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jeudi 6 février 2020

Pour un Français sur deux, le blasphème n'est pas un droit et 53% des Français "sont Mila"

Un Français sur deux s'oppose au droit nouveau de blasphémer !

Un sondage Ifop commandé par Charlie Hebdo assure que la question divise la France en deux

Résultat de recherche d'images pour "Charlie Hebdo du 1er novembre 2017, avec une caricature de Tariq Ramadan par Juin"

Avant l'affaire Mila, les Français ne se posaient pas la question de ce nouveau droit à l'irrespect.  Le second degré en matière d'humour a ouvert une brèche dans les égards dus à toutes et tous, partout et en tout lieu, mais les religions feraient exception, comme la vie embryonnaire.

Le sondage, technique sournoise éventée pour faire évoluer les mentalités à leur corps défendant. A en croire les libertaires de Charlie hebdo, les Français seraient désormais taraudés  par le besoin d'un nouveau droit, celui de baver, salir et insulter son voisin : en somme, les réseaux sociaux n'y suffiraient pas...

Les Français sont divisés sur la question du droit au blasphème. 

Preuve que cet outrage marginal n'est pas leur principal sujet de préoccupation. 
Il faut donc qu'elle le devienne: telle est la mission idéologique de Charlie hehdo, connu pour ses caricatures, singulièrement anti-cléricale, mais à spectre large, s'attaquant au fait religieux, croyance et croyants mêlés partout sur cette planète désorientée par le réchauffement climatique supposé, comme  par la perte avérée de tout repère, offrant une voie royale à la haine.

Telle une pub commerciale créant un besoin de consommation, un sondage Ifop financé par Charlie Hebdo est publié ce mardi, à la faveur de l'affaire Mila pour instrumentaliser les propos échangés entre cette adolescente virulente et un agresseur verbale musulman qui la traitait de "sale lesbienne", déclenchant un flot de menaces homophobes, sorte d'appel au caillassage de la lycéenne, à la suite de ses répliques frontales sur les réseaux sociaux: dommage collatéral non assumé des campagnes féministes qui entretiennent la guerre des sexes après l'avoir rallumée au détour d'affaires de harcèlement sexuel et d'agressions sexiste et homophobe. 

Ce sondage partisan est réalisé quinze jours après la publication sur les réseaux sociaux d'une vidéo de cette lycéenne iséroise de 16 ans.
Elle y riposte à l'agression homophobe dont elle est victime et critique l'islam crûment, sans crainte d'une escalade de l'irrespect. 
La militante de la cause LGBT a depuis été menacée de mort et de viol, et n'a toujours pas pu réintégrer son établissement scolaire, ni aucun : en classe de seconde, cette lycéenne de l'école de la République laïque est déscolarisée.

56% en désaccord avec Belloubet, ministre de Macron 

Les sondés savent-ils ce qu'est le blasphème ?

D'après TF1 qui a cartonné avec son émission-choc "Stars à nu", les hommes de France applique strictement le principe "Ton corps t'appartient" et avoue de sévères réticences à faire pratiquer un examen de leur prostate.
Une émission a priori racoleuse, mais bon enfant au final. Et salutaire.


A la question
"êtes-vous favorable à ce droit de critiquer - ce qui est jusqu'ici un droit fondamental (dans le respect) -, Charlie hebdo introduit une extension : "même de manière outrageante, une croyance [sectaire, complotiste, etc], un symbole [républicain ?] ou un dogme religieux [nous y voilà !] ?", les personnes interrogées répondent à tout juste 50% y être favorables (21% "tout à fait favorables" et 29% "plutôt favorables"), et à 50% "pas favorables" (33 % "plutôt pas favorables" et 17% "pas du tout favorables").

Par ailleurs, 58% des sondés estiment que les propos tenus par Mila ne relèvent pas de la "provocation à la haine à l'égard d'un groupe de personnes, en raison de leur appartenance à une race ou à une religion déterminée". Le parquet de Vienne avait initialement ouvert une enquête pour ce motif, avant de la classer sans suite.
En revanche, le sondage IFOP n'évoque à aucun moment l'insulte homophobe.

Autre objectif du sondage pour Charlie hebdo: 56% des personnes interrogées ne sont "pas d'accord" avec les propos de Nicole Belloubet


La garde des Sceaux avait d'abord déclaré que "l'insulte à la religion est évidemment une atteinte à la liberté de conscience", avant de plaider la maladresse.

70% ne sont pas non plus d'accord avec les déclarations du CFCM.
Le délégué général du Conseil français du culte musulman - proche des Frères musulmans -  avait critiqué les menaces dont l'adolescente lesbienne était la cible, tout en affirmant entre autres, "qui sème le vent récolte la tempête", un appel à la lapidation.

53% des Français se sont déclarés #jesuisMila

Les Musulmans interrogés ne sont que 18%.

