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LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

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samedi 29 mars 2014

Le gouvernement dissimule son intention de supprimer la prime pour l’emploi

L'après-municipales s'annonce douloureux
Hollande deshabille les uns pour habiller les autres

Le rapport Lefebvre fuite avant le 2e tour des municipales parce qu'il préconise une baisse des charges salariales, mais il faudrait que ce geste fiscal pour les petits revenus soit financé. Alors pourquoi, le député Dominique Lefebvre rendra-t-il son rapport de cinquante pages sur la fiscalité des ménages le mercredi 2 avril ?

Il conseille au gouvernement de supprimer la prime pour l’emploi (PPE).
Avant le second tour des municipales, l'exécutif cherche à recouvrir son pacte de responsabilité d'une teinture "sociale" et la presse annonce l'éventualité d'une baisse des charges salariales pour les revenus les plus modestes. Rien qui engage le gouvernement mais un enfumage qui peut influer sur le scrutin de dimanche.
La mesure, nous dit-on, pourrait concerner les personnes qui touchent jusqu’à 1,3 SMIC. La baisse des charges leur ferait gagner 50 euros net par mois. Par exemple, un salarié qui touche le Smic gagnera 1.170 euros au lieu de 1.120. L’objectif officiel est de redonner du pouvoir d’achat aux ménages/électeurs les plus modestes. 

Mais après le second tour, il supprimerait la prime pour l’emploi. Le problème, en effet, c’est que ladite mesure populiste coûte cher, environ quatre milliards d’euros. Une somme qu'il faudrait aller chercher pour moitié en supprimant la prime pour l’emploi. Elle incite ceux qui travaillent peu à revenir sur le marché du travail. L’avantage de cette solution, selon l'un des co-auteurs du rapport sur la fiscalité des ménages, mais au détriment de l'emploi, c'est la création d’un soutien immédiat à la consommation. En effet, la prime pour l'emploi est perçue avec un an de décalage alors que l’allègement de charge aurait un effet immédiat. Un gage sur l'avenir qui n'évite pas au gouvernement la nécessité de trouver les deux autres milliards d'euros à mettre sur la table sans délai.

Le pouvoir mise sur le démarrage du pacte de responsabilité

Bien qu'il ait du retard à l'allumage, Hollande espère pouvoir les injecter à la faveur du pacte de responsabilité, si jamais la baisse de charges pour les entreprises leur permet de dégager les dix milliards d’euros d' investissements et d'emplois . "Ce qui est nouveau, c’est l’idée selon laquelle ce pourrait être un élément du pacte de responsabilité lui-même”, estime une source gouvernementale.

Le pacte de responsabilité peine à convaincre 
Selon un sondage de janvier dans le journal Sud Ouest, trois Français sur quatre sont sceptiques. Une large majorité (74%) des Français ne donnait pas sa confiance au Président de la République pour diminuer les dépenses publiques. Ils sont tout autant (73%) à ne pas faire confiance aux entreprises pour créer des emplois et tout autant (73%) à ne pas faire confiance aux entreprises pour créer des emplois.

Au début mars,
la CFDT qui avait été le premier syndicat à ratifier officiellement l'accord sur le pacte de responsabilité avec le patronat, a fait savoir qu'il est désormais "hors de question" que les allègements de charges servent à verser des dividendes. Et voilà que le  13, le Bureau national de la centrale CFDT annonce par tweet qu'elle "vient de voter la signature du relevé de décisions sur le pacte de responsabilité".

Or, mécontente de l'accord sur l'assurance chômage,
la CFE-CGC a renoncé le mardi 25 mars à signer le "pacte de responsabilité", un coup d'éclat dont se serait bien passé en pleines municipales le gouvernement qui a fait du pacte sa nouvelle arme pour l'emploi.

Le pacte de responsabilité va-t-il être emporté par le séisme municipal ? C'est le nouvel enjeu brandi par Le Monde à la veille du 2e tour. Pour ses contempteurs, ce "grand compromis social", selon François Hollande, est une des causes de la sévère sanction du gouvernement, au premier tour des élections municipales. Qu'adviendra-t-il du pacte en cas de déroute socialiste le dimanche 30 mars ? L'aile gauche du Parti socialiste, le Front de gauche et, côté syndical, la CGT et FO repartiront à l'assaut de ce pacte dans lequel ils voient un "cadeau au patronat" ou le symbole d'une politique d'austérité.

