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mardi 18 février 2020

Griveaux Leaks: le bâtonnier se charge d'inquiéter Juan Branco, avocat

Le billard à trois bandes de la justice macroniene


L'avocat Juan Branco va-t-il être un dommage collatéral inespéré de  la chasse aux Gilets Jaunes ?




L'avocat militant de gauche assure pourtant n'avoir fait que conseiller son client, Piotr Pavlenski, sans avoir participé à la diffusion des sex-tapes érotico-masturbatoires du candidat LREM à la mairie de Paris.

Traits juvéniles à la Rémi Fraisse, cheveux ébouriffés, légère barbe ou petite moustache, histoire de brouiller les pistes, façon trotskiste, le Franco-Espagnol Juan Branco, 30 ans, ne peut être confondu avec le Russe Piotr Pavlenski, au visage émacié, ascétique, taillé à la serpe et au regard froid, portant les cheveux ras. Les deux hommes sont pourtant liés dans le GriveauxGate, sordide affaire de harcèlement sexuel par sex-tape exhibitionniste de masturbations mettant en scène l'ex-porte-parole du gouvernement Philippe et membre du premier cercle des proches de Macron, après avoir été de celui de Strauss-Kahn... 

L'anarchiste russe a revendiqué la publication des vidéos sexuelles de l'ancien candidat LREM à la mairie de Paris ; le petit avocat déclare n'être que son conseil juridique. Sur plusieurs sex-tapes, il dit "on" pour parler de Pavlevski et lui, ce qui fait dire au monde politico-judiciaire que cela vaut aveu de participation directe à l'affaire, ce que Branco dément, d'autant plus facilement que les avocats s'identifient couramment à leur client au point d'employer le "je" pour parler de lui

Lundi 17 février, Juan Branco a dénoncé la décision du Parquet de Paris de le dessaisir de son rôle d'avocat de l'anarchiste russe dans ce dossier sensible. 
Concomitamment, le barreau de Paris a finalement décidé, le même jour, d'ouvrir une enquête déontologique pour déterminer s'il existe un éventuel conflit d'intérêts entre le jeune avocat et Piotr Pavlenski. Une nouvelle péripétie pour un jeune trentenaire qui n'en est pas à son premier coup.

Dès le 17 février, le bâtonnier de Paris, Olivier Cousi, a annoncé l'ouverture d'une enquête déontologique pour savoir si Juan Branco peut "continuer à défendre" Piotr Pavlenski, qui aurait diffusé les vidéos masturbatoires de Benjamin Griveaux.

Qui est Juan Branco ?


Né en 1989 dans une famille privilégiée - père cinéaste portugais (sans-papier en France, Films du Passage, puis Gemini Films, producteur de Mathieu Amalric) et mère psychanalyste espagnole - ce franco-espagnol (né comme Anne Hidalgo dans la communauté autonome d'Andalousie), a étudié dans la même école que Gabriel Attal, Agnes Buzyn, Stanislas Guerini, Jul, Izia Higelin ou Léa Salamé, etc... , l'Ecole Alsacienne, un très huppé établissement privé du 6e arrondissement, où il a passé son baccalauréat (comme par exemple Elisabeth Badinter, Michel Piccoli, Stéphane Hessel, Edouard Baer ou Guillaume Pepy). 

Son curriculum vitæ est long comme trois bras. Diplômé de Sciences Po Paris et de l'Ecole normale supérieure (après être entré sur dossier [par piston], et non par la voie du mérite au concours, et sans avoir le statut d'élève-normalien), il a également étudié dans deux universités parisiennes (Paris-IV et Paris-I), où il a obtenu une maîtrise de littérature moderne, un master de philosophie politique, un autre de géopolitique, puis un doctorat de droit international, tous sans date... : on n'ose imaginer que, en plus des passe-droits dont il a bénéficié, il aurait pu obtenir tous ces diplômes en si peu de temps par complaisance politique de l'Université. On observe en effet que les étudiants de gauche réussissent mieux et plus vite en France que ceux de droite...

Commençant une carrière d'enseignant-chercheur vite interrompue (aurait-il alors atteint ses limites ?), il a travaillé brièvement à l'Université de Yale aux Etats-Unis, à l'Institut Max Planck de droit international au Luxembourg et à l'université La Sapienza à Rome : une demi-douzaine de lieu d'érudition en moins de six ans. Il a également travaillé au ministère des Affaires étrangères et à la Cour pénale internationale, institution à laquelle il a consacré deux livres. Les années de ce brillant gauchiste semblent avoir plus de 52 semaines...
Selon son CV, il a également déclaré avoir été directeur de cabinet de la socialiste Aurélie Filippetti, un temps compagne d'Arnaud Montebourg, père de sa fille,  durant la campagne présidentielle de François Hollande en 2012. Celle-ci a depuis déclaré à L'Express qu'il n'était qu'assistant parlementaire : "Il n'a jamais eu ce titre. Ce personnage est un grand manipulateur". Un mythomane ?

