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mercredi 16 juin 2010

L'essentiel de la réforme des retraites présentée par Eric Woerth

Ce qu'il faut savoir

Les contraintes et les objectifs

Dans nombre de pays d'Europe, Grèce, Espagne, France, les déficits publics se sont creusés sous la pression de la crise financière. En France, le déficit des régimes de retraites atteindra 100 milliards par an en 2050.
Parmi les leviers pour réduire ses déficits, l'un d'eux impose une main ferme : la réforme des retraites. Le Premier ministre, François Fillon, l'avait annoncé, 2010 devait être l'année de la réforme des retraites. Si l'exécutif restait « les bras ballants » ou s'il repoussait à plus tard, à la manière socialiste, sur l'objectif plus accessible du non cumul des mandats, la France n'aurait pas tenu auprès de l'U.E. ses engagements sur la réduction de ses déficits.

Après deux mois de concertation, le projet présenté comporte une trentaine de pages.

A elles-seules, les mesures d'âge permettront de réduire de 50% les déficits d'ici 2018, auxquelles s'ajoutent 4 milliards d'euros d'économies dans la fonction publique et 4,4 milliards de recettes nouvelles, via la taxation des hauts revenus et des revenus du capital.
En l'absence de toute réforme, le déficit du régime qui doit s'élever à 32,3 milliards d'euros en 2010, aurait filé à 42,3 milliards en 2018.

Le ministre du Travail Eric Woerth a déclaré devant la presse que le gouvernement a construit la réforme "avec deux exigences", "être responsable et être juste".


AUGMENTATION DE LA DUREE D'ACTIVITE

- Recul de l'âge légal de départ à 62 ans en 2018, en l'augmentant chaque année de quatre mois à compter du 1er juillet 2011. Dans six mois, il faudra donc travailler quatre mois de plus.

- Durée de cotisation relevée d'un trimestre en 2013 pour atteindre 41 ans et trois mois.

- Dans la fonction publique: relèvement à 62 ans pour les fonctionnaires dont l'âge de départ est actuellement à 60 ans; passage à 57 ou 52 ans pour certaines professions qui pouvaient bénéficier d'un départ anticipé à 55 ou 50 ans, notamment les professions classées "insalubres et dangereuses".

- Régimes spéciaux: recul progressif de l'âge légal à compter de 2017.

CARRIERES LONGUES ET PENIBILITE

- Maintien du dispositif "carrières longues": possibilité de départ entre 58 et 60 ans pour les salariés qui ont commencé de travailler avant l'âge de 18 ans. Le dispositif concernera 50.000 personnes en 2011 et 90.000 personnes en 2015, selon le gouvernement.

- Pénibilité: retraite à 60 ans pour les salariés qui, du fait d'une "situation d'usure professionnelle constatée" (par un médecin du travail: maladie professionnelle ou accident du travail) ont une incapacité physique supérieure ou égale à 20%. Le gouvernement estime le nombre de cas individuels concernés à 10.000.

- Aide à l'embauche pendant un an pour les recrutements de seniors demandeurs d'emploi de plus de 55 ans.

- Renforcement du tutorat entre les seniors et les jeunes.

HAUSSE DES PRELEVEMENTS

- Création d'un prélèvement de 1% sur la dernière tranche de l'impôt sur le revenu; augmentation d'un point des prélèvements sur les plus-values de cessions immobilières.

- Augmentation des prélèvements sur les stock-options: passage de la contribution de l'employeur de 10 à 14%; passage de la contribution du salarié de 2,5 à 8%.

- Augmentation des prélèvements sur les retraites-chapeaux.

- Suppression de deux niches fiscales: le crédit d'impôt sur les dividendes des particuliers et le plafonnement de la quote-part pour frais et charges sur les dividendes des entreprises.

- Taxation au premier euro des plus-values de cessions mobilières.

CONVERGENCE PUBLIC/PRIVE

- Alignement du taux de cotisation du public sur celui du privé (passage de 7,85 à 10,55%) étalé sur dix ans. N.B. Les salaires de la fonction publique seront-ils également alignés ?

- Le nombre de trimestres validés lorsqu'une personne est au chômage non indemnisé passera de quatre à six.