Un Français sur deux est contre le droit au blasphème.
Mila "regrette la vulgarité" de ses propos sur les réseaux sociaux.
Blanquer assure "aider" l'adolescente toujours déscolarisée.

mardi 4 février 2020

L'offense de Ségolène Royal à Mila, adolescente "encore en crise d'adolescence"

Mila, accusée d'insulte à l'islam et menacée de mort, n'est pas un "parangon de la liberté d’expression", juge la battue à la présidentielle

D'une part, Mila ne pose pas en "parangon de la liberté d'expression", mais d'autre part, Royal n'est pas juge des élégances



Ségolène Royal refuse son soutien à l'adolescente de 16 ans en classe de seconde, bien qu'elle soit menacée de mort, au motif qu'elle a violemment critiqué l’islam. Ainsi, pour la socialiste, dénoncer les excès de l'islam serait inconcevable en république laïque. En conséquence,  elle milite en clamant qu'elle n’aurait "absolument pas" posté le hashtag ”#Jesuismila” sur les réseaux sociaux. L’ancienne pourfendeuse du string à l'école estime que "cette adolescente qui manque de respect”, ne doit pas être érigée en "parangon de la liberté d’expression.

La religion peut être critiquée, mais dans le respect des personnes.
"Il y a une liberté de critiquer la religion. Mais, moi, je refuse de poser le débat sur la laïcité à partir des déclarations d’une adolescente de quinze ans, affirme l'ex-ministre déléguée à l'Enseignement scolaire de Jospin (1997-2000). Ce n’est pas à partir de comportements comme ceux-là qu’on peut poser sérieusement la question de la laïcité”, a ainsi estimé Ségolène Royal ce dimanche 2 février sur France 3, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Et l’ancienne battue de la présidentielle de 2007 humilie l'adolescente

Elle estime que la lycéenne est peut-être “encore en crise d’adolescence.” "Revenons à des choses sérieuses. Si cette adolescente (...) avait dit la même chose sur son enseignant, sur ses parents, sur sa voisine, sur sa copine, on aurait dit simplement 'un peu de respect'", a ajouté la magistrate dans ses attendus, bien que partisane des conseils municipaux des jeunes dès le collège.

L'ex-ministre à la famille porte sur les jeunes des jugements à géométrie variable.
Paradoxalement, en septembre dernier, Ségolène Royal disait tout le bien qu'elle pense de la jeune militante suédoise Greta Thunberg et de son combat pour le climat.
"Je la trouve formidable" et "extrêmement brillante", s'est-elle exclamée. "Je trouve scandaleux les attaques qui sont dirigées contre elle même par certains intellectuels", a-t-elle ajouté. Selon l'ancienne ministre, "ce que ne supporte pas un certain nombre d'adultes c'est qu'elle soit très jeune (16 ans) et qu'elle sache parfaitement ce qu'elle dit. (...) On la tacle soi-disant de lire des choses qu'on lui a préparé, pas du tout", affirme-t-elle.
"
C'est comme des parents qui ne tolèrent pas que leurs enfants leur disent leur quatre vérités. Elle vient, elle dit ses quatre vérités, elle arrive à soulever des lycéens à travers la terre entière", constate Ségolène Royal. (émission On n'est pas couché, samedi 14 septembre)
"Critiquer une religion n’empêche pas d’avoir du respect"

A la question de savoir si la liberté de critiquer les religions doit être totale, l’ancienne ministre de la Transition écologique élude. 
"Critiquer une religion n’empêche pas d’avoir du respect, ça n’empêche pas d’avoir de l’éducation, de la connaissance, d’être intelligent et certainement pas d’ériger une adolescente qui manque de respect en parangon de la liberté d’expression", a-t-elle glosé sans répondre.

Mila, elle, est toujours empêchée de retourner dans son établissement scolaire.
Plus de dix jours après avoir publié sa vidéo polémique, la séquence en question reste virale sur les réseaux sociaux, attirant un déferlement de menaces, de soutiens et un lot de polémiques impliquant jusqu’à des ministres.

La ministre de la Justice Nicole Belloubet s'est confirmée de parti-pris en assimilant la critique des religions à "une atteinte à la liberté de conscience", avant d'être contrainte à un piteux rétro-pédalage en plaidant la maladresse...

La secrétaire d’Etat à l’Egalité des femmes, Marlène Schiappa, s’en est prise aux déclarations du délégué général du Conseil français du culte musulman, Abdallah Zekri qui déclarait notamment: "qui sème le vent récolte la tempête". "Je trouve que ce sont des propos criminels, ce sont des propos coupables", avait fustigé Marlène Schiappa.

Ni l'appel à la lapidation lancé par le CFCM, ni l'insulte homophobe du jeune musulman qui traita Mila de "sale lesbienne" n'émeut l'amère Royal.


jeudi 30 octobre 2014

Une maire-adjointe musulmane PS refuse de marier un couple lesbien: elle est contrainte de démissionner

Le PS divisé sur le mariage entre personnes du même sexe

La loi Taubira, dite du mariage pour tous,
 fait des remous en milieu PS
Une adjointe à la Famille au maire socialiste du 15-16e arrondissement de Marseille a dû démissionner de la délégation dont elle avait la charge pour avoir refusé - en août dernier - de marier un couple lesbien, apprend-on ce jeudi 30 octobre dans La Provence. 

Samia Ghali reconduit sa conseillère municipale, Sabrina Hout, à la frontière de sa mairie d'arrondissement. La jeune femme a dû renoncer à son poste d'adjoint en charge de la Famille il y a quinze jours. Elle "ne marie plus non plus, et ne touche donc plus aucune indemnité", précise au quotidien régional la maire du secteur, Samia Ghali, unique mairie socialiste de la ville.

