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samedi 22 janvier 2011

Le syndicalisme, activité principale des enseignants ?

Pénibilité : les profs sont-ils exposés à une addiction syndicale ?

La FSU est de toutes les actions de rue, grèves et mouvements syndicaux

Les enseignants de gauche militent contre les monopoles

La Fédération syndicale unitaire (FSU, issue de la FEN) jouit pourtant d'une position syndicale hégémonique sur l'ensemble des trois fonctions publiques d'Etat, hospitalière, territoriale, avec 162 000 adhérents, soit 88 % d'enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur, et le reste en agents (techniques, ouvriers et de services), en infirmier(e)s et conseiller(e)s de santé, en personnels de l'administration pénitentiaire, des affaires culturelles et sportives, de l'équipement, de l'agriculture ou de Pôle Emploi, par exemple. Ce monstre tentaculaire a même absorbé des syndicats « hors Éducation nationale », notamment après le conflit sur les retraites du printemps 2003. Ce sont le plus souvent des militants ou des syndicats radicaux appartenant au courant oppositionnel de la CFDT, qu'ils jugent trop portée sur le dialogue. Comment s'étonner que la FSU soit l'un des principaux moteurs de l'actioncontestataire de l'opposition, mais comment comprendre que cette fédération protéiforme obtienne aussi peu de résultats ?

Cinq tendances se disputent la maîtrise de la Fédération

Les plus nombreux sont proches du PCF. Au deuxième rang, on trouve les trotskistes anarcho-syndicalistes proches de la LCR/NPA. Quant aux anarcho-révolutionnaires, ce sont encore des trotskistes sécessionnistes et qui se réclament de SUD et d'Olivier Besancenot. A ne pas confondre avec les trotskisants du Front unique (FU), distinct de 'Pour la reconquête d'un syndicalisme indépendant' (PRSI), des survivants du Parti des Travailleurs (PT, devenu POI, des trotskistes lambertistes de Daniel Gluckstein et Gérard Schivardi ), dont certains dirigeants du PS furent des militants: Jean-Christophe Cambadélis, David Assouline et Lionel Jospin.

Les enseignants sont esclaves de leur activisme compulsif

En juin 2008, seulement trois syndicats sur huit mais la FSU, appellent à faire grève et à manifester contre un projet de loi visant à encourager la mobilité des fonctionnaires.

Dès la rentrée 2010, les enseignants annoncent qu'ils travailleront à plein temps à étendre et généraliser les grèves et manifestations: le 7 septembre 2010, les instituteurs du SNU-ipp (FSU) sont déjà disponibles et lancent un mouvement, repris le 23 septembre. En octobre 2010, les enseignants manifestent le samedi 2 octobre et font grève le 12 avec SUD et la reconduisent le mardi 19.
Faut-il créer un service hospitalier dédié aux syndicalistes enseignants ?

L'addiction de la FSU à la grève

A 25 organisations, le collectif a peu mobilisé ce samedi

Les principaux syndicats d'enseignants devaient servir de socle aux manifestations organisées samedi dans plusieurs départements de France contre les 16.000 suppressions de postes prévues à l'Education nationale en septembre.
A Paris, la manifestation a rassemblé 5.000 personnes selon la FSU, du jardin du Luxembourg aux abords du ministère de l'Education nationale. La préfecture de police a en comptés deux fois moins...

Les enseignants n'ont pas appris la leçon de 2010. " C'est un début de mobilisation. Les attaques contre l'Education nationale sont tellement fortes qu'il faudra mobiliser dans la durée", a réagi la secrétaire générale de la FSU Bernadette Groison. "On n'arrivera pas à faire une rentrée dans de bonnes conditions en septembre", prévoit-elle comme au printemps 2010.


Luc Chatel

doit rendre

immédiatement

leurs vêtements

à Patrick Gonthier
et Bernie Groison




Patrick Gonthier, lui, a visiblement tout son temps.

Le secrétaire général de l'UNSA-Education avoue une "mobilisation en demie-teinte".
"Les personnels nous disent: 'on a fait des grèves et des manifs mais on n'a rien obtenu'. Alors il y a une grosse interrogation sur les modes d'action", admet-il encore.

