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mardi 16 mai 2017

Les premiers reniements du président Macron

Conflits d'intérêts, cumul des mandats... Macron, héraut défaillant de la de la moralisation

Emmanuel Macron, lors de la présentation de son programme, avait insisté sur la nécessité de moraliser la vie publique. 

Résultat de recherche d'images pour "Emmanuel Macron, lors de la présentation de son programme, a insisté sur la nécessité de moraliser la vie publique. afp.com/Lionel BONAVENTURE"
Emmanuel Macron, lors de la présentation de son programme,
avait insisté sur la nécessité de moraliser la vie publique
Il était encore question de transparence, lors de la présentation de son projet, le jeudi 2 mars 2017. Le candidat Macron avait proposé une série de mesures  de moralisation de la vie publique, lesquelles avaient été ressenties comme des attaques de campagne contre ses deux principaux rivaux, Marine Le Pen et François Fillon, qui ont été visés par la presse, suivie de la justice. Leurs ennuis judiciaires avaient pollué le débat et donné une tonalité particulière à la présentation du programme présidentiel du candidat par procuration de Hollande, Emmanuel Macron,  qui avait accusé ses deux concurrents "de s'attaquer délibérément à l'Etat de droit".
Or, la transparence de la vie publique n'est pas la spécialité du premier ministre nouvellement nommé. D'après les informations de Mediapart, E. Philippe avait écopé d'un blâme de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) en 2014, suite à une déclaration de patrimoine opaque."La valeur de son appartement à Paris ? 'Aucune idée'. Ses parts dans une résidence de Seine-Maritime ? 'Aucune idée'. Son bien en Indre-et-Loire ? 'Aucune idée'", rapporta Mediapart. Malgré les relances de la Haute autorité, le député s'était toujours refusé à communiquer les valeurs ou le prix d'achat de ses propriétés. Aujourd'hui la constitution du gouvernement serait retardée -nous assure-t-on- pour permettre à la Haute autorité de contrôler ses ministres. "Les 'blancs' d’Édouard Philippe portaient atteinte au 'caractère exact' de sa déclaration et la HADVP n'avait pas estimé pour autant estimé qu’ils justifiaient une quelconque saisine de la justice.Résultat de recherche d'images pour "moralisation cumul des mandats"
L'ancien ministre de l'Economie de Manuel Valls s'était défendu de vouloir  "jeter le soupçon ou l'opprobre sur la totalité des élus". "Il y a nombre d'élus (...) qui ont toujours respecté les lois de la République et la moralité et se trouvent aujourd'hui pris dans ce débat qui est une lèpre pour la dignité de notre vie publique", avait-il déclaré lors de son intervention, par laquelle le candidat Macron s'engageait à une "stratégie de moralisation de la vie publique". 

Ainsi, le candidat proposa-t-il concrètement d'interdire à tout élu ou ministre d'embaucher un membre de sa famille. Mais on apprit bientôt qu'il comptait bien pourtant donner un rôle officiel à son épouse en faisant créer le statut de Première Dame... 

Il souhaita également interdire aux parlementaires d'exercer une activité de conseil parallèlement à leur mandat "pour mettre fin aux conflits d'intérêts". Un serpent de mer qui, depuis toujours, agite les flots politiques lors de la sortie de fonction des ministres et hauts fonctionnaires, mais qu'il promettait de dompter, en même temps qu'il contrôlerait les entrées de membres du gouvernement issus de la société civile. Ce qui vaut aux grévistes de Whirlpool et aux salariés d'entreprises en cours de licenciements, tels ceux de GM&S société menacée de liquidation judiciaire à La Souterraine dans la Creuse, ou des magasins Tati, mis en vente, d'attendre 48 heures de plus la constitution du nouveau gouvernement et la réunion du premier Conseil des ministres. Résultat de recherche d'images pour "moralisation activité de conseil  mandat"
Or, le nouveau premier ministre, Edouard Philippe, a travaillé pour le groupe Areva en tant que directeur des affaires publiques (2007-2010), c'est-à-dire en charge du lobbying pro-nucléaire de cette multinationale, alors qu'il venait tout juste d'être membre du cabinet d'Alain Juppé, ministre de l'Ecologie (2007).
Il souhaita également fiscaliser "l'intégralité de la rémunération des parlementaires notamment l'indemnité représentative de frais de mandat". "Un parlementaire doit vivre comme un cadre commercial. Il a des frais liés à son activité? Très bien, il peut les déduire. Mais il doit donner ses justificatifs, contrôlables par le fisc", confia Emmanuel Macron au Parisien. 