Cette élue a subitement fait faux bond, laissant la responsabilité d'assurer la cérémonie à un autre édile non habilité.
Le mariage homosexuel en question doit donc être prochainement annulé.  Le Parquet de Marseille a depuis ouvert une enquête préliminaire pour "faux", car les actes de mariage, les registres et les livrets de famille ont tout de même été signés par Sabrina Hout (photo ci-dessus)...

Liberté de conscience réprimée par la nouvelle législation

Cette jeune conseillère municipale d'origine tunisienne "a expliqué qu'elle ne se sentait pas très bien" au moment de célébrer le mariage de deux femmes d'une cinquantaine d'années, Claude et Hélène,"alors qu'elle avait assuré d'autres mariages ce samedi 16 août". 
Un autre élu, un homme, avait dû célébrer l'union au pied-levé alors qu'il n'était pas administrativement habilité à le faire.
Des adjoints entendus pour cette enquête préliminaire ont dit que la conseillère municipale avait évoqué ses convictions religieuses - elle est de confession musulmane - pour refuser de marier le couple. 
"Je m'en serais bien passée. J'ai été en colère parce qu'on n'a jamais eu ce genre de problème. Après, je reste persuadée que ça n'est pas pour elle qu'elle a agi de la sorte...", raconte toutefois la sénatrice-maire de Marseille Samia Ghali à La Provence.
La réaction de la 11e adjointe était pourtant courue d'avance quand on connaît la position de l’islam sur l’homosexualité. Les propos de Dalil Boubakeur, en janvier 2013, en témoignent : […] "La religion musulmane rejette formellement l’homosexualité en tant qu’orientation, mal vue et condamnée dans les textes sacrés." […]
La conférence des présidents du Tribunal de Grande instance de Marseille recevra mardi prochain les conclusions du Parquet sur cette affaire. 
L'audience civile d'annulation interviendra dans la foulée. L'élue encourt un rappel à la loi.


mercredi 22 janvier 2014

Avortement: l'UMP et l'UDI dénoncent une "provocation" socialiste inutile

Vallaud-Belkacem fait de l'auto-promotion; 
Bayrou, mécréant pratiquant, reste couvert

Les centristes dénoncent aussi
, de concert avec la droite, l'amendement socialiste à la loi Veil

par le biais du projet de loi porté par Najat Vallaud-Belkacem, mère-porteuse du texte sur l'égalité hommes-femmes. En rouvrant le débat sur l'IVG qui doit rester une "exception", le gouvernement commet "une faute morale et politique", a estimé François Fillon.D'autres voix de l'UMP ne voient pas davantage pourquoi il faudrait "rouvrir un débat sur la loi Veil", comme Bruno Le Maire ou l'ancien président de l'Assemblée, le Dr Bernard Accoyer qui veut "sanctuariser" ce texte.Une détermination de la droite de convictions déjà observée au début du débat sur le mariage entre personnes du même sexe, dit pour tous... et qui avait permis la libre expression des opposants à la mise en coupe réglée de la société française par les forces nihilistes de gauche.

"Le groupe est à 98% contre l'amendement socialiste qui émane d'un député isolé." 
Le député UMP Philippe Gosselin est en revanche parfaitement représentatif des "différents points de vie au groupe UMP" sur la question de l'avortement et en phase avec une large part de la population comme le démontre la "Marche pour la Vie", manifestation anti-avortement de dimanche, qui a mobilisé quelque 40.000 opposants à la sape des fondements de notre société occidentale, estime  le chef du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob
Cet amendement au projet de loi sur l'égalité hommes-femmes, discuté à partir de ce lundi et aussitôt passé au vote à la hussarde ce mardi soir à l'Assemblée nationale, veut supprimer la notion de "détresse" comme écrit dans la loi de 1975. "Il n'y aucun problème avec la loi Veil. Il n'y a pas d'enjeu. De toute façon, la notion de détresse n'était pas appliquée, elle n'avait jamais été codifiée. Ce n'est qu'une provocation qui ne change rien sur le fond", ajoute Christian Jacob.

Nous ne tomberons pas dans le piège de la provocation 

"Provocation", c'est aussi le terme de Philippe Vigier, porte-parole de l'UDI. Il note que "le mot 'détresse' n'est peut-être plus adapté" et critique clairement la méthode employée. "Passer par un amendement parlementaire, c'est une pratique faussement habile de la part de Najat Vallaud-Belkacemministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement. Le gouvernement dit vouloir apaiser la société, mais là encore il divise sur un sujet sociétal, alors même que l'avortement est remis en cause en Espagne et ailleurs." 

