’elle a réussi ! Ca démarre bien…
Sarkozy a été élu parce que ses idées étaient dans les têtes avant d’être dans les urnes: c’est reconnaître implicitement qu’il colle au pays et que le PS en est coupé…
Sarkozy, ‘Gramsci de droite’
Chirac tenait un discours centriste, d’où la rupture de Sarkozy et la reconfiguration de la structure politique
L’analyse ne peut être idéologique : Sarkozy a théorisé des langages et une culture nouveaux. Près de 10% Français se sentent déclassés et veulent être pris en charge individuellement, personnellement, alors que Royal a voulu faire progresser des groupes avec un discours collectif.
La fidélité au passé idéologique d’un parti (socialiste) n’a pas suffi ; netteté idéologique plus grande à droite, moins aboutie par Royal et le PS.
Cette campagne n’a pas été gagnée tactiquement : une rénovation seule ne suffit pas ; un changement de logiciel est nécessaire en matière de culture et de politique. Exemple de l’ école à propos de laquelle le discours dominant souligne un manque d’autorité ; la gauche s’est laissée dépasser; Sarkozy a apporté une réponse alternative à la situation existante pérennisée par la gauche et 30% d’enseignants ont voté à droite
Thème de la démocratie participative est certes un thème nouveau qui démontre que Royal n’a pas toujours été à la traîne mais le discours de Sarkozy est plus construit que celui de Marie-sEGOlène Royal caractérisé par l’exploration, non rationalisée, non finalisée
Rosanvallon se croit conforté dans sa théorie de la crise de représentation et l’appel à la contre-démocratie par le retour du politique et le ‘sacre’ du citoyen exprimé par le taux élévé de participation –en faveur non pas de la gauche souhaitée par ce socialiste CFDT– qui doit néanmoins admettre un ‘moment d’arrêt’ dans le développement de sa théorie
Rosanvallon glisse que Sarkozy n’était pas tête de file, ce qui contredit l’insistance de la gauche en campagne à rendre le candidat responsable du bilan du gouvernement auquel il a participé, pour sa part et à sa place.
Le citoyen va rester vigilant (défiant ?) prédit l’historien CFDT, bien que Sarkozy ait rassemblé bien au-delà de son camp et jusqu’à gauche.
Clivage du pays ? Réconciliation ? Les électeurs de Sarkozy ont voté pour le candidat ceux de Royal ont voté contre le candidat de la droite. Pas de chèque en blanc, pas de retour à la démocratie représentative traditionnelle : la contre-démocratie aurait de beaux jours ! Il y tient…
Les télévisions mettent en scène le rapport du candidat à la foule, selon Pierre Rosanvallon, ce qui peut pourtant être considéré comme naturel au soir des résultats ! Il regrette qu’elles se soient peu consacrées à la réflexion citoyenne. Sur le pavé des grandes villes ?
L’élection ne traduit pas une révolution conservatisme mais la rupture avec le chiraquisme ( valeurs, mérite, travail, autorité) ;
le programme de Sarkozy est un mélange de protectionnisme et de libéralisme. Ce n’est pas la victoire de la droite mais la victoire d’une redéfinition de la droite ; la gauche doit se redéfinir aussi
