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dimanche 12 novembre 2017

Stéphane Bern suggère à Macron de faire payer l'entrée des cathédrales françaises

Monsieur Patrimoine de Macron veut soulager la République laïque sur le public  

Les économies de l'Etat frapperont-elles aussi les cathédrales ?

Le mécénat va à la presse, à l'art contemporain et au divertissement
Stéphane Bern planche depuis septembre sur toutes les moyens de réduire les dépenses de la République laïque. Aujourd'hui, il prétexte le sauvetage du patrimoine français. 
Parmi les autres idées de génie du "monsieur patrimoine" d'Emmanuel Macron, une souscription publique,  sous forme de loto spécial.

"Il faut d'urgence faire payer l'entrée des cathédrales," insiste-t-il. 
"On est le seul pays où leur accès est gratuit. Une ville comme Paris n'a plus les moyens d'entretenir son patrimoine religieux", explique Stéphane Bern dans un entretien accordé au Parisien Week-end.
Il prend notamment l'exemple de l'abbaye de Westminster, à Londres dont l'entrée est fixée à 24 euros. Il s'intéresse aussi au "National Heritage", un club où les adhérents versent entre 150 et 200 euros par an pour le patrimoine. "En contrepartie, ses membres ont une carte pour visiter tous les monuments et avoir accès une fois par mois à un événement dans un de ces lieux", précise Stéphane Bern dans Le Parisien Week-end.

Paris-plage n'est en revanche pas remis en question dans le budget de la Ville
En 2015, la Cour des comptes a épinglé la Mairie de Paris pour sa dépense.
Entre juillet et août, transats et parasols remplacent toutes sortes de véhicules motorisés circulant habituellement sur les voies sur berges de la capitale depuis 2002. Les abords du bassin de La Villette se transforment également en plage urbaine. Paris Plages a pour objectif de "rendre l'espace urbain au citoyen, notamment ceux qui sont privés de vacances". Le coût de cette opération qui profite aussi bien aux touristes français et étrangers, aux frais du contribuable parisien, a toutefois interpellé la Chambre régionale des comptes d'Ile-de-France, dont un rapport révéla  de nombreux dysfonctionnements dans la gestion de cette opération populiste. Il est notamment reproché à  Anne Hidalgo (PS)  d'avoir sérieusement minimisé le coût réel de l'opération lors des différentes éditions.
Un coût trois fois supérieur à celui annoncé...
Depuis 2002, oscillant constamment entre 1,5 et 2,2 millions d'euros, le chiffre estimatif présenté au Conseil de Paris est loin du compte. 
Pour l'année 2012, l'opération est évaluée à 2 millions par la mairie de Paris. Or, selon les éléments recensés par la Chambre régionale des comptes, le total des dépenses s'élève  à 4,2 millions. 
Le constat est encore plus grave en 2013. Alors que Paris a estimé le coût total de cette édition à 1,5 million, les dépenses avoisineraient plutôt les 4,8 millions d'euros, soit trois fois plus que le chiffre annoncé par la municipalité! 
Les Sages fustigent la Ville de Paris pour "l'absence de comptabilité analytique " autant dire une dissimulation, dans la gestion financière de la capitale. De par cette carence, une évaluation fiable du coût de l'opération ne peut être calculée.

La Marie de Paris plaide la ...bonne foi. "Les deux chiffres sont bons, car ce qui nous importe, c'est ce que payent les Parisiens. C'est pour cela que nous ne parlons pas de la somme définitive", raconte un porte-parole (dont l'identité n'est pas révélée) de la Mairie qui parle d' "organisation hybride". "En fait , la somme de deux millions correspond à l'installation du sable et des transats. Comme l'animation est prise en charge par les partenaires privés, il faudra faire un peu de comptabilité analytique pour calculer le temps de travail des employés municipaux", argumente la Ville. La différence est donc le résultat d'une agrégation de "différentes sommes".