Le patron de l'UDI, Jean-Louis Borloo, lui aussi redoutait récemment le "risque d'ouvrir la boîte de Pandore". 
Soucieux de ne pas l'ouvrir davantage, Philippe Vigier souligne que les centristes sont quasi-unanimes. "Nous voterons le texte sur l'égalité hommes-femmes mais laissons la liberté de conscience des députés du groupe sur cet amendement", ajoute Philippe Vigier. "A l'UDI, nous ne tomberons pas dans le piège de la provocation, nous", assurait-il. 

dimanche 4 août 2013

Des mécréants algériens rompent le ramadan en réaction à l'islamisation

Contre l'"islamisation", un pique-nique géant en plein ramadan

Plus de 500 Algériens ont mangé et bu en public pour marquer leur "liberté de conscience"

Des bouteilles d'eau, des baguettes de pain et même de la bière pour certains. Plus de 500 Algériens ont mangé et bu en public en plein ramadan samedi dans la ville "rebelle" de Tizi Ouzou, dans une première action collective du genre depuis plusieurs décennies pour marquer leur liberté de choix face à l'"islamisation" du pays: une manière de demander à l'Etat de respecter les libertés individuelles. "Il y a un climat de terreur qui règne contre ceux qui ne jeûnent pas" durant le mois de jeûne sacré musulman du ramadan, dénonce l'un d'eux, Ali, la quarantaine, un technicien de cette ville kabyle située à 100 km d'Alger.
Tahar Bessalah, un entrepreneur en climatisation kabyle venu d'Alger, acquiesce. "Il faut que la religion reste du domaine du privé", dit-il en s'affirmant "musulman de tradition mais pas jeûneur". Parmi les participants à cette action, figurent des citoyens sans affiliation et des militants politiques.
Souvent berbères, ils n'hésitent pas à afficher le drapeau berbère. 
Un étudiant de 18 ans, Lounès, va encore plus loin en arborant une pancarte sur laquelle est écrit: "Je ne suis pas arabe. Je ne suis pas obligé d'être musulman".

La ville de Tizi Ouzou a été le théâtre de troubles parfois sanglants 

Les Berbères ont très mal vécu les politiques d'arabisation imposées par le gouvernement depuis l'indépendance: ils veulent faire avancer leurs revendications culturelles et identitaires Kabyles. 
Face à un public essentiellement jeune et masculin, le président du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK), Bouaziz Aït Chebib, a revendiqué "l'attachement ancestral" des Kabyles "à la liberté de conscience". "Nous voulons dénoncer l'inquisition des autorités", "l'instrumentalisation de la religion", lance-t-il, applaudi par les manifestants.
 
Et d'annoncer que des manifestations similaires sont prévues ce jour à Bejaïa, ville portuaire kabyle, et même en France et au Canada, où vivent d'importantes communautés kabyles.

Pendant le ramadan durant lequel les musulmans s'abstiennent de boire, de manger, de fumer et d'avoir des relations sexuelles du lever jusqu'au coucher du soleil, les restaurants sont ouverts seulement dans les hôtels de luxe, et les autorités tout autant que les religieux incitent la population à respecter le jeûne, l'un des cinq piliers de l'islam. 
Jusque dans les années 1980, dans les villes au moins, les restaurants étaient ouverts et ne jeûnaient que ceux qui le voulaient.


samedi 13 juillet 2013

Le "mariage pour tous" crée la désunion au PS

Le "mariage pour tous" ne fait pas l'unanimité que l'on nous dit au PS


La presse a caché que les opposants au projet de loi Taubira et l'adoption pour tous reçoivent du renfort de la gauche.
 

Certains sont même allés manifester dès le 13 janvier. 
"Au sein des familles politiques, nous ne sommes pas tous sur la même longueur d'onde", soulignait ce vendredi matin la socialiste Anne Hidalgo, à propos du projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe. Effectivement. A droite, des figures de l'UMP et du FN ne battront pas le pavé dimanche, en dépit du soutien officiel de leurs partis à cette initiative. A l'inverse, plusieurs personnalités du PS et groupes liés à la majorité ont indiqué leur présence dans le défilé, en contradiction avec l'engagement de François Hollande et de la position du parti.

Georgina Dufoix manifeste pour "l'altérité" sexuelle


La manifestation "fédère bien au-delà des catholiques de droite", estime Georgina Dufoix, dans un entretien accordé à La Vie début janvier. La socialiste qui fut secrétaire d'Etat puis ministre chargée des questions familiales dans les années 1980, sous la présidence de François Mitterrand, fera partie des manifestants de gauche dans le défilé à Paris, "avec [son] mari". Protestante évangélique, elle se dit gênée que la réforme voulue par François Hollande aille jusqu'à "nier l'altérité entre un homme et une femme", une évolution "contraire à la réalité de notre condition humaine", selon elle. 

"Un homme et une femme", un argument finalement beaucoup repris"
Elle ne souhaite pas de scandale", mais "une manifestation digne et sereine", a expliqué son mari, Antoine Dufoix, après un incident, jeudi: des militants d'Act Up Paris ont déversé du faux sang sur les marches du Grand Palais à Paris pour protester contre sa venue à une conférence de presse du collectif La Manif pour tous. (lien YouTube) Elle avait été une des personnalités mises en cause dans l'affaire du sang contaminé dans les années 1980, relaxée en 1999 par la Cour de justice de la République. 

Ils sont finalement assez nombreux à souligner l'importance de la "différence sexuelle" qu'il faut maintenir dans la loi. Sans pour autant aller manifester. L'ancienne ministre de la Justice Elisabeth Guigou est sur cette ligne, tout comme l'ancien Premier ministre Lionel Jospin qui aurait d'ailleurs souhaité une "expression plus précise" que le "mariage pour tous". Sa femme Sylviane Agacinski est également plus que réservée sur l'homoparentalité.

