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lundi 11 janvier 2010

Guyane et Martinique: non franc et massif des électeurs à une autonomie accrue

Oui à la Pwofitasyon ?

Dimanche 10 janvier, les départements et territoires d'outre-mer n'ont pas choisi de s'affranchir de la tutelle de l'Etat et de la République: les électeurs de Guyane et de Martinique ont dit clairement non par référendum à la demande d'une majorité de leurs élus locaux de l'autonomie accrue de leurs départements.
Les électeurs étaient invités à dire s'ils souhaitaient un passage de leur département (et région) d'outre-mer, soumis aux mêmes règles juridiques que la métropole, à l'article 74 de la Constitution, qui en aurait fait une collectivité d'outre-mer pouvant bénéficier d'une autonomie accrue.

=> Résultats annoncés lundi 11 janvier par le ministère de l'outre-mer:
  • 69,8% de « non » en Guyane, pour une une participation moyenne de 48,16%,
  • 78,9% de « non », en Martinique, avec une participation de 55,35%.

    => Le 24 janvier, Guyanais et Martiniquais auront à se prononcer sur la mise en place éventuelle d'une collectivité unique, à la place du conseil général et du conseil régional de leurs régions mono-départementales, demeurant régie par l'article 73 de la Constitution.

    Réactions politiques

    - La mauvaise foi de Christiane Taubira (députée DVG) :
    "Je pense que les arguments pour le 73, il n'y en a pas. Le tour de passe-passe a été de faire croire que la seconde consultation (celle du 24 janvier, ndlr) était une alternative à la première. Il y en a qui ont peut-être trouvé que la marche du 74 était trop haute. Mais on leur à fait croire que le 24 janvier accoucherait d'un article 73 renforcé. Renforcé par rien du tout. Il n'y avait pas de contenu, je comprends le désarroi du citoyen. On lui demandait : faites le pari de."

    - Chantal Berthelot
    (députée DVG) s'interroge:
    "C'est un résultat négatif qui pose question. D'autant plus que l'écart est énorme. Il ne faut pas minimiser ce qui s'est passé même s'il faudra prendre le temps d'analyser les choses. Il faut respecter le résultat. Je retiens deux choses : la faible mobilisation des électeurs et l'écart qui, c'est vrai, m'impressionne. Au-delà de la déception d'une défaite, il y a cet écart important. C'est une double interpellation."

    -
    Axel Urgin (PS) a estimé que "Ce choix traduit l'attachement des Guyanais et des Martiniquais à un statut qui soit proche de celui des collectivités de Métropole, réaffirmant ainsi le lien étroit qui les unit à la République".

    -Brice Hortefeux (Ministre de l'Intérieur) et Marie-Luce Penchard (ministre de l'Outremer) ont jugé qu'"avec ces résultats, les électeurs ont souhaité clore pour longtemps" le débat sur une autonomie accrue. Ils les ont appelés "à rester mobilisés pour exprimer leur choix définitif".

    Deux votes pour un triple désaveu

    Une claque pour les agitateurs autonomistes
  • Les demandes des élus locaux qui avaient rendu ces consultations nécessaires ont ainsi été désavouées par la population de ces deux départements d'outre-mer français (DOM).
  • En Guadeloupe, autre DOM, le fonctionnaire Elie Domota et le LKP ( Liyannaj Kont Pwofitasyon, ou LKP -"Collectif contre l'exploitation outrancière"- tentaient précisément de relancer la contestation avec une manifestation organisée opportunément samedi à Pointe-à-Pitre par ce collectif révolutionnaire.
    Mais seulement 7.500 personnes, dont "2.000 suivant le groupe carnavalesque Akyio", ont manifesté, selon la préfecture, et "plus de 20.000 voire 25.000", selon Elie Domota, meneur du collectif LKP, mais "plus de 10 000", selon RFO.
    Depuis, Elie Domota a mis de l'eau dans son rhum et révisé à la baisse ses ambitions de grève générale pour le 20 janvier, évoquant seulement une "mobilisation". Il cherche néanmoins à maintenir la pression pour "mobiliser pendant la période du Carnaval" de manière à "faire une confusion".

    Ces résultats traduisent un sentiment de défiance des populations à l'égard des élus locaux et vis-à-vis d'un système institutionnel qui renvoie à une loi organique ultérieure le contenu exact d'éventuels nouveaux statuts. En Guyane, les quatre parlementaires, dont les présidents du conseil régional et du conseil général, tous de gauche, qui avaient appelé à voter oui, ont démontré leur coupure avec la base.

    -> Ainsi, Axel Urgin, le secrétaire national du PS à l'Outre-mer a "pris acte" lundi matin des résultats des referendums statutaires en Guyane et en Martinique, "qui par leur ampleur sont incontestables".

    -> Christiane Taubira (PRG, apparentée au groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche) fut membre de l'équipe de campagne de Sa Cynique Majesté Royal candidate de la Présidentielle, en qualité de « déléguée à l'expression républicaine »...

    Les retombées sur les Régionales de mars prochain

    A court terme, les résultats des consultations démocratiques de dimanche auront des conséquences importantes sur les élections régionales.

