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mercredi 27 janvier 2016

Tragédie de Brétigny: la SNCF a-t-elle orchestré des faux-témoignages à la Justice ?

Des cheminots se chargeaient de briefer les témoins convoqués par la justice

Des écoutes téléphoniques des magistrats révèlent que 
la justice se serait laissée intoxiquer par la SNCF, 

lors de l'enquête sur le déraillement du train Corail en 2013.

Cadre au service juridique de la SNCF, Claire Chriqui ne réalisait pas qu'elle vit sous un régime policier et ne se doutait donc pas qu'elle était écoutée par les juges d'instruction"Je crains que les OPJ [officiers de police judiciaire] l'appellent en direct, qu'il panique, qu'il ne sache pas, qu'il ne comprenne pas. [...] En général... j'aime bien un peu les voir." 

Et ses propos révèlent que la direction de la SNCF a tenté de "manipuler l'enquête" sur la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, près de Dijon (Côte d'Or) en briefant ses employés avant leur audition par la justice, selon le Canard Enchaîné du mercredi 27 janvier.

Les syndicats ont-il participé à l'enfumage des juges ?

Le 12 juillet 2013, le déraillement d'un train Corail Paris-Limoges a fait sept morts et des dizaines de blessés à Brétigny-sur-Orge (Essonne). Plusieurs rapports d'expertise et enquêtes ont été lancés pour identifier la cause de l'accident.

Mais lors des convocations des responsables SNCF du secteur de Brétigny, les magistrats se retrouvent face à des agents "sérieux et irréprochables", raille le "Canard". Christophe Bolhy, un cadre de la SNCF, concède simplement qu'il "ne sait pas" si les contrôles du matériel ont été correctement menés. L'hebdomadaire anarchiste ne met pas en cause les syndicats et ne mentionne pas l'appartenance syndicale de ce dirigeant d'unité de production voie SNCF. La CGT et SUD détiennent la majorité absolue dans l'entreprise ferroviaire publique.


Or, les juges ont précédemment lancé une écoute téléphonique sur l'ensemble des personnes convoquées.
Selon le PV tombé entre les mains du "Canard", le même Christophe Bolhy hurle au téléphone à son supérieur: "Brétigny, c'est des crevards [salauds]. Faut tous les foutre dehors ! "Et de traiter les cheminots de "burnes" (tout en "c*uilles, sans cervelle).

Un autre faux-témoin est mentionné, mais sans être nommé
Un autre cadre de la SNCF, dont l'identité n'est pas révélée, se lâche au téléphone, à propos d'une traversée-jonction (TJ), pièce maîtresse dans les intersections entre deux voies, qui est soupçonnée d'avoir causé l'accident de Brétigny : "Elle est pourrie, mais c'est pas la seule... Toutes les TJ de Brétigny sont dans cet état-là."
Face aux magistrats, le cheminot tient un autre langage qui n'accuse plus gravement : "Quand je dis 'pourrie', ça ne veut pas dire 'en dehors des normes', ça veut dire 'vieux' "...

Une connivence entre direction et syndicats

Mais surtout, l'écoute téléphonique accuse la direction de la SNCF de cadrage des propos des cheminots. En témoigne un échange entre Christophe Bolhy et son collègue M. Delrue. Le 15 mai 2014, le premier confie "Je suis convoqué chez la police". L'autre répond : Oh putain ! [...] Il faut vraiment que tu te fasses briefer par Claire ! [...] Il faut qu'on sache exactement ce qu'on peut dire."

Claire Chriqui, du service juridique, dont il faut croire qu'elle n'est syndiquée ni à la CGT ni à Sud (syndicats dominants) se charge de préparer les salariés convoqués. Après chaque audition par la police, les agents lui repassent un coup de fil pour "lui expliquer comment ça s'est passé, lui dire les sujets abordés".

Dès le 4 décembre 2013, les juges découvrent par l'écoute que Claire Chriqui donne des ordres aux agents convoqués. A l'un d'entre eux, elle explique : "Je t'invite à ne rien apporter [aux policiers]... Tu viens avec rien... Il faut attendre leurs demandes." Un délégué syndical tiendrait-il un autre langage ?

Tentative de falsification d'une note interne


D'autres cadres du service juridique briefent et débriefent les agents entendus. 
L'un d'eux, anonyme, mais évidemment pas militant syndical, raconte : "Les normes, moi, je les ai jamais évoquées, parce qu'il ne faut pas les évoquer, et comme [les juges ne les] connaissent pas, ils les demanderont pas."

