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jeudi 28 janvier 2016

Cour de cassation: la légalité des écoutes ne va pas de soi dans l'affaire Sarkozy-Azibert

Bras de fer entre la défense de Nicolas Sarkozy et le ministère public

La légalité des écoutes est contestée dans l'affaire qui lui vaut d'être mis en examen sur des soupçons
 
de corruption et trafic d'influence, tandis que le représentant du gouvernement préconise la validation de l'essentiel des interceptions de communications privées, jeudi devant la Cour de cassation: celles à l'encontre de l'ancien président ! ...

Dépendant du ministère de la Justice, le Parquet accuse l'ancien chef de l'État d'avoir tenté d'obtenir des informations couvertes par le secret, auprès de Gilbert Azibert, alors magistrat à la Cour de cassation, et par l'entremise de son avocat historique, Thierry Herzog. Et ce, dans le cadre d'une procédure sur la saisie de ses agendas, en marge de l'affaire Bettencourt, dans laquelle, faute d'éléments, le juge a abandonné une action judiciaire en cours de procédure et s'est résolu à un non-lieu.

Selon l'interprétation des enregistrements téléphoniques par le Parquet, N. Sarkozy devait intervenir en faveur du procureur Azibert pour qu'il obtienne un poste de prestige à Monaco, qu'il n'a pas obtenu, pour la bonne raison que le président Sarkozy n'a finalement pas intercédé.

Des "écoutes au long cours, à filet dérivant"

L'avocat de l'ancien président - et rival présumé du président sortant - dénonce "tous les fantasmes judiciaires" dont Nicolas Sarkozy est l'objet, depuis l'arrivée de Hollande à l'Elysée, comme le démontrent le harcèlement judiciaire à son encontre et la série de non-lieux, dans l'affaire Woerth-Bettencourt ou dans celle des frais de campagne: "sans surprise", commenta Libération, alors que l'ancien président avait pointé une procédure "instrumentalisée".

Ce dossier en cours trouve sa source dans de vieux soupçons de financement de la campagne présidentielle 2007 de N. Sarkozy par la Libye de Mouammar Kadhafi. Ils exploitent les dires de Saïf al-Islam Kadhafi qui évoque un financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par le régime libyen, sans fournir de preuves, trois jours avant le déclenchement de l'intervention militaire française en Libye, qui va déboucher sur le renversement de son père. Ces allégations sentent donc fort le règlement de comptes, mais la justice politique ne désespère pas d'éliminer le candidat le plus dangereux de l'opposition au régime en place. 

Par la suite, et précisément
lors de la campagne présidentielle de 2012,  Mediapart, relaya ces accusations. Nicolas Sarkozy déposa plainte contre ce journal trotskiste en ligne, pour "faux et usage de faux", "recel de faux" et "publication de fausses nouvelles", puis Mediapart déposa plainte à son tour contre Nicolas Sarkozy pour "dénonciation calomnieuse". La haine de la gauche bloque ainsi le système judiciaire depuis cinq ans, au détriment du justiciable qui se plaint des délais imposés par la justice aux citoyens.

Jeudi, Me Patrice Spinosi a étrillé l'accusation.
Les écoutes de l'ex-chef de l'État  (en activité) issues de cette "procédure souche" sont vivement contestées par la défense. Saisie par MM. Sarkozy, Herzog et Azibert, tous trois mis en examen, la chambre de l'instruction de la cour d'Appel de Paris a validé le 7 mai 2015 l'essentiel de la procédure, mais dans une décision qui apporte des "réponses brouillonnes, souvent erronées, régulièrement contradictoires", en recourant à une jurisprudence obsolète, a souligné Me Spinosi.

La chambre de l'instruction a commis des "erreurs de droit", a fait valoir Me Spinosi. Pour parachever sa démonstration et convaincre les magistrats de la Cour de cassation, il a mis en garde contre une condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l'Homme. En effet, la justice française est suspecte en Europe: l'UE a déjà tancé la France sur la lutte contre la corruption, mettant l’indépendance du Parquet en question.

Me Spinosi démonte l'argumentaire de l'avocat général qui préconise la validation de l'essentiel des écoutes et décrit une tentative de "sauvetage en règle d'un arrêt maladie, mal rédigé, mal motivé", "au prix d'un raisonnement acrobatique" par lequel la Cour est incitée à "fermer les yeux pour ne pas avoir peur du vide" du dossier.