La liste des chantages électoraux et longue. 
Les menaces peuvent-elles impressionner l'électorat populaire qui n'a jamais cru au  pacte de responsabilité ou les tensions qu'il suscite à gauche vont-elles le jeter dans les bras du FN ?

Nouveau coup dur pour le pouvoir d’achat des retraités

Austérité: les retraites complémentaires ne seront pas revalorisées en 2014

Les électeurs réaliseront 
après les municipales que les pensions du régime général sont gelées

L’augmentation des pensions est reportée à octobre !
Et les retraites complémentaires ne seront pas valorisées en 2014.
11,8 millions de retraités verront ler pouvoir d'achat gelé toute l'année 2014 Les pensions complémentaires de l'Arrco seront en effet gelées cette année. "Pour les retraités qui connaissent des fins de mois difficiles, cela ne va pas s'arranger", a regretté Gérard Rodriguez, en charge du dossier retraites à la CGT. 
L’Arrco et l’Agirc sont les principaux régimes de pensions complémentaires du secteur privé. Gérés par les partenaires sociaux, ils versent à environ 15 millions d’anciens salariés une partie (parfois la moitié) de leur retraite. Le reste est versé par le régime des retraites de base.

En mars 2013, les conseils d’administration des deux régimes ont négocié un accord visant à assainir leurs finances. Le texte prévoit que pour 2014 et 2015, les pensions seront revalorisées à hauteur d’un point de moins que l’inflation.

Or, l’inflation n’a été que de +0,7%, contre la prévision de +1,3% attendue à l’époque par le gouvernementsocialo-écolo. Les pensions complémentaires devraient donc logiquement baisser, mais l’accord signé en 2013 avait  heureusement prévu que l'inflation serait inférieure et qu’une baisse ne serait pas possible.

Quid de 2015. Conséquence de la faible inflation, les régimes dépenseront  finalement plus que ce qu’ils avaient prévu. L’accord signé ne permet pas d'économiser les 550 millions d’euros espérés, selon le quotidien économique Les Echos.

Réunis pour entériner la décision, les conseils d’administration des deux régimes ont donc dû discuter d’un nouveau dispositif. Il est possible qu’ils décident de reverser le manque à gagner sur 2015. Autrement dit, l’année prochaine, les pensions seront valorisées à plus d’un point de moins que l’inflation

Au final, les retraités font les frais de la tendance à la déflation

Leurs pensions complémentaires vont continuer à stagner.

Les craintes sur les retraites classiques viennent s'ajouter à l’alarme sur les pensions complémentaires, sonnée pour la CGT dans l’optique de sa manifestation du 18 mars. 
Dans le cadre de la dernière réforme des retraites, le gouvernement a décidé de ne pas soutenir les pensionnés avant octobre 2014. 
Les retraités devront encore attendre sept mois avant d'espérer toucher leur augmentation d'avril.

Poursuivi pour avoir foncé sur les policiers, il est relaxé

Police et justice au faciès ?

Des échanges de coups de feu avaient eu lieu sur les bords du lac à Annecy-le-Vieux.

Les policiers avaient barré la route à un homme, après une course folle entre Lyon et Annecy, a-t-il vraiment cherché à leur foncer dessus, s'interroge ce matin Le Dauphiné. Etaient-ils vraiment obligés de faire usage de leurs armes, après 145 km et près d'1h30 de poursuite ? Tel était l’enjeu du procès de Balla Traoure, renvoyé hier matin, devant le tribunal correctionnel d’Annecy pour violences volontaires avec armes, des d’abord qualifiés de tentative de meurtre.
"Pris en chasse par une patrouille de la Brigade anti-criminalité (BAC), après que le véhicule ait été géolocalisé, le voleur a été intercepté par les policiers sur une route à Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie). Le fuyard a alors volontairement foncé sur les policiers qui venaient de sortir de leur véhicule, rapporte Le Dauphiné Libéré", rapporta Le Nouvel Observateur du 8 juillet 2012.