Mais le patron de l'UNSA Éducation, issue de la FEN (Fédération de l'éducation nationale) a besoin d'une nouvelle dosette. "Il y a un scepticisme, pas une défiance. Il faut prendre le temps d'argumenter, d'expliquer, sinon on va droit à l'échec. Entrer dans une contestation sur le moyen terme et poser mars et les cantonales comme base d'action".

Qui désintoxiquera les profs ?


Le collectif envisagera en effet une nouvelle dose lundi

Accro, la Fédération syndicale unitaire (FSU) souhaite également une grève en février avant une "mobilisation nationale en mars".

Dès jeudi, la FSU, avait appelé à la réussite de la journée d'actions de ce samedi et formellement annoncé qu'elle appelerait à une journée de grève "avant les congés de février" ainsi qu'à une "manifestation nationale en mars". Avant qu'elle ait eu lieu, la FSU savait que la journée à venir "devra se prolonger pour imposer d’autres choix pour le service public et laïque d'éducation", écrivait la FSU.

mardi 17 février 2009

Guadeloupe : mieux connaître l’UGTG et LKP

Des indépendantistes anti-libéraux

L'Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) est une organisation syndicale guadeloupéenne, fondée le 2 décembre 1973.
Aujourd'hui l'UGTG, qui a obtenu 51.67% des voix aux élections prud'homales du 03 décembre 2008; soit une progression de 4 points par rapport aux prud'hommes 2002, vient loin devant les autres organisations syndicales guadeloupéennes, telles que la CGTG 20% et la CTU 9%.
En décembre 2008, ce syndicat à la tête de trente et une organisations revendiquait la hausse du pouvoir d'achat et la baisse de 50 centimes des prix du carburant. Les objectifs ne sont-ils pas atteints ?

Qui trouve grâce aux yeux des gros bras de l’UGTG ?

LKP
- Liyannaj Kont Pwofitasyon
;
NPA - Nouveau Parti Anticapitaliste ;
PG - Le Parti de Gauche ;
POI - Le Parti Ouvrier Indépendant

L'UGTG s'est prononcée pour l'indépendance
Dès sa création, le 2 décembre 1973. Et cela quoi qu'en dise Christiane Taubira, une proche de S
a Cynique Majesté Royal, laquelle a manifesté au début de ce mois un nouveau désir d'avenir à l'Outre-Mer au sein du nouveau PS...

La stratégie de conquête de l'UGTG
Reprenant la méthode de l'encerclement des villes par les campagnes, elle s'est d'abord implantée dans le milieu des ouvriers agricoles, puis ses cadres se sont établis dans le mouvement des travailleurs pour développer l'UGTG. Syndicat alors minoritaire, il s'est fait connaître par la radicalité de ses revendications, par la fermeté des actions de grève de longue durée, en s'imposant par des piquets dissuasifs et a acquis une popularité dans les luttes gagnantes qu'elle a engagées.
Cela a fini par modifier les rapports qu'entretenaient avec elle les autorités et le patronat qui ont dû reconnaître ses délégués syndicaux et signer avec eux des protocoles de fin de conflits, puis des accords d'entreprise et de branches avant que la Chambre de Commerce ne la reconnaisse comme représentative sur l'ensemble du territoire.
En 1997, pour la première fois, l'UGTG a présenté des candidats aux élections prud'homales. Le 3 décembre 2008, elle a obtenu 52% des votes exprimés pour désigner les nouveaux conseillers des prud'hommes.

C'est dans le contexte qui précéda le déclenchement de la grève générale que l'UGTG avec d'autres mouvements culturels associatifs et politiques a créé le collectif LKP autour d'une plate-forme unitaire de la lutte contre la vie chère et la dénonciation de la surexploitation dont les grands groupes de distribution et d'importation sont les bénéficiaires exclusifs. Ce sont ces mêmes groupes qui dirigent le commerce, la distribution, l'importation automobile (Hayot et
Despointes Lauret, Blandin), l'hôtellerie (Vion); la presse quotidienne (Hersant).

Dans les quinze dernières années, les idées et méthodes de l'UGTG se sont propagées dans de nombreux milieux, en dehors même de la sphère syndicale. De très nombreuses associations se sont organisées autour de la défense de la langue créole, de la musique locale, du théâtre, des arts plastiques, de l'écologie et de l'économie locale durable, de l'artisanat, des toutes petites entreprises, etc. Le mouvement populaire est influencé par un syndicalisme qui a fait exploser ses propres frontières revendicatives pour agréger toutes les forces progressistes et identitaires.

