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jeudi 3 avril 2014

Gouvernement Valls : Hollande " a accouché d'une souris ! " s'esclaffent les éditorialistes

Un "gouvernement de combat" en guenilles

Le petit adjudant de quartier sera isolé parmi des proches du capitaine de pédalo
Valls dans la posture de la gravité
Valls est-il déjà gagnant-perdant?
Les éditorialistes de la presse nationale et régionale s'étonnent jeudi de ne pas voir "de changements" par rapport au précédent,  au lendemain de la composition du gouvernement de Manuel Valls.

Les Une des quotidiens nationaux donnent d'emblée le ton: "Ayrault bis", rêve Libération en Une, "Hollande... ne change rien", écrit Le Figaro. Pour La Croix, c'est "le changement a minima". MetroNews pioche dans le registre de l'écologie et y voit du "recyclage"! faisant une allusion sourde à l'arrivée de Ségolène Royal.

"La plupart des hommes du gouvernement Ayrault se retrouvent dans le gouvernement Valls. Un gouvernement copie presque conforme du précédent", constate dans Libération Eric Decouty pour qui: "François Hollande n'a donc changé que son Premier ministre.""La seule vraie innovation, c'est le Premier ministre lui-même", appuie Dominique Jung, des Dernières Nouvelles d'Alsace.

"Hormis la nomination de Manuel Valls, la nouveauté ne crève pas l'écran", note à son tour Michel Urvoy, pour Ouest-France. "Du Ayrault sur un autre ton", banalise-t-il, dans un souci d'apaisement de la gauche aux cents coups, y compris à l'intérieur du PS.

"Dans le choix des ministres, François Hollande a fait preuve de moins d'audace que dans le choix de son Premier ministre", juge Hervé Favre, dans La Voix du Nord.

Jacques Camus, pour la Montagne Centre France, abonde dans ce sens: "Un vaste remue-ménage(s) qui a finalement débouché sur la banale reconduction d'une majorité de ministres sortants."

"Qu'est ce qui a changé? Rien ou si peu", estime lui aussi Jean-Louis Hervois, dans la Charente Libre. 
"Tout ça... pour ça", s'étonne Alain Dusart, pour l'Est Républicain.
"Comme un air de déjà vu", semblent regretter Yann Marec, dans le Midi Libre, et Patrick Planchenault pour France-Antilles-Guadeloupe.

Gouvernement "resserré", voire isolé

Manolo Valls, en chef d'armée mexicaine
"Ce 'nouveau' gouvernement resserré est composé en grande majorité de survivants de l'équipe Ayrault", relève Raymond Couraud, dans L'Alsace. "Il a des allures de synthèse d'un congrès du PS", s'amuse l'éditorialiste. 

"Un congrès du PS en miniature", confirme Denis Daumin, de La Nouvelle République du Centre Ouest. "Un gouvernement de congrès PS", titre L'Opinion.

Pour Bruno Dive (Sud Ouest), c'est à "un bureau national du PS que ressemble l'équipe de Manuel Valls." "Un gouvernement de congrès PS", écrit également Jean-Marcel Bouguereau, de La République des Pyrénées.

Dans Le Figaro, pour Paul-Henri du Limbert, il ne pouvait y en être autrement: "Puisque la 'majorité plurielle' n'existe plus, François Hollande n'avait d'autre choix que de se tourner exclusivement vers le Parti socialiste". "Tout change mais rien ne change", observe l'éditorialiste d'opposition.

"Cette grande stabilité ne rassurera pas ceux que les choix idéologiques du précédent gouvernement avaient inquiétés", souligne de son côté François Ernenwein, dans La Croix.

Patrick Apel-Muller, pour L'Humanité, est bien d'accord, dans ce "gouvernement rabougri, il n'y a aucune bonne surprise."

