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jeudi 30 mai 2013

Amiens: que font des pneus Titan dans l'usine Goodyear ?

La CGT accuse d'accord les directions de Goodyear et Titan
La belle découverte: des pneus Goodyear fabriqués par Titan trouvés à l'usine Goodyear d'Amiens-Nord ! 
Des pneus Goodyear sont fabriqués par TITAN
depuis 1898
Selon la CGT, cette "découverte" serait la preuve qu'une délocalisation de l'activité du site est bien en cours, comme elle le soupçonnait à la mi-mai. La présence de ces pneus a été constatée mercredi 29 mai par un huissier, intervenant à la demande de la CGT de Goodyear et du comité central d'entreprise (CCE), sur autorisation du président du tribunal de Grande instance d'Amiens, indique Fiodor Rilov, l'avocat de la CGT et du CCE.

Super-Montebourg n'était pas allé chercher loin son repreneur
L'huissier aurait photographié des pneus Goodyear agricoles portant en évidence la mention "made by Titan", nom du candidat américain que la CGT et Montebourg ont conduit à renoncer à la reprise du site en janvier 2013. "La direction avait cru pouvoir stocker [ces pneus] discrètement sur le site, dénonce la CGT. Titan a donc déjà commencé à prendre le relais de la production et de la vente de pneus Goodyear agricoles en Europe à partir de ses usines d'Amérique du Nord et du Sud", telles que celle de Sao Paulo, au Brésil.  Le 7 mai, Me Rilov pointa un différentiel, en 2011, entre les 539 000 pneus agraires fabriqués en Europe-Moyen-Orient-Afrique (EMEA) par Goodyear et les 670 000 pneus de même type vendus par le groupe dans cette même zone géographique. Me Rilov conclut lors que cette délocalisation de la production est la cause unique de la fermeture de l'usine d'Amiens-Nord de Goodyear. La direction a déjà démenti le 17 mai l'existence d'une telle "délocalisation", en fait une production sous licence depuis 1898.

Selon la CGT, de mauvaise foi

Cette pseudo découverte confirmerait que "les directions de Goodyear et de Titan ont passé un accord mondial qui comprend toutes les licences y compris toutes celles de la zone EMEA [Europe, Moyen-Orient, Afrique]. Goodyear ne peut donc plus vendre ou céder ni à la SCOP [le projet de reprise par les salariés sous forme de coopérative], ni à un autre potentiel repreneur ce qu'il a déjà cédé à Titan en échange de royalties importantes". La CGT demande à "l'Etat français [...] de vérifier au plus vite cette situation de fraude manifeste".

Le PDG de Titan balaie cette interprétation dans un courrier adressé au journal socialiste Le Monde le 29 mai.  Maurice Taylor oppose le coût trop élevé qu'aurait une telle délocalisation. "Goodyear n'a pas investi dans l'usine [de Sao Paulo] depuis des années, écrit M. Taylor. Titan a investi des millions et nous allons faire croître ce business mais vous ne pouvez pas transporter des pneus par bateau vers l'Europe en raison des coûts de fret et de la valeur du real brésilien".

Montebourg avait fait tout un foin

Le 28 mai, lors d'une réunion du CCE, la direction de Goodyear France avait annoncé ne pas avoir trouvé de repreneur pour son usine d'Amiens-Nord, qui emploie 1.173 salariés. 
Le même jour, Arnaud Montebourg, superman  ministre de l'Industrie, et Michel Sapin, ministre du Travail, confirmaient cette absence de repreneur à l'issue de la recherche menée par l'Agence française des investissements internationaux auprès de 57 entreprises dans le monde. "Aucun des candidats n'a été en situation de présenter une offre engageante", expliquait le communiqué. 
Les ministres se sont alors retournés sur l'entrepreneur. Ils l'ont mis en demeure de "proposer des mesures exemplaires d'accompagnement" des salariés qui seront licenciés :"L'Etat s'engage à être présent aux côtés des territoires et des salariés en appui aux projets de réindustrialisation qu'ils initieront pour la sauvegarde du plus grand nombre d'emplois."

Ce texte du gouvernement provoqua de vives réactions chez les salariés
Le 17 mai, les salariés de Goodyear étaient au tribunal de Nanterre pour demander l’annulation du PSE
Ils y virent une forme d'enterrement de leur affaire, alors que doit encore se tenir une audience au tribunal de grande instance de Nanterre, lundi 3 juin. La CGT et le CCE, qui ont assigné Goodyear et Titan, demandent la suspension de la procédure d'information-consultation sur le projet de fermeture du site.