Le premier avocat général François Cordier concède  certaines "contradictions" de la chambre de l'instruction
Il a néanmoins préconisé la validation de presque toutes les écoutes. Quand les juges d'instruction ont eu la certitude que la ligne souscrite au nom d'emprunt de Paul Bismuth était utilisée par N. Sarkozy pour correspondre avec Me Herzog, ils en ont avisé le bâtonnier, a expliqué le magistrat.

Deux écoutes doivent être annulées, admet le représentant du ministère. L'une entre N. Sarkozy et Me Herzog, son avocat, qui a, considère-t-il, été retranscrite à tort, car son contenu ne suffit pas à lui seul pour soupçonner l'avocat d'avoir participé à l'infraction.
L'autre entre Me Herzog et le bâtonnier de Paris, Pierre-Olivier Sur, lequel a porté plainte pour "violation du secret de l'enquête et de l'instruction", suite à la publication par Le Monde, organe officieux du PS, d’un extrait d’un courriel confidentiel qu’il avait écrit.

Le 2 juin 2014, les juges d'instruction avaient mené une perquisition à la Cour de cassation, lors de laquelle avaient été saisis l'avis du conseiller rapporteur et le projet d'arrêt dans l'affaire Bettencourt. Saisie "hautement détestable," en état de droit, selon l'avocate de Gilbert Azibert, Me Claire Waquet, et qui n'était pas nécessaire à la manifestation de la vérité, confesse l'avocat général Cordier. Il s'est donc prononcé pour l'annulation de la saisie de ces documents couverts par le secret du délibéré.

La Cour de cassation, où ne siégeait jeudi aucun des magistrats qui avaient eu à connaître de l'affaire Bettencourt, rendra sa décision le 22 mars.
Si elle décidait d'ordonner un nouvel examen du dossier devant une chambre de l'instruction, la procédure, qui fait planer une menace judiciaire - et démocratique - sur le droit légitime de Nicolas Sarkozy à participer à la course pour l'Élysée , pourrait être à point nommé prolongée de plusieurs mois.

Conflit d'intérêts professionnel de l'épouse du premier ministre Valls

L'ascension professionnelle de la femme du premier ministre fait du bruit 

Hier inconnue, elle est devenue importante


La violoniste Anne Gravoin est plus connue comme la femme de Manuel Valls que pour son talent. Depuis mars 2014, on la reconnaissait parfois sur les plateaux d'émissions de variétés, au pupitre des cordes frottées d'orchestres de variété. Puis, les caméras de télévisions du service public s'attardèrent sur sa personne. Et les gros plans suivirent. 
Son actualité est désormais mentionnée par la presse écrite. C'est ainsi que fut saluée sa collaboration avec Johnny Hallyday. Il aura fallu que Manuel Valls soit ministre de l'Intérieur, pour qu'Anne Gravoin perce. En juin 2012, son épouse fut propulsée à la tête de l'orchestre symphonique de 40 musiciens qui accompagna Johnny Hallyday en tournée et, dès juin 2012, Paris Match - où est salariée son amie V. Trierweiler - lui consacra un portrait. La violoniste Anne Gravoin ne s'interdisait plus rien, ce qui ne manqua pas d'interpeller la profession, notamment le chroniqueur culture du journal Le Figaro qui vient, le premier, d'oser une critique sans concession.

Depuis la nomination de son mari à Matignon,
Anne Gravoin a en effet enchaîné les contrats, pour des spectacles d'artistes tels que Marc Lavoine, Michel Jonasz ou Nolwenn Leroy, et, alors que son nom ne disait rien à personne jusque-là, elle possède sa propre société, Régie Orchestre. "J’ai fini par créer une société. Je ne savais pas que j’aurais un bonheur immense à faire travailler des musiciens qui ont besoin de contrats pour nourrir leur famille." Et, sous la protection de Jean-Michel Kajdan, un quatuor à cordes, le Travelling Quartet, dont le dernier album rend hommage aux Beatles. Kajdan s'est d'ailleurs vu décerner le grade de Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres par la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, en janvier 2013, à 54 ans...

"Une musicienne, c'est plus glamour que Mme Ayrault," mais ça n'adoucit pas les moeurs.

