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vendredi 8 janvier 2016

Métropole Aix-Marseille Provence frappée de paralysie politique et d'asphyxie économique

La justice bloque la Métropole Aix-Marseille Provence

Les opposants à la nouvelle collectivité pavoisent, mais sa population et ses 7.500 agents sont en attente...

Hier, devant les juges du tribunal administratif de Marseille, la métropole a tenté de surmonter la doctrine, la jurisprudence et autres subtilités juridiques et de faire valoir les préjudices encourus. Les battus ont introduit six recours  contre l'élection de Jean-Claude Gaudin à la présidence de la nouvelle collectivité. Ils tentent ainsi d'obtenir des juges qu'ils se prononcent contre le principe de la majorité démocratique et fassent tomber celui qu'une majorité de communes a porté à la tête de la métropole. 

Mais c'est surtout du Conseil constitutionnel que les mauvais perdants attendent une décision qui lui porte un mauvais coup, d'ici au 27 février. Cette guerre administrative de "cent ans" devenue ubuesque plonge les acteurs économiques de la zone et les 7.500 agents de la Métropole et en état de sidération
4 maires, de 4 communes des Bouches-du-Rhône ont annoncé samedi 14 novembre 2015, avoir déposé un recours pour contester l’élection de Jean-Claude Gaudin à la tête de la future métropole. Il s’agit du maire PCF de Gardanne, Roger Meï, du maire DVD de Pertuis, Roger Pellenc, et des maires Les Républicains d’Eguilles et de Cabriès, Robert Dagorne et Hervé Fabre-Aubrespy. Ce dernier, un proche de François Fillon, s’était présenté, le jour de l’élection, comme seul adversaire à Jean-Claude Gaudin.
Les  élus n'ont pas le droit de siéger ni de décider quoi que ce soit 

Les fonctionnaires des six communautés de communes (EPCI) se retrouvent en "chômage technique" depuis que la collectivité "suspendue" (par décision du Conseil d'État du 18 décembre)  a été dissoute le 31 décembre. Son président, en sursis, ne peut plus gérer que les strictes affaires courantes... "C'est le flou total, dans une institution qui existe sans exister, sans aucune lisibilité sur l'avenir", résume Patrick Rué, secrétaire général FO-Territoriaux à la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM). 
"On ignore même qui a le pouvoir de signer ! " Seule certitude, explique Jean-Claude Gaudin : les 7.500 agents métropolitains seront bien payés fin janvier (ce qui ne sera sans doute pas le cas des 240 élus). 
Pour tout le reste, "les services sont à l'arrêt, nous ne recevons aucune consigne, on ignore quels projets doivent être développés, selon quel calendrier", témoigne un cadre de MPM. "Tout est bloqué, les parapheurs sont à l'arrêt", confirme une secrétaire de direction; le personnel s'occupe en "faisant du rangement". "On demande à nos chefs ce qui va se passer, personne n'est capable de répondre. On ignore même qui a le pouvoir de signer! Le plus embêtant, c'est pour les facturations aux fournisseurs. Cette situation risque de mettre des entreprises en difficulté." Un autre l'atteste, "la principale difficulté, c'est que les seuls à pouvoir signer, ce sont le président de la Métropole et les maires en exercice".

A MPM pourtant, le président Guy Teissier avait donné des instructions pour que les urgences soient réglées avant le 31 décembre, date à laquelle la communauté urbaine, devenue conseil de territoire, a perdu la personnalité juridique. "Nous avons fait remonter les priorités pour les ports, l'assainissement, les eaux pluviales, la voirie et nous avons signé tout ce que nous avons pu : notifications et lancements de marchés, bons de commandes, afin de pouvoir continuer à fonctionner durant le premier trimestre 2015", assure Lionel Royer-Perreaut qui était chargé de la commande publique à MPM. 
L'élu est même revenu pendant ses vacances pour parapher d'ultimes documents, en sorte que des chantiers de sécurisation de voirie ou dans le métro puissent être engagés. Et donc payés aux prestataires, à leur livraison. "Même en l'absence de budget métropolitain, censé être voté en mars, il est possible d'engager des financements jusqu'aux 3/12e de ce budget", précise l'élu. 

Les grands projets marseillais, type Boulevard Urbain Sud, ou pôle multimodal du Capitaine-Gèze, sont menacés: ils ne sont pas concernés par cette avance qui risquent donc d'être retardés. 
Pas question non plus de passer de nouveaux marchés, "sauf cas exceptionnel et urgent". Espérons du moins que si la corniche s'effondre demain, on n'attendra pas de statuer sur la mutabilité de la question préjudicielle... 

La vie administrative et économique est suspendue


Dans les couloirs du Syndicat d'agglomération nouvelle (San) Ouest-Provence, socialiste, à Istres (PS), les voeux se teintent ces jours-ci de perplexité et d'ironie. "On ne sait vraiment pas ce qui nous attend; c'est le flou, commente l'une des agents. Tout le monde attend de savoir à quelle sauce nous serons mangés." C'est notamment un problème pour les agents qui seront reversés, non à la Métropole, mais aux communes. La perte d'un système de primes, "plutôt favorable", aurait créé des aigreurs dans certains services, dont celui des forestiers, note une autre source. Dans tel service, décembre a été mis à profit pour "signer le plus possible" de conventions, afin qu'elles soient, de façon certaine, honorées par la future Métropole. "Car là, seul le directeur général des services est habilité à parapher quoi que ce soit.

Plusieurs services sont, de fait, à l'arrêt. 
Un responsable de service souligne ainsi que les demandes de permis de construire, jusqu'ici instruites par le San, sont en suspens. "Que se passera-t-il si la Métropole ne se met pas en marche ?", s'interroge cet agent haut placé. On sent "monter l'inquiétude": "Puisque nous ne pouvons pas lancer le paiement de nos fournisseurs, c'est toute l'économie locale qui risque des problèmes de trésorerie."  

Une collectivité "suspendue" et bientôt décapitée ? 
La Métropole pourrait,de surcroît, perdre son président. C'est du moins ce qu'a préconisé hier Hélène Rouland-Boyer, rapporteur public du tribunal administratif de Marseille, présidé par Christophe Ciréfice. La magistrate s'est ralliée à certains arguments des six protestations déposées à l'issue de ce scrutin par Roger Pellenc, maire de Pertuis, Hervé Favre-Aubrespy, maire LR de Cabriès, Robert Dagorne, maire NC d'Éguilles, Roger Meï, maire PCF de Gardanne, Gaby Charroux, maire PCF de Martigues et le sénateur-maire FN des 13e-14e arrondissements de Marseille, Stéphane Ravier, qui contestent l'élection de Jean-Claude Gaudin, lors de la séance du 9 novembre dernier. 