Olivier Duhamel observe qu’on ose désormais se revendiquer de droite ; et Sarkozy s’est employé à rendre sa fierté à la droite en même temps qu’à la France. La droite était jusqu’alors la non-gauche, définie par rapport à la gauche. Cette fois, la droite est conquérante.
Pierre Rosanvallon rectifie : Ce n’est pas la droite éternelle ! Ce n’est plus une droite négative et anti-communiste; elle est devenue la droite du changement post-communiste.
Adler évoque l’Algérie Française sans établir de parallèle et il souligne que Sarkozy n’a pas de cadavre dans le placard, à la différence de la gauche
O. Duhamel : c’est tout sauf une droite réactionnaire
; une droite nouvelle de réforme est apparue. Victoire d’une droite qui s’assume
Victoire d’un homme ou d’un camp ?
O. Duhamel : on a affaire à un animal politique de grande envergure à la volonté farouche et avec un talent à l’exécution
Pour minimiser l’ampleur de la nouveauté, rappel de 1974 avec Giscard d’Estaing qui a relancé le centre-droit
Adler note la capacité de Sarkozy à se projeter. Il croit en outre au politique. Il n’appartient pas à l’aristocratie politique : rappel de son origine hongroise et qu’il fut victime de la xénophobie : il représente bien les classes moyennes exclues
Rôle de Guaino
P. Rosenvallon : Sarkosy et Royal ont renouvelé les discours dans un effort de recomposition. Sarkozy a associé des éléments contradictoires et a ainsi séduit des populations différentes, gagnant avec une certaine somme d’ambigüité : gouverner permettra de réduire celle-ci.
Risque de déficit budgétaire dans l’effort de réalisation : baisse du chiffre du chômage et risque de stigmatisation des pauvres qui seront reconnus coupables et non comme les victimes qui subissent un système.
Ph. Adler pointe l’empiètement de Sarkozy sur les terres du FN et la polygamie qui n’est pas un problème majeur (sauf pour les femmes et les enfants !)
P.R. : la droite se recompose par absorption du FN . (Insinue-t-il que l’UMP se ‘frontise’ ?)
Alain-Gérard Slama juge avec des critères actuels la mise sur la place publique de la vie personnelle de Sarkozy (à la différence de De Gaulle : autres temps, autres mœurs !)
Discours moralisateur avec rhétorique nouvelle
Retour du Gaullisme ? Plutôt que le retour du religieux, inversement proportionnel au dépeuplement des églises ; plus de parti clérical ; le catholicisme est moins en cause que le retour à une politique émotionnelle du fait d’un déficit de rationalité ;la référence à une histoire est émotionnelle
Mobilisation de la peur des deux côtés ? Identification à un candidat et rejet d’un autre, ce dernier phénomène serait structurant
Alain-Gérard Slama souligne que les critères étaient objectifs mais sont devenus subjectifs.
A Bercy, Sarkozy traita Mai 58 en termes de liquidation à la façon de G. Orwell et souhaita la fin de la pensée unique (Rosanvallon stigmatise cette vision et en donne une analyse réductrice comme étant pour la droite simplement la pensée de l’autre!…)
Moment de différence à Bercy mais d’unanimité et concorde dans les autres discours de Sarkozy.
Prise en compte des classes moyennes : la référence à l’identité nationale propose une reconnaissance concrète et pratique qui satisfait les classes moyennes
3° tour social ? demande en termes d’emploi et d’éducation