Sourds au claquement de porte des écolos radicaux 
"Une équipe compacte, faite pour l'action, une sorte de 'task force' ", positive Jean-Claude Souléry, dans La Dépêche du Midi, qui minimise l'amputation d'une division. Et si, après avoir été une épine dans le talon de Hollande, cette fraction de la gauche passait à l'opposition ? 

Certains renoncent à enfumer leurs lecteurs
"Une équipe plus cohérente que la précédente sans doute, plus professionnelle nous verrons, mais suffisamment armée pour affronter les turbulences qui s'annoncent, on peut hélas en douter", conclut Bruno Dive (Sud-Ouest).

Le général Manolo Valls est-il à la tête d'une armée mexicaine ?

 

Manuel Valls et ses hommes de l'ombre

Les réseaux de Manuel Valls 
A Matignon, le nouveau Premier ministre va pouvoir s'appuyer sur plusieurs cercles de fidèles, entièrement dévoués à sa cause.

Fin 2011, Manuel Valls récoltait 5,63% à la primaire socialiste pour la présidentielle. Seulement 30 mois plus tard, lundi 31 mars 2014, le marginal est devenu Premier ministre. Une ascension fulgurante qui s'appuie sur quelques fidèles, dévoués au service d'un homme.

Ses amis de toujours

Stéphane Fouks est coprésident de la puissante agence de communication Havas Worldwide (ex-Euro RSCG). Alain Bauer est un célèbre criminologue qui chuchote à l'oreille des politiques. Manuel Valls les a tous les deux connus dans les années 1980 sur les bancs de la Sorbonne où Valls a fait des études d'histoire au centre Tolbiac. Les trois "jeunes loups de la Rocardie" sont doués et grimpent vite les échelons. Chez les Jeunes socialistes, ils avaient chacun une tâche :"Manuel, la politique et la vie publique ; Bauer, la tactique et les manœuvres d'appareil ; Stéphane, la communication", raconte un ancien responsable rocardien au journal Le Monde.
Depuis, leur amitié est indéfectible.
En 1988, Valls et Bauer se côtoient à Matignon, au sein du cabinet de Michel Rocard. Le criminologue conseille Manuel Valls en toutes circonstances, notamment lorsqu'il devient maire d'Evry, en 2001. Et malgré ses accointances sarkozystes entre 2007 et 2012, Bauer, qui est le parrain d'un des fils de Valls, est toujours là, dans l'ombre. De son côté, Fouks continue à conseiller Manuel Valls. De plus en plus discrètement depuis l'affaire DSK, dont il était le conseiller en communication.


Ses proches collaborateurs



Sébastien Gros,  Harold Hauzy,  Christian Gravel et Yves Colmou  


Un clan qu'on appelle les "Valls boys" 
Ces trentenaires sont des fidèles parmi les fidèles, les collaborateurs de choc de Manuel Valls lorsque celui-ci était maire d'Evry. Chacun dans son rôle. 

Sébastien Gros, le chef de cabinet, était chargé de l'organisation et des finances. Place Beauvau, il était "la tour de contrôle" de Manuel Valls, "son collaborateur le plus proche", écrivent David Revault d'Allonnes et Laurent Borredon dans Valls, à l'intérieur (éd. Robert Laffont, 2014).

Harold Hauzy
, directeur de la communication du maire d'Evry pendant plusieurs années, est quant à lui devenu la "plume" du ministre de l'Intérieur. Le conseiller presse de Manuel Valls retrouvera son collègue Sébastien Gros à Matignon. Les deux hommes gardent auprès du nouveau Premier ministre les mêmes attributions qu'à l'Intérieur.

Christian Gravel
, "dircab" de Manuel Valls pendant dix années Evry, dans l'Essonne, fut le conseiller presse du candidat à la primaire socialiste. Avant d'être recruté par François Hollande pour gérer ses relations publiques pendant la campagne présidentielle, puis à l'Elysée. Pour Manuel Valls, c'est un allié de poids au "Château". Jean-Marc Ayrault se serait d'ailleurs plaint, il y a quelques mois, de l'attitude de Gravel et d'un autre conseiller élyséen, Aquilino Morelle, lui aussi intime de Valls : "Ces deux-là ont été placés à l'Elysée par Valls. Ils manœuvrent contre moi et cherchent à me nuire sans se rendre compte qu'ils affaiblissent ainsi le président de la République", aurait affirmé l'ancien Premier ministre fin 2013, selon Le Canard enchaîné.