De leur côté, le maire PS d'Amiens, Gilles Demailly, et sa majorité de gauche plurielle ont dénoncé mercredi 30 mai le caractère "inacceptable" de la fermeture confirmée de l'usine. Et, alors que Nono Montebourg assure aux syndicats que "le gouvernement ne se couche pas"eux, en revanche, "regrettent la réaction prématurée d'Arnaud Montebourg" qui "acte, de fait" estiment-ils, "la fermeture de l'entreprise sans attendre la décision du tribunal de Nanterre".

Le 10 octobre 2011, le candidat Hollande en campagne était allé sur le parking de l'usine pour apporter son soutien aux salariés. Et il s'était engagé à faire voter, en cas de victoire, une loi contre les licenciements économiquement injustifiés

Ces élus socialo-altermondialistes demandent également que l'"enquête parlementaire 
 sur Goodyear soit lancée immédiatement". Les deux députées d'Amiens, Pascale Boistard (PS) et Barbara Pompili (EELV), réclament que le premier ministre Jean-Marc Ayrault accepte "rapidement" le rendez-vous "demandé de longue date" par les présidents des collectivités locales concernées. 
"Le gouvernement doit traduire en actes ses promesses faites à Amiens devant les salariés de Goodyear" durant la campagne présidentielle, rappelle Demailly.
En avril 2012, le candidat Hollande avait aussi promis la réindustrialisation aux Still Saxby de Montataire:
l'entreprise a fermé
Faut-il encore rappeler le sort réservé par Hollande aux salariée de Petroplus ou ArcelorMittal ?

vendredi 3 mai 2013

Hollande laisse Montebourg et Moscovici tirer l'économie à hue et à dia

Hollande tire des bords quand l'économie chavire

Hollande, capitaine fantôme d'un bateau ivre 
Ils disent qu'ils savent où ils vont  !

Hollande, c'est le sectarisme au pouvoir

La gauche stigmatise les Français qui refusent le vote arraché en faveur du mariage homosexuel, mais les analystes, experts et autres décrypteurs ne jugent plus anti-républicain l'appel  des très républicains communistes à manifester avec Mélenchon contre le texte voté de l'amnistie sociale.

L'incohérence idéologique au poste de pilotage 

Parallèlement, le sectaire Montebourg, celui qui soutenait les candidatures du Panaméen NetOil, depuis juillet 2012 et celle du libyen Murzuq Oil, repreneurs potentiels de Petroplus, s'oppose aujourd'hui à la reprise de Dailymotion par Yahoo !

Mélenchon: "Si Montebourg est viré du gouvernement, il est le bienvenu au Front de Gauche

Invité vendredi matin sur BFMTV,
Jean-Luc Mélenchon a soutenu la démarche protectionniste d'Arnaud Montebourg, qui a bloqué jeudi la vente de Dailymotion à Yahoo!. 
Retour du patriotisme économique: "Il s'agit de notre indépendance, de notre capacité à être souverain. Brader Dailymotion à Yahoo! c'est le fruit d'un esprit qui ne sait plus très bien où sont ses responsabilités", a affirmé Jean-Luc Mélenchon en allusion, d'une part  à Pierre Moscovici et  Fleur Pellerin, au gouvenement et, d'autre part à Stéphane Richard, patron d'Orange, propriétaire de Dailymotion, et aux patrons qui, selon lui, n'"ont à l'esprit que des tiroirs-caisse". "La loi du fric l'emporte sur les circonstances", a-t-il lancé. 

Hollande est l'otage de Montebourg
Il a fait le choix de le nommer ministre pour le réduire au silence:  l'électron libre du PS est en effet arrivé 3e aux primaires socialistes et pouvait lui mener la vie dure à l'extérieur du gouvernement, mais une fois dans la place, il y met  Sur l'affrontement Montebourg-Moscovici, Hollande reste coi:

Puis,
interrogé sur sa manifestation "coup de balai" de dimanche, Jean-Luc Mélenchon a racolé la gauche du gouvernement, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, qu'il souhaiterait voir grossir les rangs des manifestants. "Arnaud Montebourg aurait sa place naturelle avec nous à la Bastille dimanche. Comme nous, il [Montebourg] est contre l'austérité et la finance. Mais il a fait un autre choix tactique en entrant au gouvernement", a souligné Jean-Luc Mélenchon.

