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mercredi 10 avril 2019

Le PCF face à des accusations de viols et agressions sexuelles

Neuf membres du PCF et des Jeunes communistes exclus ou suspendus après des accusations de viols et d'agressions sexuelles

Quatre membres du PCF et du MJCF ont été exclus, tandis que cinq autres ont été suspendus

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Des sanctions et une cellule d'écoute. 
Depuis la publication par la presse de plusieurs témoignages de militantes disant avoir été violées ou agressées, le Parti communiste français et le Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF) s'est séparé de neuf de ses militants hyperactifs
Résultat de recherche d'images pour "PCF viol"
Et par communiqué du mercredi 10 avrilles deux organisations ont annoncé avoir par ailleurs signé une convention avec le Collectif féministe contre le viol (CFCV). L'association CFCV doit apporter "notamment un soutien moral, matériel et juridique" aux victimes. 

Les deux organisations ont aussi ouvert une "cellule d'écoute indépendante, externe au PCF, afin de recueillir la parole des victimes, en toute indépendance". 
L'Obs avait notamment révélé qu'à la tribune du dernier congrès du MJCF, le 27 janvier, deux coordinateurs nationaux avaient été nommément accusés par un groupe de militants de "protéger des agresseurs depuis plusieurs années en mettant systématiquement le blâme sur les victimes pour qu'elles quittent l'organisation".

mardi 17 juillet 2018

Célébration du retour des Bleus: des femmes, agressées sexuellement à Paris

Dans la foule massée, les pervers étaient à la fête...

Les femmes n'étaient pas venues chercher ce que nombre d'entre elles ont trouvé dans les rues de Paris en liesse

La fête populaire aurait viré au cauchemar pour certaines qui se plaignent aujourd'hui de l'évolution des moeurs publiques. En cause, des harcèlements, voire des agressions, sexuels commis par des hommes ivres, ou non, mais toujours pour le moins irrespectueux. Devront-elles rester à la maison ou se voiler ?
Sur Twitter, les déclarations qui s'accumulent sont-elles à prendre pour des témoignages ou pour des fantasmes ?

(Capture d'écran Twitter)

Anonymer un tweet, c'est trop drôle...
Hier soir, tout le monde était on fire quand l'Équipe de France a battu 4-2 la Croatie, lors d'un match historique. Pour célébrer la victoire et après avoir sauté sur les tables des bars, de nombreux Français se sont logiquement dirigés vers les Champs-Élysées, pour se fondre dans la masse de supporteurs.

Derrière l'ambiance festive, les cris et les larmes de joie, des incidents plus sombres - ce sont des crimes, s'ils sont avérés - sont venus gâcher la fête de plusieurs femmes. Sur Twitter, une certaine Kateya a regroupé plusieurs tweets, dénonçant des comportements sexuels inappropriés, dont de nombreux témoignages d'agressions sexuelles
On a envie de croire que cette inconnue est une malade.
Mais on peut aussi être saisi d'un doute:


Réaction instantanée:


Le stoïcisme, une alternative qui avait échappé à KateyaV, comme à la plupart.

Frottées, touchées, collées, embrassées et caressées sans consentement (sic), plusieurs femmes racontent aujourd'hui leur mauvaise expérience dans les rues de Paris et dans les transports en commun. Elles sont d'ailleurs nombreuses à souligner que personne ne leur est venu en aide.
La soirée d'hier était un terrain favorable : la vigilance des forces de police était orientée sur le bref passage des champions sur les Champs-Elysées, mais la préfecture de police avait négligé de protéger les spectatrices exaltées par la chaleur ambiante et l'attente. En même temps, il est vrai qu'en France, les distinctions de races et de sexes sont en voie d'extinction, alors...

Des dizaines de femmes éplorées - ou d'activistes opportunistes - racontent leurs mésaventures avec des hommes saouls et violents. Faudra-t-il que la police des moeurs reçoive une manne de crédits et d'effectifs pour que cessent ces agressions sexuelles ? Si certains festivals prennent des mesures, pourquoi le ministère de l'Intérieur reste-t-il lent à la détente ?

Pour mémoire, en 2017, un rapport du ministère de l'Intérieur a enregistré 16 400 plaintes pour viol, ce qui constituait une hausse de 12 % comparée à 2016. Depuis l'éclatement de l'affaire Weinstein (le producteur hollywoodien qui aurait violé et agressé des centaines de femmes) et l'arrivée des mouvements #MeToo, Time's Up ou #BalanceTonPorc, les paroles des victimes de violences sexuelles n'ont jamais été autant médiatisées. 
Stigmatisation ou incitation ?

Le magazine des Pinault édulcore...



Durant le Mondial, plusieurs femmes ont rapporté avoir été victimes d'agressions sexuelles. 

Le Point ne nie pas des cas mais les arrange à sa sauce. 

Son titre est racoleur "des femmes dénoncent des agressions sexuelles dans les rues", puis il se retire...

"Alors que des centaines de milliers de supporteurs tricolores prenaient d'assaut les rues pour célébrer la victoire des Bleus à la Coupe du monde, dimanche soir, plusieurs femmes ont raconté [elles ne témoignent pas !] avoir été agressées sexuellement. Depuis, les témoignages d'agressions et de harcèlement sexuels se multiplient sur Twitter. "Je vous laisse observer la soirée horrible que la délicatesse masculine [généralisation militante] a fait passer à beaucoup trop de femmes hier soir", écrit une internaute, @KateyaV, qui accumule les plaintes circulant sur les réseaux sociaux.

La vertueuse twitto est à l'évidence une militante provocatrice.

Elle pratique l'amalgame, mais le dénonce chez ses contradicteurs : interdiction de dire que "les femmes" sont des s*lopes, mais feu vert au traitement ironique de la "délicatesse masculine"...

Objectif : relance du "Black-Blanc-Beur"



Piège dans lequel ne doivent pas tomber les endogènes



Le Point banalise en se mêlant au concert des plaignantes.
"Ce ne sont pas les seuls débordements qui ont eu lieu dimanche 15 juillet, en marge [bien évidemment !] des rassemblements festifs." A la bonheur, dirait Brigitte Macron ! 
On n'est plus sur le même registre, mais si ça peut faire dévier le sujet, Le Point n'hésite pas : "Près de 102 personnes ont été interpellées et 90 d'entre elles ont été placées en garde à vue à Paris, selon le préfet de police," pour d'autres violences qui, elles, ne sont pas des crimes : le saccage de devantures, par exemple. "Des incidents [sic] ont été signalés dans la soirée sur les Champs-Elysées, notamment le pillage du Drugstore Publicis"... 
"A Lyon, 30 personnes ont également été interpellées après des violences, vols et échauffourées" [des incidents?]. 