La République des Idées se rappelle au souvenir de Sarkozy

Les laissés pour compte gémissent !
Les membres de la République des Idées ont
misé sur la mauvaise pouliche socialiste battue de six encolures (ou points) et sont donc privés de box à l’Elysée. Ils sont au bord de la crise de nerf et Le Monde recueille leurs confidences, à moins que ce ne soit des offres de service déguisées. Emmanuelle Mignon "n'a pas essayé de me débaucher. Et je ne pense pas qu'on puisse sérieusement penser à moi pour un bureau à l'Elysée", fanfaronne tristement l’un d’entre eux (lire ci-dessous).
On peut noter en passant qu’ hormis Daniel Lindenberg, ils n’ont pas signé l’appel des 150 intellos en faveur de Marie-sEGOlène Royal –(cf. libellé PaSiDupes)

Selon Claire Guélaud pour LE MONDE du 19.05.07
Jusqu'où ira la volonté d'"ouverture" et de "renouvellement" de Nicolas Sarkozy ? Le candidat avait dit qu'il irait "très loin". Fidèle à cet engagement d'entre-deux-tours, le président élu a chargé l'une des têtes pensantes de son équipe, Emmanuelle Mignon, devenue sa directrice de cabinet, de chercher à "débaucher" quelques intellectuels de gauche et de renom, proches de La République des idées. La plupart avaient fait ouvertement campagne pour la socialiste Ségolène Royal ou, moins souvent, pour l'UDF François Bayrou, mais en tout cas contre M. Sarkozy. Créée en 2002 après l'auto-dissolution de la Fondation Saint-Simon et présidée par Pierre Rosanvallon, historien, proche de la CFDT, et professeur au Collège de France, La République des idées se propose d'être à la fois "un lieu de production et d'échanges d'idées neuves" en Europe et dans le monde et un lien "entre les personnalités, les organisations, les publications qui défendent la force des idées comme moteur de l'activité humaine". Ainsi défini, cet "atelier intellectuel" - dont le trésorier est l'économiste Jean Peyrelevade, ancien "dircab" du socialiste Pierre Mauroy à Matignon -, est un vivier de personnalités réputées pour la qualité de leurs travaux dans le domaine des sciences humaines et sociales, comme les économistes Daniel Cohen et Philippe Askenazy ou l'historien Patrick Weil.
"ENGUEULADES"
"Je connais un peu Emmanuelle Mignon parce qu'elle s'est beaucoup intéressée à mes travaux sur la ségrégation urbaine et il m'est arrivé d'avoir des échanges avec elle sur ce thème, qu'elle trouve fondamental, de même que j'ai pu en avoir avec "DSK" ou François Bayrou", a indiqué au Monde Eric Maurin, auteur d'un essai remarqué intitulé Le Ghetto français, enquête sur le séparatisme social (Le Seuil, 2004). "Mais, pour l'instant, elle n'a pas essayé de me débaucher. Et je ne pense pas qu'on puisse sérieusement penser à moi pour un bureau à l'Elysée", assure ce strauss-kahnien, ajoutant toutefois : "J'ai effectivement eu vent de contacts qu'elle aurait pris pour renforcer son équipe d'économistes au-delà du cercle habituel des économistes de droite, mais je n'ai eu aucune confirmation sérieuse sur ces bruits." La tentative, pourtant, a bel et bien existé. "Elle serait bien dans la logique de Nicolas Sarkozy, qui cherche à séduire ses interlocuteurs ou à les réduire", estime, pour sa part, Patrick Weil. Interrogé à ce sujet, le secrétaire général de La République des idées, Thierry Pech, a opposé une fin de non recevoir aux questions du Monde. Tout juste a-t-il concédé, d'un ton contraint, qu'il "regrettait" la décision de Martin Hirsch d'accepter le poste de haut-commissaire contre la pauvreté que lui a proposé le président. Conseiller d'Etat, homme de gauche proche d'un Delors, M. Hirsch préside l'association Emmaüs-France depuis 2002 et dirige l'Agence nouvelle des solidarités actives. Il a été directeur de cabinet de Bernard Kouchner à la Santé, sous le gouvernement Jospin. Son ralliement au gouvernement Fillon lui a valu, semble-t-il, quelques solides "engueulades".

La confusion créée par cet article est notable. Une précision utile fait d’ailleurs défaut : à quelles dates les démarches auraient-elles été entreprises ?
Thierry Pech déclara qu’il "regrettait" la décision de Martin Hirsch d'accepter le poste de haut-commissaire contre la pauvreté proposé par le président à Martin Hirsch mais celui-ci est un proche sans être membre de la République des Idées (repid).
Eric Maurin déclare pour sa part : "J'ai effectivement eu vent de contacts qu'elle (Emmanuelle Mignon) aurait pris pour renforcer son équipe d'économistes au-delà du cercle habituel des économistes de droite, mais je n'ai eu aucune confirmation sérieuse sur ces bruits." Mais a-t-il capté le ‘bruit’ produit par Eric Besson qui a rejoint l’équipe Sarkozy ?
La séduction opère d’autant mieux que les interlocuteurs sont disponibles… et ouverts !

Les Ségollande feront-ils de l’argent en dormant ?