Gavoin-Valls, le 7 novembre 2015 à Bercy
Avec l'arrivée de Manuel Valls au ministère de l'Intérieur, Anne Gravoin s'est fait un nom, mais aussi une réputation. Comme son amie Trierweiler, la compagne de Manuel Valls a aussitôt enchaîné les polémiques. Premier couac un mois seulement après l'élection présidentielle, en juin 2012. Dans les colonnes du Parisien, Anne Gravoin lâche une vacherie sur madame Ayrault, avec "un franc-parler savoureux", selon le quotidien: "Une musicienne, c'est un peu plus glamour que Mme Ayrault, prof d'allemand dans la banlieue de Nantes !", selon la violoneuse, méprisante des enseignants et des banlieusards.

Nouvelle manifestation de grandeur hautaine, quelques mois plus tard, lorsque
Le Canard Enchaîné rapporte qu'Anne Gravoin -celle qui fait "travailler des musiciens qui ont besoin de contrats pour nourrir leur famille" - a  fait déloger des SDF - les "sans dents" de Hollande - présents aux abords de son immeuble parisien. Une information que Manuel Valls se presse de démentir.

Après quelques mois de répit, c'est une information de L'Express, parue à l'été 2013, qui complète le tableau. Selon l'hebdomadaire, la violoniste a fait pression sur son ministre de mari pour qu'il empêche la fermeture d'une boite de nuit du Cap d'Agde, qui appartient à André Boudou, le père de Laeticia Hallyday (ci-contre et ci-dessous accroupi) Tiens, les revoilou ! 
Et le gérant, Grégory, n'est autre que le frère de Laeticia. Là encore, le ministre dément et annonce même son intention de porter plainte pour diffamation. Où en est cette intention ?

Dès lors, on comprend  que Valls ait dû déclarer l'état d'urgence dans son couple. La violoniste s'est vu obligée de refuser la plupart des entretiens et "a choisi de son concentrer sur son travail". La sanction est aussitôt tombée. Elle a boudé le défilé du 14 juillet pour des raisons professionnelles: un engagement avec Johnny...
 
Violoniste soudainement reconnue, d'un coup de baguette, elle est à la tête d'un orchestre: l'Alma Chamber Orchestra. Parmi ses dernières réalisations ? La Traviata mise en scène par... Arielle Dombasle, épouse BHL, soutien de Manu. Un orchestre véritablement de chambre...

Mais l'artiste gagnerait à être connue pour de prestigieuses collaborations artistiques, avec Emmanuel Moire, en passant par la Lorraine> Bretagne, avec Nolwenn Leroy... Prestations qui n'ont pas impressionné le critique culture du Figaro qui consacre un long papier à Mme Valls et à son orchestre. Il était temps de remettre les choses en place.

"Laisse aller... c'est une Valls"

C'est le titre du papier consacré à l'épouse du premier ministre.
"L'Alma Chamber Orchestra ne vaut guère plus qu'une réunion de mercenaires," peut-on lire dans le papier du Figaro. Et de railler sur l'entregent de l'épouse:  "Anne Gravoin est imbattable dans l'art de réunir des musiciens pour les spectacles des stars de variétés", allusion aux 
choix -déviants mais lucratifs- de l'artiste classique au profit de la variété. Et le papier de conclure : "Il faut beaucoup plus que quelques coups de téléphone pour arriver à forger un son commun, ce sera la leçon musicale de ce concert, au-delà du message humanitaire." L'intéressée appréciera la leçon.

Mais Gravoin connaît la musique
Pour faire bonne mesure, prêtons encore une oreille à la petite-fille du docteur Corenfeld, migrant de Moldavie soviétique: "Moi, je ne vis pas par procuration. Chacun a une vie, un cœur, un cerveau. [bien vu !] Je suis indépendante. Je n’ai même jamais demandé un centime à mon mari ", s’enflamme-t-elle. Elle est trop sympathique !

Celle qui mène Valls à la baguette est-elle castratrice ?
Anne Gravoin et Renaud Capuçon,
compagnon de la journaliste Laurence Ferrari
à Roland-Garros, le 3 juin 2015


La violoniste serait en effet responsable de ses crises d'autoritarisme. Alors mettez-vous à la place du petit Manu, ex-premier flic de France, qui n'a droit à porter le pantalon qu'en public, une fois claquée la porte du domicile ! Pour tomber sur Christiane Taubira qui lui tenait tête... 
Il l'a virée et Gravoin est la suivante.