On en vient à ce qui émeut Le Point : "Durant le Mondial, plusieurs journalistes avaient rapporté être victimes d'agressions sexuelles. C'était notamment le cas de Mariana Zacarias, qui avait dû repousser les avances d'un homme qui tentait de l'embrasser de force en plein duplex. Cet incident avait été fortement médiatisé et relayé sur les réseaux sociaux. C'est en effet ce qui importe !

Le Point n'a d'ailleurs pas la courtoisie de mentionner les violences de Caen.
Des groupes de jeunes violents, perchés sur les abribus (dont les vitres ont été rapidement brisées), ont déclenché une rixe visant des "supporteurs" un peu trop tricolores et fiers d'être Français, un sentiment qui n'est pas aussi bien partagé qu'il est dit...

lundi 6 mars 2017

Affaire Denis Baupin : le classement sans suite de l'enquête provoque l'indignation d'une première harcelée

Une victime dénonce le classement sans suite de l'enquête pour agressions sexuelles et harcèlement

L'enquête visait Monsieur Cosse, époux de membre des gouvernements Valls et Cazeneuve

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Les agressions sexuelles et harcèlement du député Denis Baupin ont été classés sans suite, au motif que les faits sont prescrits.
Il n'y aura pas de procès Baupin. Le parquet de Paris en a décidé ainsi, ce lundi 6 mars, car Baupin est député EELV (Europe Écologie Les Verts) de la 10e circonscription de Paris (13e et 14e arrondissements): pourquoi avoir ouvert une enquête sachant que la rescription des faits  y mettrait un terme ?Ce khmer vert qui a fait de la capitale un cauchemar pour les automobilistes fut un temps le compagnon de Mireille Ferri, ancienne vice-présidente du Conseil régional d'Ile-de-France (ci-contre à gauche), puis de Pauline Véron, ci-dessus à droite), adjointe à la maire de Paris, dont il a un fils, et aussi deux enfants d'Emmanuelle Cosse (photo 1). Un prédateur sexuel ?

Résultat de recherche d'images pour "denis baupin  rouge a levres"
Ouverte le 10 mai 2016 après les accusations d'agressions sexuelles et de harcèlement sexuel visant le député écologiste Denis Baupin, l’enquête a été classée sans suite "pour prescription". Le procureur de la République souligne pourtant que certains faits étaient "susceptibles d'être qualifiés pénalement". Denis Baupin par l'intermédiaire de son avocat dit regretter la prescription de certains faits, ce qui constitue "une entrave au rétablissement de la vérité"

Elen Debost, adjointe à la mairie du Mans, le 9 mai 2016L'enquête avait été ouverte après les révélations dans deux media de huit femmes, quatre anonymes et quatre élues écologistes, qui dénonçaient les obsessions de Denis Baupin.

Parmi elles, Elen Debost (ci-contre à gauche), adjointe au sénateur-maire PS du Mans (soutien du candidat de En Marche! Emmanuel Macron) et militante écologiste, qui avait été l'une des premières à dénoncer publiquement les agissements du député, en révélant avoir reçu une centaine de SMS à caractère sexuel de la part de Denis Baupin.
Isabelle Attard
"
On était préparé à cette décision. Les mots choisis par le parquet sont assez intéressants. Le procureur explique que les faits sont prescrits mais qu’ils étaient susceptibles d’être qualifiés pénalement. Si on s’était réveillé maintenant et non il y a un an; si on portait plainte aujourd’hui, ces délais ne tiendraient pas", explique-t-elle au site 20minutes.fr. 
La question est plutôt de savoir pourquoi les quatre dames ne se sont pas "réveillées" plus tôt...

Résultat de recherche d'images pour "isabelle attard baupin""On a pu faire parler d’autres femmes, c’est ça qui est important," se satisfait l'une des plaignantes
"L’autre point important, note Elen Debost, c’est que dans ce communiqué, le doute n’est pas porté sur la parole des victimes. Evidemment, je ne peux que regretter que ça n’aille pas plus loin, mais en un an j’ai le sentiment qu’il s’est passé des choses. On a pu faire parler d’autres femmes, c’est ça qui est important."
Résultat de recherche d'images pour "isabelle attard baupin"
Désabusée sur Twitter, Sandrine Rousseau, économiste, enseignante-chercheuse à l'université Lille-I et porte-parole puis secrétaire nationale adjointe du parti Europe Écologie Les Verts et signataire du Manifeste d'économistes atterrés (ci-contre, à gauche),
qui avait déposé plainte aux côtés d'Isabelle Attard (députée EELV du Calvados, co-présidente jusqu'en janvier 2015 du parti Nouvelle Donne lancé en novembre 2013 par Pierre Larrouturou), d'Elen Debost et Véronique Haché-Aguilar (directrice d'Autolib, à Paris, ci-contre à droite), a réagi.
"Denis Baupin s'en sort aujourd'hui par prescription et uniquement par prescription".

lundi 16 mai 2016

Harcèlement sexuel: les journalistes du SNJ révèlent des pressions de Baupin

Mediapart publie un courrier du député écologiste exigeant le retrait de l'enquête

Dénoncé pour des faits de harcèlement et d'agressions sexuels,
 l'écologiste 
Denis Baupin demande le retrait "immédiat" de l'article à l'origine du scandale.


Dénonçant "un climat d'intimidation" dans lequel l' "enquête douloureuse" a été menée et qui aurait commencé bien avant la parution de l'article, puis par courrier reçu ce jeudi par Mediapartle site trotskiste d'information réplique en publiant la lettre de l'élu écologiste dans son intégralité.

Dans courrier adressé par l'intermédiaire de son avocat, Denis Baupin somme Mediapart de censurer l'enquête fleuve à l'origine de l'affaire qui agite le monde politique depuis lundi et alimente la presse en période creuse de la Pentecôte. 
"Cet article comporte des imputations diffamatoires", écrit dans son courrier daté du 9 mai, Me Emmanuel Pierrat, avocat chevènementiste spécialisé dans le droit de l'édition et les media et de la ...liberté de la presse. Il y exige la "suppression immédiate" de ce "reportage litigieux". "Par surcroît, je vous demande de me faire part des mesures que vous entendez prendre pour réparer le préjudice de Monsieur Denis Baupin", ajoute le conseil du député écologiste, se payant le luxe d'une arrogance indécente. 
Cet avocat franc-maçon est connu pour son engagement en faveur du mariage homosexuel, comme défenseur de Jean-Luc Romero et pour des chroniques dans Têtu, un ex-magazine gay.
LIRE aussi, dans PaSiDupes: 
"La justice autorise le livre que Cécilia voulait interdire"

