POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

samedi 3 juin 2017

Législatives : des candidats à écarter pour sauver le projet de loi de moralisation de la vie publique ?

La "moralisation de la vie publique",  stratégie de prise du pouvoir ou fumisterie? 

Record vivant, ce socialiste brigue un neuvième mandat de député

Décor de Guignol

Est-ce tellement scandaleux ?
"Ce sont les électeurs qui m'ont élu, sur la base de mon travail parlementaire !" se défend le docteur Bapt, convaincu que son expérience a permis la résolution de problèmes. "Je conçois qu'on me reproche d'avoir fait trop de mandats", concède toutefois le député PS Gérard Bapt, installé au Palais Bourbon depuis 1978. Spécialiste des questions de santé, le septuagénaire entame une nouvelle campagne électorale sur la 2e circonscription de Haute-Garonne.
Il est le seul à avoir siégé pendant la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. Depuis, il a vu passer François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande à l'Elysée. Elu depuis 1978 en Haute-Garonne, le socialiste Gérard Bapt, 71 ans, a déjà effectué neuf campagnes – dont une seule s'est soldée par une défaite, en 1993 – et huit mandats. Aujourd'hui, ce champion de la longévité politique signerait bien pour un neuvième. Avec l'aide de trois assistants parlementaires dans sa petite permanence toulousaine où des affiches au mur montrent un Gérard Bapt jeune: une TPE (très petite entreprise, moins de 10 salariés, dont un directeur de campagne). La nouvelle affiche du candidat et de sa suppléante porte un court slogan : "Des valeurs sûres !"




Sur les murs de la permanence de Gérard Bapt, les affiches électorales des campagnes passées côtoient les cartes postales et les plans de la circonscription.

Problème : crashée à la présidentielle, le Parti socialiste est en cours de recomposition. 
Benoît Hamon a décidé de ne pas soutenir le senior. Le frondeur a le souci de "renouvellement", comme Emmanuel Macron, mais la comparaison avec l'ex-banquier s'arrête là : les ondes de choc consécutives au tsunami provoqué par Macron sèment la ruine à gauche... Les nouveaux rapports de forces sont indiqués sur les curseurs respectifs établis dimanche 23 avril: au premier tour de la présidentielle, Emmanuel Macron a obtenu 27,5% des voix dans cette circonscription, suivi de Jean-Luc Mélenchon (24,9%) et très loin devant les 8,5% de Benoît Hamon. Un électeur sur trois se situe à gauche  à Toulouse.

Au vieux docteur au teint trop clair, le candidat officiel et battu du PS à la présidentiel a donc préféré le candidat écologiste et conseiller municipal Salah Amokrane, tête de liste du mouvement des Motivié-e-s, des proches de la LCR et des antilibéraux du Collectif unitaire anti-libéral, en rupture avec le PS, alors que des membres du groupe Zebda sont restés alliés au PSMais Hamon, dont Bapt a parrainé la candidature, s'est, quant à lui, clairement radicalisé. Comme la maire de Paris, Anne Hidalgo, l'ex-candidat socialiste travaille en effet à la formation de son propre mouvement, annoncé pour le 1er juillet, pour reconstruire une gauche inventive".
Candidat aux élections législatives à sa succession dans les Yvelines, Benoît Hamon s'est d'ailleurs allié à plusieurs candidats soutenus par le PCF et les altermondialistes d'EELV, contre des candidats comme Manuel Valls, François de Rugy, Myriam El Khomri ou Malek Boutih.

A Toulouse, le  socialiste conservateur oppose sa légitimité républicaine 
Gérard Bapt en train de distribuer des tracts dans le quartier toulousain d\'Amouroux, le 23 mai 2017.à ses adversaires qui estiment que le député sortant septuagénaire a fait son temps.
"Je conçois qu'on me reproche d'avoir fait trop de mandats, mais je rappelle que ce sont les électeurs qui m'ont élu, sur la base de mon travail parlementaire !" souligna le cardiologue Gérard Bapt, sur franceinfo. "Je suis le député qui a fait interdire les biberons au bisphénol". Or, le fond de commerce de Hamon n'est-il pas pourtant les perturbateurs endocriniens ? Contre l'idéologie et l'ambition personnelle, la raison est inopérante. C'est donc en ces termes que se pose le problème. Les  électeurs cloront-ils le débat les 11 et 18 juin ? L'idéologie actuellement dominante et les media dans l'air du temps pourraient prévaloir...

357 députés sortants pour 577 désapprouvent l'engouement actuel pour le renouvellement

Un renouvellement inédit, largement dû à la sélection naturelle, juste aggravée par le "jeunisme" et le "dégagisme" ambiants, est annoncé à l'Assemblée nationale

A cet égard, il faut observer que la droite n'est pas de reste sur ce créneau : elle est même à l'avant garde, si on songe à l'action du mouvement 577-Les Indépendants, étiquette "577 pour la France" (Divers droite), initié en 2008 par Jean-Christophe Fromantin, le député-maire de Neuilly-sur-Seine, lequel recrute des candidats issus de la société civile. Ainsi, Delphine Benin, professeur et directeur exécutif de master à HEC Paris, ainsi que présidente d’association du VIe arrondissement, sera candidate divers droite dans la 2e circonscription de Paris (5e, 6e, 7e arrondissements), avec pour suppléant le professeur Laurent Lantieri, qui avait été le premier chirurgien à réaliser une greffe totale de visage en 2010, a décidé de s’engager en politique à l’occasion des élections législatives de juin, avec l’objectif de contrer Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a été parachutée dans la circonscription de François Fillon, qui ne se représente pas.

Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste en fonction depuis avril 2014, 
a lui aussi fait une tentative d'ouverture du PS à la société civile: c'était le coup foiré de la BAP, Belle Alliance Populaire.

Promesse du candidat Hollande, la réforme se voulait stricte. Aucun député, sénateur ou député européen ne pourra être maire, adjoint au maire, président ou vice-président d'un département, d'une région ou d'une intercommunalité. Il ne pourra pas non plus détenir de fonction exécutive dans un syndicat de communes ou une société d'économie mixte. Elle était prévue pour entrer en vigueur à partir de 2017 (2019 pour les eurodéputés)...
Le premier ministre Jean-Marc Ayrault avait prévenu : il n'acceptera "aucun amendement". "C'est une réforme qui doit être nette. Durant cette législature, il aura été mis fin au cumul", avait-il déclaré à la presse depuis la Guadeloupe.
"Nous sommes totalement contre", avait affirmé Christian Jacob, chef du groupe des députés UMP à l'Assemblée. L'UDI s'était déclarée "majoritairement" contre.