L'UGTG influence de façon significative le mouvement universitaire et enseignant et les associations culturelles.

En plein mouvement de grève, LKP et
Elie Domota ont pris le temps d'organiser une rencontre avec la jeunesse: un millier de jeunes lycéens, étudiants, employés et ouvriers ont dialogué sur sa plate-forme en 148 points et sur les perspectives que réservait le mouvement aux jeunes Guadeloupéens qui veulent "vivre et rester au pays". De même les meetings-concerts de LKP bénéficient du soutien bénévole des artistes les plus populaires de la Guadeloupe, des slameurs, poètes, et groupes de Gwoka.

Au lieu de s'enfermer dans son statut d'organisation syndicale hégémonique, l'UGTG a d'abord réussi à créer un front syndical unitaire, notamment avec la CGTG (qui a rassemblé 19 % des suffrages aux élections prud'homales ; non affiliée à la CGT mais coopérant avec la centrale de Montreuil), et avec la CTU (une scission de la CFDT, 9% aux élections prud'homales). Elles tiennent toute leur place au sein de LKP. Plus encore, l'UGTG a voulu affirmer sa volonté d'assumer l'ensemble des revendications des forces culturelles et sociales qui défendent l'identité guadeloupéenne. C'est cette orientation qui lui a permis d'entraîner dans un front uni les autres organisations syndicales représentatives (à l'exception de la CGC) avec la majorité des forces politiques et associatives identitaires du pays.
Cette large mobilisation culturelle, sociale et identitaire fait que le patronat et ses organisations, ainsi que les autorités territoriales et l'Etat, ne se retrouvent pas dans un face-à-face avec une seule organisation syndicale mais avec tout un peuple qui affirme sa dignité. Cette unité populaire s'adosse à la lutte contre la vie chère, pour la baisse du prix du carburant, pour l'augmentation immédiate de 200 euros pour les bas salaires; mais elle va bien au-delà. Il serait grand temps que les décideurs économiques et les représentants des autorités politiques nationales, régionales et municipales le comprennent.

Mobilisation extrémiste
Depuis le 29 janvier, la mobilisation s'est maintenue. Le secrétaire d'Etat,
Yves Jégo, est arrivé le 4 février. Il a pensé qu'en faisant des concessions aux gérants des stations-service cela permettrait, une fois les cuves de nouveau pleines, comme ce fut le cas en France en 1968, que chacun retourne à ses occupations et que les entreprises et les commerces rouvrent leurs portes. Les grandes surfaces, qui appartiennent aux grands groupes, l'espéraient. La présence de forts contingents de la police et de la gendarmerie à leurs portes les y encourageaient. Des piquets de grève déterminés les ont démentis.
Après une journée d'accalmie, le mouvement s'est durçi
sous le prétexte du départ d'Yves Jégo pour consultation auprès du chef de gouvernement. Par sa voix, le gouvernement déclare que les augmentations des bas salaires ne pourront être réglées que par la négociation directe entre syndicats et employeurs, puisqu’il n’est pas compétents sur ce sujet dans le secteur privé.
Déclenchement de la grève générale en Martinique : effet d’aubaine venu de la Guadeloupe

La grève approche de sa deuxième semaine en Martinique
. Des syndicalistes de la Guyane peuvent aussi rejoindre à tout moment un mouvement d'ensemble qui risque ainsi de se propager dans les "départements français d'Amérique".

Le mouvement vire au chantage
On peut craindre que l'exaspération de la majorité de la population prise en otage n’amène des affrontements, mais aussi que l'esprit de négociation soit vicié par des provocations extrémistes qui manient la rhétorique du discours colonial et instrumentalise les répressions du passé, ce qui est déjà en gestation, comme on peut l’observer ci-dessous. Les 144 revendications peuvent être satisfaites à moyen et long terme. Les plus immédiates (baisse des prix à la consommation, baisse des prix des carburants, augmentation de 200 euros par mois sur les bas salaires) ont déjà trouvé une réponse effective, mais l’UGTG relève la barre toujours plus haut à chaque nouvelle mesure.

Des appels à la raison et donc à des négociations vraies porteront-ils leurs fruits ? Ou la Guadeloupe se changera-t-elle en département bananier ?

