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samedi 26 janvier 2019

Le porte-parole Benjamin Griveaux devrait parfois se taire !

Griveaux échauffe les oreilles de Philippe Bilger !

"On ne peut pas demander aux manifestants d'être exemplaires si on ne l'est pas soi-même" :  c'est le pavé lancé par Griveaux à la police

"Mais qui peut se prétendre exemplaire ?", s'interroge l'avocat général honoraire.
Rien n'est plus difficile que d'être le porte-parole d'un gouvernement qui ne brille pas par la cohérence et l'efficacité, à quelques exceptions près que je ne veux plus citer parce que trop d'encens pourrait leur nuire.

J'écris ce billet durant la seconde audition d'Alexandre Benalla - il élude beaucoup mais dément l'Elysée sur un point essentiel: une date de restitution - devant la commission sénatoriale parce que je tiens à ne pas laisser parasiter mon prochain post par une périphérie digne d'intérêt mais sans lien avec son objet principal.
 
Benjamin Griveaux a déclaré le 20 janvier: "On ne peut pas demander aux manifestants d'être exemplaires si on ne l'est pas soi-même" (Le Figaro). Cette phrase qui vise la police est extrêmement maladroite parce qu'elle relève de ces affirmations à tiroirs qui naturellement dépassent leur champ initial.
Comment Benjamin Griveaux a-t-il pu ignorer que cette exigence d'exemplarité formulée sur un ton condescendant à l'égard de la police subissant sur le terrain le pire à cause de la crise interminable des Gilets jaunes [si on confond la cause  - la sur-fiscalité qui confisque du pouvoir d'achat -,  et la conséquence - la crise sociale] et donc du pouvoir longtemps impuissant [ou incapable, sinon d'annoncer chaque mois le redressement de la courbe du chômage pour le suivant], va être retournée de plein fouet vers le président, le Premier ministre, le gouvernement et lui-même?

Cette personnalité, beaucoup portraiturée -mi-figue mi-raisin- [à vrai dire plutôt groseille acide] durant la semaine écoulée, est trop intelligente [ironie de la courbette !] pour ne pas admettre que certains de ses propos ont été désastreux et donc contradictoires [insensés ou sots ?] avec l'exemplarité souhaitée.

Et il sait aussi [présomptif Bilger...] que le Premier ministre, ses collègues ministres et l'Elysée - il a eu le courage de dénoncer les dysfonctionnements que cette maison à l'évidence "mal tenue" a connus - n'ont pas été, les uns et les autres, aussi remarquables que la valeur d'exemplarité aurait dû le prescrire [En bref et en clair: la bande à Jupiter sont des nuls prétentieux et des modèles à ne pas suivre].

Résultat de recherche d'images pour "griveaux sale gueule"
Je veux bien que Benjamin Griveaux [ci-contre] donne une leçon de morale à la police mais sa morale a une leçon: qui peut se prétendre exemplaire? Et quand on ne l'est pas à coup sûr, quelle crédibilité ont les semonces même les plus pertinentes sur le fond [pertinence de la cible policière visée ?] ?

Cette exemplarité si largement battue en brèche [disons-le, en ruines] a trouvé malheureusement son pic à l'Elysée où le feuilleton Benalla et ses développements lassants [tuants, au pistolet à eau] et surprenants [abracadabrantesques ?] à la fois, avec, notamment l'arme, les passeports diplomatiques et de service et le téléphone crypté Teorem [sans compter le badge d'accès à l'Assemblée, au nom de la séparation des pouvoirs et de la bonne forme physique de "tabasseur" de manifestants], ont révélé une indéniable incurie au moins de la part du directeur de cabinet et accessoirement du chef de cabinet [celui qui les a nommés avec un indéniable discernement ne révèle donc, quant à lui, aucune marque d'incurie].

Cela n'a pas empêché le premier [Patrice Strzoda] de se vanter, sur une question d'un sénateur, d'avoir dirigé une maison, selon lui, "bien tenue" et de se défausser sur les chefs de service. Il se contente de peu.
Si j'insiste sur ce haut lieu républicain, cela tient au fait que dans sa gestion on espérait l'excellence, la fiabilité et la rectitude, on était même persuadé que ces qualités y seraient respectées plus qu'ailleurs. Pourtant, ce qui se dégage de ces semaines et de ces épisodes à force ridicules, est l'impression d'un déplorable amateurisme qui n'est rassurant que s'il nous permet de relativiser l'accusation renouvelée d'affaire d'Etat. Alors que sans doute il s'agit d'abord de professionnels qui n'ont pas été à la hauteur de leur poste prestigieux [que Bilger se montre rassurant sur le professionnalisme du militaire de haut rang - le chef d'Etat-Major des armées est le général d'armée François Lecointre -  qui dispose des codes de tir nucléaire et peut déclencher la mise à feu, sur ordre du chef de l’Etat qui est le chef des armées et le président du Conseil de défense et de sécurité nationale, où que soit le "monarque nucléaire", Saint-Martin ou ailleurs, depuis le PC "Jupiter" de l'Elysée livré à "une indéniable incurie"]. 