Il proposa enfin d'interdire à tout détenteur d'un casier judiciaire de se présenter à une élection et prôna la suppression du régime spécial des retraites des parlementaires. 

Limitation du cumul dans le temps

Héraut du renouvellement, le président trentenaire qui n'a jamais exercé aucun mandat électif, clamait sa volonté d'interdire le cumul de trois mandats identiques successifs. Pour assurer le "pluralisme de la vie politique", l'ex-banquier s'engagea sur une série de mesures: réduction d'un tiers du nombre de parlementaires (et ce n'est encore pas valable pour la législative de juin), renforcement des obligations des partis en terme de parité et rénovation du fonctionnement du Parlement, qui passerait plus de temps à contrôler l'action du gouvernement qu'à voter la loi. Macron n'a-t-il pas énoncé son appétence pour le gouvernement par ordonnances ?
Or, Jean-Yves Le Drian, 70 ans, que le président Macron pressentirait à nouveau pour un grand ministère régalien (de la Défense ?), avait déjà exercé deux mandats ministériels (secrétaire d'État à la Mer Ministre de la Défense (2012-2017) et a été six fois député du Morbihan (1978-2007) et cumulard au Conseil régional de Bretagne qu'il préside en même temps qu'il dirige les Armées. La presse fait de la dissimulation en le présentant comme président de la région Bretagne de 2004 à 2012 (8 ans), puis comme simple membre depuis 2015 (pour six années de plus). Incarne-t-il le renouvellement des personnels et des moeurs politiques ?
Comment assurer une meilleure "participation" des citoyens à la vie publique? 
Résultat de recherche d'images pour "moralisation vie politique"Emmanuel Macron s'engage sur deux pistes. Le travail des parlementaires serait évalué par des "dispositifs innovants", comme des jurys citoyens. 
Les communes seront enfin encouragées à développer les "budgets participatifs" et "consulter" ainsi directement les citoyens sur l'utilisation de l'argent public.
Reste à savoir si les citoyens constitués en jurys seront dotés de la capacité de sanction.

lundi 15 mai 2017

Mélenchon se juge seul opposant à un socialiste à l'Elysée et à un Juppéiste à Matignon

Jean-Luc Mélenchon appelle à dégager cet "attelage hasardeux"

Jean-Luc Mélenchon juge qu'"il ne reste qu'une force cohérente, unie autour d'un programme, c'est 'La France insoumise' "

Mélenchon a vivement critiqué le président Emmanuel Macron 
après la nomination d'un homme de droite, Edouard Philippe (LR), au poste de Premier ministre. "Le vieux monde est de retour", a-t-il déclaré dans une courte allocution, ajoutant qu' "il ne reste qu'une force cohérente, unie autour d'un programme, c'est la France insoumise".
VOIR et ENTENDRE l'exalté appeler à dégager cet "attelage hasardeux" :

Le meneur d'extrême gauche zappe les droites

"En face de monsieur Macron, et pour le bien de notre démocratie, il ne reste qu'une force unie autour d'un programme de gouvernement "L'Avenir en commun", c'est "la France insoumise", dont je suis le porte-parole. Et c'est elle qui dit aux Français : ne donnez pas les pleins pouvoirs à monsieur Macron et à son Premier ministre" a lancé le leader allié aux communistes, le temps de la présidentielle. 

Pour lui, "cet attelage hasardeux qui vient d'être constitué ne fonctionnera qu'au prix d'un césarisme et d'une autorité de la monarchie présidentielle. (...) Que chacun de vos bulletins de vote soit comme un balai pour les dégager tous", a-t-il terminé, radical.

Des élus LR et du centre appellent leurs familles politiques à trahir pour Macron

J.-L. Borloo (UDI) et N. Kosciusko-Morizet (LR) ralliés à une vingtaine de petits élus renégats

Les 25 félons appellent  à "répondre à la main tendue" par Macron 

Ce lundi 15 mai, quelques heures seulement après la nomination du juppéiste Edouard Philippe à Matignon, plusieurs personnalités de l'opposition républicaine sont sorties du bois pour saluer la nomination à Matignon du député-maire du Havre,  "un acte politique de portée considérable", selon eux, appelant "la droite et le centre" à "répondre à la main tendue" par le candidat de Hollande, le président déchu par son propre renoncement à un second mandat.

Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet se sont joints aux vingt-trois élus LR et UDI qui souhaitent que leurs partis prennent "la mesure de la transformation politique qui s’opère sous [leurs] yeux", écrivent-t-ils. C'est probablement cette perspective politicienne qui a motivé Emmanuel Macron à choisir Edouard Philippe au poste de Premier ministre.

Macron, un miroir aux alouettes

Conscients de la menace qu'ils font planer sur l’unité de leurs formations politiques, les "Macron compatibles" auraient posé leurs conditions. Parmi les signataires, on trouve des députés proches de Bruno Le Maire (Thierry Solère, Franck Riester, Arnaud Robinet), de rares sarkozystes comme le maire de Tourcoing (Nord), Gérard Darmanin, et le maire de Nice, Christian Estrosi, ou encore des élus juppéistes (Christophe Béchu, Benoist Apparu, en plus de Philippe et NKM, 4e à la primaire de la droite et du centre de 2016 (avec 2,6  % des voix, elle avait soutenu Alain Juppé pour le second tour), présidente du groupe Les Républicains au Conseil de Paris, laquelle déclara lors des Régionales de 2015 : "Pour moi, il y a un adversaire, le PS").
S’y ajoutent Laurent Degallaix, député et maire UDI de Valenciennes (Nord), le maire LR de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, et le maire de Mulhouse, Jean Rottner, un ...médecin urgentiste.

Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont rejoint les signataires dans l’après-midi. 
Les vingt-cinq s'estiment meilleurs que les autres à être. "Plutôt que les anathèmes, les caricatures, les exclusions, nous demandons solennellement à notre famille politique d’être à la hauteur de la situation de notre pays et de l’attente des Français, qui, au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, attendent de nous d’être au rendez-vous de l’intérêt général". A la Convention nationale du 15 janvier 1793, les vingt-cinq auraient voté la mort de Louis XVI, guillotiné le 21 janvier 1793.

Signataires contre leur camp et les programmes de leur formation politique
La République en marche (LRM), l’étiquette d’En marche ! pour les législatives, a laissé ouvertes quelques circonscriptions. Ainsi, des personnalités de droite pourront candidater sous le label présidentiel et empêcher le retour d'une opposition de droite et du centre à l'Assemblée nationale. Ces élus ont-ils été mandatés à cet effet par le peuple ? 

En effet, des élus anonymes auraient posé en préalable à leur collaboration avec le mouvement d’Emmanuel Macron le choix d’un premier ministre de leur camp. Dans la liste de candidats que LRM a dévoilée jeudi, aucun candidat n’a pour l’heure été désigné dans les circonscriptions d'hommes de peu de convictions :
- Franck Riester (43 ans, patron de plusieurs concessions automobiles Peugeot, député-maire de Coulommiers,favorable à un rassemblement des sociétés de l'audiovisuel public en un groupe unique, soutien de Jean-François Copé au congrès de l'UMP de novembre 2012 et de Bruno Le Maire au premier tour de la primaire présidentielle des Républicains de 2016, parrain d'Alain Juppé), en Seine-et-Marne,
- Thierry Solère (franc-maçon de 46 ans, dissident et poursuivi en justice par l'UMP dont il sera exclu pendant trois ans, soutien de Bruno Le Maire) dans les Hauts-de-Seine, 
- de Benoist Apparu (48 ans, proche du maire de Bordeaux, Alain Juppé, secrétaire d'État au Logement, auprès de Jean-Louis Borloo, ministre d’État, puis ministre délégué au Logement -en février 2011, il déclara sur RMC vouloir faciliter "la construction de mosquées", y compris avec l'aide de l'État, après modification de la loi de 1905- dans les gouvernements Fillon, favorable au mariage homosexuel, maire de Châlons-en-Champagne), 
- et d’Arnaud Robinet (42 ans, député-maire de Reims et soutien de Bruno Le Maire à la primaire présidentielle des Républicains de 2016), ces deux derniers dans la Marne.
Leurs électeurs diront s'ils sont, mieux que d'autres comme ils le prétendent, "à la hauteur de la situation de notre pays et de l’attente des Français."

dimanche 14 mai 2017

Le président Macron tente de renforcer son image de chef d'Etat

La jeunesse n'est déjà plus un argument politique de poids 

Pour se "présidentialiser", Macron a enfilé le costume de chef des Armées
 
Volonté de présenter une figure virile

Premier président à ne pas avoir "fait l'Armée", Macron descend les Champs-Elysées en 'command car'
Défilé sur un véhicule militaire, visite "emblématique" aux soldats blessés à l'hôpital militaire de Percy à Clamart (Hauts-de-Seine), le président Macron est à l'offensive... Avant de rendre visite aux forces armées au Mali, le futur locataire de l'Élysée a tenu à jouer la carte régalienne.