Yves Colmou
, le conseiller politique, est l'ultime pièce de l'entourage de Manuel Valls. Les deux hommes se sont connus, comme Stéphane Fouks et Alain Bauer, dans les cercles étudiants rocardiens. Yves Colmou et Manuel Valls ont travaillé à Matignon avec leur mentor, Michel Rocard, puis avec Lionel Jospin, au PS et à Matignon. Fin connaisseur de la carte électorale – une qualité toujours utile place Beauvau, malgré la débâcle aux municipales 2014 – il suit lui aussi Manuel Valls à Matignon en tant que conseiller.

Ses porte-flingues



Carlos Da Silva, Luc Carvounas, Francis Chouat et Jean-Jacques Urvoas.  

Manuel Valls n'est à la tête d'aucun courant au sein du parti, contrairement aux principaux éléphants socialistes. Selon un de ses partisans, cité dans le livre de David Revault d'Allonnes et Laurent Borredon, il ne disposerait que de neuf soutiens parmi les 204 membres du conseil national du PS. Qu'importe: Manuel Valls a toujours préféré construire sa popularité sur l'opinion publique plutôt que sur les structures militantes. L'ancien ministre de l'Intérieur mise davantage sur son image que sur une idéologie politique jamais vraiment théorisée. Dans les cercles du pouvoir, peu d'élus se réclament ouvertement de Manuel Valls, mais ceux-là sont entièrement dévoués à leur tête de gondole.

Il y a d'abord Carlos Da Silva, son suppléant à l'Assemblée nationale. Patron du PS de l'Essonne, il siège au palais Bourbon depuis que Manuel Valls est entré au gouvernement. Le député n'hésite pas à monter au créneau pour faire le service après-vente des annonces de son chef, ou à cogner lorsque Manuel Valls est attaqué. 

Dans un autre style, Luc Carvounas, sénateur-maire d'Alfortville (Val-de-Marne), est lui aussi patron de la fédération socialiste de son département. Secrétaire national aux relations extérieures du PS, il ne s'est pas fait que des amis, notamment au Parti de gauche, où son homologue le dépeint comme un "anticommuniste primaire", selon Le Monde.

A la mairie d'Evry, Manuel Valls a confié sa succession à son ancien premier adjoint Francis Chouat, une connaissance de longue date. En novembre, le ministre de l'Intérieur l'a décoré d'une Légion d'honneur lors d'une cérémonie au cours de laquelle l'auditoire a appris que Francis Chouat, ancien communiste, fut "le pion" de Manuel Valls au lycée Charlemagne, à Paris.

Le député Jean-Jacques Urvoas, est passé de Strauss-Kahn à Valls, et ne vient pas de l'Essonne, mais du Finistère. 
En 2012, lorsque Manuel Valls était en rivalité sourde avec le hollandais François Rebsamen dans la course à l'Intérieur, Jean-Jacques Urvoas avait clairement marqué sa préférence. Spécialiste des questions de sécurité, il est l'oreille des gendarmes et policiers, au point de devenir un conseiller officieux de Manuel Valls lorsque celui-ci occupait la place Beauvau. Assuré de lui succéder, Urvoas a été victime d'un véto présidentiel, François Hollande lui préférant un de ses hommes de confiance, Bernard Cazeneuve.