Littérature de l’UGTC

Guadeloupe en lutte :
Appel de l’UGTG
mercredi 28 janvier 2009


Le 26 janvier 2009 : Le pouvoir colonial français s’apprête à réprimer les travailleurs, la jeunesse, le peuple de Guadeloupe avec leurs organisations.

A l’appel de 47 organisations syndicales, politiques, d’associations de consommateurs, d’associations populaires et culturelles un mouvement de grève générale a commencé le 20 janvier 2009, exprimant ainsi le mécontentement général des masses laborieuses, un ras le bol général contre les souffrances auxquelles elles sont confrontées.( …)
Au nom du droit des travailleurs et du peuple de Guadeloupe à se battre pour leurs légitimes revendications nous faisons un appel à la solidarité internationale.


Secrétaire général de l’UGTG
Elie Domota

Littérature de LKP

Le LKP est de ces groupes politiques minoritaires, successifs et divers qui se sont réclamés de l'autonomie ou de l'indépendance, quels que soient les aléas statutaires envisagés depuis la départementalisation.

A l'exception des partis de gouvernement de droite et de gauche, LKP rassemble dans un seul collectif les représentants désignés de 48 organisations regroupées sur une plate-forme commune comprenant 146 revendications, notamment contre la vie chère. En clair, le LKP n’est pas républicain.

COMMUNIQUÉ DE LKP
Lundi 16 février 2009 : répression & passages à tabac !!!

COMME IL L’AVAIT PROMIS JEGO A DÉCIDÉ DE RÉPRIMER LKP ET LE PEUPLE DE GWADLOUP. EN CE SENS, LES FORCES DE REPRESSION TABASSENT A TOUT VA. ILS ONT DÉJA ARRETÉ UNE DIZAINE DE PERSONNES AU GOSIER ET DEUX A SAINTE-ROSE, MANIFESTANTS OU NON. EN PLUS TOUT UN BATAILLON ENCERCLE EN CE MOMENT UNE CINQUANTAINE DE PERSONNES (MANIFESTANTS OU NON) TOUJOURS SUR LE GOSIER LES ENSERRANT DE PLUS EN PLUS AVEC L’INTENTION BIEN DECIDEE DE FRAPPER ET D’ARRÉTER.

Propagande de la CNT

Quels sont les précédents en termes de luttes aux Antilles ?

Avant guerre le grand évènement social survient avec l’assassinat d’André Aliker, le rédacteur du journal communiste « Justice » qui dénonçait la corruption et les exactions des békés. Ses funérailles, en 1935, amèneront une foule immense tout le long du cortège. Quelques mois plus tard, à la faveur du Front Populaire, le premier syndicat est créé, la CGTM.
C’est de cette époque là que date les premières lois du Travail en Martinique, pas souvent appliquées.


On se bornera ici - la liste serait longue ! -, évoquant les cinquante dernières années en Martinique, à rappeler, les grèves et les émeutes de 1959, où les forces de l’ordre feront acte d’une violence inouïe ouvrant le feu sur les manifestants. Ce qui amènera le conseil municipal de Fort-de-France - dont le maire était Aimé Césaire depuis 1945 - à évoquer la sécession d’avec la métropole. Enfin on évoquera ici la répression de la grève des ouvriers de la bananes de février 1974, où, d’hélicoptères,les CRS tirèrent sans sommation à la mitrailleuse sur les manifestants. Il y eut plusieurs morts et blessés. Le chanteur Kolo Bart évoque aujourd’hui avec talent ce dramatique évènement dont on vient de commémorer les 25 ans.

Quel est le panorama syndical à la Martinique ?

Il y a, comme en métropole, une multitude de confédérations. Mais elles sont en général spécifiques à la Martinique. En Guadeloupe c’est un peu différent.

CGTM : Confédération Générale du Travail Martiniquaise, influencé au départ par les communistes.
CSTM : Confédération Syndical des Travailleurs Martiniquais. Pulvar en était un militant très actif.
CDMT : Confédération Démocratique Martiniquaise du Travail. Scission de la CFDT- Son leader est à la IVe Internationale (trotskyste - LCR). Met en avant la gestion directe par les travailleurs eux-mêmes. Veut organiser un congrès des travailleurs pour proposer un autre type de société.
UGTM : Union Générale des Travailleurs de Martinique. Indépendantiste, anti-colonialiste. En essor, même s’il n’est pas au même niveau que l’UGTG de Guadeloupe qui est devenu là-bas, semble t-il, la première force syndicale.
FO : même syndicat, rattaché à la métropole.
FEN-UNSA : le plus gros syndicat de l’enseignement (sauf dans le secondaire). Très cogestionnaire.
FSU : minoritaire, sauf dans le secondaire avec le SNES.
CFDT : très minoritaire
SUD-PTT : très minoritaire

Comment s’organise le mouvement populaire en Martinique ?