Un amendement au projet de loi sur le non-cumul des mandats a pourtant été déposé par une trentaine de députés PS et adoptélors du passage en commission. 
Il propose, au grand dam d'une majorité d'élus, de limiter le nombre de mandats successifs à trois. Lors de la présentation de son projet de réforme et de moralisation de la vie publique, Bayrou, suiveur en tout, y a souscrit une fois devenu garde des Sceaux.  Or, si on retranche le temps passé au ministère de l'Education et au Parlement européen, Bayrou est député depuis 1986: 27 ans et quatre mandats. Le porteur de la loi de moralisation de Macron est tout de même ministre pour la quatrième fois et, si son projet de loi passait, il n'aurait plus aucune possibilité de réélection au Palais Bourbon. 
En même temps, en 1922, à l'issue de la prochaine législature, la XVe, il aurait 71 ans ans, comme Gérard Bapt et pourra se consacrer à son haras. Il est agriculteur pour éviter de payer l'ISF : l'esprit citoyen fait partie de la moralisation...

Dans le groupe socialiste, seul le chevènementiste Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne, a voté contre l'amendement des 30. 
De plus, deux socialistes, Sophie Dessus, qui a repris le siège de François Hollande en Corrèze, et Hugues Fourage (Vendée), avaient voté des amendements visant à permettre aux maires d'être parlementaires.


L'amendement selon lequel "nul ne peut exercer plus de trois mandats successifs" a fait son entrée par surprise dans le projet de loi, à la faveur d'une offensive menée par Philippe Baumel, néo-député PS de Saône-et-Loire depuis 2012, membre du mouvement Rénover maintenant, proche d'Arnaud Montebourg, député pendant trois législatures et quinze ans, et qui ne se représente pas.

"Le cumul dans le temps nuit à une nécessaire respiration démocratique", plaidèrent les députés socialistes :

Chaynesse Khirouni, néo-députée (2012) PS de Meurthe-et-Moselle, militante de l’ADIE, association de microcrédit, soutien de Benoî Hamon;

Philippe Baumel, député PS de Saône-et-Loire;
Philippe Noguès, néo-député PS du Morbihan: il accorda son parrainage à Benoît Hamon;
Matthias Fekl, néo-député PS du Lot-et-Garonne, ministre de l'Intérieur à la suite de la démission de Bruno Le Roux, pour emplois fictifs de ses filles, et proche de Benoît Hamon;
Serge Bardy, néo-député PS de Maine-et-Loire et soutien de Benoît Hamon;
Jacques Valax, député PS du Tarn pendant deux législatures: suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris, il co-signa un amendement présenté dans le cadre de la loi de prolongation de l'état d'urgence par la députée de Paris Sandrine Mazetier visant, contre l'avis du gouvernement, à rétablir la censure sur la presse, la radio, le cinéma et le théâtre;
Philip Cordery, député PS des Français du Benelux;
Colette Capdevielle, députée PS des Pyrénées-Atlantiques (ne s'est prononcée en faveur d'aucune tête de gondole);
Barbara Romagnan, députée PS du Doubs, roule pour Hamon;
Pascale Crozon, députée PS du Rhône, penche pour Hamon;
Thomas Thévenoud, député PS de Saône-et-Loire: condamné, il se fait soigner quelque part;
Elisabeth Pochon, députée PS de Seine-Saint-Denis, est avec Hamon;

Valérie Corre, députée PS du Loiret (ne s'est prononcée pour aucun).

Parmi les
28 signataires, outre 
Philippe Baumel, on compte Cécile Untermaier (Saône-et-Loire, également), Édith Gueugneau (Saône-et-Loire, comme par hasard) et ...Thomas Thévenoud (Saône-et-Loire encore) mais qui s'est retiré de la vie politique avant l'âge sur condamnation sur fraude fiscale et inéligibilité. Le texte  concerne les députés, mais aussi les sénateurs. "Ce n’est pas une idée neuve, explique pourtant Philippe Baumel: Arnaud Montebourg en parlait déjà il y a 15 ans," Pour le député, limiter à 3 le nombre de mandats est "essentiel au renouvellement de la vie politique."  "Le Parlement ne doit pas être une rente de situation. Pour que la République soit vivifiée, il est utile que les responsabilités tournent."

Plus d'un tiers des députés ne briguera pas un nouveau mandat lors des scrutins des 11 et 18 juin. 

Edouard Philippe, au théâtre 
de marionnettes de Macron
Au moins 212 députés ne se représentent pas loi limitant le cumul des mandats, lassitude, certitude de l'échec... 

Champion du cumul des mandats, Philippe Madrelle, le César de la Gironde, a renoncé, à 80 ans, après cinq élections au Sénat depuis 1980.

René Dosière est député de l'Aisne depuis 20 ans. Après quatre législatures,  à 76 ans, ce spécialiste de la gestion des finances publiques lâche prise.

Le néo-député socialiste Pascal Popelin (Seine-St-Denis) a estimé en 2013 que cette loi "va affaiblir le Parlement". Mais il l'a votée tout de même. A 50 ans, il se retire de la vie politique.

T
out aussi cohérent, François Loncle, 76 ans, élu député de l'Eure en 1981 pour la première fois, a reconnu avoir "accumulé" des mandats, avant de considérer que c'était "une aberration". Il s'est en revanche opposé à toute limitation des mandats dans le temps. Après avoir parrainé Macron, il ne postule décemment plus à un cinquième mandat...

Mais qui sont les empêcheurs de "moralisation" de la vie publique ?

Macron en Guignol
Déjà isolé à l'époque dans son camp, l'ancien ministre UMP Bruno Le Maire avait reproché au gouvernement ne pas aller assez loin, critiquant particulièrement le report à 2017. "Une promesse de campagne est une promesse de campagne je ne vois aucune raison juridique de le reporter", avait-il lancé, en faisant référence à l'engagement de François Hollande de supprimer le cumul. Il est aujourd'hui ministre de l'Economie de Macron et se représente dans l'Eure !

Le secrétaire général des RépublicainsBernard Accoyer a annoncé que LR a investi un candidat face à lui dans l'Eure : il n'entend pas abandonner le combat contre le projet d'En Marche ! aux législatives malgré la nomination de membres de son parti, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, dans le gouvernement d'Édouard Philippe, un juppéiste (LR).