Fort de son appartenance syndicale, une autre cheminot n'hésite pas à faire pression sur un cadre, auteur d'une note interne sur l'accident, pour qu'il mette son texte en conformité avec les intérêts liés de la direction et des syndicats. Le rapport litigieux fait état à Brétigny "d'appareils en très mauvais état". La conseillère propose de "supprimer 'en très mauvais état'" : "Ca n'ajoute rien. On se doute bien qu'on n'est pas en train de régénérer des appareils neufs. C'est pas la peine d'aller mettre que tout est en très mauvais état."

L'ensemble des rapports d'expertise arrive à la conclusion qu'un défaut de maintenance sur les voies est à l'origine de l'accident. Mais c'est la faute de l'insuffisance des crédits de fonctionnement et des effectifs: comment la justice se retournerait-elle contre le gouvernement ?  
Le déraillement aurait été causé par une éclisse - sorte de grosse agrafe sur l'aiguillage -, dont une fissure n'avait pas été détectée lors des tournées de surveillance - ce qui met en cause la conscience professionnelle des cheminots de Brétigny, indépendamment du budget de la SNCF, d'autant que le drame est intervenu à l'entrée de la gare même  - et dont trois des quatre boulons s'étaient cassés ou dévissés.  L'éclisse avait alors pivoté, provoquant l'accident.

"Cassés ou dévissés"
La polémique soulevée par Le Canard sert-elle donc à détourner l'attention de l'hypothèse de l'acte malveillant, voire terroriste ?

Les syndicats se tiennent en retrait derrière la SNCF qui nie en bloc

Une communauté d'intérêts
"La direction juridique de SNCF [...] défend et accompagne ses salariés [et les syndicats, leurs syndiqués] lorsqu'ils sont mis en cause dans l'exercice de leur fonction. C'est le cas pour l'instruction concernant l'accident de Brétigny", a réagi mardi soir l'entreprise ferroviaire dans un communiqué.
Les salariés auditionnés par les juges sont totalement libres de leurs propos", a-t-elle affirmé, se refusant à commenter un article basé sur des "documents [...] couverts par le secret de l'instruction". Le secret des sources de la presse permet ce genre de fuitage vers les media qui font de l'investigation devant leur téléphone.

Depuis l'ouverture d'une information judiciaire par le parquet d'Evry, seules deux personnes morales ont été mises en examen, la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), toutes deux mises en cause pour homicides et blessures involontaires. 
Tranquilles, les syndicats peuvent dresser le poing. Et aussi adresser un bras d'honneur à la justice.

mercredi 23 juillet 2014

SNCF: incendie suspect dans un poste d'aiguillage à Vitry-sur-Seine

Gare d'Austerlitz : le trafic totalement bloqué reprend peu à peu

L
a SNCF avait totalement stoppé le trafic depuis mercredi matin
en raison d'un incendie dans un poste de circulation à Vitry-sur-Seine, sur la "ceinture rouge " de Paris.
Interrompu depuis mercredi matin, le trafic des trains en gare d'Austerlitz a commencé à reprendre en soirée avec la mise en place de quatre trains à destination d'Orléans, a annoncé la SNCF.  "C'est une première éclaircie, on y va très doucement", a-t-il ajouté.

Des navettes ferroviaires ont été mises en place entre Juvisy et Saint-Martin d'Etampes, Juvisy et Dourdan, Juvisy et Versailles-Chantiers et entre Massy-Palaiseau et Pont de Rungis. Des cars sont également prévus entre Choisy-le-Roi et Pont de Rungis, avec la desserte des gares intermédiaires.
Par ailleurs, la SNCF recommande à ses usagers souhaitant se déplacer entre Paris et Juvisy à emprunter la ligne D du RER. Pour aller vers Massy Palaiseau ou Pont de Rungis Aéroport d'Orly, les voyageurs sont invités à prendre les trains de la ligne B du RER.

Le trafic reste perturbé 

En dehors de ces quatre trains, le trafic reste interrompu dans les deux sens de circulation pour tous les trains du RER C, les trains Intercités et les TER Centre à destination ou en provenance de Paris Austerlitz. L'entreprise tablait sur une reprise de la circulation mercredi après-midi, mais "l'importance des travaux provoqués par l'incendie du poste de circulation de Vitry-sur-Seine conduisent SNCF à prolonger l'arrêt de toutes ses circulations jusqu'en fin de journée au départ et à l'arrivée de Paris Austerlitz", avait-elle expliqué dans un communiqué. 
En attendant la reprise totale du trafic, la SNCF invite les voyageurs à modifier leur voyage ou à utiliser des moyens de substitution. La situation devrait rester très perturbée jeudi.