A l'issue de la course-poursuite, 21 coups de feu avaient été tirés par les policiers et une balle avait traversé la joue: la scène s’est déroulée, vers 2 heures du matin, sur les bords du lac à Annecy-le-Vieux, le 7 juillet 2012. "Il reconnaît avoir volé le taxi, mais il explique qu'il a simplement voulu fuir et nie avoir foncé sur les policiers alors que plusieurs témoins disent le contraire", avait déclaré le procureur, selon 20minutes du 8 juillet 2012.
L'individu fut mis en examen pour "vol avec violence, tentative de meurtre à l’encontre de dépositaires de l’autorité publique et défaut de permis de conduire".

Légitime défense assurent les deux policiers, soutenus par les conclusions rendues par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) après deux ans d’enquête. "D’ailleurs un témoin confirme qu’il a amorcé la marche arrière après les coups de feu", poursuit le conseil des policiers. "Il leur voue un sentiment de haine." 
Agé de 24 ans au moment des faits, Balla Traore qui se revendique boxeur semi-professionnel, avait agressé un chauffeur de taxi lyonnais pour lui voler son véhicule. 
Il avait été blessé par balle en Haute-Savoie par un policier lancé à sa poursuite et sur lequel il avait foncé pour échapper à son interpellation.
 
L'homme avait menacé de les "saigner" deux jours auparavant 

Le paranoïaque avait fait irruption et proféré des menaces dans un commissariat de police
Mais, "sa peur, la confusion et l’angoisse expliquent son attitude persécutoire"assure le procureur, Eric Maillaud. "Il est dans un schéma psychique où tout le monde lui veut du mal et en même temps, il garde une certaine cohérence", explique-t-il, avant de réclamer 5 ans de prison, avec un an de sursis mise à l’épreuve pendant trois ans.

"Il n’y avait aucun gyrophare, rien qui indiquait que c’était des policiers", oppose Balla Traoure. Les voitures de police qui traquent les automobilistes ne sont-elles pas banalisées?...  "La voiture roulait sur ma voie, j’ai pilé et j’ai essayé de fuir en enclenchant la marche arrière. Et c’est là qu’ils m’ont tiré dessus. Ils ont voulu me descendre. Il n’y a pas de besoin de faire une école d’expertise pour le démontrer, j’ai reçu une balle dans la tête", raconte-t-il.

"Les expertises balistiques montrent qu’il a reçu une balle alors qu’il avait la tête tournée, dans la posture de quelqu’un qui fait marche arrière", assurent les conseils de la défense. En outre, le témoin n’est plus très sûr de la scène. Endormi dans sa voiture à côté de l’établissement de nuit, il avait été percuté quand le véhicule avait fait marche arrière.
"Compte-tenu des circonstances, le policier sur lequel la voiture fonçait n'avait pas trop de possibilités" et il en est ressorti "très choqué", avait commenté le procureur.

Balla Traoure a été relaxé des violences commises sur les policiers

"Bien connu de la justice, il a été toutefois condamné à 4 ans de prison dont un an avec sursis, mise à l’épreuve pendant trois ans avec obligation de soins et d’indemniser les victimes pour les menaces de mort proférées envers les policiers et le vol avec violence du taxi.

Un chauffeur de taxi qui a dû renoncer à sa profession, explique son conseil. 
"Il a eu le sentiment de mort imminente. Traumatisé, il est depuis en invalidité."

vendredi 28 mars 2014

L’alliance DvD-FN qui vise à libérer Villeneuve-Saint-Georges

Les grands moyens pour chasser l'extrême gauche

A Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), la mairie communiste a fait son temps
 
L'occasion historique d'un changement d'aiguillage s'est présentée dimanche dans la cité cheminote, siège d'un grand nœud ferroviaire, avec l'axe Paris - Lyon, et par la ligne de Grande Ceinture. Dans ce bastion de la CGT, on trouve aussi le dépôt de locomotives et de TGV du Sud-Est de l'Île-de-France, et la plus grande gare de triage d'Europe. Deux gares de la ligne D du RER desservent la commune: Villeneuve-Triage et Villeneuve-Saint-Georges.