Essayiste à succès et Gilet jaune épargné par les LBD 40 de Castaner

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Proximité "supposée" avec Bernard Arnault (LVMH) ou Maurice Levy (Publicis), ci-dessus au centre,
invités de Macron à sa cérémonie d'investiture à l'Elysée
Juan Branco s'est surtout fait connaître avec son best-seller Crépuscule, essai paru sur internet en 2018 qui dénonce les conditions de l'élection d'Emmanuel Macron, la proximité du président de la République avec certaines grandes fortunes et, plus généralement, le microcosme parisien. Vendu à 100.000 exemplaires dans sa version papier, le livre est rapidement devenu populaire parmi les Gilets Jaunes, auquel il a apporté son soutien. Il était notamment présent sur place lorsque certains manifestants étaient entrés, en janvier 2019, dans la cour du porte-parolat du gouvernement, alors tenu par Benjamin Griveaux, en enfonçant la porte du bâtiment au moyen d'un engin de chantier. Sur Twitter, Juan Branco avait salué cette intrusion sans y avoir participé directement.

Branco a également été à l'origine de la révélation de l'homosexualité du secrétaire d'État Gabriel Attal, Pacsé avec le conseiller de l'Elysée Stéphane Séjourné. Sur Twitter, le militant de gauche a accusé celui-ci d'être  bénéficiaire d'une "promotion-canapé" en entrant au gouvernement, mais simple "népotisme avéré" (avec "l'attribution d'une circonscription à G. Attal par son conjoint" à l'Elysée, mais aussi "à l'Assemblée nationale, puis au gouvernement"), selon l'avocat
L'inimitié entre Branco et Attal semble remonter à l'Ecole Alsacienne, où les deux jeunes trentenaires étaient élèves dans la seconde moitié des années 2000. Les anciens élèves LREM de l'école frémissent désormais à l'idée que leurs moeurs aient pu être filmées et l'objet de diffusions à venir.  

Avocat nécessiteux, aux crochets du RSA et de Bercy

Juan Branco avait déjà été, un temps, le
conseiller juridique en France de WikiLeaks et de Julian Assange, qu'il avait rencontré après s'être opposé à la loi 'Hadopi 1' sur les droits d'auteur dès 2009. 
Ayant prêté serment en 2017, Branco a été depuis l'avocat de Jean-Luc Mélenchon (mais ne l'est plus) et du Gilet Jaune Maxime Nicolle. Il perçoit néanmoins le Revenu de solidarité active (RSA) en 2018 et en 2019, déclarant exercer la profession d'avocat à titre bénévole. 
Selon son témoignage sur le site CuriousCat, cité en avril 2019 par L'Express, propriété de Patrick Drahi (SFR et BFMTV), il n'aurait eu que "trois clients" en deux ans, dont son père, Paulo. Juan Branco, qui est aussi journaliste, selon sa biographie, bénéficie néanmoins, comme les autres, de l'abattement fiscal de 7.650 euros...

L'anarchiste serait grillé et l'avocat aurait du mal à vivre
Dans L'Obs, le journaliste Matthieu Aron venu de France Info affirme qu'en 2017 Juan Branco aurait sollicité la journaliste du Monde Raphaëlle Bacqué pour qu'elle l'aide à obtenir un poste d'éditorialiste. 
Il affirme également que Juan Branco aurait proposé à Xavier Niel - co-actionnaire du Monde et de L'Obs -  de devenir précepteur de ses enfants - ce que Juan Branco rapporte dans l'ouvrage 'Signé Branco', ou encore qu'il déclare avoir été surveillé par la CIA et d'autres agences de renseignement, notamment du fait de son travail avec Wikileaks.

"Qu’on le foute dehors !"
Questel parle-t-il de Griveaux quand il lance "Il n’a aucune idée de ce que peut être un comportement adapté dans une société éclairée"?


Le député LREM (ex-Radical de gauche et ex-PS), soutien, pour succéder à Castaner, du gracieux Pierre Person (un JAM intime de Sacha Houlié, Jean-Baptiste Djebbari et Pierre-Alexandre Anglade, coeurs de trentenaires à prendre), Bruno Questel, avocat coupeur de têtes, s'est emporté ni contre contre le bi-national franco-espagnol citoyen du monde, ni contre Griveaux pour le chasser de LREM, mais contre Piotr Pavlenskiaprès le piteux retrait du poisseux Griveaux, menaçant l'anar russe dont Bernard Cazeneuve (PS) a favorisé l'installation en France. 