  • En Guyane, Antoine Karam (1950), le président du Conseil Régional de la Guyane depuis 1992 et membre du Parti socialiste guyanais, ne se représente pas. Le candidat PS à la Région désigné par la primaire sera d'ailleurs Léon Jean-Baptiste-Edouard.
    Le maire de Cayenne Rodolphe Alexandre (ex Parti socialiste Guyanais), grand gagnant du non des Guyanais à une autonomie accrue pour leur département, a estimé lundi que "c'est la victoire de la démocratie, de la majorité silencieuse".

  • En Guadeloupe, Victorin Lurel (sortant), qui sera tête de liste élue par les militants et officialisée par le PS pour les élections régionales des 14 et 21 mars 2010, aura donc face à lui, outre les deux listes UMP (Jalton et Marc) et celle de Laurent Bernier (dissident UMP), une liste Verts et une liste PCG/LKP/Indépendantistes. Mais Lurel avait appelé à voter Oui à une autonomie accrue...
  • En Martinique, le président du Conseil Régional, Alfred Marie-Jeanne, (Mouvement indépendantiste) avait appelé à voter oui... Et le candidat PS n'est toujours pas désigné. Les candidats vont-ils se bousculer ?...

    Sur le fond
    , la fracture entre les partisans d'une autonomie accrue et la population est béante.

    Les partisans d'une autonomie accrue ne sont manifestement pas parvenus à convaincre les électeurs
    des vertus d'une plus grande autonomie pour assurer plus efficacement le développement local et satisfaire leurs besoins quotidiens (transports, logement, emploi, coût de la vie...).
    Une bonne partie de la campagne s'est faite sur la peur de la perte d'acquis sociaux, notamment en Martinique, à la population vieillissante, alors que ce qui relève de la protection sociale devait continuer à demeurer de la compétence de l'Etat.
    Se sont exprimées aussi des craintes sur les importants fonds européens dont bénéficient aujourd'hui les deux DOM, "régions ultrapériphériques" de l'UE, et une peur de "largage" par la métropole, malgré les assurances données par Nicolas Sarkozy sur ce point.

    L' « exploitation outrancière » de l'Etat et de l'Union Européenne a eu gain de cause, mais
    à l'inverse de la propagande du LKP ! ...

  • vendredi 26 juin 2009

    Martinique: Sarkozy propose un référendum d’autonomie

    Domota, indépendantiste révolutionnaire, régnera-t-il jamais sur l’île ?

    Premier Président de la République en Martinique

    Le Président Nicolas Sarkozy est arrivé jeudi 25 juin à la Martinique, où il a atterri à 19h30 heure de Paris à Fort-de-France.
    Il est accompagné du Ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux et de la première secrétaire d’Etat antillaise chargée de l’Outre-Mer, Marie-Luce Penchard.
    A une question sur l'avenir institutionnel de la Martinique et de la Guadeloupe, il a répondu: «On ne peut pas gérer un département au coeur de la Caraïbe comme un département dans la métropole, c'est une évidence. En même temps, il y a les principes républicains qu'il faut respecter».
    L’annonce

    Après avoir rebaptisé l'aéroport de Fort-de-France du nom du poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire, le chef de l'Etat a répondu à l'attente des élus du département-région de la Martinique en annonçant qu'il consulterait la population d'ici à l'automne.
    Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi matin 26 l'organisation d'un référendum sur un éventuel statut d'autonomie pour la Martinique, avant de mettre le cap sur la Guadeloupe voisine, terme de sa visite de deux jours aux Antilles.
    "Je suis venu vous annoncer clairement que j'ai l'intention de consulter les Martiniquais sur l'évolution institutionnelle de leur territoire comme la constitution m'y autorise", a-t-il déclaré lors de cette cérémonie.
    -> L'article 72 de la Constitution autorise le chef de l'Etat de à consulter les populations des départements et territoires d'Outre-mer sur son «organisation», ses «compétences» ou son «régime législatif». Tout changement de statut doit recueillir l'approbation des populations concernées, selon ce texte.

    L’autonomie n’est pas l’indépendance

    Le Président Sarkozy a toutefois été clair. "Il ne s'agit pas d'organiser, à mes yeux subrepticement, un je ne sais quel ‘largage de la République’. Le débat qui est ouvert est celui du juste degré d'autonomie", a-t-il expliqué.
    "Tant que je serai président de la République, la question de l'indépendance de la Martinique, c'est-à-dire de sa séparation d'avec la France, ne sera pas posée", a insisté le Président Sarkozy.

    Devant la presse, il a précisé que les modalités de cette consultation et un calendrier qui devraient être précisés seraient définies d'ici à "fin septembre, début octobre", après une large consultation avec les élus martiniquais.

    Selon le chef de l'Etat, ces discussions permettront de déterminer le calendrier du référendum et de répondre à la résolution des élus départementaux et régionaux de Martinique, qui ont demandé le 19 juin le report des élections régionales prévues en 2010 dans la perspective de cette consultation. "Je ne répondrai pas à ça maintenant car il y a des positions divergentes", a indiqué le président à la presse à l’issue de son allocution.

