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mercredi 8 février 2017

L'affaire Bygmalion fracture la justice

L'affaire oppose les deux juges en charge du dossier

L'acharnement du juge Serge Tournaire souligne la fragilité des charges

L'ancien président Sarkozy a fait appel de l'ordonnance bancale de la justice écartelée, à la faveur des désaccords entre les juges Renaud Van Ruymbeke et Serge Tournaire (ci-dessus, à droite) lequel reste seul déterminé à le renvoyer devant le tribunal correctionnel dans l'affaire Bygmalion. 
Accueil > Politique Jean-Michel Décugis 08 février 2017, 8h08  Nicolas Sarkozy à Elancourt dans la banlieue ouest de Paris, le 28 mars 2012 

Jusqu'ici les plus réputés du pôle financier, avant l'instrumentalisation des juges de l'affaire Penelope par la presse anarchiste (Canard enchaîné), révolutionnaire (Mediapart, site trotskiste) ou mercantile, leurs suiveurs (France Télévisions et BFMTV), les dissensions entre les deux juges sur le dossier Sarkozy s'étalent au grand jour. 
Le juge Renaud Van Ruymbeke a refusé de d'apposer sa signature en bas de l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel (ORTC) rédigée par son collègue Serge Tournaire, premier magistrat instructeur dans cette affaire. 
Le juge Tournaire est l’anti-Van Ruymbeke ou l’anti-Eva Joly: on ne le voit pas sur les plateaux de télévision. Officiellement, cet homme de l'ombre (50 ans) refuse de parler aux journalistes. Aussi fut-il furieux, dit-on, lorsqu’il apprit que Mediapart publiait sept écoutes en lien avec la présumée affaire de trafic d’influence visant implicitement Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog et le haut magistrat Gilbert Azibert.On ne sait rien de cet ovni du pôle financier du tribunal de Paris ou de sa vie privée. Austère mais franc avec les avocats, c’est un voisin agréable, comme on dit des tueurs. Pour autant, est-il aussi déséquilibré qu'un djihadiste ?
C
omme ses grands anciens du pôle financier, Renaud Van Ruymbeke, Eva Joly ou Laurence Vichnievsky et autres Philippe Courroye, il ne lâche jamais sa proie.
Ces deux volontés farouches et antagonistes fragilisent considérablement la position  du premier juge désigné 
Non seulement ce désaccord étalé sur la place publique fait tache, mais il permet à Nicolas Sarkozy d'effectuer un recours devant la chambre d'instruction. Ce qui va retarder la date du procès de plusieurs mois. 

RVR, surnom du juge non signataire, considère que les faits relatifs à Nicolas Sarkozy ne sont pas constitués. 
En février 2016, il y a un an, quand un premier avertissement avait été prononcé lors de la mise en examen de l'ex-chef d'Etat, seul Serge Tournaire avait signé des deux mains, sans que sa gauche vaille pour sa droite. 
A l'époque, le doyen des juges d'instruction du pôle financier, désigné pour faire le tampon entre ses deux collègues fâchés depuis plusieurs mois, Roger Le Loire, s'était aussi abstenu. Depuis, Roger Le Loire s'est retiré du dossier. 

Clairement, tout sépare les juges Tournaire et Van Ruymbeke qui évitent de se croiser même si leurs cabinets se situent tous les deux au troisième étage du pôle financier. Leurs méthodes sont aussi contrastées que leurs personnalités. Musclées pour Tournaire, l'ancien magistrat de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille (Jirs), habituée à la grande criminalité. Plus souples chez RVR, coutumier des affaires politico-financières et mis en cause en 1979 par Robert Boulin, ministre de droite, dans une lettre posthume. 

Tournaire ne craint pas le recours aux écoutes téléphoniques, à la garde à vue, voire à la détention provisoire

RVR déteste envoyer un mis en examen en prison. 
Or, le juge Tournaire est le même juge sur nombre de dossiers ouverts contre Sarkozy. 
Prenez l'exemple de l'affaire des écoutes de l'Elysée dans laquelle le juge d'instruction Serge Tournaire a pu enquêter sur une plainte pour favoritisme déposée en 2010 par Anticor, association anticorruption co-fondée par le juge Éric Halphen, qui créa un parti, le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS), qui fait liste commune avec le PCF, puis adhéra au Mouvement de l'Utopie Concrète de l'architecte Roland Castro, ancien militant de l’Union des étudiants communistes et du PCF.

Le juge Tournaire semble avoir consacré sa vie à Sarkozy...
Psychorigide et monomaniaque ? Dans sa névrose obsessionnelle, Tournaire est clairement entré dans la phase de toute-puissance obsessionnelle.

mercredi 7 août 2013

Strauss-Kahn acculé dans l'affaire du Carlton de Lille

DSK organise de l'"abattage" et non du "libertinage"

"Carlton : les juges chargent lourdement DSK", juge l'AFP


Le Figaro a dévoilé mardi soir le contenu de l'ordonnance de renvoi en correctionnelle de l'affaire de proxénétisme aggravé du Carlton. Pour les magistrats de l'instruction, la culpabilité de DSK ne fait pas de doute.
Dans cette ordonnance, les juges d'instruction qui ont décidé le renvoi en correctionnelle de Dominique Strauss-Kahn pour "proxénétisme aggravé" dans l'affaire dite du Carlton de Lille, excluent tout "libertinage" et parlent d'"abattage" et de "commandes de prestations".