Pour l'heure macronien, le flexible Questel, suit une ligne incohérente : il  prône la "remigration" pour les immigrés fouteurs de merde… "En même temps", Mmes et M. Avia, Braun-Pivet, Clément, Degois, Dubost, Dubré-Chirat, Fauvergue, Guévenoux, Houbron, Houlié, Rebeyrotte, Rupin ou Valls,  et Villani, notamment, ainsi que Ferrand et autres membres du groupe La République en Marche, dont l'illustre Questelprésentent l'amendement n°1063 qui,  à l'article 26, propose d'insérer l'alinéa qui reconnaît les diplômes étrangers, d'où qu'ils viennent...

La presse macronienne a déjà jugé et condamné Branco

Cerisette sur le gâteau
"Ce qui est dommage, c'est que chez ce techno froid et réactionnaire, sa bite est tout ce qu'il avait d'humain." Tels sont les propos crus que Me Dominique Tricaud, l'avocat libre, indépendant, neutre (et que sais-je!) désigné par le bâtonnier de Paris, Olivier Cousi, dans l'affaire Pavlenski, a tenus publiquement sur Twitter dimanche dernier – ils ont depuis été supprimés. Une sortie peu déontologique à l'encontre de Benjamin Griveaux et qui a logiquement déclenché une vive polémique au Conseil de l'Ordre.

jeudi 19 décembre 2019

Déclaration d'intérêts de Delevoye : ouverture d'une enquête préliminaire

Le Parquet ne s'est pas auto-saisi: il aura fallu que la HATVP le sorte de sa léthargie...

Le Parquet de Paris s'est décidé à ouvrir une enquête préliminaire contre lui-même, en la personne d'un membre du gouvernement

Image associéeUn entre-soi qui ne présage rien de bon. 
Haut-commissaire aux Retraites auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, Jean-Paul Delevoye portait la réforme Macron des retraites au gouvernement Philippe. Or, depuis six ans, le président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, est lui-même ancien procureur général (près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal) ! 
Tous deux leur carrière entre les mais de la ministre de la Justice... Après avoir été saisi mercredi par son collègue magistrat de la  HATVP, le procureur a obtempéré jeudi.

Des dissimulations évoquant sensiblement celles des époux Balkany

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Le procureur Rémy Heitz
Cette enquête porte à la fois "sur les faits de déclaration incomplète de ses intérêts à la HATVP" - et au fisc? - et "sur les conditions de cumul de rémunérations d'un emploi public ou d'un membre du gouvernement et d'une rémunération privée", a précisé un communiqué du Parquet de Paris. 

Suite à la cascade de révélations sur les treize ou quatorze emplois cumulés et parallèles  - certains étant rémunérés alors qu'il était entré au gouvernement -, Delevoye est accusé d'"omissions" dans sa déclaration d'intérêts. Il avait fallu que le procureur de Paris Rémy Heitz demande des précisions à la HATVP.

Créée en 2013 après le scandale Cahuzac, après examen de sa situation, la Haute Autorité s'est résolue à saisir la justice mercredi, estimant que "les omissions dans la déclaration initiale de M. Delevoye" sont susceptibles de constituer une infraction pénale.
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Voyez, le dossier Delevoye est sur la table de Nadal,
visiblement "au travail" !

"Seule une enquête menée par des services de police judiciaire est de nature à s'assurer du caractère exhaustif de la liste des mandats omis, tout comme de la nature de ces multiples fonctions dirigeantes exercées durant ses fonctions de membre du gouvernement", a-t-elle justifié.

La HATVP a par ailleurs pointé le fait que Delevoye ne l'a pas informée avant mi-novembre "d'un quelconque cumul d'activités" avec la présidence rémunérée d'un think tank, Parallaxe, alors qu'il y était déjà tenu depuis sa nomination au poste de haut-commissaire en 2017.

Dans sa déclaration initiale d'intérêts et d'activités remise en novembre, "avec plus de dix jours de retard" comme le souligne la HATVP, Delevoye n'indiquait que le cumul avec la présidence du think tank Parallaxe et avec la présidence de deux associations, ainsi que la fonction passée de délégué général du groupe de formation IGS, notamment lié au secteur des assurances qui est profondément impliqué dans la réforme à venir des retraites.