Pavé dans le marais poitevin: Royal ne veut pas lâcher prise en région

Ségolène Royal ne veut plus lâcher sa région pour le ministère de l'Ecologie

Royal veut garder une poire pour la soif et son retour au désert
S.Royal, présidente de Poitou-Charentes, admet la cessation d'activité
d'Heuliez à Cerizay dans les Deux-Sèvres, le 31 octobre 2013.
Sa région y a englouit plus de 2,5 millions d'euros.
Le Poitou-Charentes comme la moule à son rocher 
Royal veut imposer sa région au gouvernement... Elle souhaiterait cumuler son nouveau titre avec le mandat de présidente de région.

Ségolène Royal a vanté son bilan écologique dans la région Poitou-Charentes, lors de son discours d'installation au ministère de l'Ecologie ce mardi. Elle compte ainsi ouvrir régulièrement la vitrine de sa présidence de région qu'elle présente partout comme positive...

Ségolène Royal ne veut plus lâcher Poitou-Charentes, lieu de parachutage en souplesse après plusieurs échecs politiques.  Elle y fait de nombreuses allusions, dont la plus récente au fil de son discours d'installation au ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. Et il ne semble pas que Manuel Valls, son nouveau chef de gouvernement,  puisse la faire renoncer à ce lieu d'ancrage sécurisant après tant d'échec accumulés. 
"On continue comme avant", lance Maryline Simoné, porte-parole de la région et vice-présidente du Conseil régional, interrogée par Sud-Ouest.  France Bleu La Rochelle l'a encore confirmé dans la journée. 

VOIR  et ENTENDRE le retour de Ségolène Royal décrypté par Marcelo Wesfreid, journaliste à L'Express: 


François Hollande commencera-t-il par un accroc à la règle du non-cumul en faveur de son ex-compagne?
"Moi, président de la République, les ministres ne pourraient pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local (...) parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leurs tâches", avait proclamé le président de la République lors du débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2012.

Le non-cumul des mandats relève de la "morale politique", avait souvent souligné Ségolène Royal... avant d'entrer au gouvernement. 
Au ministère du Travail, François Rebsamen est un autre rebelle et une exception en faveur de l'ex-concubine du premier secrétaire du PS serait la porte ouverte à la débandade de l'exécutif.
   
"Gouvernement de combat: ministres à plein temps?", s'est aussitôt interrogé Jean-Pierre Raffarin, sénateur UMP de la Vienne, sur Twitter. 

"Je demande à Madame Royal d'être cohérente avec sa ligne de conduite du non cumul de mandat! J'espère qu'elle se respectera !", a renchéri la conseillère régionale UMP de Poitou-Charentes Sally Chadjaa. 

Marais poitevin et Mia Electric

La pétroleuse a dû laisser sa Mia au garage
La nouvelle ministre a aussi profité de son discours pour faire la promotion du Poitou-Charentes. En déroulant son CV écologique local, la coquecigrue a notamment évoqué la préservation du marais poitevin et le secteur de la voiture électrique made in France... sans citer nommément la Mia Electric, fabriquée dans sa région et invendable.

Pourtant, le constructeur, liquidé le 12 mars dernier, est toujours à la recherche d'un repreneur. Ce qui fait dire à Dominique Bussereau, député UMP de Charente-Maritime, sur Twitter: "La médiocre politique écologique de Ségolène Royal en Poitou-Charentes illustrée par l'échec de la Mia électrique sera-t-elle transposée?" Et d'ajouter sur France Bleu La Rochelle: "J'avoue que le bilan écologique de me Royal en Poitou-Charentes me laisse dubitatif. La région est classée 18ème sur 23".
Royal avait pourtant promis d'arriver en Mia à son ministère, dans l'hôtel du 246, boulevard Saint Germain... "J'arriverai en Mia Electric", avait-elle lancé à La Nouvelle République dans la matinée. Mais elle a finalement laissé sa merveille technologique au garage au profit d'une Berline Renault plus banale, mais en état de marche. 

Acceptera-t-elle un deuxième renoncement en deux jours à propos de la présidence de la région Poitou-Charentes pour éviter un premier couac au nouveau gouvernement de François Hollande ?