Coup de mou dans le système de défense de DSK

DSK a toujours affirmé ignorer que les femmes présentes aux parties fines auxquelles il avait participé, notamment à Paris et Washington, étaient des prostituées rémunérées.

La présence à certaines soirées de couples extérieurs était davantage un "alibi"
destiné à satisfaire DSK décrit en "roi de la fête", expliquent les juges, pour lesquels, "son ignorance n'est qu'un système de défense".

L'ancien ministre socialiste "conservait la main sur la programmation des soirées, lesquelles ne s'organisaient qu'en fonction de ses disponibilités d'agenda", soulignent-ils. 

Les magistrats reprochent aussi à DSK la mise à disposition, pour ces soirées, d'un appartement dont il était "locataire de fait" : il aurait ainsi "accompli un acte matériel de proxénétisme".

Dans un communiqué diffusé le 26 juillet, D. Strauss-Kahn avait dénoncé une "instruction exclusivement à charge", même s'il "s'attendait à cette décision et se présentera donc sereinement devant le tribunal". Le Parquet qui a pourtant requis un non-lieu en faveur de DSK, a finalement décidé de ne pas faire appel du renvoi en correctionnelle de l'ancien patron du FMI et de treize autres mis en examen.

jeudi 14 février 2008

Des juges s'invitent dans la municipale de Paris V°

Sans attendre, les époux Tiberi sont renvoyés en correctionnelle
Une ordonnance de renvoi qui tombe à pic.
Dans l'enquête ouverte il y a plus de dix ans sur les faux électeurs du Ve arrondissement, onze personnes, dont l'ancien maire de Paris Jean Tiberi et sa femme Xavière, ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel, à moins d'un mois des élections municipales.
Sans attendre les réquisitions du parquet de Paris
, des juges au-dessus de tout soupçon, dénommés Baudouin Thouvenot et Jean-Louis Périès, ont jugé ce mercredi matin qu'ils avaient trop attendu car l'une des personnes est décédée pendant que deux autres ont bénéficié d'un non-lieu. Nos deux juges zélés sont tout à coup à trois semaines près. Ils ont signé l'ordonnance de renvoi en correctionnelle de onze mis en examen dans ce dossier.
Coup du sort, parmi les 14 personnes mises en examen se trouvent l'ancien maire de Paris et actuel maire UMP du Ve arrondissement Jean Tiberi, candidat à un nouveau mandat aux prochaines municipales des 9 et 16 mars, mais aussi son épouse Xavière Tiberi, l'ancien secrétaire général de la mairie du Ve, Raymond Nentien, et plusieurs proches du maire.
Réagissant à son renvoi devant le tribunal, M. Tiberi a déclaré que les juges avaient agi "de manière stupéfiante, en pleine campagne électorale, c'est sans précédent".
L'information judiciaire avait été ouverte le 13 juin 1997 à la suite de plusieurs plaintes, dont celle de Lyne Cohen-Solal, candidate socialiste qui avait besoin d'un petit coup de pouce pour affronter M. Tiberi. Elle l'accusait d'inscriptions ou radiations indues sur les listes en vue des municipales de juin 1995 et des législatives de mai-juin 1997.
Le hasard faisant bien les choses, vous aurez pourtant deviné que Mme Cohen-Solal est tête de liste PS dans le Ve arrondissement pour les municipales de mars 2008. Il se trouve qu'elle ne communique plus: elle n'a pas souhaité faire de commentaire.
M. Tiberi avait été mis en examen le 21 mars 2005 pour présomption de "manoeuvres frauduleuses de nature à fausser la nature du scrutin". Présumé innocent, l'opération judiciaire pourrait bien avoir pour but de le condamner auprès des électeurs avant même le jugement des urnes et du tribunal.
L'avocate de la candidate socialiste a mis onze années pour sortir du coma judiciaire.
Les parties civiles avaient donc laissé passer les présidentielles et les législatives et attendu la municipale pour pointer, par la voix de Me Claude Pollet-Bailleux, l'avocate de la silencieuse Mme Cohen-Solal, le "délai anormalement long" entre la fin de l'enquête judiciaire et l'ordonnance de renvoi en correctionnelle des mis en examen. Les juges avaient conclu leur enquête en avril 2005 mais ce n'est qu'en décembre 2007 que les conseils de Mme Cohen-Solal ont planifié leur demande de rendez-vous avec la ministre de la Justice, Rachida Dati. Les juges ont finalement décidé, comme la loi le permet, de ne plus attendre les réquisitions du Parquet.
Evidemment, "par tradition républicaine, le parquet ne rend pas ses réquisitions sur ce type d'affaires dans des périodes pré-électorales", a justifié en début de semaine une source judiciaire. La preuve que les magistrats sont extrêmement indépendants du pouvoir, s'ils ne le sont du PS…
"Attendre plus de dix ans avant de renvoyer les responsables présumés d'une fraude électorale (...) constitue un triste record", a pour sa part déploré Me Vincent Toledano, avocat d'une des parties civiles dans cette affaire, Benoît Brasilier.