Concernant les autres candidats Les Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet (arrière-petite-fille d'élu communiste et ex-épouse de socialiste, mais elle-même conseiller de Jack Lang au ministère de l'Éducation nationale de 2000 à 2002), Gilles Boyer et Thierry Solère, proches d'Alain Juppé, qui ont accepté, dans une tribune, la main tendue d'Emmanuel Macron, Bernard Accoyer préfère donner rendez-vous après les élections législatives. 
Les urnes devront jouerleur rôle: NKM qui a démissionné de la fonction publique en mars 2015 pour "ne pas avoir de filets de sécurité en cas d'échec en politique", se représente à l'Assemblée après trois mandats de députée (2002, 2007, 2012), sous l'étiquette officielle Les Républicains-Union des démocrates et indépendants (LR-UDI) dans les Yvelines, où Henri Guaino est venu la défier.

Ancien directeur de campagne d'Alain Juppé lors de la primaire présidentielle ,
Gilles Boyer qui est également un proche d'Édouard Philippe, actuel Premier ministre, a sollicité une première investiture Les Républicains pour les législatives 2017. Il est a retrouver dans la huitième circonscription des Hauts-de-Seine.

Thierry Solère,  démissionnaire suite à une enquête préliminaire pour omission de payement d'impôts sur le revenu entre 2010 et 2013, il a néanmoins reçu les faveurs de LREM le parti du  président Macron qui prône la moralisation de la vie publique et ne lui a opposé aucun candidat. Un sondage le donne perdant à Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine, contre une adjointe de Pierre-Christophe Baguet, maire de la ville.

Le groupe des députés PS contre la limitation des mandats successifs

Annick Lepetit, porte-parole des députés PS, a approuvé que "le groupe PS à l'Assemblée soutienne le gouvernement qui a déposé un amendement supprimant l'amendement adopté par la commission pour restreindre le cumul dans le temps". Elle est candidate à Paris, dans la 3e circonscription et, députée depuis 15 ans (2002), elle doit dégager.

Gilles Savary est candidat sortant (2012) dans la 9ème circonscription de Gironde (33). Or, il est conseiller régional d'Aquitaine depuis 1998.... A 63 ans, il n'est pas trop jeune pour céder la place.

L'ambitieux 
Olivier Dussopt qui se représente sous l'étiquette du PS en Ardèche pour une troisième fois, est un proche de Benoît Hamon en 2007, mais Manuel Valls en 2017. Qui sait où il se situe aujourd'hui ? Début février, il était indécis (comme Pascal Terrasse, PS, en Ardèche aussi)... Gageons que ce socialiste est macron-compatible !

Sandrine Mazetier, députée depuis 2007, elle brigue un troisième mandat avec le PS à Paris en 2017, face à une candidate de la République en Marche (LREM), Laetitia Avia, une "inconnue" de 31 ans, issue de la diversité et originaire d’un quartier populaire de Seine-Saint-Denis. Mazetier défendit et fit adopter à l'Assemblée un amendement PS au projet de loi pour une république numérique, rendant passible de prison, de fortes amendes et même d'expulsion de son logement, toute personne louant son bien sur une plateforme, telle Airbnb, sans avoir l'autorisation écrite de son propriétaire (art. 23 bis et ter du projet de loi adopté). "La nomination d’un Premier ministre de droite a clarifié les choses", insiste Sandrine Mazetier qui plaide en faveur du vote pour « une gauche utile » et vigilante. Elle est proche de Martine Aubry et fut membre l'équipe de campagne présidentielle de Benoît Hamon.
Macron, au centre, aux Guignols de l'info de Canal+

Dans un courrier du 24 avril 2008 à François Hollande, douze députés PS s'étonnaient de "l'oubli" du "non-cumul des mandats pour les parlementaires" dans l'ultime version des propositions socialistes sur les institutions. "Nous en appelons solennellement à toi pour que cet oubli puisse être rapidement réparé, écrivaient les députés à F. Hollande." Parmi les douze signataires, figuraient des proches de Ségolène Royal – qui s'était prononcée pour une limitation stricte du cumul pendant la campagne présidentielle – Aurélie Filippetti, proche de Hamon, députée de Moselle, où elle est à nouveau candidate dans la 1ère circonscription pour la troisième fois, Christophe Caresche, représentant de Paris depuis 1997, est à nouveau candidat PS pour une cinquième législature, et soutient Macron, et Delphine Batho se représente pour la troisième fois dans les Deux-Sèvres. et soutient Hamon.

Maisà l'origine de la démarche, étaient également deux députés de Paris signataires, proches de Dominique Strauss-Kahn, Sandrine Mazetier, ainsi que le député du Finistère, Jean-Jacques Urvoas, où il se présente pour un troisième mandat et l'apparatchik Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris depuis 1988, soit 29 ans, et qui sollicite une nouvelle prolongation de cinq années dans la 16e circonscription, en partie dans le populaire 19e arrondissement où les électeurs veilleront peut-être à enfin moraliser la vie publique.

En remportant sept nouvelles présidences de Conseils généraux en 2008, le PS avait vu la pratique du cumul s'amplifier dans ses rangs. Parmi les parlementaires nouvellement élus à la tête d'un exécutif départemental figurent notamment François Hollande (Corrèze), devenu président de la République en 2012, Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire), nommé ministre par le précédent, et Claude Bartolone (Seine-Saint-Denis), élu président de l'Assemblée nationale par la majorité socialiste, alors que Laurent Fabius présidait la communauté d'agglomération de Rouen (Seine-Maritime) et le Conseil constitutionnel, aujourd'hui.

Nouvelle manifestation du mépris de Macron, pour les migrants, cette fois

Le président Macron suscite l’indignation avec une plaisanterie sur les Comoriens 

Le président de la République a déclenché un scandale avec une "mauvaise plaisanterie" sur les "kwassa-kwassa"

Le sens de l'humain d'un banquier
Ces frêles embarcations ne servent pas à pêcher, selon lui, mais à "amener du Comorien" à Mayotte. Or, c'est à bord de ces frêles embarcations qu'ont péri de nombreux migrants. Parce ce qu'il n'y voit qu'"un trait d’humour", certes "malheureux qui a pu blesser",  l’Elysée n'envisage pas d’excuses et raconte qu’Emmanuel Macron a "toujours eu une position très claire, faite de fermeté et d’humanité, sur le sujet des migrations dans l’Océan indien, qu’il connaît bien car il s’est rendu à la Réunion et à Mayotte avec des prises de position sur ce problème" - en passant - pendant sa campagne. 