En 2002, Montebourg considérait déjà que "le programme de Lionel Jospin, c’est celui de François Bayrou, le candidat du centre-droit, mais en moins bon".
VOIR et ENTENDRE
Montebourg tacler Jospin:
Et de tendre directement la main au ministre du Redressement productif,  en délicatesse avec le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. "Je veux lui dire que nous serons toujours avec lui tant qu'il défendra l'emploi. Et si jamais François Hollande ne le garde pas dans son gouvernement, il sera le bienvenu chez nous". 



"Le 16 mai, il va en cuire au gouvernement" 
Le point de friction est le projet de la loi d'amnistie sociale publiquement désavoué par le gouvernement
Jean-Luc Mélenchon n'a toujours pas digéré le texte pourtant adopté au Sénat à l'initiative du Front de Gauche et des communistes. "François Hollande m'a trahi, il m'a menti", a-t-il accusé avant de lui lancer un avertissement: "le 16 mai, il va lui en cuire", en référence au jour où le texte sera présenté à l'Assemblée et pour lequel Jean-Luc Mélenchon a déjà appelé les parlementaires socialistes à aller contre le gouvernement pour voter le texte. 

Le remaniement selon Mélenchon 
Enfin, Jean-Luc Mélenchon a déjà son idée de ce à quoi pourrait un gouvernement de VIe République. "Je suis prêt à démarrer demain, il y a déjà les personnes qu'il faut", a-t-il affirmé.

Garder Arnaud Montebourg et "mettre Eva Joly à la Justice", voilà deux des pistes que pourraient proposer Jean-Luc Mélenchon s'il devenait Premier ministre, un poste pour lequel il affirme se tenir prêt. Si François Hollande "me le demande, bien sûr j'irai", a-t-il soutenu.
Le choix est entre la peste et le choléra !

jeudi 25 avril 2013

Hollande a annulé une nouvelle visite en région, le 28 avril

Pourquoi Hollande fuit-il la Seine-Maritime ?

L'équipe est aux abonnés absents:
la raffinerie de Petit-Couronne
est en liquidation judiciaire
depuis le 16 octobre 2012 

Plus d'inauguration d'exposition pour François Hollande. Selon le site de France 3 Haute-Normandie et France Bleu Haute-Normandie, le chef de l'Etat a préféré annuler son passage au musée des Beaux-Arts de Rouen prévu à l'origine le dimanche 28 avril pour inaugurer le festival Normandie Impressionniste.
Le site de la préfecture de Seine-Maritime a confirmé  cette annulation. Il confirme que les appels à manifester dimanche devant le musée se sont multipliés. Hollande est indésirable où qu'il se tourne: salariés de Pétroplus, Parti de Gauche, militants anti-mariage gay etc. 

Un tweet a suffi à le faire battre en retraite:  "Dimanche #28avril matin #Manifpourtous à #Rouen centre ville pour accueillir #Hollande à l'inauguration Festival Normandie Impressionnistes.— Manif Pour Tous 76 (@ManifPourTous76) 24 avril 2013."


Les salariés CGT de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, située en Seine-Maritime l'attendaient aussi de pied ferme.


Le 5 janvier 2013, Hollande osait encore
leur faire une visite éclair
Les organisateurs s'étaient pourtant mis en quatre pour cette visite présidentielle. 
Le journaliste justifie tant bien que mal ce repli : "En prévision de la venue du président de la République, une délégation protocolaire était venue visiter les lieux et avait demandé des aménagements. Découvrant que François Hollande devait prononcer un discours devant une immense toile représentant une scène à caractère religieux, et devant l’impossibilité technique de déplacer ce tableau à la taille XXL, les autorités avaient demandé aux employés du musée d'étendre une immense bâche bleue."

C'est Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, mais surtout ancien-député et vice-président du festival présent à l'inauguration, qui avait annoncé la venue présidentielle dès le 14 mars. L'agenda officiel de l'Elysée n'a en revanche jamais porté cette mention mais l'organisation de la semaine à venir n'est communiquée que le vendredi soir.

Parmi les membres du gouvernement attendus à cette inauguration,
Aurélie Filippetti a également annulé sa venue. "Impossible pour cause d'agenda"! assure son cabinet au Lab: ainsi, une escorte présidentielle n'avait pas justifier de banalisre la journée...