Psychose à Paris : six lycées seraient à nouveau menacés d'attentats

Vraie-fausse psychose de justification de l'extension de l' "état d'urgence" ?

Six lycées parisiens ont encore été visés, ce jeudi matin, par des appels anonymes menaçants

Les auteurs de ces menaces lancées contre les lycées élitistes Louis-le-Grand (5e), Charlemagne (4e), Condorcet (9ème), Hélène Boucher (20e), Passy-Saint-Honoré (général et technologique du 16e) et Victor-Hugo (3e) ont indiqué qu’ils vont se rendre dans ces établissements munis "de bombes et de fusils d’assaut kalachnikov pour faire un maximum de victimes". A l'origine, ils étaient seulement cinq, Charlemagne, Condorcet, Hélène Boucher, Louis-Le-Grand et Victor Hugo, selon les sources, peu avant midi. Le lycée Passy Saint-Honoré est venu plus tard s'ajouter à la liste.

Les chefs d’établissements ont mis en sécurité l’ensemble de leurs élèves.
Espérons que les profs l'ont été ! La presse est visiblement en charge de l'apaisement des familles alarmées, mais assure, avec la compétence qui la caractérise, que les chefs d'établissement ont été "aussitôt informés", ce qui n'a pas de sens, puisqu'ils sont en première ligne et ce sont eux qui ont averti la presse et leur hiérarchie, et non l'inverse ! Les parents sont rassurés...

La langue de bois va d'ailleurs bon train. Un important dispositif de police a été déployé autour des lycées visés", figurez-vous. Au final, aucune information...

Mardi dernier déjà, six fausses alertes à la bombe avaient déjà  été lancées contre des lycées parisiens

Le lycée Turgot, connu pour son activisme
contre les expulsions d'immigrants
n'est pas impacté...
L'alerte venait d'être levée, ce mercredi peu avant midi, selon les policiers en faction devant le lycée Victor Hugo. Les investigations pour remonter la piste des auteurs de ces appels anonymes sont en cours.
Parmi les établissements qui ont chacun reçu un coup de fil anonyme au standard de l'accueil, en milieu de matinée, ont compte notamment les lycées Henri IV, pour la seule fois cette semaine, mais déjà Louis Le Grand, Condorcet, Fénelon, Montaigne et Charlemagne, a confirmé le rectorat de Paris. Le lycée Hélène-Boucher (Paris XXe et classé 71e sur 109 au niveau départemental) ne figurait pas sur la liste.
Mardi, les appels anonymes reçus entre 10h20 et 11h20 faisaient état de colis piégés dans leurs enceintes. L'alerte à la bombe avait finalement été levée en fin d'après-midi.

Ces appels, quasiment identiques, indiquaient que des colis piégés avaient été dissimulés à l'intérieur des établissements
, selon le rectorat de Paris. L'alerte à la bombe a été levée à la mi-journée à Fénelon, Montaigne et Condorcet, en accord avec la préfecture de police, a-t-il précisé. L'académie de Paris a ensuite précisé que l'alerte avait aussi été levée à Henri-IV. Les vérifications se poursuivent à Louis-le-Grand et Charlemagne.
Pour l'heure, un colis suspect, qui pourrait être simplement un sac abandonné, a été trouvé au lycée Henri IV. Dans un établissement - on ne sait lequel - rien n'aurait été découvert après des fouilles minutieuses.

Un canular de potaches au moment des bacs blancs avant les vacances
 

Le pouvoir, en campagne pour la prolongation d
e l'"état d'urgence," donne de l'ampleur à toutes les alertes.
 "Nous n'excluons pas qu'il s'agisse du même corbeau, les termes du message étant étrangement similaires", admet une source policière, tandis que les media s'enflamment, à l'instigation du ministère de l'Intérieur. En Grande-Bretagne, 14 lycées ont été la cible de menaces identiques, raconte la presse: le compte n'y est donc pas encore en France !...

Une autre source policière fait état d' "une même voix métallique"!
 Il ne s'agit pas d'une alerte à la bombe, mais d'une menace d'une autre nature, non définie, "précise" pour sa part le rectorat de Paris. 
Le Parquet de Paris a ouvert une enquête pour menaces de destruction, confiée à la Sûreté territoriale de Paris.
Le président "protecteur des Français" est visiblement resté en "état de choc". 
Est-il donc en état de jouer le rôle qu'il s'est donné ?