Le banquier opère sa mue. Immédiatement après la cérémonie officielle d'investiture ce dimanche matin à l'Élysée, le nouveau chef de l'État, Emmanuel Macron, a enfilé le costume de chef des Armées. Le président de la République a tenu à effectuer le traditionnel défilé des Champs-Élysées -celui que Taubira voulait supprimer- sur un camion militaire ACMAT, filiale de Renault Trucks Défense, fabriqué à Saint-Nazaire. Le véhicule arborait un drapeau tricolore floqué du symbole du chef des Armées.

Dans l'après-midi, le nouveau locataire de l'Élysée s'est rendu "au chevet des soldats blessés au combat", à l'Hôpital militaire de Percy (tout proche de la base aérienne de Villacoublay et en capacité d'accueillir des urgences), "pour défendre notre nation et la liberté dans le monde", a indiqué son entourage. 
Il y a notamment rencontré Philippe Perrot, 29 ans, membre du premier régiment parachutiste d'infanterie de Marine (1er RPIMa à Bayonne) et blessé au Mali ; le caporal-chef Kevin Emeneya, 27 ans, membre du premier régiment étranger du Génie (à Laudun-l'Ardoise, Gard) et blessé en Afghanistan ; et le première classe Geoffrey Dhaenens, 21 ans, membre du troisième régiment du Génie (basé à Charleville-Mézières) et blessé au Mali. 

Enfin, ultime message envoyé à ses troupes, Emmanuel Macron se rendra au Mali

En fin de semaine, le président rendra une visite aux forces armées qui y sont déployées dans le cadre de l'opération Barkhane. "Nos soldats à l'étranger se battent pour notre sécurité. Notre bataille est une bataille à l'internationale contre Daech. Je continuerai ce combat avec fermeté et détermination", avait-il expliqué sur TF1 le jeudi 27 avril, en plein entre-deux tours, pour justifier son choix. Dans un premier temps; il avait d'ailleurs envisagé d'effectuer ce déplacement avant même de se rendre à Berlin, mais il y a renoncé pour des raisons ...logistiques et non pas diplomatiques.

Avec cette séquence, Emmanuel Macron, premier président à n'avoir pas effectué de service militaire, cherche à acquérir une stature et à répondre aux critiques émises par l'opposition sur ses faiblesses régaliennes. Pari réussi, à en croire la réaction du député-maire LR de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), Lionnel Luca, qui a salué les premiers pas du nouveau président. "Emmanuel Macron commence plutôt bien en allant saluer nos soldats blessés...!", a-t-il posté sur Twitter.

Les nouveaux hommes du président Macron à l'Elysée

Uniquement des hommes, moyenne d'âge 50 ans

Alexis Kohler, 44 ans, nommé secrétaire général de l'Elysée

Alexis Kohler nommé secrétaire général de l'Elysée
Alexis Kohler, ancien directeur de cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy, est nommé secrétaire général de l'Elysée, a indiqué dimanche l'entourage du président élu.

Enarque, A. Kohler, 44 ans, a notamment travaillé à l'Agence des participations de l'Etat, avant d'être le directeur adjoint de cabinet de Pierre Moscovici au ministère des Finances, puis de diriger le cabinet d'E. Macron au ministère de l'Economie (2014-2016). Il va succéder à Jean-Pierre Jouyet, ami proche de François Hollande et ancien secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy.
Le secrétaire général de l’Élysée est le plus proche collaborateur du chef de l’État. Il dirige l’ensemble des conseillers, aide le président de la République à élaborer sa stratégie, veille sur les domaines réservés de celui-ci, à savoir la défense et les affaires étrangères.