Le rapporteur public estime que la décision du juge des référés du 6 novembre dernier de suspendre les arrêtés préfectoraux du 1er septembre et du 12 octobre 2015, "fait obstacle à ce que le conseil de la Métropole pût régulièrement se réunir le 9 novembre". Sans séance licite, point d'élection valide donc...
D'autant que, relève le rapporteur, nommée à point nommé à ce poste sensible depuis septembre 2015, cette séance avait été dûment close par le maire d'Aix Maryse Joissains, qui présidait l'assemblée en tant que doyenne d'âge. Ancienne-directrice de cabinet à la préfecture du Morbihan et ex-sous-préfète en poste depuis... septembre 2012 à Saint-Benoît à La Réunionen charge de la Sécurité routière (après Clermont-Ferrant et Tahiti), Hélène Rouland-Boyer (née en 1965, ci-dessus) n'a, en revanche, pas retenu l'insincérité du scrutin invoquée par certains plaignants, constatant la large majorité dégagée par Jean-Claude Gaudin (119 voix sur 169 votants, une soixantaine d'élus ayant toutefois refusé de participer au vote). 
Mais pour l'avocat de Jean-Claude Gaudin, la vérité juridique n'est pas si limpide. Me Gilbert Sindrès estime que "la chronologie absurde de l'enchaînement procédural de ce dossier empêche d'être péremptoire". Et d'analyser la nature exacte des arrêtés préfectoraux qui servent de base à l'argumentaire du rapporteur public. Métropole, les élus sans le sou ! Le premier portait sur le nombre et la répartition des sièges du conseil de la future Métropole, le second sur la composition du conseil métropolitain. Pour Me Sindrès, ces textes n'ont qu'"une valeur déclarative". Ils se bornent à "constater l'existence d'un fait". 
Leur annulation par le juge des référés portant sur la compétence du préfet à fixer le nombre et la répartition des sièges n'empêcherait donc en rien la tenue de la séance métropolitaine. Dans l'entourage de Jean-Claude Gaudin, on s'est félicité que les arguments retenus par le rapporteur public ne portent que sur des points très juridiques et nullement sur les conditions dans lesquelles s'est déroulé le scrutin. 
Emmenés par Maryse Joissains, maire de Aix-en-Provence (ville historiquement rivale de Marseille) et chef de file de cette gronde anti-métropole, ces élus dénoncent la surreprésentation, selon eux des élus Marseillais au sein du futur conseil métropolitain. Argument face auquel l’entourage de Jean-Claude Gaudin, oppose un argument juridique. Celui de la Loi Sarkozy du 16 décembre 2010 qui prévoyait 130 membres pour la composition des conseils de la métropole. Un nombre bien mois élevé que celui du futur conseil provençal. "Si on applique la loi strictement, affirme un proche du maire de Marseille, la proportion d’élus Marseillais sera mécaniquement beaucoup plus forte".
Décision sous huit jours.

lundi 9 novembre 2015

Gaudin (LR), élu à la tête de la métropole Aix-Marseille

Les opposants apprennent la démocratie mais s'inclinent de mauvaise grâce devant la majorité  

Le sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin (Les Républicains) a été élu

lundi président de la plus vaste métropole de France, Aix-Marseille-Provence, à l'arraché, à l'instar de la gestation de cette collectivité territoriale. Le gouvernement souhaite en effet créer trois métropoles spécifiques autour de Paris, Marseille et Lyon, ainsi que dans les aires urbaines de plus de 500.000 habitants : Lille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Strasbourg, Rouen, Toulon, Montpellier, Rennes et Grenoble.
En première lecture, le 6 juin 2013, le Sénat avait validé les métropoles lyonnaise et marseillaise, mais rejeté la création d’une métropole parisienne. Il avait également augmenté la taille nécessaire pour créer une métropole, ce qui aurait fait passer Montpellier sous la barre minimum

Elu sénateur en 2014 pour la 4e fois, Jean-Claude Gaudin a été président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole de 1995 à 2008, et il en est vice-président depuis 2008.
 
En septembre 2015, il avait décline la proposition du président du Sénat, Gérard Larcher, de siéger au Conseil constitutionnel, préférant continuer à se consacrer à Marseille et à la mise en place de la métropole Aix-Marseille-Provence.

Une majorité s'est finalement dégagée au grand damn de certains maires vent debout contre cette entité créée par la majorité présidentielle. Maryse Joissains (LR), la maire d'Aix-en-Provence, ville rivale de Marseille, a échoué à empêcher le vote et a finalement dû se résoudre à quitter la salle, sous un mélange d'applaudissements et de huées.
Un élu opposé à la métropole, le maire LR de la petite ville de Cabriès, Hervé Fabre Aubrespy, un fillonniste, était également candidat à la présidence la structure, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2016. Il a obtenu 13 voix, contre 119 pour Jean-Claude Gaudin, 76 ans. 169 conseillers sur 240 au total avaient pris part au scrutin.

J.-C. Gaudin devrait donc cumuler les fonctions de maire de la deuxième ville de France et de président de cette métropole qui regroupera 92 communes -dont les rivales Aix-en-Provence et Marseille- sur 3.173 km2 et qui comptera 1,83 million d'habitants. "La gouvernance de l'institution se développera dans la concertation et le consensus aussi large que possible", a précisé Gaudin.

"L'élection du président de la métropole devrait en tout cas permettre d'assurer en temps et en heure le paiement des salaires de janvier aux 7.500 fonctionnaires qui y seront transférés, et le règlement des fournisseurs".

Dès ce lundi, des salariés de l'Agglo de Martigues (PCF) 
manifestaient déjà devant l'entrée du Pharo pour 
exprimer leurs inquiétudes face à la Métropole.
Les opposants à la métropole ne devraient pas manquer de déposer des recours. "S'il y a des recours -et il y aura des recours, multiples et variés- peu importe: il faut aller maintenant de l'avant, nous ne pouvons pas rester dans cet état d'esprit, avec un blocage et des personnes qui cherchent toujours à tout bloquer sur la métropole", a ensuite commenté le vainqueur lors d'une conférence de presse. Candidat de la dernière heure, Hervé Fabre-Aubrespy est déjà l'auteur d'un des recours devant le Conseil d'Etat.
"Il y a eu des désaccords; il y a beaucoup d'élus qui n'étaient pas favorables, mais à partir du moment où la loi de la République a été votée, (...) celles et ceux qui portent une écharpe tricolore, même si ça leur déplaît, doivent faire en sorte d'appliquer la loi", a-t-il rappelé.
L’article 30 du projet de loi prévoyait de fusionner, au 1er janvier 2016, six intercommunalités (Marseille Provence Métropole, Pays d’Aix, Pays d’Aubagne et de l’Étoile, Pays de Martigues, Ouest Provence et Salon Etang-de-Berre Durance) en une métropole à fiscalité unique.
"Quand on m'attaque à la kalachnikov..." -

"La métropole est une ardente nécessité (dans la) compétition des territoires à l'échelle européenne et mondiale (...) dans quelques années nous dirons tous que nous avons eu raison de (la) vouloir", a ajouté J.C. Gaudin devant le conseil. L'élection du président de la métropole devrait en tout cas permettre d'assurer en temps et en heure le paiement des salaires de janvier aux 7.500 fonctionnaires qui y seront transférés, et le règlement des fournisseurs, a-t-il noté.

