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jeudi 15 novembre 2018

Electricité: fermeture possible des centrales à charbon après 2020

Tandis que l'Allemagne rouvre ses mines de charbon : cohérence européenne et harmonisation des politiques ?

Le président Macron autorise la fermeture des centrales à charbon en France après 2020, comme promis ! 

La centrale nucléaire de Fessenheim aussi, mais ...sous conditionS, notamment de ne "fermer aucun autre mode de production", a indiqué jeudi RTE, le gestionnaire du réseau d'électricité à haute tension qui présente ses perspectives sur la sécurité d'approvisionnement 2018-2023.
"Après l'hiver 2020, des marges de sécurité devraient réapparaître" et permettre la fermeture progressive des quatre centrales à charbon et de la centrale nucléaire de Fessenheim.

RTE pose toute une série de conditions, notamment développer fortement les énergies renouvelables, mettre en service trois interconnexions (une avec l'Italie, deux avec la Grande-Bretagne, où les énergies fossiles en déclin continuent toutefois de dominer le mix électrique) et mettre en service l'EPR de Flamanville (Manche) ainsi que la centrale au gaz de Landivisiau (Finistère) dans les délais.
Le Royaume-Uni qui est importateur net de pétrole brut depuis 2005 (et de produits pétroliers depuis 2013) en exporte aussi (mais divisées par 3 entre 2000 et 2016). La France reste la 5e destination des exportations de pétrole brut et de condensats du Royaume-Uni (7% des exportations en 2016).
Il faut également "ne fermer aucun autre moyen de production", selon des documents présentés jeudi par RTE.

Cette présentation intervient alors que le gouvernement s'apprête à dévoiler sa programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour les années 2019-2023 et 2024-2028. 
Macron avait promis durant la campagne présidentielle de fermer les centrales à charbon - très polluantes - durant son quinquennat. Cet objectif a été depuis confirmé plusieurs fois par le gouvernement.
Le pays veut, à terme, moins dépendre du nucléaire pour la production de son électricité mais, pour l'instant, seuls les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim doivent fermer.

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Il reste quatre sites en activité: deux d'EDF à Cordemais (Loire-Atlantique) et au Havre (Seine-Maritime), et deux autres d'Uniper (entreprise allemande) à Gardanne (Bouches-du-Rhône, photo ci-contre) et Saint-Avold (Moselle). Elles doivent être converties ou fermées avant 2022, alors qu'elles représentent une capacité de 1.200 MW.

Mais à propos d'alternative énergétique, rappelons que la transformation du site Total à La Mède, Bouches-du-Rhône, suscite une controverse. 
Les 'bio' ou 'agro' carburants, obtenus à partir de produits végétaux pour être mélangés aux carburants fossiles, soulèvent de nombreux problèmes écologiques car essentiellement basés sur l’utilisation de l’huile de palme, non pas que cette huile soit nocive, mais parce que sa production est cause de déforestation en Indonésie ou au Congo.

Après lui avoir fait la guerre dans nos assiettes, l’huile de palme trouve une seconde vie dans nos réservoirs. Le projet de bioraffinerie de Total à La Mède (Bouches-du-Rhône) a obtenu le feu vert de l’Etat pour démarrer son exploitation de 'biocarburant'. 
Depuis, plusieurs associations tirent la sonnette d’alarme. Et pour cause, le groupe pétrolier prévoit d’importer 300 000 tonnes d’huile de palme par an pour développer son site. Avec des conséquences lourdes pour l’environnement. "Je leur demande […] de réduire au maximum l’utilisation d’huile de palme […] et d’essayer, d’année en année, de réduire la part d’huile de palme et d’augmenter la part d’huiles usagées". Sur BFMTV, Nicolas Hulot avait ainsi tenté d’appeler Total à la modération, alors que le permis d’exploitation de leur 'bioraffinerie' de La Mède venait de leur être délivré… par l’Etat lui-même. "Je ne peux pas leur demander, alors qu’ils ont fait ces efforts et ces investissements, de renoncer", s’est justifié le ministre.