Une première "injonction de ne rien publier", dès le début avril


Le patron de Mediapart, Edwy Plenel, n'a pas tardé à répondre que cette "sommation totalement attentatoire au droit de la presse" était rejetée:

"Ce courrier sans précédent (…) contredit le souhait du député et de son entourage que la justice fasse son office puisque M. Baupin exige la suppression de l’enquête qui l’a mise en mouvement", écrit-il.
Edwy Plenel fait valoir que le député, invité par la rédaction à apporter ses contradictions aux témoignages le mettant en cause avant la parution de l'article, s’y est "farouchement dérobé". Denis Baupin avait demandé à Mediapart de s'autocensurer avant même la parution de l'enquête:
"Non seulement l’ex-vice-président de l’Assemblée nationale a ignoré toutes nos demandes d’entretiens et refusé de répondre à toutes nos questions, mais, de plus, il nous a fait parvenir, (…) dès le 8 avril, une injonction de ne rien publier", poursuit Edwy Plenel, qui publie ce courrier également dans son intégralité.
"Un contexte de pression explicite de Denis Baupin"


Edwy Plenel dénonce en outre les pressions exercées par l'homme politique sur sa rédaction avant la parution de son article:
"C’est donc peu dire que cette enquête douloureuse, tant il fallut de courage aux femmes concernées pour sortir enfin de leur silence, fut menée sous tension, dans un contexte de pression explicite de Denis Baupin, via son avocat", s'insurge Edwy Plenel. Une preuve éclatante, selon lui, du "fardeau oppressant que les victimes ont eu à soulever pour briser l’omerta".
Et de conclure: "Il est inédit qu’un responsable politique exige d’un journal qu’il se censure".

Le SNJ dénonce une tentative d'étouffer l'affaire Baupin
"Mediapart : un député fait fi de la liberté de la presse !
Que s'est-il passé dans l'esprit d'un élu de la nation pour qu'il s'attaque directement à un principe démocratique fondateur de notre République : la liberté de la presse ? Par deux fois, Denis Baupin, via son avocat, a tenté de faire l'omerta sur une enquête menée à son encontre pour des faits de harcèlements et d'agressions sexuelles.
Tentative de censure, à priori [... et] intimidation et l'excellente réponse (2) de notre confrère aurait dû être suffisante." Ainsi débute la dénonciation de l'ancien adjoint à la mairie PS de Paris par le syndicat. 
Marqué à l'extrême gauche, le Syndicat national des journalistes a dénoncé dimanche une tentative du député écologiste Denis Baupin d'étouffer l'enquête du site de presse trotskiste.

Le SNJ publie sur son site deux lettres de l'avocat de Denis Baupin au directeur de Mediapart, Edwy Plenel.
"Il apparaît qu'une journaliste de la rédaction de Mediapart recherche activement des témoignages (...) aux fins de tenter de remettre gravement en cause (la) probité" de Denis Baupin, écrit Me Emmanuel Pierrat dans la première, datée du 8 avril.
Le SNJ confirme que l'eurodéputé Baupin (ci-contre) met en demeure Edwy Plenel de s'abstenir de publier "tout élément susceptible de porter atteinte à l'honneur et à la considération" de son client.

Dans sa réponse, également publiée par le SNJ, Edwy Plenel oppose une fin de non recevoir à cette "sidérante sommation""relevant de pratiques d'ancien régime".
Un mois plus tard, après la publication des témoignages de huit femmes, parmi lesquelles des dirigeantes de l'ancien parti de Denis Baupin, Europe Ecologie-Les Verts, mettant en cause le député, Me Emmanuel Pierrat a de nouveau écrit à Mediapart.

Dans la deuxième lettre, datée du 9 mai, il demande, on le sait, la "suppression immédiate" de l'article de la journaliste (trentenaire passée par l''AFP et l'Humanité) Lénaïg Bredoux intitulé "Des femmes dénoncent les harcèlements et agressions sexuelles du député Denis Baupin" et publié le même jour sur le site de Mediapart. En totale concertation avec Edwy Plenel, le SNJ qualifie de "litigieux" ce reportage comportant selon lui des "imputations diffamatoires" et menace Mediapart de poursuites. La journaliste de Mediapart a déjà eu son heure de gloire en 2012 avec une enquête sur les compromissions d'officiels et d'intellectuels français avec le régime de Ben Ali avant le "printemps arabe".

Ces menaces sont restées sans effet et les témoignages à visage découvert de plusieurs des femmes citées par Mediapart ont au contraire renforcé l'impact du reportage, qui a conduit Denis Baupin à démissionner de son poste de vice-président de l'Assemblée nationale.

Dans un communiqué, le SNJ exprime sa "stupéfaction de voir un élu de la nation se comporter de façon aussi peu civique" et apporte son soutien à Mediapart.

Le Parquet de Paris a pour sa part ouvert le 10 mai une enquête préliminaire pour "recueillir les témoignages des victimes présumées (...), vérifier les dates et lieux de la commission des faits allégués" et "entendre tout témoin utile".

Ancien assistant de Dominique Voynet, Denis Baupin est le père d'un fils, né de son union avec l'héritière de Jacques Bravo, ex-maire du IXe de Paris, après treize années passées au poste d’adjointe à ses côtés, Pauline Véron, adjointe à la maire de Paris dont la maire travaillait à l'Assemblée nationale. Il a aussi deux enfants d'Emmanuelle Cosse, avec laquelle il s'est marié le 20 juin 2015

samedi 23 janvier 2016

Féminisme, posture politique, au mépris des femmes ?

Après Cologne, des féministes "dans le déni", explique Elisabeth Badinter

Les agressions de Cologne sont bouleversantes, estime 
Elisabeth Badinter.
Vols, violences et agressions sexuelles commises à Cologne (Allemagne), dans la nuit du réveillon du Nouvel An 2015-2016
Ecoeurée par les injonctions au silence de certain(e)s, qui sont
dans le déni de la réalité par peur des instrumentalisations racistes, elle nous appelle, dans le numéro de "Marianne" de cette semaine, à ne pas laisser tomber les femmes, comme dans les extraits qui suivent.

Elisabeth Badinter ne peut que déplorer la réaction des têtes d'affiches du féminisme en France après les agressions de Cologne. Des centaines de femmes agressées durant la nuit de la Saint-Sylvestre par des hommes étrangers, et un réflexe de la part de ces féministes comme Caroline de Haas [collaboratrice de Benoît Hamon (ancien ministre de l'Education !), porte-parole du PS, puis, membre du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des Droits des femmes en 2012], elle est nommée au sein ] ou Clémentine Autain (PCF et qui assure avoir été violée à l'âge de 23 ans sous la menace d'une arme blanche): craindre en premier lieu les "instrumentalisations racistes". Dans un long entretien à paraître dans Marianne, la philosophe revient sur ce féminisme qui en oublierait la défense de la femme.