Dans une déclaration modificative adressée seulement vendredi dernier, Delevoye a dû ajouté huit mandats, dont la présidence passée du Conseil économique et social (CESE) ou la fonction encore d'actualité d'administrateur de la Fondation... SNCF.

Edouard Philippe avait néanmoins clamé mercredi qu'il croyait en la "bonne foi" de Delevoye, lequel a dû démissionner sous la pression de l'opinion en début de semaine de son poste au gouvernement, en plein conflit social sur sa réforme. 
Il a été remplacé à cette fonction clé par le député LREM Laurent Pietraswewski, un DRH pour Auchan, enseigne familiale de grande distribution... 
Or, on apprend que la declaration d'intérêts de Laurent Pietraszewski mentionne une indemnité de licenciement d'un montant de près de 72.000 euros ! 

mardi 5 février 2019

Mediapart révèle avoir fait obstacle à la justice

Le site d'information trotskiste a refusé une perquisition de ses locaux par le Parquet

Mediapart s'insurge et dénonce l'action de la justice. 

Ce lundi 4 février, "deux procureurs, accompagnés de trois policiers, ont voulu perquisitionner  les locaux" du journal à 11h4, "dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet pour (notamment) atteinte à la vie privée de M. Benalla, suite à nos révélations de la semaine dernière", peut-on lire sur le compte Twitter du media révolutionnaire trotskiste.

"Cette enquête, qui vise les enregistrements révélés par Mediapart, est susceptible d'atteindre le secret des sources de notre journal, commente le site d'extrême gauche
Le site d'Edwy Plenel  ajoute : "C'est pourquoi nous avons refusé cette perquisition, un acte inédit - et particulièrement grave - dans l'histoire de Mediapart".

Perquisitions à Mediapart: "Le pouvoir utilise les services de l'Etat à des fins politiques"

"Sous le zèle du parquet, la panique du politique", titre Mediapart, le 5 février (article gratuit...) Voici l'article: 
"Lors de son audition du 16 janvier 2019 par la commission des Lois (le compte-rendu est ici), le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, a livré à ses auditeurs une information qui dévoile les apories [difficultés de mise en oeuvre] de la séparation des pouvoirs à la française : évoquant la plainte déposée le 29 décembre 2018 par le ministère des Affaires étrangères pour l’utilisation par Alexandre Benalla de ses deux passeports diplomatiques, il a fait savoir que ce dernier était sur le point d'être entendu par les magistrats du parquet de Paris (« J'ai également appris au cours de ces auditions avec les enquêteurs que M. Benalla serait convoqué dans les tous prochains jours par le procureur de la République »).

Cette information relève normalement du secret de l’instruction. Sauf que, d’une part, la Garde des Sceaux a à de multiples reprises affirmé son autorité sur les magistrats du Parquet, en contradiction manifeste avec les articles 20 et 64 de la Constitution qui mettent l’administration et la force armée, et non pas des magistrats indépendants, sous le contrôle de l’exécutif. Sauf que, d’autre part, un ancien subordonné de la Garde des Sceaux, M. Rémy Heitz, alors directeur des affaires criminelles et des grâces au ministère de la Justice, a été nommé procureur de la République de Paris, par décret du président de la République pris sur proposition ministérielle et après avis favorable du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le 8 novembre 2018. En clair, un administrateur a changé d’affectation ; il est passé de la place Vendôme au Palais de Justice de Paris. Son lien fonctionnel avec l'Elysée n'a pas été rompu par ces nouvelles fonctions, de sorte qu'il est « normal » que le directeur de cabinet du président de la République soit informé de l'avancée de la procédure pénale relative à son ancien collaborateur. 

Indépendamment des compétences de M. Rémy Heitz, il devrait être évident dans tout régime de séparation étanche des pouvoirs qu’un agent du ministère de la Justice ne peut en aucun cas du jour au lendemain, sans période de « sas » de plusieurs années, être nommé à la tête du plus important parquet de Paris, de même que, pour des raisons déontologiques, il est interdit à un fonctionnaire de pantoufler dans une entreprise avec laquelle il a pu avoir des liens d’intérêts. Mais en France, les magistrats du parquet sont à la frontière du politique et du judiciaire, de sorte que le passage d'une administration d'Etat à la direction d'un parquet n'est que la continuation d'une même mission par d'autres moyens...

Ce statut particulier est un handicap dans les affaires pénales impliquant de près ou de loin les autorités publiques nationales.