Sylvie Altman, maire PCF sortante de Villeneuve-Saint-Georges, soutenue par le PS, le PRG et le FG (ci-dessus à droite à la gauche de Mélenchon), est arrivée en tête au premier tour avec 38,88%, mais ne nie pas un important transfert de son électorat sur le candidat Front National, Dominique Joly, qui a obtenu 26,05%. "Nous analysons ces chiffres par le mécontentement d’un grand nombre de nos concitoyens, en termes de pouvoir d’achat, logement, sécurité, et une déception vis-à-vis de la politique gouvernementale que je partage." Mais elle maintient pourtant son alliance avec la majorité présidentielle.
Le candidat Divers Droite soutenu par l’UMP a fait une alliance politique qui n’est pas du goût de tout le monde.

Faire liste commune avec le Front National


Le PCF dénonce une fusion entre Philippe Gaudin (DvD), l'UDI et Debout la République et la liste du frontiste, l'UDI ayant finalement retiré son candidat de la liste de Gaudin.

Le candidat divers-droite Philippe Gaudin a tranché en faveur de l'alliance avec Dominique Joly. Les conséquences ont été directes: l’UMP lui retire son soutien. Valérie Pécresse l’a confirmé sur twitter cet après-midi : "A Villeneuve-Saint-Georges, un candidat divers droite Philippe Gaudin s’allie au FN. Nous condamnons et l’UMP lui retire son soutien". Le vice-président de l’UMP du Val-de-Marne observe qu’il "s’agit d’une initiative personnelle du candidat (…) elle est condamnée par l’UMP du Val-de-Marne, qui retire instantanément son soutien du 1er tour à ce candidat".

Marine Le Pen justifie "une exception"
La patronne du FN souligne que cette ville sera "l'une des très rares exceptions à la règle imposée partout : le maintien des listes." Marine Le Pen confirme également la possibilité de deux autres fusions de listes, mais concernant des villes de moindre importance.

Face à la menace, le candidat Philippe Gaudin va-t-il finalement faire cavalier seul dans un département présidé par un communiste?

Loi Florange ? Le Conseil constitutionnel censure la majorité présidentielle

Les "Sages" mettent le holà aux sanctions

Le Conseil constitutionnel a dit
halte aux "sanctions" de la loi qui obligeait les entreprises à rechercher un repreneur,
en cas de cession de site. 
Un coup dur de plus pour François Hollande, à trois jours des élections, mais un encouragement aux créateurs d'emplois.

Le gouvernement accumule les sanctions du Conseil constitutionnel … Jeudi, il a censuré l'essentiel de la loi "visant à reconquérir l'économie réelle", plus connue sous le vocable "PPL Florange", du nom du texte qui prétendait transposer la promesse présidentielle de François Hollande d'interdire les cessions de sites rentables. Un engagement pris après l'annonce de la fermeture des hauts fourneaux ArcelorMittal de Florange.
 
Cette décision soulage les entreprises, opposées de longue date au projet. 
Le MEDEF a d'ailleurs salué "une décision réaliste du Conseil constitutionnel". Mais elle déçoit l'aile gauche de la majorité. Édouard Martin, l'ancien meneur CFDT stérile de l'aciérie ArcelorMittal devenu tête de liste PS aux élections européennes dans la région Est, a ainsi éructé toute sa "colère".

Ce projet a eu, dès le départ, une connotation politique très forte. Elle trouve son inspiration dans la proposition numéro 35 du programme du candidat de la gauche, dans laquelle Hollande s'engageait à "dissuader les licenciements boursiers", vieille antienne de la gauche de la gauche, et surtout une réponse à la percée pendant la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Puis, lors d'une visite à Florange en février 2012, le futur président était revenu sur cette idée en promettant une loi qui obligerait une entreprise "ne voulant plus d'une unité de production et ne voulant pas non plus la céder" à la vendre.

Mais une fois la campagne bouclée, la nouvelle majorité s'est aperçue qu'une telle obligation serait censurée par le Conseil constitutionnel, pour atteinte au droit de propriété et à la liberté d'entreprendre. Elle s'est alors résignée à ce que l'obligation de résultat devienne une obligation de moyens: la "PPL Florange" contraint donc les entreprises voulant céder un site à rechercher un repreneur, et non pas à un trouver un. 

