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samedi 28 novembre 2015

La DGSI aurait négligé une alerte islamiste, selon le Petit Journal de Canal+

Cazeneuve pris en défaut, présumé innocent ?

La veille des assassinats de masse islamistes, la DGSE aurait négligé un message intercepté...

La 'loi renseignement' d'avril 215, pour faire peur aux extrémistes français et aux terroristes serait donc inopérante sur les islamistes ? La Direction générale de la Sécurité intérieure serait restée les bras ballants après l'écoute d'une conversation téléphonique de Hasna Aït Boulahcen vers la Syrie, jeudi 12 novembreLa djihadiste annonçait à son interlocuteur sa volonté de commettre un attentat en France. Bagatelle ? Non, Bataclan.

Services gouvernementaux "déterminés", mais ... lents à la détente

Le jour même, la DGSE transmet cette information à la DGSI , pour "évaluer le danger potentiel" que représente cette femme, explique le journaliste Azzeddine Ahmed-Chaouch sur le plateau du Petit journal de Canal+. La DGSI, service de renseignement du ministère de l'Intérieur, et la DGSE, placée sous l'autorité du ministre français de la Défense prévoient ensuite un rendez-vous pour approfondir le sujet, mais fixe la date de la rencontre au 16 novembre, quatre jours plus tard. L'"état  d'urgence" n'est visiblement pas en oeuvre... Il sera décrété le 14.
Au lendemain de l'interception de l'appel, plusieurs commandos islamistes commettent une série de carnages dans six lieux de Paris.
Cette négligence sera responsable de 130 morts
de 19 nationalités différentes et les hôpitaux de l'AP-HP ont reçu 415 personnes en relation avec les tueries.

Bernard Cazeneuve nie en bloc

Le journaliste a reçu du ministère de l'Intérieur la confirmation de "toutes ces informations",  mais dans l'émission "Des Paroles et des Actes" sur France 2, le ministricule de Hollande et Valls a démenti catégoriquement. 

Le président, isolé aux Invalides, tente de se mettre en avant,
mais sa tournée diplomatique reste 
inopérante 

François Hollande s'est pourtant mis en scène, vendredi 27 novembre, au cours d'une cérémonie nationale aux Invalides à Paris, en hommage aux victimes civiles anonymes froidement exécutées par des barbares fanatiques et aux 350  blessés lors des attaques qui ont ensanglanté Paris et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) il y a deux semaines, le vendredi 13 novembre.
"Les attentats du 13 novembre, un "acte de guerre organisé de loin et froidement exécuté" par "une horde d'assassins" qui ont agit "au nom d'une cause folle et d'un Dieu trahi", a ajouté François Hollande."
Sur France Info, chaîne "indépendante" mais néanmoins de "service public", le journaliste Antoine Krempf fait la campagne du pouvoir socialiste en conduisant un procès contre l'opposition.
Démonstration floue,
mais curseur catégorique
Il s'érige en juge du vrai et du faux et accuse d'être "proches de l'extrême droite" les sites et les comptes Twitter qui compensent les lacunes de l'information officielle en dénonçant ces propos et le laxisme de l'actuel ministre de l'Intérieur. Pour discréditer quiconque cherche la vérité sur l'auteur de l'affirmation que "le djihad n'est pas un délit", il agite le chiffon rouge Marine Le Pen qui lui associe Bernard Cazeneuve.
Retour à l'ORTF ou à la Pravda ?

Metronews, organe de presse de l'extrême droite ?
Mieux, à l'issue d'une démonstration tortueuse, en journaliste de blanchiment, voire de désinformation, Krempf tente aussi de blanchir Bernard Cazeneuve qui affirma que "le djihad n'est pas un délit". Krempf rappelle qu'à l'époque, Metronews avait contacté le ministère de l'Intérieur pour avoir une réaction. Voici la réponse "des services du ministère" publiée par nos confrères :
"On ne peut pas interdire des livres dès qu'ils sont choquants. S’il n'y a pas d'appel à la haine ou d'apologie au terrorisme, on ne peut pas l'interdire. Ce n'est pas un délit de prôner le djihad, ce n'est pénalement pas répréhensible"
"En clair [sic]: la phrase ne vient pas de Bernard Cazeneuve mais "des services du ministère", souligne le jésuite du service public... Le ministre n'est pas responsable des déclarations de ses services: ni responsable, ni coupable ! 