Les biocarburants déjà présents dans nos stations services. 
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Le groupe pétrolier français a lancé en 2015 le projet de transformation de sa raffinerie de La Mède, sur l’étang de Berre, alors déficitaire. Il a cessé d’y raffiner du brut et l’a convertie, au prix d’un investissement de 275 millions d'euros, en y installant notamment un dépôt pétrolier, une ferme solaire, un centre de formLtion et cette bioraffinerie.

Un marché émergent déjà critiqué
Le carburant qui y sera produit, dit de "première génération", issu d’huiles végétales brutes et de graisses animales, est censé faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. Ce "fioul propre" est d’ailleurs déjà dans les réservoirs de nos voitures. L’éthanol est incorporé à l’essence, et le biodiesel, au diesel. "A la pompe, tous les carburants distribués en France contiennent une partie de biocarburants", rappelle l’Institut français du pétrole, un organisme public de recherche dans les domaines de l’énergie et des transports.
Liquide incolore, volatile, inflammable et miscible à l'eau en toutes proportions, l'éthanol est un psychotrope et l'une des plus anciennes drogues récréatives, sous la forme de boisson alcoolisée. Mais il est aussi utilisé par l'industrie agroalimentaire (à la production de spiritueux notamment), la parfumerie et la pharmacie galénique (comme solvant), ainsi qu'en biocarburant (bioéthanol).
En Europe, le marché des biocarburants continue de progresser discrètement, à l’instar de l’aviation d’affaires qui a annoncé, le 29 mai 2018, son intention de s’engager en faveur des biocarburants dans le transport aérien. Pourtant, non seulement cette progression manque encore de soutien, mais, pire, elle est confrontée à un nombre grandissant d’opposants, notamment écologistes. 

mardi 24 octobre 2017

Glyphosate : Ségolène Royal se lâche contre Nicolas Hulot

Cette peste de Royal aurait évidemment fait autrement et mieux...

Sur le  glyphosate, pesticide décrié comme elle, l'ancienne ministre de l'Ecologie a tenu à tacler son successeur

Royal Ségolène, octobre 2017,
après quatre mois de travaux
L'ancienne ministre de l'Ecologie n'a pas retenu ses coups contre Nicolas Hulot dans l'émission Punchline ('Le mot de la fin', en français) animée par Laurence Ferrari sur CNews, lundi 23 octobre.
Lors de la passation de pouvoirs en juin dernier, si Ségolène Royal (PS) avait délivré à Nicolas Hulot, son successeur  un brevet de  "très bon ministre", mais elle avait aussi tiré une "petite sonnette d'alarme, pour l'aider", non sans "paternalisme", sur plusieurs sujets dont la résistance à Bercy - sans compter le ministère de l'Agriculture -, la Guyane et le glyphosate.

Nicolas Hulot est trop mou (plus mou que le "président normal"?)

Depuis, 
Royal a changé de ton.
"Il n'y a pas de raison que la France ramollisse sa position parce que sinon ça sera le château de carte: tout va s'écrouler."

Elle en profite pour vanter sa propre période.  
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"Si la France, qui a reçu la COP21, qui est exemplaire dans le domaine environnemental, passe de l'opposition à l'autorisation, même sur une période très courte, c'est un très mauvais signal et les pollueurs chimiques vont en profiter", a notamment mis en garde Ségolène Royal.

En matière de mollesse, Royal est pourtant la reine. Si ses déclarations sont cassantes, elles ne sont pas nécessairement suivies d'effets.
Fin août 2008, alors que le bureau national du PS annonçait son accord avec l'idée d'une taxe carbone, Ségolène Royal se déclara hostile à la contribution climat-énergie et fut alors taclée par les Verts : signataire du Pacte écologique de Nicolas Hulot durant la campagne présidentielle de 2007, elle fut alors accusée de manquer à sa parole.
En 2011, elle se déclara pour un arrêt de la construction du réacteur nucléaire de troisième génération EPR de Flamanville. "Moi, j'arrête Flamanville", avait juré la candidate à la primaire socialiste, dans l'hypothèse où elle accèderait à l'Elysée, vendredi 23 septembre face à la rédaction de Libération. Celle qui se posait en résistante face à "un lobby EDF qui bloque tous les projets d'énergies renouvelables" accepta de participer au gouvernement de Hollande, bien qu'en 2012, celui-ci, comme candidat, se soit déjà déclaré favorable à la poursuite de sa construction.
En octobre 2014, alors que sa mise en place avait été repoussée à début 2015, Ségolène Royal mit fin à l'écotaxe qu'elle défendait.
Elle reviendra également, fin 2014, sur l'interdiction des feux de cheminée en Ile-de-France.