Qui sont les partenaires privés associés au coup médiatique de Paris?
"Mur" Trump avec le Mexique : pas de sable Lafarge pour Paris Plages
Lafarge achemine gratuitement les 5.000 tonnes de sable (syrien?) nécessaires à la construction des plages artificielles et Eau de Paris, qui installe des fontaines d'eau potable sur le site. Or, le 21 juin 2016, le journal Le Monde révéla que Lafarge aurait financé Daech pendant un peu plus d’un an, entre le printemps 2013 et la fin de l’été 2014, afin de continuer son activité dans la zone de conflits... Paris plage 2017 dut rompre avec Lafarge, son partenaire de 15 ans: la Ville de Paris se "passera" désormais du sable de l'entreprise Lafarge, qui fut volontaire "pour collaborer au projet néfaste" du mur voulu par Donald Trump entre les États-Unis et le Mexique... 
La FNAC reste aussi un partenaire fidèle. Paris-Plages accueille le Festival Fnac Live 2013 avec plus de 30 concerts gratuits sur le parvis de l'hôtel de ville de Paris. Pas de quoi grever les comptes de la FNAC dont la santé financière est toujours très instable ?
En 2015, Lafuma Mobilier s'est associé  à Paris-Plages. La marque "100% Made in France" y installera du mobilier de jardin. Aussi, la Fédération française du sport automobile a tracé une piste de karting spécialement conçue pour Paris-Plages, pour "permettre aux enfants de découvrir le karting". My Note Deco, concepteur de mobilier design, viendra mettre en avant ses produits. "Notre événement permet à ces entreprises d'être plus visibles [une opération publicitaire plus que sociale]. Paris-Plages représente une très belle opportunité marketing", explique Stéphane Chave, organisateur de Paris Plages.
Paris a par ailleurs riposté aux accusations concernant une gestion douteuse des partenariats. "La Ville de Paris a ainsi entamé une réorganisation complète de la fonction mécénat-partenariat afin de la professionnaliser et de sécuriser l'ensemble des procédures sur le plan juridique et financier", a annoncé la maire de Paris, par la voie de son secrétaire général Philippe Chotard. 
Concernant la question des coûts, la mobilisation du personnel de la mairie de Paris soulève aussi la critique. "Ces agents n'ont pas été recrutés spécifiquement pour la mise en oeuvre de cette opération [...] Si les services de la Ville n'intervenaient pas sur Paris Plages, ils seraient utilisés à d'autres tâches. Paris Plages ne saurait donc constituer un coût isolable et spécifique". 

En 2014, six partenariats ont été autorisés par une délibération du conseil de Paris un ou deux mois après ...la fin de l'opération, suivant les cas et certaines conventions sont signées après le coup d'envoi de l'événement, rapportent les Sages. A l'inverse, les recettes perçues par la Ville lors de chaque édition sont minimes. Le montant des redevances perçues s'élève 39.200 euros pour les éditions 2012 et 2013, exclusivement grâce aux buvettes et glaciers.

En revanche, Stéphane Bern regrette que des monuments historiques en milieu rural soit soumis à l"impôt sur la fortune"

Stéphane Bern avec Line Renaud, Emmanuel Macron et Brigitte Macron, à Thiron-Gardais, le 10 juin 2016.
Stéphane Bern avec Line Renaud, Emmanuel Macron et Brigitte Macron, à Thiron-Gardais, le 10 juin 2016
"Soumettre à l’ISF des monuments historiques qui sont ouverts au public et qui sont en milieu rural, c’est une bêtise. Les œuvres d’art ne le sont pas. Or, un monument historique est une œuvre d’art".
Il faut savoir que l'animateur vedette du service public de France 2, Stéphane Bern, est l'heureux propriétaire d'une ancienne abbaye du XIIe siècle et d’un collège bénédictin devenu plus tard, en 1776, l’un des douze collèges royaux de France sous Louis XVI, à Thiron-Gardais, dans l’Eure-et-Loire, et qu'il en a fait un musée et sa maison privée. 
Image associée"J’ai acheté le collège au prix des Domaines en décembre 2012. Le département n’avait pas les moyens de le restaurer", raconte Stéphane lors de la visite des jardins. 
Et de justifier cette folle dépense : "Le patrimoine c’est le combat de ma vie. Je passe mon temps à le dire à la télévision. Je ne pouvais pas continuer ainsi sans y prendre part".

A noter que, par ailleurs, 
la maire socialiste de gauche, l'Andalouse Anne Hidalgo, a commencé par supprimer dans la capitale les marchés de Noël... 
Hidalgo, mère fouettard
tenant Conseil en sa Ville de Paris

Dès la mi-novembre 2017, les meilleurs marchés de Noël étaient des incontournables dans les grandes villes de France (Reims, Colmar, Mulhouse, Lille, Amiens, Arras et bien d'autres), dont Paris où il vient d'être annulé sur les Champs-Elysées.