L'entourage du président polémique
"C’est un mauvais procès qui lui est fait quand on connaît ses positions", se défend l’Elysée. Sa visite jeudi au Centre régional de surveillance et de sauvetage atlantique (Cross) d’Étel (Morbihan) a été filmée par le "pool" (en français, l'équipe) de journalistes accrédités, et diffusée vendredi dans l’émission Quotidien de TMC, chaîne de télévision généraliste française d'origine monégasque du Groupe TF1. 
La vidéo montre le chef de l’Etat échangeant avec des officiels, quand l’un d’entre eux évoque différents types d’embarcations: "Il y a des tapouilles et des kwassa-kwassa". "Ah non, c’est à Mayotte, le kwassa-kwassa", objecte alors le président Macron, avant de poursuivre, finement : "Mais le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent". 
Et d'insister : "Les tapouilles, c’est les crevettiers”. Les kwassa-kwassa sont régulièrement utilisés par des migrants de l’archipel indépendant des Comores pour gagner Mayotte, territoire situé à 70 km et devenu le 101e département français en 2011. 
Et de poursuivre le cours : "Rapportée à la population du département, la pression migratoire (y) est sans commune mesure avec l’immigration que connaît la métropole", relevait le député PS Erwann Binet dans un rapport parlementaire mi-2015. La population mahoraise, estimée à 220.000 habitants (chiffres de 2012, que beaucoup, localement, estiment très en-dessous de la réalité), compterait en effet environ 40% d’étrangers.  
L'aide médicale d'Etat (AME) permet aux immigrés en situation irrégulière de bénéficier de soins médicaux gratuits pendant un an (renouvelable). Mais pour en bénéficier, il faut justifier d'une résidence stable en France (y être installé depuis au moins trois mois) et ne pas avoir gagné plus de 9.631 euros [sic] l'année précédente.
Les migrants empruntent ces “kwassa-kwassa”, des embarcations de fortune, pour rallier les côtes mahoraises illégalement. En 2015, il y a eu plus de 19.000 reconduites à la frontière à Mayotte contre environ 20.000 sur le territoire métropolitain. Mais ces traversées occasionnent "entre 7.000 et 10.000 morts depuis 1995" d’après un rapport sénatorial de 2012. Un détail sujet à plaisanterie de Macron.
 
Les humilié(e)s réclament des "excuses publiques"

"Ce n’est pas parce qu’on dit que c’était pour rire qu’on n’a rien dit", a déclaré en Corse le chef de file LR pour les législatives, François Baroin, pour qui ces propos sont "choquants, encore plus quand on est président"Et de nombreux autres responsables ont réagi par tweets. 

"Si Sarkozy président avait prononcé cette phrase face caméra, le tollé aurait été gigantesque. 'Du' comorien [langage désobligeant d'un ..."lettré" passé par hypokhâgne et khâgne au lycée Henri-IV, certes en échec à deux reprises à l'écrit du concours d'entrée de l'École normale supérieure...]. 12.000 morts", s’est indignée l’ex-ministre écologiste Cécile Duflot. 

"Président du groupe d’amitié France-Union des Comores de l’Assemblée nationale, j’invite Emmanuel Macron à régler les problèmes locaux plutôt qu’à en rire", a déclaré le député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg, membre de la Gauche socialiste (GS), un courant du PS fondé par Jean-Luc Mélenchon et Julien Dray en réaction à "l'ouverture" du gouvernement de Michel Rocard, rejoints par plusieurs personnalités de l'aile gauche du Parti socialiste, notamment Marie-Noëlle Lienemann ou de la LCR comme Gérard Filoche. 

"Choquant, venant d’un président", a déploré Nicolas Dupont-Aignan, ex-candidat Debout la France à la présidentielle;
"indigne", selon le secrétaire national du PCF Pierre Laurent; 
une "blague douteuse", selon la députée européenne LR Nadine Morano; 
"il rabaisse la France", pour le vice-président du FN Florian Philippot. 

Candidat de la France insoumise à la législative dans la 4e circonscription de Marseille, port ouvert sur l'Orient méditerranéen, Jean-Luc Mélenchon a jaugé l'homme, estimant qu’ "il y a quelque chose de conscient chez lui. C’est une sorte de mépris de la classe… [notion marxiste] après ses propos sur les illettré(e)s [de Gad, abattoirs de la filière porcine bretonne], et d’autres encore"
"Il a une manière extrêmement désinvolte de parler de la mort des gens", a-t-il insisté. 
Plus tôt, au cours de son discours au Cours Julien, le leader de la FI a demandé au public d’observer une minute de silence. 

Des acteurs associatifs ont aussi dénoncé les propos du président Macron, "condamnés avec la plus grande fermeté" et qualifiés de "racistes et déshumanisants" selon le Conseil représentatif des Français d’origine comorienne.Nous demandons expressément des excuses publiques du président et qu’il prenne sa responsabilité sur cette tragédie", a demandé le président de cette association, Nassurdine Haidari, élu socialiste de Marseille où il est né en 1998. Selon lui, ces commentaires sont "dignes de la famille Le Pen. Et plus précisément de Jean-Marie Le Pen".
En 2011, excédé par la montée de l’islamophobie et la polémique des prières de rue, Haidari écrivit une tribune dans ...Le Monde, intitulée: "Et bien le musulman, il t’emmerde !". On dirait que Macron le lui rend bien...

Ultimatum à l'Elysée: Daesh menace la France d'un "bain de sang"

Plus question de pseudo-"déséquilibré" : Daech menacerait la France d'un "bain de sang"  

Un ultimatum adressé à l'Elysée laisse sept jours à Emmanuel Macron pour obéir à ses ordres
Dans une texte non authentifié  de Daesh, signé de "soldats de l'Etat islamique en France"l'organisation terroriste islamiste promet une nouvelle vague d'attentats sanglants dans le pays si le délai n'était pas respecté. Les signataires
disent avoir adressé un texte de huit pages à l'Elysée et à Matignon posant un ultimatum

Egalement paru sur internet le 30 mai, il formule huit exigences auxquelles le gouvernement français aurait sept jours pour répondre favorablement, faute de quoi ils promettent un "bain de sang" dans le pays. 
Parmi les revendications, on retrouve notamment 
- "l'arrêt immédiat des bombardements français contre l'État islamique", 
- "le retrait des troupes françaises de tous les pays musulmans", ou encore 
- "la libération de tous les musulmans qui ont été emprisonnés pour avoir voulu quitter la France et émigrer vers l'Etat islamique". 