La sexagénaire ressort ses 
sacs plastique sur la voie publique

Elle avait alors peiné à imposer les sacs biodégradables sur le marché et prétend aujourd'hui qu'elle les aurait fait progressivement passer dans les moeurs dès juillet 2016
Le gouvernement espérait le remplacement des sacs en plastique par les sacs biosourcés, c'est-à-dire composés de matières végétales, à 30 % en 2017, 40 % en 2018, 50 % en 2019 et 60 % en 2025. Mais, ce n'est pas le cas et par chance.
Or, les impacts environnementaux de la fabrication d’un sac biodégradable sont plus importants que ceux d’un sac plastique. A base notamment d'amidon de maïs, ils sont liés aux cultures agricoles (soumises aux contraintes d'approvisionnement en eau, aux aléas climatiques ou à l'épandage de pesticides, etc.), alors que les impacts environnementaux des sacs plastiques sont liés au pétrole. Or utiliser des ressources liées à la nourriture humaine peut poser des problèmes et pas seulement dans les pays en voie de développement. Il faut de grandes surfaces agricoles, des engins de récolte, des silos de stockage, etc. Enfin, dans une filière d’incinération, les sacs biodégradables brûlent moins bien et apportent moins d’énergie lors de la combustion.
Depuis le 1er janvier 2017, sont néanmoins interdits, sur les marchés, chez le primeur, le fromager ou le poissonnier, y compris dans les grandes surfaces, les sacs plastique ultrafins à usage unique utilisés dans les rayons fruits et légumes, en application de la loi sur la transition énergétique, dont l'amère Royal fait grand casIronie de cette alternative écolo, les sacs biosourcés sont à 32% de fécule de pomme de terre... Et il en faut des étendues. Sans OGM, de surcroît !
Dans la pratique, "nous écoulons nos stocks de sacs plastique avant de mettre les nouveaux en place," ont commencé à opposer les commerçants sous la pression de leurs clients. Plutôt que les sacs homologués 'Royal', d'autres sont passés aux sacs en papier kraft. Mais certains rechignent: "les sacs biodégradables, nous les payons 1,20 euro le paquet de 50 contre 1 euro les 100 pour les sachets de base, c'est une grosse différence...", soit 7 centimes l'unité, a calculé une commerçante.

VOIR et ENTENDRE Ségolène Royal marquer sa différence avec Nicolas Hulot :
L'écologie punitive, ça fait se lever un "vent de révolte"
En février 2008, l'amère Royal sentait se lever un "vent de révolte"; en 2017, elle ne sent plus rien.
Plusieurs mesures répressives ont été prises par l’Etat pour limiter la commercialisation de sacs à usage unique en plastique. Et le pouvoir socialiste n'a rien à envier à Bruxelles en matière de réglementation pointilleuse et irritante. Depuis le 1er juillet 2016, seuls des sacs plastique réutilisables, d’une épaisseur de plus de 50 microns, ou composés d’autres matières que le plastique (papier, tissu…) peuvent être distribués en caisse. Et depuis le 1er janvier 2017, cette interdiction s’applique aussi aux autres sacs mis à disposition dans les lieux de vente (rayons fruits et légumes, fromagerie, boucherie…). Pour ces derniers, seuls restent autorisés les sacs en plastiques compostables en compostage domestique et biosourcés, avec une teneur minimale en matière végétale qui augmente dans le temps, on l'a vu, le reste provenant toujours de dérivés du pétrole.En définitive, les sacs en plastique sont donc toujours présents et aucune étude ne montre que leur distribution aurait été significativement réduite depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation.Selon le ministère de l'Écologie, 17 milliards de sacs plastiques sont encore utilisés chaque année en France. 100 milliards en Europe. Quant aux coton-tiges de Ségolène Royal, c'est comme le string qu'elle interdisait à l'école... 
Il n'empêche qu'elle ressasse toujours ses propres déconvenues en tentant de les faire passer pour des réussites.