"Toutes celles qui ont mis la priorité sur la dénonciation du racisme avant la protection des femmes ont fait exactement la même erreur que la maire de Cologne [Henriette Reker a tout d'abord mis en garde contre les amalgames, avant de conseiller aux femmes de... s'éloigner des hommes]. Et j'en suis d'autant plus surprise que le féminisme, depuis une dizaine d'années, a pour principal objet, pour leitmotiv même, la lutte contre les violences faites aux femmes, ici, en France. Ce que cette affaire de Cologne a démontré, c'est que quand ce sont des étrangers qui sont en cause, alors les priorités changent. Franchement, quand on prétend diriger un mouvement féministe, ou incarner le nouveau féminisme, être à ce point silencieux, comme première réaction, sur les violences dont ont été victimes ces femmes... c'est stupéfiant !"

"S'il faut bien sûr se garder des amalgames, il ne faut surtout pas, pour autant, tomber dans le déni," souligne Elisabeth Badinter. 

Ce que les néo-féministes font, à ses yeux : "Elles sont dans l'injonction de faire silence, sous peine, disent-elles, d'alimenter le racisme."
Alors que certaines associations de banlieue reprochent à ces féministes de les avoir laisser tomber dans leur combat, la philosophe répond :
"Effectivement, le féminisme qui se reconnaît dans l'extrême gauche a adopté les priorités de l'extrême gauche. C'est à peu près ce qui se passait il y a 40 ans, du temps des staliniens. "Ne dites pas ceci ou cela, car vous feriez le jeu du fascisme", nous répétait-on à l'envi. 

Aujourd'hui ça n'a pas changé: ces femmes sont d'abord politiques, avant d'être féministes. Et à chaque fois, elles vous renvoient à la figure que, si les jeunes portent le niqab, c'est parce qu'elles le veulent bien. Et que, si vous prétendez critiquer ceci, c'est une attaque de leur pratique religieuse... Donc c'est fini, on n'en parle plus. C'est devenu un sujet tabou."
Pour mémoire et pour couper court aux agressions verbales et sur les réseaux, Elisabeth Badinter est certes une femme d'affaires, mais socialiste (autre tabou, à gauche) et philosophe, féministe. Elle est fille du publicitaire Marcel Bleustein-Blanchet (fondateur de Publicis) et de Sophie Vaillant, elle-même petite-fille d'Édouard Vaillant, député socialiste et communard et l'épouse de Robert Badinter, garde des Sceaux (1981-1986) du président Mitterrand, président du Conseil constitutionnel (1986-1995) et partisan de l'abolition de la peine de mort. Il a défendu le projet de loi adopté par l'Assemblée nationale en septembre 1981 par la majorité de gauche, mais aussi une partie de la droite, notamment Jacques Chirac et Philippe Séguin).

dimanche 17 janvier 2016

Merkel veut pour les Algériens et Marocains des centres de rapatriement spécifiques

Que reproche l'Allemagne aux Algériens et Marocains ?

L'Allemagne envisage des mesures pour accélérer le rapatriement des demandeurs d'asile déboutés venant d'Algérie et du Maroc

Des manifestantes interpellent le pouvoir:
"Qui sont-ils? Que disent-ils?
Ca nous plonge dans l'angoisse"

Elle a notamment prévu de les placer dans des centres spécifiques de rapatriement.  Plus de 5.000 migrants sont concernés. Ici, des migrants font la queue devant le Bureau de la santé et des affaires sociales à Berlin le 1er décembre. En août 2015, l'Allemagne était la première destination européenne des demandeurs d’asile et peinait à gérer l’afflux de 218.221 réfugiés depuis janvier - une hausse de 125 % par rapport à la même période en 2014. Ils viennent majoritairement de Syrie et des Balkans, mais aussi d’Afghanistan, d’Irak, du Pakistan et d’Erythrée. Les nouveaux réfugiés s’ajoutent aux précédents dont la situation n’a pas été résolue. Partout dans le pays, les centres d’hébergement sont saturés. Aucun ne parle allemand et certains souffrent de problèmes cardiaques et de stress post-traumatique. Tous sont livrés à eux-mêmes et passent leurs journées à faire la queue devant divers services administratifs.

Les employés eux-mêmes ont adressé un plaidoyer aux autorités, via le quotidien Tagesspiegel, pour souligner un manque de moyens. Les ONG aussi se mobilisent : la Croix-Rouge a établi un centre d’accueil dans un bâtiment désaffecté à Karlshorst, dans l’est de Berlin. Les Johanniter (association protestante de secours) et la mission évangélique (Berliner Stadtmission) ont envoyé des bénévoles pour offrir les premiers soins et faciliter la communication entre autorités et "réfugiés" ou plus exactement "migrants". Ils sont également présents pour apaiser les tensions avec les forces de l’ordre, car devant ces illégaux à bout de nerfs s’alignent des fourgons de policiers armés jusqu’aux dents.
Dans la foule, des "merci l’Allemagne !" sont moins reconnaissants qu'ironiques, quoi qu'en dise la presse française.


Marche arrière dans la politique migratoire allemande

Les "événements" du Nouvel An à Cologne - en fait des agressions sexuelles de masse, pour tout dire - , qui ont donné lieu à 670 plaintes dont 330 pour violences sexuelles, ou "tripotages de fesses", selon un dessin de l'odieux Riss, patron vautré sur le lit de provocations déstabilisantes des communautés (donc des Etats) et de pièces d'or de son hebdomadaire anarcho-révolutionnaire Charlie hebdo, sont amenés à durcir le discours sur la question des migrants en Allemagne. 
Une situation devenue ingérable impose à l'Allemagne de refouler les indésirables et d'accélérer le rapatriement des demandeurs d'asile déboutés venant d'Algérie et du Maroc, en les plaçant dans des centres spécifiques de rapatriement. "Tout va dans le sens d'un placement des migrants originaires d'Afrique du Nord et sans perspective d'installation dans les centres de Bamberg et Manching", a expliqué au journal Die Welt am Sonntag le président du groupe parlementaire CSU en Bavière. 

