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lundi 26 septembre 2011

Le marathon judiciaire des Tiberi reprend

Les Tiberi ne lâchent rien en appel

L'opposition mène une campagne médiatique de dénigrement

Le procès en appel du député-maire UMP du Ve arrondissement de Paris, Jean Tiberi, accusé de fraude électorale dans les années 1990, s'est ouvert lundi après 14 ans de procédure, sur une nouvelle demande de renvoi.

Déclaré inéligible pour trois ans en première instance en 2009, mais resté maire et député grâce au caractère suspensif de son appel, Jean Tiberi, 76 ans, a en effet déposé plusieurs " questions prioritaires de constitutionnalité ", (QPC) une procédure devenue classique dans les procès à caractère politique.
Ses avocats ont saisi la cour de quatre QPC contestant la conformité des lois appliquées avec les droits fondamentaux. Ils invoquent notamment le droit à un procès dans un délai raisonnable !

La cour examinera ces questions mercredi et dira ensuite si elle transmet ces QPC à la Cour de cassation, ce qui provoquerait un renvoi du procès à l'année prochaine au moins, voire son annulation complète. Si elles sont rejetées, l'audience s'ouvrira sur le fond lundi prochain.

La majorité municipale entretient la polémique
Bien qu'ils tiennent la mairie de Paris, les parties civiles, des élus écologistes et socialistes, se disent floués. Ils contestent les demandes de la défense et estiment que le principal bénéficiaire du délai excessif de cette procédure, est Jean Tiberi lui-même, qui a conservé tous ses mandats malgré des faits qu'elles jugent accablants et grâce au vote populaire.

C'est à la suite d'une plainte de son adversaire PS dans l'arrondissement, Lyne Cohen-Solal, que l'instruction dans cette affaire dite des faux-électeurs du Ve arrondissement a débuté.
Or, depuis juin 2000, la plaignante, Lyne Cohen-Solal, fait l'objet, avec Pierre Mauroy, d'une plainte d'un contribuable lillois pour détournement de fonds publics. Après un avis sans suite donné par la Chambre régionale des comptes (!), elle est mise en examen, mais pour recel et abus de confiance, en 2004 . La décision lilloise rejetant cette plainte est donc contestée devant la Cour de cassation. Une seconde enquête suit et le procureur propose, le 14 octobre 2009, un non-lieu général. Lyne Cohen-Solal, Pierre Mauroy et l'ancien directeur de cabinet de celui-ci, Bernard Masset, sont néanmoins renvoyés devant le tribunal correctionnel de Lille le 3 mai 2010.
Le vendredi 4 février 2011, Lyne Cohen-Solal et Pierre Mauroy sont condamnés au civil par le tribunal correctionnel à indemniser à hauteur de 19 654 euros la communauté urbaine de Lille, soit la totalité des salaires perçus, charges comprises, profitant au pénal d'une amnistie automatique en raison d'une loi votée à l'occasion de l'élection du président de la République...
Pierre Mauroy et Lyne Cohen-Solal font alors appel du jugement les condamnant au civil (soit la condamnation à rembourser près de 20 000 euros à la communautée urbaine). En attendant la décision de justice, le tribunal les a en outre condamnés à verser 5.000 euros de frais de justice au requérant.


Le dossier Tibéri approche le record de longueur des affaires liées à la gestion UMP de la mairie de Paris, mais ne l'atteint pas encore, puisqu'une autre affaire de fraude électorale très similaire dans le IIIe arrondissement, également imputée à la majorité RPR-UDF de l'époque, a été jugée en 2006 après 17 ans de procédure.

Egalement condamné en première instance à dix mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende, Jean Tiberi fut le successeur de Jacques Chirac à la mairie d'abord au poste de premier adjoint, avant de devenir maire de la capitale entre 1995 et 2001.
C'est Jean Tiberi, élu député dès les années 1960 dans le Ve, qui y a introduit en 1977 Jacques Chirac, dont ce fut aussi la circonscription électorale jusqu'en 1995.

Les autres prévenus
Jean Tiberi est rejugé en compagnie de sa femme Xavière, 74 ans, condamnée au premier procès à neuf mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende.

Anne-Marie Affret, ex-première adjointe de Jean Tiberi dans le Ve, condamnée à neuf mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité en première instance, est la dernière prévenue de ce procès en appel, les autres condamnés ayant renoncé à poursuivre la procédure.

Le couple Tiberi a été reconnu coupable en première instance de l'inscription frauduleuse sur les listes du Ve arrondissement de la capitale de milliers de "faux électeurs" n'y résidant pas et ayant souvent reçu en échange places en crèches et logements sociaux.