"Les voitures piégées, les camions béliers lancés, les ceintures explosives activées, les tireurs embusqués, les engins explosifs improvisés... Tout ceci va devenir votre quotidien
 jusqu'à ce que vous vous soyez effondrés et que vous appeliez à la paix", menacent-ils, si l'Elysée ne répondait pas à leur ultimatum. 

Les forces de l'ordre sont visées 
Dans un paragraphe, les auteurs s'adressent même directement aux forces de l'ordre : "Oh vous, les policiers français, si vous continuez à obéir à votre gouvernement aveuglément, en opprimant aussi bien votre peuple que les musulmans, sachez que vos gilets pare-balles et vos pistolets ne vous suffiront pas face à nos Kalachnikov et nos ceintures d'explosifs."
 
AK-47, balles et drapeau de Daesh 
Le texte a été diffusé sur un site de partage de fichiers lourds, accompagné d'une version audio et d'une image particulièrement menaçante. Sur cette dernière, on voit les mots 'Soldats du califat' écrits avec des balles, en dessous d'un AK-47 (fusil d'assaut conçu par le Soviétique Mikhaïl Kalachnikov, produit à partir de 1947 par le régime communiste dans l'ensemble du bloc de l'Est) et d'un drapeau de Daesh (ci-dessus). 
D'autres munitions entourent le titre du journal Aujourd'hui en France, sous lequel figure une brève liste mentionnant "les crimes de la coalition en France"

Marc-Edouard Nabe "choisi" pour transmettre le message 

Dans sa revue Patience, en 2014, l'écrivain français Marc-Edouard Nabe estimait en effet que le projet de Daech allait "naturellement dans le sens de l'histoire". Les captures d'écrans de la lettre de menace relayées sur son compte Twitter sont accompagnées d'un mail qu'il affirme, image à l'appui, avoir reçu le soir du 30 mai 2017 d'un certain Abou Mahdi al Roumi, se présentant comme "porte-parole des soldats du califat en France". 
"Vous avez le mérite d'avoir dit la vérité aux Français en condamnant les agissements de vos dirigeants qui mènent une politique impérialiste et une guerre injuste contre le Monde musulman", peut-on notamment lire dans le courriel

"Ce message a été envoyé au gouvernement français, à tous les grands médias, groupes et associations […] Inutile de prévenir la police car nous leur avons déjà envoyé notre message…", peut-on encore lire dans le mail, accompagné d'un lien de téléchargement vers l'ultimatum. 

Dans l'immédiat, le polémiste  accusé d'antisémitisme Marc-Edouard Nabe, qui a cotoyé Siné et toujours les journalistes et dessinateurs d’Hara-Kiri et de Charlie Hebdo, n'était pas joignable. L'authenticité des documents, elle, n'a pour l'heure pu être vérifiée. Ce qui est en revanche vérifié, c'est la publication de longs extraits de sa revue Patience, sur dix pages, par le groupe terroriste État islamique, dans le numéro 7 de son organe de presse de propagande Dar Al Islam.
La question se pose toutefois de savoir si une organisation anti-colonialiste d'extrême gauche ne serait pas impliquée dans cet ultimatum terroriste.

Hollande a inauguré la série des ultimatums de Daech

En 2014, 
lorsque l'otage français Hervé Gourdel était aux mains de l'organisation les Soldats du califat (Jund al-Khalifa) qui venait de faire acte d' allégeance à l'Etat islamique (EI), mouvance qui fait régner la terreur en Syrie et en Irak, le mouvement donna vingt-quatre heures le 22 septembre à François Hollande pour cesser ses frappes sur l'Irak dans un communiqué diffusé sur des sites Internet djihadistes.

L'EI menaçait clairement la vie de l'otage. 
La Kabylie, où le Français avait été enlevé, est une région montagneuse et boisée à une centaine de kilomètres à l'est d'Alger, en Algérie. Elle reste un théâtre d'opérations de groupes armés où il est toujours fortement déconseillé de se rendre.
Les Soldats du califat étaient alors placés sous la tutelle d'Aqmi, Al-Qaïda au Maghreb islamique, organisation militaire et terroriste, d'idéologie salafiste djihadiste.
Guide de haute montagne français, Hervé Gourdel a été assassiné le 23 septembre 2014, décapité par des 'soldats du califat', un groupe djihadiste algérien. L'Algérie et les milieux algériens sont une autre piste que les tenants de la prévention ne peuvent négliger.

vendredi 2 juin 2017

Macron refuse toute baisse d'impôt et toute amélioration du pouvoir d'achat

Son premier ministre juge "pas raisonnable" de baisser les impôts "pour tout le monde très vite"

E. Philippe
(juppéiste, ex-LR) renie ses propres choix antérieurs

Philippe ne rase pas gratis :
il tond !
Mettre en place "un dispositif dans lequel on baisse les impôts pour tout le monde très vite, ce ne serait pas raisonnable", a affirmé vendredi le Premier ministre Edouard Philippe, tout en admettant que "la pression fiscale en France est importante".

"Je fais partie de ceux qui pensent que la pression fiscale en France est importante et donc il faut faire attention à ne pas décourager ceux qui travaillent, ceux qui ont des revenus modestes et même au-delà de modestes", a déclaré M. Philippe sur RTL.

Mais "je ne peux pas faire un dispositif dans lequel on baisse les impôts pour tout le monde très vite. Parce que ça ne correspond pas aux engagements pris par le président de la République et parce que ça ne correspond pas à la situation de notre pays", a-t-il ajouté, taclant implicitement la politique du président, quand Macron était conseiller de Hollande à l'Elysée, puis ministre de l'Economie du précédent quinquennat.

"J'aimerais pouvoir dire que l'on va baisser les impôts pour tout le monde. Mais ce ne serait pas raisonnable", a insisté l'ancien maire LR du Havre, plaidant pour avoir "le courage de dire que l'on ne peut pas dégrader" la "situation financière" du pays.

