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mercredi 5 mai 2010

La grève, réponse des syndicats grecs à la banqueroute !

Arrêts de travail pour sauver l'économie et refuser l'austérité

La Grèce est paralysée ce mercredi par une grève générale, marquée par des violences

Pour la troisième journée de grève générale depuis le début de l'année, salariés des secteurs public et privé manifestent contre le plan d'austérité négocié par le gouvernement en échange de dizaines de milliards d'euros d'aide internationale.

Environ 25.000 personnes ont manifesté à la mi-journée à Athènes et environ 14.000 à Salonique (nord), soit bien plus qu'en mars dernier, quand 20.000 personnes avaient défilé dans les rues pour les mêmes motifs. "FMI et UE nous volent un siècle d'acquis sociaux", proclamait l'une des banderoles du défilé ce mercredi.
En début d'après-midi, en marge de la manifestation, une succursale bancaire du centre d'Athènes a été incendiée par des cocktails Molotov et de violents affrontements ont opposé des jeunes - marxistes révolutionnaires, pour la plupart - à la police.

Policier grec en proie au feu allumé par les manifestants

Les aéroports du pays étaient fermés, les transports publics tournaient au ralenti et seul un service minimum était assuré dans les hôpitaux.

La logique méditerranéenne laisse rêveur

La gauche radicale enfonce le gouvernement socialiste
Mardi, 4.000 fonctionnaires avaient déjà manifesté devant le parlement à Athènes pour la plus importante manifestation dans le pays depuis début mars, quand 20.000 personnes avaient défilé dans les rues de la capitale.

Syndicats en pointe

=>
La centrale syndicale Adedy, qui représente la fonction publique (300.000 membres) et avait appelé à un arrêt total de l'activité pour mardi.
=> Aujourd'hui mercredi, elle a été rejointe par le GSEE, principal syndicat du privé avec 1 million d'adérents. Avec la CGT française, il est membre de la Confédération syndicale internationale (CSI).
Les deux centrales syndicales dénonçaient les projets gouvernementaux en vue d'économiser 30 milliards d'euros.

Si les sondages montrent qu'une majorité de la population est opposée aux mesures d'austérité préparées par le gouvernement. Les classes populaires et moyennes estiment qu'elles sont les seules à payer le prix de la crise alors que la corruption et l'évasion fiscale restent impunies. Jusqu'ici les manifestations avaient toutefois été assez limitées et généralement pacifiques.

Plusieurs syndicalistes étrangers, notamment des représentants des syndicats français CGT, FO et CFDT, ont fait part de leur solidarité avec les Grecs.

Les partis politiques
De son côté, le Pame, front syndical du Parti communiste (KKE), qui refuse traditionnellement toute manifestation unitaire, a réuni ce mercredi 15.000 personnes sur une autre place de la capitale. Mardi, 200 militants du KKE ont occupé le site très touristique de l'Acropole, à Athènes, où ils ont déroulé une banderole géante disant "Peuples de l'Europe, soulevez-vous".

Les mesures d'austérité

La gestion déplorable du pays depuis plusieurs années, ainsi que la dissimulation au FMI des chiffres réels de l'économie, ont amené à la faillite de l'Etat fragilisé par la crise économique et financière internationale.
La dette publique s'établissait en 2009 à 125 % du PIB pour un déficit public de 13,6 %. La Chine rachète le port du Pirée et l'Arabie saoudite, le premier port de Grèce, celui de Thessalonique.

Le gouvernement socialiste a annoncé des mesures d'austérité, en partie imposées par les pays européens qui ont adopté un plan d'aide financière à la Grèce. Lire PaSiDupes
Ces mesures comprennent notamment les points suivants :
- diminution des primes accordées aux fonctionnaires, dont la suppression des 13e et 14e mois de salaire dans la fonction publique...
- diminution des pensions accordées aux retraités, dont la suppression des 13e et 14e mois de pension;
- réduction des investissements publics et des dépenses de fonctionnement de l'état
- création de nouveaux impôts et de nouvelle taxes,
hausse de 10 % des taxes sur l'essence, le tabac et l'alcool
hausse de la TVA de deux points (23 % contre 21 %, et contre 19 % avant mars 2010)
- recul de 5 ans de l'âge légal de départ à la retraite (passage de ...53 ans actuellement à 65 ans, voire 67).
Ainsi, les acquis sociaux seraient-ils vecteurs de déficit public ? Et de troubles ?
Les enjeux politiques et financiers

