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mercredi 27 septembre 2017

Le chômage a poursuivi sa hausse en août 2017

La presse "indépendante" a passé cette hausse sous silence  
 Après la hausse de juillet, la hausse d'août... 

Résultat de recherche d'images pour "hausse du chomage"Nouvelle hausse forte du chômage après celle de juillet, déjà forte (1%), en métropole et en Outre-mer.

Le nombre de chômeurs a poursuivi sa courbe ascendante, +22.300, +0,6%, faisant 3,54 millions de victimes dans la seule métropole, a annoncé mardi le ministère du Travail. 
En incluant l’Outre-mer, le chômage augmente dans les mêmes proportions (+0,6%) pour un total de 3,80 millions de personnes, si on inclut seulement la catégorie A (sans activité) des inscrits sur les listes de Pôle emploi. 

Très fluctuant depuis le début de l’année, l’indicateur enchaîne deux mois de hausse pour la première fois en 2017. Le ministère du Travail recommande donc de "toujours privilégier les évolutions en tendance plutôt qu’au mois le mois"... Or, le nombre de chômeurs est en hausse de 46.300 (+1,3%) sur trois mois et de 73.300 (+2,1%) depuis le début de l’année en métropole. 
En revanche, l’indicateur baisse légèrement sur un an (-0,3%). 

La faute à "l'indicateur de Pôle emploi [qui] reste en berne", selon Le Point

Sur le seul mois d’août, les chiffres de Pôle emploi atteignent de nouveaux records en comptant - et pourquoi ne pas le faire - les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité au cours du mois (catégories B et C). Leur nombre s'envole à 5,65 millions en métropole (+0,4 %) et 5,95 millions en France entière (+0,5 %). 
Hausse du chômage en août © AFP AFP
Document AFP que Le Point ne craindra pas
de décompter au nombre de vos consultations
En catégorie A, la hausse d’août frappe autant les jeunes que les seniors (+0,4%). +3,1% sur un an pour les "50 ans ou plus" confirment une tendance de fond, tandis que pour les "moins de 25 ans", la situation reste en amélioration sur un an (-5,2%). 

Le chômage de longue durée s'étend lui aussi, en hausse de 0,9% en août.
A la fin du mois, 2,49 millions de demandeurs d’emploi, petite activité comprise, étaient inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an en métropole.

La croissance annoncée à 1,7 % par le gouvernement en 2017 peut-elle être encore atteinte ?

Le Point  conteste les chiffres de Pôle Emploi.
Image associée
Et de citer Bruno Ducoudré, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) : "La hausse du chômage observée ces derniers mois par Pôle emploi est "difficilement compréhensible". Selon lui, cette détérioration n'est pas en phase avec "l'accélération de la croissance et des créations d'emplois". 
La-dite accélération serait-elle donc artificielle ? En février 2017, l'OFCE avait prévu une baisse importante du chômage pour les années à venir, atteignant 8,7 % pour 2019-2020, puis 7,7 % en 2022. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la tendance a du retard à l'allumage... Cette prévision de l'OCDE était déjà en contradiction avec une étude de l'UNEDIC de fin 2016, qui prévoyait une légère hausse du chômage jusqu'en 2019 à 9,6 %. Tous les espoirs resteraient donc permis. C'est la position volontariste du Point.
A noter que, créé par l'Etat en 1981 au sein de la Fondation nationale des sciences politiques de Sciences Po, l'OFCE est présidé depuis juin 2014 par Xavier Ragot, ancien conseiller économique d'Arnaud Montebourg (ministre de l'Économie et du ...Redressement productif de mai 2012 à août 2014).
Hausse du chômage en août © AFP AFP
Bruno Ducoudré met en cause la baisse de charge du plan de formation des demandeurs d'emploi et la baisse des contingents de contrats aidés depuis juillet qui pourraient expliquer une partie de la hausse du chômage.
Le taux de chômage, mesuré par l'INSEE, une direction générale du ministère des Finances, a reculé de 0,5 point au premier semestre (jusqu'en juin, avant les hausses de juillet et août), pour s'établir à 9,2 % de la population active en métropole et à 9,5 % en France entière. Dans sa communication, le gouvernement, qui refuse de commenter les chiffres de Pôle emploi (son directeur général est nommé par le président de la République, actuellement un homme de Hollande), marque clairement sa préférence pour ce taux positif, seul thermomètre du chômage reconnu à l'international.