Connotés religieux, ils déplaisent à l'Andalouse et à son entourage sectaire. Artisans, confiseurs, bijoutiers, créateurs venus d'ici ou d'ailleurs seront sacrifiés au dieu de la laïcité. Objets d'art et artisanat chrétiens, visite du Père Noël et contes de Noël n'ont plus droit de cité à Paris. La période de Noël ne sera pas festive : finis l'atmosphère féerique de Noël et l'ambiance de joyeuses fêtes, avec ses balades en calèche, ses chorales, ses patinoires, sa foire aux santons et ses boîtes aux lettres au Père Noël.
Pas assez rap !

mardi 26 septembre 2017

Loi antiterroriste: l'état d'urgence va entrer dans le droit commun

L'état d'urgence en marche vers le droit commun à l'Assemblée

Le 
projet de loi antiterroriste du gouvernement est examiné par les députés, en seconde lecture, ce lundi 25 septembre

Résultat de recherche d'images pour "état d'urgence dans le droit commun"L'ambition officielle du pouvoir est de sortir de façon "maîtrisée" de l'état d'urgence six fois reconduit depuis le 13-Novembre 2015. Pour commencer, la principale modification tient à une nouvelle terminologie: il ne faut plus dire "assignation" ou "perquisition", mais "mesures de surveillance" ou "visites et saisies".

Mais au-delà de ce lustrage lexical et de cette "novlangue" de l'antiterrorisme raillée par le Défenseur des droits Jacques Toubon et qui plombe les efforts de pédagogie de Macron, plusieurs mesures emblématiques inscrites dans la loi ordinaire devraient banaliser l'état d'urgencece qui ne manque pas d'inquiété un militant de 'l'ancien monde', le président d'honneur de la Ligue des droits de l'homme (LDH), Henri Leclerc, 83 ans. Cet ex-membre de l'équipe de campagne de Martine Aubry aux primaires socialistes de la présidentielle de 2012, en tant que conseiller de la candidate sur les questions de justice, appela à voter pour le candidat François Hollande et s'est exprimé ce lundi matin encore sur France-Culture :

Françoise Dumont, qui dirige la LDH, avait déjà longuement détricoté et dénoncé des "mesures qui contribuent à stigmatiser," dans "L'Obs" cet été. 

Comment va s'opérer ce passage de l'état d'urgence à l'Etat de droit ?
 
Antiterrorisme : pourquoi intégrer l'état d'urgence dans le droit commun inquièteQuelles mesures de l'état d'urgence seront transposées ou supprimées dans la loi antiterroriste du gouvernement ? Les mesures phares de ce projet de loi, ainsi que les amendements déjà déposés par les députés des différents groupes, donnent une indication sur la direction prise par La République en Marche (LREM). Sans surprise, certains de ces 245 amendements, dont seulement 20% sont imputables au Front national, sont inattendus.

Assignations et surveillance

Le projet de loi antiterroriste ne prévoit plus d'assignation à résidence, mais d'assignation à la commune, c'est-à-dire à "un périmètre qui ne peut pas être inférieur à la commune". Une proposition d'élargissement qui rend le suivi des suspects délicat et fait bondir le député LR Eric Ciotti et consorts. Dans un amendement, Les Républicains écrivent :
"Un individu repéré par les services de renseignement comme particulièrement dangereux, en lien avec un réseau terroriste, se verrait notifier, par exemple, une mesure lui permettant de continuer à circuler librement dans tout Paris ! Cela n'a guère de sens." Ce qui est bien peut dire, car c'est irresponsable.
Le groupe LR propose donc le maintien de l'assignation à résidence. Un autre groupe LR, conduit par Valérie Boyer, propose donc une "assignation à arrondissement" pour les villes de Paris, Lyon, Marseille. S'il est vraiment utile d'étendre le périmètre d'action des terroristes sous surveillance.