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A cet égard, l'on est enclin à considérer que lorsque, le 4 février 2019 au matin, deux procureurs de la République travaillant sous les ordres de M. le procureur de la République Heitz, lui-même travaillant sous les ordres de Mme la ministre Belloubet, elle-même travaillant sous les ordres de M. le Premier ministre Philippe, lui-même travaillant sous les ordres de M. le président Macron, accompagnés de trois policiers travaillant sous les ordres du préfet de police, lui-même travaillant sous les ordres de M. le ministre Castaner, lui-même travaillant sous les ordres du Premier ministre et du président de la République, se sont présentés pour effectuer des perquisitions au journal Mediapart, ce ne sont pas deux magistrats et trois policiers qui ont toqué à la porte : ce sont cinq hologrammes du président de la République (v. le dessin de Christian Creseveur).

Ils l’ont fait sous les plus dérisoires des prétextes – l’atteinte à la vie privée de MM. Benalla et Crase (article 226-1 du Code pénal), la détention illicite d’appareils visant à intercepter des télécommunications (article 226-3 du Code pénal). L’un de ces délits n’est puni « que » de un an d’emprisonnement, de sorte que le refus d’autoriser la perquisition en enquête préliminaire ne peut pas être outrepassé, tandis que l’autre est puni de cinq ans d’emprisonnement, ce qui permet le cas échéant à un juge des libertés et de la détention d’ordonner une perquisition refusée par la personne chez qui la perquisition doit avoir lieu (article 76 du Code de procédure pénale).

En écoutant MM. Benalla et Crase via les extraits diffusés par Mediapart le 31 janvier 2019 (v. Fabrice Arfi, Antton Rouget et Marine Turchi, « Affaire Macron-Benalla : les enregistrements qui changent tout », Mediapart, 31 janvier 2019), on n’apprend strictement rien de leur vie privée : les propos diffusés sont expurgés de tout ce qui ressort de l’intimité de leur vie privée, et leur diffusion, d’intérêt public, ne tombe en application d’une jurisprudence constante pas sous le coup de l’infraction de l’article 226-1, quand bien même ils ont été diffusés sans le consentement de leurs auteurs (v. en ce sens : cass. crim 14 février 2006, n° 05-84384 : « pour renvoyer le prévenu des fins de la poursuite, l'arrêt énonce que les conversations, bien qu'enregistrées par Mikaël Z... à l'insu de ses interlocuteurs, ont porté exclusivement sur les conditions de rédaction des attestations produites par la société Socaelec lors de l'instance prud'homale et qu'aucune information ne touchait à la vie privée des intéressés ; en l'état de ces énonciations, d'où il résulte que ces propos entraient dans le cadre de la seule activité professionnelle des intéressés et n'étaient pas de nature à porter atteinte à l'intimité de leur vie privée, les juges ont justifié leur décision » ; Cour d’appel de Bordeaux 21 septembre 2017, Fabrice Arfi e. a., dite « affaire Bettencourt », n° 16/00204, spéc. p. 30, qui rappelle que le droit au respect de la vie privée doit être mis en balance avec la liberté d’information).

Quant au délit de détention illicite d'appareils d'interception de communication, personne ne peut imaginer que ce sont les journalistes de Mediapart qui ont intercepté via des IMSI-catcher leur appartenant les échanges du 26 juillet 2018 – le secret des sources [sorte de cagoule sous laquelle se dissimule la presse] interdit de s’interroger sur l’origine de l’information qui leur a été transmise.

Lorsque ceux que la Cour européenne des droits de l’homme appelle les « chiens de garde de la démocratie » – les médias d’investigation – sont menacés par les chiens de garde de l’exécutif, il y a de quoi être inquiet pour la bonne santé de notre démocratie.

On ne sait pas encore à cette heure si le parquet de Paris dénichera un juge des libertés et de la détention du TGI de Paris assez inconséquent pour donner l’autorisation requise pour qu’une perquisition se déroule au titre du seul article 226-3 du Code pénal.

Mais d’ores et déjà, la tentative du parquet de Paris de perquisitionner un média indépendant, qui la semaine précédente a fait des révélations gravissimes, documentées et d’intérêt public sur la violation potentielles par MM. Benalla et Crase tant des obligations résultant de leur contrôle judiciaire que de celles qui découlent – en tout cas pour M. Benalla – de son statut de contractuel de l’Elysée ayant au moins indirectement partie liée avec un oligarque russe, apparaît comme ce qu’elle : une violation disproportionnée par l’exécutif lui-même, chef du parquet et de la police, de la liberté de la presse et du secret des sources qu’elle implique.

Par les modalités de sa réalisation et ses conséquences démocratiques, cette violation n’est pas sans parenté avec celle, relative aux libertés d’opinion et d’exercice de leurs activités par les partis politiques, qui a frappé le 16 octobre 2018, la France insoumise et certains de ses dirigeants (v. Perquisitions France insoumise : la faute du parquet, 22 octobre 2018).