Le distinguo est subtile pour les uns, mais  grossier pour tous les autres et indécent de la part d'une presse "décrypteuse" exemplaire : le journaliste stalinien s'en tient au commentaire des services du ministère pour occulter les propos du ministre en personne. Plutôt s'adresser aux saints qu'à leur dieu !

En revanche, L'Express ne nie pas la récupération compassionnelle de la tragédie aux Invalides par le "président de la jeunesse" en deuil. 
"Après une minute de silence, un violoncelle a rendu encore plus poignant cet instant," insiste l'hebdomadaire. 


"A l'issue de son discours, poursuit L'Express, une nouvelle Marseillaise -certes plus martiale [on appréciera la pointe critique]- a cette fois été entonnée par les chanteurs de l'Académie de l'Opéra de Paris, le Choeur de l'Armée française accompagné par l'orchestre de la Garde républicaine.

Le reportage de France Inter est
censé témoigner de l'hommage de la nation aux victimes de la barbarie islamiste, mais 90% des plans de son raccourci sont dédiés à Hollande...

Est-il excessif de juger que les carnages djihadistes sont récupérés à des fins politiciennes ? Nous attendons maintenant  la production des sondeurs...

 

lundi 27 juillet 2015

Tirs de la Concorde: un mineur se charge de la responsabilité des barrages forcés

Un mineur de 16 ans se dévoue en se rendant à la police

La législation sur les mineurs est-elle trop sévère ? 

Haine "juste" de racaille:
impunie
Un jeune homme de 16 ans s'est rendu ce lundi matin, indiquent "plusieurs sources" (non précisées !) et sans certitude sur la réalité des faits ni la spontanéité du geste. Il se présente comme le conducteur du véhicule qui a forcé dimanche deux barrages policiers successifs, place de la Madeleine, puis place de la Concorde. Il était toujours... "activement recherché" par les forces de l'ordre. 
Le projet de réforme de la responsabilité pénale du mineur (2008) et de mise en œuvre d'un Code pénal des mineurs n'a pas abouti et conduit à ce genre de situation de délinquance et de trafic de drogue, notamment, où le mineur de 16 ans n'est toujours pas pénalement responsable et peut endosser la faute d'un grand frère, sans grand dommage.
Lien PaSiDupes: 
L'information est-elle contrainte par la loi-renseignement ?

Dimanche à 7 heures, selon les sources qui suggèrent une sortie de boîte, éméchés, mais à 8 heures, pour les autres, un véhicule a forcé plusieurs barrages de police, forçant les forces de l'ordre à ouvrir le feu, alors que le plan Vigipirate est à son niveau "écarlate", ont indiqué ce lundi "des sources concordantes", manifestant ainsi leur fébrilité en ce jour d'arrivée du Tour de France sur les Champs Elysées.

"Les enquêteurs sont en train de procéder à des investigations pour savoir si c'est bien lui qui était au volant"
révèle "une source judiciaire" anonyme, confirmant en partie les informations d'i-télé.
Un autre occupant du véhicule s'est aussi présenté au commissariat dans la nuit de dimanche à lundi, a ajouté "une source proche de l'enquête". 
Par ailleurs, UN hôpital [indéterminé] des Yvelines, en banlieue ouest de Paris, a signalé dimanche soir à la police qu'une "femme blessée au thorax", suspectée d'avoir aussi été présente dans la voiture au moment des tirs de police, a été prise en charge. Elle a été opérée dans la nuit de dimanche à lundi, "mais ses jours ne sont pas en danger". 
Son identité semble inconnue des services de police: ne s'est-elle pas faite enregistrées lors de son admission ? Serait-elle membre de la suite du roi d'Arabie Saoudite, celui qui privatise une plage sous la protection de la Loi littoral en vigueur depuis janvier 1986 et que la monarque du ministère de l'Environnement est chargée de faire appliquer ?...