Valérie Fourneyron, ministre des Sports et des Associations, est toujours attendue, selon France 3.
Bien obligée: elle était la maire de Rouen de 2008 à 2012...

Ce n'est pas la première fois que François Hollande décide d'annuler un déplacement en région ces dernières semaines. Début avril,
il avait renoncé à un passage en Ardèche, un de ses conseillers expliquant qu'aller "au contact des Français "est trop "compliqué" en cette période tourmentée.

jeudi 18 avril 2013

La raffinerie Petroplus ferme, mais Hollande se consacre au mariage homo

Hollande, meilleur destructeur que sauveteur 

Deux des quatre dossiers de reprise de la raffinerie Petroplus  avaient été jugés recevables
 

A Petit-Couronne (Seine-Maritime) on voulait y croire. Il s'agissait des propositions du Panaméen NetOil et le Libyen Murzuq Oil. 


L'intersyndicale CGT-CFDT-CFE-CGC s'était aussitôt félicitée de cette décision qu'elle réclamait. "C'est très bonne nouvelle", a déclaré, à l'issue de la réunion du comité d'entreprise à la raffinerie, Jean-Luc Brouté, secrétaire général du syndicat CGT.


Des salariés menés en pédalo

VOIR et ENTENDRE un reportage BFMTV du 7 février 2013:



Le tribunal de commerce de Rouen a rejeté mardi les deux dernières offres de reprise de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime), liquidée en octobre. Le sort de cette usine de 470 salariés est donc scellé.


La procédure de licenciement collectif des salariés sera déclenchée dans les jours prochains, a indiqué le groupe.

F. Hollande, L. Fabius et G. Bachelay, 
tout sourire avec Yvon Scornet
avant la présidentielle
Ouverte en 1929, la raffinerie avait déposé son bilan le 24 janvier 2012 à la suite de la faillite de sa maison-mère suisse. Sa liquidation avait été prononcée en octobre par le tribunal de commerce de Rouen, qui avait toutefois autorisé la poursuite de l'activité jusqu'à ce jour.

Les deux offres de reprise rejetées


"Malheureusement, les repreneurs n'ont pas été en mesure de lever l'ensemble des ambiguïtés, l'ensemble des doutes qui résidaient dans leurs offres : en conséquence, le tribunal n'a pu que rejeter les offres qui nous étaient présentées aujourd'hui", a indiqué Me Jean-Pierre Valentin, l'avocat du comité d'entreprise. Quelques cris "nationalisation !", ont fusé immédiatement après cette annonce dans la foule de 300 personnes rassemblée devant le tribunal, où s'étalait une banderole "non à la mort du raffinage".


Après avoir repoussé la date limite de dépôt des offres de repreneurs  huit reprises depuis le dépôt de bilan de la raffinerie en janvier 2012, le tribunal  a rejeté les deux offres de reprise, celle du Panaméen NetOil, sur les rangs depuis juillet 2012, et celle de Murzuq Oil, apparu ces dernières semaines. "Je rentre chez moi en Libye, je suis déçu", a affirmé le président de Murzuk Oil, Mabrouck Jomode Elie Getty. "On a respecté les choses de A à Z, on nous demandait d'avoir de l'argent, du pétrole et l'avenir pour les salariés, je ne peux pas faire plus."

VOIR et ENTENDRE Montebourg tacler François Hollande:

Hollande," le principal défaut du Parti socialiste", selon Nono...

"Les repreneurs n'ont pas apporté les garanties"
"C'était aux repreneurs de faire la preuve de leur sérieux, hélas il n'en ont pas apporté les garanties, cette décision est un crève-coeur", a commenté le compassionnel député PS de Seine-Maritime Guillaume Bachelay.

Le directeur de la raffinerie Philippe Billant a indiqué pour sa part qu'un liquidateur avait été nommé, qui "vendra les actifs isolés". Selon lui, il est encore trop tôt pour déterminer l'avenir du site qui pourrait être déconstruit ou transformé.

VOIR et ENTENDRE un compte-rendu consacré à la fermeture définitivement de Petroplus :

Le gouvernement promet le reclassement des salariés 

Après la fermeture de la raffinerie Petroplus, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a reconnu sur RTL ce jeudi que "l'Etat peut beaucoup. Mais il ne fait pas des miracles". A la manière d'un Lionel Jospin. 
"C'est un échec pour la France parce que nous n'avons pas réussi collectivement, les juges du tribunal de commerce, les administrateurs judiciaires, le gouvernement, les organisations syndicales, qui ont travaillé ensemble", a constaté le brasseur de vent qui affirme s'être "battu pendant un an" pour rien

Pourtant, "si c'était à refaire, je le referais", poursuit le sémillant démondialiseur qui affirme avoir 1900 dossiers d'entreprises en difficulté sur son bureau.