Patrick Strzoda, nouveau directeur de cabinet du nouveau président 

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Agé de 64 ans, énarque (1983, promotion Léonard de Vinci), ancien préfet des Deux-Sèvres en 2004, de Savoie (et secrétaire général du comité d’organisation des Jeux olympiques d'hiver de 1992 à Albertville, toujours en Savoie) et de la région Bretagne (2013-2016), il fut d'abord directeur du cabinet du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, avant de l'accompagner brièvement au même poste à Matignon lorsque Cazeneuve succéda à Manuel Valls, Premier ministre démissionnaire en décembre dernier, et avant d'être nommé préfet de la région Ile-de-France entre les deux tours de la présidentielle, il n'y a pas un mois.

Philippe Etienne, 61 ans, a été nommé conseiller diplomatique

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Actuel ambassadeur de France en Allemagne, Ph. Etienne est aussi énarque, il fut notamment directeur adjoint du cabinet de Hervé de Charette, ministre des Affaires étrangères d'Alain Juppé de 1995 à 1997, puis directeur de cabinet de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2010. 
Ce diplomate français a été en poste en ambassade en Serbie, en Allemagne et en Russie. Il fut, de 2009 à 2014, représentant permanent de la France auprès de l'Union européenne à Bruxelles.
Le conseiller diplomatique fournit au chef de l’État des informations sur l’international et la diplomatie française.

Ismaël Emelien, 30 ans, a été nommé conseiller spécial du président

Diplômé de Science Po (2010), il est le plus jeune membre du cabinet d’Emmanuel Macron, mais a un gros CV, puisqu'à 19 ans, il a travaillé, lui aussi, avec son professeur, Dominique Strauss-Kahn sur la campagne avortée de 2006 (notamment à la co-écriture, avec Gilles Finchelstein, des discours de l’ancien candidat à la primaire socialiste), et sur les primaires du Parti Socialiste préparant l'élection présidentielle de 2007. 

En 2013, il œuvra à la campagne du président bolivarien Nicolás Maduro, président par intérim du Venezuela à la mort du président Hugo Chávez (2013,), lorsqu'il fut élu chef de l'Etat, aujourd'hui contesté dan la rue.
Il était déjà conseiller d’Emmanuel Macron au ministère de l’Économie, chargé de la stratégie, de la communication et des discours. Il a participé au lancement d’En Marche !, et était conseiller communication et affaires stratégiques pendant la campagne présidentielle. 

Discret, Ismaël Emelien est d’une redoutable efficacité. Il suit les opinions et attentes des Français grâce à de nouveaux outils de traitement des données.
Cette fonction a notamment été occupée par Aquilino Morelle sous la présidence de François Hollande, ou encore par Henri Guaino, sous celle de Nicolas Sarkozy.
Emelien est l'antithèse du petit marquis Morelle, cet aîné délicat qui se faisait reluire les pompes à l'Elysée, aux frais de Marianne.

 

Quand le député Edouard Philippe se payait le conseiller Macron

Le combat contre le cumul des mandats, mesure "démagogique" ? 