Royal a la tête dans le sac. Les "fact checkers" pourraient le lui retirer mais, si libres et indépendants soient-ils, les journalistes sont soucieux de conserver leur abattement fiscal de 7.650 euros, à l'heure du harcèlement fiscal des classes moyennes, des fonctionnaires ou des retraités. 
Outre que le transformation du sac "biodégradable" perturbe le compost naturel (il met entre 6 et 12 mois), lors de la Journée mondiale sans sac plastique du 3 juillet, l'association France Nature Environnement s’est interrogée sur le bilan des interdictions françaises mises en œuvre depuis 1 an dans les lieux de distribution.

On aura en outre noté que l'ambassadrice chargée des pôles arctique et antarctique a dû consacrer plus de temps à la chirurgie esthétique qu'aux bébés phoques, pendant ces quatre derniers mois. En effet, Royal combat les effets de la nature sur elle et elle s'est visiblement faite retendre les chairs et sià l'automne (de sa vie), elle paraît dix ans de moins qu'au printemps dernier, elle ne peut plus sourire. Une fonction dont la grincheuse n'abuse pas.
A Laurence Ferrari sur le plateau de Punchline ce lundi 23 octobre, Ségolène Royal a révélé avoir été confrontée à un cas de harcèlement. Evidemment au ...sein de son ministère. Que du bio, mais dégradant.

samedi 1 novembre 2014

Nouvelle provocation: survol de 5 autres centrales nucléaires par des drones

Motus du ministère de l'Intérieur et de la gendarmerie nationale...

Valls est au bord de la crise de nerfs
Espionnage industriel ou
activisme des anti-nucléaires ?

Greenpeace, bien informée, nie toute implication, mais annonçait de nouveaux survols  sur plusieurs sites stratégiques français


D
es drones ont survolé l'espace interdit de cinq nouvelles centrales nucléaires vendredi soir, entre 19 heures et minuit.
EDF n'a pas souhaité confirmer l'information que les centrales de Penly (Seine-Maritime), Flamanville (Manche), Saint-Laurent-des-eaux (Loir-et-Cher), Dampierre-en-Burly (Loiret) et Fessenheim (Haut-Rhin) ont chacune vu leur espace aérien violé dans la soiréeEDF avait pourtant annoncé dans la semaine sa détermination à porter plainte pour chacun de ces survols.

Jeudi soir déjà, Penly ainsi que celle de
 Golfech en Tarn-et-Garonne, proche de Sivens (100 km) où un activiste altermondialiste est mort, avaient été survolées vers 21 heures par des drones qui n'avaient pas été neutralisés "car ils ne représentaient pas de menace directe" pour la sécurité des installations, avait assuré un porte-parole de la gendarmerie.

La première a été la centrale de
Creys-Malville (Isère) en cours de déconstruction, le 5 octobre. Les six autres sites ont été survolés dans la semaine du 13 au 20 octobre, certains à plusieurs reprises : Blayais (Gironde) le 13, Nogent-sur-Seine (Aube) le 13 et le 19, Cattenom (Moselle) le 14, Chooz (Ardennes) et Gravelines (Nord) le 19, Le Bugey (Ain) le 19 et le 20. Areva avait alors assuré, sans plus de précision, qu' "il n'y a[vait] pas eu de survol significatif des installations", et qu' "il n'y a[vait] pas eu de menace sur [leur] sûreté".

Et de douze !

Sept centrales nucléaires françaises avaient déjà été survolées par des drones au cours du mois d'octobre, des incidents "sans conséquences" selon EDF, mais qui ont soulevé à nouveau la question de la sécurité des sites liés à l'atome.
Le ministère de l'Intérieur s'est félicité jeudi que ces survols aient été "tous détectés" et a assuré que tous ne ne représentaient "aucun danger pour la sécurité des installations survolées, qui sont censées résister à des secousses sismiques de forte magnitude ou à des crashs d'avions de ligne".