- L'indemnité journalière perçue pendant le congé maternité sera intégrée dans le salaire de référence pour le calcul de la pension de retraite.

- Modification des règles du minimum vieillesse pour que les agriculteurs ayant peu cotisé puissent avoir au moins 709 euros de revenu au titre de la retraite.

REGLES DE LA RETRAITE

- Mise en place d'un "point d'étape individuel retraites" à 45 ans.

L'OBJECTIF DE L'EQUILIBRE
- La réforme vise à remettre les régimes de retraite à l'équilibre en 2018.
- Les déficits accumulés durant cette période seront intégralement transférés à la CADES (Caisse d'amortissement de la dette sociale), qui aura la propriété des ressources du Fonds de réserve des retraites (FRR).

La suite des opérations

Le texte est "amendable" d'ici vendredi, le ministre du Travail devant de nouveau recevoir les partenaires sociaux. Nicolas Sarkozy rendra ses ultimes arbitrages vendredi.
Le projet sera présenté le 13 juillet en Conseil des ministres, avant d'arriver au Parlement en septembre.

jeudi 22 mai 2008

À Paris, les syndicats ont joué l’unité et la détermination

La presse militante maquille l’échec de cette journée

Le succès de ce mouvement –ou son échec– se fera sur les échos qu’en donnera la presse. Les syndicats n’avoueront pas leur déception. Jean-Claude Mailly pour FO a d’ailleurs déclaré à la mi-journée que « à priori, la grève est un succès ». Donc, pourquoi défiler ?
Déjà l’agence de presse R****** déclare que les dirigeants des huit principaux syndicats ont défilé côte à côte jeudi à Paris avec plusieurs milliers de manifestants pour marquer leur unité et leur détermination face à la réforme des retraites. Elle ne dit pas que la bande des cinq (plus les non représentatifs) n’étaient pas côte à côte pour les mêmes raisons !...
La plupart des syndicats a donc estimé que le rapport de forces devrait d'ores et déjà inciter le gouvernement à revoir son projet. La journée n’a rien ajouté et le discours reste inchangé: le pays aurait pu éviter de faire les frais de l’immobilisme d’une gauche incapable d’évolution.


De source syndicale, le défilé parisien a rassemblé 70.000 personnes, selon Force ouvrière et la CGT. La police cite le chiffre de 28.000 manifestants. On comprend dès lors que les organisations syndicales tiennent à décompter les manifestants de province. Alors là, on atteint encore le niveau de l’hallucination : 400.000 pour FO (qui comptait sur 500.000) et …700.000 pour la CGT : pas besoin de la police pour être en désaccord.
"Si le gouvernement reste droit dans ses bottes, ça veut dire qu'il faudra une suite, on ne pourra pas en rester là", a prévenu Jean-Claude Mailly, secrétaire général va-t-en-guerre de FO.
"Cette journée est une journée réussie. Après un rapport de force de ce type, le gouvernement va être obligé de nous recevoir et on va remettre nos projets sur la table", a renchéri François Chérèque, le leader de la CFDT.
Pour Annick Coupé, de "Solidaires" (syndicat non représentatif), il y a une présence importante du secteur privé dans les manifestations et le gouvernement "ne pourra pas jouer la division." A ce détail près, que leurs revendications ne sont pas les mêmes…
"Si ce soir, le gouvernement n'annonce pas qu'il arrête, il faudra des suites", a-t-elle menacé. "Nous pensons qu'un construisant un rapport de force, nous pouvons faire reculer le gouvernement."