Un violent incendie

Un important incendie s'est déclaré vers 4h30 dans la nuit de mardi à mercredi au poste d’aiguillage des Ardoines à Vitry-sur-Seine (94), en banlieue sud de Paris. Les dégâts occasionnés ont contraint la SNCF à interrompre totalement le trafic au départ et à l'arrivée de la gare d'Austerlitz, ainsi que le trafic du RER C dans les deux sens de circulation entre Paris-Austerlitz et Juvisy (Essonne) et entre Paris-Austerlitz et Massy-Palaiseau (Essonne).

Le 12 juillet 2013, le jour du déraillement à Brétigny-sur-Orge, la SNCF a été confrontée à un acte de malveillance sur le même axe Paris-Limoges. 
En cause: le démontage d’une "éclisse", le même type de pièce qu’à Brétigny-sur-Orge. Une locomotive du groupe nucléaire Areva, qui circulait à vitesse réduite, a déraillé à proximité du lieu-dit du Pradelet, à 30 km au nord de Limoges, où Areva entrepose de l’uranium appauvri provenant de Pierrelatte, où se trouve une partie du complexe nucléaire de Tricastin. L’uranium appauvri y est transporté dans des conteneurs acheminés en train. Un mystérieux groupe antinucléaire avait revendiqué le sabotage dans un communiqué envoyé au quotidien "Populaire du Centre". Au moment du déraillement, aucun transport d’uranium n’était toutefois en cours. La SNCF avait déposé plainte pour "mise en danger de la vie d’autrui" et Areva avait  pour sa part déposé une plainte contre X pour sabotage. Dans l’affaire de Brétigny-sur-Orge, une éclisse est également à l’origine du drame qui a fait 6 morts et une trentaine de blessés.
Le 23 décembre 2013 à Drancy (Seine-Saint-Denis), un train qui transportait également des matières radioactives a déraillé dans la gare de triage de Drancy.

Or, en 2008, un petit livre vert de 125 pages, sorte de bréviaire anarchiste, a été découvert par des enquêteurs chez des activistes présumés de l'ultra-gauche dans le cadre de l'enquête sur les dégradations des voies ferrées. Publié en mars 2007 "L'Insurrection qui vient" est signé d'un "collectif invisible" qui se présente comme "une tendance de la subversion présente"
 

jeudi 15 août 2013

Réforme pénale: Taubira ou Valls, "l'un des deux doit partir", selon Ciotti

Les ministres de Hollande tirent à hue et à dia

Les divergences entre Valls et Taubira sur la réforme pénale révélées par un mesage secret de Valls à Hollande
Cohérence et harmonie, ensemble !
Manuel Valls déplore "une crise de l'autorité dans notre pays"...
Le quotidien socialiste Le Monde a lâché le morceau: le ministre de l'Intérieur a tiré dans le dos de Christiane Taubira en sollicitant sournoisement l'arbitrage de François Hollande sur le projet de loi pénale de sa consoeur de la Justice

Son courrier pointe de nombreux "désaccords" sur le texte
.
Ce projet vise notamment à limiter le recours à la prison, sur fond de surpopulation carcérale chronique, entre autres par l'introduction d'une "peine de probation". Manuel Valls critique notamment l'automaticité de certaines réductions ou aménagements de peine.

Eric Ciotti estime ce mardi que l'un des deux doit quitter le gouvernement.
"Il faudrait que M. Hollande décide. Il ne pourra pas rester dans ce grand écart permanent" et "il faut qu'un des deux ministres quitte le gouvernement", a lancé le député UMP, invité des Grandes Gueules sur RMC.

Eric Ciotti a affirmé qu'il soutient "totalement les termes de la note de Manuel Valls", car selon lui, "le projet de Mme Taubira est extraordinairement dangereux" et porté par "une logique qui refuse toute forme de sanction" et "qui veut remettre en liberté des dizaines de milliers de prisonniers". 
"Soit c'est la ligne Valls qui domine, je le souhaite. Soit c'est la ligne catastrophique Taubira", a conclu le président du Conseil général des Alpes-Maritimes.
 

Dans un communiqué, le député UMP de l'Yonne Guillaume Larrivé a estimé que "ce désaccord majeur entre les deux ministres responsables de la sécurité des Français est extrêmement préoccupant pour notre pays"
"L'incapacité du président de la République à fixer un cap offre, hélas, un boulevard aux criminels et aux délinquants, comme on le voit cet été à Trappes, à Brétigny-sur-Orge, à Sevran, à Marseille, mais aussi dans les territoires ruraux où explosent les cambriolages", a-t-il ajouté. 
Il a lui aussi appelé François Hollande à "choisir" entre Manuel Valls et Christiane Taubira.