Greenpeace souligne que cela témoigne "d'une opération de grande envergure". Le colonel Jean-Pascal Breton, porte-parole de l'armée de l'Air, a au contraire relativisé la menace, argumentant sur la toute petite taille des engins et que les autorités ne disposaient que de témoignages :
"Les drones qui ont été évoqués par les témoignages sont des mini-drones de toute petite taille en vente dans le commerce."
Le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve a rappelé que des "dispositifs de neutralisation des drones" existent [mais qu'ils sont en révision ?] et qu'une " enquête judiciaire [était] en cours"... Le petit homme ne s'est d'ailleurs pas attardé sur ces modalités de neutralisation.

Le survol des centrales nucléaires est interdit dans un périmètre de cinq kilomètres et de 1.000 mètres d'altitude autour des sites
. Il est passible d'une peine d'un an d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende.
900.000 euros, une rentrée d'argent inespérée par les temps qui courent.
Mais encore faudrait-il que le pt'it Cazeneuve coure vite et attrape ceux qui le narguent...

dimanche 19 octobre 2014

Fessenheim: Cosse et Royal entrent en guerre sur la centrale nucléaire

Nouvelle passe d'armes Cosse-Royal 

La secrétaire nationale d'EELV dit avoir reçu de Hollande des promesses de fermeture avant 2017. La ministre, elle, ne veut jurer de rien.
Hollande aurait réaffirmé sa détermination à fermer la centrale nucléaire de Fessenheim (Bas-Rhin) "avant 2017", clamait la secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) Emmanuelle Cosse vendrediaprès avoir rencontré lundi à l'Elysée le président qui en avait fait un engagement de campagne. 
La ministre de l'Écologie Ségolène Royal s'est empressée de modérer l'enthousiasme de la chef de parti, affirmant que les options restent ouvertes et que Fessenheim n'est qu'une "hypothèse". 
"Fessenheim fermera; nous en avons aussi parlé avec le président de la République", a maintenu E. Cosse sur France Info. "C'est ce qu'il a dit. Je suis peut-être la seule en France à le croire, mais Fessenheim fermera, c'est un engagement du président de la République. J'entends bien les pressions d'EDF, des syndicats, les sorties de Ségolène Royal et de Stéphane Le Foll. Sauf que je vous dis que Fessenheim fermera", a-t-elle insisté. "Si Fessenheim ne ferme pas, ça veut dire que la France n'est pas capable de répondre à la question de la sûreté nucléaire. Cette centrale est sur la nappe phréatique la plus importante d'Europe. En plus, Fessenheim est en panne toutes les semaines", a polémiqué l'élue d'Ile-de-France pour qui cette fermeture ne serait "pas une lubie des écolos ou de François Hollande mais la nécessité d'avoir une politique énergétique à la hauteur des enjeux".

Ségolène Royal a répondu que "ce qui est sûr, c'est que deux réacteurs fermeront" avec l'ouverture de Flamanville.
 

Une évidence balancée dans la foulée sur i>télé. La fermeture de Fessenheim "c'est l'hypothèse aujourd'hui qui a été avancée dans le cadre de la campagne présidentielle (....) Pour l'instant, il n'y a pas d'autre d'hypothèse sur la table". 
Se félicitant d'être, selon elle, "très pragmatique", elle s'est engagée à ce que "les choses se fassent, pas parce qu'on a promis les choses". 

Elle insiste même désormais pour "tenir compte de l'évolution de ce qui s'est passé entre la promesse et le moment où on la réalise", faisant allusion aux investissements de mise aux nouvelles normes et de sécurisation réalisés depuis dans la doyenne des centrales françaises.
La ministre s'est retranchée derrière "l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) [qui] nous dira, au moment où il faut fermer, quels sont les réacteurs les plus dangereux ou ceux qui nécessitent le plus lourd investissement public. Est-ce que c'est Fessenheim ? Est ce que c'est d'autres réacteurs ?" Royal en est encore à "regarder" la question...
"À ce moment-là, en fonction de la proposition de l'entreprise (EDF), on examinera la situation et EELV, comme nous, examinera aussi la situation en fonction de la réalité de ce qui est dit par l'Autorité de sûreté nucléaire", a-t-elle conclu.