Sans chercher à gommer leurs divergences sur l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans, les responsables des syndicats CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC se sont retrouvés autour d'un mot d'ordre unique et rassembleur, mais qui cache les divisions,, la défense de la "retraite solidaire". Sans précision des 41 annuités, sur lesquelles ils sont divisés.
Dans un climat de mécontentement social lancé par les lycéens puis relayé par les enseignants qui s’étaient d’abord tenus courageusement en retrait et maintenant les pêcheurs, la FSU et l'UNEF dans son ombre, ainsi que l'UNSA et Solidaires, syndicats non représentatifs dans leur sillage, figuraient également en bonne place du défilé, de la place de la Bastille jusqu'à Saint Augustin.
De la métallurgie parisienne aux personnels d'Air France, les manifestants ont défilé derrière les bannières de leurs syndicats respectifs, avec pour slogans : "Touche pas à ma retraite" ou "Quarante ans, c'est déjà trop." Certains réclamaient même le retour à 37,5 annuités, tout l’après midi à longueur de bulletins sur France Info. La radio publique a même trouvé deux …médecins, polyvalents des manifs,dont le sort a dû émouvoir les masses laborieuses.
Suivaient des agents des impôts, des salariés de l'industrie automobile, des postiers, tandis que des sans-papiers postés le long du parcours criaient: "Avec ou sans papiers, solidarité." La solidarité avec le Tiers –voire le Quart– monde, va arranger les affaires…
Le mécontentement débordait parfois celui de la question des retraites, les manifestants exprimant leurs inquiétudes sur l'emploi, le pouvoir d'achat, ou les délocalisations. "Un an Sarko, un an dans la merde", proclamait la pancarte d'un manifestant. Si remarquable, que l’agence de presse l’a notée! Pour ses prochaines dépêches, PaSiDupes peut lui proposer cette pensée : « A force de travailler, est-ce qu’il ne me restera assez de retraite ? » D’autres, qui travaillent 110 heures de moins que dans les autres pays européens, on craint de mourir au travail. A ceux-là il est déconseillé de franchir le Rhin en 2012 : l’Allemagne en sera à 67 annuités ; ils risquent de parcourir des étendues de cimetières…

La LCR (Ligue communiste révolutionnaire) a également déployé des banderoles au niveau du Cirque d'Hiver, dans le 11e arrondissement. Ca change de l'image lisse présentée par Besancenot à Drücker. "On sent que le mécontentement continue à monter", a dit son porte-parole Olivier Besancenot ! PaSiDupes ne voulait pas vous priver de cette analyse.

Les dirigeants syndicaux veulent gommer leurs dissensions d'il y a cinq ans, quand François Chérèque, dirigeant de la CFDT, était accusé d'avoir soutenu la réforme des retraites de François Fillon en 2003. Tout comme Gérard Aschiéri (FSU) qui sur le perron de Matignon avait brisé les enseignants dans leur élan en annonçant « des avancées » !… C’est la raison pour laquelle il lance maintenant ses troupes dans la bataille.
Et les différences d'analyse persistent. La CGT, FO, la FSU et Solidaires refusent catégoriquement l'allongement de la durée de cotisation à 41 ans exigé par la situation. Tandis que la CFDT en accepterait le principe si tout était fait pour améliorer la situation des seniors.
"La CFDT est la mieux placée dans la rue car nous sommes cohérents avec nous-mêmes", a dit François Chérèque. A la manière de Sa Cynique Majesté Royal, également socialiste ?…
Le responsable de la CFDT a souligné que le passage à 41 ans de cotisation était inscrit dans la loi de 2003 mais qu'il n'était pas automatique et pouvait "être différé en fonction de la situation des seniors."
"Les conditions ne sont pas réunies et donc il doit être différé", a-t-il insisté.
Le dirigeant de la CGT, Bernard Thibault, a estimé que le recours systématique à l'allongement de la durée de cotisation condamnait "la masse des salariés français à un niveau de revenu légèrement au-dessus du seuil de pauvreté et non pas une retraite à taux plein." Victor Hugo, au secours !

mardi 29 avril 2008

Nouveau jeudi sacrifié :appel à la grève des ‘adultes’

Les syndicats appellent à manifester le 22 mai contre la réforme des retraites
Il n’aura fallu que deux heures aux cinq syndicats pour prendre la responsabilité d’une nouvelle journée d’action, un jeudi une nouvelle fois, le 22. En mai, il restera le 29 qui sera également perdu.
Les Français auront donc la possibilité de confirmer les sondages
par lesquels ils ont déjà répondu aux syndicats,
et d'exprimer leur désaccord avec eux.

51 % des sondés sont favorables à l'allongement de la durée de cotisation retraite.