Ce recul avait, à l'époque, suscité l'ire du Front de gauche et des communistes, qui y ont vu un recul et n'ont pas voté le texte, entraînant son rejet en février par le Sénat . Quelques jours plus tard les godillots de l'Assemblée, où le PS a la majorité le votait comme un seul homme. Finalement la "PPL Florange", même édulcorée, a été retoquée. Un fiasco présidentiel de plus.

Raisonnement implacable

"Nous avions consulté le Conseil d'État pour nous assurer que notre texte serait recevable en plafonnant la pénalité à 2%" du chiffre d'affaires, s'est hier après-midi défendu sur Twitter l'ex-rapporteur du texte, le député
PS Jean-Marc Germain. Mais de nombreux avocats avaient prévu la censure.
 
Le raisonnement du Conseil constitutionnel est incontournable. La "PPL Florange"prévoyait que les représentants du personnel puissent saisir le Tribunal de commerce, s'ils estimaient que l'entreprise n'avait pas respecté l'obligation de chercher un repreneur ou qu'elle avait refusé une offre sérieuse. En outre, l'employeur ne pouvait refuser d'emblée une offre que lorsqu'il y avait "mise en péril de la poursuite de l'ensemble de l'activité de l'entreprise". Mais les Sages de la rue Montpensier ont jugé cette disposition, "interdit l'anticipation des difficultés économiques par l'entreprise" et "permet au juge de substituer son appréciation à celle du chef d'entreprise".

Si le juge estime que l'entreprise a écarté une offre sérieuse, la loi lui donnait le droit de prononcer des sanctions très lourdes, pouvant aller jusqu'à 20 fois le Smic par emploi supprimé, dans la limite de 2% du chiffre d'affaires. Pour le Conseil constitutionnel, de telles sanctions sont une atteinte au droit de propriété et à la liberté d'entreprendre. La raison? Les sanctions auraient contraint de facto des entreprises à céder leur site afin d'éviter une pénalité exorbitante. Les Sages ont donc censuré le dispositif d'offre sérieuse et de refus, ainsi que les mesures de sanction. "Ils ont ainsi vidé la PPL de sa substance car tout le dispositif reposait sur la peur des sanctions", enrage Déborah David, avocate associée chez Jeantet.

Attention toutefois aux effets collatéraux d'une telle décision. 
"L'obligation de rechercher un repreneur et d'informer les salariés demeurent, rappelle Malik Douaoui, avocat associé chez Taj. Les avocats des syndicats pourraient maintenant essayer d'obtenir des pénalités auprès des tribunaux de grande instance s'ils estiment que ce droit a été bafoué. 
Par ailleurs l'administration pourrait refuser de valider les plans sociaux qui leur seront présentés lors de la cession d'un site".

Municipales 2014: Florange élit l'UMP Michel Decker au premier tour , avec 57,63%

Florange bascule à droite pour la première fois depuis 1989. 

L'UMP l'emporte dès le premier tour
Face au maire sortant PS Philippe TarillonMichel Decker reçoit la mairie avec 57,63% des suffrages, dans la ville symbole de la désindustrialisation depuis la fermeture des Hauts Fourneaux d'ArcelorMittal.

Un ancien CGTiste passé au FN est en tête à Hayange, autre ville-martyre. 
À Hayange, on attendait le Front national : sans réelle surprise, le candidat frontiste, Fabien Engelmann, arrive en tête, avec 30,40% des voix. Avec un taux d'abstention de 50%, la surprise vient plutôt de la suite du peloton : Thierry Rohr (DvD) est le deuxième homme, avec 20,39% des voix. 
Edouard Martin (CFDT, à droite)
a trahi les sidérurgistes
En troisième place, le maire sortant, Philippe David, PS, proche de la CFDT, avec 19,20% des voix, suivi par Alain Leyder (Divers) 13,33%, qui se revendique représentant de la société civile, Isabelle Iorio (divers gauche) avec 13,28%, et par le Parti ouvrier indépendant (3,38%) des voix. 
Une situation qui ne surprend pas les habitants de ces communes.
"Quand un parti politique réussit à écœurer les gens, que font-ils ? Ils font ça par dégoût. Ils ne votent pas FN parce qu'ils sont racistes", analyse un riverain.