Plutôt donc le désordre et l'approximation que la rigueur. Est-ce consolant?
Peut-être n'aurais-je pas dû être aussi surpris par ces maladresses et négligences puisqu'il suffit de considérer les grandes entreprises et les personnalités qui les dirigent, plus généralement les institutions et les services publics de notre pays, pour être au fait malheureusement d'un défaut d'exemplarité aussi bien dans le fond des actions que, le plus souvent, dans leur forme.
On aurait pu imaginer que l'Elysée échapperait à ces dérives trop régulières pour ne pas être consubstantielles à un monde pour lequel l'exemplarité est moins une aspiration, un désir qu'une indifférence. Il y aurait une hiérarchie des tâches entre les essentielles et les dérisoires alors qu'il n'y a pas de domaine réservé où l'exemplarité serait obligatoire et d'autres non. Elle doit être indivisible et ne se découpe pas selon le bon loisir.

Je ne voudrais pas qu'à force, alors qu'on annonce Benjamin Griveaux comme le rival probable d'Anne Hidalgo pour la Mairie de Paris [où il disposerait d'une police municipale sous ses ordres], il perde tout crédit pour cette lutte municipale à venir.
Il devrait parfois se taire. [Qu'il parle plutôt ! Et que les électeurs votent en bonne connaissance de cause, leur évitant ainsi de faire entrer le désordre et l'approximation à Paris où règne le sectarisme et l'autoritarisme.
 
Ce billet a été initialement publié sur le blog de Philippe Bilger.

mercredi 25 juillet 2018

Affaire Benalla: rétropédalage d'Alain Gibelin qui contestait la version de l'Elysée

Le militaire a-t-il subi des pressions ?

Alain Gibelin est accompagné de deux adjoints lors de son audition par la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale, le 23 juillet 2018

Comme si l'officier supérieur n'avait pas préparé son audition et ne disposait pas de fiches et de conseillers à sa droite, lors de cette audition, Alain Gibelin se serait pris les pieds dans le tapis ? Le policier est en tout cas ce mardi revenu en partie sur ces propos qui invalidaient ceux de l’Elysée. Lundi soir, après avoir auditionné le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, et le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, les députés de la Commission des lois faisant office de commission d'enquête sur l’affaire Benalla recevaient Alain Gibelin, le directeur de l’ordre public et de la circulation, DOPC.

Interrogé par Marine Le Pen​ (députée du Rassemblement national, ex-FN, mais non-inscrite à l’Assemblée nationale), Alain Gibelin avait affirmé qu’Alexandre Benalla était présent à des réunions entre ses services et l’Elysée entre le 4 et le 19 mai, période pendant laquelle l’adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron était censé être suspendu.


L'Elysée n'a pas tardé à nier

Après l’audition du policier, la présidence de la République a maintenu et confirmé sa version des faits. Et, ce mardi matin, c’est Alain Gibelin qui revient sur ses propos. Dans une lettre qu’il a adressée à la présidente de la commission d’enquête, la députée LREM Yaël Braun-Pivet, il assure qu' "il avait mal compris la question [posée par Marine Le Pen] lors de son audition en raison du bruit dans la salle".

Ré-entendre la déclaration d'Alain Gibelin :
 

VOIR et ENTENDRE Marine Le Pen expliquer pourquoi Alain Gibelin a subi des des pressions :

Quelqu'un ment et ce n'est pas seulement le lampiste...

mercredi 31 janvier 2018

Le socialiste Benoît Hamon ne jure plus que par les migrants

Le socialiste dénonce un "retour à l'ordre" et en appelle à Cohn-Bendit 

Il accuse "une partie de la haute fonction publique" de "retour à l'ordre et d' "arbitraire"

Candidat du parti socialiste, écrasé avec 6,36% des suffrages exprimés à l'élection présidentielle, alors qu'il s'y voyait déjà, Hamon a estimé que le refus "stupéfiant" de le laisser s'exprimer dans l'enceinte de la faculté de droit de Toulon  le 6 février prochain est "assez symptomatique de ce retour à l'ordre et à l'arbitraire dans une partie de la haute fonction publique et dans certains milieux très proches du pouvoir en place".

Le socialiste craindrait-il de voir péricliter son fonds de commerce en migrants ? "Qui ne voit pas ces préfets, qui dissuadent les migrants de faire valoir leurs droits ? Dans certaines régions, la police a ordre d'arracher les effets personnels, de gazer des migrants, qui sont des pauvres parmi les pauvres", a-t-il accusé mardi, après avoir rencontré des étudiants de l'université de Tours.

Benoît Hamon a également dénoncé et étrillé Daniel Cohn-Bendit

Il fait pression sur 'Dany-le-rouge' pour qu'il prenne position en faveur des migrants.
Evoquant Mai 1968, dont le 50e anniversaire est commémoré cette année, Hamon a ciblé l'ancien meneur étudiant embourgeoisé Daniel Cohn-Bendit, jugeant "incroyable de voir aujourd'hui des soixante-huitards qui ont mené des combats contre l'ordre établi être maintenant les porte-parole de l'ordre établi".