Les autorités devraient mettre un terme à la dispersion des Algériens et des Marocains dans des centres d'accueil à travers le pays. 
Les migrants d'Afrique du nord seraient être rassemblés dans les centres de Bamberg et Manching (Bavière), jusqu'à ce que leurs demandes d'asile soient examinées, comme c'est déjà le cas pour les demandeurs en provenance des Balkans qui ont peu de chances d'obtenir l'asile. Les ressortissants d'Albanie, de Bosnie, du Kosovo, de Macédoine, du Monténégro et de Serbie n'ont qu'une perspective très faible de pouvoir s'installer en Allemagne. 
Berlin souhaiterait ajouter le Maroc et l'Algérie à cette liste. 
Le nombre de demandeurs d'asile algériens en Allemagne était de 2.296 personnes en décembre, contre 847 en juin, tandis que les demandeurs marocains étaient 2.896 contre 368 sur les mêmes périodes, selon le ministère de l'Intérieur. 

Cette décision a été annoncée dans un contexte politique tendu et après des perquisitions samedi à environ 50 km de Cologne, dans un quartier connu pour abriter une importante population immigrée, notamment du Maghreb. Une quarantaine de personnes originaires d'Afrique du nord y ont été arrêtées pour séjour illégal en Allemagne et une dizaine d'autres pour possession de drogue, vol ou possession d'arme, a affirmé la police.
Plus d'une centaine de femmes ont été victimes d'attouchements sexuels le 31 décembre à Cologne,
durant la Nuit de la Saint-Sylvestre, aux abords de la gare centrale. Les premiers témoignages recueillis portaient à croire qu'il s'agissait d'individus "d'apparence arabe ou nord-africaine", qui ont encerclé en foule les victimes et commis des vols, voire des agressions sexuelles. "Sur les 31 agresseurs connus par leur nom, 9 sont Algériens, 8 sont Marocains, 4 sont Syriens. Au total, 29 d'entre eux possèdent un titre de séjour", avait précisé Tobias Plate, porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur.

samedi 16 janvier 2016

Charlie Hebdo: Riss souille la mémoire du petit Aylan

Un dessin de Riss sur Aylan suscite l'indignation

Charlie hebdo prétend dénoncer le racisme mais provoque la nausée parmi les internautes
La finesse et le respect sont hors de portée des dessinateurs qui rient de tout, sans considération aucune de leurs congénères, si éprouvés et affaiblis soient-ils. "C'est injuste de nous faire mal à nouveau", a déclaré, depuis Vancouver ( Canada), Mme Kurdi, une tante du petit garçon, en imaginant la peine ressentie par son frère Abdallah, le père du petit noyé syrien.

Le directeur de la publication de Charlie Hebdo a en effet repiqué au truc, appliquant toujours le même mode de pensée ou recette (cf. dessin à droite) publiant un nouveau dessin faisant référence au drame de la mort du petit Aylan et à celui des agressions sexuelles en Allemagne, assuré de ne pas passer inaperçu, alors que les mobilisations anti-terroristes ne font plus recette et les commémorations à répétition saturent l'opinion pourtant prompte à la compassion.

Ne craignant pas l'amalgame entre fatalité
du drame du petit Aylan et la révulsion suscitée par les agressions sexuelles en Allemagne, le nouveau dessin du directeur de la publication de Charlie Hebdo pue l'exploitation du malheur. Un an après la terrible attaque terroriste contre sa rédaction, Charlie Hebdo reste le journal libertaire et ne reculant devant la provocateur propice, pense-t-il, à préparer la révolution.

"A Charlie, plus que jamais, nous voulons dessiner," insistent les butors égocentriques.
 
Charlie hebdo, assoiffés de sang ?
Et peu importe la souffrance qu'occasionne leur feuille. En référence aux "agressions sexuelles de masse" à Cologne, l'ambigu dessinateur extrapole sur la peur et le racisme supposés: l'esprit pervers imagine ce "que serait devenu le petit Aylan s'il avait grandi" et suggère que tous les migrants syriens sont des violeurs en puissance. Le dessin représente deux hommes, langue pendue, poursuivant des femmes.

Un humour qualifié d'extrême droite mais par des libertaires d'extrême gauche !
Face au déferlement d'indignation, quelques fanatiques irréductibles (et déséquilibrés de la même mouvance idéologique) défendent le dessin de Riss, tout comme sa démarche, appelant à la rescousse l'esprit de Charb ou de Cabu. Charlie hebdo fait pire que ses cibles et sur Twitter, nombreux sont les internautes qui démasquent les intentions cachées de ce dessin malsain à plus d'un égard: il souille la mémoire de la petite victime et fait porter leurs équivalents de la droite extrême la perversité qui l'habite. 
Pour autant, certains internautes estiment que le directeur de la publication de Charlie Hebdo a franchi une limite en évoquant à nouveau sur un mode satirique le cas emblématique du petit Aylan Kurdi, l'un des enfants syriens noyés découvert  sur une plage turque .



La reine de Jordanie a-t-elle l'une de ces "réactions épidermiques" dont L'Express accuse les indignés ?

Le dessin de Riss sur le petit Aylan suscite beaucoup de dégoût en France et partout dans le monde arabe. Des dessinateurs ont pris leurs crayons pour "défendre la mémoire" de l’enfant de migrants syriens mort en septembre dernier, échoué sur une plage turque parmi d'autres.
La reine de Jordanie répond au dessin de Charlie Hebdo
Sur son compte Twitter, la reine Rania de Jordanie a riposté par un dessin à une caricature de l'hebdomadaire anarcho-révolutionnaire.
L’un des dessins (ci-dessous) relaie le tweet (ci-dessus) de la reine Rania.

Sans doute la souveraine entre-t-elle dans la catégorie, stigmatisée par L'Express, des débiles qui ne comprennent jamais rien à rien. 
A l'inverse, penser que tous les migrants syriens sont de la graine de docteurs en médecine à de quoi jeter le trouble parmi les étudiants français qui n'ont pas ce potentiel imaginé...
Assez de délires en tout genre !


samedi 19 décembre 2015

Sécurité à Paris 12e: soupçons de palpations de mauvais aloi sur ados de la diversité

18 adolescents déposent une plainte collective pour violences policières: coup monté?