Bernard Poignant, au plus près de François Hollande

Cet argument est forcément arrivé aux oreilles de François Hollande. Car au sein même de son entourage proche, la voix de Bernard Poignant, conseiller de l'Elysée, détonne. "J'ai dit à François ce que je pensais, tout en me gardant de sonder ses convictions personnelles",
confiait-il récemment à L'Express. Pour lui, "la seule question qui se pose ne concerne pas les adultes mais les enfants. (...) Tout enfant, quel que soit le cadre de son éducation, doit savoir qu'il a un père et une mère, même s'il est élevé par deux hommes ou deux femmes." Une position qu'il expliquait au Télégramme en septembre dernier, et qu'il développait déjà en 2010 sur son blog, glissant aussi un parallèle avec la polygamie à l'époque
Bien qu'opposé au projet de loi actuel, le maire de Quimper assure qu'il célèbrera les futurs mariages de couples homosexuels s'il est sollicité: "Un maire doit respecter la loi." Pas de liberté de conscience dans ce cas, donc. En revanche, il suggér[ait] que "la discipline de vote soit levée dans les groupes parlementaires", ajoute-il dans une interview au Télégramme. Bernard Poignant appelait à une "réflexion posée, longue" et à des consultations poussées au Parlement, afin de "sortir des polémiques stériles".

Un papa, une maman... 
L'argument est aussi repris à gauche, par des figures qui tiennent au maintien de la "différence sexuelle" dans la loi française.

Les Poissons roses défilent en banc

Forts de 600 à 800 membres, essentiellement des militants et des élus PSce courant existe depuis un an et demi, explique Philippe Deroux, "poisson pilote" du mouvement fondé il y a un an et demi. Parmi les derniers élus qui leur ont apporté un soutien, il cite Chantal Berthelot, députée de Guyane, ou encore Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle. Auparavant, "Michel Rocard avait signé notre contribution au Congrès de Toulouse, et Jean-Pierre Mignard aussi, même s'il exprimait quelques réserves", fait valoir Philippe Deroux

Ce groupe a appelé à manifester le dimanche 
à Paris13 janvier 2013  "à condition que tout soit fait pour éviter les dérives homophobes". Ces "poissons roses", qui se revendiquent du "personnalisme", réclament de grands "états généraux sur le mariage républicain qui est actuellement en crise." 

La "Gauche pour le mariage républicain", c'est quoi?

Autre groupe dont le nom revient parmi les participants: la "Gauche pour le mariage républicain". 
On y retrouve notamment Laurence Tcheng, une "femme de gauche" souvent présente au côté de Frigide Barjot, figure de proue de la "Manif pour tous". "Comme nous aux Poissons roses, ce sont des gens qui ont voté pour François Hollande, simplement parce que c'était le meilleur choix" sans pour autant soutenir sa position sur le mariage et l'adoption pour tous, note Philippe de Roux. 


Des maires socialistes divisés

Ce dernier établit une distinction: "Ce groupe se compose davantage de simples électeurs, pas de militants ou d'élus." Pourtant cette étiquette apparaît accolée au nom de l'ex-maire de Quimper, Bernard Poignant, euro-député, dans la liste des participants prévus à un séminaire organisé du 2 au 4 novembre à Paray-le-Monial. Il s'agissait d'une "rencontre des têtes de réseaux représentants l'engagement chrétien en politique et l'engagement sociétal chrétien"
Autre curiosité relevée par Rue89: la "Gauche pour le mariage républicain" ne correspondrait à aucune association, mais à une "simple page Facebook, créée quatre jours avant le défilé du 17 novembre". Le séminaire de Paray-le-Monial avait pourtant lieu un peu plus tôt ce mois-là. 

Bernard Poignant n'est pas le seul maire gêné par le projet de loi actuel. D'autant que François Hollande, après avoir évoqué une
possible "liberté de conscience" au sujet des célébrations des mariages homosexuels par les maires avait finalement précisé qu'il y avait eu malentendu: aucune clause de conscience n'accompagnera le texte... Le maire divers gauche de Grand-Camp, en Seine Maritime, Daniel Delaune, refuse par exemple de célébrer tout mariage de couples de même sexe. Il a est l'un des initiateurs de l'appel du Collectif des maires pour l'enfance qui revendique plus de 18 000 signatures d'élus municipaux. 

Le maire de Cherbourg, Jean-Michel Houllegatte, n'a pas signé, mais il n'est "pas pour le mariage pour tous. On ne doit pas changer le sens du mot mariage qui repose sur l'union d'un homme et d'une femme", a déclaré à la Presse de la Manche ce catholique qui adhère depuis 30 ans au PS. Il a d'abord annoncé sa participation à la manifestation "à titre personnel", tout en regrettant "le risque d'instrumentalisation politique". Après une vague de réactions sur Twitter, le maire a cédé aux presssions de Bernard Cazeneuve (PS), ministre délégué aux Affaires européennes, son prédécesseur à la mairie de Cherbourg: il a finalement renoncé à se joindre aux cortèges parisiens, donnant à penser que la Rue de Solférino a raison des convictions et de la liberté de conscience de ses militants.