Déchéance de nationalité: sur les apatrides, Valls n'est pas au clair et s’emmêle les pinceaux

Valls a l'esprit confus sur les ratifications de textes internationaux

Encore une annonce foirée
Petit coq frêle et fragile
Venu présenter une série de mesures, Manuel Valls a emmêlé les députés mercredi 27 janvier à la commission des lois de l’Assemblée nationale. Il avait fait le déplacement pour apaiser une partie de la gauche, très rétive à l’idée de réformer la loi – voire la Constitution – pour déchoir de la nationalité française les terroristes binationaux, mais il n'a réussi qu'à épaissir le mic-mac.

Le premier ministre a d’abord assuré que la réforme constitutionnelle ne contiendrait pas d’allusion à la binationalité, comme c’était initialement prévu, puis il a annoncé que la France comptait ratifier une convention sur l’apatridie. Mais, bac +3, Manu-la-Terreur-des-mouches s’est quelque peu égaré dans les différents textes internationaux.

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement

Ce qu'il a raconté :
"Seuls les principes prévus par la Convention internationale de 1954 et la loi du 16 mars 1998 [...] qui proscrivent la création de nouveaux apatrides devront continuer à figurer dans notre droit positif. Et la France s’engagera d’ailleurs dans la ratification de cet accord qu’elle a signé dès 1955."

Où est l'erreur ?
Rappelons-le : la déchéance de nationalité est déjà possible en droit, mais uniquement pour une personne qui a acquis la nationalité française depuis moins de dix ans (quinze ans, en cas de terrorisme). L’idée est d’en étendre l’application à tous, notamment aux personnes nées françaises, histoire de ne pas stigmatiser les gentils étrangers qui auraient fait du tort aux méchants Français, tous colonisateurs et exploiteurs dans le sang.

Mais déchoir de la nationalité une personne qui n’en possède pas d’autre signifie créer un apatride, une personne qui n’est citoyenne d’aucun Etat. Au sortir de la seconde guerre mondiale, on comptait ainsi des centaines de milliers d’apatrides, notamment dans l’est de l’Europe.

La convention de 1954 est déjà ratifiée !

Le Catalan naturalisé ignore que la France existait avant lui et assure donc que, puisque tout reste à faire, la France va "ratifier la convention de 1954 sur la question de l’apatridie". Or, cette convention a déjà été ratifiée, le 8 mars 1960, précisément, et Manu-la-Terreur-des-mouches -si précoce qu'il fut- est né en 1962 à Barcelone. 

Le premier ministre n'a pas non plus compris que la convention de 1954  n’interdit pas l’apatridie: elle  se limite à définir le statut des apatrides et les devoirs des Etats signataires envers eux.

Manuel Valls a sans doute confondu avec la convention de New York du 30 août 1961: trois années d'études universitaires intermittentes -et non sanctionnées du diplôme- ne permettent pas de maîtriser son sujet. C'est cette convention de 1961 qui prévoit, spécifiquement à son article 8, que "les Etats contractants ne priveront de leur nationalité aucun individu si cette privation doit le rendre apatride". Et c'est de cette convention que s'inspire Valls.

Ce dernier texte a été signé mais non ratifié par la France. Techniquement, selon certains juristes, il serait donc possible d’étendre la déchéance de nationalité aux Français de naissance. Mais François Hollande avait d’emblée écarté cette hypothèse, en promettant le 16 novembre 2015 devant le Congrès que "la déchéance de nationalité ne doit pas avoir pour résultat de rendre quelqu’un apatride".

La déchéance limitée de fait aux binationaux

Manuel Valls peut donc affirmer que la notion de "binationalité" ne sera pas inscrite dans la réforme constitutionnelle, mais dans les faits, la déchéance de nationalité continuera à ne viser que les binationaux. 

La seule nouveauté, c’est que désormais, pourront être concernés tous les citoyens binationaux nés en France ou y résidant depuis plus de dix ans.
Sur 15 terroristes islamistes ayant frappé sur le sol français depuis 2011, seul deux, Mohamed Merah et Abdelhamid Abaaoud, étaient binationaux. La France compterait environ trois millions de binationaux. Au bas mot !