Il y a au surplus trois circonstances aggravantes dans la tentative de perquisition du 4 février : d’une part, il semble que puisque ni M. Benalla, ni M. Crase, n’ont porté plainte pour atteinte à l’intimité de leur vie privée, le parquet se soit en quelque sorte « autosaisi » pour effectuer des actes d’enquête alors même que l’article 226-6 du code pénal subordonne la mise en œuvre de l’action publique à « la plainte de la victime » (v. également en ce sens : CA Bordeaux, 21 septembre 2017, préc., spéc. p. 20) ; d’autre part, les chefs d’accusation auto-formés par le parquet de Paris contre Mediapart apparaissent comme de misérables prétextes – pour évaluer une atteinte à la vie privée, il suffit d’écouter les enregistrements diffusés au public, nul besoin d’entrer dans les locaux du journal et d’y fouiller les données informatiques, alors au surplus que Mediapart avait fait savoir aux autorités judiciaires, avant la tentative de perquisition, que l’intégralité des enregistrements lui serait remise ; enfin, chacun ne peut qu’être stupéfait des diligences du parquet en défense de MM. Benalla et Crase, là où les intéressés ont tardé à être inquiétés pour leurs comportements le 1er mai 2018 et d’autres faits qui se sont produits depuis susceptibles de relever de qualifications pénales.

Soyons clair : ni Mediapart, ni la France insoumise ne sont au-dessus des lois (d'ailleurs, la tentative de perquisition a eu lieu au moment même où des journalistes de Mediapart s'expliquaient à la barre à la suite d'une plainte de M. Denis Baupin) ; mais l’organisation du parquet à la française et la revendication frénétique par l’exécutif de sa mainmise sur les fonctionnaires magistrats qui le composent interdit, par principe et ne serait-ce que pour tenir compte des apparences, que le parquet de Paris perquisitionne les locaux de l’un ou de l’autre ; seuls des magistrats du siège, statutairement indépendants du pouvoir, doivent pouvoir enquêter et le cas échéant sanctionner partis et médias ayant enfreint la loi.

Certes, formellement, on ne trouvera pas d’ordre écrit venant « d’en haut » matérialisant la servilité du parquet, de sorte qu’il est possible de ne pas voir la main du gouvernement dans la tentative de perquisition du 4 février. Toutefois, un faisceau d’indices concordants – volonté de l’exécutif de contrôler le parquet, parcours professionnel du procureur de la République, déclarations du 31 janvier 2019 du président de la République sur le nécessaire contrôle des journalistes par l’Etat (v. Claude Askolovitch, « Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias », Slate.fr, 3 février 2019 ; Etienne Gernelle, « Macron ou la tentation de la Pravda », lepoint.fr, 4 février 2019 ; Laurent Mauduit, « Un président qui veut placer l’information sous contrôle », Mediapart, 4 février 2019) – crée un contexte où les magistrats du parquet savent ce qui est ou non permis et/ou attendu d’eux par leur hiérarchie. Ainsi que le rappelle la formule de prestation de serment diffusée le 1er février 2019 par le compte twitter de l’Ecole nationale de la magistrature, chaque magistrat du parquet est, fonctionnellement, « représentant du pouvoir exécutif pour la mise en œuvre de la politique pénale, ce qui explique le principe de la subordination hiérarchique ».

Après les gardes à vue préventives massivement mises en œuvre par le parquet dans le contexte des gilets jaunes, voilà que ces représentants du pouvoir exécutif inventent la perquisition judiciaire préventive.

Il ne faut pas s’y tromper : de même que les « perquisitions France insoumise » concernaient potentiellement, à travers ce parti, toute opposition politique actuelle ou à venir, la « perquisition Mediapart » affecte potentiellement tous les médias s’intéressant de près ou de loin aux affaires du pouvoir – Le Monde, Le Point, Marianne et 20 minutes par exemple ont eux aussi fait des révélations dans l’affaire Macron/Benalla (ainsi de la publication d’un SMS que le conseiller d’Etat Arno Klarsfeld a adressé à M. Benalla le 26 juillet 2018 : Vincent Vantighem, « La folle soirée d’Alexandre Benalla au Damas Café après les révélations du Monde », 20minutes.fr, 4 février 2019).