Act Up prend Georgina Dufoix à parti


Combien de ces manifestants la police de Valls a-t-elle interpelés?
Qui sont les condamnés à de la prison ferme?

lundi 7 janvier 2013

Mariage homo : Najat Vallaud-Belkacem veut faire disparaître les preuves de son prosélytisme

Censure : des conseillers de Vallaud-Belkacem voulaient faire retirer une vidéo

La ministre nie tout prosélytisme


La ministre est arrivée en force 
pour diffuser son message partisan

Les faits la contredisent
Lien PaSiDupes -Vallaud-Belkacem fait la promotion du mariage gay dans les collèges : La ministre socialiste s'en défend


VOIR et ENTENDRE la video qui accuse la ministre de Hollande:

Un reportage biaisé qui assimile homosexualité, suicide et mariage pour tous.
Mise en cause par Christine Boutin

L'ancienne ministre est "scandalisée" par la discrimination de l'école catholique
Tandis que sa consoeur Vallaud-Belkacem fait de la propagande pro-mariage entre personnes du même sexe, le ministre de l'Education, Vincent Peillon  met en garde les établissements catholiques au sujet du débat sur le mariage homosexuel.

La mauvaise foi de la ministre du Droit des femmes

Porte-parole du gouvernement,
Najat Vallaud-Belkacem a débarqué avec toute son équipe dans un collège du Loiret pour formater de jeunes adolescents de 4e, à l'invite d'un responsable de mouvement gay et lesbien: une démarche indéniablement partisane qui contredit la demande de neutralité formulée pour les autres par le franc-maçon V. Peillon.

Najat Vallaud-Belkacem s'est défendue samedi (lien) d'avoir elle-même fait la promotion du mariage homosexuel lors d'une manipulation des consciences dans ce collège du Loiret en octobre.
"Il m'a été à un moment posé la question de la loi sur le mariage pour tous à venir, et je me suis contentée de répondre à la question d'un élève sans aucun prosélytisme et en laissant évidemment chacun libre de son opinion", a-t-elle soutenu, évoquant la visite le 15 octobre dernier dans classe de Fleury-les-Aubrais, dans le Loiret, qu'avait filmée BFMTV où Najat Vallaud-Belkacem participait à séance de sensibilisation menée par une association de lutte contre l’homophobie.

Le ministre de l'Éducation nationale n'avait certes pas encore affirmé qu'il ne fallait "pas importer dans l'école des débats de société", la vidéo du déplacement de Najat Vallaud-Belkacem n'avait pas, à l'époque, provoqué autant d'agitation. Ni dans les milieux catholiques, ni dans l'enseignement privé. Pas même à droite.

Personne n'était informé que Najat Vallaud-Belkacem avait dicté aux jeunes ce qu'ils doivent penser.
Sa présentation du projet de loi du gouvernement ouvrant le mariage aux personnes de même sexe était orientée, tout sauf neutre : "ça veut dire que finalement, pourront se marier des gens qui s'aiment [touchant !], même s'ils sont de même sexe, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Ça va permettre plus d'épanouissement, plus de liberté, plus d'égalité dans la société. Il faut comprendre ça comme une avancée".

La seule vraie indignation était venue des services de communication de la porte-parole du gouvernement
Ils avaient réclamé auprès de BFMTV.com la suppression de la vidéo du reportage. 
"Du mauvais journalisme", avait dénoncé un conseiller presse de Najat Vallaud-Belkacem, jugeant que l'auteure des images avait isolé "30 secondes" non représentatives de l'intervention de la porte-parole du gouvernement.

Ce n'est pas la première fois: Le Parisien a cédé aux pressions


Le précédent concerne la bourde de la ministre dans un établissement hospitalier: une "petite tête" aux dires de Peillon !
VOIR et ENTENDRE l'humour noir de la ministre socialiste au naturel:

Lien PaSiDupes - Najat Vallaud-Belkacem se ridiculise à la morgue de Lorient : La porte-parole de Z-ayrault a encore perdu une occasion de se taire
La socialiste était parvenue à rendre cette scène inaccessible: censure ?



mercredi 2 janvier 2013

Islam: Charlie Hebdo harcèle les religions de provocations

Sa BD "halal" sur la vie de Mahomet est-elle indispensable ?

Mahomet, fonds de commerce du canard anar

Charb, autodidacte, mais
éducateur des masses
Charlie Hebdo publie un hors-série intitulé La Vie de Mahomet, une biographie en BD "halal". 
Alors qu'en démocratie éclairée, elle pourrait jouer un rôle fédérateur des différences en sorte que les citoyens vivent en paix, la presse a souvent choisi  solidairement de considérer l'impertinence et l'agression, dans le meilleur des cas comme une liberté de ton et dans le pire, comme l'incarnation démocratique de la liberté d'expression. 
Et la presse satirique, qui jouit de toutes les libertés, comme Hollande de tous les pouvoirs, trouve sa raison d'être dans la dénonciation des petits travers et des grands abus des autres, au regard de son idéologie. Si elle se flatte de dénoncer les totalitarismes, son intolérance la rend en fait suspecte, voire totalitaire.
 