Autre proposition constructive du groupe d'Eric Ciotti, la "création d'un régime de rétention administrative". Les détails font froid dans le dos de L'Obs: "Le présent amendement donne au ministre de l'intérieur le pouvoir d'assigner, dans un centre de rétention fermé, aux seules fins de prévenir des actes de terrorisme  [ce qui à L'Obs n'apparaît pas le but recherché : ce qui s'appelle de la "prévention"] tout individu à l'égard duquel il existe des raisons sérieuses de penser [une appréciation subjective ouvrant la porte au laxisme de la justice] qu'il constitue, par son comportement, une grave menace pour la sécurité nationale." Et la sécurité nationale, c'est celle des Français ou de Charlie hebdo...

Douze, 24 ou 36 mois de surveillance ?
 
Dans l'état actuel du projet de loi, les personnes "sous surveillance" le seront durant douze mois. Mais le Front national propose une surveillance étendue à trois ans, tandis que le groupe d'Eric Ciotti opte pour une durée intermédiaire, souhaitant prolonger cette surveillance durant 24 mois. 
"Cette durée est totalement insuffisante, comme d'ailleurs tout le texte, dont la portée n'est pas à la mesure de l'enjeu civilisationnel qui menace désormais notre Nation", souligne le FN.

Perquisition, "visite, saisies" 

Le projet de loi ne parle plus de "perquisitions" mais de "visites et saisies". Et ce n'est pas tout, tente de rassurer ce lundi matin le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, dans un entretien avec "20minutes" : "Comme elles sont susceptibles de porter une atteinte importante aux libertés, nous avons strictement encadré cette disposition en prévoyant une autorisation du juge des libertés et de la détention (JLD), après avis du procureur de Paris, François Molins, et information du procureur du département où elle se déroule." Ce qui en matière de libertés publiques n'innove en rien...

Faut-il inscrire l'état d'urgence dans la législation ?

"Au nom de la lutte antiterroriste, l'administration pourra fixer le lieu de vie des individus et entrer de force dans leur domicile pour s'emparer de leurs biens, notamment leurs équipements informatiques",  ce qui met la Quadrature du Net dans tous ses états. 

Certains parlementaires s'inquiètent en outre d'un aspect concernant ces équipements informatiques : l'obligation de déclarer ses identifiants électroniques (mots de passe des boîtes mails ou des comptes de réseaux sociaux).

"Cet amendement a été adopté par la commission des Lois du Sénat", conteste ainsi le groupe communiste qui, par amendement, s'oppose vivement à cette obligation de déclarer ses identifiants. "Cette mesure n'apparaît pas nécessaire alors qu'il existe, depuis la loi n° 2015-912 du 24 juillet 2015 relative au renseignement, un cadre juridique complet permettant de récupérer les identifiants techniques de connexion, sous le contrôle de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement ou du juge administratif", écrit le groupe parlementaire, qui nie son insuffisance. 

Zones à accès restreint

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L'usage des périmètres de protection est circonscrit par les sénateurs aux abords de sites soumis au risque d'attaques terroristes. Lorsqu'un endroit devra être soumis à un périmètre de protection (stade de foot, salle de concert où n'importe quel lieu "soumis à un risque d'actes de terrorisme" : les établissements scolaires ?), le projet de loi prévoit "une palpation de sécurité qui devra être effectuée par une personne de même sexe que la personne qui en fait l'objet", ce qui est déjà la règle.

"Cette procédure complique encore une fois le travail de nos policiers et de nos gendarmes !", s'indigne la députée LR Valérie Boyer dans un amendement, qui propose donc que les palpations de sécurité puissent s'effectuer sans distinction de sexe. Le sexe n'est-il pas un concept nié par la gauche qui lui préfère le "genre"?

Un amendement Lafarge

L'un des amendements déposés par La France insoumise prévoit par ailleurs de pouvoir procéder à des "saisies inamicales" sur les entreprises "suspectées notamment de financer directement ou indirectement la commission d'actes terroristes". Une référence claire au cimentier français LafargeHolcim, que Le Monde avait accusé d'avoir payé des taxes au groupe Etat islamique entre 2013 et 2014, via sa cimenterie implantée à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.
"Avec un tel arsenal à sa disposition, le Gouvernement pourra ainsi rassurer le peuple français sur le fait que des sociétés comme LafargeHolcim ne s'aventurent à financer Daesh ou des groupes terroristes, tel qu'ils l'ont reconnu en mars 2017 (pour assurer notamment la sécurité d'une cimenterie en Syrie en 2013 et 2014)", conclut La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.