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mercredi 17 février 2016

Les victimes des attentats dénoncent l'esbroufe du gouvernement Valls

L'imposture Cazeneuve mise au jour

Les survivants du 13 novembre ont tenté d'évacuer douleur et rancoeur

La commission d'enquête parlementaire "relative aux moyens mis en œuvre" après les attaques de janvier et novembre 2015 a auditionné des victimes, ce lundi. Elles ont mis sur la place publique les manquements des dispositifs d'information et les bavures des services de renseignement.
Constituée début février afin d'analyser les "moyens mis en oeuvre par l'Etat pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015" la commission d'enquête parlementaire sur les attentats a commencé ses travaux à l'Assemblé nationale. A cette occasion, la commission, composée de 30 députés de toute tendances politiques et présidée par le député du Rhône George Fenech (LR), a auditionné plusieurs victimes et familles de victimes des attentats du 13 novembre.

Les personnes entendues se sont montrées particulièrement critiques envers les dispositifs d'aide et d'information mis en œuvre après les attaques de Paris et Saint-Denis. Ainsi, le président de l'association '13 novembre, fraternité et vérité', Georges Salines, qui a perdu sa fille Lola au Bataclan, dénonce l'"atroce impréparation" des dispositifs d'information le soir du 13 novembre et les jours qui ont suivi. Georges Salines aurait ainsi appris le décès de sa fille via des tweets d'inconnus, le lendemain des attaques.

Vous avez dit "compassion", "humanité", "humanisme" et quoi encore?
Sophie Dias a perdu son père, de nationalité portugaise, devant le Stade de France. Si le consulat du Portugal lui a appris sa mort le 14 novembre, l'appel des autorités françaises n'est arrivé qu'un jour et demi plus tard. Un délai "inadmissible", souligne cette communicante, qui a également regretté de n'avoir toujours pas eu accès au rapport d'autopsie, "important pour faire le deuil". 
Numéros de téléphone saturés, identifications tardives, institut médico-légal (IML) dépassé... A l'IML, Sophie Dias, venue reconnaître son père, s'est aussi entendu dire : "Ne vous inquiétez pas si on ne vous montre pas la tête, vous verrez un pied."
Des failles dans la communication ont également été rapportées durant l'intervention policière au Bataclan. 

Caroline Langlade, vice-présidente de l'association "Life for Paris - 13 novembre 2015", a raconté les trois heures passées avec quarante personnes dans une loge, dont la porte était barricadée par un frigo et un canapé. Un djihadiste a tenté de se faire passer pour un gendarme pour qu'on lui ouvre. Demande rejetée par "vote à main levée".
Durant ce temps, impossible de joindre police-secours. "Il a fallu que j'appelle ma maman à Nancy pour qu'elle appelle la police de Nancy et leur communique les informations", a expliqué Caroline Langlade. Le sketch du 22 à Asnières par Fernand Reynaud date de 1966: une idée de commémoration pour Fernand Cazeneuve...  
Une policière lui a ensuite raccroché au nez parce qu'elle "chuchotait".

Manquements, d'un côté, casse-tête administratif, de l'autre

Une administration "pesante", "procédurière" et "désorganisée": ce sont les mots de huit victimes.
"Ça a été constamment à nous de chercher l'information. C'est le cas depuis le début (...) On ne devrait plus se battre pour ça", a-t-elle observé, en référence au marathon administratif et judiciaire des victimes et de leurs proches.

D'autres familles pointent du doigt les manquements des services de renseignement. "Comment se fait-il qu'un terroriste interdit de territoire français et européen se retrouve à diriger une attaque de cette ampleur?", s'est également interrogé Mohamed Zenak, dont la fille a été blessée au 'Comptoir Voltaire', évoquant la présence à Paris d'Abdelhamid Abaaoud, le soir des attaques. Il avoue se poser "la question des responsabilités" des services de l'État dans les failles à déplorer ce soir-là.

Alexis Lebrun, un membre de l'association "Life for Paris" déplore, lui, qu'il n'y ait eu ni présence policière, ni fouille au Bataclan le soir du 13 novembre, alors que la menace d'attaques de salles de concert était connue. C'est maintenant le grand jeu: état d'urgence, perquisitions administratives et out le toutim !