Matraquage dans le vide de la gauche : réforme bien acceptée des retraites, à la veille de passer aux 41 annuités
Les Français sont lucides sur la nécessité des réformes dont celle des retraites différée par la gauche, selon le baromètre BVA-« Les Echos »-France Inter réalisé au lendemain de l'interview télévisée de Nicolas Sarkozy . Leur rejet de la politique économique du gouvernement n’est pas ce qu’en disent les commentateurs qui plastronnent sur les plateaux de la radio et de la télévision. Passer directement des salles de rédactions engagées aux studios pour y asséner leurs vérités microcosmiques est en effet le meilleur moyen de se faire plaisir, mais le plus sûr de se déconnecter du monde tel qu’il est et non tel qu’ils voudraient qu’il fût. Leurs prédécesseurs dans la critique des pouvoirs passés dénonçaient la distance entre les chefs d’état ou de gouvernement coupés de la France en accédant au pouvoir, mais pareillement les potentats de la désinformation se sont manifestement déconnectés de la réalité des Français. Les sondages ont au moins ce mérite qu’ils les invitent à frotter plus souvent leurs certitudes idéologiques à la vraie vie.

Les Français ne sont pas totalement perméables à la propagande. Le ministre du Travail,Xavier Bertrand, engagé dans la réforme des retraites, ne sera pas mécontent de le vérifier. Même si la politique économique du gouvernement demeure largement perturbante (60 %), le baromètre BVA-« Les Echos »-France Inter, réalisé au lendemain de l'interview télévisée de Nicolas Sarkozy, enregistre pour la première fois, depuis septembre 2007, une légère baisse des mauvaises opinions (-3 points) par rapport au mois dernier. « Il est indéniable que l'intervention présidentielle en est directement à l'origine », juge le directeur délégué de BVA, Gaël Sliman, établissant une comparaison avec d'autres enquêtes réalisées par son institut juste avant l'émission.

Les coups de la gauche n’atteignent pas toujours leur cible.
Certes, il serait prématuré de conclure à un renversement de tendance : si les bonnes opinions sont aussi en baisse (-1 point) et finalement, les Français sont dans l’expectative et attendent de voir, car c'est le nombre de ceux qui refusent de se prononcer qui progresse (+4 points, à 7 %). « Le président limite la casse. Son intervention a été utile, mais elle ne lui permet pas le moindre rebond», prétend Gaël Sliman.
Quatre grandes réformes ont été testées. Les gens sondés n'ayant pas forcément regardé Nicolas Sarkozy à la télévision, il ne leur a pas été demandé si le chef de l'Etat avait été convaincant, mais s'ils sont d'accord ou pas avec les orientations qu'il a définies. Le sondage cherche à réduire, voire à escamoter l’impact de l’entretien présidentiel. Les lycéens qui manifestent seront sans doute confortés par l'opposition (59 %) au non-remplacement « d'un certain nombre de fonctionnaires partant en retraite, y compris les enseignants ». Timidement, les termes de ce sondage suggèrent enfin la supercherie des syndicats consistant à assimiler toutes les suppressions de postes dans l’Education Nationale à des postes d’enseignants et à faire croire que les professeurs seraient davantage visés par les départs à la retraite que dans le reste de la fonction publique. Les lycéens n’ont pas les raisons de manifester les craintes qui leurs sont transmises par leurs professeurs et de croire qu’ils seraient les victimes privilégiées d’un pouvoir que la FSU, et donc l’UNL et la FIDL, combattent.