Il apparaît clairement que la ministre du Travail envisage de casser le thermomètre du chômage de Pôle emploi pour améliorer l’image de la situation
Suite à la publication des chiffres des inscrits à Pôle Emploi, le ministère du Travail a publié un communiqué, le premier du nouveau ministre, qui annonce assez clairement une prochaine modification du mode de mesure du chômage. Les termes ont été pesés :
"En s’appuyant sur les rapports de grande qualité déjà existants sur cette question, la ministre saisira dès les prochains jours les autorités et organismes compétents de façon à réfléchir, avec eux, aux moyens de mieux éclairer le débat public à l’avenir, dans un double objectif de pertinence et de transparences accrues." (Extrait du communiqué du 24 mai 2017).
La divergence entre les indicateurs de Pôle emploi et de l'INSEE s'explique par le fait qu'ils ne mesurent pas le chômage de la même manière: Pôle emploi comptabilise les inscrits sur ses listes, alors que l'INSEE réalise une enquête auprès de 110.000 personnes. Les seniors inscrits à Pôle emploi ne sont pas comptabilisés par l'INSEE s'ils ne cherchent plus activement un emploi. A contrario, certains jeunes, chômeurs pour l'INSEE mais inéligibles à l'assurance chômage, ne s'inscrivent pas à Pôle emploi. Des jeunes acceptent d'échapper aux statistiques de Pôle emploi, tandis que les seniors sont quantités négligeables pour l'INSEE.

S'il ne s'est fixé aucun objectif chiffré de baisse du nombre d'inscrits à Pôle emploi, le gouvernement vise un taux de chômage BIT (Bureau International du Travail) de 7 % à la fin du quinquennat. Il compte, pour y parvenir, sur ses ordonnances réformant le droit du travail, entrées en vigueur ce weekend, mais aussi sur son plan d'investissement dans les compétences, dont les grandes lignes ont été présentées lundi.

"Encore faudrait-il que des emplois soient créés", a réagi FO (Force ouvrière), pour qui "la relance de l'emploi passe avant tout par la reprise de l'activité économique." "Former c'est nécessaire, créer des emplois de qualité c'est mieux !" estime le syndicat.

mardi 26 septembre 2017

Loi antiterroriste: l'état d'urgence va entrer dans le droit commun

L'état d'urgence en marche vers le droit commun à l'Assemblée

Le 
projet de loi antiterroriste du gouvernement est examiné par les députés, en seconde lecture, ce lundi 25 septembre

Résultat de recherche d'images pour "état d'urgence dans le droit commun"L'ambition officielle du pouvoir est de sortir de façon "maîtrisée" de l'état d'urgence six fois reconduit depuis le 13-Novembre 2015. Pour commencer, la principale modification tient à une nouvelle terminologie: il ne faut plus dire "assignation" ou "perquisition", mais "mesures de surveillance" ou "visites et saisies".

Mais au-delà de ce lustrage lexical et de cette "novlangue" de l'antiterrorisme raillée par le Défenseur des droits Jacques Toubon et qui plombe les efforts de pédagogie de Macron, plusieurs mesures emblématiques inscrites dans la loi ordinaire devraient banaliser l'état d'urgencece qui ne manque pas d'inquiété un militant de 'l'ancien monde', le président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme (LDH), Henri Leclerc, 83 ans. Cet ex-membre de l'équipe de campagne de Martine Aubry aux primaires socialistes de la présidentielle de 2012, en tant que conseiller de la candidate sur les questions de justice, appela à voter pour le candidat François Hollande et s'est exprimé ce lundi matin encore sur France-Culture :

Françoise Dumont, qui dirige la LDH, avait déjà longuement détricoté et dénoncé des "mesures qui contribuent à stigmatiser," dans "L'Obs" cet été. 

Comment va s'opérer ce passage de l'état d'urgence à l'Etat de droit ?
 