    Un peu d’histoire

    Consultés en 2003 par référendum, les électeurs de Martinique, tout comme ceux de la Guadeloupe, avaient refusé à une courte majorité (50,48%) l'instauration d'une collectivité unique. "Je pense que depuis les esprits ont évolué", a estimé N. Sarkozy à Fort-de-France.

    Les réactions

    Très attendue, l'annonce présidentielle d'un référendum a été accueillie favorablement par les élus de toutes tendances.

  • Parti socialiste : le député-maire apparenté socialiste de Fort-de-France, Serge Letchimy
    "Nous sommes unanimes sur cette nécessité d'un engagement dans un processus de responsabilisation qui n'est ni l'indépendance ni le statu quo", a-t-il déclaré, avant de souligner que, selon lui, "la constitution française ne pourra pas rester longtemps insensible aux aspirations de nos peuples".
  • Indépendantistes : le député indépendantiste Alfred Marie-Jeanne
    "Les rapports avec la France doivent être redessinés", a estimé, ajoutant qu'"il ne suffit pas de réclamer l'autonomie si on ne peut jamais l'appliquer".

    De la Martinique à la Guadeloupe

    Son discours terminé, Sarkozy s’est dirigé vers la Guadeloupe pour un séjour de quelques heures, au terme duquel il doit notamment participer, à Petit-Bourg, aux Etats Généraux de l'Outre-Mer lancés par le gouvernement en avril après les émeutes qui ont agité l'île de janvier à mars.

    Jeudi, le Président Sarkozy avait déclaré sa volonté "d'apaiser les choses" et "d'apporter une réponse" au malaise social qui persiste aux Antilles, indiquant que "le statu quo n'est pas possible".
  • «Je parlerai avec tous ceux qui veulent me parler», a-t-il aussi dit, répondant à une question sur une éventuelle rencontre avec le leader du collectif LKP, Elie Domota.
  • Le chef de l'Etat ne devrait donc pas croiser la route du porte-parole du collectif LKP, Elie Domota, indépendantiste révolutionnaire et instigateur de la contestation de l'hiver, qui n'est pas là pour "apaiser les choses". Il a en effet décidé de bouder la consultation pour la mauvaise raison qu’elle est initiée par l'Etat et qualifiée a priori de "leurre".
  • lundi 9 mars 2009

    Domota, indépendantiste révolutionnaire, sans haine et sans reproches

    Il ose le dit : «"Il ne s'agit pas du tout d'un appel à la haine raciale" !

    Alors qu’un accord d'augmentation de 200 euros des bas salaires, signé dans la nuit de mercredi 4 au jeudi 5 mars, ne l’avait pas été par les représentants du MEDEF
    , le maître LKP ("collectif contre l'exploitation") de l’île avait alors affirmé à propos des entrepreneurs qui n’accepteraient pas l'humiliation de ses pressions, que: "nous n'arrêterons pas et je l'ai dit ce soir au préfet.
    "Nous sommes très fermes sur cette question-là. Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l'esclavage."
    Il évoquait ainsi les descendants des colons blancs accusés de continuer à contrôler l'économie des Antilles françaises. En bonne démocratie révolutionnaire, "il faut qu'ils appliquent l'accord : nous demandons son extension sur le plan juridique mais, sur le terrain, nous n'arrêterons pas tant qu'ils n'appliqueront pas l'accord, singulièrement dans l'hôtellerie."

    Le grand chef révolutionnaire s’était nettement placé au-dessus des lois de la République: "Soit ils appliqueront l'accord, soit ils quitteront la Guadeloupe."

    Domota a été explicite: il recommande le boycottage et plus si affinités : " Hors de question, aujourd'hui, d'aller faire des courses dans des entreprises qui exploitent des Guadeloupéens, dans les entreprises qui ne donnent pas 200 euros à leurs salariés. (...) Nous demandons aux Guadeloupéens de ne pas aller dans ces entreprises-là, de ne pas aller à Match, Carrefour, Cora, de ne pas faire de courses dans les entreprises qui n'appliquent pas l'accord." Ce sont bien des attaques directes contre des cibles nommément désignées.

    Quand Elie Domota, le matamore LKP, menace et dit: «Nous ne laisserons pas une bande de
    békés rétablir l'esclavage », ce n’est ni de la haine, ni du racisme, car haine et racisme, ça ne marche que dans l’autre sens !
    Néanmoins, après l'ouverture d'une enquête judiciaire pour incitation à la haine raciale visant ses propos contres certains chefs d'entreprise de Guadeloupe, le courageux meneur de casseurs a osé nier ses propos racistes. "Il ne s'agit pas du tout d'un appel à la haine raciale", a-t-il assuré sur i-Télé et France info, dénonçant une "volonté affichée de faire taire le peuple guadeloupéen."
    Il s'exprimait sur Télé-Guadeloupe (lien LeMonde)
    , mais attendons-nous à ce que les témoins se rétractent, que plus personne ne soit plus bien sûr d’avoir entendu quoi que ce fût et il y a même fort à parier que l’enregistrement à disparu ou a été endommagé, pour permettre à la justice de statuer…

    De l'indépendantiste corse Yvan Colonna aux autonomistes guadeloupéens, la technique de défense consiste à créer du désordre et à semer le doute, mais surtout à ne jamais rien avouer.
    Le révolutionnaire Domota sort le grand jeu et a précisé qu'il demanderait qu'un éventuel procès soit radiotélévisé, afin que "le monde entier" puisse constater ce qui se passe en Guadeloupe. Domota se croit le centre du monde, lequel en a déjà assez vu de ses exactions et condamne toute forme de violence.