Hollande et Montebourg ont fait le lit du FN

A Florange, des syndicalistes de FO avec
la plaque denonçant la trahison de Hollande,
24 avril 2013
Les habitants de ces communes du nord-est évoquent un vote de "dégoût" et de "mécontentement"
 
"La ville s'est dégradée à vitesse grand V. En votant FN, les gens expriment leur mécontentement", estime un habitant de Hayange.

Malgré la promesse de François Hollande en campagne présidentielle, le site sidérurgique ArcelorMittal de la ville a fermé définitivement ses fourneaux en novembre 2012. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, considère Florange comme son "échec le plus cuisant".
Le président Hollande avait été accueilli par des sifflets lors de sa dernière visite en septembre 2013 dans cette commune lorraine de plus de 11.000 habitants. 

Municipales à Paris: NKM (UMP) devance Anne Hidalgo (PS) au premier tour

Il reste à transformer l'essai en allant voter

La gauche parisienne donnée favorite tentera de limiter la casse
Une vague bleue a déferlé sur la France et à Paris la candidate UMP Nathalie Kosciusko-Morizet a fait mentir les sondages en devançant sa rivale Anne Hidalgo sur l'ensemble de Paris.

L'ancienne ministre UMP recueille 35,64% des suffrages exprimés en moyenne sur l'ensemble des 20 arrondissements de la capitale, contre 34,40% pour la première adjointe PS. 
Les écologistes radicaux menés par Christophe Najdovski n'ont pas réussi à enjamber la barre des 10% (8,86%) et il ne reste donc plus à Europe Ecologie-les Verts que la possibilité de négocier au prix fort la fusion de ses listes avec celles du PS en vue du second tour. Dans le 2e, seul arrondissement tenu par les Verts, le maire sortant Jacques Boutault arrive en tête avec 32,96% des voix.

La gauche reste néanmoins majoritaire en voix 

Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet seraient toutes deux battues, chacune dans son arrondissement, selon deux sondages Ifop/Fiducial pour le JDD et Sud Radio* publiés dimanche.
La liste UMP-UDI n'obtiendrait que 43% au second tour, contre 57% pour la candidate socialiste Carine Petit. Elle est distancée par la liste PS-PC-PRG (36% contre 39%) au premier tour déjà et l'avenir de Paris est entre les mains des abstentionnistes. Début novembre, un sondage sur mesures de PollingVox-Observatoire du changement politique, réalisée pour le quotidien socialiste Libération lui donnait 45% au second tour, contre 55% pour Carine Petit.

Anne Hidalgo n'est pas beaucoup mieux lotie. L'actuelle maire-adjointe de Bertrand Delanoë perdrait dans le XVe arrondissement face à Philippe Goujon (46% contre 54% au second tour.) Même si le FN se retrouvait au second tour, Anne Hidalgo n'arriverait pas à combler son retard sur la liste de droite (44% contre 48%). Sauf qu'Anne Hidalgo, elle, n'a pas besoin de gagner dans le XVe pour succéder à Bertrand Delanoë...

Autres
Autres
Philippe Goujon54%
Anne Hidalgo46% 
Source: Ifop-Fiducial 

La gauche gouvernementale semble en position de conserver les arrondissements clés de la capitale, à commencer par
le 14e où se présente Nathalie Kosciusko-Morizet. Ici comme dans le 12e, l'UMP est distancée par le Parti socialiste qui devra réussir l'union de toutes les gauches pour conserver la capitale au second tour.

NKM appelle au changement, Hidalgo à l'union de la gauche
Anne Hidalgo a estimé que "tout reste à reconstruire", appelant à la mobilisation avant le second tour. "Nous sommes dans l'attente des résultats définitifs, nous nous retrouverons tout à l'heure avec les Verts quand nous aurons l'ensemble ds résultats", a déclaré son directeur de campagne, Rémi Féraud, qui n'a pas exclu non plus une négociation avec le Parti de Gauche de Danielle Simonnet. Celle-ci a dépassé 10% des voix dans le 20e arrondissement où le PS est arrivé nettement en tête. Ailleurs, rares étaient les candidats mélenchonistes à dépasser le seuil critique de 5%.

Dans une déclaration télévisée Nathalie Kosciusko-Morizet a souligné que le "changement est possible" à Paris, qualifiant le peuple de Paris "fidèle à sa tradition, libre et rebelle!".