Une procédure administrative engagée après le début de l'enquête pénale a abouti à radier des listes électorales du Ve 6.459 électeurs sur 41.437 inscrits, soit plus de 15%, mais le dossier pénal ne retient que quelques centaines de cas.

Le camouflet des électeurs à la gauche et aux magistrats

Réélu maire du Ve en 2008, malgré le harcèlement médiatique de la presse militante, Jean Tiberi conteste la fraude dont la gauche l'accuse. Il peut espérer rester maire, même s'il était recondamné en appel, puisqu'il ne suffit pas de poursuivre pour être empêché et que les électeurs ont choisi de lui conserver leur confiance
Il pourra se pourvoir en cassation, ce qui suspendra durant un ou deux ans l'exécution de l'inéligibilité éventuelle.

Ainsi pourra-t-il continuer à servir les intérêts de ses électeurs jusqu'aux élections municipales de 2014 et soutenir son fils, élu également en 2008 et adjoint au maire du 5e arrondissement, chargé des commerçants, du sport et de la jeunesse. Le 19 janvier, Dominique Tiberi a rejoint le contrôle général de Bercy, le plus important corps d'audit, de contrôle et de conseil du ministère de l'économie et des finances, en qualité de contrôleur général économique et financier.
Ainsi la gauche refuse-t-elle le jugement populaire exprimé dans les urnes en 2008.

Les plaignants, des socialistes et des écologistes, ressassent

Ils tentent de faire passer dans l'opinion l'idée que les fraudes du Ve arrondissement ne seraient que la face émergée d'une situation plus profonde.

Mais ce rideau de fumée ne parvient pas à dissimuler les casseroles du maire socialiste actuel
François Devoucoux du Buysson et Françoise de Panafieu reprochent à Bertrand Delanoë d'avoir privilégié les « paillettes » plus que les réformes de fond, faisant référence à la manifestation festive Paris Plages.
Françoise de Panafieu déplore en outre que le maire socialiste a détérioré les conditions de circulation en voiture dans la ville (notamment dus, d'après ces critiques, à l'élargissement des couloirs de bus), tout en n'ayant pas fait baisser le taux de pollution de manière significative.
Ses détracteurs, qu'il soient issus de sa propre majorité, comme Les Verts, ou de son opposition comme l'UMP ou le MoDem, en parlant de " ville des aisés et des aidés ", accusent également Bertrand Delanoë de ne pas avoir enrayé la fracture sociale à Paris, voire de l'avoir accentuée.
Lien PaSiDupes: HLM, Delanoë se décharge sur la chambre des comptes

Ils reprochent ainsi au maire socialiste de ne pas avoir réussi à lutter contre la hausse des prix de l'immobilier à Paris. Ils pointent encore le manque de logements accessibles aux ménages de la classe moyenne, qui sont parfois contraints de quitter Paris pour sa petite, voire sa grande couronne.
En revanche, le nombre des pistonnés logés par le maire PS en HLM de standing "abîme" l'image vertueuse du PS...
En 2006, des privilégiés - des fonctionnaires, des élus, des bobos - occupaient des logements sociaux tout en disposant de ressources plus que confortables, certains étant propriétaires de résidences secondaires, d'autres sous-louant leur HLM. Le peuple demande des comptes à tout ce beau monde, qui réclame la transparence pour les autres.
Depuis combien de temps Jean-Pierre Chevènement occupait-il à Paris un logement social (5 pièces pour 1200 euros) en plus de son pied-à-terre à Belfort ?
Bolufer, le directeur de cabinet de Christine Boutin était logé depuis 1981 dans un appartement à loyer modéré de 190 m2, boulevard de Port-Royal à Paris (Ve), au prix de 6,30 euros le m2.
Le danseur Patrick Dupont et Valérie Lang, la fille de..., notamment, avaient obtenu des HLM à Paris. La Mairie confirme, mais assure n'y être pour rien…
Franck Chaumont, proche collaborateur de Fadela Amara, est locataire d'un logement social
Et les loyers bradés pour sénateurs ?
C'est à chaque fois un deux pièces -cuisine de 52 m² situé boulevard Auguste Blanqui dans le 13e arrondissement de Paris et loué 707,18 euros par mois.
Lien PaSiDupes: HLM parisiennes-le PS Jean-Yves Mano cumule la RIVP et l'OPAC
Il y a un an, Delanoë est accusé de mauvaise gestion !
En septembre 2010, les élus montent au créneau après que le maire de Paris a fait part de la résistance de certains maires d'arrondissement quant à la construction de logements sociaux à Paris. La responsabilité de Bébert Delanoë est ainsi mise en cause dans la difficile mise en place des objectifs de 20 % de HLM dans la capitale avant 2020.
Lien PaSiDupes: Delanoë se défend dans l'affaire des logements sociaux à Paris (il conteste Les Echos)
=> Un rapport de la Chambre régionale des comptes d'Île-de-France dévoilé en septembre 2010 pointe plusieurs « anomalies » dans le recrutement de la Mairie de Paris, parmi lesquelles des emplois abusifs et le versement d'importantes primes, dont le montant global est passé de 5 millions d'euros en 2002 à 13 millions en 2009...