Le cas des Français convertis n'est pas soulevé: il n'est pas encore admis qu'ils sont plus agressifs du fait de la pression qui leur est mise de prouver leur sincérité. 
Combien de Français partis faire le djihad en Syrie sont des convertis? 
Or, pour M'hammed Henniche, président de l'Union des Association musulmanes de Seine-Saint-Denis, le phénomène est réel sur le terrain : "Les personnes qui se présentent dans les mosquées pour se convertir sont toujours plus nombreuses depuis le début des années 2000. Ce sont ceux que nous voyons. Mais il faudrait y ajouter tous ceux qui se tournent vers la religion musulmane sans passer par un de nos lieux de culte."
Les musulmans seraient 5 millions en France. Au moins 100.000 d'entre eux seraient des convertis. Parmi ces derniers, le nombre des djihadistes n'est pas évalué.  Ils seront un certain nombre à rentrer un jour en France et, à priori, ces djihadistes ne seront pas menacés de déchéance de nationalité: ce ne sont pas des binationaux.

mercredi 27 janvier 2016

Christiane Taubira claque la porte du gouvernement: JJ. Urvoas a sauté sur la place

Valls la maintenait contre les appels à la démission de Taubira: Hollande mis devant le fait accompli 

La garde des Sceaux, Christiane Taubira, a démissionné

Coup de théâtre: Hollande a enregistré le départ de la ministre à son retour d'Inde
L'Élysée a annoncé son départ vers 9h00 ce matin, par communiqué. "Madame Christiane Taubira, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, a remis ce 27 janvier 2016, sa démission au Président de la République, qui l’a acceptée. Ils ont convenu de la nécessité de mettre fin à ses fonctions au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s’ouvre à l’Assemblée nationale, aujourd’hui, en Commission des Lois", peut-on lire dans le texte. 
"Le Président de la République a exprimé à Christiane Taubira, sa reconnaissance pour son action. Elle aura mené avec conviction, détermination et talent la réforme de la Justice et joué un rôle majeur dans l’adoption du mariage pour tous", poursuit le communiqué.

C'est le député socialiste du Finistère Jean-Jacques Urvoas, qui la remplace. 
"Il portera, au[x] côté[s] du Premier Ministre, la révision constitutionnelle et préparera le projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et la réforme de la procédure pénale". Urvoas était président de la Commission des lois de l'Assemblée. Encore un Breton, gris comme le ciel de Lorient et souple comme une algue nauséabonde...

Déchéance d'appartenance au gouvernement 

Avant Noël, Christiane Taubira avait annoncé l'abandon de l'extension de la déchéance de nationalité, mais cette disposition a été réintroduite par François Hollande dans le projet de révision de la Constitution, a répliqué Manuel Valls le 23 décembre 2015. 

Une cacophonie gouvernementale dont l'opposition a fait ses choux gras. 
Des représentants des Républicains et du FN ont appelé Hollande à mettre de l'ordre dans cette pétaudière et, pour commencer, en la limogeantant. "Je me réjouis du maintien par le gouvernement de la déchéance de nationalité. Christiane Taubira qui combat cette mesure doit quitter le gouvernement", a lancé le député LR Eric Ciotti, tandis que Gérald Darmanin ou encore Thierry Mariani faisaient mine de s'interroger sur l'avenir de la ministre.
Le parti Les Républicains a par ailleurs publié un communiqué dans lequel Eric Woerth, son secrétaire général, estime que Christiane Taubira a été "humiliée publiquement" et "n’est plus en toute logique en mesure de porter cette réforme constitutionnelle

"Que fait encore Mme Taubira au gouvernement ?" s'est aussi interrogé Nicolas Dupont-Aignan sur Twitter:
Même appel à la démission du côté du Front national. 
"Déchéance de nationalité dans la réforme: tant mieux mais quel incroyable cafouillage! Taubira n'a pas d'autre choix que de démissionner," a estimé le vice-président du FN, Forian Philippot. 
"Christiane Taubira désavouée par François Hollande. Elle part quand?" s'est aussi demandé Robert Ménard, maire de Béziers apparenté FN.
Hollande aura tergiversé pendant un mois, avant d'être pris de vitesse.

Hollande n'a pas eu à trancher: Christiane Taubira claque la porte.
 