La communication de l'exécutif sur le pouvoir d'achat, préoccupation majeure des Français, ne passe pas non plus. Le gouvernement ne veut pas d’un procès d’intention qui l’accuserait de déplacer la responsabilité pourtant réelle de la baisse du pouvoir d’achat sur des causes internationales. La gauche en profite et sa presse militante a les coudées franches la voie libre (la notion de franchise dérange PaSiDupes, ici) pour schématiser, désinformer, exploiter les difficultés d’une partie de la population tout en essayant de faire naître des craintes dans l’autre encore épargnée.
Il faut admettre qu’il est également délicat de faire de la pédagogie sur des situations aussi complexes et évolutives. Car la crise financière internationale est bien réelle, mais la hausse du prix du baril de pétrole est en partie compensée par l’effondrement du dollar, qui nuit en revanche à nos exportations, et spécialement à nos PME-PMI dont le gouvernement a promis d’en augmenter le nombre. Quant à la flambée des prix des matières premières agricoles, elle est assez générale, mais si elle frappait surtout le blé, désormais elle menace plutôt le riz.
La conjoncture économique internationale contrecarre donc sensiblement l’action gouvernementale en ce que les effets bénéfiques des heures supplémentaires sont en partie déçus par les efforts des ménages à maintenir leur pouvoir d’achat. 59 % des sondés, toutes catégories socio-professionnelles confondues, estiment naturellement que l'incitation aux heures supplémentaires n'a pas eu de conséquences positives sur le niveau de vie des Français.

Irresponsable et malveillante, la gauche les entretient dans leurs doutes sur la qualité de la politique du gouvernement. La propagande est clairement reconnue et malheureusement admise, puisque les analystes reconnaissent que le ressenti prévaut sur le réel… Ainsi, la loi LME, à peine adoptée hier en Conseil des ministres, est déjà déclarée mal perçue: seuls 36 % des sondés considèrent que les facilités offertes aux grandes surfaces vont leur permettre d'« acheter des produits moins chers », contre 54 % qui jugent « mauvaise » la loi qu’ils ont pourtant appelée de leur vœux, car selon la propagande les a convaincus qu’ «elle va détruire des emplois dans le petit commerce et appauvrir les petits producteurs ». La population qui n’a guère que l’expérience de l’encadrement de l’économie, en effet, n’a pas un bon vécu de la concurrence. Le rejet est majoritaire dans toutes les catégories, les hauts comme les bas revenus, les salariés du public comme les travailleurs indépendants. L'électorat de droite est partagé (49 % jugent la loi mauvaise, contre 45 %) et seuls les sympathisants de l'UMP sont majoritairement (53 %) confiants.

Sujet réputé très sensible, la réforme des retraites est pourtant celle qui est la mieux acceptée, 51 % des sondés estimant nécessaire de cotiser un an de plus (contre 42 %).
Les clivages politiques (74 % d'adhésion à droite, contre 59 % de rejet à gauche) et sociologiques sont certes encore très marqués. L'hostilité est ainsi persistante chez les ouvriers et employés (56 % contre un allongement de la durée de cotisation) ainsi que les salariés du secteur public (55 %). Mais les classes d'âge concernées par les efforts à venir n'y sont plus majoritairement hostiles (44 % de désaccord chez les 25-34 ans et 46 % chez les 35-64 ans). « C'est sans doute le résultat d'une pédagogie de longue haleine », note Gaël Sliman, qui rappelle que le problème des retraites est régulièrement posé mais repoussé depuis …1995…

samedi 29 mars 2008

Retraites : la gauche ne berce plus les Français d’illusions

Les syndicats mobilisent faiblement pour le statu quo sur les retraites
La gauche échoue contre le bon sens des Français dont seulement 56% seraient encore contre un allongement de la durée de cotisation. Près de 5 Français sur dix se prononcent pour l’adaptation de la durée de cotisation et réformer le système des retraites et ne sont pas hostiles à un recul de l'âge légal de départ à la retraite, indique un sondage Ifop à paraître demain dans Ouest France.
Partis et syndicats de gauche veulent absolument ignorer les données nouvelles de la société dans laquelle ils militent selon une idéologie et des comportements du siècle passé.
Comment la gauche fait-elle pour se fermer au monde d’aujourd’hui et aux informations accessibles à tous ? Arc-boutés sur leurs schémas traditionnels et leur idéologie sclérosée, ils cherchent à tenir la population dans l’ignorance. Malgré les blocages de cette gauche, les Français réalisent quant à eux que l'espérance de vie a progressé depuis 2003, année où la canicule a fait 15.000 victimes et que plus de 20 000 centenaires vivent aujourd'hui en France.