"J'imagine que le jeune Cohn-Bendit de 1968 aurait dit 'merde' à Macron et au Cohn-Bendit d'aujourd'hui : j'aime bien le Danny de 68 pour le souffle et l'espérance qu'il a levés, j'aime un peu moins le Cohn-Bendit qui remet le couvercle de plomb sur la marmite, comme il le fait aujourd'hui quand il soutient Emmanuel Macron".

"Je l'invite à nous aider, au moins pour qu'on ait en France une attitude juste et humaine vis-à-vis des migrants", a-t-il lancé Hamon, acteur politique solitaire et sans public, ni scène, réduit à solliciter un pédophile et soutien de Macron...

vendredi 16 octobre 2015

Police: la transaction pénale entre en vigueur

La transaction pénale entre en application aujourd'hui

Ce volet de la réforme pénale de Christiane Taubira votée en août 2014 doit permettre aux policiers de faire payer directement une amende en cas de petit délit pour éviter le passage devant un tribunal. Pourquoi la mise en œuvre de la transaction pénale a-t-elle ainsi fait l’objet de la publication discrète, jeudi 15 octobre, d’un décret d’application au Journal officiel. 

La consommation de cannabis et la conduite sans permis seront désormais réprimées par de simples amendes. Le terrain était politiquement miné mais le gouvernement de Manuel Valls peut tout se permettre avec sa majorité de godillots. Pourtant, ces mesures destinées à désengorger les tribunaux pourront s’appliquer notamment à la consommation de drogue ou à la conduite sans permis ou sans assurance. Les tribunaux n’auront plus à juger ces délits à forte charge symbolique dans l’opinion publique et c’était à un procès en dépénalisation qu'il fallait s'attendre.

Si les syndicats de police avaient vivement contesté la loi au moment de son vote, la mesure semble aujourd'hui faire consensus. Le syndicat des officiers Synergie, lui, se dit "favorable à ce dispositif dès lors qu'il allège la tâche des policiers en le substituant à la lourdeur de la garde à vue", mais attend néanmoins "de voir quelles seront les modalités d'application". 

Ce dispositif devrait s'appliquer dans le cas de personnes qui commettent des délits pour la première fois, et ne pourra jamais être proposé aux personnes en garde à vue qui, elles, devront automatiquement passer devant un tribunal.

Vers plus d'amendes au cas par cas, à la tête du client

Si ces amendes proposées par la police en dehors des tribunaux ne sont pas à proprement parler "dépénalisées", elles devront avoir été autorisées "au préalable au cas par cas par le procureur", représentant du gouvernement, précise-t-on au ministère de la justice.

Justice? 
Liberté des juges
d'interpréter la loi
Surtout, pas une virgule n’est déplacée dans les articles du code pénal fixant les peines encourues pour ces délits, assure-t-on. Mais, de même que les juges ont toute latitude pour interpréter la loi - dont on prétend qu'elle est la même pour tous -, de même le procureur pourra décider souverainement de prendre en considération des éléments a priori. 
Les discriminations sociales sont donc appelées à se développer, car l'indulgence des procureurs variera en fonction du quartier où le délinquant sera domicilié. Habiter la Seine-Saint-Denis, où la concentration de Ferrari épate le passant égaré, sera un facteur de compassion. Pareillement, la domiciliation dans les quartiers nord de Marseille est-elle synonyme de difficultés sociales garanties, quand on sait que l'économie souterraine y est florissante et fait vivre dans l'opulence de nombreuses familles jugées défavorisées. Les schémas mentaux (et idéologiques) des procureurs sont-ils mis à jour, puisqu'ils considèrent que les mineurs de 16 ans du XXIe siècle et du XXe de Paris sont restés des enfants de choeur ?... 

Cette mesure pourrait même être utilisée pour accroître la répression contre la simple consommation de drogues. C'est un "élément de langage" que les anonymes du ministère de Christiane Taubira font passer dans la presse, en estimant -mais sur quelle base- que des amendes seraient désormais infligées pour des cas que la police ne se donnait plus la peine de transmettre aux tribunaux. A voir !

Quant aux délits routiers, l’efficacité de la répression est également mise en doute.
Permis de conduire délivré par des postiers,
comme une lettre à La Poste ? 
Mais
le sujet est explosif, comme l’a montré il y a moins de trois mois la polémique autour de l'hypocrisie de la garde des Sceaux. Le 24 septembre dernier, Christiane Taubira avait été obligée de faire machine arrière sur sa proposition de transformer en contraventions automatiques le défaut de permis de conduire ou d’assurance. La ministre de Flanby a donc annoncé le retrait des dispositions qui prévoyaient, dans le projet de loi sur la sécurité routière, un allégement des sanctions pour défaut de permis de conduire. 
Est-ce la démonstration que les accusations de laxisme qui la poursuivent sont injustifiées ?

samedi 4 juillet 2015

La fonction publique n'attire plus les demandeurs d'emploi français

50.000 postes de fonctionnaires restent non pourvus

Les embauches de fonctionnaires seraient loin d'atteindre les objectifs annoncés par le gouvernement et votés par le Parlement

Un document que s'apprête à publier la rapporteur du Budget à l'Assemblée, Valérie Rabault (photo ci-dessous), le révèle: les effectifs de fonctionnaires accusent un déficit de 50.000 postes par rapport aux promesses du gouvernement.

