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mardi 24 mars 2015

Dramatisation des départementales: faut-il sauver le soldat socialiste?

La gauche de déclare en danger de mort !

Pensez-vous qu'il faille dresser le constat de décès de la gauche?

Rose malade de ses pucerons
Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, "proche" du Parti socialiste, a la réponse dans L'Express ! Et ça démarre sur de "bonnes" bases, puisqu'il attribue à la gauche l'exclusivité de l'égalité, comme "coeur de son identité"... Il concède toutefois que cette gauche laminée dès le premier tour des départementales ne parvient toujours pas à l'ouvrir, ce coeur-là, à en croire son propre électorat, puisque la gauche doit " repenser en profondeur les moyens d'y parvenir".

Intellectuel socialiste qui travaille pour l'agence publicitaire Havas Worldwide (L’Oréal, BNP Paribas, Sanofi-Aventis, Orange, Total, Nestlé ou Unilever), Gilles Finchelstein affirme que "l'un des grands défis du PS est de retrouver le sens du collectif [ce qui, pour de la part de 'socialistes' semble inattendu et lourd de sous-entendus d'échecs multiples et accumulés !] (...) "Chacun doit veiller à ne pas exacerber les divergences" exhorte-t-il...

"Non, la gauche n'est pas morte", nie-t-il, affirmant sérieusement que le premier tour des élections départementales aurait encore confirmé un souffle d'énergie vitale, bien qu'arrivé au 3e rang, derrière l'extrême droite. "Mais la gauche est en danger de mort : elle court le risque de n'être plus qu'une force politique résiduelle, la nostalgie d'un temps révolu. C'est d'ailleurs une situation qui n'est pas propre à la France [une comparaison toujours facile en état de détresse]: au sein du G20, à peine un tiers des grands pays de la mondialisation comptent encore une gauche qui soit une force politique réelle. [Quand commence-t-on à être -ou ne plus être- ce qu'on prétend être ?] En Europe même, berceau de la social-démocratie, elle résiste dans le Nord, mais elle est marginalisée à peu près partout dans l'Est, menacée en Espagne et pulvérisée en Grèce. Nous sommes au coeur de ce que Gramsci [mort en 1937, fondateur du Parti communiste italien] appelait "la crise" dans ses Cahiers de prison : "Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur ­surgissent des monstres."  On est avant le Pacte germano-soviétique entre Staline et Hitler...

Quelles formes prennent les monstres aujourd'hui?
Des populismes politiques aux extré­mismes religieux [ils ont eu beau soutenir les printemps arabes, anti-chambres du fanatisme islamiste], il s'agit de tout ce qui nous fait sortir du cadre ancien et structuré de la démocratie. [Ces extrémismes n'incluent plus l'extrême gauche: pour la blanchir, il aura suffi de la rebaptiser "gauche radicale"]. 

Le Parti socialiste peut-il être le pilier autour duquel la gauche française va se restructurer?
[La question porte la réponse...] Oui. Je ne crois pour la France ni à un scénario Syriza (restructurer la gauche autour de l'extrême gauche) ni à un scénario Podemos (restructurer la gauche autour d'un mouvement social). Outre que la crise est, malgré tout, bien moins profonde en France qu'en Grèce ou en Espagne, [et, pour le bien de la démonstration, on va tout de suite savoir pourquoi] ce qui caractérise la France, c'est davantage la droitisation du pays que l'ouverture d'un espace à l'extrême gauche. [une affirmation péremptoire qui fait l'économie d'une démonstration difficile] Le chemin le plus rapide reste donc celui d'une reconstruction autour du PS. [Ce que l'extrême gauche conteste précisément aux socialistes hégémoniques] 

Ne faut-il pas commencer par redéfinir le PS? Quel visage doit avoir le socialisme de demain, celui de Martine Aubry ou celui d'Emmanuel Macron?
Contrairement à d'autres, à gauche, je ne sous-estime pas l'importance de ce que vous appelez le "visage" : la personnification n'est pas simplement un travers de la Ve République [avec Valls, on parle néanmoins d'"incarnation" et celle-ci, contestée à droite comme à gauche, notamment les "frondeurs", ne doit rien à la droite], c'est aussi l'une des caractéristiques de la vie politique contemporaine -on le voit par exemple en Italie, autour de Matteo Renzi [dont on voit déjà qu'il ne réussit pas mieux que Valls, selon l'auteur, dans Libération, de 'Cahuzac, Moscovici, Valls faisaient com’ si de rien n’était']. Quant à "demain", si "demain" évoque l'élection de 2017, la logique voudrait que le visage de la gauche soit celui de François Hollande [c'est-à-dire, le visage social-démocrate, mou et flou]