L’existence même de cette menace latente sur la presse d’investigation – et la pression mise sur leurs sources éventuelles – est d’autant plus inacceptable que l’on ne trouve, depuis le 14 mai 2017, aucune mesure législative ou réglementaire venant renforcer les libertés individuelles ou collectives. A l’inverse même, leur réduction est programmée avec le vote de la loi anti-manifestants en première lecture à l’Assemblée nationale ce 5 février, au lendemain des intimidations faites à l’encontre de Mediapart et de ses sources.

Ce que ces restrictions et rigueurs non nécessaires paraissent nous dire de leurs promoteurs est qu’ils ont peur : peur des citoyens, peur de l’information des citoyens."

Mediapart prononce un réquisitoire sectaire.
Pour mémoire, en février 2017, à la veille de la présidentielle, le Front national (actuel RN) a fait l'objet - avant les autres - d'une perquisition à son siège dans l'enquête sur l'affaire des assistants parlementaires. Mediapart n'en fait pas état... Le Front national dénonça quant à lui "une opération médiatique" destinée à "nuire à Marine Le Pen."

mercredi 17 octobre 2018

Perquisitions : Mélenchon et sa bande, plus arrogants que Macron ?

L'extrême gauche, entre fascisme et totalitarisme ?

Quand le patron d'extrême gauche s'en prend à un représentant du Parquet et que des responsables jettent un policier au sol

Rien à voir avec des "violences policières", "en marge" d'une manif "pacifique"...
Responsable d'extrême gauche éructant son mépris sous le nez d'un policier
De nouvelles images des perquisitions tout de même une dizaine d'intrusions légales ! - menées simultanément dans les locaux parisiens de la France insoumise (LFI) dans le cadre d'enquêtes préliminaires ont été montrées par l'émission 'Quotidien' de Yann Barthès, mardi soir. On y voit notamment le chef de file du mouvement s'en prendre à un représentant du Parquet et des responsables jeter un policier au sol. Une enquête a été ouverte pour "menaces" et violences" sur les enquêteurs.

Une enquête a été ouverte pour "menaces" et violences" sur les enquêteurs.

Les perquisitions menées au domicile de Jean-Luc Mélenchon et au siège de La France insoumise (LFI) mardi 16 octobre ont interpellé les démocrates. Les internautes qui le suivent sur Facebook ont été les premiers informés de la venue de policiers chez lui, dans le cadre de deux enquêtes, l'une sur de présumés emplois fictifs au Parlement européen, l'autre sur ses comptes de campagne de la présidentielle. Le chef de file des Insoumis a en effet filmé en direct du réseau social, bien décidé à dénoncer un "coup de force politique, policier et judiciaire", à la faveur du tumulte suscité par le remaniement gouvernemental.

Devant le siège de LFI à Paris, où il avait rameuté ses militants et compagnons de route, le député des Bouches-du-Rhône a ensuite attaqué le président Emmanuel Macron, "un petit personnage", et la ministre de la Justice Nicole Belloubet. "Ce que vous êtes en train de faire est une honte", a-t-il lancé en regardent directement dans l'objectif de l'une des nombreuses caméras de télévision présentes. "C'est un coup de force contre nous, parce que c'est destiné à nous faire peur et à m'intimider pour ce qui me concerne, c'est un échec total. C'est eux qui vont avoir peur du retour de bâton", a-t-il menacé.

A cette agression verbale, Mélenchon a joint la violence physique

Alors que la perquisition était en cours, il a forcé les portes du siège de son parti, dans un immeuble élégant proche de la Gare du Nord à Paris. TMC a rendue publique cette séquence très "tendue" filmée notamment par les journaliste de 'Quotidien' : elle est, semble-t-il, non expurgée, à la différence de la première version présentée par BFMTV où la chute d'un homme est coupée. 

Dans un premier temps, alors qu'il monte les escaliers menant à ses bureaux, J.-L. Mélenchon, en fureur, intime l'ordre à ses proche d'"enfoncer" la porte. "On va voir si on peut m'empêcher d'entrer dans mon local!", lance l'élu, avant de poser ses mains sur un policier devant l'entrée. Alors que le fonctionnaire tente de le calmer, il hurle "Vous, ne me touchez pas !", avant de marteler "Nous ne sommes pas des bandits ! Allez faire votre métier de policier !" "La République, c'est moi ! C'est moi qui suis parlementaire. Poussez-vous de là et ouvrez-moi cette porte!", insiste-t-il. 

Pendant plusieurs minutes, les élus et militants qui l'accompagnent font le forcing, tentant d'intimider des policiers impassibles. Une porte s'ouvre finalement de l'autre côté du palier. On entend un cri : "On pousse !". Les députés Insoumis défoncent alors la porte et envahissent les locaux. 