Les opposants à la métropole, des élus qui redoutent d'y perdre financièrement et craignent la prépondérance de la cité phocéenne dans les décisions, avaient été galvanisés vendredi par une décision du tribunal administratif de Marseille.
Mme Joisains (au centre) est ici encadrée par des élus PC,
les maires de Port-de-Bouc et Martigues (le député G. Charroux )
  
Saisi, en référé, par quatre communes qui estimaient que les grandes villes étaient sur-représentées au conseil métropolitain au détriment des petites communes, il a suspendu deux arrêtés préfectoraux [pris dans le cadre de loi 'modernisation de l’action publique territoriale et affirmation des métropoles' portée par la ministre PS Marylise Lebranchu] fixant le nombre et la répartition des sièges de la future métropole, ainsi que sa composition.
"Je considère aujourd'hui que nous ne pouvons pas procéder à quelque élection que ce soit", avait déclaré lundi le maire d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains, en ouvrant la séance d'installation du conseil métropolitain. "On va pas dire "parce qu'on est à Marseille, on ne respecte pas une décision de justice", avait ajouté celle qui, en tant que doyenne des élus d'intercommunalité, présidait la séance -ironie du sort pour une opposante résolue au projet métropolitain.

Les élus pro-métropole ont alors constaté sa carence et l'ont priée de partir.
Maryse Joissains monopolisant le micro
Parce que
"Maryse Joissains refuse de suivre l'ordre du jour", Sylvia Barthelemy, présidente sortante de l'Agglo, a demandé à Guy Teissier de prendre la présidence de la séance. Ce à quoi Mme Joissains a tenté de résister, lançant "Oh, tu veux des coups ?" à Mme Barthélémy. Celle-ci lui a retiré le micro pour le tendre à Guy Teissier (UMP) qui demandait la parole pour l'inviter à laisser la place.

La maire d'Aix a fait part de son souhait de ne pas en rester là et de continuer à contester la métropole : "Quand on m'attaque à la kalachnikov, je ne vais pas sortir le fleuret moucheté", a-t-elle lâché, une nouvelle fois agressive, ce qui pourrait interpeller le maire communiste de Martigues qui était absent, hurlant au "putsch" ! 

Les socialistes ont préféré laisser la droite, ultramajoritaire, se déchirer plutôt que de présenter un candidat. Avant le vote, le député PS marseillais Patrick Mennucci avait déclaré lors des prises de parole pour l'élection du président de la Métropole qu'"un article inscrit ce soir à l'Assemblée nationale dans la Loi de Finances proposera une aide de 66 millions d'euros à la Métropole." Elégant !

samedi 19 avril 2014

Martine Aubry accuse Hollande de son échec à l'agglomération lilloise

A Lille, le candidat centriste D.Castelain prive la gauche et la droite de communauté urbaine

L'UMP n'a pas réussi à souffler la présidence de la communauté urbaine de Lille à la coalition de la gauche et du centre
Martine Aubry et le centriste Damien Castelain : la première a permis au second d'accéder à la présidence de la communauté urbaine de Lille.
Martine Aubry et le centriste D.Castelain, 
son vice-président sortant à l'urbanisme
Pour Martine Aubry attribue l'échec de la gauche à Lille par "un refus de la politique nationale que les Français ne comprennent pas". Avant de prendre part au vote de la communauté urbaine de Lille (Lille Métropole), l'ancienne première secrétaire du PS a adressé un tacle en direction de François Hollande et du gouvernement socialiste. "Nous avons fait des erreurs dans un certain nombre de villes", a-t-elle toutefois concédé. 

L'amère de Lille ne se console pas d'avoir perdu son siège de présidente de la communauté urbaine lilloise. Mais elle a fait barrage au député UMP Bernard Gérard, président du groupe MCU. L'année 2014 devait pourtant être l'année de l'UMP à Lille Métropole, après que Tourcoing et Roubaix, notamment, ont basculé à droite lors des dernières municipales.


"Si la gauche n'a pas gagné, force est de constater que la droite classique n'a pas non plus la majorité", a souligné Martine Aubry, qui trouve plus de satisfaction à nuire qu'à servir. 
Elle n'a présenté aucun candidat pour favoriser l'accès à la présidence de la communauté urbaine de Damien Castelain, maire de Péronne-en-Mélantois, une commune de moins de 900 habitants, avec le soutien des socialistes et des Verts. Le candidat sans étiquette, mais à la tête du groupe de centre droit Métropole passion commune (MPC), a ainsi recueilli 108 voix. Une victoire inespérée, la majorité absolue étant fixée à 88 voix. La maire de Lille a affirmé qu'elle conserve "beaucoup de convictions communes" avec le groupe centriste, qui a collaboré avec elle à la Lille Métropole ces dernières années. 

Trahison ?

Deux jours avant l'élection, les groupes MPC et MCU cherchaient encore un accord. Bernard Gérard avait tout à craindre que les socialistes ne jouent les arbitres d'un match à droite. "Si ceux qui ont perdu sont les arbitres du scrutin, il y a un problème de démocratie, je m'excuse de le dire", déclarait-il à La Voix du Nord. C'est bel et bien ce qui s'est passé. "Des combinaisons improbables mènent au vote contestataire", avait-il en vain prévenu vendredi matin. 
Le groupe MCU, avant de voter, a pointé Damien Castelain. "C'est la marionnette du PS. C'est le candidat du PS, car il n'y en a pas d'autres. Le Parti socialiste use de combines politiciennes", entendait-on dans les rangs de l'UMP.

Des remarques qui ont fait virer la girouette  centriste. 
"Une métropole n'est pas un guichet derrière lequel tout le monde vient chercher son dû en échange d'un vote. Je me suis toujours refusée à cette politique", a prétendu la maire de Lille. "Ne pas entrer dans les combines, ça aurait été de présenter un candidat socialiste. Martine Aubry voulait juste ne pas être battue par un UMP", a rétorqué Thierry Pauchet, chef de file de l'UDI lillois, dont les voix se sont dispersées entre les différents groupes. 

Damien Castelain a promis qu'il jugerait les projets en fonction de leur "valeur", et pas en fonction de leur "couleur". "Je ne suis ni le plan B de la gauche ni le plan C de la droite. Je suis le plan A pour Métropole passion commune", a-t-il affirmé. Cela ne suffira certainement pas à calmer les rancoeurs. Le bureau exécutif de la communauté urbaine doit être composé d'ici une quinzaine de jours. 
D'ici là, l'UMP ne sait pas encore si elle se situe dans l'opposition ou non. "Tout dépendra du contrat de gouvernance et de la composition de l'exécutif", confie le sénateur UMP Jean-René Lecerf. 