Matignon souffre de "normalitude" chronique

Matignon a tenu à relativiser les désaccords entre les ministres du gouvernement socialiste, estimant qu'il s'agit d'une "phase normale d'échanges préalables aux arbitrages" ! "Qu'il y ait des divergences d'appréciation entre les ministres de la Justice et de l'Intérieur, cela n'est pas anormal. Le processus de préparation de la loi pénale est en cours et se poursuit", ont indiqué les services du Premier ministre.

L'absence de ligne politique 
L'entourage croit-il manifester l'autorité de Zayrault en déclarant le 13 août que Jean-Marc Ayrault avait "eu Manuel Valls au téléphone et aura la garde de Sceaux en ligne cet après-midi" ?...

Alors que dans le Haut-Rhin, un détenu retenait en otage une jeune surveillante dans sa cellule, 4ème prise d'otage depuis le début de sa détention, le député UMP et ancien ministre, Frédéric Lefebvre a affirmé qu'il demandera au président de la République "l'organisation d'un vrai débat sur la prison". Il a rappelé qu'il déposera à la rentrée à l'Assemblée une proposition de lois pour "vider les prisons".

jeudi 18 juillet 2013

SNCF: à Brétigny, la thèse du sabotage se précise

Un précédent déraillement le 12 juillet

Le 15 juillet 2013 en Gare de Bondy (Seine-Saint-Denis), des agents de la SNCF inspectent et resserrent si besoin les éclisses des aiguillages des voies ferrées après l’accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge.Les malveillances qu'on nous dssimule

La SNCF a eu à connaître un autre acte de malveillance dans une gare de la Haute-Vienne
, le jour du déraillement du train Paris-Limoges. Même mode opératoire: le démontage d'une "éclisse", la même pièce qu'à Brétigny-sur-Orge, où les investigations sur les circonstances du drame suivent leur cours.
L'intuition d'un attentat grandit avec ce nouvel élément venu s'ajouter à différentes enquêtes, l'une judiciaire, les deux autres administratives, se poursuivent sur les causes du déraillement du train Paris-Limoges, le 12 juillet, en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne). 

L'information a filtré: le même jour et toujours sur l'axe Paris-Limoges, un autre acte de malveillance a été commis dans le département de la Haute-Vienne, de l'autre côté, à la gare de triage de Saint-Sulpice Laurière. Une locomotive haut-le-pied, qui circulait donc sans wagons de voyageurs et, semble-t-il à vitesse réduite, a déraillé sans  se coucher sur le côté. D'après des technciens de la SNCF, l'acte de malveillance ne fait aucun doute, des éclisses (lourdes pièces d'acier) et des boulons ayant été démontés et retrouvés sur le bas-côté. De bonne source, on indique également que les autorités locales ont été prévenues et qu'une plainte a été déposée à la gendarmerie, qui a effectué les premières constatations sur place. 

Le service de communication de la SNCF confirme être "au courant" de cet incident 

Mais la SNCF ne souhaite pas le commenter
, dans la mesure où une enquête de la gendarmerie est cours. Dans l'affaire de Brétigny-sur-Orge, le mauvais positionnement d'une éclisse est à l'origine du drame (6 morts, une trentaine de blessés).
Après les attaques à répétition de caténaires des années 2008-2009 (cf. libellé "caténaire(s), rien ne permet encore de conclure, à ce stade des investigations, à un sabotage...  
Ni à l'intention criminelle et à la récidive. Pourvu donc que la série ne continue pas...
-  "Arrachage de caténaire dans le Var: une pure malchance ? "


mercredi 17 juillet 2013

Catastrophe de Brétigny-sur-Orge : une commission d’enquête s'impose

Interrogations sur des silences

Un "post" d'Ivan Rioufol le 17 juillet 2013 nous inspire quelques remarques.
 

Un non-événement qui a fait 6 morts...
"Je constate qu’il est particulièrement difficile de savoir avec précision, cinq jours après les faits, ce qui s’est passé lors de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (6 morts,16 blessés).

Le ministère de l’Intérieur n’est visiblement pas bavard, sinon pour dire qu’il n’y a pas de sujet, hormis le drame. Il a ainsi immédiatement fait savoir qu’il ne retenait pas l’éventualité d’un acte de malveillance dans le triple [quadruple ?] déboulonnage d’une lame d’acier de dix kilos, tandis que François Hollande soulignait, dans son entretien du 14 juillet, "la fraternité" d’une "population qui est venue spontanément"
[Tandis qu'en boucle, la presse autrefois "impertinente" soulignait pesamment que Hollande et des membres du gouvernement étaient vite accourus, toutes affaires cessantes,  les responsables de la SNCF s'étaient empressés de disculper les cheminots. Mais ils ont tous également fait valoir que des contôles technques avaient eu lieu récemment, le 4 juillet. Et pourtant, une éclisse fatale aurait échappé à la vigilance des irréprochables cheminots, à l'entrée même de la gare de Brétigny, lieu du drame...]


