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mardi 22 juillet 2014

Après ses trains larges, la France est le pays aux tunnels trop bas

Quais et tunnels à réduire pour laisser passer les trains 

Des infrastructures ferroviaires devront être modifiées pour permettre la
circulation des trains spéciaux
transportant des camions, qui emprunteront la nouvelle autoroute ferroviaire en France, révèle Le Canard Enchaîné ce mercredi 23 juillet.

"Les wagons commandés sont trop bas et trop larges pour le réseau actuel. Il faudrait donc raboter, outre les quais, certains tunnels dans le sens de la largeur, ce qui est possible, mais coûteux", selon un article du journal satirique.
Un expert de RFF (Réseau ferré de France) reconnaît la nécessaire adaptation de certaines infrastructures pour permettre aux wagons de "rouler sans difficultés", mais souligne que "c'était connu depuis le départ".

Le journal chiffre à 311 millions d'euros le coût des adaptations pour RFF. "C'est 208 millions d'euros pour RFF, tandis que 103 millions d'euros seront dépensés par le concessionnaire, c'est-à-dire la compagnie qui va [exploiter] les trains et les terminaux aux deux bouts, VIIA Atlantique, une filiale de Geodis-SNCF", corrige l'expert.

En outre, "ces investissements seront subventionnés" par les pouvoirs publics, et donc sans impact sur l'endettement de RFF, selon lui, mais le contribuable sentira passer ces trains larges.

14 tunnels bas de plafond

Une autoroute ferroviaire permet de transporter par train l'ensemble du camion, cabine incluse, déposé par un chauffeur au point de départ et récupéré par un autre à l'arrivée. 
Le concept, impulsé par le Grenelle de l'environnement en 2009, a déjà vu deux réalisations. Deux liaisons sont déjà en service, l'une entre la France (près de Chambéry, Savoie) et l'Italie (près de Turin) à travers les Alpes en 2003, l'autre entre Perpignan (Le Boulou) et le Luxembourg.

La création d'une troisième autoroute ferroviaire, reliant le Pas-de-Calais aux Landes, avait été annoncée en septembre 2013 pour une mise en service en 2016, en même temps qu'une nouvelle commande de wagons spéciaux à la société alsacienne Lohr.
Lundi 5 mai 2013 a vu le lancement de l'enquête publique relative à l'autoroute ferroviaire atlantique. Jusqu'au jeudi 5 juin, les habitants des 20 départements traversés par son tracé, dont les Landes, la Gironde, la Charente-Maritime, les Deux-Sèvres, ont pu se prononcer sur ce service visant à acheminer des semi-remorques par le rail, sur une longue distance et à un rythme cadencé. Ce projet d'autoroute ferroviaire atlantique est long de 1 050 kilomètres, entre Tarnos (sud des Landes) et Dourges (Pas-de-Calais, près de Lille). 

L'hebdomadaire, précisant que 14 tunnels sont concernés par un rabotage, s'étonne d'une "solution loufoque : dégonfler les amortisseurs des camions équipés d'un système pneumatique ou, sinon, les pneus".."Le dégonflage des amortisseurs [pas des pneus !] est une pratique courante quand les camions sont en position de parking ou pour leur chargement sur d'autres véhicules, afin de mieux garantir leur stabilité".

Frédéric Cuvillier, le secrétariat d'Etat aux Transports de François Hollande et Lohr n'étaient pas joignables mardi soir, mais dans un courrier à la Cour des comptes en 2012, le patron de la société avait tiré le signal d'alarme, répondant lui aussi que "la nécessité d'aménager le gabarit était connue dès le début du projet".

samedi 19 avril 2014

Ecotaxe: prise de bec de Royal et de la porte-parole de Bruxelles

Royal la joue perso en Europe 

L'opposition du commissaire européen chargé des Transports la met en furie


Royal pompe les automobilistes !
La ministre de l'Écologie entend faire payer les camions étrangers, malgré son avis défavorable. Ségolène Royal n'arrange pas les affaires de Bercy qui vient d'encaisser une fin de non-recevoir à sa demande de délai supplémentaire pour réduire les déficits publics.  Elle a en effet réaffirmé vendredi sa volonté de taxer les camions étrangers circulant en France, une mesure destinée à se substituer au dispositif contesté de l'écotaxe, quitte à entrer en conflit avec Bruxelles. 