Bernard Gérard, lui, avait prévenu : "Le message des électeurs [aux municipales, NDLR] est clair. Ils veulent une alternance. Ne pas respecter ce message, ce serait une offense au suffrage universel."





lundi 7 avril 2014

Marseille: la communauté urbaine repasse sous présidence UMP

Marseille ne sera plus financièrement asphyxiée par la gauche

Le triomphe du maire sortant de Marseille Jean-Claude Gaudin aux municipales s'étend à l'intercommunalité.

Une large victoire du député Guy Teissier a ramené la présidence de la communauté urbaine de Marseille à l'UMP lundiRavie de justesse par le socialiste Eugène Caselli, elle est revenue au maire du 5e secteur (9e-10e arrondissements) par 90 voix, contre 31 à son adversaire Michel Illac, maire sans étiquette d'Ensuès-la-Redonne, qui faisait partie des élus hostiles à la métropole qui verra le jour au 1er janvier 2016. Seize nuls ont été comptabilisés. Labsence du socialiste Patrick Mennucci a été très remarquée dans l'hémicycle.  Après l'avoir stigmaisée pour un soi-disant immoblisme, il a été largement déjugé par les électeurs, échouant ainsi à reprendre à la majorité de droite la seconde ville de France  en plein essor.

La droite ramène dans son giron le puissant levier de l'intercommunalité
Ses larges compétences s'étendent du développement économique aux transports en passant par l'urbanisme, la distribution de l'eau ou le traitement des déchets aux mains du frère de Jean-Noël Guérini et de FO. 
L'élection de Guy Teissier, 69 ans, met fin à un épisode de "gouvernance partagée" inauguré par la victoire  de la gauche en 2008 grâce au système électoral.

"Moment charnière"
"Ému, reconnaissant et impatient de (s)e mettre au travail", le nouveau président de Marseille Provence Métropole (MPM), saluant l'action de son prédécesseur "qui a su impulser un climat de confiance dans une configuration politique improbable", s'est réjoui d'être à la tête d'une "majorité franche et sans équivoque pour diriger cette institution".

Le député UMP a évoqué "un moment charnière avec la création de la métropole" Aix-Marseille, appelée à absorber MPM aux côtés de cinq autres communautés d'agglomération, un projet qui a suscité la fronde de 109 maires du département (sur 119). "J'y suis favorable, car nous devons unir nos forces dans un contexte de concurrence exacerbée (...), mais elle doit se garder de trop éloigner les pouvoirs de décision de ceux d'exécution. Dès lors, je conçois mon rôle comme celui d'un négociateur tenace des intérêts des habitants des 18 communes", a-t-il déclaré, annonçant la mise en place d'un "comité de pilotage". Guy Teissier a également promis de réduire ses indemnités et d'engager un audit sur les comptes.

La nouvelle assemblée compte 138 conseillers communautaires (contre 157 auparavant), élus pour six ans, pour la première fois au suffrage universel direct lors du scrutin des 23 et 30 mars. 
La ville de Marseille dispose à elle seule de 69 sièges, suivie de Marignane (14), La Ciotat (13) et Allauch (7). Dans les seules Bouches-du-Rhône, le PS a perdu le 7e secteur de Marseille, gagné par le FN, et Salon-de-Provence. Le PC a perdu Port-Saint-Louis-du-Rhône, au profit d'un divers gauche plutôt à droite et un bastion historique à Aubagne.

mercredi 5 septembre 2012

Fralib: la communauté urbaine PS de Marseille se jette sur les dépouilles

Les terrains et l'usine Fralib achetés par la communauté urbaine de Marseille
Le président socialiste a finalisé l'acquisition des terrains et bâtiments de l'usine Fralib à Gémenos 
Marseille Provence Métropole (MPM) "avait exercé son droit de préemption sur l'ensemble du site, soit 12.000 m2 environ, dont quelque 2.107 m2 de locaux sociaux et techniques", rappelle le communiqué. La communauté urbaine  en devient propriétaire pour 5,3 millions d'euros,a-t-elle annoncé mercredi dans un communiqué, quelques jours après un report de la transaction.
Le président socialiste de MPM, Eugène Caselli, avait annoncé début août avoir conclu la vente du terrain sur la base d'une estimation des domaines, soit 5,3 millions d'euros, et des machines pour un euro symbolique.
"Les solutions de reprise de l'activité seront trouvées à l'issue du travail important de revitalisation du site et de recherche de repreneurs potentiels que mène aujourd'hui le gouvernement avec le concours des collectivités locales et territoriales", avait souligné M. Caselli le 29 août.

La signature de l'acte d'acquisition, qui devait initialement avoir lieu le 29 août, avait été reportée "pour des raisons techniques", selon MPM. Les représentants syndicaux de Fralib s'étaient alors inquiétés de l'éventualité qu'Unilever ne souhaite plus laisser toutes les machines sur le site.
En vertu d'un protocole conclu entre MPM et le groupe Unilever, maison mère de Fralib, cet achat inclut "l'ensemble des matériels et équipements du site", le seul en France où étaient produits les thés Lipton et infusions Elephant, dans les Bouches-du-Rhône, département toujours présidé par Jean-Noël Guérini.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s'est félicité de cette acquisition.

Caselli, Carlotti et Montebourg

"Cette étape rend désormais possible des projets de réindustrialisation du site", a-t-il assuré.
Pour Angel Llovera, le patron de Fralib, "l'avenir du site est désormais entre les mains de la communauté urbaine et du gouvernement  pour un projet de démarrage d'une activité, sans la marque Eléphant ni volumes de sous-traitance", ce que les salariés réclament mais ce que refuse Unilever, a-t-il souligné dans un communiqué reçu mercredi.
Or, l'usine de Gémenos est occupée depuis plusieurs mois par une partie de ses 182 salariés initiaux, qui s'opposent à sa fermeture.

Le candidat Hollande avait proposé une "table ronde"

En février 2012, François Hollande participa à Paris à un meeting de soutien aux salariés de Fralib de Gémenos organisé par la CGT. Il avait alors demandé une table ronde sur la situation de ce site menacé de fermeture par Unilever. Le candidat PS à la présidentielle souhaite qu'elle "réunisse des représentants de toutes les parties prenantes, Unilever, l'Etat, les collectivités locales" et assure que "tant que cette table ronde ne sera pas tenue, je continuerai à la demander". 
A l'extrême gauche, deux autres candidats, Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA), ainsi que Pierre Laurent, numéro un du PCF, avaient également promis de ne pas laisser infuser plus longtemps.


En mars 2012, Bernard Ruspini, dirigeant de la société aixoise MFB Lario était présentait comme un repreneur crédible avec pour objectif "la remise en route" de l'usine de Gémenos et de permettre à cette nouvelle entreprise d'acquérir "le statut d'entreprise souveraine, indépendante et autonome". MFB Lario apporterait pour cela un fonds de roulement de 300 000 €. 