Un gouvernement responsable et prévoyant peut-il s’aligner sur la démagogie de son opposition ? En effet, selon l'étude de l'INED (Institut national d'études démographiques) publiée vendredi 28 mars, l'espérance de vie des femmes en 2007 s'élève à 84,5 ans, alors qu’entre 1994 et 2002, elle était de 83,7 ans. L'écart, en revanche, est moindre pour les hommes, puisque sur la période, leur espérance de vie est passée de 77,2 à 77,6 ans.
Les centenaires pourraient être 60 300 en 2050, selon l'INED, car l'espérance de vie ne cesse de progresser. En 2007, l'espérance de vie a fait un véritable bond. Cette amélioration serait en partie «due à la canicule, car depuis, la surveillance s'est renforcée», avance France Meslé, directrice de recherche à l'Ined.
Il faut que la gauche intègrent les chiffres nouveaux. Les centenaires qui n'étaient qu'une centaine en 1900 et quelque 3 760 en 1990, sont désormais, plus de 20 000 selon les chiffres divulgués cette semaine par l'Institut national d'études démographiques (Ined) dans son portrait annuel de la population française. Au cours des prochaines décennies, leur progression sera freinée, car des classes d'âge moins nombreuses gagnent les sommets de la pyramide. Mais les centenaires restent promis à un bel avenir. Mais qui financera ces retraites ? « Veux pas savoir ! », répond la gauche.
Que l'opposition le veuille ou non, les conditions de vie et de travail s’améliorent. Les progrès de la médecine et la qualité de l’encadrement ouvrent des perspectives de longévité inédites. L'Insee prévoit que 16,6 % de la population aura plus de 75 ans en 2050 (contre 8 % aujourd'hui). Heureusement, les années gagnées semblent se dérouler en meilleure santé (l'espérance de vie sans incapacité augmente elle aussi), même si la fin de vie varie largement selon les catégories socioprofessionnelles. Faut-il prendre en compte ces avancées ou manipuler l’opinion ? Les Français appelés à manifester aujourd’hui apportent une réponse à la gauche.
Les manifestations à l'appel de la CGT, de la FSU et de Sud-Solidaires ont été clairsemées samedi. Où étaient FO et la CFDT? Cette faible mobilisation pour la hausse des pensions et contre l'allongement de la durée de cotisation des retraites est qualifiée de "mise en jambes" par Bernard Thibault. La CGT, qui avait fait état d'une centaine de défilés et de rassemblements à travers toute la France, a comptabilisé entre 80.000 et 100.000 personnes au niveau national. A Paris, le plus gros défilé de la journée a rassemblé 4.600 personnes selon la police, 12.000 de source syndicale. Ce désaveu les conduit à multiplier par trois leurs estimations…

La CGT se comporte en conservatrice de musée.
A Paris, les protestataires -essentiellement des militants de la CGT- ont défilé dans l'après-midi derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire: "Oui à la revalorisation des pensions et des retraites. Non à l'allongement de la durée des cotisations. Stop à la casse de nos retraites". C’est vendeur, mais est-ce réaliste ?
Reconnaissant la faiblesse de la mobilisation, le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) située à gauche et partagée entre socialistes et communistes, Gérard Aschieri qui n'a rien su négocier pour les profs, déclare aujourd'hui –comme les lycéens de la FIDL jeudi !- qu'il s'agissait d'un "début de mouvement qui a le mérite de commencer à poser le débat", bien que le ministre du Travail Xavier Bertrand ait entamé des consultations avec les partenaires sociaux sur cette deuxième phase de la réforme des retraites, jeudi dernier. Le Parlement des représentants du peuple ne comorte donc plus d' interlocuteurs aussi valables et légitimes que les élus de quelques travailleurs encore syndiqués?
Quant au communiste Thibault, il estime toujours que "les entreprises sont exonérées d'efforts". Les charges sociales leur sont trop légères et l'emploi n'en souffre pas... Et de réclamer sur le dossier des retraites une "vraie négociation interprofessionnelle" -patronat, syndicats, gouvernement- au lieu de simples "consultations".
Les députés peuvent rentrer à la maison ?
Tout se passe dans la rue...
La rentrée sociale de septembre à septembre, et on recommence ?