Dès le 15 juillet, Libération, plus docile que jamais avec le pouvoir, poursuivait sur cette ligne épurée en titrant sur "Les "détrousseurs de cadavres" imaginaires", contredisant notamment la déléguée du syndicat de police Alliance, Nathalie Michel, qui, sur Europe 1, parlait dès le 12 juillet d’un "groupe de jeunes (qui) a feint d’aider les blessés pour mieux les détrousser". Des jets d'objets contre les forces de l’ordre, confirmés par d’autres policiers, n’ont pas davantage éveillé l’indignation de Manuel Valls. Quatre hommes interpellés ont été relâchés. Circulez, rien à voir ?

Il me semble, au contraire, qu’une commission d’enquête serait utile
L’Intérieur, qui s’est illustré par de récents enfumages (Manif pour tous, émeutes du Trocadéro, Clément Méric) [et continue à se faire reluire en interpellant un Norvégien qui,  après 16 ans de prison en Norvège, n'est toujours pas en règle avec la société en France, parce qu'il traîne un passé néo-nazi], a perdu de sa crédibilité. 

Il fait peu de cas de témoignages supplémentaires de policiers qui parlent aussi d’individus "dépouillant" des victimes et de "caillassages". Il y avait sur place une centaine de policiers et une demi-compagnie de CRS afin de maintenir l’ordre. Le Monde, qui a interrogé un témoin direct, confirme [!]: "Quelques jeunes auraient essayé de profiter de la situation. Certains ont tenté de voler des affaires éparpillées. D’autres ont filmé les scènes dramatiques avec leur téléphone"

Des agents de surveillance de la SNCF disent avoir vu des personnes pénétrer dans des voitures "de première classe".
Ces informations éparses décrivent bien, au bout du compte, des comportements qui n’ont rien à voir avec la fraternité louangée par le chef de l’Etat. Valls vient opportunément d’arrêter, en France, un norvégien d’extrême droite, Varg Vikernes,soupçonné d’être "une menace potentielle pour la société". Ne pourrait-il faire preuve d’une même détermination pour lever prioritairement les zones d’ombre sur les circonstances de l’accident de Brétigny ? Si des barbares ont sévi, le scandale serait que l'Etat cherche à sous-estimer ce fait.

[Nous avons le droit de savoir si les pillards surpris à dépouiller les morts et les blessés, malgré la police, se trouvaient déjà dans la place. 
Ces charognards anonymes que nous cotoyons au quotidien sont-ils en vérité les auteurs d'un sabotage d'éclisse pour dévaliser les victimes ?

Selon le syndicat Sud-Rail, des jeunes cagoulés ont attaqué, à trois reprises, des voyageurs sur la ligne SNCF Paris-Orléans, le 23 avril, puis les 28 et 29 maiCes faits seraient de toute évidence l'œuvre d'une même bande qui grimpe à chaque fois dans le train à l'arrêt en gare de Monerville et descent à l'arrêt suivant à Angerville. "Deux endroits en pleine campagne et en général très calmes", indique un de ses délégués de SUD, Christophe Fargallo, en regrettant l'absence de caméras de surveillance dans ces deux gares.

L'attaque rappelle
l'affaire récente du RER D où une quinzaine de jeunes s'en étaient pris en mars 2013 à des voyageurs alors que le train était à l'arrêt en gare de Grigny. Seize jeunes, dont 13 mineurs de 13 à 17 ans, furent arrêtés  à Grigny, ...Essonne.

L'Essonne est-elle le terrain d'activité de gangs sévissant à la SNCF au départ de la gare d'Austerlitz? 
Le ministre de l'Intérieur, ex-député-maire d'Evry, Essonne, est-il soucieux de dissimuler le niveau de délinquance jusque dans son propre département ?Ni Le Monde, ni Libération n'a dressé l'oreille gauche...]


samedi 13 juillet 2013

Catastrophe SNCF de Brétigny : des jeunes venus dépouiller les morts et les blessés

A Brétigny-sur-Orge, caillassage et pillage sur le site de l'accident : info ou intox ?

Ce samedi matin, le ministre des Transports minimise les incidents 



Frédéric Cuvillier nie avoir connaissance "de victimes dépouillées" par des délinquants, à la faveur de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne)Vendredi vers 18h30, alors que les secours se déployaient en masse autour de la gare, près de 200 curieux avaient pris place en effet autour du périmètre de sécurité établi par les forces de l’ordre. Une mesure de précaution destinée notamment à permettre aux huit hélicoptères des secours de se poser
Or, selon les informations concordantes de plusieurs media, dont France 2, des vols ont été commis au préjudice de secouristes et de certaines victimes par un petit groupe de jeunes, des pillards venus voler sur les corps des morts et des blessés ce qu’ils pouvaient emporter.