Prolongation de Taubira: dans la violence, Valls fait évacuer des Sentinelles de la place Vendôme

Pendant le changement (de gouvernement), la répression continue !

En  protestation contre la reconduction de la garde des Sceaux dans ses fonctions
,

des manifestants se sont rassemblés mercredi soir devant le ministère de la Justice.

Provoqués par le retour de Christiane Taubira au poste de garde des Sceaux, plusieurs centaines de manifestants réunis à l'appel de la Manif pour Tous se sont regroupés mercredi soir aux abords du ministère de la Justice. 

Cinq personnes ont été interpellées, indique la préfecture de police de Paris. "La manifestation était non déclarée", et les manifestants "empêchaient l'entrée et la sortie de la place Vendôme", s'est justifié un porte-parole de la PP.Les protestataires ont été violemment repoussées par les forces de l'ordre, avant de gagner l'Assemblée Nationale.


"Une véritable provocation pour tout ce qui touche à la famille"

Parmi eux, l'ancienne ministre Christine Boutin, fervente opposante à la loi ouvrant le mariage aux homosexuels. "Nous voulons montrer que pour un certain nombre de gens, le maintien de Christiane Taubira au ministère de la Justice est une véritable provocation pour tout ce qui touche à la famille", a-t-elle estimé. "Ce que nous souhaitons, c'est que la loi sur le mariage gay soit abrogée", a-t-elle ajouté, soulignant que les Français ont "répondu de façon très claire dimanche dernier dans les urnes" aux réformes sociétales qui leur sont imposées.


Nouveau gouvernement, même répression aveugle et vaine

Les forces de l'ordre ont expulsé manu militari une centaine de Sentinelles, des manifestants pacifiques réunis mercredi soir place Vendôme et qui n'entravaient en rien la circulation, contrairement à ce qu'affirme un article paru ce mercredi soir sur le site du journal socialiste Le Monde,coupable de faux témoignage. 

Une quantité disproportionnée de forces de l'ordre et une nervosité qui ne présagent rien de bon pour les mois à venir sous ce premier gouvernement Valls.

Rareté des places de parking
Le message de mobilisation avait commencé à circuler en début d'après-midi que via les réseaux sociaux : "Au vu de l'actualité politique, on annonce des #Sentinelles place Vendôme ce soir, pour montrer qu'on ne lâche rien. Les Sentinelles seront encore et toujours debout pour défendre la Famille et lutter contre l'injustice et les mensonges de nos gouvernants. N'hésitez pas à les rejoindre, même un court moment." Finalement, les personnes mobilisées se seront retrouvées sur place face à des forces de police toujours aussi impressionnantes et fébriles. "Voulant aller place Vendôme, où nous souhaitions faire une belle opération de Sentinelles, nous avons trouvé la place fermée et les lieux occupés par les CRS et les gendarmes en nombre, explique Chantal Desmoulins-Lebeault, responsable AFC du Val-de-Marne. Ils étaient assez nerveux. Nous ne sommes restés qu'une petite heure car la tension montait. D'autres ont poursuivi la soirée à l'Assemblée Nationale."

Au final, cinq Sentinelles ont été retenues au commissariat rue de l'Évangile et y sont convoquées ce jeudi pour un délit tout aussi imaginaire qu'à l'habitude : entrave à la circulation sur une place que voitures et scooters traversaient sans peine. Une femme blessée par un coup de matraque aurait être conduite à l'hôpital.

L'accès à la place Vendôme ayant été rapidement bloqué, certaines des Sentinelles ont choisi de migrer vers le siège du Grand Orient de France pour réclamer avec humour "la séparation de la franc-maçonnerie et de l'Etat", nombre de membres du gouvernement étant maçons au sein de cette obédience, à commencer par Manuel Valls.