Elle est revenue sur une des pistes dévoilées mardi sur France 2, consistant à forcer les camions étrangers à emprunter le réseau autoroutier à péage "lorsqu'il y a une autoroute parallèle à la route nationale", un projet  contraire aux règles européennes. Helen Kearns, la porte-parole du commissaire européen chargé des Transports, Siim Kallas, a d'ailleurs indiqué jeudi au journal Le Monde qu'il est impossible de "mettre en place un système discriminatoire entre Français et étrangers". "Chacun a sa place : ce n'est pas un porte-parole d'un commissaire européen qui fait la politique européenne et encore moins la politique de la France, ça, c'est très clair", lui a répondu Ségolène Royal, qui se la joue "dame de fer" avec mépris.

"J'aimerais que chacun prenne la parole, y compris au niveau européen, sur la base de projets bien précis, et pas sur la base de rumeurs", a-t-elle polémiqué. "Moi, je considère au contraire que c'est rétablir une juste concurrence", a affirmé la ministre de l'Écologie au sujet de sa proposition. "Quand un camion venu de l'étranger fait son plein en Belgique, traverse toute la France, utilise les routes payées par le contribuable français et, ensuite en Espagne refait son plein (...), il ne paie ni la taxe sur l'essence, la TIPP, ni le péage sur l'autoroute", a-t-elle une nouvelle fois fait valoir, sans envisager un instant une baisse des prix des carburants français, à l'avantage des "contribuables" en question et des plus précaires...  "Donc à ce moment-là, ce sont les camions français (...) qui paient l'entretien des routes," affirme-t-elle de manière caricaturale.
Qu'elle incite plutôt les camions étrangers à acheter du carburant français !

Royal tient le raisonnement classique et populiste du "tout le monde doit payer pareil." "Il faut faire payer tout le monde et notamment ceux aujourd'hui qui ne paient pas", a déclaré Mme Royal. "Avec les bénéfices de ces sociétés autoroutières, eh bien nous paierons les infrastructures de transports", a insisté l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007, suivant un raisonnement faux qui plaît avec l'apparence du bon sens. 
Or, si les prix des carburants étaient plus compétitifs, les camions étrangers et français seraient  équitablement traités. Si elle manque d'idées innovantes, qu'elle relance le projet d'autoroute ferroviaire. Pour plus d'attractivité et d'économies pour les contribuables français, que   ne fait-elle baisser les prix des péages pour tous, comme en Allemagne !   

samedi 5 avril 2014

Ecotaxe: Royal soulève la polémique et joue l'étonnement

C'est pas moi, c'est le rapport parlementaire, nie Ségolène Royal 

La méthode n'a pas changé
Royal procède à une mise à plat radicale 
La nouvelle ministre de l'Ecologie assure que le gouvernement attendra la remise d'un rapport parlementaire, avant toute décisionQuinze jours suffiront pour conclure dans le sens de la ministre. 

Les écologistes s'inquiètent et les "Bonnets rouges" entendent faire preuve de prudence. Mais Ségolène Royal, elle, dit ne pas comprendre la polémique suscitée par son souhait de remettre à plat l'écotaxe.

A peine nommée, la nouvelle ministre de l'Ecologie a rallumé, jeudi, la controverse sur cette taxe qui avait provoqué, à l'automne 2013, de violentes manifestations en Bretagne. Vendredi 4 avril, elle s'est justifiée sur Twitter.


Une décision éclair ?
La numéro 3 du nouveau gouvernement de Manuel Vall tweete également que le gouvernement attendra la remise d'un rapport parlementaire dans quinze jours avant toute décision.


La nouvelle ministre a pourtant rouvert ce dossier délicat, sans attendre la remise du rapport de la mission parlementaire créée à l'Assemblée. 
Des députés lui reprochent à juste titre d'essayer de trouver un consensus sur l'enterrement de l'application de l'écotaxe. Une critique reprise le 3 avril par l'ex-ministre des Transports et prédécesseur de Ségolène Royal sur ce dossier, le socialiste Frédéric Cuvillier.

L'écotaxe était destinée à taxer, à partir du 1er janvier 2014, les poids lourds de plus de 3,5 tonnes 
et à financer les infrastructures de transport. Sa mise en œuvre avait été suspendue en octobre par l'ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault.