Antiterrorisme : pourquoi intégrer l'état d'urgence dans le droit commun inquièteQuelles mesures de l'état d'urgence seront transposées ou supprimées dans la loi antiterroriste du gouvernement ? Les mesures phares de ce projet de loi, ainsi que les amendements déjà déposés par les députés des différents groupes, donnent une indication sur la direction prise par La République en Marche (LREM). Sans surprise, certains de ces 245 amendements, dont seulement 20% sont imputables au Front national, sont inattendus.

Assignations et surveillance

Le projet de loi antiterroriste ne prévoit plus d'assignation à résidence, mais d'assignation à la commune, c'est-à-dire à "un périmètre qui ne peut pas être inférieur à la commune". Une proposition d'élargissement qui rend le suivi des suspects délicat et fait bondir le député LR Eric Ciotti et consorts. Dans un amendement, Les Républicains écrivent :
"Un individu repéré par les services de renseignement comme particulièrement dangereux, en lien avec un réseau terroriste, se verrait notifier, par exemple, une mesure lui permettant de continuer à circuler librement dans tout Paris ! Cela n'a guère de sens." Ce qui est bien peut dire, car c'est irresponsable.
Le groupe LR propose donc le maintien de l'assignation à résidence. Un autre groupe LR, conduit par Valérie Boyer, propose donc une "assignation à arrondissement" pour les villes de Paris, Lyon, Marseille. S'il est vraiment utile d'étendre le périmètre d'action des terroristes sous surveillance.

Autre proposition constructive du groupe d'Eric Ciotti, la "création d'un régime de rétention administrative". Les détails font froid dans le dos de L'Obs: "Le présent amendement donne au ministre de l'intérieur le pouvoir d'assigner, dans un centre de rétention fermé, aux seules fins de prévenir des actes de terrorisme  [ce qui à L'Obs n'apparaît pas le but recherché : ce qui s'appelle de la "prévention"] tout individu à l'égard duquel il existe des raisons sérieuses de penser [une appréciation subjective ouvrant la porte au laxisme de la justice] qu'il constitue, par son comportement, une grave menace pour la sécurité nationale." Et la sécurité nationale, c'est celle des Français ou de Charlie hebdo...

Douze, 24 ou 36 mois de surveillance ?
 
Dans l'état actuel du projet de loi, les personnes "sous surveillance" le seront durant douze mois. Mais le Front national propose une surveillance étendue à trois ans, tandis que le groupe d'Eric Ciotti opte pour une durée intermédiaire, souhaitant prolonger cette surveillance durant 24 mois. 
"Cette durée est totalement insuffisante, comme d'ailleurs tout le texte, dont la portée n'est pas à la mesure de l'enjeu civilisationnel qui menace désormais notre Nation", souligne le FN.

Perquisition, "visite, saisies" 

Le projet de loi ne parle plus de "perquisitions" mais de "visites et saisies". Et ce n'est pas tout, tente de rassurer ce lundi matin le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, dans un entretien avec "20minutes" : "Comme elles sont susceptibles de porter une atteinte importante aux libertés, nous avons strictement encadré cette disposition en prévoyant une autorisation du juge des libertés et de la détention (JLD), après avis du procureur de Paris, François Molins, et information du procureur du département où elle se déroule." Ce qui en matière de libertés publiques n'innove en rien...

Faut-il inscrire l'état d'urgence dans la législation ?

"Au nom de la lutte antiterroriste, l'administration pourra fixer le lieu de vie des individus et entrer de force dans leur domicile pour s'emparer de leurs biens, notamment leurs équipements informatiques",  ce qui met la Quadrature du Net dans tous ses états. 

Certains parlementaires s'inquiètent en outre d'un aspect concernant ces équipements informatiques : l'obligation de déclarer ses identifiants électroniques (mots de passe des boîtes mails ou des comptes de réseaux sociaux).

"Cet amendement a été adopté par la commission des Lois du Sénat", conteste ainsi le groupe communiste qui, par amendement, s'oppose vivement à cette obligation de déclarer ses identifiants. "Cette mesure n'apparaît pas nécessaire alors qu'il existe, depuis la loi n° 2015-912 du 24 juillet 2015 relative au renseignement, un cadre juridique complet permettant de récupérer les identifiants techniques de connexion, sous le contrôle de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement ou du juge administratif", écrit le groupe parlementaire, qui nie son insuffisance. 