Deux journalistes au Monde menacées de les entretenir.
Le couple socialiste réclame dans une assignation une forte somme aux deux journalistes Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué et à Albin Michel, l'éditeur du livre "La femme fatale".
Le procès se déroulera dans les prochains mois à Paris et sera hyper médiatique. Marie-sEGOlène Royal et son ex-concubin réclament contre les auteurs du livre "La Femme fatale" la somme totale de 150.000 euros (par respect pour les lecteurs de PaSiDupes qui comptent encore en francs = 10 millions de francs) aux deux journalistes et à l'éditeur Albin Michel. Le couple, qui s'estime victime d'une "atteinte à la vie privée", demande d'abord 30.000 euros de dommages et intérêts pour l'ex-candidate et 50.000 euros pour François Hollande.
Parmi les passages cités comme attentatoires à la vie privée, l'assignation délivrée par l'avocat du couple, Me Jean-Pierre Mignard, le parrain de deux de leurs enfants, dénonce en page 110 : "Elle a subi, à l'été 2005, une intervention chirurgicale pour réaligner ses dents, remodeler son menton et son sourire". L'assignation vise également des propos qui insinuent que François Hollande a une liaison sentimentale: "depuis quelques temps, déjà, Ségolène Royal multiplie les scènes de jalousie (...) Elle s'inquiète aujourd'hui de le voir trop préoccupé d'une journaliste, belle, blonde et vive, chargée par son journal de suivre le PS".
"On ne pouvait occulter cette situation"
Par ailleurs, pour des faits présumés de "diffamation publique", les demandeurs réclament 70.000 euros pour Ségolène Royal. Ils estiment ce délit constitué à la page 36 de l'ouvrage où il est indiqué qu' "un ami du couple (Julien Dray)" rapporte des propos tenus par Mme Royal à son conjoint : "si tu vas chercher Jospin pour me faire barrage, tu ne reverras jamais tes enfants".
Les auteurs et l'éditeur ont reçu mercredi l'assignation. "Nous avons voulu faire un récit politique de la campagne qui nous semblait très opaque. En faisant ce récit nous avons constaté qu'il existait des divergences politiques entre Ségolène Royal et François Hollande qui s'imbriquaient dans un conflit privé", a déclaré Ariane Chemin jeudi à des journalistes. "A partir du moment où le premier secrétaire du Parti socialiste et la candidate forment un couple, il y a imbrication de la vie politique et de la vie privée. On ne pouvait occulter cette situation", a-t-elle fait valoir.

Les personnages publics dénient aux citoyens le droit de connaître les incidences de la vie privée sur la vie politique et exigeraient que les électeurs portent leurs voix sur des images d’Epinal plutôt que sur des personnes.
Masquer la vérité à l’électorat, c’est le tromper et lui manquer de respect. C’est éveiller ce sentiment de défiance qui nuit aux institutions et à la sérénité du débat démocratique.
Les Ségollande refusent donc de jouer franc-jeu. Ce faisant, ils jouent un vilain tour à l’ensemble de la classe politique. Pris au piège de la vertu affichée et du vice dévoilé, les deux comparses socialistes jettent le discrédit sur l’ensemble des élus. C’est le comble de l’abomination : côté public, on incite une jeunesse goguenarde à s’inscrire sur les listes électorales et, d’un autre, on lui offre le spectacle de la duplicité et du mensonges.
Cette avidité des Royal-Hollande laisse songeur
. 150.OOO €, pour l'électeur défavorisé de ces candidats socialistes nantis aux législatives, c’est près d'une année de Smic (son montant mensuel brut -sur la base légale de 35 heures hebdomadaires- est de 1254,28 € / mois) …
Les journalistes auraient pu nous en dire plus long, mais il faut les faire taire!
Ariane Chemin et Raphaëlle Bacquié
connaissent bien Sa Cynique Majesté Royal qui -elle- ne connaît que Victor Hugo, mais bien aussi : au tribunal, Cosette risque fort de se trouver un juge à la Jean Valjean . Et pourra gonfler sa SCI...

mercredi 6 juin 2007

Un juge agressé par un citoyen défiant

La théorie de la 'défiance citoyenne' fait des ravages.
Le temps de la confiance et de la délégation est-il révolu ? Celui de la prise en mains de son destin par le citoyen est-il advenu ? L’heure de la défiance du système a sonné. Le citoyen nouveau est arrivé !