Mille questions sans réponses

Grégoire Reibenberg, le patron du bar 'La Belle Équipe', où vingt personnes ont perdu la vie (sic: c'est-à-dire exécutées ou assassinées, mesdames et messieurs de la presse compatissante), le 13 novembre, s'est quant à lui vivement "agacé" (tant que ça?) que le débat se focalise autour de la déchéance de nationalité. "On a un problème de moteur et on va changer la couleur de la banquette!", a-t-il commenté.
La commission Fenech va poursuivre ses travaux à raison de trois réunions par semaine et devrait délivrer son rapport le 14 juillet. "Nous ne sommes ni des procureurs ni des juges mais des commissaires d'enquête" recherchant "la transparence", "la vérité" et "des solutions", a déclaré son président Georges Fenech. "Nous avons mille questions et nous attendons des réponses", a encore commenté Georges Salines.


L'Etat était-il assez préparé, face à la menace ? Clairement, pas assez, ont dit en choeur les victimes ou proches de victimes. Les uns ont notamment regretté que le numéro vert mis en place pour la recherche des disparus ait très mal fonctionné. Beaucoup de reproches ensuite sur l'identification des corps, et la façon, souvent brutale dont la mort a été annoncée aux familles. Le cas de la femme de la seule victime du Stade de France à qui l'on dit "de ne pas s'inquiéter" alors que son mari est déjà décédé a aussi été évoqué.

Venue témoigner devant les élus, Caroline s'inquiète pour la suite de la prise en charge du Bataclan : "Aujourd'hui on laisse les victimes juger elles-mêmes si elles sont victimes ou non. Les gens qui n'ont pas été touchés physiquement n'en restent pas moins traumatisés, et le traumatisme, malheureusement, c'est ce qui va mettre le plus de temps à être réparé. C'est vraiment ce qui nous qui inquiète : le dispositif qui va être mis en en place à long terme, la prise en charge à vie."
"C'est vraiment ce qui nous qui inquiète : le dispositif qui va être mis en en place à long terme, la prise en charge à vie" (Caroline)
Les membres du gouvernement se sont déplacés en grand apparat et la presse a aussitôt annoncé des prises en charge par des "cellules psychologiques", mot magique, mais réalité bidon !

Alexis, lui, aimerait surtout comprendre comment une telle attaque a pu viser une salle de concert
: "Je leur ai demandé pourquoi le 13 novembre, le Bataclan n'était pas protégé de la même façon que d'autres lieux dans le cadre de Vigipirate, alors que les salles de concerts étaient une cible connue des services de l'Etat depuis l'été. Ce que j'ai demandé aux membres de la commission parlementaire, c'est quels moyens avaient été mis en œuvre par l'Etat pour prendre en compte cette menace et y répondre à la hauteur, parce que quand j'ai été au Bataclan le 13 novembre, je n'ai pas constaté de présence policière particulière, je suis rentré, j'ai montré mon ticket, j'ai été à peine fouillé."
"Je leur ai demandé pourquoi le 13 novembre, le Bataclan n'était pas protégé de la même façon que d'autres lieux dans le cadre de Vigipirate" (Alexis)
Une nouvelle réunion de la commission se tiendra ce mercredi. Les parlementaires ont jusqu'à juillet pour rendre leurs conclusions.

La presse fait un faible écho aux doléances des victimes. Elle nous bassine avec le concert des Eagles of Death Metal à Paris, puis les insultes inqualifiables du footballeur du PSG à la cantonade, et enfin avec le match PSG-Chelsea, mais abandonne une seconde fois les victimes à leur sort: d'abord, en n'assurant pas la sécurité des Français, ensuite en négligeant de les prendre en charge.
La presse à l'image du pouvoir socialiste a encore manqué à ses obligations de respect de ses concitoyens. On peut ne pas compter sur Cazeneuve autrement que par des discours ou des anathèmes, mais les media ne se sont pas démarquées et sont coupables de lâcheté et d'assujettissement. 

vendredi 8 janvier 2016

Le mystère s'épaissit sur le pseudo "déséquilibré" attaquant de commissariat à Paris