Zones à accès restreint

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L'usage des périmètres de protection est circonscrit par les sénateurs aux abords de sites soumis au risque d'attaques terroristes. Lorsqu'un endroit devra être soumis à un périmètre de protection (stade de foot, salle de concert où n'importe quel lieu "soumis à un risque d'actes de terrorisme" : les établissements scolaires ?), le projet de loi prévoit "une palpation de sécurité qui devra être effectuée par une personne de même sexe que la personne qui en fait l'objet", ce qui est déjà la règle.

"Cette procédure complique encore une fois le travail de nos policiers et de nos gendarmes !", s'indigne la députée LR Valérie Boyer dans un amendement, qui propose donc que les palpations de sécurité puissent s'effectuer sans distinction de sexe. Le sexe n'est-il pas un concept nié par la gauche qui lui préfère le "genre"?

Un amendement Lafarge

L'un des amendements déposés par La France insoumise prévoit par ailleurs de pouvoir procéder à des "saisies inamicales" sur les entreprises "suspectées notamment de financer directement ou indirectement la commission d'actes terroristes". Une référence claire au cimentier français LafargeHolcim, que Le Monde avait accusé d'avoir payé des taxes au groupe Etat islamique entre 2013 et 2014, via sa cimenterie implantée à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.
"Avec un tel arsenal à sa disposition, le Gouvernement pourra ainsi rassurer le peuple français sur le fait que des sociétés comme LafargeHolcim ne s'aventurent à financer Daesh ou des groupes terroristes, tel qu'ils l'ont reconnu en mars 2017 (pour assurer notamment la sécurité d'une cimenterie en Syrie en 2013 et 2014)", conclut La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Migrants: la présidente de Région Ile-de-France met en garde le gouvernement


Valérie Pécresse fait valoir que l'Ile-de-France doit déjà faire face à "plus de 100 bidonvilles"

"La cote d'alerte est clairement dépassée, a prévenu V. Pécresse


Au lendemain de l'annonce de l'ouverture de centres de "pré-orientation" pour les migrants, la présidente LR de la Région Ile-de-France  a réagi mardi. 
"Donc je ne peux pas être hostile à la création de centres d'orientation des migrants, mais le sujet n'est pas là", a-t-elle poursuivi. "Le sujet est comment est-ce qu'on raccompagne chez eux tous les étrangers en situation irrégulière qui aujourd'hui thrombosent nos centres d'hébergement d'urgence".

Comme s'il ignorait la situation en annonçant lundi l'ouverture de ces centrespour les migrants en Ile-de-France, le préfet d'Ile-de-France, Michel Cadot, le représentant du ministère de l'Intérieur, a parié sur un examen rapide de leur situation administrative.

"Je demande aujourd'hui au gouvernement d'agir", a martelé Pécresse

Le plus grand camp installé sur la "Petite ceinture"de Paris, entre les portes des Poissonniers et Clignancourt à Paris : "On est Européens, pourquoi on n'a pas de droits ?" demandent des dizaines de Rom d'un bidonville qui a compté jusqu'à 400 habitants, installés depuis des mois sur une voie de chemin de fer désaffectée dans le nord de Paris.
"Nous avons besoin aujourd'hui que le gouvernement, tous les mois, nous informe des reconduites effectives à la frontière qu'il va pratiquer", a déclaré Valérie Pécresse. "Nous avons besoin de cette transparence". Le gouvernement dit 'quand on est clandestin, on doit rentrer chez soi', eh bien qu'il le prouve".

"Ca fait des mois et des mois qu'on laisse arriver les migrants sans rien faire (...) et on a des personnes qui dorment dans la rue, dans des situations indignes, indignes aussi pour les riverains qui doivent subir des nuisances épouvantables".

La présidente de la région IDF a également dénoncé "une forme de double langage" de la maire PS de Paris, Anne Hidalgo. 
Résultat de recherche d'images pour "pecresse Macron Hidalgo""A la fois la maire de Paris dit qu'elle veut accueillir,donc il y a un appel d'air et, en même temps, on voit bien que sa première préoccupation est surtout de déplacer en banlieue les migrants qu'elle ne saurait voir dans Paris".