D'autres ont opté pour l'Assemblée Nationale, aux abords de laquelle un militant a dénombré pas moins de 10 camions de gendarmes, 17 de CRS et un bus de garde à vue… "Des dizaines de camions de CRS ce soir à Vendôme (21h40)", pouvait-on ainsi lire sur Twitter. Une débauche de moyens qui n'est pas sans rappeler les méthodes du précédent ministre de l'Intérieur.

Un "gouvernement de combat" qui se trompe de cible
"La "France apaisée" d'un gouvernement qui n'écoute personne est une France soumise. 
À noter que le député Hervé Mariton est passé à l'Assemblée en fin de soirée témoigner son soutien aux Sentinelles encore présentes sur les lieux.

mercredi 2 avril 2014

Changement de gouvernement: Fabius et Montebourg se disputent le commerce extérieur

Question de périmètre et non de bout de gras

Fabius s'est annexé le Commerce extérieur avant que Nicole Bricq n'ait déménagé
Le nouveau gouvernement connaît déjà des remous avec la redistribution des portefeuilles. 
Le ministère des Affaires étrangères a empoché ce portefeuille avant la passation de pouvoirs de la ministre jeudi 3 avril. Le nouveau ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, crie au hold-up. 
"Pour nous, la passation de pouvoir se fait demain [jeudi] à 10 heures à Bercy avec Arnaud Montebourg", annonce un responsable de Bercy. Pourtant, le ministère des Affaires étrangères a annoncé plus tôt qu'il a réalisé sur le Commerce extérieur un "Anschluss" peu diplomatique.

Montebourg avait assuré que ce domaine relèverait du portefeuille du nouveau ministre de l'Economie
", mais "le commerce extérieur est dans le champ des attributions de Laurent Fabius", a décrété un responsable du Quai d'Orsay, sous couvert d'anonymat... peu après ce coup de force.

Le Poutine du Quai d'Orsay annexe la Crimée de Bercy

Jusqu'à présent, le Commerce extérieur était de la compétence de Bercy et ce rattachement au Quai d'Orsay serait une première sous la Ve République.
"Les décrets d'attribution des compétences des ministres sont en cours de rédaction et c'est très délicat, car des pans de Bercy vont passer sous le contrôle du Quai d'Orsay", a précisé un autre anonyme du ministère des Affaires étrangères.

Le chancelier Kurt von Montebourg va-t-il organiser un référendum pour demander à la population du ministère du Commerce si elle souhaite rester quai de Bercy ou être incorporée aux Affaires Etrangères ?

Changement de gouvernement: Hollande prend les mêmes et recommence

Deux arrivants sur 17: Royal à l'Ecologie et Rebsamen au Travail

Grand gagnant des municipales: un bras-cassés, Hamon à l'Education

Jeu de chaises musicales
La vague bleue a balayé les Verts, mais a poussé un socialiste radical
De plus, le socialisme à la française devient une affaire de famille. Les Ségollande prennent le  pouvoir: Thomas Hollande, bientôt secrétaire d'Etat ?

Liste des branquignols renouvelés au gouvernement

1 -Laurent Fabius (homme de guerre): Affaires étrangères

2 -Benoît Hamon (bac +3, aile gauche du PS):  Éducation nationale, Enseignement supérieur et Recherche

3- Ségolène Royal, ex-concubine du président et peste notoire : Écologie,  Développement durable et  Énergie

4 -Benoit Cazeneuve (un petit teigneux): Intérieur

5 -Stéphane Le Foll (ex-homme à tout faire de Hollande, secrétaire général du PS, et patron de la cellule anti-Sarkozyiste): Agriculture (inefficace pendant deux ans) et porte-parole du gouvernement

6 -Jean-Yves Le Drian (un vieux meuble qu'il ne faut pas bouger dans l'entourage de Hollande): Défense

7 -Arnaud Montebourg : Économie, Finance, redressement productif et numérique, un bon client de la presse à scandales politiques

8 -Najat Vallaud-Belkacem (ex-protégée de S. Royal): Droits des femmes, Ville (au service des quartiers), Jeunesse (pour son prosélytisme) et Sport (parce que subalterne)

9 -Michel Sapin (godillot, ancien ministre du chômage et ministre vétuste remontant aux années 90) : Finances. Il devra réduire les déficits publics après avoir échoué en matière de chômage. 