    Le parquet de Pointe-à-Pitre a annoncé samedi avoir ouvert une enquête judiciaire, non seulement pour provocation à la haine raciale mais aussi pour tentative d'extorsion de signature, contre Elie Domota, le meneur des casseurs de la grève générale dans l'île, soumise pendant 44 jours à l’intimidation et la menace. Il n'est pas étonnant que que Domota tente de chasser les Blancs de l’île, puisqu'il est dans sa logique et celle de la chanson, "La Guadeloupe, c’est à nous ; ce n’est pas à vous ", les « békés, c’est-à-dire les blancs, sujets de haine ancestrale, parce que certains descendants étaient esclavagistes lorsque la pratique était répandue, et qu’ils sont aujourd’hui parmi les plus riches. Or, un tiers de la richesse en Guadeloupe n’est plus aujourd’hui détenue par des Blancs, mais bien par des Noirs. Domota grossit le trait et ne craint pas l’amalgame, s’ils servent la lutte des classes et la haine raciale.

    D’une île l’autre…

    Nous ne sommes pas en Corse, mais nous sommes dans un département également tenu sous la menace par des indépendantistes.

    L'enquête du parquet a été ouverte pour "provocation à la discrimination, à la haine et à la violence contre des personnes ou des catégories de personnes en raison de leur origine ou en raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion, visant notamment et spécifiquement les personnes désignées par le vocable Béké et les entreprises que ces personnes dirigent".

  • L'un des avocats du LKP, Me Patrice Tacita, a estimé que cette action judiciaire relevait de la "provocation", les propos d'Elie Domota sur les békés reflétant selon lui une "réalité historique." LKP s'inscrit dans "le sens de l'Histoire"...
  • "L'état de droit sera appliqué, nous sommes dans une République, nous sommes dans une démocratie", a répondu dimanche Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, sur radio J, s’il lui est permis de s’exprimer, sans que Domotase sente humilié...
    "Toute incitation à la violence, à la haine raciale et tout usage de la force et de la brutalité dans une République comme la nôtre est inacceptable", a-t-il ajouté.
    Henri Guaino a cependant nuancé son propos en envisageant qu’il ait pu y avoir eu "de part et d'autre" des propos "qui ne sont pas dignes d'une République comme la nôtre et qui s'apparentent à une approche raciale des problèmes".

    Le préfet de Guadeloupe, Nicolas Desforges, et le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, se sont aussi inquiétés des déclarations d'Elie Domota.
    Frédéric Lefebvre a ainsi dénoncé les
    "opérations d'intimidation" menées par "des sortes de tontons macoutes du LKP en Guadeloupe", une allusion (déjà établie par PaSiDupes- cf. libellé) à la milice paramilitaire créée par un ancien dictateur de Haïti au début des années 1960.

    La Guadeloupe attend des sous des Blancs métropolitains…
  • Le maire DVG du chef lieu du département, Jacques Bangou, chez lequel Sa Cynique Majesté Royal s’était faite héberger, a annoncé jeudi 5 qu'il avait demandé que sa ville, victime de plusieurs nuits d'émeutes et de pillages, bénéficie du statut de "ville sinistrée"… Pour ceux dont le cerveau marche à la couleur de peau, Bangou, maire de Pointe-à-Pitre, est plus noir qu’Obama. Autrement dit, le pouvoir est à vrai dire mieux partagé que ne le prétend la propagande .
  • Les entreprises guadeloupéennes, victimes de LKP et pénalisées par quarante-quatre jours de grève générale, bénéficieront d'un moratoire sur le paiement de leurs prélèvements fiscaux et de leurs charges sociales, a également annoncé le trésorier-payeur général de la Guadeloupe, Bernard Cressot.
    Question : Puisque les métropolitains, comme Jego, ne comprennent rien à la situation locale, LKP laissera-t-il une bande de culs-blancs rétablir l'économie guadeloupéenne ?
  • vendredi 6 mars 2009

    Guadeloupe : ce que les Français paieront

    Discrimination raciste contre les entrepreneurs blancs non signataires

    Dans son article précédent, PaSiDupes s’interrogeait de savoir jusqu’où LKP pouvait aller en Guadeloupe sans mettre en péril notre économie en situation de crise économique internationale. Sans nier la situation des familles que l’on dit dépendantes, puisqu’il est interdit de parler d’assistanat, il faudrait néanmoins admettre que le SMIC, que Margie Sudre stigmatise, a créé une nouvelle donne, laquelle s’appuie sur les aides multiples attribuées aux familles nombreuses et associées également à l’absence des pères successifs. Nous apportions quelques éléments factuels qui irritent à la fois les Guadeloupéens qui ne veulent pas qu’ils soient davantage connus et des métropolitains qui sont anxieux pour leur avenir et n’en peuvent plus de tant d’ingratitude ultra-marine.