Les politologues estimaient que son renvoi n'était pas à l'ordre du jour: égérie de la gauche, elle pouvait nuire hors du gouvernement et Valls souhaitait la maintenir comme caution de gauche à sa politique économique de droite. Le premier ministre l'avait d'ailleurs lui-même confirmée à son poste ! "Nous défendrons ensemble ce texte devant le Parlement, assura ce pauvre Valls. Chacun a droit à ses doutes, à ses interrogations, à ses questionnements et à ses analyses", avait-il expliqué, après avoir confirmé que la déchéance de nationalité fera bien partie de la révision de la Constitution, sous une forme ou une autre.
"La parole première est celle du président de la République; elle a été prononcée au congrès à Versailles, avait de son côté opposé Christiane Taubira. La parole dernière est celle du président de la République, elle a été prononcée ce matin [de décembre] en Conseil des ministres et c'est le point final", a expliqué la garde des Sceaux lors de ce point presse organisé l'issue du Conseil des ministres.
"Ce qui est important dans la situation actuelle, ce n'est pas ma présence ou non au gouvernement, c'est la capacité pour le président de la République et le gouvernement de faire face au danger auquel nous sommes confrontés et d'apporter les réponses les plus efficaces", avait-elle ajouté en ironisant sur ces journalistes qui depuis trois ans s'interrogent sur son départ du gouvernement...

Sur l'extension de la déchéance de la nationalité aux binationaux né en France, la ministre avait également tenté de minimiser ses récentes prises de distance. "La seule fois où je me suis exprimée sur la déchéance de la nationalité, je n'ai pas hésité à dire que ceux qui retournent leurs armes contre leurs compatriotes s'excluent eux-mêmes de la communauté nationale. J'ai ajouté que ce sujet concerne le droit du sol", a louvoyé la ministre. 

Taubira regagnera le logement social que lui loue -à prix bas- la Mairie de Paris, dans l'élégant 7e arrondissement de la capitale... (lien PaSiDupes)

Tragédie de Brétigny: la SNCF a-t-elle orchestré des faux-témoignages à la Justice ?

Des cheminots se chargeaient de briefer les témoins convoqués par la justice

Des écoutes téléphoniques des magistrats révèlent que 
la justice se serait laissée intoxiquer par la SNCF, 

lors de l'enquête sur le déraillement du train Corail en 2013.

Cadre au service juridique de la SNCF, Claire Chriqui ne réalisait pas qu'elle vit sous un régime policier et ne se doutait donc pas qu'elle était écoutée par les juges d'instruction. "Je crains que les OPJ [officiers de police judiciaire] l'appellent en direct, qu'il panique, qu'il ne sache pas, qu'il ne comprenne pas. [...] En général... j'aime bien un peu les voir." 

Et ses propos révèlent que la direction de la SNCF a tenté de "manipuler l'enquête" sur la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, près de Dijon (Côte d'Or) en briefant ses employés avant leur audition par la justice, selon le Canard Enchaîné du mercredi 27 janvier.

Les syndicats ont-il participé à l'enfumage des juges ?

Le 12 juillet 2013, le déraillement d'un train Corail Paris-Limoges a fait sept morts et des dizaines de blessés à Brétigny-sur-Orge (Essonne). Plusieurs rapports d'expertise et enquêtes ont été lancés pour identifier la cause de l'accident.

Mais lors des convocations des responsables SNCF du secteur de Brétigny, les magistrats se retrouvent face à des agents "sérieux et irréprochables", raille le "Canard". Christophe Bolhy, un cadre de la SNCF, concède simplement qu'il "ne sait pas" si les contrôles du matériel ont été correctement menés. L'hebdomadaire anarchiste ne met pas en cause les syndicats et ne mentionne pas l'appartenance syndicale de ce dirigeant d'unité de production voie SNCF. La CGT et SUD détiennent la majorité absolue dans l'entreprise ferroviaire publique.


Or, les juges ont précédemment lancé une écoute téléphonique sur l'ensemble des personnes convoquées.
Selon le PV tombé entre les mains du "Canard", le même Christophe Bolhy hurle au téléphone à son supérieur: "Brétigny, c'est des crevards [salauds]. Faut tous les foutre dehors ! "Et de traiter les cheminots de "burnes" (tout en "c*uilles, sans cervelle).

Un autre faux-témoin est mentionné, mais sans être nommé
Un autre cadre de la SNCF, dont l'identité n'est pas révélée, se lâche au téléphone, à propos d'une traversée-jonction (TJ), pièce maîtresse dans les intersections entre deux voies, qui est soupçonnée d'avoir causé l'accident de Brétigny : "Elle est pourrie, mais c'est pas la seule... Toutes les TJ de Brétigny sont dans cet état-là."
Face aux magistrats, le cheminot tient un autre langage qui n'accuse plus gravement : "Quand je dis 'pourrie', ça ne veut pas dire 'en dehors des normes', ça veut dire 'vieux' "...