Un citoyen-juge de Metz a expérimenté la défiance citoyenne à ses dépens lorsqu’une citoyenne défiante a pris le destin de son enfant-citoyen en main en sortant un beau couteau-citoyen de son sac pour rendre la justice-citoyenne elle-même jusque dans le bureau du juge en plein tribunal.


Les faits ?
Article du Nouvel Observateur en date du 06.06.2007
Agression au tribunal de Metz : la garde à vue
La garde à vue de la femme de 35 ans, qui a poignardé mardi le vice-président du TGI de Metz dans son bureau, a été prolongée de 24 heures. L'instruction de l'affaire sera vraisemblablement délocalisée à Nancy.
Une source judiciaire a indiqué, mercredi 6 juin à 13h00, que la femme de 35 ans qui a poignardé mardi un magistrat de Metz dans son bureau, était toujours en garde à vue dans le cadre d'une enquête de flagrance menée par la Sûreté de la Moselle. "La garde à vue a été prolongée de 24 heures", a indiqué cette source, alors que le procureur de Metz, Joël Guitton, a fait savoir qu'il n'était "pas habilité à communiquer sur le dossier aujourd'hui". Fatiah B., décrite comme une femme ayant de "graves problèmes psychologiques", a porté plusieurs coups de couteau au juge pour enfants Jacques Noris, 62 ans, qui venait de prolonger le placement de son fils de trois ans. "
Il est très vraisemblable que l'instruction de l'affaire soit 'dépaysée' à Nancy car tous les juges d'instruction de Metz connaissent parfaitement le magistrat qui a été agressé", a précisé cette source sous le couvert de l'anonymat. "Une instruction à Metz pourrait être critiquée comme étant partiale".
Appel de Sarkozy
Nicolas Sarkozy a demandé un renforcement de la sécurité des tribunaux après l'agression dont a été victime le magistrat. Il a appelé Jacques Noris dans la matinée pour "s'assurer de son état de santé" et lui "renouveler tout son soutien", a-t-on appris auprès de l'Elysée qui a précisé que Nicolas Sarkozy "recevrait le magistrat dès son rétablissement".
La ministre de la Justice Rachida Dati, qui s'est rendue au palais de justice à la demande du président, a promis de sécuriser le tribunal.
Jacques Noris, 62 ans, vice-président du tribunal de grande instance et président du tribunal pour enfants était considéré mercredi comme "hors de danger" à l'hôpital Bon Secours de Metz où il a été opéré d'urgence à l'abdomen mardi.
Une scène "hallucinante"
Peu avant 10h, le magistrat a été frappé de trois coups de couteau à l'abdomen par une mère de famille de 35 ans, furieuse de ce qu'il ait confirmé le placement de son fils de deux ans et demi chez sa grand-mère paternelle en raison de carences éducatives. Inconscient, le magistrat a été transporté immédiatement par le SAMU à l'hôpital où il a été opéré. La mère "a voulu que le juge revienne sur sa décision et, n'obtenant pas satisfaction, elle a sorti le couteau. La scène était hallucinante", a rapporté sur France-3 Me Stanislas Louvel, l'avocat de la grand-mère, qui était présent lors de l'agression.
Quelque 200 magistrats, avocats et personnels judiciaires ont manifesté en fin d'après-midi dans la cour du palais de justice pour témoigner de leur soutien à leur collègue. Guerric Henon, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) en Lorraine, a dénoncé le manque criant de sécurité dans ce tribunal et le procureur de la République Joël Guitton a lui-même regretté qu'il n'y ait qu'une seule porte de sécurité à l'entrée du palais de justice.
Une mission sur la sécurité mise en place