Plusieurs de ses maires UMP sortants ont été réélus dès le premier tour: Jean-François Legaret dans le 1er, Jean-Pierre Lecoq dans le 6e, Claude Goasguen dans le 16e et Brigitte Kuster dans le 17e. 
Les UMP Delphine Burkli et Vincent Roger arrivent en tête dans les 9e et 4e arrondissements, tenus par le Parti socialiste. L'ancienne ministre Rachida Dati devra aller au rattrapage dans le 7e arrondissement, où elle a rassemblé 41,01% des voix, davantage que Hidalgo et NKM.

Hidalgo peut faire la différence dans les arrondissements clés
En vertu de la loi PLM, il ne suffit pas en effet de remporter la majorité des suffrages à Paris pour en devenir le maire. Comme à Marseille et Lyon, les électeurs parisiens élisent un maire d'arrondissement (ou de secteur) et désignent des conseillers municipaux qui dans un troisième tour éliront le maire de la ville. Tout l'enjeu est donc de remporter un maximum de grands arrondissements parisiens, voire de faire basculer des arrondissements adverses, comme le 14e et le 12e (tenus par la gauche) ou le 5e et le 15e (tenus par l'UMP).

Dans le 12e justement, la liste PS serait largement en tête (37,4%) devant l'UMP (32,7%), toujours selon Ipsos et sans tenir compte de la marge d'erreur habituelle. Un écart qui serait similaire dans le 14e (39,3% contre 32%). Si le PS réussit à conserver son avance dans ces arrondissements clés, Anne Hidalgo devrait l'emporter au second tour.
Catherine Barrati-Elbaz (PS) est arrivée en tête avec 37,4% des suffrages au premier tour des élections municipales dans le 12e arrondissement de Paris, devant Valérie Montandon (UMP) qui récolte 33,3% des voix. 
Au 3e rang, on trouve Christophe Najdovski (10,1%). Les altermondialistes peuvent donner la victoire au PS à Paris et renforcer leurs exigences au gouvernement. Les abstentionnistes du 12e diront s'ils votent pour une écologie punitive.   
Le taux d'abstention s'élève à 33,3% pour le premier tour des élections municipales de 2014. 

L'élection du maire de Paris revêt évidemment une forte dimension symbolique. Si la droite parvient à reconquérir la capitale, ce sera un message fort de désaveu de la gauche. 
Après la bérézina qui s'annonce à Marseille, une victoire de l'UMP à Paris sera le coup de grâce au pouvoir socialo-écolo qui nous accable d'impôts, de chômage et d'insultes.

jeudi 27 mars 2014

Forte reprise du chômage: un "supplice chinois" -pour Hollande- selon les éditorialistes

Touchante empathie des humanistes de la presse éditoriale française

" 'Chômage: un '
supplice chinois' pour Hollande qui doit "réagir vite' "
 
Et nos éditorialistes dissertent

C'est ainsi que L'Express gémit en titrecompatissant à l'incurie de l'exécutif. L'hebdomadaire cite les éditorialistes de la presse nationale qui reprennent les termes de la dépêche AFP, laquelle diffuse les éléments de langage préparés par les services de l'Elysée. C'est ainsi que circule l'information, du haut vers le bas, par les tuyaux d'un pouvoir préoccupé de sa seule survie et à qui le sort des 31.000 foyers s'ajoutant à 5 millions déjà frappés par le malheur importe finalement assez peu.

Le quotidien Libération constate la forte hausse du chômage en février (+0,9%), mais qu'elle atteigne le niveau record de 3,34 millions de chômeurs. a un sens aigu du respect de et reprend la même image de l'AFP.

Un "coup de bambou" -pour le gouvernement-
, commente l'humoriste Fabienne Sintès, journaliste du service public à ses heures, qui raconte sa vie à l'antenne, la tête à mille lieues des difficultés des gens "normaux".

Quand Hollande reçoit le président chinois, toute la presse vit à l'heure chinoise


"Le chômage explose"
, assène en Une Le Figaro qui observe que "la gauche panique". Pour Les Echos, toujours en Une, "c'est le chiffre qui tombe mal pour Hollande". "Loin de nous l'idée d'offenser le vénérable président chinois Xi Jinping (...) Il n'empêche que la rituelle publication des chiffres du chômage prend, pour l'exécutif, l'allure d'un vrai 'supplice chinois'", ironise Jacques Camus, dans la Montagne Centre France.