Depuis
, à l'issue d'un entretien à l'Elysée le vendredi 31 août, une délégation de salariés de l'usine Fralib a annoncé avoir obtenu la tenue d'une nouvelle table ronde vers la mi-septembre en préfecture.
La délégation venue demander l'intervention du gouvernement pour que la marque Eléphant leur soit cédée a été reçue par des collaborateurs du président François Hollande. Selon ses membres, après une première table ronde en juin, la nouvelle rencontre qui sera organisée vers la mi-septembre, en présence de représentants d'Unilever, aura pour objectif d'ouvrir une phase sur "l'avenir de l'emploi et pour relancer l'activité", a expliqué Olivier Leberquier, délégué syndical CGT décidé à "faire plier Unilever".

L'Elysée a confirmé dans un communiqué qu'"une table ronde sera très rapidement organisée à la préfecture des Bouches-du-Rhône . Concernant l'avenir industriel du site de Gémenos, "on a le sentiment que le gouvernement est à nos côtés", a commenté Gérard Cazorla, secrétaire CGT du comité d'entreprise. 
En effet, "des pistes sérieuses existent, elles doivent faire maintenant l'objet d'un examen approfondi", assure l'Elysée. .

mercredi 16 novembre 2011

Guérini menace la Ville de Marseille, puis fait volte-face

Le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône souffle le chaud et le froid

Le président socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône
, revient sur ses menaces, quatre jours après une lettre à la Communauté urbaine.

Le maître-chanteur ne refuse plus de financer certains projets structurants à Marseille.

Sa dernière pirouette ? Jean-Nono Guérini " adore bousculer les habitudes " !
Oubliée ou presque, la lettre pourtant sans ambiguïté qu'il a adressée à Eugène Caselli, président de la Communauté urbaine MPM, toujours en colère contre celui "qui a déclenché un séisme". Effacées, les intentions à peine voilées de geler les millions d'euros promis par contrat sur le tramway de la rue de Rome et la semi-piétonnisation du Vieux-Port.
Celle d'un président du Conseil général qui, quatre jours après avoir fait peser publiquement des menaces sur le financement de projets structurants à Marseille, retourne sa plume.
En niant hier avoir voulu couper les vivres à MPM ou à la Ville, aussi inquiète que remontée, Jean-Noël Guérini a cherché à nuancer les interprétations d'une attaque politique violente. " Celle d'un homme désormais isolé qui a fait une grosse bêtise ", glisse un élu socialiste de premier plan. " Il a voulu faire une mise au point, assure Lisette Narducci, l'une de ses fidèles au Conseil général. C'est encore une affaire malheureuse. Qui va s'arrêter là, je l'espère."

La maire PS du secteur où Guérini est aussi élu à Marseille, est "fatiguée" et "atterrée"

Exaspérée par le bruit médiatique et politique généré tout au long du week-end. Aussi par ce énième rebondissement d'une série politico-judiciaire où s'entremêlent mises en examen dans des affaires de marchés publics et luttes d'influence dans une ville gouvernée à la fois par la gauche et la droite.

Une "gouvernance partagée" sur le fil du rasoir
Pendant que Jean-Claude Gaudin, le maire UMP, disait sa colère et réclamait la démission de Jean-Noël Guérini en parlant de "vendetta", celui-ci réunissait ses proches au Conseil général. Ils ne tiennent pas à s'exprimer sur des décisions prises, pour partie seulement, avec leur consentement, assurent-ils, prêts à se désolidariser.
" Nous sommes tous las, confie l'un d'entre eux. Cette histoire est ubuesque. Dès que la situation sera décantée, nous prendrons une initiative collective. Sans faire de putsch, ni la révolution."
Peut-être le calendrier judiciaire les aidera-t-il au largage final, au moment où l'annonce de la révélation de nouvelles écoutes pèse sur le milieu socialiste. À moins que le PS national fasse enfin ce qu'il faut pour emporter la démission de son baron mafieux.

En attendant, Marseille souffre et navigue à vue
" Le mal est fait , pointe le conseiller général Michel Pezet. Je ne sais pas si ses fidèles font semblant ou non. Il n'y a pas d'autre solution que de précipiter une réunion de groupe, en espérant qu'elle enclenche des révolutions intérieures. " À l'extérieur du Vaisseau bleu aussi (bâtiment du CG), on s'interroge.

Le président de la Chambre de commerce et grand ordonnateur de la Capitale de la culture 2013 s'impatiente.
" Ce sentiment d'immobilisme politique m'inquiète et est en décalage avec les attentes du monde économique ", note Jacques Pfister. " Ce genre de projet demande une unanimité, pas des volte-face liées à des problèmes personnels."
Pendant que Jean-Marc Lacave, nouveau directeur exécutif du Forum mondial de l'eau qui se tiendra à Marseille en 2012, ne voit " aucune portée particulière à l'international ", Jean-Luc Chauvin, président de l'Union patronale, entrevoit une fin de règne. " Ce genre d'épisode montre qu'on est à la fin d'un système archaïque. Où les investisseurs se sentent pris en otage. Il faut tourner la page." Il s'exprimait à la veille d'une réunion publique sur le projet de métropole: encore un sujet de discorde entre Guérini et les autres.

Hollande et Aubry doivent manifester un peu de fermeté

Jean-Noël Guérini n'a jamais été député. Pourtant, c'est bien son nom qui a résonné dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, scandé par les députés UMP dans le but de pousser les socialistes à l'action.

DSK continue d'"abîmer" souiller l'image du PS, tandis que Guérini fait de la résistance à une Rue de Solférino distante et molle. "Je suis innocent. Je ne comprends pas pourquoi je démissionnerais ", a simplement riposté le mafieux. Et le porte-parole du Bureau national, Benoît Hamon, a avoué l'impuissance du PS à le maîtriser.

La ministre Valérie Pécresse a déjà commencé à poser à haute voix les questions que, dans la peur du système Guérini, les contribuables marseillais osent à peine murmurer sur la gestion de leur argent par un élu mis en examen pour " association de malfaiteurs " .

Les décisions prises par le NPM en octobre sur les transports en commun sont débloquées

Elles concernent le développement de Marseille: les sites propres au bus à haut niveau de services (BHNS), le tramway entre Canebière et place Castellane (via la rue de Rome) et ses prolongements futurs au Nord et à l'Est, le prolongement de la ligne 2 du métro de Bougainville à Capitaine Gèze et, plus largement, sur la révision du plan de déplacements urbains.
Les activités de rénovation de la municipalité UMP de Marseille peuvent reprendre
Les premiers exemplaires du BHNS devraient circuler vers Luminy et les quartiers Nord dès 2013. Les travaux du tramway Canebière-Castellane sont eux prévus fin 2013, une fois passée l'année capitale de la culture.
Guérini ne gâtera pas la victoire de " Marseille Provence " pour être capitale européenne de la culture en 2013.