Les eurosceptiques reprennent du poil de la bête

Avec le New York Times, ils dénoncent "la faiblesse de la réponse des dirigeants politiques européens comme des responsables des institutions européennes à Bruxelles à la crise grecque". Les premiers "n’ont pas réussi à surmonter leurs intérêts nationaux et à s’entendre rapidement sur une politique cohérente pour faire face au problème." Les seconds, du président du Conseil européen Herman Van Rompuy, au président de la Commission José Manuel Barroso, en passant par Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, sont restés largement invisibles et silencieux. Résultat, c’est au FMI que revient aujourd’hui »le fardeau de définir un programme de restructuration crédible pour la Grèce » et la crédibilité de l’Union européenne risque d’être durablement compromise. »

Le gouvernement socialiste grec: incompétent mais ingrat
Les leaders de l’Union européenne « ne sont pas à la hauteur », affirmait Theodoros Pangalos, vice-premier ministre grec, en février, à la télévision grecque. « Je crois que si Delors était aux commandes à Bruxelles, Mitterrand en France et Kohl en Allemagne, les choses seraient différentes ».
Le parti socialiste français a voté - à l'unanimité et à main levée - le plan d'aide à la Grèce et la contribution de la France, le 4 mai: lire PaSiDupes

L'Union Européenne solidaire

Pourtant la Grèce devrait bénéficiera bientôt d'un soutien du FMI et de la zone euro sous la forme d'un prêt de 110 milliards d'euro sur trois ans. L'accord, passé sous condition d'une baisse des dépenses publiques, prévoit une réduction du déficit public, de 13,6 % du PIB en 2009 à 2,6 % en 2014.

Pas question de retrousser les manches

Le système économique grec est certes libérale, mais marquée par un important secteur public (40 % du PNB) et, comme plusieurs autres pays méditerranéens, une économie parallèle significative.

"Par cette grève, nous poursuivons notre combat contre des mesures aussi dures qu'injustes, qui frappent les travailleurs, les retraités et les chômeurs", a déclaré le président du GSEE, Yannios Panagopoulos.
"C'est aussi un message aux peuples d'Europe, car ce qui a commencé en Grèce se produira bientôt ailleurs, l'Europe s'étant montrée incapable de faire face à cette crise", a-t-il ajouté.
Evgenia Kavoura, une comptable de 52 ans interrogée dans la rue, veut croire en un changement. "Tout ce que je peux espérer, c'est que cette grève permettra de changer quelque chose", dit-elle. "On serait prêt à renoncer à nos primes si nous étions sûrs que c'est la dernière chose qu'ils nous demandent, si nous étions sûrs que les politiciens nous rendent un jour l'argent qu'ils nous ont volé."

L'état d'esprit de la gauche grecque inquiète l'Europe
Les marchés financiers mondiaux ont chuté ces derniers jours face aux craintes que le plan de sauvetage préparé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) pour la Grèce ne suffise pas à sauver le pays de la faillite.
L'éventualité qu'un scénario "à la grecque" se produise dans des pays comme l'Espagne ou le Portugal a également pesé sur les marchés.

Les Cassandre n'oublient pas de répandre la peur en France

Le mot de la fin aux malveillants de Marianne
« La Grèce n'est pas dans une situation très différente des autres pays de l'Union. Pour l'économiste Jacques Sapir, la solution est ailleurs. Il faut un contrôle des mouvements de capitaux et une réforme de la Banque Centrale Européenne. »
Marianne ne prend pas ses sources n'importe où: Jacques Sapir, spécialiste de l'histoire économique et de l'économie de l'URSS, est directeur d'études à ...l'EHESS et soutient le Front de gauche, qui regroupe le Parti Communiste Français et le Parti de gauche de Mélenchon.

La responsabilité de la situation grecque est collective
Lire Le Figaro: Qui sont les responsables de la crise grecque ? par Catherine Schlepp. Lien
Lire aussi, à la même source et par le même auteur:
Les Grecs ont un très bon niveau de vie

Aussi sommes-nous contents de participer au sauvetage...

mercredi 7 octobre 2009

Gag d’agence de presse: pour le "travail décent", une mobilisation "en mode mineur"

Les flops, dans la presse, ne sont jamais pour les syndicats !
Un peu seuls et perplexes, les gars ?