"Ils sont très inquiets", a reconnu Rachida Dati à l'issue d'une rencontre avec les magistrats et les fonctionnaires. La garde de Sceaux a affirmé avoir "demandé à l'inspection judiciaire de (lui) rendre compte des circonstances de cet incident extrêmement grave et de mettre en place la sécurisation nécessaire à ce tribunal dès aujourd'hui", précisant avoir "débloqué des fonds nécessaires". Plus largement, elle a demandé à ses services "un état des lieux immédiat sur la sécurité (...) de l'ensemble des juridictions afin qu'un tel drame ne se reproduise plus".
Elle a ajouté que cette mission durerait "un mois", au terme duquel l'inspection lui présentera "le plan de sécurisation qui sera adopté pour ce tribunal mais aussi pour les autres juridictions". La ministre a également affirmé sa volonté de "lutter contre cette banalisation de la violence et cette banalisation des agressions dont font l'objet les fonctionnaires, les greffiers et les magistrats".
L'USM dénonce la fréquence des agressions
Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy s'est élevé contre cet "acte inqualifiable". Rendant hommage à l'ensemble des magistrats "qui exercent leurs fonctions dans des conditions souvent difficiles", il a aussi demandé à Rachida Dati "de lui dresser un bilan des mesures mises en place pour renforcer la sécurité des juridictions et de lui présenter ses propositions d'amélioration".
L'USM a de son côté rappelé que plusieurs autres magistrats ont été agressés dans des tribunaux, regrettant dans un communiqué que "ces agressions répétées (soient) malheureusement révélatrices de la situation de la justice en France".
L'USM appellera "les magistrats à exercer leur droit de retrait, partout ou les conditions de sécurité ne seront pas remplies". Le Syndicat de la magistrature (SM) a également exprimé sa solidarité, estimant toutefois que "la mise en place d'un contrôle des personnes à l'entrée des juridictions pour en assurer la sécurité (...) ne suffira pas".
LIRE aussi l'article de Le Monde
Causes ?
Les juges et procureurs s’en sont ému et ont eu le réflexe français de manifester séance tenante. Les représentants syndicaux veulent plus de sécurité, sans transformer les palais de la justice citoyenne en bunkers. Ils refusent une présence policière trop visible, mais réclament du personnel de police pour contrôler les portails de détection de métaux. On observe donc que les magistrats sont piégés par leurs contradictions. Leur infantilisme idéologique éclate au grand jour dès que leur profession est touchée dans sa chair. Ils ont connu l’affaire de Rouen qui ne les a pas mobilisés outre mesure.
A titre d'exemple, on rappellera que le 8 octobre 1992, la vice-présidente du tribunal de Brest avait été blessée à coups de couteaux; qu'en avril 1994, une femme de 21 ans avait poignardé un juge de Verdun qui refusait de lui rendre la garde de ses enfants; qu'en novembre 2001, le procureur de la République de Vesoul avait été attaqué dans son bureau par un père de famille mécontent; et que le 12 décembre 2002, un juge d'instruction d'Angoulême avait été agressé à coups de cutter, dans son cabinet.
Les professeurs se font poignarder depuis longtemps, tout comme les chauffeurs de bus, par exemple, sans que l’émotion monte les marches du palais. Ecoles publiques et palais de la justice populaire restent néanmoins ouverts à tous les coups de folie. Dans les sanctuaires de la république, tout ce qui vient du peuple est sacré. Les crachats, insultes et coups de couteaux sont l’expression légitime de la colère citoyenne. Tout ce qui est citoyen est sain : Sa Cynique Majesté Royal nous a appris à reconnaître la ‘saine colère’ du peuple auquel d’ailleurs elle ne cède pas volontiers la parole ! Combien de saintes colères citoyennes seront donc nécessaires dans les sanctuaires de la république avant que les théories dangereuses, telle celle de la ‘défiance citoyenne’ soient déclarées nuisibles ?

Pierre Rosanvallon, vous sentez-vous, comme il se doit, responsable, mais pas coupable ?