Il y a les CNCP, comités de base de quartier, nationalistes et anti-colonialistes très proche du MIM dont le leader, Alfred MARIE-JEANNE est président du Conseil Régional.

Les syndicats,
quelle que soit leur étiquette, apparaissent relativement plus puissants qu’en métropole. Et leur unité, dans l’action, se fait spontanément. Ce qui amène vite une action de masse et une cohésion.

Quel est en particulier le poids du syndicalisme indépendantiste ? La spécificité de ses revendications ?

Il a tendance à s’affirmer de plus en plus. Surtout à la Guadeloupe où l’UGTG a recueilli 51% des suffrages aux élections prudhommales. Ses méthodes sont radicales, rappelant celles du syndicalisme nord-américain. Il ne fait pas bon s’opposer à la grève quand ils l’ont déclenché. Les commerçants et les patrons qui n’obéissent pas à ses consignes le paient cher. Et en général on obtempère toujours aux consignes de l’UGTG. A chaque grève ils incitent fermement les salariés qui ne sont pas encore affiliés à prendre la carte .

L’UGTG, comme l’UGTM, mettent la culture et l’identité créole en avant, la lutte contre le colonialisme et les békés. Ils veulent développer une polyculture permettant d’atteindre l’auto-suffisance. Même chose pour l’industrie : créer sur place ce qui nous manque.

Olivier Besancenot doit se rendre en Guadeloupe vendredi.

vendredi 13 février 2009

Guadeloupe : la crise internationale, tremplin indépendantiste

La gauche instrumentalise la crise économique à des fins politiques

La situation en Guadeloupe

La station Total de Grand-Camp est fermée, mais la pompe Esso après le pont de la Gabarre aussi, comme celle de la Jaille et pas plus de chance avec Texaco à Gosier, Vito à Moudong ou Wipco à Houelbourg. Depuis le 20 janvier que la grève générale a été lancée, trouver de l'essence remplace tout autre sport, fusse-t-il le saut de haies ou le football.
Le 19 janvier 2009 , 46 organisations syndicales, professionnelles et politiques appelaient à une grève reconductible à partir du mardi 20 pour « exiger la baisse des prix de tous les produits de première nécessité, des impôts et taxes » et du carburant — une des revendications des est la baisse « immédiate » de 50 centimes du prix des carburants. La quasi-totalité des 115 stations-service de la Guadeloupe, exigeant l'arrêt de l'implantation de toute nouvelle station-service, n'ont pas ouvert à la suite du mot d'ordre de fermeture illimitée lancé par l'organisation professionnelle de leurs gérants. Début décembre, au moment des élections prud’homales (le 3/12),des barrages routiers, élevés pour protester contre le prix des carburants, avaient déjà paralysé l'île pendant quatre jours, ils avaient été levés le 11 décembre, après l'annonce d'une baisse des prix des carburants par le secrétaire d'État à l'Outre-Mer Yves Jégo.

Le LKP (Liyannaj kont' pwofitasyon)

Le Collectif contre l'exploitation, qui regroupe une cinquantaine d'organisations, a lancé ce mouvement social, mais son intransigeance obtuse ne permet pas d’entrevoir une issue.
La peur s’étend dans le département.
Dans les files d'attente des stations, on est bousculé par des gros bras de l'UGTG (Union générale des travailleurs de Guadeloupe), à l'origine du collectif. Une employée de station service a reçu des menaces pour avoir laissé passer son patron, un "blanc-pays". "J'ai eu honte. Ce n'est pas mon pays, ça. Réfléchissons à notre ‘en noir et blanc’ ". Les commerçants sont forcés de baisser leurs rideaux de fer et des hommes passent vérifier que les consignes sont suivies.
Mais la députée radicale Taubira n’a rien à ajouter au commentaire d’un délégué FO qui souhaite, ce matin, le retour à Paris des deux médiateurs du gouvernement qu’il juge incapables, car ignorants, selon lui, des problèmes locaux. En somme, pourquoi réclamer le soutien de Paris, si par définition les métropolitains ne peuvent régler les problèmes antillais.