Le compte n'y est pas

Par rapport aux effectifs inscrits dans la loi de finances et votés par le Parlement, il manquerait 13.300 enseignants, 5.000 militaires et 4 300 policiersselon les comptes de la néo-députée PS du Tarn-et-Garonne, diplômée de... l'École nationale des Ponts et Chaussées.

Au cours de sa campagne, François Hollande avait promis le recrutement de 60. 000 agents à l'Éducation nationale et 5.000 dans la justice et la sécurité. Les autres administrations devaient en échange diminuer leurs effectifs. Fin 2014, le compte n'y était pas, "les ministères prioritaires ne font pas le plein".

Les promesses de Hollande ne trouvent pas preneurs 

Le manque de candidats au concours 2013 de l'Éducation nationale est en cause. 6.135 postes étaient ouverts au concours externe du CAPES. 26.180 candidats s'étaient inscrits, 8.913 avaient été déclarés admissibles, mais seulement 5.164 étaient finalement admis, soit 1 candidat sur 5...
Les épreuves de 2014 auraient "tout de même attiré plus de monde et les chiffres devaient donc remonter", selon la presse militante qui se garde bien toutefois de fournir les chiffres officiels. Pour commencer, 6.062 postes offerts, c'est moins ! Et 5.177, c'est pourtant plus d'admis... Sans compter les 445 inscrits sur liste... complémentaire! Ainsi les Français paient-ils la désinformation de la presse toujours plus cher.

Également pointées du doigt, malgré l'obtention de nouveaux emplois d'urgence annoncés après les attentats de janvier, l'armée et la police qui, "n'avaient pas atteint le maximum de leurs recrutements l'an dernier".

Comment expliquer une telle situation ? Soit "le plafond d'emplois n'est pas assez contraignant », soit il y a « des difficultés à pourvoir les postes votés », souligne le rapport, cité par le JDD. En ne respectant pas les objectifs fixés, l'État aurait économisé, « mécaniquement », 228 millions d'euros en 2014, conclut le journal.
La jeunesse - priorité de Hollande - sous influence de la FSU et de la presse socialiste se tourne vers le djihad plutôt que vers le service de la patrie qu'elles dénigrent.

Mais la presse continue de participer à l'enfumage gouvernemental

"Des chiffres qui devraient cependant remonter en 2015, assure à nouveau les professionnelsdu magazine Le Point, dans un copié-collé de l'année précédente, "alors que les concours ont attiré de nombreux candidats l'année dernière.
Mais les lecteurs de PaSiDupes savent ce qu'il faut penser des analyses de décrypteurs patentés.

vendredi 10 avril 2015

Vigipirate: appel à militaires réservistes et à vigiles

"On sert notre pays, même avec nos petits moyens"

"S’engager pour le pays"
Des hommes et des femmes entrent dans la réserve militaire avec la volonté de prolonger le service de la patrie. Parmi eux, 20minutes cite deux femmes contre un seul homme, Philippe, Marie et Adeline... Au quotidien, ils sont étudiant, responsable des ressources humaines dans un hôpital et employée dans une chambre d’agriculture. Quelques jours, voire plusieurs semaines par an, ils ont fait le choix de  devenir des militaires à part entière

Le service militaire, un manque à combler 
Pour Philippe Males, étudiant en 3e année de chimie à la faculté de Toulouse (Haute-Garonne), le choix de la réserve est arrivé un peu par hasard, via un am. Depuis un an et demi, le jeune homme enchaîne les formations et les entraînements au sein du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Castres. Cet été, il devrait effectuer son premier Vigipirate. Cette mission de surveillance et d’aide à la population est qualifiée d’"accomplissement". "Partir sur le terrain, c’est l’aboutissement de nos entraînements. C’est aussi une fierté d’être au service de la Nation", explique Philippe.

Un besoin "sans précédent" en hommes face à la menace terroriste
Les  risques encourus durant la mission ne font pas reculer le jeune homme, en réaction à la menace terroriste qualifiée de "sans précédente" par le Premier ministre Manuel Valls. "Oui, il y a un contexte particulier aujourd’hui avec les attentats de janvier. On nous dit de faire attention. Mais on est préparé aux agressions et entraîné au maniement des armes. Et puis, le risque, il faut l’accepter", explique le jeune homme. 
Un risque évoqué également par Marie Portes, sergent de réserve au 31e régiment du génie à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne). "Nous sommes vigilants, encore plus sérieux dans ce que nous faisons", affirme cette responsable des ressources humaines de 29 ans. Mais le jeu en vaut la chandelle: "On sert notre pays, même avec nos petits moyens. On est là, on rassure la population, on limite les risques. Et puis on représente notre régiment, l’armée", dit-elle avec fierté. Et qu’importent les difficultés de planning entre la vie professionnelle et militaire, la réserve représente "une bouffée d’air". En respiration alternée...