La parole n'est manifestement pas libre dans les sphères gouvernementales: les ministres vivent, dit-on, sous le régime de la terreur de Valls, les députés sous la férule de Pruneau Le Roux et les media sont visiblement muselés.  

Les deux individus placés en garde à vue ne seraient pas des terroristes 


Trois interpellés, selon BFMTV, mais quatre garde à vue, selon Libération...
Les deux personnes qui se sont rendues ont expliqué "avoir été dans la voiture au moment des faits", selon "la source proche de l'enquête" et non de la transparence. Elles ont été placées en garde à vue par la police judiciaire parisienne. Pour un simple "incident" -avec tirs d'armes- selon France Info...

Rappel des faits, selon la version officielle
Dimanche matin aux alentours de 8 heures, dans le quartier de la Madeleine, proche des Champs-Élysées, une voiture a percuté un autre véhicule avant de prendre la fuite pour se soustraire à un contrôle de policiers déployés pour l'arrivée du Tour de France, prévue au même endroit. Sur cet autre véhicule, rien n'a filtré et la presse n'a pas cherché (ou réussi) à obtenir des renseignements.
Le conducteur s'est ensuite dirigé vers la Concorde, forçant un barrage mis en place sur le parcours de l'épreuve cycliste. La police a alors tiré des coups de feu -en plein coeur de Paris en fête- pour immobiliser le véhicule, mais n'a pas réussi à intimider l'automobiliste qui a réussi à prendre la fuite: qui, de la police ou du conducteur,  est l'amateur ? Cet échec renforce la thèse d'une opération par des individus expérimentés.
La voiture a été retrouvée abandonnée dans le quartier, avec des impacts de balles visibles sur la carrosserie. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de l'affaire, mais sait-on si la brigade antiterroriste est sur l'affaire ? Encore une précision de routine qui fait défaut ici, mais qui, si elle était négative, pourrait rasséréner les réseaux sociaux.

vendredi 24 juillet 2015

Loi renseignement: le Conseil constitutionnel censure trois articles votés par les parlementaires

Deux pièces maîtresses retoquées

Les Sages ont 
censuré trois articles


Sous le coup de l’émotion des attentats de janvier, un projet de loi libéral et consensuel a été détourné de son objet, notamment par les services de sécurité intérieure.

L'un d'eux autorisait les services de renseignement à s'affranchir de l'autorité politique, en cas "d'urgence opérationnelle", c'est-à-dire soumise à une appréciation politique subjective, au risque d'une dérive totalitaire, a indiqué ce jeudi le Conseil.

Un deuxième article a également été censuré par le Conseil constitutionnel.

Il concerne la "surveillance internationale" et renvoyait à des pans entiers, jugés trop importants du dispositif pour être réglés par décrets, a estimé le le Conseil saisi par plus de soixante députés.

Le troisième article censuré touche aux lois de finances. 
De son côté, le Premier ministre Manuel Valls a salué "un progrès décisif". "La France a désormais un cadre sécurisé contre le terrorisme et respectueux des libertés, a-t-il affirmé. C’est un progrès décisif !"
Reste à savoir si la démocratie a progressé en se donnant les moyens de lutte équitable contre toutes les formes de terrorisme.

lundi 29 juin 2015

Scandale de la NSA: l'incroyable mauvaise foi de Valls

Valls réclame la création d'un "code du renseignement" qu'il vient de faire voter une loi pour mettre n'importe qui sur écoutes.

Le cerveau droit du Premier ministre oublie ce que le gauche a fait
 
La mauvaise foi de Manuel Valls n'est jamais en panne. Constamment dans la déclaration d'intention et l'illusion de l'action, le Premier ministre s'est de nouveau déclaré colère et cette fois de la révélation par WikiLeaks d'informations -au demeurant anodines- prouvant la mise sur écoutes de trois présidents français (François Hollande, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac) par l'agence de sécurité américaine, la NSA. Cette diffusion est déjà malveillante en soi, mais l'existence d'écoutes l'est autrement plus.
 