"Donc on va prendre des mesures pour relancer l'activité, nous allons baisser les cotisations sociales pour les actifs, nous allons corriger cette taxe d'habitation qui est un impôt devenu injuste et incompréhensible. Mais je ne peux pas, y compris en période électorale et même surtout en période électorale, expliquer à chaque catégorie de Français que c'est formidable et qu'on va raser gratis", a martelé le Premier ministre.

Interrogé sur l'augmentation de 1,7 points de la Contribution sociale généralisée (CSG) prévue par Emmanuel Macron, E. Philippe a rappelé que "toute une série de retraités, ceux qui bénéficient d'une petite pension, ne sont pas du tout affectés".

"Pour les autres, nous allons rythmer l'augmentation de la CSG avec les mesures prises sur la taxe d'habitation pour que les deux mesures se contrebalancent", a-t-il poursuivi, assurant qu'"une énorme majorité de retraités, de l'ordre de 80%, ne verront pas leur pouvoir d'achat affecté"
"Un très grand nombre d'actifs, eux, bénéficieront des mesures mises en oeuvre", a-t-il fait valoir. 

"On peut toujours jouer à se faire peur", a polémiqué E.Philippe à l'adresse de la droite parmi les détracteurs de ces réformes. "Même si je n'ai que 46 ans et pas l'expérience politique de toute une série de mes amis, je sais que les campagnes électorales servent aussi à ça", a-t-il attaqué.

En vérité, Hollande avait promis une baisse d'impôts
La baisse de l’impôt sur le revenu promise aux ménages pour 2017 devait s’appliquer dès le mois de janvier, et non en août – comme cela aurait dû être le cas –, suite au vote dans la soirée du jeudi 15 décembre 2016, par les députés, sur proposition du gouvernement, à l'approche des élections présidentielles et législatives.
Un amendement au projet de loi de finances avait été adopté par l’Assemblée nationale. Il s’agissait de redonner du "pouvoir d’achat aux Français", avait assuré plus tôt sur Twitter le secrétaire d’Etat au budget, Christian Eckert.


La mesure devait bénéficier à cinq millions de contribuables parmi les classes moyennes. Elle représentait au total un milliard d’euros. Adieu veaux, vaches, cochons... mais Macron est tellement merveilleux !
Les électeurs de la "République en marche  en recul" doivent savoir à quoi ils renoncent.
La mesure, qui devait entrer en vigueur avant l’élection présidentielle, concernait à taux plein
les couples gagnant jusqu’à 3.400 euros de salaire net mensuel et les personnes seules gagnant jusqu’à 1.700 euros. Ces limites sont majorées pour les familles, par exemple jusqu’à 4.800 euros pour un couple avec trois enfants.Les personnes ayant un revenu fiscal de référence inférieur à 18.500 euros auraient eu une réduction d’impôt de 20 %. Ceux qui ont un revenu fiscal compris entre 18.500 et 20.500 euros auraient pu espérer une réduction d’impôt inférieure à 20 %. "Pour ceux qui bénéficient de la réduction d’impôt de 20 %, chaque mensualité ou tiers serai diminuée automatiquement de 20 %", avait précisé Bercy. Et qui était en charge de Bercy ? Macron...
Pour Les Républicains, François Baroin a confirmé "un projet de baisse des impôts"
Invité d’Europe 1 le mardi 9 mai, François Baroin a présenté les grandes orientations de la campagne LR dans la perspective des élections législatives (11 et 18 juin prochain). Le sénateur-maire de Troyes a décrit un "projet qui sera non seulement sans augmentation d’impôts, mais qui sera un projet de baisse des impôts" : "Ce sera un projet pour le pouvoir d’achat."

C'est devenu une habitude de reconnaître les problèmes pour, au final, refuser d'y apporter des solutions. 
Le mardi 30 juin, à propos des combines de son ministre Richard Ferrand, le premier ministre, Edouard Philippe, avait déjà reconnu "l'exaspération des Français" quant à "cette espèce de choses [innommables] qui ne sont pas illégales, mais ne sont plus acceptables", avant de confirmer soir que Richard Ferrand resterait dans son gouvernement, malgré tout. 
La rhétorique a conservé son emprise sur la communication de l'exécutif, bien que le nouveau pouvoir promette un renouvellement des moeurs politiques.


Affaire Ferrand : le soutien de Macron à son ministre condamné par les Français

54 % estiment que le président Macron a tort de maintenir le ministre au gouvernement

Les critiques 
d'une nette majorité de Français nuisent aux candidats 
de "La République en marche"

Malgré des intentions de vote encore favorables à "La République en marche" aux prochaines législatives, la crise morale autour de deux de ses ministres ternit l'image du gouvernement qui prétend réaliser la moralisation de la vie publique, selon un sondage Odoxa pour franceinfo au 1er juin.

Fort des moyens de l'Etat, l'exécutif s'était installé dans le déni. "L’affaire judiciaire n’existe pas", assura Benjamin Griveaux, le porte-parole du mouvement LREM, tandis que Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, répéta qu’"il y a un débat mais pas d’affaire Ferrand".

Le soutien du président Macron, désavoué par la population.

54% des Français trouvent qu’Emmanuel Macron a tort de maintenir Richard Ferrand (ex-PS) au gouvernement. Depuis les révélations du Canard enchaîné, le président de la République et le Premier ministre affirment leur soutien au ministre de la Cohésion des territoires, au prétexte qu'il n'est pas mis en examen et bien qu'une enquête préliminaire ait finalement été ouverte par le Parquet de Brest. Est-ce un pas en avant pour patienter jusqu'au soir du 18 juin, date du second tour des législatives ?

Jusqu'ici, l'exécutif pouvait s'appuyer sur le refus du Parquet de Brest, et surtout du Parquet national financier (PNF), par ailleurs zélé dans le Penelopegated'inquiéter  Ferrand en s'emparant de l'affaire, mais l'ouverture d'une enquête en Bretagne vient contenter l'opinion sans déranger la stratégie gouvernementale consistant à gagner du temps. Il n'empêche qu'à vouloir finasser, l'exécutif met en difficulté les candidats de En marche!
"A un moment donné, il faut siffler la fin..."(un député macronien à franceinfo)
Pour l'instant, alors que François Bayrou a présenté les contours de son projet de loi sur la moralisation politique, rédigé en dix jours, Emmanuel Macron a décidé de temporiser.
Le procureur de la République de Brest a ouvert jeudi 1er juin une enquête préliminaire dans l'affaire immobilière impliquant le ministre du gouvernement Philippe. Alors maintenir à son poste un ministre ainsi soupçonné apparaît sans doute contradictoire avec la détermination par ailleurs affichée par le président Macron à rompre avec les anciennes pratiques et l'urgence affichée pour annoncer le projet de loi sur la moralisation de la vie publique.