Le député-maire du Havre avait interpellé le ministre de l'Economie 

Edouard Philippe, LR, sur la loi Travail
Le 15 novembre 2012, Édouard Philippe avait posé une question au gouvernement sur le cumul des mandats, formulée comme ceci :
Ma question s’adresse à M. le Premier ministre [Jean-Marc Ayrault] qui était, jusqu’en mai dernier, député, maire de Nantes, président de l’agglomération nantaise et président du groupe socialiste à l’Assemblée. Elle aurait pu s’adresser aux nombreux membres du Gouvernement qui, avant de devenir ministres, cumulaient sans s’en plaindre et en l’assumant devant leurs électeurs un mandat parlementaire et un mandat exécutif local – je pense à M. Valls, à M. Sapin, à Mme Fourneyron, à M. Montebourg, à Mme Touraine, à M. Lurel, et j’en oublie sans doute.
Cela étant, c’est à vous que ma question s’adresse, monsieur le Premier ministre. Le Président de la République, lui-même longtemps député-maire puis député et président de Conseil général, a chargé Lionel Jospin d’une mission sur la rénovation et la déontologie de la vie publique. Parmi ses nombreuses propositions, M. Jospin recommande de renforcer l’interdiction du cumul, déjà existante, en prohibant désormais le cumul d’un mandat parlementaire et d’un mandat exécutif local.
Cette proposition suscite plusieurs interrogations.
La première tient à vous, monsieur le Premier ministre. Si, comme le prétend Lionel Jospin, le cumul nuit à l’exercice des mandats, nous aimerions savoir lequel de vos mandats – celui de maire ou de député – vous auriez négligé 23 années durant. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)
La seconde interrogation concerne ceux qui, sur tous les bancs, sont attachés à la qualité du travail législatif. Pouvez-vous sérieusement prétendre devant cette assemblée que l’absence de députés exerçant des responsabilités exécutives locales serait demain une garantie de meilleure qualité du travail législatif ? (« Oui ! » sur plusieurs bancs du groupe SRC.) Sur des sujets tels que le logement, le droit de l’urbanisme, les relations entre l’État et les collectivités locales, l’investissement public, la sécurité, l’aménagement du territoire ou l’action sociale, pensez-vous vraiment que le Parlement s’en trouvera plus éclairé et plus compétent ?
Au fond, monsieur le Premier ministre, ma question est simple : allez-vous proposer au Parlement un texte reprenant la totalité des propositions du rapport Jospin, alors que toute votre expérience personnelle, ainsi que celle de la plus grande partie de votre gouvernement, vous montrent l’inanité de cette posture aussi idéologique que démagogique ?
Mais la presse révélait aussi que le député-maire du Havre aurait fait l'objet d'un avertissement lié aux lacunes de sa déclaration de patrimoine.
La valeur de son appartement à Paris ? "Aucune idée." Ses parts dans une résidence de Seine-Maritime ? "Aucune idée." Son bien en Indre-et-Loire ? "Aucune idée." Le député et maire du Havre a tout de même mentionné les prix d’achat (en francs parfois). Bien aimable. Et, relancé par la HATVP, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, Edouard Philippe s’est refusé à toute estimation actualisée de ses propriétés.
'En Marche!' vers la transparence et moralisation de la vie politique avec un possible Premier ministre qui n'a d'idée sur rien ? Ca promet ...

vendredi 12 mai 2017

Investitures aux législatives : Berné, Bayrou traite de "secte" le mouvement de Macron

Macron trahit Bayrou, traître de Juppé, lequel est pressenti pour un retour à Matignon : 
vers un assainissement de la vie politique ?

Bayrou en colère, bavures et confusion, premiers pas incertains de l'apprenti président Macron 

Une autre si "Belle Alliance Populaire"
Bayrou, cocu historique du théâtre politique de Guignol.  Bayrou est à nouveau en crise. Cet éternel incompris n'a pas compris que Macron l'avait exploité. Le jeune banquier n'est pas avec les analystes politico-médiatiques sur la même longueur d'ondes éthiques. Tous ont estimé que les quelques points apportés en dot par Bayrou au jeune épousé de l'Elysée avaient fait la différence durant les préliminaires du premier tour, mais l'heureux élu du coeur d'une minorité d'électeurs est persuadé qu'il ne doit qu'à son seul mérite d'être au sommet de la pyramide humaine hexagonale. Il faut un ego sur-dimensionné pour gagner : c'est celui qui a la plus grosse ...estime de soi qui remporte le morceau.  Qui l'eût cru, pourtant ? 

Bayrou est en colère contre Macron 

En Marche ! multiplie couacs et flatulences avec élégance. 
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Bayrou a la narine délicate et il hausse le ton face à Macron. Par voie de presse, toutefois : un porte-feuille de garde des Sceaux reste en jeu. 
Après l'euphorie de la victoire, voici déjà venu le temps des premiers accrochages dont on croyait révolu le temps, à en croire les beaux parleurs du camp Macron, des communicants policés : ses VRP ont le teint hâlé, la barbe finement sculptée et le ton toujours égal aux lèvres, sur des dents acérées, mais étincelantes. 

Le président du machin qu'il appelle MoDem, François Bayrou, se mord déjà les doigts jusqu'au sang d'avoir fait le choix de rallier l'ancien ministre de Hollande dès l'éviction de son vieux compagnon de route à la primaire de la droite et du centre, le maire septuagénaire de Bordeaux. Il n'a pas vraiment apprécié la liste des investitures pour les législatives présentée jeudi par 'La République en marche' (REM). Le maire de Pau a éructé le refus de son "assentiment" et dans la bouche d'un bègue, ça tonne ! "C'est une opération recyclage du Parti socialiste. La grande lessiveuse. Je ne laisserai pas faire ça", a-t-il promis devant L'Obs, le soir même. 