Soucieux de paraître réactif, Valls a aussitôt réclamé la création d'un "code de bonne conduite" entre pays "alliés". "Les États-Unis doivent tout faire pour réparer" les dégâts liés aux révélations, a-t-il ajouté, insistant moins sur le principe des écoutes que sur l'indélicatesse des révélations. 
Le premier ministre y ajoute ensuite l'émotion qui plaît tant aux habitués des comptoirs de cafés, disant ressentir "émotion et colère face à ces pratiques inacceptables émanant d'un pays ami". Si vous attendiez le signal pour verser une larme, c'est maintenant.
Alors que François Hollande est face à un problème connu  -et non résolu- de surveillance, son premier ministre fait de la communication politique...

Cette réaction est particulièrement démagogique
D'une part, la France sait au moins depuis 2013 que ses dirigeants sont massivement sur écoutes, et que la grande oreille est à Washington : les révélations d'Edward Snowden, ainsi que le repérage d'une station d'écoutes sur le toit de l'ambassade américaine à Paris ne laissaient guère de doutes. 

Mais surtout
le gouvernement vient de faire voter une loi sur le renseignement qui contient des mesures permettant à la France de se comporter comme une barbouze, du moment qu'elle n'espionne pas (trop) ses citoyens sur son territoire national.

Un "code du renseignement" déjà proposé... contre la France

Le "code du renseignement" que Manuel Valls appelle de ses voeux a déjà été proposé par le Conseil de l'Europe en avril dernier, en réaction notamment à la nouvelle loi du gouvernement Valls, jugée dangereuse. "Le risque est très grand que l'on aboutisse à une surveillance non ciblée, touchant l'ensemble de la population" française, avait alors confié au Point Nils Muiznieks, le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe - l'organisation paneuropéenne installée à Strasbourg (à ne pas confondre avec l'Union européenne) - représente 820 millions de citoyens.. Lorsque nous donnons carte blanche à nos services de renseignements, nous faisons exactement ce que veulent les terroristes : nous dénaturons nos valeurs", avait ajouté l'ancien ministre letton, docteur en sciences politiques.

Certes, la nouvelle loi sur le renseignement n'est pas un "Patriot Act" français, elle ne permet donc pas d'aller aussi loin que l'ex-loi d'exception américaine. Et elle résout d'importants problèmes opérationnels et juridiques rencontrés par les agents français. Mais cette loi française ouvre la porte à la surveillance massive en considérant chaque internaute et donc chaque citoyen comme un suspect dont la vie privée peut être allègrement violée. Or, la surveillance de masse est inefficace et dangereuse pour la démocratie.

Les "boîtes noires" que l'État pourra installer chez les opérateurs télécoms sont l'une des raisons qui font que la loi fédère ses opposants : les institutionnels (la CNIL, le Conseil national du numérique, la Commission nationale consultative des droits de l'homme, le Syndicat de la magistrature, l'ordre des avocats de Paris, etc.), les ONG (Reporters sans frontières, La Quadrature du Net, Amnesty International, Human Rights Watch, etc.) ou encore le secteur de l'économie numérique dans sa quasi-totalité (Google, Microsoft, Facebook, Yahoo!, Skype, Dailymotion, Deezer, etc.) s'opposent fermement au texte.

En réaction, Valls fait de la psychologie politique, oppose l'émotion et la colère !... Sa gouvernance est régie par les circonstances, ses influences biochimiques et ses humeurs.

dimanche 28 juin 2015

Loi renseignement adoptée: elle fait de chaque Français un terroriste en puissance

En revanche, les étrangers ne sont pas soumis à contrôles

Les députés ont validé un texte de compromis parlementaire

Valls, el Caudillo Manolo
L'Observatoire des Libertés et du Numérique, ainsi que des associations et collectifs d'extrême gauche opposés au projet de loi liberticide sur le Renseignement, avaient appelé à une manifestation lundi 8 juin 2015, veille du vote du projet de loi sur le renseignement au Sénat.
Le hasard faisant bien les choses, c'est le jour où Wikileaks diffusa des preuves des écoutes menées par les services américains contre la France que le parlement adopte définitivement le très contesté projet de loi sur le renseignement. Ce texte était défendu au nom de la lutte antiterroriste par le gouvernement, même s'il légalise des pratiques contestables des services. L'attentat islamiste du 26 juin en Isère -un vendredi de ramadan- a fait une victime -première décapitation sur notre territoire depuis la Terreur de 1893- démontre que le plan Vigipirate -force 4 "écarlate"- en vigueur au niveau maximal -et porté depuis au "seuil maximum" (plus maximal que le maximum !) par l'illustre Hollande, c'est du pipeau. Et il appelle à l'unité nationale !