    Un accord qui ne préserve pas l’avenir

    Après 44 jours de grève générale, le collectif révolutionnaire LKP et le préfet ont signé un accord appelant «à la reprise de l'activité normale». Sans attendre la signature, la vie reprenait partiellement son cours, mais les entreprises des guadeloupéens blancs non signataires sont toujours bloquées.
    En Martinique en revanche, les négociations continuent.
    L’accord signé mercredi 4 au soir appelle à «la reprise de l'activité normale».
    Ce texte, extrêmement détaillé, compte 165 articles, et traite de sujets aussi divers que le prix de la baguette, l'embauche d'enseignants ou l'octroi de billets d'avions à prix réduits. Il récapitule les avancées obtenues par le LKP pour accroître le pouvoir d'achat, mais certains des points du protocole d'accord continueront d'être discutés en commission… Encore des claquements de portes en perspective, dans le meilleur des cas.
    Satisfait par cet accord, Elie Domota a toutefois mis en garde
    «Aujourd'hui, c'est la lutte qui paye, mais il faut rester mobilisés car il y a beaucoup d'autres combats à mener sur la formation, l'emploi... ». Sur RTL jeudi matin, il a bien prévenu: «Pour nous, c'est une victoire, mais c'est surtout une première étape». Le meneur LKP appelle précisément à «militer pour l'extension de l'accord Bino dans toutes les entreprises de Guadeloupe», désignant ainsi à la vindicte populaire celles qui sont la propriété des Guadeloupéens blancs . Cet accord a en effet été signé par les organisations patronales minoritaires, qui prévoit une augmentation de 200 euros des bas salaires, est annexé en marge de l'accord.
    Le président du MEDEF, Willy Angele, un Noir, n’en déplaise à la propagande LKP, a expliqué qu'au final, «le bonus à la vie chère évoluera entre 200 et 250 euros pour les salaires jusqu'à 1,4 du SMIC». Pour une période de 36 mois, ce montage financier sera financé par les employeurs à hauteur entre 30 et 100 euros en fonction de l'effectif de l'entreprise et de ses capacités financière et par le Conseil Régional, le Conseil Général et l'Etat qui prendront en charge la différence. C’est bon pour la concurrence…Mieux, c’est bon pour le moral des Français, puisque l’Etat, le CR et le CG, c’est quand même bien leur impôt …

    «200 à 250 millions d'euros»
  • Les mesures de soutien aux territoires d'Outre-Mer coûteront aux Français (à l'Etat, si on veut !) «200 à 250 millions d'euros», a annoncé le ministre du Budget, Eric Woerth, sur RTL jeudi matin. «La question est de savoir aussi combien ça rapporte», a-t-il ajouté. «Si c'est uniquement payer pour voir et pacifier le territoire, ça ne sert à rien. Ce qui compte c'est que la Guadeloupe revienne sur des bases nouvelles.....» Voit-on poindre une forme certaine de scepticisme ?
  • Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, s'est quant à lui réjouit de l'accord de sortie de crise après un «chemin long et douloureux », qu’il a parcouru sur les genoux. Pour sa part, le préfet, Nicolas Desforges, s'est dit «soulagé, ému et content». «Je crois que ce soir c'est un nouveau départ qu'il faut donner à la Guadeloupe», a-t-il positivé. «Il faut qu'elle se remette au travail dès demain, qu'elle rattrape le retard, qu'elle mette les bouchées doubles». Ne trahit-il pas une forme certaine d’inquiétude?
  • Le paiement des jours de grève, ni explicitement acquis, ni proscrit par l'accord, semble laissé à la négociation au sein des sociétés. Le texte recommande simplement que «des réunions soient organisées entre l'autorité d'emploi, les agents et les organisations syndicales représentées dans l'administration et les entreprises concernées, avant toute retenue». Les Français déjà lourdement solidaires préfèrent sans doute accorder cette grosse prime à la grève… Les entreprises ont-elles les moyens de deux crises ?
  • Le coût des plus de six semaines de grève générale est estimé, selon le MEDEF-Guadeloupe, «à 1.400 dépôts de bilan et 10.000 à 12.000 licenciements ou destructions d'emplois dans les six mois à venir».
    En Martinique, qui est en grève générale depuis un mois, les négociations se prolongeaient toujours mercredi soir. La plupart des magasins demeuraient fermés et les barrages paralysaient toujours l'activité économique.
    Par ailleurs, à plusieurs milliers de kilomètres de là, un nouveau front s'est dessiné : un collectif rassemblant une quarantaine d'organisations appelle les Réunionnais à descendre dans la rue jeudi pour une importante journée de grève pour une hausse des salaires.

    Les principaux points du protocole d'accord

    Le texte signé par le collectif LKP et les représentants de l'Etat compte 165 articles, et récapitule les avancées obtenues depuis le dépot des 146 revendications du LKP, le 20 janvier, jour de l'investiture de Barack Hussein Obama, premier président métis américain. L'accord «Jacques Bino», signé par les organisations patronales minoritaires, qui prévoit une augmentation de 200 euros des bas salaires, lui est annexé.