L’illustre Yves Clarisse de l’agence R****** n'a pas le compte-rendu décent !

A-t-il en revanche l’oreille juste, ce journaliste qui met la vie politique en musique ? Des bémols et le triangle pour l’action réformiste du gouvernement, mais des dièses et les cymbales pour les grèves, et des bécarres et les violons -en « mode mineur »- pour les couacs syndicaux…

Tous les prétextes sont bons pour se montrer

L'appel à manifester s'inscrit cette fois dans le cadre de la Journée mondiale pour le travail décent organisée par la Confédération syndicale internationale (CSI). Pub ! Le CSI, ça existe et les décharges syndicales sont justifiées…
A cette occasion, la CSI appelle «les syndicats dans le monde à mettre en avant l’exigence pour tous les travailleurs du droit à un «travail décent», c'est-à-dire à un emploi respectant les normes de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) et à une protection sociale collective.

Et se distinguer
Bien qu’elle réunisse dans ses locaux
une conférence internationale centrée sur l’action syndicale face à la crise économique, la confédération FO a refusé de noyer le message de cette journée de la CSI dans des «revendications …franco-françaises». Pour lui, «si l'on doit mobiliser les salariés, et il faut mobiliser les salariés, on ne fait pas de l'agit-prop, on ne fait pas prendre des vessies pour des lanternes».

Reprise de contact avec les media complaisants
Dans l’indifférence des travailleurs, mais aussi des chômeurs et des retraités qui n’ont pas décidé de randonner aujourd’hui malgré le climat favorable…

Cette journée, voulue par la CGT et dont les modalités d'action sont décidées au niveau local par les centrales syndicales, réunit la CGT, la CFDT, la CFE-CGC, la FSU, l'UNSA, la CFTC et Solidaires. FO n'a pas souhaité s'associer au mouvement.

  • R****** omet de rapporter la prédiction de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO : "Je ne pense pas qu'il va y avoir une grande mobilisation". Au secrétaire général de la CGT qui a regretté la défection de FO déclarant : "Je pense que cela contribue à cultiver un attentisme ou un fatalisme", a-t-il dit sur France 2, Jean-Claude Mailly a rétorqué que cette journée d'actions était de "l'agitation". Un échange qui a échappé à Yves Clarisse
  • "Les modalités de mobilisation seront plus modestes" que lors des précédentes journées d'action, a admis Gérard Aschieri, bavard secrétaire général de la FSU qui est dans tous les coups foireux.
    "Evidemment, il y a une traduction française de la notion de 'travail décent', autour de la défense des salaires, de l'emploi, des retraites et de la protection sociale", a-t-il estimé...
  • Pour Maryse Dumas, numéro deux de la CGT, cette journée internationale axée sur la défense d'intérêts "sectoriels" est l'occasion de "donner une nouvelle visibilité à nos exigences en matière d'emploi, de salaires et de retraite (...) en écho à ce qui se passe ailleurs dans le monde." Vous avez dit visibilité ? Qui est l'illuminée qui parle de visibilité ?
    "Le potentiel de mobilisation reste intact en France", s'est-elle rassurée. "Ce qui change, ce sont les voies par lesquelles nous pouvons réussir des mobilisations importantes. Les salariés sont plus demandeurs en cette rentrée de mobilisations sectorielles avec des revendications précises et concrètes."

    Le pire, selon Bernard Thibault, est arrivé

    "Le pire serait qu'il ne se passe rien. Le sens de cette journée décidée par la quasi-unanimité des syndicats de notre pays (...), c'est de reprendre l'offensive", a déclaré Bernard Thibault, appelant les salariés à trouver "les formes dans lesquelles ils sont disposés à intervenir".

    Or, selon un sondage BVA pour La Tribune et BFM, 70% des Français trouveraient "justifiée" ( ?) la mobilisation de mercredi, tout en étant en revanche partagés sur son utilité ! 46% d'entre eux jugent en effet que les mouvements de ce genre "ne servent à rien", contre 49% qui estiment qu'il s'agit du "meilleur moyen de se faire entendre".

