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samedi 14 mars 2015

Le maire de Béziers rend hommage aux victimes oubliées de l'après 19 mars 1962

Robert Ménard rebaptise une rue Elie Denoix de Saint-Marc

L'opposition conteste les choix du nouveau maire de Béziers
 

Robert Ménard a débaptisé la rue du 19 mars 1962, date de la fin de la guerre d'Algérie, pour lui donner le nom d'un officier partisan de l'Algérie française.
Il a en effet décidé de débaptiser la rue célébrant la date de la signature des Accords d'Evian, qui ont mis fin à la guerre d'Algérie, pour lui donner le nom du commandant Elie Denoix de Saint-Marc.

"Rendre hommage à un héros"
Défi de l'opposition à la majorité démocratique
Robert Ménard s'y était engagé devant les électeurs pendant la campagne des municipales. Le 11 décembre 2014, il est passé des paroles aux actes. Ce jour-là, en conseil municipal, installé dans son fauteuil de maire, il a proposé aux élus biterrois de débaptiser la rue du 19-Mars-1962 pour lui donner le nom de Commandant-Hélie-de-Saint-Marc.
Le premier magistrat biterrois expliqua au Midi Libre que "faire du 19 Mars 1962 la date de la fin de la guerre d'Algérie, c'est se moquer de l'Histoire et c'est une insulte à la fois aux Français d'Algérie et aux Harkis". En donnant à cette rue le nom du commandant Elie Denoix de Saint-Marc, il entend "rendre hommage à un héros", à compter du 19 mars 2015.

Loin d'apporter aux populations la paix attendue sur le terrain, les accords d'Évian inaugurèrent une période de violence redoublée et de massacres des harkis. 
Après plus de sept années et cinq mois de guerre, les accords du 19 mars 2015 ne signèrent pas la fin réelle du conflit d'Algérie. Les conditions de la sécurité des populations étaient loin d'être assurées. Actuellement présidé par le président Bouteflika, le FLN profita des accords pour reconstituer ses forces armées. A partir du 17 avril 1962, il lança une campagne d'enlèvements de Français supposés proches de l'OAS. Les massacres d'anciens harkis suivirent presque immédiatement les accords. Loin de régler le problème algérien, les accords et l'inaction voulue des forces françaises en Algérie eurent pour conséquence une période de violence meurtrière qui perdura de longs mois pour les harkis. L'historien spécialiste de la guerre d'Algérie Guy Pervillé, conclut ainsi : "Les accords d’Évian, voulus par le gouvernement français comme la 'solution du bon sens', se révélèrent donc une utopie, qui échoua à ramener une vraie paix en Algérie." C'est entre le cessez-le-feu et la proclamation de l'indépendance de l'Algérie qu'il y  eut "le nombre de victimes le plus important".
Dans sa profession de foi de la municipale, Robert Ménard défendait sa position par rapport à la guerre d'Algérie : "Je suis pied-noir et fier de l'être. Et je n'oublie pas, je n'oublierai jamais les leçons de mon père...", écrivait-il, lui le fils d'un militant de l'OAS (Organisation armée secrète). 
De la Résistance et des camps de concentration au "putsch"
Résistant à 19 ans, déporté à Buchenwald en 1943, à l'âge de 21 ans, Hélie de Saint-Marc intégra Saint-Cyr après la guerre. Il participa, ensuite, aux combats en Indochine, puis en Algérie. Là, en avril 1961, commandant par intérim le 1er Régiment étranger de parachutistes, Hélie de Saint-Marc prit part avec ses hommes au putsch des généraux de 1961. L’opération ayant échoué, il se constitua prisonnier. Jugé, Hélie de Saint-Marc fut condamné à dix ans de réclusion criminelle. Il passera cinq ans derrière les barreaux et sera gracié le 25 décembre 1966. En 1978, Hélie de Saint-Marc fut réintégré dans ses droits civils et militaires par le président Valéry Giscard d'Estaing.Sorti de prison en 1966, l'homme était depuis devenu un écrivain à succès, une référence morale et historique, estimé par de grands intellectuels, dont Jean d'Ormesson.
Il est décédé à l'âge de 91 ans, le 26 août 2013Lire cet article du Figaro.

La contre-offensive passera par le tribunal administratif


Un recours "en excès de pouvoir" visant Robert Ménard - élu au terme d'une triangulaire avec 46,98 % des suffrages exprimés, contre 18,38 % au candidat de la gauche - a été déposé par le Parti communiste, ce mardi 24 février, devant le tribunal administratif de Montpellier. La pétition de l'extrême gauche qui circule dans cette ville de 79.000 habitants a recueilli environ 3.000 signatures. 

Au cours d'un nouveau
 déplacement de campagne à Saint-Brieuc samedi, le premier ministre PS Manuel
Valls a pris parti avant la justice, estimant que "la nostalgie de l'Algérie française n'apporte rien de bon". "Le FN n'aime pas la France, c'est rance, c'est triste", a lancé l'agent du Parti socialiste à Matignon. 

Or, la proposition du maire de débaptiser cette rue a été validée le 11 décembre dernier par le Conseil municipal de la ville.

VOIR et ENTENDRE Hélie Denoix de Saint Marc témoigner dans l'émission Apostrophes en 1989, après la sortie de sa biographie:


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