Une connivence entre direction et syndicats

Mais surtout, l'écoute téléphonique accuse la direction de la SNCF de cadrage des propos des cheminots. En témoigne un échange entre Christophe Bolhy et son collègue M. Delrue. Le 15 mai 2014, le premier confie "Je suis convoqué chez la police". L'autre répond : Oh putain ! [...] Il faut vraiment que tu te fasses briefer par Claire ! [...] Il faut qu'on sache exactement ce qu'on peut dire."

Claire Chriqui, du service juridique, dont il faut croire qu'elle n'est syndiquée ni à la CGT ni à Sud (syndicats dominants) se charge de préparer les salariés convoqués. Après chaque audition par la police, les agents lui repassent un coup de fil pour "lui expliquer comment ça s'est passé, lui dire les sujets abordés".

Dès le 4 décembre 2013, les juges découvrent par l'écoute que Claire Chriqui donne des ordres aux agents convoqués. A l'un d'entre eux, elle explique : "Je t'invite à ne rien apporter [aux policiers]... Tu viens avec rien... Il faut attendre leurs demandes." Un délégué syndical tiendrait-il un autre langage ?

Tentative de falsification d'une note interne


D'autres cadres du service juridique briefent et débriefent les agents entendus. 
L'un d'eux, anonyme, mais évidemment pas militant syndical, raconte : "Les normes, moi, je les ai jamais évoquées, parce qu'il ne faut pas les évoquer, et comme [les juges ne les] connaissent pas, ils les demanderont pas."

Fort de son appartenance syndicale, une autre cheminot n'hésite pas à faire pression sur un cadre, auteur d'une note interne sur l'accident, pour qu'il mette son texte en conformité avec les intérêts liés de la direction et des syndicats. Le rapport litigieux fait état à Brétigny "d'appareils en très mauvais état". La conseillère propose de "supprimer 'en très mauvais état'" : "Ca n'ajoute rien. On se doute bien qu'on n'est pas en train de régénérer des appareils neufs. C'est pas la peine d'aller mettre que tout est en très mauvais état."

L'ensemble des rapports d'expertise arrive à la conclusion qu'un défaut de maintenance sur les voies est à l'origine de l'accident. Mais c'est la faute de l'insuffisance des crédits de fonctionnement et des effectifs: comment la justice se retournerait-elle contre le gouvernement ?  
Le déraillement aurait été causé par une éclisse - sorte de grosse agrafe sur l'aiguillage -, dont une fissure n'avait pas été détectée lors des tournées de surveillance - ce qui met en cause la conscience professionnelle des cheminots de Brétigny, indépendamment du budget de la SNCF, d'autant que le drame est intervenu à l'entrée de la gare même  - et dont trois des quatre boulons s'étaient cassés ou dévissés.  L'éclisse avait alors pivoté, provoquant l'accident.

"Cassés ou dévissés"
La polémique soulevée par Le Canard sert-elle donc à détourner l'attention de l'hypothèse de l'acte malveillant, voire terroriste ?

Les syndicats se tiennent en retrait derrière la SNCF qui nie en bloc

Une communauté d'intérêts
"La direction juridique de SNCF [...] défend et accompagne ses salariés [et les syndicats, leurs syndiqués] lorsqu'ils sont mis en cause dans l'exercice de leur fonction. C'est le cas pour l'instruction concernant l'accident de Brétigny", a réagi mardi soir l'entreprise ferroviaire dans un communiqué.
Les salariés auditionnés par les juges sont totalement libres de leurs propos", a-t-elle affirmé, se refusant à commenter un article basé sur des "documents [...] couverts par le secret de l'instruction". Le secret des sources de la presse permet ce genre de fuitage vers les media qui font de l'investigation devant leur téléphone.

Depuis l'ouverture d'une information judiciaire par le parquet d'Evry, seules deux personnes morales ont été mises en examen, la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), toutes deux mises en cause pour homicides et blessures involontaires. 
Tranquilles, les syndicats peuvent dresser le poing. Et aussi adresser un bras d'honneur à la justice.