Pourtant, François Hollande est l'un des problèmes de la gauche française, l'une des causes de sa mort annoncée!
Mais les difficultés de la gauche française dépassent, et de loin, la personne de François Hollande ! Depuis 1965, le président de la République sortant, au terme de son premier mandat, a toujours été candidat à sa propre succession. Toujours ! La logique institutionnelle, qui est d'ailleurs identique dans les autres grandes démocraties, c'est donc que François Hollande soit candidat. On peut redouter, compte tenu de ce qui s'est passé depuis trois ans, que le cycle de défaites aille jusqu'en 2017. Mais la logique des scrutins... [Et des sondages... Quelle est donc la logique qui trouvera grâce auprès de Finchelstein ?] L'histoire n'est pas écrite, elle dépendra des résultats économiques, de la poursuite des réformes, de l'offre politique, de la campagne de 2017 elle-même... [Faut-il être une lumière pour l'affirmer?] Il [Hollande??]  demeure un chemin vers la victoire. [Faut-il vraiment que la Fondation Jean-Jaurès soit à la rue! Ils auront simplement observé que, depuis plusieurs semaines, Hollande se tient désormais bravement à distance de tout ce qui fâche les Français et n'assure plus que les séances publiques de compassion, la présidence de cellules de crise et les tweets édifiants], même si c'est un petit chemin escarpé de montagne plutôt qu'une ­autoroute à six voies. 

S'agit-il d'un problème de valeurs ou simplement de résultats électoraux?
Ce n'est pas du tout un problème de valeurs -d'ailleurs, si tel était le cas, la gauche serait morte. [LOL] Le coeur de l'identité de la gauche, c'est l'égalité. Or, dans le monde comme en France, la question de l'égalité n'est pas derrière nous, elle est devant nous. [Un douloureux aveu d'échec pour les socialistes du XXe siècle: Jaurès est mort en 1914...] Ecole, logement, santé, emploi, patrimoine, numérique... il y a de quoi faire. [Mitterrand (1981-1995: 14 ans) et Jospin (1997-2002) n'ont-ils pas exercé le pouvoir?] Ce ne sont pas les valeurs qui sont en crise, ce sont les moyens d'action politique : les leviers traditionnels de la gauche, comme l'Etat, la ­dépense publique ou la redistribution, sont malmenés par la mondialisation. [Que faut-il à l'Etat-PS -tous les pouvoirs aux mains d'un seul- pour que le socialisme ait les moyens de fonctionner ?] C'est pourquoi je plaide pour que la gauche reste centrée sur cette question de l'égalité et qu'elle repense en profondeur tous les moyens d'y parvenir. [Les classes moyennes, notamment les familles et les petites entreprises, n'ont-elles donc pas déjà assez donné, en trois longues années ?]

Le PS n'est-il pas trop divisé en son sein même pour réussir sa rénovation?
C'est une idée à la mode, que je ne partage pas : le Parti socialiste est divisé, mais il l'est beaucoup moins profondément que dans les années 1970 ou 1980 [seuls les retraités peuvent confirmer pour avoir vécu ces  30 années évoquées et le quinqua Finchelstein parle d'or, sur la base de connaissances livresques] : les divergences entre François Mitterrand et Michel Rocard sur l'économie, ou entre François Mitterrand et Jean-Pierre Chevènement sur l'Europe, étaient infiniment plus profondes qu'entre les frondeurs et le gouvernement de Manuel Valls ! [A ce détail près de l'Histoire selon Finchelstein que les années considérées connaissaient la prospérité et non pas la crise] En revanche, la perception de ces divergences par l'opinion, dans notre société surmédiatisée, est beaucoup plus importante. [Le "ressenti" est "une idée à la mode" à laquelle sacrifie -au besoin- la "plume de la plume de Jospin "] L'expression de la différence est payante dans une logique médiatique individuelle, mais coûteuse dans une logique politique collective. [Le PS devra-t-il faire verser la France au fossé du totalitarisme ?]