    A côté de la plaque, le PS "apporte tout son soutien [mais qu’est-ce que ça représente au juste ?] à cette journée de mobilisation et appelle le gouvernement à prendre en considération les revendications exprimées par les salariés, en commençant par revoir les choix budgétaires du projet de loi de finances pour 2010".

    Les salariés à prendre en considération étaient rares
    La police et les organisateurs sont pour une fois tombés d’accord pour ne pas se livrer à un travail indécent de comptage des manifestants…
    Peu de chiffres : de 400 personnes selon la police à 500 selon les syndicats se sont ainsi rassemblées à Bordeaux et les manifestants étaient 1.300 selon la police, mais près de trois fois plus (3.500), selon les syndicats, à Lyon. Dans les cas les plus favorables...

    Mais il est vrai que la saison des grèves et des manifestations ne fait que commencer.

    Une nouvelle journée d'actions "sur les enjeux industriels" est d'ores et déjà programmée le 22 octobre.
  • Deux syndicats, la CGT et la CFDT, vont par ailleurs déposer un préavis de grèves à la SNCF pour le 20 octobre.

    Pour l'heure, R****** admet que, pourtant internationale et à l'appel de sept syndicats, la mobilisation a été clairsemée en ce mercredi de journée d'action pour le droit au travail décent. Yves Clarisse est un artiste: musicien hier, il est peintre aujourdhui, passant du « mode mineur » à la «demi-teinte »…
  • Nouveau produit syndical: la Journée d'action pour le "travail décent"

    La 1ère édition sera insignifiante

    Sept organisations font aujourd’hui leur rentrée syndicale, cinq semaines après les professeurs et deux après les parlementaires qui ont repris leurs travaux le 22 septembre (au lieu du 1er octobre). Les 35 heures des syndicalistes ?

    Cette première journée d'action interprofessionnelle et décentralisée depuis la rentrée est organisée sur le thème de la lutte "pour le travail décent"–sans Force Ouvrière (FO). Or, ce nouveau produit social ne devrait guère mobiliser et on attend peu de perturbations.

    L'initiative, qui relaie en France la journée mondiale organisée sur ce thème par la Confédération syndicale internationale (CSI), confirmera la brèche ouverte dans l'unité syndicale depuis bientôt un an. FO, qui milite pour "une grève franche" de 24 heures, a en effet décidé de mépriser cette journée festive mais confidentielle, préférant tenir un colloque avec des syndicalistes étrangers choisis.

    Les sept centrales syndicales -CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, Solidaires (dont les syndicats SUD en recherche désespérée de respectabilité apparente), UNSA (autonomes), FSU- qui se sont coordonnées lors d'une réunion le 28 septembre, continuent de réclamer "une autre politique économique et sociale afin de protéger les emplois, s'opposer aux licenciements et défendre les salariés".

    La bande des sept a donné toute liberté à leurs structures locales pour fixer ensemble les modalités d'action.
    Il n'y aura pas de défilé, mais un rassemblement régional devant le siège du MEDEF, en présence du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault.
    La CFTC n'y participera pas, pas plus que dans la plupart des chefs-lieux et sous-préfectures, pas plus que FO. "La manif, stop!", lance le président de la CFTC, Jacques Voisin, échaudé par les échecs successifs des dernières mobilisations intersyndicales de mai et juin.
  • Dans les régions
    Des manifestations sont prévues à Marseille, Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand, Montpellier, Nancy, Saint-Etienne, ainsi que dans quelques villes moyennes comme Amiens, Avignon, Beauvais, Tulle (en Corrèze, chez François Hollande !).
    Ailleurs sont prévus pique-niques, distributions de tracts, conférences de presse et, surtout, des rassemblements, le plus souvent devant les préfectures, les sièges locaux du MEDEF et ceux de France Télécom.

    Et « le travail décent », dans tout ça ?

    L’instrumentalisation des suicides de salariés de France Télécom par la gauche prend un éclairage particulièrement indécent avec la journée d’action pour le « travail décent ».
    Pourquoi la faveur de cette compassion pour les employés et cadres de l'opérateur de télécommunications arbitrairement choisi quand le nombre de suicides est au moins aussi préoccupant dans l’enseignement, la police ou les prisons ? Les 24 victimes sont-elles invitées à cette journée de leur plein gré ? Leurs dépouilles seraient-elles récupérées ?

