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mardi 8 avril 2014

Menace sur le mille-feuilles: les présidents de région veulent garder leur part du gâteau

Fusion de régions: Valls va entendre parler du pays

Les présidents de région souhaitent être reçus rapidement par le Premier ministre Manuel Valls
 
Ils réclament des clarifications sur les réformes territoriales évoquées mardi devant l'Assemblée nationale. " On va demander une réunion rapide de l'ARF (Association des régions de France) et, dans la foulée, un rendez-vous à Matignon pour savoir un peu où il [Manuel Valls] veut aller et comment il veut y aller", a clamé le président du conseil régional de Picardie M. Gewerc, précisant qu'il a échangé à ce sujet avec plusieurs de ses collègues dès mardi soir .

Valls prétend être "concret, mais "il manque le décodeur"
" Il manque le décodeur" pour comprendre "la déclaration d'intention" faite par M. Valls au sujet de la suppression des départements, de la diminution du nombre de régions et de l'abolition de la clause générale de compétence, a estimé le président de la région Picardie.

"Je voudrais savoir comment cela va être mis en oeuvre et comment dans la pratique, on va trouver des solutions qui aillent dans le sens qu'il souhaite mais qui tiennent compte de ce qui marche depuis des décennies", et c'est là que " dialogue et clarifications s'imposent ", a-t-il poursuivi.

"On ne peut pas couper les citoyens de la proximité"

Pour illustrer ses interrogations, Claude Gewerc (PS) a cité l'impact d'une suppression des départements. Comme "on ne peut pas couper les citoyens de la proximité", cela signifierait "un glissement des prérogatives départementales vers les intercommunalités". Or, ce point n'a pas été abordé par M. Valls, a-t-il souligné.

Selon Cl. Gewerc, depuis toujours favorable à la suppression de la clause générale de compétence, "on fera des économies en délimitant les compétences et non en réduisant les régions ". Cette clause juridique traduit la capacité d'initiative d’une collectivité territoriale dans un domaine de compétences au-delà de celles qui lui sont attribuées de plein droit.

Les présidents de région doutent de la capacité de concertation de Valls
Pour lui, les projets de redécoupage de la carte des régions qui circulent ne sont parfois que le fruit de "la vision géostratégique de géographes parisiens".

Ainsi "la Haute Normandie a beaucoup plus de points communs avec la Picardie qu'avec la Basse Normandie", selon le Picard, et un "rapprochement" aurait donc bien plus d'intérêt que la reconstitution de la grande Normandie que concocterait le pouvoir central.

Combien d'autres régions contestatrices?
La question se pose aussi du rattachement de la Loire-Atlantique (Nantes) à la région Bretagne et fait suite au détachement de ce département de la région Bretagne et à son rattachement à la région des Pays de la Loire lors de la création des régions administratives françaises en 1956, alors que le territoire de la Loire-Atlantique faisait partie depuis l'an 850 du Duché de Bretagne, province de Bretagne jusqu'en 1790.

Le redécoupage des cantons est également contesté, notamment dans les conseils généraux des Hauts-de-Seine, en Côte d'Or ou en Corrèze, où Bernadette Chirac mène la fronde contre le redécoupage de la carte cantonale. Elle s'est exprimée depuis l'Assemblée nationale à Paris, ce mardi 4 mars, et a réglé un certain nombre de ses comptes après avoir interpellé Manuel Valls, puis François Hollande, sans succès, bien qu'ils se posent en champions de la concertation.
La conseillère générale de Corrèze a aussi réglé ses comptes avec le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et son conseiller politique Yves Colmou (ci-contre, regard ailleurs) qui l'ont reçue. "Ce monsieur est très spécial", a-t-elle dit au sujet de ce dernier, à qui elle attribue le redécoupage cantonal. "Il ne regarde jamais en face et comme cela il a l'air d'être indifférent. C'est assez étrange (..) Et moi, je sais lire dans les regards".

lundi 7 avril 2014

Marseille: la communauté urbaine repasse sous présidence UMP

Marseille ne sera plus financièrement asphyxiée par la gauche

Le triomphe du maire sortant de Marseille Jean-Claude Gaudin aux municipales s'étend à l'intercommunalité.

Une large victoire du député Guy Teissier a ramené la présidence de la communauté urbaine de Marseille à l'UMP lundiRavie de justesse par le socialiste Eugène Caselli, elle est revenue au maire du 5e secteur (9e-10e arrondissements) par 90 voix, contre 31 à son adversaire Michel Illac, maire sans étiquette d'Ensuès-la-Redonne, qui faisait partie des élus hostiles à la métropole qui verra le jour au 1er janvier 2016. Seize nuls ont été comptabilisés. Labsence du socialiste Patrick Mennucci a été très remarquée dans l'hémicycle.  Après l'avoir stigmaisée pour un soi-disant immoblisme, il a été largement déjugé par les électeurs, échouant ainsi à reprendre à la majorité de droite la seconde ville de France  en plein essor.

La droite ramène dans son giron le puissant levier de l'intercommunalité
Ses larges compétences s'étendent du développement économique aux transports en passant par l'urbanisme, la distribution de l'eau ou le traitement des déchets aux mains du frère de Jean-Noël Guérini et de FO. 
L'élection de Guy Teissier, 69 ans, met fin à un épisode de "gouvernance partagée" inauguré par la victoire  de la gauche en 2008 grâce au système électoral.

"Moment charnière"
"Ému, reconnaissant et impatient de (s)e mettre au travail", le nouveau président de Marseille Provence Métropole (MPM), saluant l'action de son prédécesseur "qui a su impulser un climat de confiance dans une configuration politique improbable", s'est réjoui d'être à la tête d'une "majorité franche et sans équivoque pour diriger cette institution".

Le député UMP a évoqué "un moment charnière avec la création de la métropole" Aix-Marseille, appelée à absorber MPM aux côtés de cinq autres communautés d'agglomération, un projet qui a suscité la fronde de 109 maires du département (sur 119). "J'y suis favorable, car nous devons unir nos forces dans un contexte de concurrence exacerbée (...), mais elle doit se garder de trop éloigner les pouvoirs de décision de ceux d'exécution. Dès lors, je conçois mon rôle comme celui d'un négociateur tenace des intérêts des habitants des 18 communes", a-t-il déclaré, annonçant la mise en place d'un "comité de pilotage". Guy Teissier a également promis de réduire ses indemnités et d'engager un audit sur les comptes.

La nouvelle assemblée compte 138 conseillers communautaires (contre 157 auparavant), élus pour six ans, pour la première fois au suffrage universel direct lors du scrutin des 23 et 30 mars. 
La ville de Marseille dispose à elle seule de 69 sièges, suivie de Marignane (14), La Ciotat (13) et Allauch (7). Dans les seules Bouches-du-Rhône, le PS a perdu le 7e secteur de Marseille, gagné par le FN, et Salon-de-Provence. Le PC a perdu Port-Saint-Louis-du-Rhône, au profit d'un divers gauche plutôt à droite et un bastion historique à Aubagne.