Jeudi,  Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement Valls n'avait pas exclu non plus le maintien en activité de la centrale nucléaire de Fessenheim, se contentant d'observer que celle-ci ne figure "pas dans la loi" sur la transition énergétique. La fermeture de Fessenheim a toutefois été promise par François Hollande et confirmée après son élection en 2012. 

lundi 21 octobre 2013

EDF relance le nucléaire au Royaume-Uni

Une entreprise française -publique à 84.48%- délocalise le nucléaire...

Silence dans les rangs  de l'écologie radicale


La centrale nucléaire de Hinkley Point, 
dans le sud-ouest du Royaume-Uni
Le géant français de l'électricité a officialisé l'accord avec le gouvernement britannique portant sur la construction de deux réacteurs de type EPR au Royaume-Uni. Un investissement chiffré à 18,9 milliards d'euros dont se félicite EDF. 
De l'autre côté de la Manche, des doutes sont émis quant à sa capacité à rentrer dans les temps et dans les budgets. 

EDF construira  deux EPR, le puissant réacteur nucléaire de 3ème génération, au Royaume-Uni. 

L'accord officiel de principe entre David Cameron et Nicolas Sarkozy de mars 2012 arrive  à la mise en oeuvre. 
S'il était attendu, l'accord entre EDF et Londres était pendant un long moment bloqué par certains verrous financiers et politiques, liés notamment à l'arrivée de la gauche socialo-écolo
Il faut dire que de l'autre côté de la Manche, on s'inquiétait des déboires d'EDF lors de la construction de l'EPR de Flamanville : la propagande altermondialiste mettait en doute la capacité d'EDF à construire un réacteur similaire en Grande-Bretagne, en rentrant dans les délais et dans les budgets

En coopération avec Areva et deux groupes nucléaires chinois

Le géant français de l'électricité va donc construire deux EPR sur le site nucléaire d'Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Le consortium sera piloté par EDF, mais il inclut également deux groupes nucléaires chinois, CGN et CNNC, qui détiendraient à eux deux 45% à 50% du projet, et aussi Areva, qui en détient 10%. 

Initialement, c'est l'entreprise Centrica qui devait se partager les coûts avec EDF, mais
l'envolée du prix de construction de l'EPR de Flamanville, ainsi que celui que construit actuellement EDF en Finlande, a fini de convaincre Centrica de se retirer, en janvier.  

Finalement,
EDF s'est donc retrouvée à négocier avec deux entreprises chinoises qu'elle connaît bien. Le groupe nucléaire français collabore depuis trente ans avec CGN, et depuis 2009, ils construisent ensemble deux EPR à Taishan, en Chine.

Les derniers verrous financiers ont sauté


Bouygues TP et Laing O’Rourke
devraient réaliser la partie génie civil
de la centrale nucléaire Hinkley Point C
 
Dans les clous depuis longtemps, l'accord a trouvé le moyen du déblocage financier. Le gouvernement britannique souhaitait avoir toutes les garanties possibles, au vu de l'énormité de l'investissement (14,5 milliards de livres, soit 16,5 milliards d'euros). D'où la présence des groupes chinois. 

Pour sa part, EDF souhaitait un prix garanti de vente de l'électricité nucléaire. Plus faible que le coût souhaité par le géant du nucléaire français, Londres devrait tout de même assurer un prix garanti de l'électricité entre 89,50 et 92,5 livres par mégawatt/heure. Un accord de ce type est appelé "contract for difference" : il implique que si le prix sur le marché de gros est inférieur à ce niveau, c'est l'électricien qui touchera la différence; s'il est supérieur, il reversera le bénéfice. A l'heure actuelle, le prix fixé est deux fois supérieur au prix de gros actuellement pratiqué outre-Manche. 

Il apparaît que David Cameron n'avait pas vraiment le choix : son parc nucléaire vieillissant le pressait de bouger. Autre requête d'EDF : déterminer la durée de cette garantie de prix. EDF voulait que ce prix garanti dure 40 ans. Le groupe en aura finalement obtenu 35. 