A moins de 16 ans, dénoncer 
des violences policières à la justice n'est pas commun, sauf si des associations politisées sont à la manoeuvre. 
Les contrôles de sécurité doivent-ils 
être limités à la "race blanche"?
Les juges ont largement contribué à la dévaluation de leur propre image.
Ils sont rarement considérés comme des alliés des justiciables. Or, dix-huit adolescents dont deux filles du 12e arrondissement de Paris ont pourtant surmonté leurs rancoeurs. Jeudi 17 décembre, avec le soutien -lire à l'instigation- de leurs éducateurs, ces jeunes ont signalé des faits de "violences volontaires aggravées ", d’ "agression sexuelle aggravée", de "discrimination" et d’ "abus d’autorité" par des policiers au procureur de la République de Paris. Leur quotidien était devenu invivable, racontent-ils. La plainte contre X désigne les "Tigres", comme se surnomment les policiers de la brigade de soutien de quartier (BSQ).
A Saint-Denis en Seine-Saint-Denis et troisième ville la plus peuplée d’Ile-de-France, deux brigades de ce type, ou BST (brigade spécialisée de terrain), accomplissent aussi cette mission de "prévention", chère à la gauche, faisant aussi face à une population méfiante ou pire, indifférente, quand il s'agit pour les policiers de "recréer du lien social"..., équipés de jambières et de boucliers blindés, armés du flash-ball classique, un LBD40 - sorte d’énorme flash-ball, "mais capable de tirer à 40 mètres" -, grenades lacrymogènes, matraques télescopiques… Successeurs des Uteq (unités territoriales de quartier, 2008), les BST sont pourtant censées représenter cette police oeuvrant au rapprochement police-population. La gauche avait accablé ces "grands frères en chemisettes inopérants", mais les a conservés. Christian Meyer, le commissaire de Saint-Denis déclarait: "La police doit communiquer, pas seulement avec les journalistes, mais avec les citoyens, c’est une évidence." Lui, il donnait son adresse mail à qui voulait quand il participait à une réunion de quartier. 
Aujourd'hui l'ambiguïté sur le fil du rasoir perdure. Partager un sandwich avec ces jeunes du quartier Reuilly-Montgallet, entre gare de Lyon et place de la Nation, ne règle rien. Il faut bien effectuer les contrôles, au minimum une fois par jour, parfois plus, souligne la presse en lien avec le ministère. Et certains dérapent, admet-elle. C'est inéluctable, suggère-t-elle, depuis 2012. 

"Les violences dont 'ils' parlent, rapporte Le Monde pour désigner les plaignants, ont eu lieu entre l’été 2013 et l’été 2015." 
"Seules ont été retenues pour la plainte celles pour lesquelles des témoins pourront confirmer leurs dires", précise Le Monde, clairement suspicieux. Une enquête préliminaire a été confiée à l’inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices. La police n’a pour le moment pas souhaité réagir.

Le premier événement, reflet de tant d’autres, remonte à l’été 2013, un soir de ramadan. Il est 20 heures, Jérémy rentre chez lui avec un copain, raconte Le Monde. Deux policiers les arrêtent et procèdent à une "palpation de sécurité".
L’un, "musclé", "les cheveux noirs coiffés avec du gel" lui met "les doigts dans les fesses". "Arrête de te contracter; laisse-toi faire", lui ordonne-t-ON. Jérémy aurait reçu [au conditionnel] un coup dans les côtes. A son ami aussi, ON a mis un doigt dans les fesses. Le Monde semble balancer d'un bord à l'autre. 

"Atteinte à la dignité humaine"
Les "vérif", c’est une fois par jour, "les doigts dans les fesses", "au moins une fois par semaine", estime Yassine qui semble se trouver un peu souvent sur le passage des policiers.
Dans ses décisions, le défenseur des droits n’a pourtant de cesse de "déplorer le caractère systématique de la palpation de sécurité", une "atteinte à la dignité humaine," si rien ne laisse penser que la personne dissimule un objet. Jacques Toubon semble naviguer à l'aise dans le subjectif, du "systématique" au "laisser penser." Dans tous les cas, elle "doit intervenir dans un local retiré du commissariat", rappellent Mes Slim Ben Achour, spécialiste des questions d’égalité et de non-discrimination, membre du syndicat des avocats de France, et Félix de Belloy, les avocats des adolescents. Comme si les huis-clos ne comportaient pas de risques. Tous les soupçons d'exactions, mais aussi toutes les accusations, seraient pourtant favorisées et les "témoins" encouragés. Et la présence d’un médecin est " indispensable" pour toute fouille approfondie.

Le Huffington Post a publié les accusations de Ben Achour en avril dernier:
"Les interpellations du premier Ministre sur le risque d'une arrivée au pouvoir du FN m'incitent à partager un constat et une conclusion en forme de morale politique: il est difficile d'être entendu, voire crédible, lorsque l'on défend, dans le même temps, des pratiques de ségrégation encourageant la propagation de représentations racistes, susceptibles de contribuer à la réalisation de la prophétie mortifère.
Une affaire est révélatrice de la gravité et de l'ambiguïté de la situation. Il s'agit de
l'affaire dite du "contrôle au faciès" (dont le prononcé du délibéré par la Cour d'appel de Paris est le 24 juin prochain) qui a vu 13 personnes assigner l'Etat en raison de "contrôles de routine", selon la terminologie policière, et qui concernent toujours les mêmes personnes, selon les témoignages (en l'espèce) et les statistiques (établies, notamment, par le CNRS et l'ONG Open Society Justice Initiative)".
Maître Ben Achour a monté un nouveau dossier, suite à l'échec de la tentative de 2013. VOIR et ENTENDRE cet avocat débouté dénoncer le verdict de la justice de son pays:

S’opposer à un contrôle des "Tigres"expose à des représailles. 
Lors des vacances de Noël 2013, trois policiers contrôlent Mamadou et ses amis qui traînent sur un banc. Mamadou voudrait qu’ils laissent les filles en dehors de tout ça. L'intercesseur est jeté à terre [Le Monde l'affirme, sans les précautions d'usage au conditionnel]. Le lendemain, les "Tigres" patrouillent en voiture. L’un d’eux aurait ouvert sa fenêtre et agrippé le garçon par le bras, le forçant "à marcher à l’allure du véhicule". "L'intercesseur" [un grand frère?] finit par se libérer. "Rébellion !", crient les agents, selon Le Monde qui semble être témoin, tant il nous met en situation... Le journal repasse au conditionnel pour ajouter que les policiers de Cazeneuve "l’auraient alors plaqué contre le mur et frappé ' au niveau des hanches'", ce qui est requis en matière de palpation dite "de sécurité", par dessus les vêtements, de la tête aux pieds, hormis vider les poches ou fouiller un sac : pour cela, il faut une commission rogatoire signée par un juge ou un ordre du procureur de la République.

La vue de la police fait fuir les jeunes des quartiers. Nulle part ailleurs les jeunes n'ont ce réflexe. C’est dans les moeurs locales, bien que la plupart n'aient rien à se reprocher, mais à plus forte raison s'ils sont pris en défaut. Le Monde prend pour exemple "Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) où, en 2005, Zyed et Bouna sont morts d’avoir couru," un résumé aussi partisan qu'irresponsable, puisqu'il ne rend pas compte du risque pris par les deux victimes qui ont escaladé une clôture marquée "danger" pour pénétrer dans un transformateur électrique, et non pas une cabane de jardinier, d'une part, et puisqu'à la fois il accuse les forces de l'ordre, encourage les effractions et justifie l'hostilité de la population, d'autre part. 