En plein scandale d'espionnage des trois derniers présidents français par Obama, le texte voulu par le caudillo Manuel Valls a été voté à main levée par une large majorité des députés présents. Le texte était soutenu par les socialistes, les radicaux de gauche, une grande majorité des Républicains et de l'UDI, alors que le Front de gauche.

Le Front de gauche et une majorité des écologistes avaient appelé à voter contre. 
Le Front de gauche voté contre une "loi scélérate" tout comme la majorité du groupe écologiste, au contraire d'Eric Ciotti (Les Républicains) qui s'est réjoui avec la "grande majorité" de son groupe d'un "projet de loi nécessaire et positif",  au nom d'une "unité nationale sans faille". 
Mise en chantier l'an dernier, son élaboration a été accélérée par l'exécutif à la faveur des attentats meurtriers par des djihadistes français qui ont fait 17 morts début janvier 2015 à Paris. 

 
Prétendues, les "atteintes aux libertés publiques" ?

De la prévention d'attentats à l'espionnage économique, le texte définit un large éventail des missions des services de renseignement, ainsi que le régime d'autorisation et de contrôle de nombreuses techniques d'espionnage (écoutes, pose de caméra ou de logiciel-espion, accès aux données de connexion, etc). Un catalogue qui va s'avérer vite dépassé et un risque de détournement totalitaire au détour  d'un scrutin ou avec l'émergence d'une personnalité anti-républicaine que le pouvoir n'aura pas vu venir, de l'extérieur ou de son sein.   

Le frêle rapporteur Jean-Jacques Urvoas (PS) a balayé d'un revers de manche les discours sur de "prétendues atteintes aux libertés publiques", insistant sur la "création pour la première fois d'un cadre juridique démocratique des activités des services de renseignement" en France. Mais un cadre trop contraignant est la promesse d'une impuissance et d'un danger s'il est trop flou. 

"Là où les services estimaient que leur légitimité l'emportait sur toute autre considération, ils devront désormais agir dans le respect du principe inverse, leurs prérogatives particulières n'étant admises qu'à la condition qu'elles soient justifiées et proportionnées", a-t-il plaidé. 
Si Urvoas détient l'instrument idéal de mesure objective, il doit donner en urgence les références de son fournisseur à "el Caudillo Manolo"...

lundi 22 juin 2015

Loi sur le renseignement: les visiteurs étrangers ne seront plus surveillés

La loi sur le renseignement ne suspectera-t-elle que les Français ?

Le pouvoir socialiste justifiait sa loi liberticide par l'obligation de surveiller les étrangers de passage en France, 

sans avoir à saisir l'instance de contrôle. 

Or, un amendement qui aurait permis de mettre en place un régime spécial de surveillance des étrangers de passage en France, disposition très critiquée du projet de loi sur le renseignement, va être retiré en catastrophe, à la demande du rapporteur du texte, le député socialiste Jean-Jacques Urvoas, lors de l'examen du texte en commission mixte paritaire, modifiant sensiblement la version finale. 
L'objectif de l'amendement initial voulait légaliser les pratiques des agents de renseignement pour mieux lutter conte le terrorisme. Un texte nécessaire, estiment ses défenseurs, dangereux pour ses détracteurs qui sont montés au créneau pour dénoncer un amendement xénophobe. 

Valls recule sur l'amendement qui prévoyait que l'autorisation est délivrée "par dérogation" par le Premier ministre -sans avis préalable de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR)- "lorsque la mise en oeuvre sur le territoire national d'une technique de renseignement ne concerne pas un Français ou une personne résidant habituellement sur le territoire français". 
Cet amendement, ajouté il y cinq jours, prévoyait de donner aux services de renseignement le droit de poser par exemple un micro dans la chambre d'un diplomate, d'un chef d'entreprise ou d'un journaliste. Avec le risque de dérives sur les ressortissants français.