"Moi, je suis responsable de la cohésion d'un territoire de 12 millions d'habitants, les habitants de tous les départements d'Ile-de-France ont la même dignité, ce n'est pas aux départements de la banlieue de subir les nuisances que Paris ne veut pas subir", a-t-elle insisté.

Nouvelle cacophonie gouvernementale, sur le glyphosate : l'UE gronde

Macron peine à énoncer clairement une stratégie de remplacement et une date butoir


La France a confirmé lundi son intention de réduire progressivement l'utilisation agricole de l'herbicide controversé glyphosate

Résultat de recherche d'images pour "glyphosate"Alors que l'herbicide le plus vendu au monde suscite toujours la controverse du fait d'un risque potentiel sur la santé, le Premier ministre Édouard Philippe n'a pas su comment pacifier la tension entre agriculteurs et associations de défense de l'environnement et de la santé publique: il a demandé lundi aux deux ministères concernés - et antagonistes - de lui présenter "d'ici la fin de l'année" un rapport sur "les conditions d'un plan de sortie" de ce produit.  "Compte tenu de l'état de la recherche et des alternatives disponibles pour les agriculteurs" ajoutait le communiqué de Matignon.

Les prises de parole en tous sens nuisent à la pédagogie.
Le président Macron a clamé sa volonté de changement de stratégies, abandonnant son silence olympien pour intervenir sans cesse, notamment depuis l'étranger, où il fustige volontiers quiconque ne parvient pas à cerner sa "pensée complexe"

Mais, dans un effort pédagogique parallèle, il  multiplie le nombre des porteurs de sa parole. Après la journaliste franco-israélienne Laurence Haïm, qui fut porte-parole du candidat Macron à la présidence, l'Elysée a engagé un autre journaliste, Bruno Roger-Petit, détesté par le milieu, au poste de porte-parole de la présidence, laissé inoccupé depuis 2008 par David Martinon : RGP devra amplifier la Voix de son Maître. Ce rôle était occupé par Sibeth Ndiaye, la conseillère presse, récemment épinglée pour son écart de langage en off au moment de confirmer la mort de Simone Veil : "la meuf, elle est dead", avait lâché la vulgaire franco-sénégalaise, en mastiquant son éternel chewing-gum.
Et puis, le gouvernement a son propre porte-parole stakhanoviste, Christophe Castaner qui, malgré une vie passée dans les ministères, enchaîne les déclarations que les ministres craignent de faire, à l'instar du pusillanime Nicolas Hulot, mais accumulant avec aisance les bulles, les affirmations péremptoires et les rétropédalages en danseuse. La parole présidentielle est donc inaudible.


Le porte-parole du gouvernement a ajouté du désordre au désordre des déclarations

Le produit incriminé, "ainsi que tous ceux qui lui ressemblent et qui menacent la santé des Français", sera interdit en France "d'ici la fin du quinquennat", soit 2022, a cru bon de préciser Christophe Castaner sur BFMTV et RMC.

Mais le porte-parole a dû faire marche arrière et revenir sur son affirmation en milieu de journée, en indiquant que le gouvernement "s'engage à des progrès significatifs" d'ici 2022, pour tous les pesticides, dont le glyphosate, en précisant qu'il "n'y a pas d'autre date arrêtée par le Premier ministre". 

"L'objectif est qu'on puisse trouver des produits de substitution d'ici la fin du quinquennat," a nuancé Castaner, sans donner de date-butoir pour un retrait.

Résultat de recherche d'images pour "glyphosate"
La FNSEA avait vivement réagi entre ces deux déclarations du porte-parole du gouvernement. Le principal syndicat agricole avait affirmé qu'il était "hors de question" que la France prenne une position "unilatérale", différente de ses partenaires européens. 
Les experts de chaque pays doivent d'ailleurs se réunir début octobre à Bruxelles, sachant que l'emballement du gouvernement n'était pas justifié puisque l'autorisation de cette substance expire fin 2017. D'autant que, pour l'heure, aucun vote européen n'est programmé, selon la Commission.

