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jeudi 3 avril 2014

Manuel Valls et ses hommes de l'ombre

Les réseaux de Manuel Valls 
A Matignon, le nouveau Premier ministre va pouvoir s'appuyer sur plusieurs cercles de fidèles, entièrement dévoués à sa cause.

Fin 2011, Manuel Valls récoltait 5,63% à la primaire socialiste pour la présidentielle. Seulement 30 mois plus tard, lundi 31 mars 2014, le marginal est devenu Premier ministre. Une ascension fulgurante qui s'appuie sur quelques fidèles, dévoués au service d'un homme.

Ses amis de toujours

Stéphane Fouks est coprésident de la puissante agence de communication Havas Worldwide (ex-Euro RSCG). Alain Bauer est un célèbre criminologue qui chuchote à l'oreille des politiques. Manuel Valls les a tous les deux connus dans les années 1980 sur les bancs de la Sorbonne où Valls a fait des études d'histoire au centre Tolbiac. Les trois "jeunes loups de la Rocardie" sont doués et grimpent vite les échelons. Chez les Jeunes socialistes, ils avaient chacun une tâche :"Manuel, la politique et la vie publique ; Bauer, la tactique et les manœuvres d'appareil ; Stéphane, la communication", raconte un ancien responsable rocardien au journal Le Monde.
Depuis, leur amitié est indéfectible.
En 1988, Valls et Bauer se côtoient à Matignon, au sein du cabinet de Michel Rocard. Le criminologue conseille Manuel Valls en toutes circonstances, notamment lorsqu'il devient maire d'Evry, en 2001. Et malgré ses accointances sarkozystes entre 2007 et 2012, Bauer, qui est le parrain d'un des fils de Valls, est toujours là, dans l'ombre. De son côté, Fouks continue à conseiller Manuel Valls. De plus en plus discrètement depuis l'affaire DSK, dont il était le conseiller en communication.


Ses proches collaborateurs



Sébastien Gros,  Harold Hauzy,  Christian Gravel et Yves Colmou  


Un clan qu'on appelle les "Valls boys" 
Ces trentenaires sont des fidèles parmi les fidèles, les collaborateurs de choc de Manuel Valls lorsque celui-ci était maire d'Evry. Chacun dans son rôle. 

Sébastien Gros, le chef de cabinet, était chargé de l'organisation et des finances. Place Beauvau, il était "la tour de contrôle" de Manuel Valls, "son collaborateur le plus proche", écrivent David Revault d'Allonnes et Laurent Borredon dans Valls, à l'intérieur (éd. Robert Laffont, 2014).

Harold Hauzy
, directeur de la communication du maire d'Evry pendant plusieurs années, est quant à lui devenu la "plume" du ministre de l'Intérieur. Le conseiller presse de Manuel Valls retrouvera son collègue Sébastien Gros à Matignon. Les deux hommes gardent auprès du nouveau Premier ministre les mêmes attributions qu'à l'Intérieur.

Christian Gravel
, "dircab" de Manuel Valls pendant dix années Evry, dans l'Essonne, fut le conseiller presse du candidat à la primaire socialiste. Avant d'être recruté par François Hollande pour gérer ses relations publiques pendant la campagne présidentielle, puis à l'Elysée. Pour Manuel Valls, c'est un allié de poids au "Château". Jean-Marc Ayrault se serait d'ailleurs plaint, il y a quelques mois, de l'attitude de Gravel et d'un autre conseiller élyséen, Aquilino Morelle, lui aussi intime de Valls : "Ces deux-là ont été placés à l'Elysée par Valls. Ils manœuvrent contre moi et cherchent à me nuire sans se rendre compte qu'ils affaiblissent ainsi le président de la République", aurait affirmé l'ancien Premier ministre fin 2013, selon Le Canard enchaîné.

Yves Colmou
, le conseiller politique, est l'ultime pièce de l'entourage de Manuel Valls. Les deux hommes se sont connus, comme Stéphane Fouks et Alain Bauer, dans les cercles étudiants rocardiens. Yves Colmou et Manuel Valls ont travaillé à Matignon avec leur mentor, Michel Rocard, puis avec Lionel Jospin, au PS et à Matignon. Fin connaisseur de la carte électorale – une qualité toujours utile place Beauvau, malgré la débâcle aux municipales 2014 – il suit lui aussi Manuel Valls à Matignon en tant que conseiller.

Ses porte-flingues



Carlos Da Silva, Luc Carvounas, Francis Chouat et Jean-Jacques Urvoas.  

Manuel Valls n'est à la tête d'aucun courant au sein du parti, contrairement aux principaux éléphants socialistes. Selon un de ses partisans, cité dans le livre de David Revault d'Allonnes et Laurent Borredon, il ne disposerait que de neuf soutiens parmi les 204 membres du conseil national du PS. Qu'importe: Manuel Valls a toujours préféré construire sa popularité sur l'opinion publique plutôt que sur les structures militantes. L'ancien ministre de l'Intérieur mise davantage sur son image que sur une idéologie politique jamais vraiment théorisée. Dans les cercles du pouvoir, peu d'élus se réclament ouvertement de Manuel Valls, mais ceux-là sont entièrement dévoués à leur tête de gondole.

Il y a d'abord Carlos Da Silva, son suppléant à l'Assemblée nationale. Patron du PS de l'Essonne, il siège au palais Bourbon depuis que Manuel Valls est entré au gouvernement. Le député n'hésite pas à monter au créneau pour faire le service après-vente des annonces de son chef, ou à cogner lorsque Manuel Valls est attaqué. 