Un deuxième amendement pour supprimer le premier
"Le gouvernement déposera lundi un amendement de suppression de cette disposition", quand elle sera examinée en amont du vote définitif du projet de loi, mardi au Sénat et mercredi à l'Assemblée nationale. 

Matignon affirme désormais que "cet amendement n'a jamais été validé par le gouvernement, car il pose des problèmes de constitutionnalité"

ARCHIVES. Rassemblement devant l'Assemblée nationale, le 13 mars, contre le projet de loi sur le renseignement."En matière de libertés publiques, la distinction entre Français et étrangers n'est pas pertinente", découvre finalement l'hôtel Matignon. Le ministère de l'Intérieur a également déclaré que "le gouvernement est défavorable à cet amendement". Selon le compte rendu des débats de la commission mixte paritaire, des parlementaires comme le rapporteur au Sénat Philippe Bas (Les Républicains) ou le sénateur Jean-Jacques Hyest (Les Républicains) ont en effet souligné le risque de non conformité à la Constitution.

Le projet de loi sur le renseignement est défendu par le gouvernement notamment au nom de la lutte antiterroriste, mais il est vivement critiqué par de nombreuses associations de défense des droits qui redoutent une "surveillance de masse", sans protection  des libertés publiques et individuelles.
Le gouvernement s'est donc résolu à faire retirer cette disposition du texte. Mais pour Patrick Baudoin, le président d'honneur de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH), le mal est fait. "On ne peut pas être rassuré au regard de ce qu'est déjà la loi sur le renseignement qui comporte beaucoup de dispositions extrêmement restrictives des libertés individuelles et du droit à la vie privée", explique-t-il.
L'amendement sur la surveillance des étrangers de passage "est très révélateur d'une tendance forte qui va vers un accroissement constant des moyens donnés aux services de renseignent français pour multiplier les opérations de surveillance vis à vis de tous les citoyens", estime Patrick Baudoin. Et malgré le retrait de cet amendement, "cette tendance forte subsiste", poursuit-il.

VOIR et ENTENDRE les craintes de participants au rassemblement du 9 juin à Paris contre le projet de loi sur le renseignement:


Une mesure alignée "sur la conception américaine" de surveillance de masse
Dans une tribune publiée samedi par le quotidien Le Monde, Jean-Marie Delarue, président de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS, appelée à être remplacée par la CNCTR après l'entrée en vigueur de la future loi), dénonce vivement la disposition introduite par le député Urvoas. "Il s'agit désormais de permettre aux services, quels qu'ils soient, de faire ce que bon leur semble avec les étrangers de passage", proteste-t-il. Il juge que la mesure vise avant tout "celui qui est soupçonné d'être menaçant pour les intérêts français: l'homme politique, l'homme d'affaires ou encore le vrai ou faux riche touriste..."

Le texte liberticide "s'aligne très précisément sur la conception américaine" qui "a permis aux agences américaines d'accumuler sur ces étrangers les données massives que l'on sait", poursuit le président de la CNCIS, déplorant une "régression". Pour Jean-Marie Delarue, cet amendement, certainement issu de "quelque initiative des services de renseignement", "affaiblit d'emblée (...) l'intervention de la future commission de contrôle", puisqu'il ne prévoit même pas qu'elle soit informée d'une mesure de surveillance d'un étranger de passage en France. Si les services de renseignement "peuvent imposer "leur" loi, que valent donc toutes les garanties patiemment élaborées dans la loi sur le renseignement ?", s'interroge-t-il. Et d'insister: "Il est de l'intérêt des pouvoirs publics comme de nos droits d'en gommer le contenu".