Le ferroutage retrouve-t-il un avenir?




mercredi 5 décembre 2012

EPR, TGV Lyon-Turin, NDDL: les Verts gèlent tout

La gauche, terrain de la querelle des Anciens et des Modernes

Les Verts déraillent entre Lyon et Turin

En présence du président François Hollande, du chef du gouvernement italien Mario Monti et du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, les ministres des Transports de la France et de l'Italie ont signé lundi à Lyon une "déclaration commune " pour la réalisation du projet controversé de liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin. Sa mise en service est prévue pour 2028, malgré l'opposition de plusieurs centaines d'opposants au projet.



Lien PaSiDupes - " Les activistes 'conservateurs' bloquent les vacanciers SNCF en Savoie : la piste des opposants à la ligne TGV Lyon-Turin est étudiée par les gendarmes

Contre le chômage, le pouvoir socialiste en est resté à une politique de grands travaux 

Critiqué en France par la Cour des Comptes, le coût total du chantier est évalué à quelque 25 milliards d'euros. La question du financement est "complexe dans une période de contraintes budgétaires", reconnaît-on côté français, admettant que si le budget européen pluriannuel 2014-2020 n'était pas adopté, il faudrait se montrer "créatif". 

"Autoroute ferroviaire" pour un million de camions
Aucune précision n'a été donnée quant à la répartition de la prise en charge des 8,5 milliards à la charge des pays, l'Italie (qui serait de 2,9 milliards d'euros) et la France (2,2 milliards), le reste étant en principe apporté par le budget européen (soit 40%).
Selon ses concepteurs, cette "autoroute ferroviaire", combinant fret et trafic voyageurs, devrait permettre à terme de retirer de la route au moins un million de camions par an et de raccourcir le trajet Paris-Milan à un peu plus de 4 heures contre 7 actuellement.


Au même moment, plusieurs centaines de manifestants hostiles au projet se se sont rassemblés dans le centre de Lyon. Les organisateurs ont dénoncé la retenue de plusieurs cars de militants italiens sur la route.

Il faut pourtant rappeler que le ferroutage était une volonté du ministre communiste des Transports, Jean-Claude Gayssot.
Lien PaSiDupes  - Le ferroutage, un système d'avenir : Le ferroutage, une alternative écolo au chantage des syndicats de transporteurs
Autre lien PaSiDupes - La CGT veut faire dérailler le programme de ferroutage initié par Gayssot (PCF) : Nouveau plan pour sauver le fret ferroviaire
L'ambiance restait tendue, sur fond de crainte d'une convergence entre cette lutte et celle contre Notre-Dame-des-Landes.







EPR de Flamanville: Cohn-Bendit réclame un "arrêt immédiat"

Le sexagénaire fait obstacle à toute modernité
Eurodéputé Europe Ecologie-les Verts (EELV) de 67 ans, Dany-le-Rouge a demandé un arrêt immédiat de la construction du réacteur nucléaire EPR


Avant lui, plusieurs écologistes archaïques, des élus EELV, le vulgaire Noël Mamère, la petite teigne François de Rugy et Ronan Dantec, élu de ...Nantes et patron dans ...l'événementiel, ont demandé d'arrêter l'EPR

Joly-Duflot 
à la manif anti-nucléaire
 du 15.10.2011
Il prend prétexte du surcoût. 
Après l'annonce d'un surcoût de 2 milliards d'euros pour ce projet de Flamanville (Manche), le responsable Verts lance dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France mercredi : "Il faut arrêter maintenant !" "Il faut dire la vérité aux Français: nous n'en avons plus les moyens"
Evoquant aussi la ligne de train à grande vitesse Lyon-Turin ou l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes près de Nantes, il insiste: "la situation de nos finances doit rouvrir le débat sur ces projets"

Mais M. Cohn-Bendit est revenu de tout. 
Aigri, ilprécise "être aujourd'hui en marge de ce parti". "Je ne parlerai plus en tant que personnalité d'EELV. Nous avons trop de désaccords".

NDDL: décision de démolition des cabanes devant le tribunal



Alors que Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, parle d'un "kyste"  pour désigner les occupants du site et affirme qu'il est "hors de question de le laisser s'installer", sur le terrain, on débat sur la définition de " construction illicite " et l'avocat du préfet joue le pourrissement demandant au juge des référés d'assigner Ago, la société Aéroport du Grand Ouest, à la démolition. "En tant que propriétaire du terrain, Ago devrait s'occuper de la démolition et de l'expulsion des opposants".
NDDL: ce que, 
non sans mépris,
ils appellent  "cabane"

Une pirouette juridique: "C'est une instrumentalisation pure et simple de la justice", déclare Me Erwan Lemoigne, avocat du propriétaire. Le jugement a été mis en délibéré au mardi 11 décembre. Un délai "surprenant" pour Me Lemoigne et les opposants écologistes. "Nous sommes en route pour la victoire. Ce sera dur et long", martèle Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, principale association d'opposants, à la sortie du tribunal.
Rien que ça !