La Commission européenne a proposé aux Etats de renouveler pour 10 ans la licence d'exploitation du glyphosate. Fin août, le ministère de la Transition écologique avait annoncé que la France s'y opposerait, comme elle l'avait fait en 2016. L'exécutif européen a plusieurs fois insisté pour que la décision revienne aux Etats membres, représentés au sein d'un comité d'experts. 
En l'absence d'une majorité qualifiée en faveur du renouvellement, la licence du glyphosate serait révoquée dans toute l'UE, laissant un temps limité (douze mois) pour mettre progressivement un terme à l'utilisation de produits qui en contiennent.

"Distorsion de concurrence"


L'ONG Générations futures dénonce la "cacophonie au gouvernement" français sur le glyphosate et, bien que supranationale et illégitime, l'organisation lui a réclamé "un éclaircissement rapide". Fondée en 1996 et refondé en 2008 par un ingénieur agronome et un enseignant, François Veillerette, c'est une association de défense de l'environnement agréée par le ministère de l'Ecologie et reconnue d'intérêt général en 2008
Veillerette est un militant de Greenpeace, élu conseiller régional de Picardie en mars 2010 sous l'étiquette Europe Écologie-Les Verts, créé à l'automne 2008 à l'initiative du parti Les Verts sous l'impulsion de Cécile Duflot.


"Quelle est la position du gouvernement sur un renouvellement du glyphosate pour 10 ans? On ne sait plus", a aussi grondé la députée européenne écologiste Michèle Rivasi.

Résultat de recherche d'images pour "glyphosate"
En France, l'utilisation du glyphosate par les collectivités dans les espaces ouverts au public est interdite depuis le 1er janvier 2017 et son emploi par les particuliers doit être proscrit à partir de 2019.
Classé "cancérogène probable" en 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (OMS) et non cancérogène par deux agences européennes, le glyphosate est très utilisé comme herbicide par les agriculteurs, qui craignent une baisse de rendement et de revenus en cas d'interdiction.

Vendredi à Paris, des membres de la FNSEA avaient manifesté pour s'opposer à un éventuel abandon unilatéral par la France.

La présidente de la FNSEA, a relevé d'autres "incohérences" gouvernementales chez Nicolas Hulot 

Résultat de recherche d'images pour "glyphosate"
"La même semaine, on parle interdiction du glyphosate en France, mais on laisse venir, via le CETA [accord de libre échange commercial entre l'UE et le Canada], des produits d'autres pays, avec 43 substances non autorisées en France," explique Christiane Lambert, lundi.

Vendredi, Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture, avait quant à lui évoqué une période de transition possible "de cinq à sept ans", précisément pour laisser le temps de mettre en place des mesures alternatives ou de faire émerger des produits alternatifs.

Samedi, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a pour sa part placé les agriculteurs français face au temps long: "La justice et l'histoire nous rattraperont" si rien n'est fait pour remédier au problème phytosanitaire, a-t-il dit. 

lundi 25 septembre 2017

Financement des syndicats : l’imprudente provocation de Castaner

Chantage gouvernemental ou nouvel égarement de son porte-parole

Le porte-parole du gouvernement a dégoupillé une grenade ce lundi matin

Le gouvernement compte "remettre à plat le financement des syndicats",
Résultat de recherche d'images pour "castaner bourdin"a révélé Christophe Castaner, qui s'était invité au micro de l'accueillant Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV et RMC. Et de repasser une couche : "il faut l’assumer, il faut discuter",  avant d'enfoncer le clou : "ce serait une faute de l’exclure".

Et partout, c’est la stupeur générale face à des propos "un peu démagogiques" et jugés provocateurs, alors que les agriculteurs, les policiers et les routiers défilent en alternance dans les rues de Paris, ainsi qu'en régions.

La déclaration de Castaner a aussitôt mis le feu aux QG syndicaux. 

"Le financement a déjà été remis à plat. Il n’y a plus de place pour le flou, c’est la transparence complète : on a des commissaires aux comptes, les contrôles sont de plus en plus drastiques" semble regretter le président de la CFTC Philippe Louis, extrêmement irrité.