Le cœur du problème

Est-il donc véritablement une augmentation générale des salaires de 200 euros, assortie d’une baisse des prix pétroliers et alimentaires ? Certes. Et nul doute que le LKP reconnaît cette compétence-là au gouvernement, mais il cherche surtout à profiter de la crise, qui exacerbe les problèmes de pouvoir d’achat, pour faire avancer la cause des extrémistes.
Politisation
Le 21 janvier 2009, la mobilisation contre « la vie chère » se durcit avec l'organisation d'« opérations de mobilisation active visant à démontrer la résolution des manifestants ». Les organisateurs se sont associés pour la circonstance dans un « Komité kont pwofitasyon » (Comité contre la profitation) regroupant des partis et organisations politiques de gauche (PC guadeloupéen, MoDem, Les Verts, entre autres) et des associations culturelles militant pour l'identité créole.

Les partis et syndicats attisent le conflit depuis la métropole.
Mailly (FO) clame son soutien depuis Paris à ses hommes du LKP et la radicale Christiane Taubira, qui voit une ‘humiliation’ dans le voyage-éclair du Secrétaire d’Etat à l’Outre Mer pour rendre compte à Paris.

Exemples contradictoires de propagande de l’UGTG
Tout et son contraire, la plus grande confusion :
1- COLLECTIF LIYANNAJ KONT PWOFITASYON
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Le Collectif LIYANNAJ KONT PWOFITASYON apporte un démenti formel aux allégations de Mme ALLIOT-MARIE, Ministre chargée de l’Intérieur, selon lesquelles un accord serait intervenu pour la plupart des points contenus dans la plate-forme de revendications du LKP.
Le Collectif LIYANNAJ KONT PWOFITASYON réaffirme, QU’AU CONTRAIRE, il n’y a aucun point d’accord notamment en ce qui concerne le relèvement de 200 € des bas salaires, des retraites et des minima sociaux, la baisse du prix de l’essence et des produits de première nécessité.
Le Collectif LIYANNAJ KONT PWOFITASYON appelle les Travailleurs et le Peuple de Guadeloupe à poursuivre plus que jamais la grève générale déclenchée le Mardi 20 Janvier 2009.
LA GREVE CONTINUE
Pour le Collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon
Elie DOMOTA
Lapwent, 06 Févriyé 2009.

2- Mais, le 12/02/09, l’UGTG écrit : « Après 24 jours de grève générale, la mobilisation du Peuple Guadeloupéen contre les pwofitasyon ne faiblit pas. Le Ministre JEGO a pris la fuite dimanche 8 février et a provoqué la rupture des négociations alors que nous étions sur le point de signer un accord sur les 200 € d’augmentation de salaire »…

De plus, le secrétaire national du Parti des travailleurs (PT, autodissous), devenu Parti ouvrier indépendant (POI), est sur le coup
Le directeur de campagne de Gérard Schivardi (candidat à la présidentielle 2007 qui a obtenu 0,34 % des suffrages exprimés, maire de Mailhac dans l’Aude) s’intéresse aux Guadeloupéens et leur écrit. Extrait :
« L’Entente Internationale appelle tous les travailleurs, les militants, les organisations ouvrières et démocratiques à apporter leur soutien aux travailleurs et aux organisations guadeloupéennes en lutte et à exiger des autorités françaises qu’elles renoncent à faire obstruction à la libre négociation et donnent satisfaction à leurs justes revendications.
Daniel Gluckstein Coordinateur de l’Entente Internationale des Travailleurs et des Peuples.

Or, le POI regroupe des communistes et des socialistes, des anarcho-syndicalistes et des trotskistes.
Ils reconnaissance la lutte des classes, défendent la laïcité de l'école et de l'État, s’oppose à l’UE, militent pour l’indépendance réciproque des partis et des syndicats et luttent pour l’abrogation des institutions de la Ve République

Sans compter que les adhérents du POI sont aussi des syndicalistes dans les organisations issues de la première CGT : CGT actuelle, CGT-FO, FSU et Sud.
Aujourd'hui l'UGTG est un syndicat influent qui a obtenu 51.67% des voix aux élections prud'homales du 03 décembre 2008; soit une progression de 4 points par rapport aux prud'hommes 2002.
Ce score place l'UGTG loin devant les autres organisations syndicales guadeloupéennes, telles que la CGTG 20% et la CTU 9%.