    - NIVEAU DE VIE ET POUVOIR D'ACHAT
    : baisse du prix des repas scolaires, augmentation de 200 euros des bourses étudiantes. «Prime de solidarité active» aux 51.000 foyers les plus pauvres (200 euros) et
    «prime exceptionnelle» de 100 euros au 80.000 foyers les plus pauvres.
    - Revenu supplémentaire temporaire d'activité
    (RSTA), pour une période de 36 mois, aux salariés du privé jusqu'à 1,4 SMIC inclus. Contributions respectives supplémentaires du Conseil général et de la Région, de 25 euros par mois sur 12 mois (24 M euros), pour les salariés touchant entre 1 et 1,4 SMIC inclus.
    - Fonds de soutien au bénéfice des allocataires du minimum vieillesse et de l'allocation adulte handicapé (3 M euros).
    - Diminution de la taxe d'habitation (9%) et de la taxe sur le foncier bâti de (7%), applicable en 2010.
    - BAISSE DES PRIX DE PRODUITS DE PREMIERE NECESSITE: établissement «avant la fin du mois de mars 2009», d'une liste de produits de première nécessité au sein de «100 familles de produits». A ce «chariot de la ménagère», il sera ajouté une liste de 50 produits usuels (fournitures scolaires, électroménager, pièces automobiles...).
    Gel en 2009 du prix de la baguette de pain.
    - BAISSE DES TARIFS BANCAIRES
    : jusqu'à 5 à 10% sur certains services.
    - BAISSE DU PRIX DES CARBURANTS: de 43 centimes pour l'essence sans plomb et de 40 centimes pour le gazole (déjà enregistrée).
    - BAISSE DU PRIX DE L'EAU: jusqu'à 10% par m3.
    - LOGEMENT : lancement de la construction de 3.000 logements en 2009.
    - TRANSPORTS: baisse de 20% des prix des transports terrestres interurbains et de 20% des tarifs des transports urbains à Pointe-à-Pitre, Abymes, Gosier, Baie-Mahault. 40.000 billets A/R Pointe-à-Pitre/Paris au prix de 340 euros (hors taxes d'aéroport) pour les familles les plus modestes.
    - EDUCATION, FORMATION ET EMPLOI DES JEUNES
    : recrutement de 19 personnes inscrites sur la liste complémentaire du concours des écoles.
    - PRODUCTION AGRICOLE ET PECHE: 13 M d'euros
    pour diminuer le coût des matières premières entrant dans la fabrication de produits locaux. Révision du prix du carburant des marins pêcheurs.
    - AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET INFRASTRUCTURES: soutien à la rénovation du parc hôtelier (7.500 euros par chambre).
    - CULTURE: double fléchage en français et en créole de certains bâtiments publics. «Valorisation de la culture guadeloupéenne et de la langue créole».
    - DIVERS
    : organisation de réunions préalables avant toute retenue sur salaire liée au conflit en cours.

    Les principales réactions
  • Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jego a reconnu que "le chemin a été long douloureux, il reste énormément de travail pour protéger les entreprises qui vont souffrir énormément de 44 jours de blocage". "Il faut reconstruire pour essayer de faire en sorte que ce type de conflit, cette méthode ne se reproduisent". "C'est un soulagement", et "à partir du moment où toutes les parties ont réussi à se mettre d'accord, je n'ai pas à qualifier d'un accord salarial", a précisé Yves Jego sur France-Info. "Chacun a fait beaucoup d'efforts, chacun a beaucoup travaillé". "L'Etat ( ! ) a mis des moyens pour qu'il y ait une vraie réponse sociale, il faut aussi une réponse sociétale", a-t-il lancé. "Il faut qu'on rebâtisse le modèle qu'on rentre dans les états généraux de façon très positive (...) pour que ce soit une nouvelle époque qui s'ouvre". Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer a également noté que "la promesse et parole de l'Etat a été tenue dans ce conflit".

    De son côté, le porte-parole du LKP Elie Domota a estimé que "le contenu du protocole c'est déjà beaucoup d'avancées". "C'est une victoire, une étape". "C'est la reprise mais nous restons mobilisés dans les jours, les semaines qui viennent, parce qu'aujourd'hui c'est la lutte qui paie", a-t-il noté. "Il y a un certain nombre de conflits qui durent et perdurent, et nous travaillons dessus pour arriver à une résolution de ces conflits-là dans les jours qui viennent", a souligné Elie Domota.
    "Nous militons toujours pour l'extension de l'accord dans toutes les entreprises de Guadeloupe et nous allons continuer à nous battre sur la plate-forme du LKP pour continuer à faire avancer les choses".

    Demain est un autre jour.


  • Guadeloupe - Une « bande de békés » menacerait de « rétabir l’esclavage »

    LKP et Domota sont-ils une menace pour la France ?

    La poule aux œufs d’or peut-elle encore fournir ?