10 -François Rebsamen (franc-maçon proche de Hollande, mais qui ne savait déjà pas compter à Dijon) : Travail, emploi et dialogue social. Favorable au cumul, il ajoute une fonction à ses mandats...

11 -Marisol Touraine (millionnaire): Affaires sociales

12 -Marylise Lebranchu (aubryste): Décentralisation (pour finaliser la grande oeuvre de soulèvement des collectivités territoriales), réforme de l'État et de la Fonction publique

13 -Aurélie Filippetti (pour la parité 8x2) : Culture (décidément secondaire pour Hollande) et communication (sans être porte-parole) 

14 -Taubira, PRG, rétrogradée au fond du gouvernement : Justice

15 -Sylvia Pinel (dont l'unique mérite est d'être Radicale de gauche, mais incapable de mener un projet à bien): Logement, secteur visiblement destiné à rester délabré 

16 -George Pau-Langevin (millionnaire, branche morte) : Outremer

Parmi les nouveaux, Royal a déjà servi sous Mitterrand et Jospin:

Le changement, c'est de l'usagé et très peu de neuf
Hollande n'a plus l'excuse de l'inexpérience.

Etrillé, Hollande a besoin de réconfort

Pépère a écarté ses détracteurs et resserré son réseau.

mardi 1 avril 2014

Bruxelles a déjà recadré le "pacte de solidarité" de Hollande annoncé hier

L'UE est (très) sceptique sur son "pacte de solidarité"
Les annonces de Hollande n'enfument plus personne
 Hollande l'a repoussée,
Valls l'imposera
Pour relancer son quinquennat au point mort, Hollande a assorti d'une nouvelle annonce politique le changement de Premier ministre : "le pacte de solidarité", sous forme de baisses d'impôts, censé être le pendant du pacte de responsabilité. Objectif : "redonner de la force à notre économie" tout en préservant "la justice sociale".

Sauf que
l'Etat a déjà du mal à trouver le premier des 50 milliards nécessaires à ce premier ensemble de réformes. Pour financer ce nouveau pacte, Hollande 
a donc laissé entendre qu'il va demander à Bruxelles un répit dans la réduction de déficits. La réponse de Bruxelles vient de tomber et sonne comme une piqûre de rappel.

Bruxelles refuse d'entretenir la France, danseuse de l'Europe

Interrogé mardi sur le discours de François Hollande, Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques, a été clair : il a tenu à "rafraîchir les mémoires" en rappelant que "le délai donné à la France" a déjà "été prolongé deux fois". Et ce dernier d'ajouter, laconique : "je ne ferai pas de commentaire".

La suite est encore plus claire : "j'ai hâte de recevoir le programme de stabilité de la France dans les prochaines semaines", a poursuivi Olli Rehn, ajoutant qu'à ses yeux il est  "essentiel que la France agisse de manière décisive pour assurer la soutenabilité de ses finances publiques à long terme et pour résoudre les entraves bien connues à la compétitivité et à la croissance". 

La France reste très en retard 

L'Hexagone a des marges de manœuvres très limitées après avoir déjà obtenu deux délais supplémentaires. La France est désormais censée repasser sous la barre des 3% de déficits en 2015, en vertu du Pacte de stabilité. Mais elle est en retard, même si elle a accéléré sa réduction des déficits : l'an dernier, le déficit public de la France s'est établi à 4,3% du Produit intérieur brut, alors qu'il était censé atteindre 4,1%. A ce rythme, la France passera sous les 3% en 2016