Bertrand Delanoë occuperait-il lui-même un emploi fictif ?
Jean-François Lamour déplore en 2010 que Bertrand Delanoë reste moins de deux heures dans l'hémicycle du Conseil de Paris alors qu'il dure deux jours, et que le directeur de cabinet Nicolas Revel « pilote tout ». À la suite d'une succession d'échecs et polémiques (congrès de Reims, accord dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, interdiction de l'exposition de Larry Clark aux mineurs, rapport critique de la Chambre régionale des comptes, réaménagement du Forum des Halles), Le magazine Le Point confirme que le maire de Paris est « démotivé », fonctionne « pour l'essentiel par notes » et s'appuie « surtout sur deux ou trois collaborateurs ».

vendredi 4 février 2011

Mauroy condamné pour l'emploi fictif de Cohen-Solal

Un abus de confiance, mais pourtant du sursis !

Pierre Mauroy et Lyne Cohen-Solal ont été reconnus coupables


L'ancien Premier ministre socialiste et sa pseudo attachée de presse ont été condamnés vendredi 4 février à 20.000 euros d'amende avec sursis chacun pour "abus de confiance", par le tribunal correctionnel de Lille.
Ces condamnations concluent l'affaire d'emploi fictif présumé à la communauté urbaine de Lille (CUDL) datant de 1992.

Lutte contre la prévarication
Cette procédure avait été engagée en juin 2000 par Eric Darques
Pierre Mauroy était soupçonné d'avoir fait bénéficier sans contrepartie Lyne Cohen-Solal, alors membre du cabinet du maire de Lille et aujourd'hui adjointe au maire PS de Paris, d'un poste d'attachée de presse à la CUDL (devenue LMCU) alors qu'elle était aussi rédactrice en chef de l'hebdomadaire socialiste Vendredi, quand l'ancien Premier ministre prend la direction du PS.
Lors de la campagne présidentielle de 1995, elle dirige le service de presse du candidat Lionel Jospin. Son frère, Jean-Martin est président général de la Mutualité Française.
Partie civile dans l'affaire des faux électeurs du Ve arrondissement, Lyne Cohen Solal saisit le Conseil constitutionnel en 2000 pour vérifier la légalité l'élection de Jean Tiberi en 1997, mais s'il reconnut l'existence de manœuvres frauduleuses, il considéra toutefois qu'elles n'étaient pas en mesure d'avoir modifié le résultat de l'élection.

L'ancien directeur de cabinet de Pierre Mauroy à la CUDL, Bernard Masset, a été condamné à 10 000 euros d'amende avec sursis.

Le Parquet (nommé par le pouvoir !) avait pourtant requis une relaxe générale, le 3 décembre dernier. Eric Darques en fut indigné: « Ça prouve la collusion entre le monde politique et la justice. Mais je n’ai pas d’autres moyens d’agir : sans être dupe, il faut respecter les procédures et faire confiance… »

Pierre Mauroy s'est dit "en colère" à l'annonce du verdict

L'ex-maire de Lille s'est emporté, dénoncant un "procès pour rien" et un "jugement qui n'en est pas un".

D'autant que le tribunal a fait droit aux demandes d'Eric Darques d'indemniser la communauté urbaine à hauteur de 19.654 euros: les trois prévenus ont été condamnés solidairement à verser cette somme.
Le tribunal les a en outre condamnés à verser 5000 euros de frais de justice à Eric Darques.