Le centriste ne digère pas le sort réservé aux candidats de son parti, d'autant moins que d'anciens ministres de François Hollande peuvent désormais compter manger la poule au pot chaque dimanche. Seulement 35 candidats du MoDem ont été investis, au lieu des 120 promis en échange de l’apport qu’il a fourni au candidat pendant sa campagne électorale. 
Le maire de Pau qualifie En Marche ! de... "secte" !

Emmanuel Macron et son mouvement vont devoir  sortir d'une logique sectaire. Après une discussion orageuse avec Richard Ferrand, secrétaire général d’En Marche !, Bayrou a convoqué un bureau politique du MoDem pour ce vendredi soir. Pour mieux faire monter les enchères ? Bayrou est opposé aux tractations de marchands de tapis, mais en chef de parti en voie d'extinction, un sou est un sou et chaque siège peut rapporter gros aux finances du MoDem. 

Porte-parole d'Emmanuel Macron, Christophe Castaner a tenté de calmer le jeu. "Nous avons pris connaissance du souhait de François Bayrou de poursuivre la discussion et nous allons la poursuivre," a déclaré jeudi le maire de Forcalquier, non sans grandeur compassionnelle. "L'importance de François Bayrou au côté d'Emmanuel Macron est essentielle; c'est pour cela qu'il faut trouver des terrains d'entente", a susurré Castaner à l'heure de la berceuse.  "Il y a une discussion, les choses vont se détendre," a-t-il ajouté, comme s'il suçait un bonbon.

François Bayrou : "Macron va devoir changer de logique" 
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En effet, la colère de François Bayrou n'est pas la seule bavure de la journée, pour l'équipe de néophytes : anciens exécutants de l'ombre ou faire-valoir dans la lumière, les rôles d'appoint sont passés acteurs. Et ils cherchent encore comment occuper l'espace scénique et placer leur voix. 

A peine proclamés sur la liste des investitures, plusieurs personnes investies à l'insu de leur plein gré ont dû aussitôt démentir la fausse information de leur candidature. Alors qu'En Marche ! venait d'annoncer qu'il serait candidat dans la 1re circonscription du Var, Mourad Boudjellal, président du club de rugby de Toulon, s'est ainsi défendu d'avoir fait acte de candidature ! Une bavure loin d'être isolée. 
Investi dans son dos par le mouvement d'Emmanuel Macron, François Pupponi, député PS sortant de la 8e circonscription du Val-d'Oise, dit  lui aussi "être tombé de sa chaise". "Je n'ai ni adhéré à En marche !, ni demandé l'investiture de ce parti. La seule investiture que j'ai demandée est celle du Parti socialiste", a-t-il protesté sur France Info, chaîne amie de Benoît Hamon... Les 'fake news' continuent de polluer l'air aseptisé de Macron, utilisateur compulsif de lingettes (cf. la video ci-dessous), mais ni les réseaux sociaux, ni l'extrême droite américaine ne peuvent être incriminés. Poutine, peut-être ! 

VOIR et ENTENDRE Ponce Pilate s'en laver les mains :

Dans la soirée, Anormal 1er a fait publier une liste rectifiée par En marche!. Non, pas d'enrôlement de force, donc; aucun candidat n'a été mis devant le fait accompli. "Un tel climat de confusion est plutôt inhabituel dans l'entourage d'Emmanuel Macron," a aussitôt assuré l'AFP, reprise par la fainéants des salles de presse pléthoriques où personne ne sait ce qu'il a à faire et pour quelle tâche il est payé, sinon diffuser les éléments de langage officiels. Il reste que cette preuve d'amateurisme rappelle les couacs de Hollande, autre président sans expérience, livré à lui-même sans un proche pour lui tenir la main. Et établit la filiation dont la France n'avait pas besoin à nouveau. 

Au-delà de cette désolation de mauvais augure, que faut-il retenir des investitures de la République en marche (REM) ? 

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Ils se sont tellement aimés
Sélectionnés à partir de "19.000 dossiers" déposés, soit 25 postulants par siège, les 428 candidats investis ne couvrent qu'à peu près trois postes sur quatre. Le volant restant, 150 député(e)s virtuels en attente de campagne à quatre semaines de l'échéance, constitue un reliquat qui autorise toutes les tractations et ajustement, mais aussi les marchandages de dernière minute que Macron prétendait éradiquer des moeurs politiques en vigueur.