La Syrie ne draine pas toute la jeunesse 
Adeline Vaulot est réserviste depuis six ans et demi, un choix effectué à "17 ans et demi" et elle oriente son sens du service et de l'abnégation vers le pays qui l'a aidée à grandir... Aujourd’hui employée dans une chambre d’agriculture, la jeune femme de 24 ans est maréchal des logis réserviste au 61e régiment d’artillerie de Haute-Marne. Elle a déjà effectué deux missions Vigipirate à Montpellier et à Lyon, et devrait repartir en mission en juillet.
En septembre 2013, envoyée à l’aéroport de la capitale des Gaules, Adeline a été chef de groupe, responsable de deux autres militaires. Elle a notamment effectué des rondes, mais aussi collaboré avec la police des frontières et les douaniers. L’expérience a été marquante: "Vigipirate est une mission un peu à part. On est en extérieur, en opérationnel. On travaille ensemble et on y met du cœur", explique-t-elle. Un engagement qu’elle compte bien renouveler: "J’essayerai de continuer la réserve tant que je peux. Aujourd’hui, c’est ma priorité."

Une relève nécessaire en soutien aux hommes épuisés de Vigipirate

Policiers et militaires font partie du paysage urbain depuis les attentats de janvier, stationnant armés devant les bâtiments sensibles (écoles et lieux de culte, media, ambassades ou groupe de presse…)  Pistolet-mitrailleur noir en  mains, un policier avoue: "Rester debout à ne rien faire, c’est fatigant". "Mais on est surtout blasé. On n’est pas entré dans la police pour faire de la garde." "Pendant qu’on est là, on n’est pas en train d'effectuer des missions de secours, c'est-à-dire notre travail de policier", ajoute un militaire déçu et agacé.

"Les hommes ont besoin de repos"
Les niveaux actuels du plan Vigipirate, "alerte attentats" pour l'Ile-de-France et les Alpes-Maritimes et "vigilance renforcée" pour le reste de la France, devraient être prolongés pour "plusieurs mois," au-delà du 10 avril, a indiqué une source gouvernementale. "Pendant plusieurs mois, on fera donc de la m..., mais on n’a pas le choix...", se désole un militaire.
"Ce prolongement dans la durée montre que la situation est préoccupante", reconnaît Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance Police Nationale. "Mais les hommes ont besoin de repos, de souffler un peu. Ils tiennent plusieurs heures debout avec leurs gilets pare-balles. Ce ne sont pas des robots, ils ne pourront pas tenir plusieurs mois."

Les hommes de
trois compagnies de CRS se sont mis collectivement en arrêt maladie afin d'attirer l'attention sur les effets du plan Vigipirate qui les "épuise", un moyen déjà utilisé dans le passé de manifester leur mécontentement.

Les heures supplémentaires s'accumulent
"La police n’est pas organisée pour rester en Vigipirate sur le long terme. Nos collègues sont fatigués", développe Philippe Capon, secrétaire général UNSA Police. "S’ajoute à la fatigue une lassitude face aux missions 'pots de fleurs', 24h/24h, jour et nuit, et peu valorisantes pour les hommes."
Depuis quelques semaines, les périodes de repos se font plus espacées. "Le niveau alerte attentats impose que les chefs de service privilégient la nécessité du service sur les congés. Il y a une restriction de ce côté-là", précise Frédéric Lagache. 
Autre sujet délicat, les heures supplémentaires. "Les policiers font des heures supplémentaires et ne peuvent pas les récupérer. On en était déjà à 19 millions d'heures en attente en décembre 2014 et on devrait atteindre les 20 millions à la fin de l’année 2015", explique Philippe Capon.

"Eviter le drame"
Les deux syndicats soulignent le manque d’effectifs. "Pourquoi ne pas déléguer certaines missions de garde statique à des officines privées ?", demande Frédéric Lagache, prenant pour exemple les missions de filtrage dans les aéroports. "Cela permettrait de recentrer les policiers vers le cœur de notre métier." Le transfert de cette activité régalienne divise toutefois la profession.

Pour le moment, seuls les militaires sont également sur le pont. Outre les gendarmes, 10.500 soldats ont été déployés depuis janvier pour protéger les 830 "sites sensibles" en France. Mais, là aussi, la fatigue se fait sentir. "Nos effectifs ne nous permettent pas sérieusement de tenir le rythme actuel de déploiement sur plusieurs mois", affirme Jean-Hugues Matelly, président de l'association professionnelle GendXXI, qui demande davantage de recrutements.

"Les permissions et repos sont reportés, les stocks s’accumulent. Les hommes sont fatigués nerveusement et physiquement. Face à cette situation complexe, il faut veiller aux temps de récupération si l’on veut éviter le drame."