Rapidement, une cinquantaine de jeunes gens s’en sont pris à la police, tentant de forcer le barrage mis en place. Des compagnies républicaines de sécurité (CRS) sont alors intervenues, pour repousser d’une centaine de mètres le périmètre de sécurité. C’est à ce moment-là que des heurts ont eu lieu avec une partie des jeunes, dont certains ont commencé à caillasser plusieurs véhicules du SAMU qui n’avaient pas pu prendre place à l’intérieur du périmètre. 


Un secouriste s’est ainsi également fait voler son téléphone portable. Certaines sources policières affirment que des victimes de l’accident et une journaliste ont été elles aussi, dépouillées de leurs sacs à main ou téléphones. Les policiers ont procédé à six interpellations, dont deux se sont soldées par une garde à vue. Vers 19h30, repoussés par les CRS, curieux et agitateurs ont déserté la zone.


Le ministre des Transports admet des "actes isolés"



Le maire de Brétigny-sur-Orge, Bernard Decaux, avoue qu'"il y a eu des pierres lancées contre les pompiers et les policiers, mais "aucune" ne les aurait atteints."le mot 'caillassage' paraît très exagéré"...
Le sous-préfet d’Etampes, Ghyslain Chatel, confirme l’interpellation d’un homme, alors que six arrestations ont été évoquées vendredi. Selon une source judiciaire, le mineur a été interpellé vers 19h30 vendredi pour "outrage, vol, et violences en réunion" et placé en garde à vue. Le sous-préfet parle également d’un camion de pompiers visé par des projectiles.

"Une personne interpellée", "une tentative de vol de portable" au préjudice d'un secouriste, des "pompiers qui, par petits groupes, ont été accueillis de façon un peu rude". Mais de "véritables actes commis en bande, non", maintient le ministre, interrogé ce samedi matin notamment sur i-télé.


VOIR et ENTENDRE
un reportage du Parisien: "La police peine à faire respecter le périmètre de sécurité"...



Les policiers ont procédé à six interpellations

Deux se sont soldées par une garde à vue
, dont un pour vol, mais les autres ont peu de chances d’être retrouvés : une partie des caméras de la gare était hors-service après l’accident, et les policiers présents sur place travaillaient surtout à secourir les victimes.
Les autres ont peu de chances d'être retrouvés : une partie des caméras de la gare était hors-service après l'accident, et les policiers présents sur place travaillaient surtout à secourir les victimes.

Nathalie Michel, du syndicat de police Alliance, raconte la scène au micro d’Europe 1 :
"A 17 heures 30, alors que nos collègues interviennent, ils voient un groupe de jeunes qui approchent et qui semblent porter secours aux victimes. Très rapidement, ils se rendent compte que ces individus sont présents pour dépouiller les victimes et notamment les premiers cadavres", s’insurge la syndicaliste.


Les échauffourées ont eu lieu vers 19h15, et ont duré une quinzaine de minutes. 

Les policiers décident alors de les chasser, mais les jeunes Ils ripostent aux forces de l’ordre en leur jetant des pierres
, ainsi qu’aux pompiers en cours d’intervention. Pour s’en débarrasser, les secours sont contraints de demander des renforts. 
Rapidement, une cinquantaine de jeunes gens s’en sont pris à la police, tentant de forcer le barrage mis en place. Des CRS sont alors intervenues, pour repousser d’une centaine de mètres le périmètre de sécurité. C’est à ce moment-là que des heurts ont eu lieu avec une partie des jeunes, dont certains ont commencé à caillasser plusieurs véhicules du SAMU qui n’avaient pas pu prendre place à l’intérieur du périmètre: une quinzaine de jeunes, selon une équipe de France 2 présente sur place.

La gauche tente de faire taire les témoins gênants









Une certaine presse juge que la droite s'est jetée sur ces faits

Ces informations provoquent immédiatement l'indignation sur Twitter, notamment de la part de responsables et d'élus UMP comme Valérie Pécresse, 

Guillaume Peltier ou encore Yannick Moreau.





Le député PS de l’Essonne Jérôme Guedj a également dénoncé de "sombres crétins inhumains qui ont manifestement profité de la cohue pour voler des téléphones, des portables et des bagages".


"Ne rien minimiser. Ne rien taire. Mais ne rien exagérer non plus (pas de scène de pillage, dixit des secouristes)", a toutefois assuré l'élu, ambigü. S'est-il fait recadrer ?