L'homme de main de Daesh serait plus malin que déséquilibré

L'identité de l'homme abattu jeudi devant le commissariat de la Goutte-d'Or n'est toujours pas établie


Le procureur de Paris a confirmé vendredi que l'assaillant projetait une action terroriste au nom de l'Etat islamique en représailles aux opérations militaires occidentales en Syrie.
L'assassin, âgé de 20 ans, qui serait tunisien et non marocain, serait connu des services de renseignement français sous un autre nom que celui qu'il a donné lors de son interpellation pour des faits de petite délinquance, a précisé François Molins sur France Inter.
L'agresseur, qui était armé d'un hachoir de boucher et portait une ceinture d'explosifs factice, s'est précipité en courant - au cri de "Allah akbar" - sur le commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris, un an jour pour jour après la tuerie de Charlie Hebdo. Une revendication au nom de l'Etat islamique a été retrouvée dans ses vêtements. Sur ce document, où il prête allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'Etat islamique,  le terroriste "indique clairement que son acte est en relation avec les morts qui interviennent en ce moment en Syrie", a précisé le procureur.

Selon France 2, un homme aurait été blessé au pied et évacué au moment de l'attaque de ce commissariat de Barbès. Son identité, à savoir si c'est un membre des forces de l'ordre, un passant ou un complice, n'est pas connue.


Le quartier de la Goutte d'Or a été bouclé par les forces de l'ordre. Les policiers ont ordonné aux passants de se réfugier dans les magasins de la rue, les rideaux de fer ont été baissés. Le trafic sur la ligne 2 du métro a également été perturbé. Le funiculaire de Montmartre, qui relie la zone Anvers au Sacré Coeur sur la Butte, a été mis à l'arrêt. Des enfants ont été confinés dans une école maternelle située à proximité et dont l'accès a été fermé.


Le procureur a déclaré que cette nouvelle affaire de terrorisme présente "a priori toutes les apparences en termes de déroulement de la légitime défense". Malgré plusieurs injonctions des deux gardiens de la paix en faction devant le commissariat, il a poursuivi sa course, provoquant des tirs en "légitime défense" des deux policiers, a insisté François Molins, sans préciser qu'ils ont été portés par une fonctionnaire de policeLes policiers, a-t-il indiqué récitant les termes de la loi en la matière, ont dû faire "face à un danger grave et imminent pour les personnes et le personnel du commissariat".
VOIR et ENTENDRE le récit d'un témoin direct:

"Il franchit des barrières, les policiers lui font des injonctions de s'arrêter, 
une fois, deux fois, en tout cas ils le font plusieurs fois, il a la main dans son blouson et il sort de son blouson ce qui s'avère être un hachoir", a toutefois affirmé le procureur. "Malgré les injonctions, il continue à avancer donc il y a un policier qui tire. Malgré les tirs qui l'atteignent, il continue encore à avancer jusqu'à ce que le deuxième tire aussi, qu'il soit touché mortellement et qu'il s'effondre sur le trottoir." 
VOIR et ENTENDRE le reportage mettant en scène le petit robot démineur aux faux airs de Wall-E, Cameleon, mis en service à Barbès pour l'occasion:

"L'homme a tenté d'agresser un policier à l'accueil du commissariat, avant d'être atteint par des tirs de riposte des policiers", a précisé Pierre-Henry Brandet, déclaration rapportée par L'Express vers 13h. 

Les empreintes digitales de l'assaillant correspondraient à celle d'un ressortissant marocain. 

Né en mai 1995 à Casablanca, le terroriste est connu des services de police pour un vol en réunion commis en 2012 (où 2013, à Saint-Maxime, selon L'Express) dans le Var, selon les premiers éléments de l'enquête fournis jeudi de source judiciaire. Il avait alors déclaré s'appeler Ali Sallah et se présentait comme un sans domicile fixe.

François Molins, qui confirme un contrôle d'identité dans le Midi "il y a quelques mois", estime qu'
il pourrait s'agir d'une fausse identité et laisse entendre que l'homme serait connu des services de renseignement français sous un autre nom.
"Je ne suis pas du tout certain que l'identité qu'il a donnée soit réelle. Cette identité, elle a été criblée avec les services de renseignement, il n'est pas connu sous ce nom-là par les services de renseignement", a-t-il expliqué sur France Inter.