Le plan Vigipirate s'étend aux centres commerciaux
Depuis les attentats de djihadistes français à Charlie Hebdo, le 7 janvier, puis à l’Hyper Cacher le surlendemain, les besoins en vigiles ont grimpé, mais l’embauche ne suit pas. En période troublée, la peur fait certes bondir la demande, mais l'offre se raréfie. Les services de sécurité de l’Etat, (police, gendarmerie et armée) sont en état d’alerte maximale sur le territoire français, mais ne suffisent pas à faire face à la menace djihadiste. Les sociétés de sécurité privées doivent répondre à une demande accrue de main-d’œuvre qualifiée, dans un secteur qui en manque.

La sécurité privée emploie environ 250.000 agents contre 150.000 policiers et gendarmes. "Il y a eu pas mal de panique dans les heures qui ont suivi les attentats et nous avons eu un certain nombre de demandes liées à cette situation atypique, atteste Olivier Féray, PDG de Prosegur France, l’une des cinq plus importantes sociétés de sécurité privée française avec 5.500 salariés. Tous les lieux qui accueillent des gens ont décidé de renforcer leurs dispositifs."
L’activité avait ralenti sous l'effet conjugué de la crise économique et des tergiversations socialistes. "Les entreprises réduisant leurs dépenses et rognant sur ce qui pouvait l’être, les budgets de sécurité ont été amputés", témoigne Olivier Féray. Mais, depuis janvier, aux grands magasins voulant assurer la sécurité de leurs clients pour la période de soldes se sont ajoutées les demandes d’établissements et de services publics déterminés à rassurer leur public face à la menace invisible. "Là où il fallait deux personnes pour filtrer les entrées, il en a fallu une troisième", précise le patron de Prosegur France.

Or, le secteur peine à recruter, comme le confirme le groupe Triomphe Sécurité, qui emploie d’ordinaire 1.500 agents pour protéger, entre autres, Disneyland Paris et des centres commerciaux franciliens. Triomphe Sécurité a déjà fourni plus d’une centaine d’agents de sécurité supplémentaires à sa clientèle, même alors qu'elle en aurait souhaité "plus de 300".
Toute la difficulté est de parvenir à conserver les agents compétents.  Il s’agirait essentiellement d’une question de faible rémunération, un agent de "base" étant en général payé au Smic, soit 9,61 euros de l’heure, même si le travail de nuit et du week-end permet d’améliorer la paye.
Selon le SNES (FSU), les effectifs d’agents de sécurité ont toutefois augmenté de 15 à 20% depuis les événements"Mais les difficultés de recrutement sont également liées à l’image de la profession, même si, depuis les attentats, cette dernière "a énormément évolué de manière positive". "Les gens comprennent que les agents ne sont pas là pour les embêter mais pour les protéger", affirme le patron de Prosegur. "On ressent un regard nouveau et positif des citoyens", confirme Jean-Pierre Tripet, président du Syndicat national des entreprises de sécurité (Snes). Son entreprise, Lorica, recrute ses agents "dans le milieu sportif", et notamment "dans les arts martiaux" : "Ils savent défendre leur intégrité physique, mais aussi appréhender la menace et le danger."
Pour devenir agent de sécurité privée, une formation de base de cent quarante heures dispensée dans des centres spécialisés est obligatoire. Sanctionnée par un certificat de qualification professionnelle, la formation porte sur différents aspects juridiques et techniques - légitime défense, secours et assistance à personne - et autres spécificités du métier, telles le certificat incendie, la surveillance physique et vidéo, l’utilisation des moyens de défense et d’alarme… Le processus de recrutement se révèle assez long - de trois à six mois - en raison d’enquêtes administratives diverses en sus de la formation. Enfin, selon les recruteurs du secteur, "calme, recul, pondération, faculté d’évaluation" comptent parmi les qualités nécessaires au métier. "Avec les évolutions de la pratique et du regard de la population, qui a compris que l’on participe à la sécurité du pays, nous gagnons nos lettres de noblesse", se félicite Jean-Pierre Tripet. Il en veut pour preuve qu’aujourd’hui, "toutes les casernes, à l’instar de l’Ecole militaire, sont gardées [le savait-on] par des sociétés de sécurité privées supervisées par des militaires gradés". Difficile de rêver plus belle vitrine que l’armée faisant appel à des vigiles pour renforcer la sécurité de ses installations.

V
igipirate fait baisser le nombre de cambriolages et de vols.

dimanche 22 mars 2015

Essonne: mise en examen d'un policier proche du ripou présumé du 36 quai des Orfèvres dénoncé pour un autre vol

Un collègue balance le ripou présumé du 36

Un policier de la sûreté départementale de l'Essonne
(de Guedj et Valls) a été entendu
Vendredi et pendant quarante-huit heures, les enquêteurs de l'inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, ont interrogé un proche de Jonathan Guyot - policier de la brigade des stupéfiants incarcéré depuis août 2014 pour le vol de 52 kg de cocaïne dans les saisies.  Il a été relâché sans poursuite après avoir fourni des renseignements qu'il avait jusqu'ici recelés. 