Catastrophe de Brétigny: la piste de la défaillance de l'aiguillage privilégiée

Défaillance de l'aiguillage ou sabotage ?

Le déraillement du train Corail Paris-Limoges a fait au moins six morts, à Brétigny-sur-Orge (Essonne), un vendredi de départs en vacances.
La pire catastrophe ferroviaire depuis 1988 en France a tué quatre hommes et deux femmes.
Selon des sources proches de l'enquête, il s'agit d'un couple d'octogénaires qui seraient originaires de Brétigny, de trois hommes de 19, 23 et 60 ans et d'une jeune femme dont l'âge n'a pas été spécifié. Parmi ces victimes, des personnes sont originaires d'Etampes, dans l'Essonne, et du Limousin.
Certaines se trouvaient sans doute dans le train et d'autres sur le quai quand le train Intercités a déraillé à 17h14. En outre, neuf personnes sont gravement blessées, dont deux ont un pronostic vital engagé, d'après le SAMU de Paris.
A la mi-journée, les autorités laissaient entendre que le bilan pourrait ne plus beaucoup évoluer, mais restaient prudentes, avant que les trois voitures du Paris-Limoges qui se sont couchées ne soient enlevées des voies de la gare, à l'aide d'une grue arrivée en début d'après-midi. Les opérations devraient durer jusque dans la soirée.
Ce sont les blessés qui pourraient désormais alourdir le bilan. Selon le responsable du SAMU de Paris, le professeur Pierre Carli, "51 urgences relatives" ont été recensées et neuf blessés se trouvent en état d'"urgence absolue". Pour deux d'entre eux, le pronostic vital est réservé. Ils sont soignés à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), l'un des quatre établissements les plus mobilisés, avec Henri-Mondor à Créteil et les hôpitaux parisiens de la Pitié-Salpêtrière et de Lariboisière, selon le médecin.Les neuf blessés très graves, "des polytraumatisés, ont été évacués par hélicoptère" vendredi soir. Les blessures les plus graves sont liées soit à l'écrasement du train (les victimes ont dû être désincarcérées), soit à la projection hors de la voiture, alors que le train roulait à grande vitesse. Dans ce dernier cas, les lésions les plus fréquentes sont des traumatismes, notamment crâniens. Le Pr Carli a  en outre précisé que 70 personnes avaient été "prises en charge par des cellules d'urgence médico-psychologiques". Au total, les secours ont pris en charge 227 personnes vendredi.
Immédiatement après l'accident, 
des témoignages de voyageurs semblaient mettre en cause l'aiguillage, à 200 mètres en amont de la gare.
Les voyageurs rescapés et les témoins s'accordaient à décrire la violence inouïe de la catastrophe.
Des morceaux de ballast ont été retrouvés dans la ville, a raconté le maire PS de Brétigny, Bernard Decaux. Le toit de la gare et un quai de béton ont été défoncés, des voyageurs ont été éjectés, d'autres ont évoqué des "images de guerre", "un jeu de massacre"...
L'accident a des conséquences sur le trafic ferroviaire. Certains tronçons du RER C vont être perturbés pendant plusieurs jours. Samedi, la gare d'Austerlitz restait partiellement paralysée en période de départs en vacances.
La SNCF a mis en place un nouveau numéro vert pour la prise en charge des victimes et les familles: 08 00 12 08 21.

La SNCF s'aventure sur la piste de la défaillance d'une pièce d'un aiguillage
Dès samedi, au lendemain du choc, les autorités privilégient la thèse de la défaillance d'une pièce d'acier de dix kilogrammes dans le système d'aiguillage, se fondant sur les scènes d'horreur rapportées par les voyageurs et les témoins. 

"L'éclisse", sorte d'agrafe qui relie deux rails, "s'est désolidarisée, elle s'est détachée, elle est sortie de son logement", a détaillé Pierre Izard, directeur général des infrastructures de la SNCF. Elle "est venue se loger au centre de l'aiguillage et, à cet endroit, elle a empêché le passage normal des roues du train et aurait provoqué le déraillement du train", a-t-il analysé.

La SNCF va contrôler les 5.000 pièces semblables de son réseau. "Les raisons de la désolidarisation de cette éclisse du rail est l'objet même" des enquêtes judiciaire et techniques en cours, a déclaré le patron de la SNCF, Guillaume Pepy. "La SNCF se considère comme responsable. Elle est responsable de la vie de ses clients", a-t-il dit.