    Réquisitionnés pour la circonstance par les sept syndicats
    , les corps à peine refroidis des victimes sont actuellement exposés devant les militants pour justifier cette journée dérisoire d’action. La CGT exploite les désespoirs privé et professionnel conjugués des suicidés pour justifier cette rencontre syndicale par les conditions de travail et pour affirmer que cette vague montrerait la pertinence de la revendication du "travail décent". "Parler de travail décent, c'est parler salaires, emploi, conditions de travail".
    Dans le même temps, et dans leur logique particulière, les associations de défense des chômeurs ont appelé les demandeurs d'emploi à participer aux initiatives diverses. Sans doute pour crier haut et fort leur expérience du « travail décent ».

    Peu de perturbations sont à attendre de ce galimatias de mots d’ordre
    Les appels à la grève étant assez rares.

    Deux ratés 'en mode mineur'
    :
  • Premier flop, celui des fédérations CGT, CFDT et CFE-CGC du transport routier qui ont annoncé des "actions ciblées sur tout le territoire", consistant à bloquer des sites d'entreprises de transports, pour des revendications salariales. Les perturbations étaient interrompues ce matin à l’aube.
  • Second flop, chez France Télécom
    Dès mardi, les syndicats ont appelé le personnel à "agir sous toutes les formes y compris par la grève". 15% des salariés s’étaient manifestés à la mi-journée hier.

    Relayés par une certaine presse qui n’a pas besoin de mouvements sociaux en son sein, les syndicats psychotiques décrivent un climat social lourd. Juste un peu catastrophiste, François Chérèque (CFDT), fameux ethnologue social nobélisable, assure que "des salariés dans un profond état de souffrance". L'association patronale Entreprise et Personnel parle d'un climat "en demi-teinte" entre plans de suppressions d'emploi et espoirs de reprise économique.

    La crise économique internationale ne profite à personne, pas même encore aux syndicats.
  • mardi 7 octobre 2008

    Grève pour le "travail décent", un fiasco

    Peu suivie, selon la presse alignée sur les syndicats
    La presse est-elle libre des syndicats ?
    L’idéologie la paralyse-t-elle toujours?
    Sans conviction et floue par force, elle déclare que des milliers de personnes ont manifesté mardi en France à l'appel de six syndicats. Ils demandaient que le social ne soit pas sacrifié sur l'autel de la crise financière, mais ils ont perdu l'oreille des travailleurs. Force Ouvrière et la CFDT n'ont cependant pas suivi le mot d'ordre et se sont montrés plus perspicaces.


    Ils s'étaient mis à six syndicats pour s'exposer à cet échec !
    Et peu d'organisations ont en effet appelé à la grève. Les perturbations ont été minimes dans les transports mais moins piètres dans l'Education Nationale, où a été testé pour la première fois le service minimum à l'école, après tout de même plusieurs répétitions en 2008. Des syndicalistes, comme Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU et va-t-en-guerre au bout du rouleau, ont reconnu que la mobilisation n'était pas "à la hauteur de ce qu'elle devrait être"! Jugement tout subjectif. "La dramatisation de la crise rend plus difficile la mobilisation", a-t-il avancé après coup. Mais alors que n’y a-t-il pensé plus tôt ? Ce fin stratège n'avait-il pas plutôt misé sur elle ?

    Journée mondiale pour le "travail décent"

    Un nouveau concept est né et les syndicats CFDT, CGT, CFE-CGC, FSU, Solidaires et UNSA ont saisi l'occasion de cette journée mondiale pour le "travail décent" pour rappeler leurs revendications sur le pouvoir d'achat, les salaires ou la durée du travail. Rien de commun avec le travail dans les pays où les conditions d’exercice ont motivé ce slogan supposé avoir un impact en Europe occidentale. Les salariés y ont eu plus de pudeur que leurs responsables syndicaux.
    Décidée de longue date, les syndicats ont espéré que cette mobilisation prendrait une tonalité particulière avec la crise financière internationale et, en France, le rebond du chômage en août, qui a d’ailleurs baissé à nouveau en septembre.
    Pour François Chérèque, dirigeant de la CFDT, cette journée est d'autant plus nécessaire qu'une "crise sociale" se profile derrière la tourmente financière.
    La plupart des organisations, tout en saluant comme la CFDT les efforts de Nicolas Sarkozy pour parvenir à une réponse européenne coordonnée à la crise financière, dénoncent la politique économique qui l’a fait élire contre celle de leur candidate malencontreuse.