Respectueux, juste 
et délicat...
En maniant les armes de la provocation, elle blesse les sensibilités et crée ainsi un climat de tensions entre démocrates et catégories sociales, philosophiques et religieuses. 
Elle s'arroge le droit de décerner  ou de retirer des brevets de bon républicain à l'aune de sa philosophie. Ses jugements radicaux s'appliquent à tous les domaines, mais avec une prédilection pour les frappes visant les sectes, l'extrême droite, le catholicisme, l'islamisme, le judaïsme, la culture ou la politique, avec le sentiment d'être légitime et infaillible, comme le sont les staliniens

On a compris que
la conviction intime de leur clairvoyance et de leur supériorité les anime au mépris de leurs semblables jugés ignorants et abêtis. 
Ce sectarisme est habillé d'humour qu'il est convenu de décrypter au second degré: soit on est apte et accueilli dans ce cénacle microcosmique et pestilentiel, soit on est réfractaire à l'insulte et la scatologie et on se fait rétrograder au rang des pisse-froid et des archaïques, le degré suprême de l'opprobre étant un fascisme supposé ou avéré, selon les critères de l'extrême gauche libertaire.

Charlie Hebdo s'en est encore pris aux musulmans 
Charlie Hebdo du 19 septembre 2012
Faut-il être mauvais coucheur
pour s'offusquer ?
Au diable,
 les tabous !
Charb en tête et partout en photo, il les provoque par tous les moyens plus ou moins honnêtes et transgressifs à disposition, depuis des séries de caricatures de leur prophète Mahomet, puisque sa représentation est interdite, et des numéros spéciaux qui se veulent d'investigation et d'éducation des masses.

Charlie Hebdo sait se renouveler
tout en tournant délicatement 
autour du même sujet éducatif

 
Ce qui est éthiquement (en voilà un drôle de mot) "minable", comme dirait Ayrault, ce sont les mauvaises excuses et les méchants prétextes avancés: outre l'humour au degré adéquat, si fétide soit-il, la défense et la solidarité avec les groupes opprimés. Charlie Hebdo a été poursuivi par la Grande Mosquée de Paris, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et la ligue islamique mondiale pour avoir vaillamment publié des caricatures de Mahomet dues au journal Jyllands-Posten ainsi que la Une dessinée par Cabu représentant " Mahomet débordé par les intégristes " déclarant que « c'est dur d'être aimé par des cons " (Le Monde du 08/02/07): ce genre de feuille ne fait pas dans la dentelle. 
Or, ces vertueux agresseurs intégristes ont tenté de se faire passer pour les défenseurs leurs camarades de la presse scandinave. L'affaire fit un tel buzz que Charlie Hebdo fit plusieurs rechutes qui remplirent à chaque fois les caisses des ces anti-libéraux cohérents, sur le dos de la xénophobie et de l'islam.
 
Le client est tellement bon que c'est donc depuis sans noble raison et à leur propre initiative qu'ils exploitent le filon. Charb creuse toujours plus profond sans chercher ni le mal ni à faire mal et accélère même l'allure de sa croisade contre la religion musulmane, suitant des pages intérieures sur la Une, pour  dégouliner cette semaine en un hors-série complet consacrés aux croyants, s'il est vrai que les musulmans laïcs ont toute sa sympathie. Charlie Hebdo vise donc la religion. 
Certains voient  dans cette démarche mercantile de mécréants une tentative pour sauver, aux dépens des croyants, les ventes d'un produit proche de la putréfaction. D'autres veulent y voir une guerre sainte contre une religion dont les pratiques seraient incompatibles avec la démocratie occidentale

Cette interprétation républicaine pose en fait plusieurs questions, telle que la légitimité de journalistes à décider de ce qui est, ou non, compatible avec notre démocratie, ou que la liberté de conscience. N'avons-nous pas des représentants élus et des juges pour  apprécier les situations difficiles, sans pressions extérieures, ces ingérences anti-démocratiques partout légitimées par la presse dans l'opinion

Il se trouve de surcroît que
la démocratie française cultive l'exception républicaine d'être laïque, dans le sens de la tolérance à l'autre et à toutes les religions - qui respectent la république -  et de maintenir avec elle, et entre elles, un modus vivendi fondé sur le dialogue et l'ouverture d'esprit. 

C'est sur cette notion de dialogue apaisé que Charb et Charlie Hebdo vont à l'encontre des valeurs de notre démocratie française. 
Toute provocation envers une même communauté-cible qui tend à générer des conflits avec le reste de la société, par la répétition de cet acharnement, devient suspecte de haine envers l'autre. Notre Code Pénal sanctionne l'appel à la haine envers les pratiquants d'une religion. Il serait déraisonnable d'attendre que les provocations répétées de Charb et Charlie Hebdo fassent couler le sang de nos concitoyens ici, par des explosions aveugles ou ciblées, ou dans le monde, par des massacres de Chrétiens, pour saisir les instances de déontologie de la presse et les tribunaux. Quand un journal remet constamment en question par ses publications l'entente paisible entre les citoyens d'une démocratie, il est du devoir des responsables élus de s'interroger sur la place de ce journal au sein e la communauté. 

Najat Vallaud-Belkacem réagit

Le "juste équilibre" 
Si Najat Vallaud-Belkacem a jugé "difficile" mercredi de "porter un jugement" sur la publication par Charlie hebdo d'une BD sur la vie de Mahomet, qu'elle n'a "pas vue" [une technique chère à Martine Brochen-Aubry, premier secrétaire du PS, la porte-parole du gouvernement a souhaité néanmoins rappeler la nécessité d'un "juste équilibre" entre "liberté d'expression" et [quoi ??] et "de ne pas jeter d'huile sur le feu".