Même stupéfaction à la CFDT où le trésorier Thierry Cadart n’en a pas cru ses oreilles. "Ce mot 'remise à plat' est un peu surprenant. C’est ignorer tout ce qui a été fait notamment depuis trois ans," tempête-t-il, rappelant le chemin parcouru depuis le scandale des caisses noires de l’UIMM en 2007 pour mettre fin aux dérives.
"Pour mettre tout le monde dans la rue, il ne fallait pas s’y prendre autrement" lâche cet autre responsable syndical anonyme en colère pour qui "Castaner est un habitué de ces sorties en live sur des sujets qu’il ne maîtrise pas toujours". Et d’ajouter un brin moqueur de la fragilité des membre du gouvernement : "c’est le syndrome Bourdin. Quand vous êtes face à lui, on est obligé de tout savoir ou alors on perd la face !" On se rappelle en effet que le premier ministre avait fait piètre figure à RMC:

Au ministère du Travail, où les téléphones n’ont cessé de sonner,
Muriel Pénicaud s’est tout de suite employée à déminer le chantage malheureux du porte-parole en crise d'autorité à l'encontre des centrales syndicaux, tant il passe pour un bouffon. 
Et de marteler encore et encore : "Ce sujet a été réglé par la loi du 5 mars 2014" sur le financement des syndicats, via la formation professionnelle, sur laquelle ils ont la haute main, avec les effets désastreux que l'on sait sur les "bénéficiaires" : si 'bénéficiaires' il y a, ce sont les syndicats qui utilise ses crédits comme d'une pompe à fric.

La députée La France Insoumise poursuivie par son ex-attaché parlementaire

La députée LFI Caroline Fiat, poursuivie aux Prud'hommes

L'ex-attaché parlementaire de l'élue de Meurthe-et-Moselle conteste l'arrêt brutal de son CDI cet été.

Il accuse la députée mélenchoniste de licenciement sans cause sérieuse. Auparavant aide-soignante en vacation dans plusieurs établissements privés d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) du Grand Est, Caroline Fiat, 40 ans, ci-contre, a été élue députée La France Insoumise (LFI) de la 6e circonscription de Meurthe-et-Moselle en juin dernier

Comme les élus du parti du président, la député d'extrême gauche n'était pas préparée à ses nouvelles responsabilités. "Je ne m'attendais pas à être députée. Et donc pas à être employeur", a confié au Républicain Lorrain C. Fiat ce weekend, interrogée sur la plainte d'un de ses ex-collaborateurs aux prud'hommes. Il lui demande près de 35.000 euros pour rupture illégale du contrat de travail, précise L'Express.

Résultat de recherche d'images pour "Caroline Fiat"Le jeune homme a été embauché juste après les élections législatives pour gérer une partie de la communication de l'élue LFI. A l'époque, il reçoit alors un contrat de travail type de l'Assemblée nationale "où il n'y a que des cases blanches. Rien n'était renseigné", explique son avocat, Me Thomas Hellenbrand, dans les colonnes du quotidien régional. "Il n'y avait aucune information sur la rémunération, le temps de travail, le statut du salarié, le lieu de travail... Rien. Cela démontre une certaine impréparation", déplore-t-il de la part d'une élue de la gauche sociale exemplaire et hargneuse. 
Son client a tout de même envoyé les documents et signé un blanc-seing. Et n'a jamais reçu de contrat en retour. Auprès de l'Express, l'avocat reconnaît "l'imprudence" du jeune homme, mais la justifie par la "confiance" qu'il avait en Caroline Fiat...
"J'ai envoyé ces documents vierges en demandant à mon équipe de donner leurs informations personnelles, numéro de Sécu, etc., afin de gagner du temps", se justifie cette dernière au Républicain Lorrain, quelques heures avant le rassemblement à Paris contre la réforme du Code du travail. "On s'est quand même assis autour d'une table pour discuter du contrat."

La députée d'extrême gauche aurait-elle des pratiques de patron voyou?

La députée La France Insoumise Caroline Fiat poursuivie aux Prud'hommes par son ex-attaché parlementaire
Le salarié reçoit bien un certificat d'adhésion à la complémentaire santé des attachés parlementaires et est payé fin juillet, mais sans recevoir de bulletin de salaire, assure son avocat. En août, il apprend qu'il va être remplacé. "Il ne bossait pas. Je n'étais pas du tout à l'aise avec ça, mais il fallait faire quelque chose", accuse Caroline Fiat. "Les gens qui me connaissent savent que je n'ai pas fait ça de gaieté de cœur", assure-t-elle. 