Un "soir" d’avril 2014, nouveau contrôle, dalle Rozanoff, dans le 12e. Certains quartiers vivent des nuits plus agitées que d'autres, dont ce groupe d'immeubles Paris Habitat "Erard Rozanoff" qui n'est pas seulement animé par les tours de manège gratuits, le cirque Pinder ou l' "Objectif Zéro gaspillage pour les fêtes" et le "Défi familles à énergie positive" de la maire du 12e arrondissement de Paris, Catherine Baratti-Elbaz (enseignante socialiste de 44 ans), à la suite de Michèle Blumenthal (2001-2014), poussée par la direction du PS à ne pas se représenter. 
L’un des agents fait signe à Alassane et Mamadou d’approcher. Le Monde raconte en phrases courtes, heurtées, comme un roman policier: "Ils refusent, s’éloignent, puis courent. Barrage. Plaquage contre le mur. "Pourquoi courez-vous ?", demandent les policiers. "La peur", répondent les garçonsFin de l'épisode narré par Emeline Cazi, salariée de milliardaires en euros, les hommes d'affaires Pierre Bergé qui finance le Parti socialiste, notamment Ségolène Royal, Xavier Niel, investisseur dans les sites Mediapart et Bakchich et propriétaire de Free, et Matthieu Pigasse, président du magazine Les Inrockuptibles, et actionnaire du Huffington Post, outre Le Monde.

Les cartes d’identité volent, selon Emeline. "Ramassez, bande de chiens", ordonnent les 'Tigres'. Les coups partent : Alassane est frappé au visage, Mamadou à l’épaule. Du gaz lacrymogène fuse. L’épicier à qui les garçons ont demandé du lait pour calmer leurs brûlures a vu les policiers repasser, hilares. "Alors, les singes, la prochaine fois, vous ne courrez pas !"

Brûlures au gaz lacrymogène
Emeline Cazi, qui a suivi assidument l'affaire DSK, ne nous épargne aucune des invectives présumées des policiers. "On pisse sur le ramadan", "espèce de Libanais de merde", "connards, sales Noirs". Un chapelet d'injures livrées sans retenue ni preuve journalistique: le secret des sources l'autorise... "A chaque contrôle, les insultes pleuvent", assure cette journaliste qui relate depuis le trottoir des habitués des contrôles, toujours les mêmes.  
Elle a aujourd'hui choisi son camp dans le conflit jeunes-policiers, dalle Rozanoff, qui dure depuis des années. Les grands frères disent avoir connu les mêmes brimades. "Mais maintenant, ils s’en prennent aux petits, dès 12 ans", déplore un presque trentenaire anonyme. Le lecteur manipulé ne demande plus de noms, fussent-ils d'emprunt.

Les non-dits de la journaliste ignorent les plaintes des riverains
De la musique écoutée "sur un téléphone, en fin d’après-midi" ? "Contravention pour tapage nocturne", rapporte-elle laconiquement avec l'intention d'indigner à la première lecture. Et ça continue, dans le même style incisif, mais transparent. "Une balade entre copains le long de la promenade plantée ? Une invitation ferme à rentrer chez soi. Qu’ils osent répondre avoir l’autorisation de leurs parents, c’est une clé de bras. Les jeunes d’autres quartiers n’ont rien à faire ici. S’ils ne comprennent pas, c’est la gazeuse," accuse la journaliste. Cazi combat ainsi la pénurie de magistrats en distribuant elle-même les sentences. Emeline peut circuler sans encombres dans Reuilly. 

Longtemps, les parents n’ont rien su. Dans l'affaire d'Outreau, les parents étaient déjà loin de tout. Quand le commissariat appelait, la police avait forcément raison, assure Le Monde, sûr de son fait, sans plus de précautions. A force d’être contrôlé, un garçon de 13 ans a été envoyé un an au Mali par sa famille. C'est la technique pour échapper à une condamnation, mais ne le répétez pas: seule la presse a cette liberté, dont Le Monde n'abuse pas. A présent que les langues se délient et que la journaliste d'investigation met le doigt entre les faits, les adultes réagissent un peu plus. Le 5 janvier, c'était il y a bientôt un an - sans qu'Emeline ne frémisse d'indignation-, une intervention [de police] au bas d’un immeuble a fait descendre une mère et il semble qu'Emeline ait été présente, qui rapporte dans une longue phrase cette fois à rallonge, sans respirer: "Fermez-la ou je vous embarque", s’est-elle entendu répondre quand elle a demandé leur matricule aux policiers, qui l’auraient "ensuite narguée" sans jamais le lui donner. Le Monde explique à ses lecteurs que se sont les forces de l'ordre qui perturbent la tranquillité des habitants de la dalle...

Les violences se déroulent aussi au commissariat. 
La mère de Théo - un nom bien de Reuilly et qui pourrait être du 7e -  "constate régulièrement des traces de coups et de brûlures au gaz lacrymogène sur le visage" de son [fils, mot oublié dans le feu de la rédaction fiévreuse de l'article] quand elle l’y récupère, écrivent les avocats. 
"Le 22 avril, six jeunes s’enfuient de la dalle à la vue des policiers" [sic Le Monde]. Cavale ou cabale ? L’un des six est rattrapé, jeté à terre [ne peut-on écrire 'plaqué au sol' ?], gazé. Au commissariat, il se retrouve seul dans une pièce. Un agent attend qu’il se déshabille. "Alors, t’as mal ?", lui demande-t-il à la vue du visage rougi par le gaz. "Attends, je t’en mets de l’autre côté." "Est-ce que vous allez dire ce que vous avez fait dans la salle de fouille ?", demande le garçon en sortant. "Si tu veux déposer plainte, il n’y a pas de problème, il y aura du répondant", lui a-t-ON rétorqué, rapporte Emeline Cazi, petite souris du commissariat de Reuilly.

