Valls renvoyé hors des frontières du PS ?
Le premier secrétaire du PS lui a demandé de quitter le parti
s'il n'est plus en accord avec ses idées.
Dans une lettre adressée au député-maire d'Evry (Essonne), la maire de Lille était radicale ...en 2009, déjà ! François Hollande ne pouvait ignorer, mais a choisi d'exposer le chouchou des Français à l'Intérieur.
Réponse du berger à la première secrétaire. Le député-maire d’Evry (Essonne) Manuel Valls, assura qu’il entendait "bien rester fidèle à [son] poste, à [sa[ famille politique et à [ses] valeurs", au lendemain du rappel à l’ordre de la patronne de la Rue de Solférino et proche de Cécile Duflot.
Egalement par courrier, Valls affirme: "Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l’aveuglement", écrit-il. "A la lecture de ta lettre, je ne te cache pas ma profonde inquiétude sur ta conception très datée du parti", grinçait-il également.
La première secrétaire du PS avait sommé Valls de rentrer dans le rang
La stalinienne lui intimait l'ordre d'arrêter de "tenir des propos [qui] portent atteinte à tous les militants et à tous les dirigeants". Tout en lui donnant du "Mon cher Manuel", Aubry lui avait même lancé un ultimatum dans la manière de Cécile Duflot et Pascal Durand, le priant de faire un choix "dans les jours qui viennent": se renier ou démissionner du PS.
"Tu donnes l’impression d’attendre, voire d’espérer la fin du Parti socialiste, accusait-elle.
Aubry lui avait mis le marché en mains: "S’il s’agit pour toi de tirer la sonnette d’alarme par rapport à un parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics, et apporter, en notre sein, tes idées et ton engagement. Mais si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences, et quitter le PS,. [...] On n’appartient pas à un parti pour s’en servir, mais pour le servir."
Une impression, le moins qu'elle puisse dire
Premier à se porter candidat à des primaires en vue de la présidentielle de 2012, Manuel Valls, qui s’est souvent comporté en électron libre, notamment sur les questions de société, se montre de moins en moins tendre à l’égard de son parti, appelant jusqu’à un changement de nom: dans Libération, il estimait même qu’il fallait "désormais privilégier la clarté du projet au fétichisme des mots".
«Il n’y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n’expliques aux media que notre parti est en crise profonde, qu’il va disparaître et qu’il ne mérite pas de se redresser. Paradoxalement, tu t’appuies sur nos règles collectives pour appeler à "l’insurrection militante", argumenteait ainsi Martine Aubry dans son réquisitoire.
La gauche du PS serrait les rangs autour de la Ch'tite battue et rebattue
Un premier secrétaire "dans son rôle", assurait Benoît Hamon. Le porte-parole du PS, s'était prononcé en faveur de l'exclusion: "dans cette lettre, elle rappelle les règles élémentaires de vie en commun, elle énonce des arguments. Manuel Valls est l’une des figures qui représentent l’avenir du PS. Cela lui confère des droits", dont celui de faire entendre sa voix, "mais aussi des devoirs, lui aussi a parfois franchi la ligne jaune", a rappelé Hamon. Interrogé sur d’éventuelles sanctions à l’encontre de Valls ou sur des mises en garde visant d’autres franc-tireurs socialistes, il avait calmé le jeu: "On n’en est pas là, je crois que ça ne va pas au-delà."
"Le parti, c'est pas une auberge espagnole"
![]() |
M.Aubry, entre M-G Buffet et C.Duflot,
affichait ses orientations
dans un café de la Bastille,
le 18 mars 2010
|
L’ex-Premier ministre Laurent Fabius s’est, de son côté, félicité de cette mise au point: "C’est pas mal qu’on rappelle les uns et les autres au besoin d’unité. Il faut quand même qu’il y ait un pilote dans l’avion, avait-il jugé sur RMC Info/BFM TV. Au Parti socialiste il y a toujours eu une grande liberté. Mais il y a des limites à ne pas franchir."
Quant à Harlem Désir, il avait estimé que "Martine Aubry a dit tout haut ce que pensent de nombreux militants". L’eurodéputé, chargé de la coordination au PS, en reprenant l'élément de langage du "besoin d’un rappel aux règles collectives dans un parti où certains donnent l’impression de vouloir jouer en permanence contre leur propre camp". "Jamais de formules assez louangeuses pour Nicolas Sarkozy pour sa politique de sécurité ou d’immigration. Jamais de formule assez dures contre son propre parti", avait dénoncé le sectaire Désir.
Les propos xénophobes de Claude Bartolone
"Enfin!", s’était, quant à lui, exclamé sur France Inter le président du Conseil général originaire de Tunisie. "Il était important que Martine Aubry, après avoir remis le parti au travail, après avoir rassemblé à nouveau les socialistes, y compris les amis de Ségolène Royal, dans la direction, dise: 'le parti, c’est pas une auberge espagnole' ", avait lancé le député de la diversité du 9.3, en direction du Catalan, tout en classant Valls parmi les "responsables politiques de la nouvelle génération qui a du talent".
Le patron de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini avait, en revanche, regretté cette mise en demeure: "J’aurais préféré qu’ils se rencontrent en tête-à-tête plutôt que ça se fasse par écrit", avait-il déclaré, souhaitant "que la raison l’emporte, qu’ils se rencontrent très rapidement et qu’on trouve les solutions adaptées".
Pendant toute la campagne Valls s'est affairé
après le noeud coulant de Hollande
Quatre ans plus tard, la bande de la Ch'tite Aubry a aboyé , mais la caravane est passée: et l'atmosphère au PS est irrespirable.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Vous pouvez ENTRER un COMMENTAIRE (il sera modéré):