Solidarité des cheminots: les réflexes du camarade conducteur saluée

Dans des circonstances aussi dramatiques, le ministre socialiste de tutelle, Frédéric Cuvillier, a mis a priori hors de cause les cheminots, se parant contre une éventuelle réaction syndicale.  
Cuvillier s'est appliqué à rendre hommage au conducteur, qui a déclenché "l'alerte immédiatement, ce qui a évité la collision avec un train qui venait dans le sens inverse". Selon une source syndicale, cet homme, "légèrement choqué psychologiquement", est rentré samedi matin chez lui.
Mais il n'a pas craint de polémiquer, citant l'obsolescence des infrastructures ferroviaires françaises: "Le constat est sévère avec une dégradation ces dernières années, faute de moyens consacrés aux lignes classiques."
"On a privilégié le TGV au lieu de penser au réseau secondaire, les lignes qui rendent service. Pepy doit en tirer toutes les conséquences", a également affirmé le porte-parole de l'Association des voyageurs usagers des chemins de fer (Avuc), Willy Colin, qui s'était déjà signalé aux côtés des cheminots lors de la grève SNCF de la mi-juin 2013. "La réforme c'est quoi ? C'est un autre statut pour les cheminots. Ils sont en grève pour des raisons matérielles ", affirma-t-il sur RMC, s'en prenant par ailleurs à Sud-Rail. "L'information circule et c'est grâce au service minimum. Mais certains syndicats contournent ce service minimum avec des droits de retraits."

L'aiguillage a pourtant fait l'objet d'un contrôle de sécurité le 4 juillet, selon la SNCF. Une demi-heure avant la catastrophe, un autre train est passé, sans qu'aucune anomalie ne soit relevée. Quant aux wagons et à la locomotive, ils étaient "à jour de toute vérification".

Les autres pistes semblent écartées, notamment celle d'une fragilisation de la structure liée à des travaux récents dans la zone et surtout celle de l'erreur humaine. Le train, qui transportait 385 voyageurs, roulait à 137 km/heure, sous les 150 km/h autorisés a-t-on dit et répété sur toutes les chaînesde télévision.

Si
le président PS de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon n'a pas exclu un acte de malveillance, l'entourage du ministre de l'Intérieur, élu de l'Essonne, a jugé cette hypothèse "prématurée", recommandant d'être "très prudent", car, à ce stade, il ne s'agirait que de "rumeurs". "On n'a pas d'élément en ce sens, mais on ne peut pas exclure la thèse de la malveillance", a néanmoins confirmé une source judiciaire.
Les secours ont travaillé toute la nuit 
sur les lieux du drame de Brétigny-sur-Orge.

Ce qui fragilise la thèse sur laquelle les officiels ont sauté.
Le président de Réseau ferré de France, Jean-Claude Rapoport, a souligné pour sa part que
l'aiguillage en question avait été vérifié lors d'une inspection régulière le 4 juillet dernier.

Autre bizarrerie de la thèse de la défaillance mécanique,
l'aiguillage est situé 150 m en amont de la gare de Brétigny, et donc particulièrement accessible aux contrôles.

En décembre 2008, des  tirs sur des caténaires près de Marcoussis (Essonne) avaient retardé une trentaine de TGV sur la ligne TGV Atlantique Paris - Le Mans, lors des départs des vacances de Noël. Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, avait confirmé un sabotage. "C'est à nouveau un acte de malveillance à quelques kilomètres de Marcoussis ou s'était passé il y a deux moins un tir à la carabine. C'est exactement la même malveillance, c'est-à-dire à nouveau un impact de balle sur la caténaire," avait-il déclaré  sur France 2, dévoilant les conclusions de l'enquête de la Gendarmerie. Le président de la SNCF avait expliqué qu'il n'est pas possible de "mettre un gendarme tous les kilomètres sur un réseau long de 33 000 kilomètres".
Aujourd'hui, Valls les réserve aux opposants au mariage homosexuel.

Le gouvernement ne veut pas d'une nouvelle affaire Coupat, du nom du meneur d'un groupe d'extrême-gauche
 révolutionnaire, l’Internationale situationniste (IS), qui se trouvait le 7 novembre 2009 dans la campagne seine-et-marnaise à l’aplomb de la voie du TGV-EST sabotée cette nuit-là...

Dans ce contexte,
la SNCF tient à sauvegarder son image et annonce le contrôle des 5.000 pièces semblables de son réseau. "Nous avons décidé de vérifier les équipements de cette nature sur l'ensemble du réseau et cela commence maintenant", a-t-il précisé.
"La désolidarisation de cette éclisse du rail est l'objet même" des enquêtes judiciaire et technique en cours, a déclaré le patron de la SNCF,
Guillaume Pepy, qui a également indiqué que la SNCF se considère "responsable" du drame de Brétigny-sur-Orge.