Marseille-Provence 2013(MP13) est résolument ouvert sur la Méditerranée

Jean-Claude Gaudin
, maire de Marseille, vice-Président du Sénat, en sa qualité d’hôte, a souligné deux points, moins de deux ans avant que la cité phocéenne ne soit sous le feu des projecteurs : il a insisté sur " la volonté partagée et l’union entre les responsables politiques " (signe d’une unité retrouvée après les épisodes de rivalités territoriales) et sur le fait que " la Ville et ses partenaires sont en ordre de marche pour faire aboutir dans les temps un ambitieux programme de construction et de rénovation d’équipements ", rassurant ainsi sur l’état des chantiers des 50 projets en cours, qui seront les " contenants " du scénario élaboré par l’équipe de MP2013.
Son architecture comporte quatre déclinaisons saisonnières d'environ 500 projets: " Marseille accueille le monde " (incitation aux familles du territoire à inviter des familles de l’Europe et de la Méditerranée à venir fêter les cérémonies, fêtes et événements d’ouverture de l’année capitale), " La cité radieuse " (nouveaux territoires de l’art). Le chapitre estival " L’art prend l’air " ( nature,dehors) et " Révélations " (l’art et le vivre ensemble dans l’espace public) proposées aux dix millions de visiteurs attendus à Marseille en 2013.

samedi 5 mars 2011

Lamy à Montebourg: « On ferme sa gueule ou on se casse ! »

"Montebourg ferait mieux de faire campagne", selon François Lamy

Le Point.fr : Le rapport d'Arnaud Montebourg qui évoque "un système de pression féodal fondé sur l'intimidation et la peur" dans les Bouches-du-Rhône est accablant...
François Lamy : Ce rapport a été fait sur la base d'un voyage d'une journée, au mois de juin. Il a ensuite soi-disant été envoyé au Parti socialiste en décembre, mais nous n'en avons pas trace. Nous l'avons finalement reçu la semaine dernière pour constater qu'il n'y a dans ce rapport aucun fait réel ou avéré, aucune preuve, aucun élément précis, aucun document annexe. Il s'agit de déclarations péremptoires, nous sommes là dans le déclamatoire.

Arnaud Montebourg n'évoque pas que les finances du PS, mais aussi "de graves dérives dans l'usage de l'argent public"...

Lorsqu'on est responsable, on s'en tient aux faits. Jean-Noël Guérini n'a même pas été entendu dans l'enquête sur les marchés publics de l'agglomération marseillaise. C'est à la justice de faire son travail.

Arnaud Montebourg relève que Jean-Noël Guérini cumule la présidence du Conseil général et le poste de premier secrétaire fédéral des Bouches-du-Rhône [il se fait d'ailleurs appeler 'président'], contrairement à ce que permettent les statuts du PS...

C'est vrai, et nos statuts mériteraient d'être améliorés. Jean-Noël Guérini a été élu premier secrétaire fédéral en septembre 2010, suite à la démission d'Eugène Caselli, dont la situation n'était d'ailleurs pas meilleure, puisqu'il cumulait le poste de premier secrétaire fédéral avec celui de président de la communauté urbaine de Marseille. Il n'y avait pas de candidat face à Jean-Noël Guérini, pas de rivalités de pouvoir. Il faisait l'unanimité. Entre deux congrès du PS, le prochain aura lieu après la présidentielle, nous avons estimé qu'il s'agissait d'une situation transitoire acceptable [sic !] dans cette fédération populaire, qui compte dans la vie du parti.

Le PS n'a donc pas l'intention de mettre sous tutelle cette fédération ?

Lorsque nous mettons une fédération sous tutelle, comme ce fut le cas dans l'Hérault après les élections régionales, c'est parce que nous constatons des dysfonctionnements. Cela n'est pas le cas dans les Bouches-du-Rhône. Les comptes de la fédération ont été expertisés, comme pour toutes nos fédérations, il n'y a aucun problème. Preuve qu'il ne roule pas sur l'or à Marseille, c'est le national qui finance actuellement le coût des travaux de rénovation et de sécurité.

Pourquoi alors Arnaud Montebourg aurait-il écrit un tel rapport ?

Je ne comprends pas pourquoi un dirigeant socialiste met en cause une grande fédération du PS sans élément factuel réel, sans étayer de preuves ou de documents. Nous ne sommes pas dans une logique de coups. Nous sommes engagés dans une bataille contre la droite pour les cantonales, et dans la préparation des primaires... Dans la vraie vie du PS. Il est irresponsable de faire de la mousse autour de rien dans une telle période. Arnaud Montebourg ferait mieux de faire campagne pour les cantonales, sur le terrain, aux côtés des candidats.

La méthode Montebourg, c'est accuser sur la foi une revue de presse !...
Est-ce suffisant pour qu'un vertueux se casse ?

vendredi 4 février 2011

Mauroy condamné pour l'emploi fictif de Cohen-Solal

Un abus de confiance, mais pourtant du sursis !

Pierre Mauroy et Lyne Cohen-Solal ont été reconnus coupables


L'ancien Premier ministre socialiste et sa pseudo attachée de presse ont été condamnés vendredi 4 février à 20.000 euros d'amende avec sursis chacun pour "abus de confiance", par le tribunal correctionnel de Lille.
Ces condamnations concluent l'affaire d'emploi fictif présumé à la communauté urbaine de Lille (CUDL) datant de 1992.

Lutte contre la prévarication
Cette procédure avait été engagée en juin 2000 par Eric Darques
Pierre Mauroy était soupçonné d'avoir fait bénéficier sans contrepartie Lyne Cohen-Solal, alors membre du cabinet du maire de Lille et aujourd'hui adjointe au maire PS de Paris, d'un poste d'attachée de presse à la CUDL (devenue LMCU) alors qu'elle était aussi rédactrice en chef de l'hebdomadaire socialiste Vendredi, quand l'ancien Premier ministre prend la direction du PS.
Lors de la campagne présidentielle de 1995, elle dirige le service de presse du candidat Lionel Jospin. Son frère, Jean-Martin est président général de la Mutualité Française.
Partie civile dans l'affaire des faux électeurs du Ve arrondissement, Lyne Cohen Solal saisit le Conseil constitutionnel en 2000 pour vérifier la légalité l'élection de Jean Tiberi en 1997, mais s'il reconnut l'existence de manœuvres frauduleuses, il considéra toutefois qu'elles n'étaient pas en mesure d'avoir modifié le résultat de l'élection.

L'ancien directeur de cabinet de Pierre Mauroy à la CUDL, Bernard Masset, a été condamné à 10 000 euros d'amende avec sursis.

