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vendredi 24 mars 2017

Guyane en pleine révolte sociale : pour Hollande et Cazeneuve, ça peut attendre encore un mois ?

Violences, barrages, écoles fermées, racket...

Hollande n'a toujours pas signé le Pacte pour l'Avenir de la Guyane, promis en ...2013

La situation restait très difficile jeudi 23 mars en Guyane, paralysée par un mouvement de grogne sociale d'ampleur qui a conduit Arianespace à ajourner le lancement d'une fusée, et le rectorat à fermer les établissements scolaires jusqu'à nouvel ordre (voir la vidéo en tête de cet article).

La mobilisation des transporteurs et chefs d'entreprise a commencé le 16 mars avec l'arrivée en Guyane de la ministre de l'Environnement Ségolène Royal. Ils ont lancé l'appel de Guyane pour un déblocage du fameux pacte d'avenir appelant à la mise en place d'un véritable plan Marshall pour booster l'économie et stopper l'hémorragie.

La ministre des Outre-mer a appelé jeudi à la levée des barrages, et proposé des discussions à Paris autour de l'économie, alors que Sapin est soupçonné, de la santé, alors que Touraine est persona non grata au côté de Macron,  et de la sécurité, alors que le ministère de l'Intérieur vient de passer aux mains d'un quatrième ministre en cinq ans. 

Fonctionnaire territoriale réunionnaise, la ministre  Ericka Bareigts dit soudain vouloir aborder ces vastes sujets de revendication, sous la pression et à un mois du premier tour de la présidentielle,  et "traiter sans délai les problèmes immédiats" que le pouvoir socialiste laisse pendant depuis plusieurs semaines.


Mais en Guyane, les  manifestants, organisateurs  depuis lundi des barrages bloquants, "ont fait part de leur refus d'une négociation à Paris". Et, demandeurs mercredi d'un plan Marshall, les députés et sénateurs de Guyane, ont jugé "inconcevable de demander aux manifestants de (...) lever les blocages pour venir s'entretenir avec les cabinets ministériels dans les bureaux parisiens".
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Situation insurrectionnelle avec pénuries et appels à fermer les magasins

Le lancement de la fusée Ariane 5, vitrine économique du territoire et de la France, a été empêché par plusieurs mouvements sociaux déclenchés depuis le début de semaine. Initialement prévu lundi, le transfert de la fusée vers son pas de tir n'a jamais pu être mis en œuvre à cause d'un barrage à l'entrée du Centre spatial guyanais à Kourou et d'une grève au sein de la société Endel qui assure le transfert. Un accord a été trouvé mercredi entre la direction d'Endel et ses salariés, portant sur la revalorisation des salaires. Mais le blocage du site se poursuivant, le directeur du Centre spatial guyanais, Didier Faivre, a annoncé, après trois reports successifs, qu'il n'y aurait "pas de lancement tant que la situation sociale ne sera pas réglée".
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La mobilisation a pris une dimension plus large pour dénoncer des problèmes de santé, d'éducation, d'économie et de sécurité. Sont aussi bloqués le Grand Port Maritime, la Collectivité Territoriale de Guyane,  les axes routiers et ...la Préfecture, symbole du pouvoir. 
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Mais, certains de ces barrages, sont "sauvages" et sources de "racket", a dénoncé jeudi soir le préfet de la région Guyane, ordonnant aux forces de l'ordre de les "éradiquer". "Seuls les barrages dressés par les collectifs seront maintenus", a-t-il prévenu, validant les actions subversives de collectifs que la presse évite de caractériser. Elles sont principalement orchestrées par le syndicat UTG (Union des travailleurs guyanais)-CGT

Jeudi, plus d'une dizaine de barrages ont été érigés, bloquant plusieurs ronds-points autour des villes, comme à l'entrée de Cayenne. A l'un d'eux, des manifestants avaient installé de petits chapiteaux et jouaient du tambour. Dans un communiqué, le recteur a annoncé que les écoles, collèges, lycées sont fermés "jusqu'à nouvel ordre".

Un Boeing 777 d'Air France assurant la liaison Paris-Cayenne a dû faire demi-tour après 4 heures de vol, et un autre vol d'Air Caraïbes a été dérouté vers Pointe-à-Pitre, à la suite d'une notification de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) sur le nombre insuffisant, à l'aéroport de Cayenne en raison des blocages, de personnel de lutte anti-incendie pour assurer la sécurité des gros-porteurs. 

Certaines stations services commencent à rencontrer des difficultés d'approvisionnement en essence sans plomb, et des appels à fermer les magasins ont été lancés. 