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La France aura donc du mal à convaincre la Commission européenne de lui accorder un nouveau délai. Mais François Hollande a un argument en poche : en Italie, qui vient de lancer un vaste plan de relance, Matteo Renzi s'en prend au "pacte de stupidité" européen. Or, l'économie de son pays présente de nombreuses similitudes avec sa voisine française. Le chômage a en effet franchi le seuil des 13% en février et la tendance demeure ancrée à la hausse pour les mois à venir.
Valls ambitionnera de "faire comme Renzi" qui, entre autres, veut diminuer de 10 milliards d'euros les impôts des plus modestes. "C'est la bonne solution. Il faut (...) renoncer à ces objectifs pour 2015 qui mettraient à genoux l'économie française", lui fait écho  Xavier Timbeau, de l'OFCE, organisme de recherche classé à gauche.

Sauf que, initiée par le nouveau chef du gouvernement italien Matteo Renzi,  cette politique n'a été rendue possible que parce que ses deux prédécesseurs ont mené une stricte politique d'austérité. 
La France ne s'est pas encore engagée  dans la première phase et un régime d'austérité. Paris aura donc fort à faire pour convaincre la Commission européenne.


Le tandem Valls-Hollande n'est pas sans embardées

Les deux hommes s'observent 

Jusqu'à quel point le président de la République peut-il compter sur la loyauté de son nouveau Premier ministre?
Avec Manuel Valls, François Hollande devra s'accoutumer à une personnalité bien différente de celle de Jean-Marc Ayrault. Si, avec l’ancien premier ministre, la confiance mutuelle allait de soi, avec le nouveau, une pointe de méfiance s’instille au sein du couple exécutif. Car si la loyauté de l’ancien ministre de l’Intérieur ne fait pour l’heure guère de doutes, ses ambitions assumées génèrent une légitime méfiance.

Au service de Hollande. 
Maître et majordome
Manuel Valls a gagné la confiance de François Hollande dès le premier tour de la primaire socialiste. Crédité de seulement 6% des suffrages, le député-maire d’Evry, dans l’Essone, fut le premier à rallier l’ancien premier secrétaire du PS. Il l’appella le soir même pour entrer à son service. Puis, pendant la campagne présidentielle, François Hollande fut bluffé par l’efficacité de Manuel Valls, son professionnalisme et sa loyauté incontestables.

Indispensable. Surtout, pendant cette campagne, Manuel Valls joua aussi sur la séduction : il noua des relations privilégiées avec Valérie Trierweiler, il soigna ses rapports avec Thomas Hollande, fils de François, qu'il appella régulièrement pendant la campagne pour parler politique. Manuel Valls sut se rendre incontournable. Peu d'observateurs et de politiques mesurèrent alors à quel point. François Rebsamen ne vit rien venir et se fit d'ailleurs souffler le ministère de l’Intérieur.

Mais cette ascension suscite une méfiance certaine

Car Manuel Valls est d’abord un "Vallsiste". Son ambition est démesurée et il lui arrive de jouer sa carte personnelle. L'illustration parfaite, c'est l'affaire Leonarda. Le ministre de l’Intérieur sent que l'affaire va mal tourner, alors il se tient à l'écart. François Hollande n'est pas dupe. "Manuel ne s'est pas proposé pour intervenir à la télévision; ça l'arrangeait que j'y aille", confie le Président en privé. Et Manuel Valls ne s’est pas privé, quelques jours plus tard, de critiquer la gestion de la crise par le chef de l’Etat.

Objectif 2017. De sa méfiance, François Hollande s'est récemment ouvert à un proche, selon les informations d’Europe 1 : "je sais que si Valls a le moindre espace, la moindre chance d'aller à la présidentielle dès 2017, il la saisira", avait glissé le président de la République.
La désignation de Valls à Matignon en période de crises multiples est probablement le meilleur moyen de l'user et de l'éliminer avant 2017.

Au secours: Eva Joly est annoncée en remplacement de Christiane Taubira

Le gouvernement Valls part en sucette

La magistrate altermondialiste serait la future garde des Sceaux


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