La décision du tribunal ne comble pas totalement les militants soutenus par le sénateur EE-LV Ronan Dantec, vice-président de la commission du développement durable, des infrastructures, de l'équipement et de l’aménagement du territoire au Sénat et pourfendeur du projet de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). "Cette décision, c'est un répit. Mais ce qui s'est passé aujourd'hui démontre que l'indépendance entre le pouvoir, la société privée Vinci et la justice reste à prouver".


mercredi 23 septembre 2009

La CGT veut faire dérailler le programme de ferroutage initié par Gayssot (PCF)

Nouveau plan pour sauver le fret ferroviaire

En 2000
, alors qu'il est ministre des transports, Jean Claude Gayssot fixe un cap : le doublement des quantités de marchandises transportées par le rail d'ici 2010. Pourtant, en près de 20 ans, le ferroviaire n'a cessé de régresser sur ce marché, passant de 28,5% du volume de marchandises transportées en 1985 à 15,2% en 2001. (LIRE PaSiDupes) En parallèle, le transport routier, lui, a explosé et représente aujourd'hui plus de 83% du trafic. Dans les années à venir, la tendance devrait se prolonger : les spécialistes prévoient une forte croissance du transport de marchandises. Le livre blanc sur la politique européenne des transports, sorti en 2001, avance une augmentation du seul trafic poids-lourds de 50% d'ici 2010 par rapport à 1998. Le 21 mars 2002, L'Humanité fit paraître un article titré: "Le ferroutage sur la bonne voie"
Le ministre communiste des Transports de François Mitterrand, Jean-Claude Gayssot, affirmait alors en Maurienne la volonté gouvernementale de relancer le fret ferroviaire et de lancer les travaux du Lyon-Turin. Mais aucune date n’a filtré pour le Mont-Blanc.
Quand le ministre communiste avait choisi de promouvoir l’alliance du fer et de la route, ou ferroutage, l'organe de presse communiste célébra son ministre des Transports, losqu'avec son homologue italien il ouvrit les travaux du tunnel Saint-Antoine, sur la ligne classique Ambérieu-Modane-Turin, [pour commencer]. (…) C’est au transfert de l’équivalent de 2 600 000 poids lourds que devaient aboutir ces réalisations en 2012 au lieu de 2015. " C’est dans les Alpes, encore plus qu’ailleurs, affirmait Jean-Claude Gayssot, qu’une politique de rééquilibrage rail-route est urgente. " (...)


Aujourd'hui, le gouvernement met plus de 7 milliards pour le fret ferroviaire d'ici 2020
7 milliards d'euros consacrés au développement des infrastructures du fret ferroviaire
Cette annonce du ministère de l'Ecologie s'inscrit dans le droit fil du Grenelle de l'Environnement, qui prévoit de faire passer la part des transports de marchandises alternatifs à la route de 14 à 25% d'ici 2022. Le gouvernement souhaite ainsi favoriser le report de la route vers le rail, a annoncé ce. «Il est vital de développer le fret», a déclaré Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie, le mercredi 16 septembre.

Huit axes de développement ont été retenus
Ainsi, la suppression des goulets d'étranglement ferroviaires, par la création de contournements, est prioritaire dans certaines villes;
le développement du fret à grande vitesse entre les aéroports;
ou encore la création d'un réseau d'«autoroutes ferroviaires» pour favoriser le transport de camions par le train.

Le gouvernement espère réduire d'ici 2020 de plus de 2 millions le nombre de trajets de poids lourds sur les routes chaque année et vise plus de 2 millions de tonnes de Co2 émises en moinsIl est indispensable d'augmenter la part du fret ferroviaire contre l'aérien et le transport routier» et de «préparer l'après-pétrole», a expliqué Jean-Louis Borloo.