Voté en première lecture à l'Assemblée en mars,
le projet de loi sur le renseignement arrivera au Sénat mardi.

samedi 16 mai 2015

Ignare et intolérant, Manuel Valls n'hésite pas à se colleter avec des intellectuels

Le ton monte entre le colérique de Matignon (bac + ?) et l'historien Emmanuel Todd 

Invité à la télévision et à la radio vendredi matin, l'intellectuel n'a pas hésité à accuser le Premier ministre de pétainisme. 
"Le jour anniversaire de la capitulation des forces nazi[e]s", observe Julien Lenglet sur France Info, qui s'abstient de citer l'essai polémique du penseur radical, "Qui est Charlie ", lequel a le mérite d'avancer des arguments, si contestables soient-ils.

Il y avait déjà eu un échange musclé avec Michel Onfray, rappelle le journaliste [qui n'a pas gardé en mémoire les attaques dont Eric Zemmour a été l'objet et que la presse politique a tenté de lyncher (cf. notamment i-télé, groupe Canal+]. Pas franchement de droite [même carrément marqué à l'extrême gauche, si on adopte des jugements sur les arguments de l'adversaire en fonction de son  étiquette], le philosophe  avait traité de "crétin" le Premier ministre après que ce dernier l'avait accusé de perdre les repères. Cette fois c'est encore avec un intellectuel de gauche que Manuel Valls croise le fer. 

Dans la ligne de mire du Premier Ministre le dernier livre d'Emmanuel Todd dans lequel l'historien [sociologue et démographe] estime que les manifestations du 11 janvier après les attentats [par des djihadistes français: il semble que le mot d'ordre soit d'occulter ce détail] à Paris étaient le fait d'une oligarchie de masse.
C'est la France blanche des catégories supérieures qui est descendue dans la rue ce jour-là [décrypte E. Todd]. Des manifestations islamophobes et égoïstes sous l'influence de courants de pensées autrefois catholiques et devenus laïcs [prétend l'ex-communiste honteux]. "Un catholicisme zombie" écrit-il. 

Des propos ["insupportables"??] qui ont poussé Manuel Valls à répondre à Emmanuel Todd dans une tribune publiée dans... Le Monde daté de jeudi. Tribune dans laquelle le premier ministre s'en prend [à ce qu'il appelle] les impostures de l'auteur, dénonce son pessimisme et celui de certains intellectuels [déclaration floue mais discriminatoire].  Des propos conclus ["conclut", en français] le Premier ministre qui participent d'un cynisme ambiant, d'un renoncement en règle et d'un abandon en rase campagne de la part d'intellectuels qui ne croient plus en la France.

Le Premier ministre en tout cas a réagi publiquement vendredi matin

[L'irascible locataire de Matignon mobilise la presse à son côté]
En marge des commémorations du 8 mai et de la descente des Champs-Elysées qui a suivi, Manuel Valls a brièvement répondu aux journalistes et justifié la parution d'une tribune dans Le Monde. [Julien Langlet, courroie de transmission sur France Info, s'exécute] 
Il a aussi répondu à Emmanuel Todd qui l'accuse de ne pas avoir lu son livre :
"Mais j'ai lu le livre, c'est pour ça que je me suis exprimé hier, [a-t-il assuré], c'était une manière de lui répondre. [...] Je suis lucide sur les difficultés du pays" [à la différence de Fleur Pellerin, sa ministre de la Culture socialo-bobo qui court les soirées mondaines mais ne trouve pas le temps de lire le prix Nobel français de littéraire]
Une affirmation qui n'apporte rien, puisqu'elle ne démontre rien, sinon qu'elle apporte une preuve de plus que Valls, en permanence dressé sur ses ergots, réplique à la moindre critique qui lui est adressée. 