L'indécent angle de vue de la presse


Pour Jean-Francis Pécresse (Les Echos), "le gouvernement ne pouvait guère redouter pire coup de massue" avec "cette note économique calamiteuse", à quatre jours du second tour des municipales. C'est faire peu cas des nouveaux, comme des anciens demandeurs d'emploi. Une augmentation du chômage que "François Hollande, se prend de plein fouet, ruinant ses pronostics pour le moins aventureux", écrit Hubert Coudurier, dans le Télégramme. On va donc le plaindre ! "Un coup dur pour le gouvernement", abonde Aline Gérard, dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. Effectivement, reconnaît Libération, "ce ne sont pas les chiffres du chômage qui risquent de remonter la cote du gouvernement." Ni le pouvoir d'achat des ménages...<br>Mépris des conséquences humaines

Cette hausse du chômage "est venue rappeler une préoccupante vérité: ce gouvernement paraît dépassé par les événements", juge Paul-Henri du Limbert, pour Le Figaro. "Et, cette fois, les circonlocutions gouvernementales n'y pourront rien", prévient Jean-Francis Pécresse (Les Echos). La "publication" plus que les chiffres, du chômage"enterre encore un peu plus la politique économique du chef de l'Etat"relève Christophe Bonnefoy, pour le Journal de la Haute-MarneLa foi socialiste chevillée au moral, Hubert Coudurier (Le Télégrammea toutefois le sentiment que le gouvernement a "commencé à changer de paradigme économique", mais il "le fait trop lentement pour obtenir des résultats". En somme, il ferait le nécessaire, mais n'aurait pas vraiment la "détermination" dont se prévaut le Premier ministre.

François Hollande doit "réagir vite"


"D'où la demande de Jean-Louis Hervois, dans la Charente Libre, avec "l'urgence d'une communication forte, d'une volonté nouvelle pour reprendre la main sur le cours des événements." Le verbe d'abord, ensuite l'action et peut-être la réflexion ! Les amis de Ségolène Royal sont les meilleurs conseilleurs qui soient... Les payeurs sont, en revanche, les chômeurs et aussi les contribuables solidaires. 
Pour Christophe Bonnefoy (Le Journal de la Haute Marne), le président de la République "se voit obligé de réagir" et "plus vite que prévu". Sans doute faut-il dons continuer de croire, après dix-huit mois de mesures productrices de chômage, que ces nouveaux mauvais chiffres n'étaient pas prévisibles. "Le chef de l'Etat n'est plus seulement condamné à accélérer vivement son pacte de responsabilité, mais à le rendre bien plus ambitieux et favorable à la compétitivité qu'il ne l'est aujourd'hui", commente sans conviction Jean-Francis Pécresse (Les Echos).  

La République des Pyréneées, tient la solution: la même que l'AFP et ses confrères ! Outre "des annonces rapides et énergiques", son éditorialiste de 68 ans, le soixante-huitard Jean-Marcel Bouguereau, ex-collaborateur de Libération et ancien rédacteur en chef du Nouvel Observateur, attend, comme la majorité des éditorialistes, "un remaniement lui-aussi fort, avec une équipe resserrée de ministres plus professionnels." C'est croire que Hollande pourrait se priver de des amis qu'il a placés autour de lui, notamment Michel Sapin, ministre du Travail, qui a fait la preuve de sa haute sensibilité au moindre tressaillement de la courbe du chômage et de sa maîtrise de l'enfumage, mais impuissant à redonner du travail à ses concitoyens.

Tous les éditorialistes brodent en fait sur la dernière résolution du gouvernement.
Aucun de ces éditorialistes aux ordres n'évoque plus.la "courbe du chômage" que le magicien Hollande promettait de maîtriser, il y a déjà plusieurs mois maintenant. Le mot d'ordre aux acteurs économiques est désormais "plus vite, plus fort". 

Le "Plus haut" de Coubertin et non de Sapin, c'est la courbe actuelle du chômage !