Un chantier d'une importance considérable

Un accord de ce type doit encore être validé par la Commission européenne. Mais ces détails très techniques n'occulteront pas l'essentiel : l'accord entre EDF et le gouvernement anglais est un événement marquant dans le contexte actuel. 

Plus de
deux ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, le nucléaire reprend donc sa marche en avant. En Grande-Bretagne, c'est le premier EPR construit depuis celui de Sizewell B en 1995. 

Cet accord avec EDF vient par ailleurs renforcer l'importance du groupe français de l'autre côté de la Manche, où EDF est déjà le n°1 en terme d'énergie depuis qu'il a racheté un groupe nucléaire anglais.

L'accord est censé être gagnant pour toutes les parties : EDF, qui renforce sa position, le Royaume-Uni, premier marché nucléaire en Europe, mais aussi la Chine, où l'on construit actuellement 35 réacteurs de technologies de toutes provenances, ce qui correspond à la moitié des réacteurs bâtis dans le monde.
25.000 emplois pour la Grande-Bretagne

La France ne s'y est pas trompée, l'Elysée publiant ce matin un communiqué dans lequel elle se félicitait de l'accord avec le Royaume-Uni

Outre-Manche, le gouvernement britannique était lui aussi ravi de la décision. "Cet accord représente 16 milliards de livres d'investissements futurs pour la Grande-Bretagne et la création de 25.000 emplois, soit d'excellentes nouvelles pour la région du Sud-ouest et pour le pays tout entier", a souligné le premier ministre britannique David Cameron, cité dans un communiqué d'EDF.

"Pour la première fois, une centrale nucléaire dans ce pays n'aura pas été construite avec l'argent du contribuable britannique. Cela nous permettra de renforcer et sécuriser notre modèle énergétique, grâce à une source d'électricité sûre, fiable et produite sur notre territoire", a abondé le ministre britannique de l'Energie, Ed Davey. 
Demande d'électricité au Royaume-Uni, à 7% nucléaire

De son côté, le PDG d'EDF, Henri Proglio, a souligné lors d'une téléconférence qu'il s'agit d'un "moment clef dans l'histoire d'EDF", dans le prolongement du rachat de l'exploitant du parc nucléaire britannique British Energy qui a fait du groupe français le 1er producteur d'électricité outre-Manche. "Cela va contribuer à définir le paysage énergétique de demain, basé sur des sources faiblement émettrices de CO2", a-t-il mis en avant.

Les deux EPR de Hinkley Point C devraient à eux seuls couvrir jusqu'à 7% de la demande d'électricité au Royaume-Uni. Leur construction permettra de compenser l'arrêt prévu dans les dix ans d'une série de centrales électriques au charbon et de réacteurs en fin de vie. 
De plus, ils devraient aider Londres à remplir ses ambitieux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

mercredi 5 décembre 2012

EPR, TGV Lyon-Turin, NDDL: les Verts gèlent tout

La gauche, terrain de la querelle des Anciens et des Modernes

Les Verts déraillent entre Lyon et Turin

En présence du président François Hollande, du chef du gouvernement italien Mario Monti et du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, les ministres des Transports de la France et de l'Italie ont signé lundi à Lyon une "déclaration commune " pour la réalisation du projet controversé de liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin. Sa mise en service est prévue pour 2028, malgré l'opposition de plusieurs centaines d'opposants au projet.



Lien PaSiDupes - " Les activistes 'conservateurs' bloquent les vacanciers SNCF en Savoie : la piste des opposants à la ligne TGV Lyon-Turin est étudiée par les gendarmes

Contre le chômage, le pouvoir socialiste en est resté à une politique de grands travaux 

Critiqué en France par la Cour des Comptes, le coût total du chantier est évalué à quelque 25 milliards d'euros. La question du financement est "complexe dans une période de contraintes budgétaires", reconnaît-on côté français, admettant que si le budget européen pluriannuel 2014-2020 n'était pas adopté, il faudrait se montrer "créatif". 