    Le fiasco
    Cette journée organisée par la Confédération syndicale internationale (CSI) devait être suivie dans 500 villes du monde et 87 en France.
    A Paris, les plusieurs milliers de personnes, c’était 5 à 6.000 selon une estimation de la police, mais plus de deux fois plus (13.000) d'après les syndicats : avec les camarades venus d’ailleurs !... Ils se sont rendus du métro Alma-Marceau à la place du Trocadéro où se tenait un meeting en présence de syndicalistes européens. A pied, contre le réchauffement de la planète, c’est mieux, c’est écolo … En Vélib’, ça aurait fait trop Verts ?
    L’hôte français est pourtant content de lui. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé que le seul fait, pour les organisations, d'avoir réussi à coordonner cette petite marche sur l'ensemble des continents, avec un « grand rassemblement à Paris, était "un événement en soi." L'a-t-il été en fait ?
    A Marseille, 20.000 personnes, selon les organisateurs, et 2.900 d'après la police, sont sortis de chez eux par ce grand beau temps.
    A Bordeaux, 2.000 personnes selon la police, 4.000 selon les organisateurs, ont aéré leurs calicots. "Suppressions d'emplois: stop !", "Public-privé, ensemble refusons la régression sociale", pouvait-on lire sur une banderole. Mais qui les lit encore ?
    La mobilisation était faible, également, à Lyon où 4.600 personnes selon les syndicats, et 2.600 selon la police ont défilé pendant une heure entre le palais de la bourse et la bourse des valeurs. On n’est plus à 2.000 près !
    S’il faut continuer comme ça, la situation à Toulouse, où près de 3.000 personnes selon la police, plus de 4.000 selon les organisateurs, n’était pas plus glorieuse.

    Les appels à la grève, lancés pour la plupart par la CGT et Sud, n’ont pas mieux été suivis.
    Selon la direction de la SNCF, aucune perturbation n'était signalée au niveau national et "seulement quelques retards au niveau régional", notamment en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Languedoc-Roussillon, Aquitaine et Centre. Et les caténaires n’ont donc pas flanché !
    La compagnie Air France n'a pas signalé de perturbations non plus en dépit d'un préavis de grève dans le contrôle aérien.
    Dans le secteur de l'énergie, EDF a dénombré 5,2% de grévistes.
    Dans la fonction publique, la participation à la grève était de 3,3% contre 4% en juin dernier, selon le ministère.
    Dans l'Education Nationale, le ministère a fait état à la mi-journée de 5,37% de grévistes, 4,96% dans le premier degré et 6,04% dans le second degré. La journée d'action des enseignants "est un flop mais je n'en tire aucune conclusion", a commenté le ministre de l'Education, Xavier Darcos. L’animation du pavé pariisien n’est plus ce qu’elle était. Est-ce qu’il s’ennuierait Rue de Grenelle ?
    Dans le primaire, le SNUipp (FSU) avait appelé à la grève dans une trentaine de départements et annonce, sans ciller, que les taux de grévistes variaient de 10% à … 55%. Ce qui ne fait pas une moyenne ! … Mais certains admettent que sans calculette, ils ne savent plus compter ou prennent le signe ‘multiplier’ pour la touche ‘ajouter’. Dans le second degré, près d'un enseignant sur trois était en grève, selon le SNES (FSU). On aurait à ce point sous-estimé les dégâts des maths modernes, qu’ils n’arrivent plus à dénombrer leurs adhérents grévistes ?

    Le "rassemblement de la fraternité " des syndicats européens
    Les salariés sont bien contents que leurs meneurs se soient rencontrés sur le pavé de Paris. Mais qu’ont-ils retiré de ce rassemblement de nostalgiques archaïques pour leur pouvoir d’achat ? Quels privilèges ? La honte ! Certains journaux, comme La Provence n’en ont même pas fait leur titre et, sur la Canebière, certains cherchent toujours l’article en pages intérieures…

    Allez, la suivante ne peut qu'être meilleure !
    A quand la prochaine farce des syndicats ?