Le Parquet (nommé par le pouvoir !) avait pourtant requis une relaxe générale, le 3 décembre dernier. Eric Darques en fut indigné: « Ça prouve la collusion entre le monde politique et la justice. Mais je n’ai pas d’autres moyens d’agir : sans être dupe, il faut respecter les procédures et faire confiance… »

Pierre Mauroy s'est dit "en colère" à l'annonce du verdict

L'ex-maire de Lille s'est emporté, dénoncant un "procès pour rien" et un "jugement qui n'en est pas un".

D'autant que le tribunal a fait droit aux demandes d'Eric Darques d'indemniser la communauté urbaine à hauteur de 19.654 euros: les trois prévenus ont été condamnés solidairement à verser cette somme.
Le tribunal les a en outre condamnés à verser 5000 euros de frais de justice à Eric Darques.

Eric Darques, la bête noire des comptes publics

Est-il pour autant militant UMP ?
Trésorier national de l'association Anticor (pour anticorruption), dont le président du comité de parrainage est le juge Halphen, Eric Darques est aussi bien le poil à gratter du PS que de l’UMP et de Marc-Philippe Daubresse, maire de Lambersart. Consultant financier, âgé de 48 ans, Darques était conseiller municipal de Lambersart avant d'être exclus de son parti en 2006. « En 1981, j'ai été séduit par la vision gaulliste du RPR. Puis, j'ai rejoint le RPF de Pasqua, et l'UMP. »

Un procédurier tous azimuts
Il a depuis réclamé la restitution au contribuable de 350 millions d'euros pour l’eau dans la métropole lilloise. Et le recours administratif contre l’attribution du marché public du Grand Stade pourrait se doubler d'une plainte au pénal.

Ce défenseur du contribuable s’apprête maintenant à écrire à Daniel Percheron pour lui demander des comptes sur le Conseil régional.

Avant d'être consultant financier, il était commercial dans les adhésifs industriels...

jeudi 3 février 2011

Affaire Guérini: La Provence confirme l'implication de Caselli

La gauche marseillaise ne sent pas la rose...

Eugène Caselli est entendu par les gendarmes, comme annoncé par PaSiDupes dès mercredi: lien.

Pas de traitement VIP pour le numéro un socialiste à Marseille, le président de l'agglomération MPM est en garde à vue avec trois autres personnes.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Eugène Caselli est le président PS du MPM (Marseille Provence Métropole)

Autre affaire mettant en cause l'opposition de gauche:
les dockers de Marseille sont des rupins !
Lien PaSiDupes

mardi 11 janvier 2011

Tunisie: cynisme de la position socialiste en France

Côte d'Ivoire et Tunisie: le PS critique tout et son contraire

Le silence de la classe politique française sur les émeutes actuelles en Tunisie, perturbe à droite comme à gauche. Les habitudes interventionnistes poussent les nostalgiques de l'époque coloniale à rompre ce silence.

Le PS dénonce une ingérence française en Côte d'Ivoire

L'impasse reste totale en Côte d'Ivoire entre le président sortant Laurent Gbagbo qui affirme être le président, bien qu'il ait été reconnu battu dans les urnes après dix ans sans élection jusquà la fin novembre 2010, et le camp du président démocratiquement élu, Alassane Ouattara, qui, avec le soutien de la communauté internationale, exige son départ. Après six semaines de crise, les craintes d'un retour à la guerre civile dans le pays sont grandes. La France a ainsi recommandé, mercredi, à ses ressortissants présents en Côte d'Ivoire de quitter le pays s'ils le peuvent dans l'attente d'une normalisation de la situation.

Dans ce chaos, deux avocats français sont venus de France assurer la défense du dictateur. Or, ce sont deux socialistes et le PS accuse le gouvernement français d'ingérence en Côte d'Ivoire, tandis que le gouvernement Gbagbo a coupé toutes les chaînes françaises et étrangères sur le réseau Canalsat et que plusieurs charniers ont été découverts. Alors que l'Union européenne envisage des sanctions à l'encontre de onze proches de Laurent Gbagbo, depuis un mois, selon des sources diplomatiques européennes, l'ONU, l'Union africaine, les Etats-Unis et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont en outre appelé à plusieurs reprises Laurent Gbagbo à céder sa place à son adversaire, Alassane Ouattara, reconnu vainqueur de l'élection du 28 novembre par la communauté internationale.

Charles Blé Goudé, leader des jeunes partisans de Laurent Gbagbo et ministre de la jeunesse et de l'emploi du gouvernement Gbagbo, a appellé samedi le peuple "à s'apprêter à livrer" le "combat" contre le camp d'Alassane Ouattara. Surnommé "général de la rue", Charles Blé Goudé avait été le fer de lance de violentes manifestations anti-françaises en 2003 et 2004 à Abidjan. Il est soumis depuis 2006 à des sanctions de l'ONU, au gel de ses avoirs et à l'interdiction de voyager."Nous allons défendre la dignité et la souveraineté de notre pays jusqu'à la dernière goutte de notre ...sueur", a déclaré Blé Goudé.

L'entourage de Martine Aubry joue un jeu étrange

S'il reconnaît officiellement la validité de l'élection du président Ouattara, il traite en sous-main avec les soutiens de Gbagbo.
Prenons l'exemple d'un soutien béninois de Gbagbo en France. Faustin Aïssi, premier vice-président de l'université française du littoral Côte d'Opale (ULCO), et conseiller délégué de Lille Métropole, écrit d'ailleurs à sa "Chère Martine" Aubry, pour lui demander "qui en France ose remettre en cause la décision du conseil constitutionnel [ivoirien] dont les 9 membres ont été aujourd’hui nommés par la droite. Est-ce parce que « l’Africain n’est pas encore rentrer [sic: il est prof de chimie à la fac...] dans l’histoire …», comme dirait l’avocat d’affaire devenu président en France, que la communauté internationale peut s’autoriser comme au bon vieux temps de l’esclavage, puis de la colonisation à s’asseoir sur les institutions de la Côte d’Ivoire pour préférer un bon cadre du FMI, parce que plus apte à défendre ses intérêt de classe ? " [la ponctuation a été ajoutée pour plus de clarté]
L'élu socialiste de l'agglomération de Lille conclut: "Nous, Africains formés en France, sommes très bien formés et n'avons plus nullement besoin que nos anciens maîtres reviennent nous donner des leçons." Conseiller municipal délégué aux relations ville-universités, grandes écoles, autres collectivités et Etat à Villeneuve-d’Ascq, membre des conseils d'administration des universités de Lille 1 (sciences et technologies), Lille 2 (droit et santé) et Lille 3 (sciences humaines et sociales) et du CROUS où il représente Martine Aubry, présidente de Lille Métropole et conseiller de Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU) insiste: "C'est peut-être à notre tour de leur en donner – certes modestement – surtout sur l'Afrique et son évolution", mais il enseigne en France plutôt que de "bien former" des Africains...