L'image du gouvernement mise à mal par la polémique autour de Marielle de Sarnez (MoDem)

Outre l'affaire Ferrand, 57% des sondés déclarent que l'enquête préliminaire sur l'emploi d'un collaborateur au Parlement européen visant Marielle de Sarnez, la ministre des Affaires européennes (et proche de François Bayrou, le porteur de le loi de moralisation), dégrade l'image qu'ils avaient du gouvernement.
La déception des Français est en vérité plus générale sur la capacité du président Macron de former un gouvernement irréprochable. Alors qu’ils étaient 66 % à s’en dire satisfaits au lendemain de l’annonce, ils ne sont plus que 59 % à se montrer ainsi positifsune baisse de 7 points en dix jours. L'insatisfaction de l'opposition a augmenté de 14 points à droite (à 56 % ) et de 16 points au FN (à 26 % ).Cela entame en partie la réussite de "l’opération Edouard Philippe".
En nommant un juppéiste à Matignon et deux ministres issus 
de LR, l'héritier de François Hollande avait troublé une partie des sympathisants LR et UDI, ceux qui attendaient le plus la composition du gouvernement pour effectuer leur choix aux législatives.
Même si REM part aux législatives avec une large marge d’avance, 
cela peut lui coûter plusieurs dizaines de sièges de députés et entamer la crédibilité de ce tout récent mouvement qui vise à se muer en parti politique présidentiel. Il reste une dizaine de jours de campagne et le mécontentement peut s'amplifier, d’autant que l'enquête Odoxa intervient avant l'annonce de l’enquête préliminaire du Parquet de Brest sur Richard Ferrand.
Cette enquête Odoxa pour franceinfo a été réalisée auprès d'un échantillon de 989 personnes interrogées par Internet les 31 mai et 1er juin.

jeudi 1 juin 2017

Affaires: une majorité de Français veut moraliser le couple exécutif, Macron-Philippe

Vers un beau texte de moralisation qui s'appliquera peut-être, aux autres...

Deux ministres à la fois, Ferrand et Sarnez, restent imperturbables dans la honte 

Les deux salissent de leurs combines la vie publique, tout en réclamant sa moralisation : l'une est soupçonnée d'emplois fictifs et l'autre, accusé de montage immobilier, avec en commun l'appât du lucre.
Le député du Finistère est dans la tempête depuis une semaine et les premières révélations du Canard enchaîné concernant une location immobilière des Mutuelles de Bretagne impliquant sa compagne. 

Selon un sondage Harris Interactive pour RMC et Atlantico publié mercredi, une large majorité de Français estime que les ministres Richard Ferrand et Marielle de Sarnez devraient démissionner en raison des soupçons pesant sur eux. 
D'après cette enquête, 73 % des personnes interrogées jugent que les faits reprochés à Richard Ferrand sont graves. Il s'en trouve néanmoins 27 % d'un avis contraire. 
Pour 70 %, le ministre de la Cohésion des territoires doit démissionner, contre 30 % qui estiment qu'il peut rester en place. 

Ni l'exécutif, ni le pouvoir judiciaire n'est en phase avec l'opinion

Richard Ferrand est empêtré dans une affaire immobilière.
Le Premier ministre Édouard Philippe, a une nouvelle fois apporté son soutien mardi soir sur France 2, "malgré l'exaspération des Français" devant ce type de pratiques. Il a répété que tout ministre mis en examen devrait quitter le gouvernement. Si toutefois le garde des Sceaux donne le feu vert à un procureur. Seul celui de Brest a fini par se sentir interpellé. Le Parquet national financier ne poursuit que l'opposition et se croit au-dessus de la morale.

Le  sondage porte aussi sur la ministre des Affaires européennes, Marielle de Sarnez. Réalisé après l'intervention télévisée du chef du gouvernement, il s'intéresse à cette autre ministre sur son passé d'eurodéputée, dont on sait depuis plusieurs mois  - avant la constitution du gouvernement auquel elle a néonmoins été admise -  qu'avec 18 autres députés européens de tous bords, elle est visée par une enquête préliminaire pour des soupçons d'emplois fictifs de collaborateurs au Parlement européen. 
Pour 65 % des Français, les faits reprochés à Marielle de Sarnez sont graves, contre 35 % d'un avis opposé. 
62 % estiment d'ailleurs qu'elle devrait démissionner (contre 38 %). 

Bipolaire, excitée comme une puce à son entrée au gouvernement (après tout une carrière d'attente infructueuse), mais par ailleurs aigrie et hargneuse, la vice-présidente du MoDem a déposé une plainte pour "dénonciation calomnieuse" contre l'eurodéputée du Front national Sophie Montel, qui a envoyé une lettre à l'origine de la procédure. Elle est elle-même poursuivie et rétive à la discrimination dont elle était jusque-là seule victime.

Les collègues au MoDem de la reinette fripée ne pouvaient ignorer les combines du bras droit de Bayrou, bombardé garde des Sceaux, malgré son entourage: Jean Arthuis, le général Philippe Morillon ou Sylvie Goulard, ministre des Armées dans le gouvernement Édouard Philippe, sont-ils complices et coupables de ne pas avoir révélé ce qui n'avait pas pu manquer de parvenir à leur connaissance ?

Macron est-il compétent, donc, pour moraliser la vie publique ?

Enfin, 67 % des sondés pensent que le gouvernement d'Édouard Philippe " souhaite vraiment moraliser la vie politique", contre 33 % d'un avis contraire. Mais seuls 43 % estiment qu'il y parviendra (57 % pensant qu'il échouera). Emmanuel Macron avait fait de la moralisation de la vie publique le premier chantier de son quinquennat, mais il trébuche au premier pas.

Sondage réalisé en ligne le 30 mai après l'intervention d'Édouard Philippe au journal télévisé de 20 heures sur France 2, auprès d'un échantillon de 924 personnes représentatif des Français de 18 ans et plus (méthode des quotas).

Bourlanges, un de ces soutiens de Macron qui n'en peuvent plus de Ferrand

Jean-Louis Bourlanges, soutien d'Emmanuel Macron, "choqué" par l'affaire Ferrand 

Plusieurs sociétés et personnes sont concernées par les révélations sur le ministre de la Cohésion des territoires.