"Autoroute ferroviaire" pour un million de camions
Aucune précision n'a été donnée quant à la répartition de la prise en charge des 8,5 milliards à la charge des pays, l'Italie (qui serait de 2,9 milliards d'euros) et la France (2,2 milliards), le reste étant en principe apporté par le budget européen (soit 40%).
Selon ses concepteurs, cette "autoroute ferroviaire", combinant fret et trafic voyageurs, devrait permettre à terme de retirer de la route au moins un million de camions par an et de raccourcir le trajet Paris-Milan à un peu plus de 4 heures contre 7 actuellement.


Au même moment, plusieurs centaines de manifestants hostiles au projet se se sont rassemblés dans le centre de Lyon. Les organisateurs ont dénoncé la retenue de plusieurs cars de militants italiens sur la route.

Il faut pourtant rappeler que le ferroutage était une volonté du ministre communiste des Transports, Jean-Claude Gayssot.
Lien PaSiDupes  - Le ferroutage, un système d'avenir : Le ferroutage, une alternative écolo au chantage des syndicats de transporteurs
Autre lien PaSiDupes - La CGT veut faire dérailler le programme de ferroutage initié par Gayssot (PCF) : Nouveau plan pour sauver le fret ferroviaire
L'ambiance restait tendue, sur fond de crainte d'une convergence entre cette lutte et celle contre Notre-Dame-des-Landes.







EPR de Flamanville: Cohn-Bendit réclame un "arrêt immédiat"

Le sexagénaire fait obstacle à toute modernité
Eurodéputé Europe Ecologie-les Verts (EELV) de 67 ans, Dany-le-Rouge a demandé un arrêt immédiat de la construction du réacteur nucléaire EPR


Avant lui, plusieurs écologistes archaïques, des élus EELV, le vulgaire Noël Mamère, la petite teigne François de Rugy et Ronan Dantec, élu de ...Nantes et patron dans ...l'événementiel, ont demandé d'arrêter l'EPR

Joly-Duflot 
à la manif anti-nucléaire
 du 15.10.2011
Il prend prétexte du surcoût. 
Après l'annonce d'un surcoût de 2 milliards d'euros pour ce projet de Flamanville (Manche), le responsable Verts lance dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France mercredi : "Il faut arrêter maintenant !" "Il faut dire la vérité aux Français: nous n'en avons plus les moyens"
Evoquant aussi la ligne de train à grande vitesse Lyon-Turin ou l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes près de Nantes, il insiste: "la situation de nos finances doit rouvrir le débat sur ces projets"

Mais M. Cohn-Bendit est revenu de tout. 
Aigri, ilprécise "être aujourd'hui en marge de ce parti". "Je ne parlerai plus en tant que personnalité d'EELV. Nous avons trop de désaccords".

NDDL: décision de démolition des cabanes devant le tribunal



Alors que Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, parle d'un "kyste"  pour désigner les occupants du site et affirme qu'il est "hors de question de le laisser s'installer", sur le terrain, on débat sur la définition de " construction illicite " et l'avocat du préfet joue le pourrissement demandant au juge des référés d'assigner Ago, la société Aéroport du Grand Ouest, à la démolition. "En tant que propriétaire du terrain, Ago devrait s'occuper de la démolition et de l'expulsion des opposants".
NDDL: ce que, 
non sans mépris,
ils appellent  "cabane"

Une pirouette juridique: "C'est une instrumentalisation pure et simple de la justice", déclare Me Erwan Lemoigne, avocat du propriétaire. Le jugement a été mis en délibéré au mardi 11 décembre. Un délai "surprenant" pour Me Lemoigne et les opposants écologistes. "Nous sommes en route pour la victoire. Ce sera dur et long", martèle Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, principale association d'opposants, à la sortie du tribunal.
Rien que ça !

La décision du tribunal ne comble pas totalement les militants soutenus par le sénateur EE-LV Ronan Dantec, vice-président de la commission du développement durable, des infrastructures, de l'équipement et de l’aménagement du territoire au Sénat et pourfendeur du projet de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). "Cette décision, c'est un répit. Mais ce qui s'est passé aujourd'hui démontre que l'indépendance entre le pouvoir, la société privée Vinci et la justice reste à prouver".