Une attitude de voyou de quartier

Une fois à l'intérieur, le leader d'extrême gauche interpelle le représentant du Parquet et les policiers. Alors qu'un policier se trouve sur son passage, il le tutoie, lançant : "Allez, vas-y ! Essaye de me pousser pour voir ! Vous me prenez pour qui ? Vous n'êtes pas le procureur, vous ! Un procureur avec un gilet pare-balles" s'esclaffe-t-il, tirant sur le gilet du policier en face de lui, lequel lui réplique : "Moi non, lui oui; c'est celui que vous venez de pousser !"
"Vous me perquisitionnez depuis quatre heures chez moi. Vous avez été prendre neuf personnes à domicile, vous envahissez deux sièges politiques," rage l'ex-socialiste trotskiste. "Je suis le président d'un groupe d'opposition. Vous n'avez pas à me traiter de cette manière. Je n'ai pas volé de cigarettes !", lance alors l'intouchable. 
"Nous menons des opérations de police judiciaire dans un cadre légal", lui explique le parquetier.

Dans une autre séquence filmée au moment où les Insoumis forcent l'entrée des locaux, un policier semble plaquer au sol un membre violent de LFI qui se relever. Tragédien né, le député Alexis Corbière hurle alors : "Vous vous calmez ! Vous l'avez étranglé". "Je suis député, moi, monsieur", dit-il encore, en levant le doigt vers le policier.

Bompard a-t-il trébuché tout seul ou ne demandait-il qu'à tomber ?
"Un policier m'a attrapé par le cou, attrapé par le bras, m'a tiré. Ce policier, sa hiérarchie est venue en lui disant 'Calme-toi'. J'ai été violenté, agressé (...) Ce qui s'est passé est inacceptable", a ensuite accusé Manuel Bompard, 32 ans, adepte zélé des techniques de dramatisation couramment pratiquées par les activistes au cours de manifestations sociales. Coordinateur des campagnes de la France insoumise, candidat aux Européennes et ingénieur en aéronautique qui ne semble pas à l'aise sur le plancher des vaches, il n'a pas hésité à annoncer son intention de "porter plainte au commissariat pour les coups qui (lui) ont été portés". Candidat LFI aux élections législatives de 2017 dans la Haute-Garonne, il s'était déjà vautré au 2e tour.

La réponse de Philippe, piqué au vif

Quelques heures plus tard, Jean-Luc Mélenchon a interpellé le premier ministre Edouard Philippelors des questions au gouvernement, se plaignant "d'une mise en scène".



"Il m'appartient, parce que je suis Premier ministre, parce que je suis respectueux de la loi et du texte constitutionnel, de faire prévaloir en toutes circonstances l'indépendance de la justice", a rappelé E. Philippe. "Cette indépendance qui fait qu'il n'y a aucune instruction individuelle donnée au procureur, qui fait que les décisions du procureur, en l'occurrence celle-ci, a été soumise au contrôle d'un juge de la liberté et de la détention, qui est un magistrat du siège qui est parfaitement indépendant", a-t-il assuré. "Il ne m'appartient pas, monsieur le président Mélenchon, il n'appartient à aucun d'entre nous de remettre en cause le texte constitutionnel et le principe fondamental de l'indépendance de la justice (...) La justice est évidemment indépendante", a insisté le chef du gouvernement.

A propos de mise en scène, rappelons l'une des siennes, en décembre 2013, pour TF1 qui se prête à la mascarade : 

Le mensonge, en encart, et, en plan largedepuis un immeuble voisin, la vérité filmée par un témoin
Une enquête ouverte : entrave au bon fonctionnement de la justice ?

Je "ne regrette rien", assure l'impétueux espagnol né à Tanger, interrogé sur les violences en bande organisée de la veille. "On nous perquisitionne comme si on était une bande de voleurs dans tout le pays, c'est pas normal ! Donc j'ai le droit de le dire, j'ai le droit de me fâcher", a-t-il expliqué, mercredi matin sur le plateau de BFMTV.

En revanche, le syndicat de police Alliance a demandé au nouveau ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, de porter plainte contre l'ex-candidat à la présidentielle. Le Parquet de Paris a ainsi ouvert une enquête pour "menaces ou actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire" et "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique".
Revoyons ça, un exemple de pacifisme et de respect des institutions: 

Des magistrats du Parquet de Paris ayant été bousculés lors de ces perquisitions, le procureur de Paris, François Molins, a par ailleurs demandé au procureur général d'être dessaisi de cette procédure au profit du procureur du Tribunal de Grande Instance le plus proche, a précisé l'entourage du ministère de Nicole Belloubet.