Notamment à l'initiative de l'extrême gauche, les barrages rassemblent pêle-mêle des salariés en grève d'EDF, dont le PDG est un ami d'adolescence de François Hollande qui l'a fait nommer en 2014 par Emmanuel Macron, tandis que des personnels du centre médico-chirurgical de Kourou, inquiets d'un désengagement de La Croix Rouge qui gère l'établissement, alors que la ministre Marisol Touraine fait la morte.
Un collectif réclame un commissariat à Kourou et un autre collectif contre la délinquance, "les 500 frères", qui défilent cagoulés.
Le collectif des 500 frères a tenté de pénétrer dans l'enceinte de la base spatiale, 
en état d'alerte maximale pendant les campagnes de tir.



Cagoules, tee-shirts et pantalons noirs, uniformes anarchistes ? Depuis sa première apparition il y a deux mois à Cayenne, le Collectif "les 500 frères" contre la délinquance interpelle. 
Créé après le meurtre d’un habitant d’un quartier populaire, ce collectif constitué en réalité d’une bonne centaine de personnes propose aux autorités ses solutions contre l’insécurité record qui frappe la Guyane, territoire français le plus meurtrier, avec 42 homicides en 2016 pour 252 000 habitants. Parmi les pistes proposées, l’éradication des squats, le maintien d’un escadron de gendarmes mobiles affecté en renfort ou encore le renvoi dans leur pays des détenus étrangers pour y purger leur peine (plus de 50 % des détenus en Guyane).
"Il y a eu, depuis vingt ans, de nombreuses marches blanches contre la violence, personne n’a été entendu", explique Zadkiel Saint-Orice, l’un des porte-parole du collectif. Et pourtant, l'ex- ministre de la Justice et élue de Guyane, Christiane Taubira, se défendait avec véhémence des accusations de laxisme. "
La cagoule en plein état d’urgence, c’est juste pour attirer l’attention, faire quelque chose de différent", raconte-t-il, malgré les poings levés. Le 17 mars, à Cayenne, une quarantaine de 'frères' est entrée en force dans le bâtiment de la collectivité territoriale de Guyane (CTG) où se tenait la conférence des pays de la convention de Carthagène sur la protection des milieux marins, présidée par Ségolène Royal. Si la ministre du développement durable, entourée de ses gardes du corps, est restée stoïque, dialoguant brièvement avec le collectif, certains représentants étrangers ont eu peur, croyant à un moment à une "attaque terroriste", selon le président de la CTG, Rodolphe Alexandre.
"Nous ne sommes pas une milice, nous manifestons sans arme, avec comme seul accessoire notre cagoule", précise Zadkiel Saint-Orice, qui présente le mouvement comme non violent. Mardi, les '500 frères' ont rejoint un autre collectif, les Toukans, et le syndicat Union des travailleurs guyanais (UTG) d’EDF -Eclairage et du CMCK (Centre Médico Chirurgical Kourou), qui bloquent depuis lundi 20 mars le rond-point à l’entrée du Centre spatial guyanais, à Kourou. Les grévistes d’EDF réclament des recrutements pour combler des dizaines de postes vacants – selon le syndicat – , et des investissements dans un territoire où les coupures sont fréquentes et où des milliers d’habitants n’ont pas l’électricité.Les Toukans revendiquent le gel de la vente de l’hôpital de Kourou par la Croix-Rouge à un opérateur privé, et des mesures contre l’insécurité dans la ville. Quant au Collectif Trop violans, il dit combattre la diversification de la violence.
Des agriculteurs bloquent aussi des locaux de la Direction de l'agriculture (DAAF). Le Foll n'a encore pas décidé de faire le voyage  et les rebelles reprochent des lenteurs administratives et des refus d'aide et des transporteurs bloquent le port de Degrad des Cannes (15 km de Cayenne), inquiets de la répartition des marchés du chantier du futur pas de tir d'Ariane 6. 

Les Amérindiens ont aussi appelé à se mobiliser, notamment contre le "vol" de leur terre et un projet d'extraction aurifère controversé, ainsi que les associations de lutte contre l'orpaillage et le pillage des ressources minières.

1 commentaire :

  1. une honte... ce mouvement des "500 frères" est une honte, un camouflet à la démocratie et un retournement de veste hors norme !!! vous n'avez pas honte ??? de métropole on peut vous renvoyer la taubira mais vous la gardez, on garde le csg et on vous laisse le reste .... quoique le csg on peut vous le refiler aussi après destruction ... vous allez faire quoi les guyanais après ???? ben rien... et pour l'or, trop tard c'est pas le plus important de nos jours.

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