On l’a compris, les agitateurs sont minoritaires mais très actifs, voire violents.
La majorité des Guadeloupéens, faut-il le préciser, désapprouve donc le mouvement, mais se tait et se terre, soumise au régime de la force et de la peur.

vendredi 29 août 2008

Eté chaud, en préambule à la rentrée sociale : incidents et incendies suspects

Dans l’Aude, le plus grave incendie de l’été en cours
En juillet dernier, 5.000 passagers de la SNCF ont subi des retards sur l’axe Paris-Bordeaux, et déjà pour des incendies : "plusieurs feux de talus en bordure des voies". Plusieurs ! Et jusqu’à trois heures de retard…
Ca aurait aussi bien pu être un arrachage de caténaire comme au jour du grand retour du long week-end du 15 août : sur le coup de midi, au plus chaud de la journée du dimanche 18, dans les Bouches-du-Rhône, à proximité de la ville traditionnellement communiste d’Aubagne. Quelque 3.000 voyageurs, selon la SNCF, ont été victimes de ces retards. Après trois heures d'interruption totale, la circulation ne reprit progressivement que sur une seule voie, seulement trois heures plus tard, ce qui entraîna d'importants retards, jusqu'à dix heures pour certains trains.
Le PDG de la SNCF Guillaume Pépy sacrifia à la mode démagogique en vigueur et présenta ses plus plates excuses aux usagers au JT du dimanche soir sur France 2. Il annonça alors une "compensation à 100%" pour tous les voyageurs ayant subi des retards sur les lignes concernées. Mais le remboursement intégral de leur billet sous forme de bons de voyage" suscita un rebond de mécontentement. La Fédération des usagers des transports (du papa de Jean-Luc Delarue) et des services publics (FUT-SP) a aussitôt dénoncé cette décision de rembourser en bons de voyages et non en argent, la jugeant "inacceptable". Contrat rempli des responsables au-delà de toute espérance. Il ne fallait pas en rester là.

C’est maintenant le début des grands retours des vacanciers de fin août et le hasard fait que des incendies démarrent dans le sud-est.
Après Poitou-Charentes et les Bouches-du-Rhône, c’est dans l’Aude que quelque 600 hectares de végétation ont brûlé dans le département de Gérard SCHIVARDI, Conseiller Général du canton de Ginestas dans les Corbières, élu du Parti ouvrier indépendant (POI), ex-Parti des Travailleurs.
Depuis jeudi après-midi, après DEUX départs de feu dans le massif des Corbières, où 400 hommes et neuf avions bombardiers d'eau continuaient vendredi matin de lutter contre les incendies. Les deux incendies, distants d'une quinzaine de kilomètres seulement et qui forment "le plus gros feu de l'été sur le bassin méditerranéen", se sont propagés rapidement, en raison "d'une forte sécheresse", a indiqué le lieutenant-colonel Alain Destainville, du Codis de l'Aude.
Un premier incendie a été signalé jeudi vers 17H30 dans une zone inhabitée du massif des Corbières. Il a détruit quelque 450 hectares de pinède et était "toujours en cours", vendredi matin d’après le Codis.
Le second incendie, qui s'est déclaré vers 22H30 à une quinzaine de kilomètres à l'ouest du premier foyer, a détruit 150 hectares pendant la nuit mais "l'évolution de la situation est favorable", a indiqué M. Destainville.
Aucun blessé et aucun dégât « important » n'ont été enregistrés dans cette région peu habitée, à proximité du village de Saint-André-de-Roquelongue, à une quinzaine de kilomètres de Narbonne, lieu de naissance de Schivardi, en 1950.

L’incendie reste donc un moyen privilégié de perturbations
Le mécontentement des Français est garanti ! Ainsi, 12 TGV ont déjà été contraints à l’immobilisation entre Monts, en Indre-et-Loire et Châtellerault, en juillet dernier, dans la Vienne : c’est en région Poitou-Charentes, présidée par Sa Cynique Majesté Royal. Une coïncidence malheureuse de plus.