Arnaud Montebourg : "L'État ne peut pas faire... par rtl-fr

Le Premier ministre, Jean-Marc 
Ayrault, a déclaré mercredi que l'Etat "recherchera un repreneur jusqu'au bout" pour la raffinerie Petroplus, en assurant que le gouvernement ne voulait "pas laisser tomber maintenant" le personnel de l'entreprise. 

470 salariés sont concernés. 
La procédure de licenciement collectif des salariés sera déclenchée "dans les jours prochains", a précisé le groupe mardi.


mercredi 6 février 2013

Montebourg vendrait bien Petroplus à des princes arabes

"Made in France", au profit de rois du pétrole

Cinq groupes pour le rachat de la raffinerie Petroplus (Shell)

Toutes arabes, sept sociétés ont exprimé de l'intérêt ou des lettres d'intention. Cinq se sont finalement manifestées mardi auprès de l'administrateur judiciaire avant la date butoir fixée par la justice, mardi 5 février 17 heures.

Parmi les candidats figure NetOil, une société basée à Dubai et fondée par l'homme d'affaires franco-libanais Roger Tamraz, qui faisait figure de favori devant le Fonds souverain libyen et Tadbir Energie, société iranienne (malgré l'embargo) pour le rachat de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, selon L'Expansion, début décembre dernier.

Elle est composée en majeure partie d’investisseurs et de nombreux professionnels de l’industrie pétrolière. Netoil a, par exemple, négocié la fourniture au Japon de pétrole brut provenant d’Arabie saoudite. Dans les années 80, le groupe rachète les actifs italiens d'Amoco et Texaco Corporation pour fonder la société Tamoil, revendue depuis au Fonds souverain Libyen, autre candidat à la reprise de Petit-Couronne....
Après des mois de travail sur le dossier, NetOil a reçu plusieurs des autorisations administratives nécessaires et indiqué s'être entendu avec BP et le trader Ascon, qui pourraient approvisionner la raffinerie en brut, et avec le coréen Hyundai, qui pourrait moderniser les installations. Deux soutiens de poids, donc, mais le gouvernement préférerait toutefois une autre solution et son projet n'a pas été jugé assez solide par les administrateurs judiciaires. Le cabinet d'Arnaud Montebourg a sollicité d'autres entreprises susceptibles de s'intéresser à la raffinerie.

Les quatre autres candidats se sont récemment penchés sur le cas Petroplus. 
Il s'agit du suisse Terrae, de l'égyptien Arabiyya lel Istithmaraat (AI), du libyen Murzuq Oil, et du nigérian FJ Energy. Selon le ministère du redressement productif, deux des propositions paraissent "sérieuses et financées": celles de Terrae et d'Arabiyya lel Istithmaraat. Reste à savoir si ces dossiers seront considérés comme de véritables offres.
Lundi soir, Matignon craignait qu'aucune offre crédible n'émerge, et préparait les esprits à une fermeture définitive du site, qui emploie encore 470 personnes.

Qui sont les quatre nouveaux venus ?


Terrae est une société d'ingénierie suisse, qui aurait travaillé à la remise en état de Collombey, l'une des deux raffineries suisses. "Ils ont étudié le dossier de façon discrète depuis des mois, et ont semble-t-il trouvé un financement ", espétait-on à Bercy.

Arabiyya lel Istithmaraat est un groupe coté à la Bourse du Caire
Créé en 1985, il compte quelque 20 000 actionnaires, indique son site Internet. Ses activités sont diversifiées : le groupe intervient notamment dans l'automobile, en partenariat avec ...PSA Peugeot Citroën, ainsi que dans les matériaux de construction. 

Dans l'énergie, le groupe dirigé et contrôlé à 37 % par Mohamed Ali Kamel Metwalli est actif à la fois dans l'électricité et dans le pétrole. Il construirait actuellement deux petites raffineries en Egypte. Il admet  sur Europe 1: " "L'offre a d'ailleurs été très tardive puisqu'elle n'a été déposée officiellement qu'hier", mardi. "Nous arrivons un peu à minuit moins cinq, c'est vrai, mais notre proposition est sérieuse", assure le consultant Michel Billard De La Motte, qui porte ce projet après avoir travaillé pour un autre candidat, originaire d'Abou Dhabi. "Cette offre a été déposée en même temps qu'un business plan prévoyant des investissements, indique-t-il.