L'identité "est contredite par un papier manuscrit (...) qu'on trouve dans ses vêtements sur lequel il y a la profession de foi musulmane, un drapeau de Daesh dessiné", a-t-il précisé. "Il y a son nom, mais dans son nom, il se dit tunisien et pas marocain comme l'identité qu'il avait déclarée dans le Midi de la France", a tenté d'expliquer François Molins. 
La puce de téléphone allemande du Maghrébin
"Il va falloir déterminer l'identité, savoir quelle est cette véritable identité et puis travailler sur un téléphone qu'on a trouvé et qui est doté d'une puce allemande et sur lequel les enquêteurs sont en train de travailler", a-t-il bredouillé.

François Molins a souligné qu'il n'y avait "absolument aucune raison d'être optimiste" pour les années à venir "parce qu'on a une menace grandissante, une menace protéiforme."On est clairement sur un phénomène qui s'inscrit dans la durée et qui risque de durer plusieurs années", a-t-il commenté, évoquant des tueries de masse comme les attentats du 13 novembre ou des actes isolés comme à la Goutte-d'Or, l'un des quartiers "cosmopolites" de Paris
Cette zone représentée par les députés socialistes Annick Lepetit (2001-2003) et Daniel Vaillant (1995-2001 et 2003-2008), où vivent de nombreux étrangers ,est frappée par la précarité. Selon L'Humanité, 28% des foyers du quartier de la Goutte d'Or vivaient en 2012 sous le seuil de pauvreté, contre 11% à Paris. En mars, la mairie de Paris a pourtant classé la Goutte d'Or parmi 20 "quartiers prioritaires", qui font l'objet d'une aide spécifique.
Spécialiste des questions liées au terrorisme, Jean-Charles Brisard rappelle que le 18e arrondissement de la capitale était l'une des cibles des auteurs des attentats du 13 novembre.
Cet acte terroriste en rappelle un autre: en décembre 2014, un individu également âgé de 20 ans, Bertrand Nzohabonayo, avait pénétré dans le commissariat de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire) et avait blessé à l'arme blanche trois policiers en criant "Allah Akbar". Ce converti à l'islam avait été tué par les policiers qu'il avait agressés.

"Le parquet antiterroriste s'est saisi des faits"
, a confirmé le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a fait un saut dans le 18e arrondissement de Paris. Le ministricule a enfin tiré son chapeau au "courage" et à la "bravoure" des forces de l'ordre.  
Le vice-président du Front national, Florian Philippot, a dénoncé ce jeudi une "attaque islamiste" perpétrée contre un commissariat de la Goutte d'Or dans le 18e arrondissement de Paris. "Si la France reste inerte, des attaques comme celle-ci risquent d'être son pain quotidien", a-t-il asséné sur Twitter. De son côté, la députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen a félicité les forces de l'ordre pour avoir "réussi à neutraliser un terroriste islamiste".

vendredi 24 juillet 2015

Loi renseignement: le Conseil constitutionnel censure trois articles votés par les parlementaires

Deux pièces maîtresses retoquées

Les Sages ont 
censuré trois articles


Sous le coup de l’émotion des attentats de janvier, un projet de loi libéral et consensuel a été détourné de son objet, notamment par les services de sécurité intérieure.

L'un d'eux autorisait les services de renseignement à s'affranchir de l'autorité politique, en cas "d'urgence opérationnelle", c'est-à-dire soumise à une appréciation politique subjective, au risque d'une dérive totalitaire, a indiqué ce jeudi le Conseil.

Un deuxième article a également été censuré par le Conseil constitutionnel.

Il concerne la "surveillance internationale" et renvoyait à des pans entiers, jugés trop importants du dispositif pour être réglés par décrets, a estimé le le Conseil saisi par plus de soixante députés.

Le troisième article censuré touche aux lois de finances. 
De son côté, le Premier ministre Manuel Valls a salué "un progrès décisif". "La France a désormais un cadre sécurisé contre le terrorisme et respectueux des libertés, a-t-il affirmé. C’est un progrès décisif !"
Reste à savoir si la démocratie a progressé en se donnant les moyens de lutte équitable contre toutes les formes de terrorisme.