Dans un autre style, Luc Carvounas, sénateur-maire d'Alfortville (Val-de-Marne), est lui aussi patron de la fédération socialiste de son département. Secrétaire national aux relations extérieures du PS, il ne s'est pas fait que des amis, notamment au Parti de gauche, où son homologue le dépeint comme un "anticommuniste primaire", selon Le Monde.

A la mairie d'Evry, Manuel Valls a confié sa succession à son ancien premier adjoint Francis Chouat, une connaissance de longue date. En novembre, le ministre de l'Intérieur l'a décoré d'une Légion d'honneur lors d'une cérémonie au cours de laquelle l'auditoire a appris que Francis Chouat, ancien communiste, fut "le pion" de Manuel Valls au lycée Charlemagne, à Paris.

Le député Jean-Jacques Urvoas, est passé de Strauss-Kahn à Valls, et ne vient pas de l'Essonne, mais du Finistère
En 2012, lorsque Manuel Valls était en rivalité sourde avec le hollandais François Rebsamen dans la course à l'Intérieur, Jean-Jacques Urvoas avait clairement marqué sa préférence. Spécialiste des questions de sécurité, il est l'oreille des gendarmes et policiers, au point de devenir un conseiller officieux de Manuel Valls lorsque celui-ci occupait la place Beauvau. Assuré de lui succéder, Urvoas a été victime d'un véto présidentiel, François Hollande lui préférant un de ses hommes de confiance, Bernard Cazeneuve.

mardi 24 février 2009

PS : Sa Cynique Majesté Royal ne demande rien à Aubry, mais accepterait…

Elle confirme l’entrée d'une douzaine de chevaux de Troie à la direction

Désirdavenir Royal a confirmé depuis la Guadeloupe mardi matin, qu'une douzaine de ségoléniens primaires pourraient entrer à la direction du PS. L’entrée devrait être officialisée de nuit, lors d'un bureau national du mardi 23.

Les douze apôtres...

"Je pense que ce sera l'ordre de grandeur et c'est très bien", a déclaré l'ex-candidate à la présidentielle ce matin sur France-Info. Les ambitieux de l’écurie Royal ne manquent pas, mais considérant leur petit nombre, leurs identités ne sont un mystère pour personne.

Les pronostiqueurs donnent Aurélie Filippetti (dents jaunes et crinière décolorée verte), Gaëtan Gorce (encolure longue et paturon souple), Jean-Louis Bianco (toque grise et casaque noire), David Assouline (robe rose et sabots compensés), Patrick Mennucci (longe courte et genouillères) et Najat Belkacem (oreilles droites et jarrets courts), et le percheron, Jean-Pierre Mignard, placés.

Outsiders :
dans l'ordre d'arrivée, deux premiers secrétaires fédéraux, Frédéric Léveillé (Orne) et Carlos Da Silva (Essonne), Philippe Doucet, maire d'Argenteuil et les députés Jean-Patrick Gille (Indre-et-Loire) et Guillaume Garot (Mayenne). Résultat des courses, ce soir.

Restent les cas de Manuel Valls et Vincent Peillon

Ses poulains ont vitupéré et proféré les plus graves accusations et se sont donc beaucoup compromis pour celle qui les a envoyés en première ligne.
Le revers que sous sa direction ils ont subi les a laissés meurtris, tandis qu’elle continue de parader. Elle a d’ailleurs encore disposé de ses deux lieutenants, en estimant qu’ils devront entrer à la direction du PS, à l'avenir, "si des propositions leur sont faites".
Mais, alors qu’elle se tenait en retrait pour se poser en victime de la Ch’tite Aubry, ses deux victimes ont si copieusement invectivé leurs vainqueurs sur commande de Sa Cynique Majesté Royal, qu’ils ont maintenant la pudeur de ne pas tenter d’entrer à la direction: à la différence de leur odieuse chef de file, ils ont donc de la pudeur pour 13 (la révélation de la présidentielle et ses douze apôtres) : ils se respectent autant qu’ils respectent aujourd’hui leurs vainqueurs.

Et moi ! Et moi !

Mais c’est l’occasion pour la prétendante vaincue sur le retour de rappeler que, pour sa part, elle est "disponible pour exercer des responsabilités" si on lui en propose.
L’électron socialiste ne participera pourtant pas à ce BN, puisqu’elle est libre et toujours en déplacement en Guadeloupe. Sans maternalisme aucun et avec ce sens du respect qui lui est propre, elle considère en effet que les Guadeloupéens ne peuvent s’en sortir seuls et assure donc que sans elle rien n’est possible. N’a-t-elle pas dit que "les négociations ont repris" depuis qu'elle est en Guadeloupe ?
"J'ai encouragé tous mes amis à entrer dans la direction du parti. Moi-même je me suis dite disponible pour exercer des responsabilités : si on me les donne, c'est bien, si on ne me les donne pas, c'est bien aussi, si on me donne des missions provisoires ce sera parfait", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes dans un grand éclat de rire nerveux.
On peut lui faire confiance quand cette femme de parole affirme : "Je m'intégrerai à la direction du parti dès lors que ce sera souhaité"… Elle ne demande rien mais confirme avec insistance : "j'accepterai bien sûr toutes les missions qui me seront proposées".

La maire de Lille peut se reposer sur ses deux oreilles.

L’amère Royal répète inlassablement à qui veut l'entendre qu’elle occupe "une place particulière" au PS du fait de son statut d'ex-candidate à la présidentielle qui lui permet de "garder une liberté".
L’échec donne des droits.