Eric Darques, la bête noire des comptes publics

Est-il pour autant militant UMP ?
Trésorier national de l'association Anticor (pour anticorruption), dont le président du comité de parrainage est le juge Halphen, Eric Darques est aussi bien le poil à gratter du PS que de l’UMP et de Marc-Philippe Daubresse, maire de Lambersart. Consultant financier, âgé de 48 ans, Darques était conseiller municipal de Lambersart avant d'être exclus de son parti en 2006. « En 1981, j'ai été séduit par la vision gaulliste du RPR. Puis, j'ai rejoint le RPF de Pasqua, et l'UMP. »

Un procédurier tous azimuts
Il a depuis réclamé la restitution au contribuable de 350 millions d'euros pour l’eau dans la métropole lilloise. Et le recours administratif contre l’attribution du marché public du Grand Stade pourrait se doubler d'une plainte au pénal.

Ce défenseur du contribuable s’apprête maintenant à écrire à Daniel Percheron pour lui demander des comptes sur le Conseil régional.

Avant d'être consultant financier, il était commercial dans les adhésifs industriels...

jeudi 14 février 2008

Des juges s'invitent dans la municipale de Paris V°

Sans attendre, les époux Tiberi sont renvoyés en correctionnelle
Une ordonnance de renvoi qui tombe à pic.
Dans l'enquête ouverte il y a plus de dix ans sur les faux électeurs du Ve arrondissement, onze personnes, dont l'ancien maire de Paris Jean Tiberi et sa femme Xavière, ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel, à moins d'un mois des élections municipales.
Sans attendre les réquisitions du parquet de Paris
, des juges au-dessus de tout soupçon, dénommés Baudouin Thouvenot et Jean-Louis Périès, ont jugé ce mercredi matin qu'ils avaient trop attendu car l'une des personnes est décédée pendant que deux autres ont bénéficié d'un non-lieu. Nos deux juges zélés sont tout à coup à trois semaines près. Ils ont signé l'ordonnance de renvoi en correctionnelle de onze mis en examen dans ce dossier.
Coup du sort, parmi les 14 personnes mises en examen se trouvent l'ancien maire de Paris et actuel maire UMP du Ve arrondissement Jean Tiberi, candidat à un nouveau mandat aux prochaines municipales des 9 et 16 mars, mais aussi son épouse Xavière Tiberi, l'ancien secrétaire général de la mairie du Ve, Raymond Nentien, et plusieurs proches du maire.
Réagissant à son renvoi devant le tribunal, M. Tiberi a déclaré que les juges avaient agi "de manière stupéfiante, en pleine campagne électorale, c'est sans précédent".
L'information judiciaire avait été ouverte le 13 juin 1997 à la suite de plusieurs plaintes, dont celle de Lyne Cohen-Solal, candidate socialiste qui avait besoin d'un petit coup de pouce pour affronter M. Tiberi. Elle l'accusait d'inscriptions ou radiations indues sur les listes en vue des municipales de juin 1995 et des législatives de mai-juin 1997.
Le hasard faisant bien les choses, vous aurez pourtant deviné que Mme Cohen-Solal est tête de liste PS dans le Ve arrondissement pour les municipales de mars 2008. Il se trouve qu'elle ne communique plus: elle n'a pas souhaité faire de commentaire.
M. Tiberi avait été mis en examen le 21 mars 2005 pour présomption de "manoeuvres frauduleuses de nature à fausser la nature du scrutin". Présumé innocent, l'opération judiciaire pourrait bien avoir pour but de le condamner auprès des électeurs avant même le jugement des urnes et du tribunal.
L'avocate de la candidate socialiste a mis onze années pour sortir du coma judiciaire.
Les parties civiles avaient donc laissé passer les présidentielles et les législatives et attendu la municipale pour pointer, par la voix de Me Claude Pollet-Bailleux, l'avocate de la silencieuse Mme Cohen-Solal, le "délai anormalement long" entre la fin de l'enquête judiciaire et l'ordonnance de renvoi en correctionnelle des mis en examen. Les juges avaient conclu leur enquête en avril 2005 mais ce n'est qu'en décembre 2007 que les conseils de Mme Cohen-Solal ont planifié leur demande de rendez-vous avec la ministre de la Justice, Rachida Dati. Les juges ont finalement décidé, comme la loi le permet, de ne plus attendre les réquisitions du Parquet.
Evidemment, "par tradition républicaine, le parquet ne rend pas ses réquisitions sur ce type d'affaires dans des périodes pré-électorales", a justifié en début de semaine une source judiciaire. La preuve que les magistrats sont extrêmement indépendants du pouvoir, s'ils ne le sont du PS…
"Attendre plus de dix ans avant de renvoyer les responsables présumés d'une fraude électorale (...) constitue un triste record", a pour sa part déploré Me Vincent Toledano, avocat d'une des parties civiles dans cette affaire, Benoît Brasilier.