"Je ne sais pas ce qu'il y a dans cette publication donc c'est difficile de porter un jugement", a déclaré sur France 2 la binationale franco-marocaine qui réponse à tout quand on lui fournit des "éléments de langage". "Moi je crois qu'on est dans un pays où il faut toujours veiller à un juste équilibre entre la liberté d'expression et le respect de l'ordre public, la nécessité de ne pas jeter de l'huile sur le feu", a-t-elle ajouté, avec la conviction molle de la langue de bois à faire des flûtes. "Evidemment, c'est difficile de fixer une telle règle dans l'absolu, sans regarder précisément ce qu'il en est. Je n'ai pas vu ce document, il m'est difficile de juger", a insisté Najat Vallaud-Belkacem. Beaucoup de mots pour ne rien dire... Ca donne une idée du charisme de celle qui est accessoirement ministre des Droits des femmes : encore un coup bas porté à la cause féminine !

"Un récit minutieux basé sur une bibliographie rigoureuse"

C'est scientifique  ?
Charlie Hebdo a publie ce mercredi 2 janvier un hors-série intitulé "La Vie de Mahomet", une bande dessinée biographique "parfaitement halal", concoctée à partir de textes de chroniqueurs musulmans et non pas des théologiens. Il ne s'agit là ni d'une caricature, ni d'une satire, mais d'un récit minutieux [quasiment érudit !] basé sur une bibliographie rigoureuse, assure - objectivement - dans un avant-propos "Zineb", caution sociologique franco-marocaine des religions et co-auteure de l'ouvrage.

"C'est une biographie autorisée par l'islam puisqu'elle a été rédigée par des musulmans. C'est une compilation de ce qui a été écrit sur la vie de Mahomet par des chroniqueurs musulmans et on l'a simplement mise en images", renchérit Charb, qui se défend de verser dans la provocation. "Je ne pense pas que le plus savant des musulmans pourra reprocher quoi que ce soit sur le fond", insiste Charb, dont l'hebdomadaire a provoqué à plusieurs reprises des remous en publiant des caricatures de Mahomet.

"Mahomet était un homme, j'ai dessiné un homme"

"L'idée de ce livre, j'y pense depuis 2006, au moment des caricatures de Mahomet au Danemark. Je crois qu'au départ on avait pris le sujet un peu à l'envers, on a mis en scène un personnage dont on ne connaissait pas la vie, moi le premier", reconnaît-il, après plusieurs numéros diffamatoires. "Avant de pouvoir rigoler d'un personnage, il vaut mieux le connaître. Autant on connaît la vie de Jésus, autant on connaît rien de Mahomet", assure le prosélyte après coup: a-t-il été touché par la grâce ?

Quant aux critiques qui ne manqueront pas d'affirmer que représenter le Prophète est blasphématoire, "c'est juste une tradition, c'est absolument pas inscrit dans le Coran, plaide le dessinateur. A partir du moment où ce n'est pas pour ridiculiser Mahomet, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas lire ce livre comme on lit au catéchisme des histoires de la vie de Jésus". "Autant le fond est parfaitement halal, autant l'image, c'est mon dessin. J'ai dessiné Mahomet comme je dessine habituellement mes personnages, Mahomet était un homme, j'ai dessiné un homme", fait valoir Charb. Pour autant, dessiner Mahomet à l'image de Charb, n'est-ce pas une caricature plus terrible que les précédentes ?

"Pas fait pour choquer"

En novembre 2011, après la publication d'un numéro spécial baptisé "Charia Hebdo" (nom donné au no 1011 de l'hebdomadaire) contenant des caricatures de Mahomet, les locaux du journal satirique avaient été la cible d'un incendie criminel (!), son site internet piraté et Charb menacé de mort. Ce dernier vit depuis sous protection policière. 
Plus récemment, de nouvelles caricatures publiées par le journal avaient attiré à Charlie Hebdo des critiques virulentes dans de très nombreux pays musulmans, allant jusqu'à faire réagir le gouvernement français.

Même si cette fois la démarche est bien différente, Charb s'attend à ne pas plaire à tout le monde. 
"Si des gens veulent être choqués, ils seront choqués, mais ce n'est pas fait pour choquer. Les musulmans sont aussi prêts à rire d'eux-mêmes, si on se met à les considérer comme des handicapés du rire, on ne fait pas le jeu d'un islam apaisé, on fait le jeux des extrémistes. Il faut arrêter d'avoir peur, plus on a peur de l'islam, plus l'islam fera peur", commente cet ami des religions. Pour lui, "ce serait une bonne idée de le mettre dans les écoles, même des enfants musulmans peuvent le lire dans la mesure où ils acceptent que Mahomet soit représenté". Un grand pas pour l'humanité.

"Il y a de la provocation comme toutes les semaines, pas plus avec l'islam qu'avec d'autres sujets", a fait valoir son directeur de publication, le dessinateur Charb. Dans le genre démocrate, on ne fait pas mieux. 
Mais dans le genre commerçant, il est intouchable: la presse amie fait la promotion de du produit depuis samedi !