Le 11 janvier est un sujet sensible pour l'executif

Valls veut la bagarre ?
A-t-il d'autre choix face à son fiasco ?
Toute remise en cause [de la signification profonde et réelle] du 11 janvier fait bondir l'exécutif. Le Premier ministre, comme le président de la République, pour qui ce moment est un tournant [que l'Elysée instrumentalise à des fins personnelles]. C'est un tournant pour François Hollande qui lors de ces événements a acquis sa légitimité de chef de l'Etat [remarque insensée de journaliste à la botte, puisque l'élu avait acquis cette légitimité de droit du seul fait de l'élection présidentielle]. Sans cesse remise en cause par l'opposition depuis sa prise de fonction [alors que ce sont ses décisions - sans concertation, destructrices et accablantes - qui sont contestées, non pas son occupation à titre gracieux du Palais de l'Elysée]. Ce fut aussi l'occasion pour l'exécutif d'essayer de donner une nouvelle impulsion, un nouvel élan, un nouveau souffle au quinquennat (rythme ternaire, scolaire et flagorneur], en tentant de faire durer le désormais fameux [??] "esprit du 11 janvier". [Lequel ne dure pas même au sein de Charlie hebdo dont la direction renonce (lien PaSiDuPES: Luz se retire de Mahometet censure (lien PaSiDuPES: exemple de sa collaboratrice, Zineb el-Rhazoui) ] 

L'imposture de la communion nationale du 11 janvier, dit Emmanuel Todd, c'est la France des classes moyennes supérieures qui était dans la rue, pas celle du monde populaire des jeunes de banlieues et des ouvriers de province [analyse marxiste]. L'unanimisme politique et médiatique lui a fait l'effet d'un flash totalitaire, écrit-il encore. Selon Emmanuel Todd, si vous faites partie des quatre millions de Français qui sont descendus dans la rue pour participer à un deuil national et dénoncer la liberté assasinée ["assassinée", en français] ou même pire encore applaudir des policiers, sachez qu'en réalité vous êtes donc descendus dans la rue pour de mauvaises raisons, pétris de mauvaises intentions et qu'il est honteux pour un intellectuel de voir un Premier ministre lui porter la contradiction [estime le journaliste "indépendant" du service public qui ne fait pas la différence entre débat argumenté et jugement moral, voire condamnation sans attendus], un intellectuel de gauche qui a reçu aujourd'hui le soutien politique du vice-président du Front national [en riposte à la tribune de Valls-la-Terreur qualifiée de "ridicule, inconvenante et déplacée" par ce vice-président qui irrite et Valls et Langlet]. [A cours d'arguments, la gauche socialiste agite ainsi le chiffon rouge multi-fonction du FN aussi bien contre l'UMP et contre les nouveaux "frondeurs" de la gauche. Ici, les nombreux militants politiques et syndicaux qui ont déserté l'extrême gauche pour le FN sont vilipendés avec l'ex-communiste nostalgique Emmanuel Todd].

Florian Philippot [un ex-chevènementiste] a pris la défense d'Emmanuel Todd en parlant des attaques frontales de Manuel Valls à l'égard d'intellectuels [Pour ne pas rester dans le flou du petit censeur Langlet, Philippot estime que les "propos du Premier ministre contre Emmanuel Todd s'inscrivent dans une offensive générale contre la liberté d'expression"]. Valls les a jugés inquitéants [probablement "inquiétants"], loin des valeurs de la République et de la liberté d'expression [rythme ternaire]. La liberté d'expression pour tous en fait sauf pour l'homme de Matignon. [comme chacun peut en faire le constat, la liberté d'expression de Valls et Hollande est gravement menacée..] 

[France Info s'invite dans la polémique au côté du pouvoir socialiste
Cette chaîne d'info en continu du service public n'a sans doute pas les moyens budgétaires et en personnels de compter les points marqués par les adversaires, car il ne cite pas le camp opposé, comme l'enseignent probablement les écoles de journalisme dont la ministre de l'Education et de l'Enseignement supérieur va devoir réformer la déontologie, dans le sens de plus d'objectivité apparente et moins d'impartialité réelle, comme au collège où elle préconise plus de contes et légendes grecques et romaines, mais moins de langue grecque ou latine et donc moins de structuration mentale et de maîtrise du français.

Selon Philippot, "en s'immisçant ainsi dans des débats entre intellectuels, Manuel Valls jette une chape de plomb sur le débat public et lance des fatwas aussi dangereuses qu'injustifiées". "Ces propos du Premier ministre contre Emmanuel Todd s'inscrivent dans une offensive générale contre la liberté d'expression, que la dernière Loi Renseignement, votée mardi 5 mai, a contribué à affaiblir encore un peu plus", souligne-t-il.