    Les révolutionnaires guadeloupéens ne veulent pas de l'indépendance

    -> L'île n'a pas les moyens: le département n'est pas auto-suffisant. Le département importe en effet l'essentiel de ses ressources, ce qui explique pour une large part la cherté de la vie.
    -> De plus, un tiers de la population n'est pas productif, car, à l'exemple de Domota, 33% des Guadeloupéens sont fonctionnaires de l'Etat. C'est ainsi que la grève générale s'est arrêtée avant le 45e jour, car après 3 semaines d'arrêt de travail, les fonctionnaires ont des retenues sur salaires. Sachant qu'ils sont payés 1,4 fois ce que gagne le fonctionnaire métropolitain de base, leur intérêt bien compris a aidé au retour à l'activité.
    -> La législation est-elle adaptée à la nouvelle mentalité syndicale?
    Il n'est pas impossible que la grève reprenne d'ici peu, pour une nouvelle durée de 44 jours. C'est la technique d'usure à moindre coût syndical de SUD à la SNCF, ou des enseignants en France, qui pratiquent la grève par session de 59 minutes, à tour de rôle, pour ne pas subir de retraits sur salaires.
    -> Mais l'autonomie conviendrait bien.
    Le coût de la grève générale est estimé à 250 millions d’euros, sans compter que 90 entreprises sont désormais menacées de fermeture.

    Domota a-t-il pris le pouvoir en Guadeloupe ?

    "Soit ils appliqueront l'accord, soit ils quitteront la Guadeloupe."
    Au lendemain de l'accord de sortie de crise trouvé avec l'État après un mois et demi de grève générale dans l'île, le meneur LKP, Élie Domota, a brandi la menace encore jeudi soir pour contraindre les derniers chefs d'entreprise réticents à accorder une augmentation mensuelle de 200 euros à leurs salariés. Des établissements que des manifestants s'emploient toujours à bloquer. "Nous n'arrêterons pas et je l'ai dit ce soir au préfet. Nous sommes très fermes sur cette question-là. Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l'esclavage", a-t-il lancé sur Télé-Guadeloupe.

    Discrimination économique
    La pression que le porte-parole du LKP envisage d'exercer est d’abord d'ordre économique.
    "Hors de question, aujourd'hui, d'aller faire des courses dans des entreprises qui exploitent des Guadeloupéens, dans les entreprises qui ne donnent pas 200 euros à leurs salariés", a-t-il argumenté.
    Combien d'entreprises devront-elles déposer leurs bilans ?

    Discrimination raciale
    "Nous demandons aux Guadeloupéens de ne pas aller dans ces entreprises-là, de ne pas aller à Match, Carrefour, Cora, de ne pas faire de courses dans les entreprises qui n'appliquent pas l'accord", a-t-il insisté. Interrogé pour savoir s'il ne craignait pas les conséquences de son appel pour les personnels de ces sociétés, Élie Domota a répondu : "Ils trouveront du travail. De toute façon, quand leurs patrons auront mal, ils feront en sorte d'appliquer l'accord", a-t-il aussitôt rétorqué.
    C'est le retour à la lutte des classes.

    Quelle est la valeur de leur signature ?

    Durant toute la journée de jeudi, un groupe d'une centaine de terroristes urbains, sorte d'armée de libération nationale formée à Cuba et très mobile, a bloqué à plusieurs reprises des carrefours au Gosier, à 6 km de Pointe-à-Pitre, où sont situés de nombreux hôtels de tourisme. Ces hommes de main, guérilleros LKP ont respecté les consignes de Domota : ils se sont dispersés sans incidents lors de l'arrivée des forces de l'ordre, mais ont investi aussitôt la chaussée quelques centaines de mètres plus loin.
    À Baie-Mahault, un centre commercial a dû fermer dans le courant de la matinée avant que les boutiques qui y sont implantées puissent ouvrir de nouveau. Mais les grévistes d'un hypermarché Carrefour et de plusieurs supermarchés spécialisés de ce centre commercial en ont, par contre, interdit les accès durant toute la journée. Jeudi toujours, la fédération patronale du BTP, membre du Medef-Guadeloupe, a "adhéré à l'accord" augmentant les salaires de 200 euros.
    En pleine période de crise économique internationale, le patronat s'efforce de maintenir l'activité, de survivre à la crise surajoutée amenée par LKP et et de ne pas licencier. Des préoccupations que les activistes ne prennent pas en compte mais compte exploiter.

    Lire l’article suivant de PaSiDupes sur l’accord signé entre le préfet et LKP.

    mardi 3 mars 2009

    Guadeloupe : Libération rend le MEDEF responsable de la poursuite de la grève

    Cette presse qui prend le parti des intimidations et des menaces
    Lundi 2 février, les révolutionnaires LKP maintenaient encore la pression sur les entrepreneurs de l’archipel.
    Les petits commerçants devaient toujours baisser leurs rideaux : « Il y a du danger, Monsieur, il ne faut pas rester là ! » ou « On vous aura prévenue, Madame, il faut partir ! », menaçaient les "autonomistes". Ainsi, le commerce est-il asphyxié et toute l’activité de l’île paralysée. Pour ceux qui ne sont pas encore convaincus de ses intentions révolutionnaires, Elie Domota affirmait d’ailleurs que « il reste assez de problèmes pour continuer les actions ». C’était alors que la Martinique signait un accord avec le MEDEF.
    En métropole pourtant, une certaine presse continue de faire le choix de la violence et de la révolution contre le travail et la paix sociale. Il est toujours plus confortable de rallier le camp du plus fort, de la violence, l’éthique et la république dussent-elles en souffrir quelque peu.