Quelle leçon faut-il en tirer?
L'un des grands défis du PS, c'est de retrouver le sens du collectif [dictature des juges rouges, de la presse partisane, des associations militantes, des syndicats radicaux ou des 'hussards de la République" ?] Il ne s'agit pas que tous ceux qui pensent différemment se taisent [l'idée aurait-elle effleuré ce membre du think tank mondain Le Siècle ?]; simplement, chacun doit veiller à ne pas exacerber les divergences. [Même celles de l'opposition républicaine? A l'UMP, ils attendent de voir ça!]

A trop s'occuper des minorités, le PS a-t-il oublié le coeur de son électorat, qui se sent aujourd'hui exclu du système?
Ce qui caractérise les comportements électoraux, c'est de plus en plus la mobilité [un constat dont Finchelstein fait un amalgame]. Penser qu'on a un électorat captif est totalement archaïque ! [L'idée que découvre le penseur en chef de la Fondation Jean-Jaurès est archaïque depuis longtemps !] De la même manière, croire qu'il est possible d'apporter des réponses ciblées est un leurre, car ces demandes sont très ­souvent contradictoires... [Egaré entre leurre et archaïsme, Finchelstein en appelle à son GPS] Il faut [yapuka] donc s'adresser à l'ensemble des Français, à travers une stratégie de l'offre, en privilégiant ce que Laurent Bouvet [EHESS, directeur de l'observatoire de la vie politique à la Fondation Jean-Jaurès] appelle le "commun" [le "peuple", pour éviter de dire la "populace", quand on est comme lui membre de la Gauche populaire, avec Laurent Baumel ou François de Rugy]. 
Le grand enjeu est de savoir si le débat va se structurer autour de la question de l'égalité ou de celle de l'identité. Je pense que l'intérêt de notre pays -pas seulement de la gauche - c'est de ne pas exacerber la question de l'identité, sur laquelle, dans une société en tension [du fait de l'immigration non maîtrisée et du communautarisme], il est plus difficile de trouver des compromis.

Faudra-t-il un jour que le PS choisisse entre Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou?
En 2012, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou ont appelé à voter François Hollande. En 2015, aucun des deux ne le soutient plus. [voilà des boucs émissaires idéaux, mais sans plus de stigmatisation larvée que celle visant la candidate Taubira à la présidentielle de 2002] Je considère que la rupture avec Mélenchon est ­irréversible -même s'il faut continuer à débattre avec lui [même si on ne débat pas avec le Syrien al-Assad] et, surtout, essayer de convaincre toute la gauche. [Les départementales n'en sont qu'à l'entre-deux tours et les Régionales sont pour décembre] Mais enfin il y a, au-delà de la violence du verbe, des actes : le vote de la motion de censure, le refus de se désister dans le Doubs... [Finchelstein arrive enfin au terme de son cabotage en forme de raisonnement] Il faut prendre garde à ne pas donner corps au clivage que Mélenchon veut substituer au clivage entre la droite et la gauche, celui qui se serait creusé entre le peuple et les élites -ce qu'il appelle l'"oligarchie".   

Quant au rapprochement avec Bayrou, il est ­aujourd'hui hypothétique : la fenêtre ouverte en 2012 s'est refermée, mais, en fonction de ce que sera la candidature de l'UMP, qui peut exclure qu'elle s'ouvre à nouveau en 2017 ? La dynamique, en tout cas, ne peut venir que du président de la République, sachant que, pour gagner, il lui faudra d'abord ­rassembler.

La "dynamique" de Hollande... l'élégant Finchelstein a de ces idées !
Les Français ont vu ce que donne la "dynamique" de Hollande en matière de redressement de l'emploi, de la dette oublique ou du pouvoir d'achat. Pas cet intello-bobo ! 
Ce diagnostic de la mort annoncée du PS  de la gauche est celui d'un rebouteux.

2 commentaires :

  1. Qu'elle crève.................

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    1. Ce type de commentaire n'est pas commun sur ce blog!

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