L'offre est assortie d'un engagement de livraison de 100 000 barils de brut par jour en provenance d'Oman."  Ce plan de reprise prévoit aussi de conserver la totalité des 470 salariés de Petit-Couronne, en dehors de la soixantaine de personnes qui souhaitent faire jouer leurs droits à la retraite. 

La société égyptienne a enfin précisé qu'elle maintiendra son offre même sans participation de l'Etat français. Lundi, Arnaud Montebourg et Jean-Marc Ayrault avaient affirmé que le gouvernement était "prêt à prendre une participation minoritaire au capital, s'il y a une offre crédible faite." Elle prévoit, précise-t-il, la possibilité pour le FSI, le fonds souverain français, d'entrer à hauteur de 25 % au capital de la raffinerie : "Il s'agit d'un souhait, il ne s'agit pas d'une demande nécessaire à l'investissement", a souligné M. Billard De la Motte mercredi matin, sur Europe 1, assurant que "l'offre sera maintenue si l'Etat refuse".

Murzuq Oil est une société libyenne créée en 2011 par Mabrouck Getty, un des représentants de l'ethnie des Toubou, qui vit dans le sud du pays. "J'ai déposé une offre complète, avec un business plan, indique-t-il. J'ai le soutien de l'Etat libyen, qui a du pétrole, mais manque de compétences techniques".
Mais Mabrouck Getty est très mécontent des propos d'Arnaud Montebourg favorables à l'offre égyptienne, qu'il considère comme une simple copie de son propre dossier de candidature.

FJ Energy, enfin, est une société originaire du Nigeria, fondée par Francis Josiah, qui lui a donné ses initiales. Ses représentants ne sont pas encore venus à Petit-Couronne. 

mercredi 23 janvier 2013

Mélenchon lance sa "campagne contre l'austérité" de gauche

Le Front de gauche ouvre les municipales 2014 à Metz 


Mélenchon dans son spectacle d'ombres chinoises  cubaines



Le "lider massimo" du Front de gauche lance sa "campagne contre l'austérité" 



Lors d'un meeting mercredi soir à Metz, au coeur de la Lorraine sidérurgique, les têtes d'affiche de l'extrême gauche, le vitupérant coprésident du Parti de gauche (PG) et le secrétaire national falot du PCF,  Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent ouvrent les hostilités avec les partis au pouvoir.

Ce sera à partir de 19 heures, 
au parc des expositions de Metz, 
rue de la Grange-aux-Bois.

" On n’a pas cherché un lieu pouvant rassembler des gens en masse, mais plutôt un lieu symbolique de ce que l’on veut d’abord mettre en avant : l’emploi et l’industrialisation ", a confié Éric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche. " C’est une terre ouvrière, une terre de luttes mais aussi de souffrances. Le message, c’est que nous n’acceptons pas la petite musique du renoncement."

Alors que mercredi matin une dizaine de salariés CFDT de Florange ont tenté de s'enchaîner aux portes de Matignon avant d'être reçus au siège du PS par le premier secrétaire Jean-Philippe (Harlem) Désir, tandis que le président Hollande a tenu les grilles de l'Elysée closes,  ce sont également des sidérurgistes du site d'Arcelor-Mittal de Florange qui ouvriront la réunion publique.

Seule une petite délégation a finalement été admise en fin de matinée par le conseiller social de François Hollande, Michel Yahiel, pour lui remettre une pétition en faveur de la nationalisation du site.


Le Front de gauche a invité les syndicalistes à Metz

Mais seule la CGT a répondu présente, selon les uns
 
C'est le secrétaire général de la CGT de Florange, proche du PCF, Lionel Buriello, qui interviendra au Parc des expositions où se tient le meeting.

Jean-Luc  Mélenchon s'est de nouveau attiré les foudres des socialistes en jugeant dans la presse que la chancelière Angela Merkel "tient le guidon" alors que "Hollande pédale. C'est tout ce qu'il a le droit de faire".
D'autres assurent que des syndicalistes de SUD 
ouvriront le meeting, avec des salariés en grève d’AcelorMittal, de Virgin et de Sanofi .