A propos de la Côte d'Ivoire, Hamon est finalement revenu sans état d'âme sur la position du PS, celle aussi de Lang et Emmanuelli : " Nous appelons nous, Laurent Gbagbo, dont le parti est membre de l’International Socialiste, à tout mettre en œuvre pour mettre fin à cette situation ubuesque où deux présidents cohabitent. Il n’y a qu’une seule légitimité démocratique issue du suffrage universel en Cote d’Ivoire, et cette légitimité démocratique, seul Alassane Ouattara peut s’en prévaloir ", a résumé le porte-parole du PS.

Pourtant, fin décembre 2010, l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, Roland Dumas, et Maître Jacques Vergès avaient dénoncé "l'ingérence française et internationale en Côte d'Ivoire". Et Roro Dumas est toujours membre du PS ?

Le PS pousse la France à exercer un 'devoir d'ingérence' en Tunisie

En tant que président du groupe d'amitié France-Tunisie du Sénat, Jean-Pierre Sueur, 64 ans en février, nous fait un malaise. Selon ce sénateur du Loiret, quand on éprouve de l'amitié pour un peuple, on devrait aussi dire ce qu'il appelle la vérité. Or, ce maître de conférences honoraire en linguistique française à l'université d'Orléans n'a visiblement pas intégré l'idée qu'un pays qui a gagné son indépendance le 20 mars 1956 est, 55 ans plus tard, devenu adulte et qu'une vieille amitié ne justifie pas l'intervention d'un frère aîné. "Je soutiens ceux qui souhaitent plus de liberté, plus de démocratie et de droits fondamentaux comme le droit de manifester et le droit de s'exprimer. Le gouvernement tunisien et les plus hautes autorités, y compris le Président Ben Ali ont dit qu'ils comprenaient ce mouvement social. Mais c'est antinomique avec la répression violente qui existe aujourd'hui et dont les conséquences sont tragiques", insiste le sexagénaire. Faut-il pour autant s'immiscer? Le président tunisien a-t-il appelé la France à l'aide ?
On l'aura deviné,
le vertueux est un proche de Martine Aubry et a soutenu Dominique Strauss-Kahn lors des primaires socialistes pour l'élection présidentielle de 2007.

Les couacs socialistes
Puis, à propos de la Tunisie décrite comme une dictature par ses opposants, le porte parole du PS a affirmé son opposition à la "répression" en Tunisie.

Maître Moscovici fait la leçon au jeune Président tunisien
La dialectique de ce socialiste hexagonal est fort subtile ou fort ambigüe. Il est en effet capable d'affirmer à la fois que la France ne peut pas se comporter comme une puissance coloniale et être d'avis qu'icelle fasse valoir un droit d'ingérence... Il faut suivre !
« La France doit exprimer des positions politiques, dire ce qu'elle souhaite », a doctement insisté Pierre Moscovici, évoquant " les liens particuliers que la France a avec la Tunisie ", comme si rien ne s'était passé en 1956.
Quelle est sa méthode interventionniste ? " La France doit d'abord condamner les violences, la répression », « elle doit aussi exprimer un discours d'appel à la démocratie, à la puissance économique retrouvée et au partage de la richesse » a-t-il poursuivi. " Elle doit être dans son rôle ", " un pays ami de la Tunisie, ami des Tunisiens, mais qui est fidèle à ses valeurs "». Ca doit être clair: yapuka !

Le régime de Ben Ali a droit à son tour à un petit cours de science politique pour les Nuls. Il " doit entendre plusieurs revendications, cette revendication à la liberté, à la dignité, cette exigence de la jeunesse de la démocratie, et une double exigence économique, exigence d'emploi et de justice ", a-t-il encore estimé, soit pas mal d'exigences tombées de la Rue de Solférino sur le petit état, conseil du maître exigeant à l'affranchi. " Cette crise doit déboucher sur l'ouverture au moins du régime ".
Voilà une méthode 'qu'elle devrait' bien faire pour le PS, pas vrai ?...

Bertrand Delanoë n'oublie pas ses origines
Lui, il préfère, selon son entourage, " manifester son soutien au peuple tunisien non pas par des déclarations mais par des contacts utiles avec les uns et les autres, et en tenant le même langage à tous ". Le maire de Paris, qui est né en Tunisie et se rend souvent dans sa maison de Bizerte, dans le nord du pays, « se tient en contact régulier avec des acteurs très divers de la société tunisienne, acteurs politiques, syndicaux et associatifs» et a ainsi contacté, lundi, le président de la ligue tunisienne des droits de l’Homme, toujours selon ses proches.

La majorité est pondérée, claire et rangée

La ministre des Affaires étrangères est critiquée par l’opposition pour ce que Libération, pris d'un goût soudain pour l'agitation et la précipitation, appelle " l’extrême retenue de Paris face à la répression en Tunisie: On ne peut que déplorer les violences, s’est-elle contentée de constater", commente le quotidien d'opposition. le journal ajoute que Michèle Alliot-Marie n’est guère allée plus loin après les affrontements entre manifestants et policiers qui ont fait en Tunisie plus de 35 morts, selon les ONG, et jusqu’à une cinquantaine de morts, d'après un ...responsable syndical.
" Plutôt que de lancer des anathèmes, je crois que notre devoir est de faire une analyse sereine et objective de la situation ", a répondu MAM lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale... en offrant que " le savoir faire, reconnu dans le monde entier de nos Forces de sécurité, permette de régler des situations sécuritaires de ce type ".

Bruno Le Maire
dit pour sa part n’avoir " pas à qualifier le régime tunisien "
. Aussi bien, il n'est pas syndicaliste.

Frédéric Mitterrand, qui connaît le pays pour y vivre plusieurs semaines par an, juge " tout à fait exagéré " de décrire le régime de Ben Ali en "dictature univoque ": "en Tunisie, la condition des femmes est tout à fait remarquable, fait-il valoir. Il y a une opposition politique mais qui ne s’exprime pas comme elle pourrait s’exprimer en Europe ", nuance-t-il, en pure perte pour Libération.

C'est donc peu dire que les socialistes voient le monde par le prisme de la vertu politicienne et le petit bout de la lorgnette politiquement correcte, sans le moindre regard de crainte sur le prédateur libyen aux aguets.
Le champ étroit de leur perception idéologique de la réalité multiple du désordre dans le Maghreb ne leur permet pas de leur faire tomber les oeillères et d'à approfondir leur réflexion géopolitique: il faudrait qu'ils travaillâssent et 35 heures n'y suffiraient pas !

VOIR et ENTENDRE ce montage d'extraits des télévisions françaises (TF1, France 2, France 3, LCI, BFM-TV et i>télé) qui ne demandent pas un effort démesuré à cette gauche paresseuse qui critique tout de la Rue de Solférino au gouvernement et tout le monde, de Dunkerque à Tamanrasset et au-delà:



Télézapping : Tunisie, Algérie : La colère gronde envoyé par lemondefr.

Qu'ils démontrent leur éventuelle capacité à gérer les problèmes du monde en réglant d'abord leurs 'misérables' chamailleries internes.