Emprunt national ou pas?
L'effort d'investissement sera réparti entre l'Etat, Réseau ferré de France (RFF, le gestionnaire public des infrastructures ferroviaires) et la SNCF. Sur les 7 milliards d'argent public du plan, la compagnie nationale va notamment investir dans les cinq prochaines années un milliard d'euros au moins dans des solutions innovantes de transport de marchandises.
Il n'a pas été décidé à ce stade si l'Etat aurait recours au grand emprunt national pour financer ces dépenses, a indiqué le ministre de l'Ecologie.De son côté, la SNCF s'apprête à présenter ses projets de réorganisation pour son activité de fret, en perte chronique, lors du comité central d'entreprise et de son conseil d'administration les 22 et 23 septembre.De même que La Poste est victime du courrier par l'Internet, la SNCF est frappée de plein fouet par la crise, le fret SNCF devrait perdre encore 600 millions d'euros cette année, après un déficit de 340 millions d'euros en 2008.

Mais L'Humanité a changé de ton

Le 16 septembre 2009, le journal donna la parole à Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT cheminot, qui dit: « L’avenir de SNCF mérite un grand débat démocratique »
Ce jour-là précisément, plusieurs milliers de cheminots participaient au Bourget à un rassemblement national sur le fret. Entretien

ENTRETIEN avec Didier Le Reste.

Didier Le Reste - "Ce rassemblement national des cheminots s’inscrit dans un processus d’actions dans lequel nous mobilisons, cheminots, acteurs économiques, le mouvement syndical, ONG environnementales et responsables politiques afin d’obtenir que d’autres orientations président aux destinées de fret SNCF. Les technocrates de la direction envisagent aujourd’hui de ne plus assurer 60 % du trafic dit du wagon isolé sous prétexte que cette activité est déficitaire au sens capitalistique du terme. La direction affirme que la messagerie ferroviaire est à l’origine d’entre 70 et 75 % des pertes de fret. Néanmoins, je remarque que cette activité représente encore 43 % du chiffre d’affaires. La SNCF parle de perte mais omet de dire qu’elle subventionne à 50 % la logistique des groupes privés et qu’elle ne s’engage pas à capter de nouveaux trafics. […] La politique de la SNCF en matière de transport de fret va à l’encontre du développement durable. En présentant ses comptes du premier semestre 2009 et en annonçant une perte de 496 millions d’euros, la direction cherche à dramatiser la situation afin de culpabiliser les cheminots qui se voient reprocher « un manque de compétitivité ».

Vous avez déclenché la semaine dernière une alarme sociale, procédure qui arrive avant le préavis. Avez-vous obtenu réponse ?
Didier Le Reste - Une demande de concertation immédiate (DCI) a été déposée la dernière par la CGT, l’UNSA et la CFDT. Malheureusement, je constate que SUD Rail qui a refusé de s’associer à cette démarche revendicative et mobilisatrice, préfère une nouvelle fois encore jouer la carte de la division. Cette DCI ponctue un cycle de concertation sur l’avenir du fret engagé depuis plusieurs semaines. Nous disons au président de la SNCF, Guillaume Pépy, qu’il faut maintenant passer aux travaux pratiques et qu’il doit nous démontrer que la carte de la concertation et du dialogue social paie plus que le rapport de la force et la grève. La direction a consenti à une table ronde emploi et à une réunion sur les salaires début 2010 pour procéder à des ajustements. Mais le compte n'y est pas. […] La reconnaissance par la direction [et le ministre Gayssot ?...] de l’échec de ses plans successifs de restructurations et de sa stratégie de dumping social montre que le seul tort de la CGT est d’avoir eu raison trop tôt. Aujourd’hui la CGT est donc légitime pour demander que soient examinées sérieusement ses propositions alternatives. C’est aussi le but des mobilisations en cours. [Nous aurions aimé en avoir juste un aperçu... ]

Comme La Poste, la SNCF appartient à tous, les cheminots mais aussi les usagers, les élus etc. [Ca fait partie de la question...] Considérez-vous important d’élargir le débat au-delà des seuls salariés concernant son avenir ?
Didier Le Reste - La SNCF n’appartient pas à la technostructure qui la dirige. Elle appartient à la nation et c’est donc à ce niveau que son avenir doit être décidé. C’est pourquoi, nous demandons
un débat national et démocratique sur le rôle que doit jouer cette grande entreprise publique déstabilisée aujourd’hui par les directives européennes de libéralisation et par sa gestion interne de plus en plus tournée vers le profit. Les décisions cruciales pour la SNCF ne peuvent être prises en catimini."

De la propagande
, en lieu et place des propositions que le pays attend d'une opposition qui serait positive.