mardi 25 mars 2008

Des syndicats français refusent le passage aux 41 annuités

L’allongement des cotisations de retraite poserait plus de problème que le déficit !
Les syndicats ne croient que ce qu'ils voient et,les déficits, ils ne veulent pas les voir: ce n'est pas leur problème.
A la suite de la CGT et de la FSU, mais aussi de FO-CGT, la CFDT s'oppose à l'allongement à 41 ans de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein prévue à partir de 2009 par la loi de 2003, annonce son secrétaire national chargé du dossier.Les lois sont faites pour ne pas être appliquées par une partie de la population...
Les deux premiers appellent à manifester samedi dans toute la France. Cette mesure doit pourtant contribuer à la réduction du déficit des comptes des retraites.
Le dialogue social engagé par le gouvernement se poursuit. Les partenaires sociaux seront reçus jeudi par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, pour des premières rencontres bilatérales sur la nouvelle réforme des retraites sur laquelle le gouvernement veut légiférer au premier semestre.
"L'allongement de la durée de cotisation qui est prévue dans la loi de 2003, dans l'état actuel des choses, compte tenu du taux d'emploi des seniors, serait injuste et inefficace", a affirmé Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, lors d'une conférence de presse.
"L'allongement de la durée de cotisation n'a de pertinence que si elle permet d'améliorer les comptes des régimes des retraites mais, au moins à moyen terme, on est persuadé que ce ne sera pas le cas", a-t-il ajouté. Un sentiment aussi catégorique et obtus que la persuasion vaut-il preuve ?
Les vieux schémas ont la vie dure dans les syndicats conservateurs. En effet, le rattrapage du retard social et l’adaptation du pays à la nouvelle donne font peur aux syndicats ringards qui se replient sur des certitudes d’un autre âge et versent dans la démagogie pour masquer leur incapacité à imaginer des solutions nouvelles adaptées.
Pour réduire les déficits, la CFDT ressort donc les vieilles recettes et fera pression pour que des mesures soient mises en oeuvre pour augmenter le taux d'emploi des seniors, qui s'établissait à 38,1% en France en 2006 contre 43,6% en moyenne dans l'Union européenne, a-t-il ajouté. Dommage qu’il ne dispose pas d’une référence moins obsolète: les chiffres de 2005 étaieraient son propos de manière encore plus convaincante… Faire travailler les vieux est la solution syndicale idéale : c’est innovant et juste, puisque les jeunes arrivent toujours plus tard sur le marché du travail. On ne peut donc plus compter sur la canicule?
En vérité, le taux d’emploi des seniors a diminué en 2006. Selon Eurostat, le taux d’emploi des 55-64 ans a atteint en 2006 37,6% (lien: 2006-2010), contre 37,9% en 2005 (lien). La France est donc loin de l’objectif de l’Union Européenne pour 2010 qui a été fixé à 50% des 55 - 64 ans maintenus en emploi.
La proposition de la CFDT ne serait-elle donc pas prononcée en accord avec le gouvernement qui a besoin d’un relais médiatico-syndical pour faire avancer l’idée dans l’opinion ? Attendez-vous à ce que leur entente objective se réalise : tout le monde y trouvera son compte, mais la pilule sera amère.
Le secrétaire national de la CFDT demande en outre
- le transfert des cotisations excédentaires de l'Unedic vers les comptes des régimes de retraites
- et un doublement de 2% à 4% de la taxe sur les revenus du patrimoine et de placement. Interdit de mettre de côté ! Vous êtes pauvres, vous le resterez: on a besoin des pauvres; il n'y en a jamais assez !
Travailler plus dur et plus longtemps n’est rien pour nos syndicalistes détachés et planqués. Il faudrait aussi travailler plus, pour gagner autant: le compte n'y est pas et ça ne fait pas partie des promesses présidentielles... Et, cerise sur le flan de la démagogie, ne rien transmettre à nos enfants.
Faut-il qu’à la CFDT, ils détestent les jeunes…
Allez, à samedi !