Actuel candidat "En Marche!" aux prochaines législatives, Jean-Louis Bourlanges s'est embarqué dans une mauvaise galère. Alors cet ancien vice-président de l'UDF s'est lâché sur l'affaire soulevée par Richard Ferrand, ce mercredi soir sur BFMTV. "Si j’avais été à la place de Richard Ferrand j’aurais démissionné pour ne pas nuire à mon camp", a-t-il notamment dit.
VOIR et ENTENDRE le candidat REM -craignant pour son siège à l'Assemblée- prendre les gens d'en considération En marche! et aussi la loi de moralisation :


Bourlanges a été membre de la Conférence Olivaint, la plus ancienne association étudiante de France qui, dans l'esprit des congrégations religieuses (le fondateur est un Jésuite), fournit à ses membres - cooptés - une éducation à la vie publique, dispensée par des conférenciers appartenant au monde politique et à la vie civile. Parmi ses anciens, elle compte notamment, Jacques Attali (où Mitterrand le recruta), Mounir Mahjoubi (secrétaire d’État chargé du numérique), Jean-Pierre Chevènement, Laurent Fabius (son président en 1968: il fit accepter la laïcité), Raphaël Enthoven, Michel Charasse, Arnaud Montebourg (il y fut formé à l'art oratoire), Alain Poher, Jean-Noël Jeanneney, Frédéric Mitterrand, Michel Vauzelle, Jérôme Jaffré, Karine Berger, René Pleven, Robert Schuman, Pierre Mendès France, Georges Bidault, etc...
La Conférence organise des voyages d'étude à l'étranger (la Turquie en 2007, le Kosovo en 2011, la Chine en 2012, la Tunisie en 2013, l'Iran en 2014, la Grèce en 2016), où ses membres rencontrent des personnalités politiques du pays visité. Ainsi, sous la présidence de Jean-Louis Bourlanges, la Conférence Olivaint fut la première association française à se rendre dans l'Algérie nouvellement indépendante.

Bourlanges est plus modéré avec Ferrand que contre Fillon

Sur France Culture, dimanche 12 février, Jean-Louis Bourlanges tira à boulets rouges sur le candidat de la droite pour la présidentielle, demandant à François Fillon de se retirer, sur simples soupçons d'emplois fictifs de sa femme et de ses enfants. 
"Chez Fillon, c'est très net. On a à faire à un candidat qui est, à la fois, sournois, arrogant et corrompu. C'est terrible pour son camp. C'est certainement le pire candidat que la droite de gouvernement pouvait avoir", assurait Jean-Louis Bourlanges.

L'ancien soutien de François Bayrou à la présidentielle de 2007 était très critique envers la défense adoptée par François Fillon. Et il le disait très ironiquement. "Il campe de façon assez brillante sur une position de déni, détaille-t-il. Il est en mode 'Je prends mon camp en otage, et si je péris, il périt avec moi'. On a un candidat qui plombe la droite."

Ferrand est-il pareillement sournois, arrogant et corrompu ?
La morale ne s'applique pas à la sphère privée, nous dit-on aujourd'hui. 
Les cotisations des mutualistes de Mutuelles de Bretagne ne seraient pas de l'argent public: faut voir...
 
Alors que les Mutuelles de Bretagne cherchaient à créer un nouveau centre de soins dans Brest, Richard Ferrand avait organisé l’achat de locaux par sa compagne Sandrine Doucen, pour qu’elle les loue ensuite aux Mutuelles à qui elle ferait financer les frais de remise en état, réalisant ainsi une plus-value aux dépens de la mutuelle et de l'esprit mutualiste. Et, selon le procureur de Brest, l'abus de confiance des adhérents n'est pas établi ?

S. Doucen étant absente et l’affaire se faisant pressante (?), Richard Ferrand avait signé en son nom propre le compromis de vente des locaux, prévoyant qu’une société civile immobilière (SCI) à venir se substituerait ensuite à lui avant la vente. Aucun montage immobilier illégal selon le Parquet de Brest ?

Avant même de créer la SCI, Sandrine Doucen a soumis son offre au conseil d’administration des Mutuelles de Bretagne, qui l’ont choisie début 2011 parmi les trois propositions sur la table. Dans la foulée, la maîtresse de Ferrand a créé la SCI Saca et a finalisé avec elle l’achat des locaux, qu’elle a commencé à louer aux Mutuelles. Ferrand est alors directeur général de Mutuelles de Bretagne et conseiller régional de Bretagne depuis 2010. Le Parquet de Brest n'a pas à juger de la moralité d'un conseiller régional socialiste...

Si 
la mutuelle dirigée par Ferrand assure avoir fait le choix de l'offre la mieux disante (celle de Sandrine Doucen), elle ne tenait pas compte du coût important des travaux qu'elle a dû prendre à sa charge (184 000 euros). Ferrand a-t-il géré Mutuelles de Bretagne au mieux des intérêts de ses adhérents ? Ou y a-t-il abus de confiance ?

La SCI Saca appartient aujourd’hui à Sandrine Doucen (99 % des parts) et à la fille qu’elle a eue avec Richard Ferrand (1 %). Les loyers de ces locaux brestois ont permis à la SCI d’acquérir en 2013 un appartement de 353.000 euros à Paris. Et le procureur de la République ne soupçonne aucun enrichissement personnel ?

A la suite de ces révélations,
le ministère de la Justice (le Parquet national financier, PNF), dont le moralisateur de la politique, François Bayrou, est en charge, a estimé que ces faits n’entrent pas dans son "champ de compétence". Le parquet de Brest - sous la tutelle de Bayrou - a également précisé qu’à ce stadeil n’ouvrira pas  d’enquête préliminaire.

Lorsque Jean-Louis Bourlanges avait déclaré son soutien à Emmanuel Macron, 
France Culture avait chassé l'essayiste et ancien élu du service public. Sa nouvelle directrice, Sandrine Treiner, 52 ans, une ex du journal Le Monde, avait cédé à une conception clanique de la politique.

Le renouvellement des moeurs politiques, voulu par Macron et Ferrand, connaît des ratés à l'allumage. Depuis février 2017, Bourlanges a vu sa lanterne s'éclairer mais, désormais, les jugements du candidat En marche! sont soudainement empreints de modération.