L'ex-policier des stups aurait déjà dérobé de la drogue à sa brigade 
Les investigations se poursuivent tous azimuts dans l'affaire du vol de 52 kg de cocaïne, au cours de l'été dernier dans les locaux de la prestigieuse police judiciaire parisienne située au 36, quai des Orfèvres à Paris. 
Or, fin janvier, un autre policier a avoué aux juges d'instruction que l'ex-policier des stups lui avait demandé, au mois d'avril 2014, de "vendre de la drogue" pour son compte. En fonction au commissariat du XIXe arrondissement et en poste à la brigade de nuit,  Patrick B., 31 ans, a accablé le principal mis en cause" en fournissant des informations sur ses agissements.

"Nous n'étions que tous les deux, il [Jonathan Guyot] m'a fait comprendre qu'il cherchait des sorties, donc des moyens de sortir de la came. Il n'a pas précisé les produits, ni les quantités, rapporte Patrick B. Je me suis demandé ce qui se passait, à quoi il jouait. Mais, pour moi, il était aux stups et il voulait se faire de l'argent. [...] J'ai répondu que je n'étais pas intéressé par cela, que j'avais d'autres projets dans la vie."

L'informateur pose toutefois les questions qui tuent
Et Patrick B. va plus loin : "Jonathan m'a dit qu'il avait environ un demi-kilo d'herbe de cannabis et environ 1 kg de résine de cannabis à faire partir, poursuit-il. J'espérais la moitié des gains, mais rien n'a été évoqué. Evidemment, il m'avait bien dit que je toucherais quelque chose. Je lui ai aussi demandé si on ne risquait pas de se faire attraper. Il m'a dit que c'était tranquille et sans risque. Qu'il n'y avait qu'un peu de matière. Il ne m'a pas dit d'où la drogue provenait. Cependant, je me doutais qu'il l'avait obtenue d'une manière ou d'une autre, de par son travail. En termes d'échantillon, il m'a filé une belle barrette de 10-12 g. Je vous avoue que j'ai essayé de trouver des clients par le biais de mes tontons [indicateurs]. Il m'a fallu environ une semaine pour me rendre compte que c'était un très mauvais plan de jouer à ça. C'était trop risqué: je suis quand même fonctionnaire de police. Je lui ai dit que c'était mort. Après cela, il ne m'a plus jamais sollicité."

Les policiers font alors le lien avec un autre vol déjà commis dans les locaux de la brigade des stups, entre le 21 mars et le 17 avril 2014. 

A l'époque, 130 g de cocaïne, 1,2 kg de résine de cannabis et 1.200 € en argent liquide, saisis au cours d'une affaire, avaient subitement "disparu"... "Maintenant, je fais le rapport entre ce vol et la proposition de Jonathan, entre les quantités et les dates, tout porte à croire que ça correspond", concède encore Patrick B. qui a été mis en examen avant d'être placé sous contrôle judiciaire.

Pendant ses auditions, Jonathan Guyot a également "chargé" plusieurs de ses ex-collègues de la brigade des stups. Entendu de nouveau au début du mois de février par les juges d'instruction, le brigadier, surnommé John, mais aussi Raptor ou encore Guillotine, a avancé l'idée que 
Jonathan Guyot, ex-policier 
de la brigade des stups
des "policiers du 36 voulaient le piéger", avant de donner le nom du groupe auquel ils appartenaient. Il a accablé ses anciens partenaires en expliquant qu'il avait entendu, pendant l'affaire de la saisie des 52 kg de cocaïne, des gardés à vue dire que certains pains avaient été dérobés. Jonathan Guyot a affirmé qu'au cours de la même opération ses ex-collègues "ont découvert la somme de 60.000 €". Mais il a sous-entendu lors de l'instruction que certains d'entre eux auraient dérobé une partie des sommes saisies.

S'il nie toujours le vol qui lui est reproché, Jonathan Guyot a présenté des excuses à sa femme et à ses proches : "J'ai accéléré ma mort et j'ai entraîné mes proches avec moi, reconnaît-il. Je leur ai fait faire des choses que je regrette et qui, aujourd'hui, me portent préjudice."

lundi 9 février 2015

Des tirs contre des policiers brouillent la propagande sécuritaire du Premier ministre

Manuel Valls était venu lundi annoncer des résultats, selon lui, "encourageants", en matière de ... sécurité
Des rafales de kalachnikov pour la venue de Manuel Valls
ont nécessité le bouclage de Castellane, dans les quartiers nord de Marseille
"Ces tirs sont inacceptables", a tonné Manuel Valls à la conférence de presse de la préfecture, quelques heures après la fusillade survenue à La Castellane, cité emblématique de la drogue dans les quartiers nord.
Appelés le matin pour des tirs de kalachnikov en l'air, des hommes du GIPN sont entrés vers midi à bord d'un véhicule blindé dans ce quartier populaire, haut lieu du trafic de stupéfiants. Les premiers tirs ont été suivis d'autres coups de feu, visant les forces de l'ordre: "Nous avons été 'rafalés' à notre arrivée sur place", a expliqué le directeur de la sécurité publique, Pierre-Marie Bourniquel, à bord d'une des trois voitures prises pour cible. Les tirs n'ont fait aucun blessé.
L'ancien ministre de l'Intérieur a commencé la journée au côté des forces de l'ordre, se vantant que le "gouvernement est lucide sur la situation" et admettant que "les événements de ce (lundi) matin à La Castellane en sont évidemment une démonstration". Car le Premier ministre a eu droit à une comité d'accueil très spécial et il n'a pas dissimulé sa colère.