dimanche 18 novembre 2007

SNCF: pays paralysé pour le maintien de bonifications très spéciales

Pourquoi eux et pas les autres? Achetez-vous une loco!
Les bons comptes ne font pas les bons amis.
La gauche démocratique et républicaine, comme elle dit, qu'elle soit politique ou syndicale, trouve acceptables les maths, pas modernes du tout, voire mêmes archaïques, appliquées aux cheminots. Et pas aux autres, attention!
D'abord, ils cherchent à égarer les bonnes gens. La notion de pénibilité est à la fois un leurre et une supercherie. Une supercherie qui conduit à un calcul à la Zola. Les chemins de fer, c'est bien connu, exploitaient alors le travail d'enfants de douze ans. Dans cette hypothèse, l'enfant qui aurait embrassé la carrière à 12 ans aurait dû l'abandonner 40 ans plus tard (à 52 ans!): du Zola! Ce raisonnement qui perdure daterait de la 'bête humaine' (la machine à vapeur, tout simplement)… Impensable avec la scolarité obligatoire jusqu'à seize ans, théoriquement. 16 + 37,5 mèneraient encore les cheminots à 53,5 ans, et non 50… Du Eugène Sue! Alors quoi?
La pénibilité supposée est aussi un leurre.Comment font-ils donc à la SNCF pour partir à la retraire à 50 ans, avant quasiment tout le monde, tout en comptant 37,5 annuités? Il faut qu'ils bénéficient de petites bonifications dont les autres sont démocratiquement privés. Et silence dans les rangs. La gauche est d'accord avec ça!
Au fil des ans, les cheminots gagnent donc quelque 7 années sur l'ensemble d'une carrière. Rien que ça! Que font-ils que nous ne pouvons pas? Ils ont des 'avantages acquis' dont nous ne bénéficions pas. Des 'avantages' qu'ils ont 'acquis'. Ce qui laisse entendre qu'ils les ont mérités. Disons plutôt qu'ils les ont gagnés. Mais par la force, et ça change tout! Ils ont exercé des pressions, des chantages et autres intimidations. En un mot, en faisant grève, en bloquant donc leurs concitoyens et en paralysant le pays. Ils ont ainsi 'mérité' une juste récompense. Plus t'es gros et fort en gueule, plus t'as de droits! Que vaut ta Fiat Panda contre une loco, hein? Alors, plusieurs…
Bref, tous les quatre ans, ils ont droit à une année. Sans rien faire. C'est un 'avantage acquis'! Tu peux même commencer à 20 ans et traîner à la fac, manifester et bloquer, y a pas de souci, tes annuités, tu les auras. Regarde:
30 années effectives ou annuités + 7,5 ans de bonifications = 37,5 ans.
Entré à la SNCF à 20 ans, vous pouvez la quitter seulement 30 ans plus tard, avec 37,5 annuités… Avec une retraite pleine, chèrement acquise, en effet!
A l'arrivée, le compte est bon et les apparences sont sauves… Et vive la pétanque! Les enseignants ont de bonnes raisons en effet de soutenir la grève… En 2003, ils ont eu de bons sentiments et ont exprimé le respect de leurs élèves en assurant le bon déroulement du baccalauréat. Ils ont été bien récompensés: ils font 37,5 années effectives, prennent leur retraite à 60 ans et ont l'avantage récemment 'acquis' de se faire insulter, cracher dessus et poignarder. La pénibilité du plus beau métier du monde n'est pas prise en compte. Après tout, s'ils se font maltraiter pendant leurs longues vacances, y n'ont qu'à les raccourcir, répliqueront les mamans qui râlent dès que les enseignants ne gardent plus leurs mômes! Et si les papas sont cheminots?
Au regard des régimes spéciaux dans les transports, les enseignants sont de doux rêveurs et ne savent pas compter. Pas même les profs de maths. Rassurant pour nos gosses! Mais d'ailleurs dans le genre s'enrichir en dormant, les CAC 40 et les ISF n'avaient pas non plus pensé à ça.…
Pour ceux, incrédules, qui n'auraient pas suivi, voici un décompte sous forme de tableau:

Age

Ancienneté SNCF

20-24

5

24-28

10

28-32

15

32-36

20

36-40

25

40-44

30

44-48

35

48-50

37,5


Les gauches soutiennent ça: c'est donc démocratique et égalitaire!
Et moi! Et moi?
Ben, oui… Toi, t'as plus qu'à marcher ou te remettre au vélo!