Le sénateur PS Luc Carvounas a riposté en l'accusant d'aller vers "des sommets de la démagogie et du populisme"
Il a demandé au PCF de se désolidariser des attaques de son tribun contre  François Hollande dont le PS ne supporte pas qu'il puisse être fustigé.
"En s'attaquant une nouvelle fois au président de la République (...), Jean-Luc Mélenchon dépasse les bornes !", s'est exclamé le maire d'Alfortville, pour qui l'ex-candidat à la présidentielle "poursuit son échappée vers les sommets de la démagogie et du populisme, au service de sa seule ambition personnelle".
Le sénateur Carvounas s'était révélé l'homme-lige de Manu Valls en assumant la défense du premier ministre de l'Intérieur qui ait jamais livré un ressortissant français à l'Espagne,  Aurore Martin (Lien PaSiDupes)

Interrogé par i>TELE sur les mêmes propos de l'eurodéputé Mélenchon, le député PS Jean-Christophe Cambadélis a assuré qu' "il a été déjà plus habile dans ses caractérisations. Je crois qu'il se trompe, il n'y a pas le Merkoland comme il y avait le Merkozy".

Les communistes sentent un relent d'anti-communisme...
Loin de se désolidariser, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, qui doit conclure le meeting, a déclaré "partager l'idée que le couple franco-allemand est trop sous la domination d'exigences financières et économiques de l'Allemagne".
"Le PS doit admettre que dans la gauche il y a un débat d'orientation", a ajouté Pierre Laurent.

"Dézingueur en chef !", a lancé Eric Coquerel, secrétaire national du PG à l'adresse de Carvounas. Les propos de "Carvounas ont un relent d'anticommunisme", s'est-il plaint.

La question du redressement industriel devient une question centrale

Au meeting de Metz, Pierre Laurent veut "envoyer le signal" de la réindustrialisation.

Myriam Martin (gauche anticapitaliste), Christian Picquet (Gauche unitaire) et Clémentine Autain (Fédération pour une alternative sociale et économique) devraient également prendre la parole.

Après avoir défilé fin septembre "contre l'austérité" de gauche, puis proposé, au moment de la préparation du budget 2013, un "contre-budget", , au cours de cette réunion publique, le Front de gauche présentera ses "25 premières mesures pour changer d'orientation".

"Augmentation du SMIC à 1.700 euros brut", instauration d'un salaire maximum, mise en place de "nationalisations démocratiques au service de l'intérêt général", retraite à 60 ans, blocage des loyers pendant deux ans, limitation des CDD, mesures pour "l'expansion des services publics" etc, figurent parmi celles-ci, qui reprennent des propositions de la campagne présidentielle du FG.

Des propositions que le sénateur Pierre Laurent entend "mettre sur la table" au Parlement.

Quelles suites à ce coup d'envoi ? 
Un autre meeting est prévu le 13 février à Rouen, non loin de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne
Le FG est aussi séduit par l'idée de mettre en place des "marches" et veut par ailleurs "redynamiser ses assemblées citoyennes".



dimanche 6 janvier 2013

Hollande a renoncé à toute nationalisation

Hollande : "L’État ne peut pas être le repreneur de Petroplus"




Le ravi de la crèche Ayrault,
Nono Montebourg
 à Petroplus, en janvier 2012


A président virtuel, action virtuelle

Le président français a exclu une reprise par les pouvoirs publics du site Petroplus de Petit-Couronne, placé en liquidation judiciaire.

L'État est aux côtés des salariés 

A l'occasion d'une visite à Val-de-Reuil (Eure), le samedi 5 janvier, le "capitaine de pédalo" a assuré à une délégation syndicale du site de la Shell qu'il s'efforce depuis huit mois de trouver un repreneur pour la raffinerie de Petit-Couronne (Seine- Maritime).

Le chef de l'État a toutefois exclu une reprise du site par les pouvoirs publics. "C’est difficile de trouver un repreneur, nous devons tout faire pour aller le chercher (...) L’État fera son devoir mais l’État ne peut pas être le repreneur et, selon lui, "ça, les salariés le savent parfaitement" Désormais.




Un président uniquement préoccupé de son image


"Je suis dans une démarche de vérité"

À la question de savoir s’il était optimiste, il a répondu en invoquant Pierre Mendès-France, président éclair du Conseil sous la IVe République (juin 1954 -février 1955: huit mois !), à qui il a ensuite rendu hommage à Louviers (Eure) pour se mettre en valeur: "Pierre Mendès-France était connu pour dire la vérité, même quand elle est difficile, et pour faire des choix courageux. Je suis dans cette même démarche  de vérité".