Suspicion officielle sur les personnels expérimentés (et mûrs) de la République

Il y a "52% de candidates et candidats issus de la société civile au sens qu'ils n'ont jamais exercé de mandat électif", a indiqué jeudi Richard Ferrand. Ce conseiller régional de Bretagne depuis sept ans et député du Finistère depuis cinq a-t-il une si piètre opinion de ses confrères et -soeurs bretons, tel Le Drian, 70 ans, qu'il ne jure que par la société civile et l'expérience acquise hors du giron de Marianne ? Conseiller général du canton de Carhaix (Finistère), est-il gagné par l'esprit contestataire véhiculé par son maire régionaliste DVG, Christian Troadec, activiste du mouvement des Bonnets Rouges, mouvement protestataire breton apparu en octobre 2013, en réaction aux mesures fiscales contre la pollution des véhicules de transport de marchandise et les nombreuses fermetures d'usines dans l'agroalimentaire.

Le secrétaire général du mouvement a aussi fait état d'une "parité réelle" avec 214 candidats femmes et 214 hommes. 

Et, annonçant un quinquennat de comptables, il a sorti toute une série de chiffres : 93% des candidats sont aujourd'hui en activité professionnelle ; 2% en recherche d’emploi ; 4% retraités et 1% étudiants. 

L'âge moyen est de 46 ans, "contre 60 ans pour la moyenne des députés sortants". Le candidat le plus jeune a 24 ans, le plus âgé, 72 ans.

95% ne sont pas des députés sortants. 
Mais tous les députés sortants investis sont socialistes. Ils sont pour l'instant 24. En revanche, pour l'heure, En marche! n'a réussi à débaucher aucun postulant Les Républicains. Le premier qui bougera sera encensé.

Mais des circonscriptions ont été volontairement laissées libres pour investir d'éventuels transfuges d'ici mercredi.
Bien qu'il se défende de prolonger les vieilles pratiques, Macron veille ne pas présenter de candidat face à des personnalités prêtes à travailler avec 'La République en marche.
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Mauvaise année pour les François
Ainsi, Manuel Valls, traître à Hamon, sera récompensé et ne trouvera pas la socialiste annoncée face à lui. Le PS n'a pas voulu priver le président Macron d'un homme d'une telle probité exemplaire. Manuel Valls est absent de cette liste En marche!. La demande de l'ex-Premier ministre, qui quémandait une investiture La République en marche (REM), n'a pas été honorée, sachant que la formation du nouveau chef de l'Etat - qu'il a déclaré "parti mort" - opterait néanmoins pour un compromis ménageant le traître et fossoyeur du parti de Jaurès. Pour éviter toute humiliation, aucun candidat REM ne sera désigné pour le défier – et potentiellement le faire battre – à Evry. Macron règle le cas Valls : ni investiture, ni humiliation. De Hollande, Macron a hérité aussi le sens du compromis...

Dans cette liste, figurent quelques OVNI, comme le mathématicien Cédric Villani, ou des protégés de Hollande, tel, à Rennes, Gaspard Gantzer, conseiller du président sorti François Hollande, chargé à l'Elysée de la brillante communication qui en a fait la risée du monde entier.  Investiture d'ailleurs dénoncée par Jean-Yves Le Drian.

Des candidats En Marche ! que personne ne connaît, une gauche KO, une droite déterminée à la reconquête, des triangulaires en pagaille, voire des quadrangulaires, les Français vont demander grâce...

Reste à connaître le nom du Premier ministre.
On subodore qu'il pourrait être marqué à droite, mais pas trop. Or, après "Les coulisses d'une victoire", documentaire diffusé sur TF1 au lendemain de la victoire d'Emmanuel Macron, le magazine "Envoyé Spécial" de France 2 diffusait à son tour, jeudi soir, un long reportage sur la campagne du leader En Marche !. Un document dans lequel on entend notamment l'ancien ministre de l'Economie expliquer, au lendemain de la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, comment il compte "déstabiliser" une partie de la droite. Une séquence qui éclaire la recomposition politique et les grandes et petites manœuvres actuelles. 
Un Juppéiste ferait l'affaire. Et le nom d'Edouard Philippe circule. Avec d'autant plus d'insistance que Bayrou est prêt à renverser la table.