Partage de l’espace public
Une médiation a été tentée [sic] par les éducateurs de l’association Soleil et le service de prévention de la police. La maire du 12e a ouvert les terrains de sport, développé la danse, les ateliers d’écriture, tout ça depuis 2014, à lire Le Monde, suggérant que Blumenthal n'aurait rien fait pour la jeunesse: "Il est vrai que le partage de l’espace public entre générations est l’un de mes sujets quotidiens", assure Catherine Baratti-Elbaz que Cazi "tente" de dédouaner de toute responsabilité dans son arrondissement.
VOIR et ENTENDRE pourtant le compte rendu d'activité 2011 du sport de proximité de la maire de l'époque Bertrand Delanoë pendant laquelle les faits se seraient déroulés:

Mais il y a eu des représailles. "Les policiers n’aiment pas les balances", expliquent les jeunes à qui Le Monde donne abondamment la parole. La situation empirant, l’ONG anglo-saxonne - supra-nationale et illégitime -  Open Society Justice Initiative (OSJI) les a encouragés à porter plainte. Le duo d’avocats qui défend le dossier n’en est pas à son coup d’essai. En juin, ils ont obtenu, pour la première fois, la condamnation de l’Etat pour faute lourde pour une série de contrôles d’identité au faciès ; une action, là encore, soutenue par Open Society.
Avec Human Rights Watch, l'OSJI combat le profilage ethnique, réel ou supposé, et la France a officiellement accepté leur ingérence: "La France a reconnu qu’il n’est pas acceptable que la police interpelle des personnes dans les rues et les traite comme des criminels ou des citoyens de seconde zone, simplement sur la base de leur apparence physique", a expliqué James A. Goldston, directeur exécutif de l’Open Society Justice Initiative. "Maintenant, elle doit faire en sorte que ces pratiques abusives cessent une bonne fois pour toutes." L'OSJI doit pour sa part en faire maintenant la preuve.
C’est cette même ONG qui avait financé une étude menée à Paris, en 2007 et 2008, sur les contrôles discriminatoires. Les résultats confirmaient ce que les associations dénonçaient depuis des années: en France, lorsqu’on est noir ou d’origine arabe, on risque respectivement 6 et 7,8 fois plus de se faire contrôler que lorsqu’on est blanc. Ce qu'il est en revanche interdit de démontrer, c'est que la délinquance est, quelles qu'en soient les causes, plus répandue , mais le vécu de la population l'atteste, comme l'atteste le vote Front national en croissance exponentielle. Une considération que les  ONG ne prennent pas en compte dans les considérations qui sont leur raison sociale. 
L’étude disait aussi que les personnes habillées "jeunes" représentent 10 % de la population considérée, mais étaient contrôlées dans près de la moitié des cas. Brayan, Kevin, Théo et leurs amis, qui portent des vestes de sport et ont des parents bien souvent nés à l’étranger, cumulent tous les handicaps. A noter que les ONG et la journaliste en choeur zappent les filles.

S'il était permis de donner la parole à la partie incriminée...

Le réquisitoire de la journaliste du Monde
ne soulève pas seulement la question des contrôles au faciès, mais aussi celui de l'impartialité des interrogatoires dirigés par 
des spécialistes d'organisations dédiées, ainsi que des témoignages recueillis sur des populations habiles à se victimiser.

Une affaire à visée politique

Elle a éclaté au lendemain des Régionales:
est-ce encore à la décharge des associations et ONG vertueuses ? La  maire socialiste actuelle du 12e leur en sait-elle gré ?
"Les politiques se sont engagés à lutter contre la discrimination raciale et sociale. Rien n'a été fait. Nous sommes aujourd'hui obligés d'aller en justice pour faire respecter leurs droits", a déploré leur avocat Slim Ben Achour, qui assure la défense des jeunes gens, avec Félix de Belloy. En juin, ils avaient obtenu, pour la première fois, la condamnation de l'État pour "faute lourde," après une série de contrôles d'identité au faciès injustifiés.

Le 3 avril 2015
dans le Huffington Post du banquier Pigasse, maître Ben Achour affirmait encore, au risque de stigmatisation de l'ensemble des Français :
"Des millions de Français sont considérés comme "suspects", "illégitimes", en raison de leur origine (réelle ou supposée); à tel point que beaucoup "rêveraient" de les voir quitter le territoire."
Le groupe Communiste et Front de gauche a réagi et dénoncé des faits "inadmissibles". 

"La justice saisie par les jeunes et leur famille dira où est la vérité, observe le président du groupe Communiste-Font de gauche au Conseil de Paris, Nicolas Bonnet Oulaldj. Mais il réclame justice en balayant la "présomption s'innocence," à laquelle il est tenu par la loi. Et de passer aussitôt aux accusations. "La concordance des témoignages, la réitération des faits nécessitent une réaction des autorités chargées de la police à Paris pour mener une enquête interne", a réclamé ce président du groupe PCF au Conseil de Paris, élu du 12e et responsable de la commission sport du PCF depuis 2009. Est-ce précisément celui dont la maire PS actuelle compense l'inactivité en matière d'infrastructures sportives et qui tacle "Macron, fossoyeur du temps libre et des pratiques sportives" ?

TF1, à la différence du Monde, ne préjuge pas de la culpabilité des hommes de Cazeneuve.

Indisposé par le parti-pris de la presse, sur ce sujet comme sur bien d'autres, ce blog donne la parole à la partie adverse, ce que ses lecteurs auraient sans doute apprécié du Monde. Allez savoir... Mais, 
après avoir diffusé l'exaspération de SGP Police FO sur sa chaîne d'information en continu, BFMTV, en spécialiste des reportages racoleurs ou polémiques,  a enfoui l'information. Cazeneuve, l'antenne de la préfecture de police (rue de Charenton, 12e) et la mairie PS sont exaucés, mais PaSiDupes a toutefois retrouvé une version radio, apaisée, ci-dessous. 

Des faits "inadmissibles", s'ils sont avérés.
A ce stade de l'enquête, il convient d'être prudent, insiste Luc Poignant, responsable du syndicat Unité Police SGP Force ouvrière pour l'Ile-de-France : "Mes collègues sont présumés innocents," n'en déplaise au journal Le Monde, à la remorque d'ONG et avocats spécialisés, en dépit de la concomitance d'accusations frappants trois groupes à la fois:


A la justice -après toutes ces années- désormais de se livrer à ses propres fouilles. En tout bien tout honneur, car il n'est pas question de jeter la suspicion sur la palpation de sécurité en pleine controverse sur l'état d'urgence décrété par Hollande et Valls et dont certains veulent empêcher la prorogation pour six mois de plus...

Pour mémoire,
en septembre 2014, un agent de police - déclaré suicidaire -  du 12e arrondissement, quadragénaire et père de famille, s'était donné la mort et l'affaire avait été jugée d'ordre privé.
C'est en revanche impunément qu'à sa façon radicale et impudique un adulte manifeste sa désapprobation des contrôles de sécurité aux portails d'aéroports, comme Ségolène Royal en impose à l'entrée des quais d'accès au Thalys: 
Les délais d'embarquement risquent fort de s'allonger dans les queues aux contrôles de sécurité de la SNCF.