Le tribunal de commerce de Rouen, qui devrait sceller le sort de la raffinerie le mois prochain, a laissé jusqu'au 5 février aux industriels intéressés pour déposer une offre de reprise
La raffinerie de Petit-Couronne, qui emploie 470 salariés, avait déposé son bilan le 24 janvier 2012 et a été placée en liquidation judiciaire le 16 octobre dernier.

Hollande ne parle que de lui: "Je dois montrer l’exemple"

Les autres repreneurs potentiels ? 

Ils ne seraient pas moins de ...six : NetOil, basé à Dubaï, mais dont l'offre - la seule ferme à ce stade, les autres n'ayant déposé que des lettres d'intention - est pour l'instant considérée comme incomplète, Alafandi Petroleum Group (APG), basé à ­Hongkong, l'irakien Jabs Gulf Energy Ltd, ­l'iranien Tadbir Energy Development Group, ainsi que les suisses Activapro AG et Terrae International.


La Libye a démenti le plan Montebourg pour Petroplus, le 26 novembre 2012.
En plein bras de fer avec Lakshmi Mittal sur Florange, Arnaud Montebourg voyait un autre de ses combats battre de l'aile. Le fonds souverain libyen nie tout intérêt pour Petroplus, alors que le ministre français affirme le contraire depuis des semaines. Quand Hollande reste dans le flou, c'est qu'il y a un loup, a prévenu la Ch'tite Brochen-Aubry. 


Arnaud Montebourg, 
ministre du Redressement productif, se tenait en retrait pour ne pas avoir à reparler d'un supposé repreneur libyen de Petroplus. Avec le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, ancien député de Seine-Maritime, il accompagnait François Hollande  en Normandie, en arrière plan.

Il y a seulement deux mois, à la mi-novembre, le bouffon de la "gauche molle" voulait créer un champion franco-libyen du pétrole ! Un plan explosif pour sauver la raffinerie et ses 470 emplois. Le ministre du redressement productif essaya pendant des semaines de convaincre la Libyan Investment Authority (LIA), le fonds souverain libyen d'investir "plusieurs centaines de millions d'euros" dans une société "publique" au côté du Fonds stratégique d'investissement (FSI). Il s'était rendu en Libye le lundi 12 novembre, flanqué de Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, pour faire avancer le dossier. Mais le pétard était mouillé !


De retour bredouille de Tripoli, il fit aussi sec savoir qu'il avait reçu une lettre d'intention dans laquelle le groupe PERTAMINA/State Owned Oil and Gas Company confirmait son intérêt pour la raffinerie LyondellBasell de Berre-l'Etang. Si les syndicats lui font confiance...

Tel un empereur romain, Hollande se qualifie de "Princeps"
Pièce romaine à l'effigie de
 l'empereur Julius Nepos

"Aujourd’hui, je dois encore être davantage présent sur le terrain national et je dois montrer l’exemple, je suis le premier responsable", a répété l'omni-président devant la presse, qui lui rappelait ses faibles scores dans les sondages d’opinion.
"Ce qui va et ce qui ne va pas, c’est au président de la République de l’assumer. Je ne délègue à personne d’autre cette responsabilité d’assumer devant les Français la politique que je conduis", a insisté François Hollande, à cours d'arguments.

Aucune garantie

"Où est l'État, où est le gouvernement, où est le président de la République ?" avait interrogé un candidat de la présidentielle  à Petit-Couronne en janvier 2012,  appelant l'État à prendre ses responsabilités: il suffisait alors de se mettre en quête d'un repreneur si Petroplus devait s'avérer défaillant.

Hollande raconte-t-il des bobards ? 
br>L'arme de l'ironie est donc un boomerang
Le président l'a reçu en pleine face: les manifestants présents à Val-de-Reuil en janvier 2013 lui ont en effet demandé de "tenir les promesses" passées.

Le porte-parole de l’intersyndicale de Petroplus, Yvon Scornet (CGT), a souligné que si François
Hollande s’est engagé à "tout faire pour faire avancer le dossier", il n’avait en revanche donné aucune garantie.
"Ça fait plus d’un an qu’on se bat pour nos emplois, pas pour avoir de meilleures conditions de licenciement. On ne veut pas mourir en silence", a-t-il lancé, en guise de menace.