Le chef du gouvernement n'a pas pu ignorer la fusillade qui a justifié l'évacuation des enfants des écoles et le confinement des habitants par d'importants effectifs, dont un hélicoptère, Venu présenter le bilan de l'action des forces de l'ordre, le Premier ministre s'est montré à plusieurs reprises agacé par les media qui, selon lui, auraient accordé trop d'importance à la fusillade. 
Valls a tenté de retourner à son avantage ce défi à son autorité. 
Selon lui, la manière dont ont répondu les forces de l'ordre ne ferait qu'illustrer l'efficacité de la méthode employée à Marseille : "Il y a peu de temps, on n'aurait pas pu intervenir aussi rapidement", a-t-il assuré. Les semaines précédentes, les forces de polices n'étaient pas sur le pied de guerre pour sa venue... 
Il a également loué "l'approche globale", qui associe sur le long terme présence des forces de l'ordre à un volet social. "Cette approche nous allons la poursuivre", a-t-il affirmé.
Dans le cadre des opérations de police qui ont suivi les tirs en rafales, une cache d'armes a été découverte dans un appartement, a affirmé la police. Sept kalachnikovs auraient été trouvées, ainsi que "plusieurs kilos de drogue" et enfin la voiture des tireurs, a précisé Bernard Cazeneuve, qui accompagnait Valls. Mais le ministre de l'Intérieur n'a pas été en mesure de préciser qui est propriétaire de cet appartement et de cette voiture... Manuel Valls avait ouvert son séjour en PACA en se rendant au site mémorial du Camp de déportation des Milles, à Aix-en-Provence, où il a promis, devant de jeunes élèves d'établissements d'éducation prioritaire, de "tout faire" pour "casser les ghettos" en France. "Ces murs, qui sont souvent dans les têtes, c'est une priorité. Cela fait 30 ans qu'on fait ça; tous les gouvernements l'ont fait avec la même bonne volonté. Mais on sent bien maintenant qu'il faut passer à un autre stade, sinon tout va exploser", a dramatisé Manuel Valls.

Valls a multiplié les gestes en direction de la communauté musulmane

Au fond, Mennucci colle au train...
Dans un entretien à La Provence publié en préambule à sa venue, le Premier ministre n'avait pas craint le paradoxe: il s'était en effet félicité d'un "recul significatif de la délinquance" dans une ville certes en mutation sous la gouvernance du sénateur-maire Jean-Claude Gaudin, mais encore pointée sur les questions sécuritaires par la presse parisienne. Mal à propos au regard de la fusillade, le locataire de Matignon a notamment cité une baisse de 30% des vols à main armée en deux ans et une diminution de 20% des violences physiques contre les personnes. 


Dans l'après-midi, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve se sont montrés dans le quartier cosmopolite de Noailles, au centre-ville de Marseille. Au milieu d'une foule grouillante, Valls s'est laissé interpeller par un passant: "Il n'y a pas beaucoup de blancos ici, hein!". La remarque a fait sourire le Premier ministre, également salué de slogans pro-palestiniens.

Le Premier ministre, qui souhaite s'attaquer aux "caricatures" et aux "raccourcis", a choisi d'instrumentaliser Marseille pour étendre son message au-delà de la sécurité. "Marseille doit faire l'objet de la plus grande attention de la part de l'Etat", selon le chef du gouvernement, qui promet "encore plus de moyens à Marseille, notamment pour l'école, la vie associative, le développement économique et l'emploi". En fin d'après-midi, Manuel Valls s'est décidé à rendre visite au sénateur-maire UMP de Marseille. 

Le Premier ministre en a profité pour s'accaparer le "sens du projet métropolitain" auquel, depuis des années, est attaché Jean-Claude Gaudin qui travaille à l'association de Marseille et d'Aix-en-Provence. 

Dans la soirée, le Premier ministre a visité l'espace multiculturel de la Friche-Belle de Mai, où il a notamment vu une exposition d'hommage à... Charlie Hebdo, avec des dizaines d'anciennes Unes de l'hebdomadaire. "Les événements de janvier nous ont peut-être fait perdre une part de notre insouciance. Mais ils ne doivent pas nous faire perdre notre impertinence", a-t-il déclaré, dans un discours prononcé dans cette ancienne usine Seita, où il a rendu hommage à la culture populaire. 

Ainsi, sans pudeur, Valls s'est-il approprié les tirs de kalachnikov contre le journal provocateur des croyants musulmans, histoire de boucler sa journée marseillaise comme elle avait commencé.