De son côté, elle insiste pour dire avoir mis fin au contrat de son salarié pendant sa période d'essai. Le plaignant et son avocat considèrent,, quant à eux que le contrat de travail n'étant pas valable, il doit être requalifié en CDI à temps plein sans période d'essai. "Ce n'est pas possible d'agir ainsi et de mépriser les règles du Code du travail", dénonce l'avocat du salarié victime de sa patronne La France Insoumise, avant d'ajouter : "Cela tombe à un moment où on cherche à fragiliser les contrats de travail. Il faut éviter les abus et éviter de mépriser le salarié. Ce dossier est un bon exemple de ce qu'il ne faut pas faire".

Budget 2018 : Michel Sapin, ex-maquilleur des chiffres du chômage, fustige Macron

Le bouclier fiscal de Macron est quatre fois plus épais que celui de Sarkozy

Macron pire que Thatcher, Reagan ou Sarkozy 
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L'ancien et le nouveau monde, et inversement...
Les mesures fiscales du gouvernement, comme la baisse de l'impôt sur la fortune, sont dans l'esprit de celles de Ronald Reagan et Margaret Thatcher et dans la lignée des réformes de Nicolas Sarkozy, considère l'ancien ministre de l'Économie et des Finances de Hollande.

"Là on est vraiment dans un monde ancien", a-t-il dénoncé sur Europe 1.
Le premier budget du quinquennat Macron sera dévoilé mercredi 27 septembre, mais le premier ministre Édouard Philippe a déjà prévenu : il n'est "pas là pour faire plaisir". Il évoque les contraintes pesant sur les finances publiques, l'exécutif s'étant engagé à ramener l'an prochain le déficit à 2,6% du produit intérieur brut, malgré les baisses d'impôts liées à ses réformes fiscales (taxe d'habitation, ISF...) et les hausses de dépenses dans les secteurs jugés prioritaires. 

Michou Sapin n'a pas la pudeur du menteur pendant cinq  ans ministre en échec
et démonte la politique économique de son ex-pair à Bercy. Invité d'Europe 1 lundi matin 25 septembre, l'ancien naufrageur de l'Économie et des Finances a brandi des chiffres, ce qui est son point fort, pour les maquiller. 
"Combien a pesé, en termes d'allègements d'impôts, le bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy? 1,2 milliard. Aujourd'hui, le nouveau bouclier fiscal, c'est 3,5 milliards d'euros d'impôt sur la fortune de moins plus 1,5 milliard d'impôt sur le revenu de moins. C'est 5 milliards d'euros. Il est 4 fois plus épais que le bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy", a-t-il calculé, avant de déplorer "une stratégie de baisser l'impôt des plus aisés des Français."


Alors que le chef de l'État et ses partisans assurent faire entrer le pays dans "un monde nouveau", ce proche de Hollande juge au contraire que la politique économique du locataire de l'Élysée n'a rien de moderne. "C'est le grand raisonnement que l'on connait depuis longtemps, du ruissellement : en donnant aux plus riches, ça va finir par retomber, quelques gouttes, sur les plus pauvres. C'est la théorie Reagan-Thatcher, et là, on est vraiment dans le monde ancien, a-t-il estimé. C'est un raisonnement de base dont on n'a pas vu les effets du point de vue économique, mais dont on a vu les effets du point de vue des inégalités. Les mesures qui sont comprises dans ce budget vont creuser les inégalités en France."
Néanmoins, en 2015, Les Echos estimait que le bouclier fiscal de François Hollande était annuellement plus coûteux que celui de Nicolas Sarkozy. En cause : le plafonnement de l'ISF à 75% des revenus.

Pour mémoire, lorsqu'il était ministre des Finances, Michel Sapin, le manipulateur des chiffres du chômage, avait trouvé un série de surnoms confraternels pour désigner son homologue à l'Economie, preuve accablante de la vieille inimitié entre les deux collègues du gouvernement. Pour Sapin, Macron est "le taré du troisième étage" de Bercy.