    La grève générale qui touche la Guadeloupe depuis six semaines n’est toujours pas officiellement suspendue.
    Le LKP et l’Etat, par la voix du préfet Nicolas Desforges, continuent à se tester par les mots et dans la rue. Libération a délibérément manqué l’occasion de rappeler que 30% des Guadeloupéens sont des fonctionnaires (si, si !), mais qu’il ne faut pas supprimer de postes et que les journées de grève leur seront payées, jusqu'à 45 jours d'arrêts : encore trois , quatre jours donc à tenir… Le collectif d’associations et de syndicats extrémistes à l’origine de la grève devait donc se prononcer hier après-midi (cette nuit en métropole, compte tenu du décalage horaire) sur la poursuite ou non du mouvement sur la base d’un document de la préfecture, actant les points d’accord sur la hausse des bas salaires.

    Alors qu’un accord est signé en Martinique…
    Pour entretenir l’épreuve de force en Guadeloupe qui a ouvert les hostilités le 20 janvier avec l’investiture du métis Barack Hussein Obama à la Maison Blanche, le révolutionnaire noir, Elie Domota, chef de file du LKP, noyauté par la CGTG et l’UGTG, avait appelé hier matin ses partisans à se rassembler devant le centre commercial de Baie-Mahault, près de Pointe-à-Pitre. Ce temple de la consommation locale regroupe 180 boutiques autour d’un hypermarché Carrefour (Cora ci-contre). Il est la propriété du groupe Hayot, une riche famille béké qui concentre aujourd’hui bien des rancœurs de la population. Les manifestants entendaient contraindre les propriétaires d’enseigne et chefs d’entreprise à signer par l’intimidation l’accord ficelé avec l’Etat sur les 200 euros, mais rejeté par les organisations patronales majoritaires dans l’archipel, dont le Medef.

    «On peut difficilement imaginer qu’un accord soit arraché sous la contrainte, car il ne présenterait aucune valeur», a indiqué hier le préfet de la Guadeloupe. D’autant que les exigences des extrémistes ne s’arrêtent pas là. Selon le préfet, «l’adhésion d’une entreprise à un accord interprofessionnel repose sur le volontariat». A sa demande, des gendarmes mobiles ont été déployés «pour empêcher incidents et irruptions dans les entreprises», assurer la sécurité des personnels et des clients, mais aussi permettre à la population de s’approvisionner. On a vu en effet des mères de familles forcées d’abandonner leurs caddies aux caisses et de rejoindre la sortie sous la menace.

    La population se désolidarise de LKP

    Bien que tout le monde se connaisse dans l’île (population totale équivalente à celle de la ville de Lyon) et craigne des dénonciations et des représailles, la population parle désormais (lien PaSiDupes: Thuram) et aspire à la reprise du travail et, surtout, au retour à la normale dans l’éducation en ce jour de rentrée. (lien: sondage métropole) Le préfet Desforges a cherché tout le week-end à convaincre LKP de suspendre la grève. Paraphrasant l’ex-secrétaire général du PCF Maurice Thorez en 1936, il a lancé hier : «Il faut savoir finir une grève !» Mais les appels à la raison ont provoqué l’effet inverse, puisque le collectif a au contraire durci le ton. Dimanche soir, LKP a voté … à main levée (librement et sans menace !) la poursuite du mouvement, et prévenu que ce n’était pas à l’Etat de décider à sa place...
    Le pouvoir est-il aux tontons macoutes LKP et aux indépendantistes insurgés ou à la majorité et aux Guadeloupéens ?

    En Martinique, après un week-end et des négociations houleuses qui ont provoqué des divisions au sein du collectif martiniquais, la sortie du conflit semblait encore pleine d’incertitudes. En grève depuis le 5 février (deux semaines après la Guadeloupe), un accord sur une hausse de 200 euros des bas salaires (contre les 340 exigés en début de grève) devait pourtant être signé dans l’après-midi du 2. D’autres doivent suivre dans la semaine, concernant en particulier les prix alimentaires, mais aussi des aides à la formation des jeunes.

    dimanche 1 mars 2009

    Guadeloupe : intimidation de la majorité paisible par la minorité révolutionnaire

    La loi de la terreur par le collectif LKP de syndicalistes extrémistes
    L’envoyé spécial à Pointe-
    à-Pitre du magazine Le Point,
    Rodolphe Geisler, publiait ce témoignage, le /02/2009:


    Les chefs du collectif «contre la profitation» usent de la manière forte pour rallier à leur cause une population qui redoute le durcissement du conflit.

    L'homme doit avoir à peu près la cinquantaine. Il a les tempes grisonnantes et porte une casquette de base-ball sur la tête. Sans doute enseignant de profession, membre de la FSU [les enseignants du SNES (FSU) ont soutenu dès le 20 janvier le mouvement en Guadeloupe], il est l'un des porte-parole du LKP, le collectif «contre la profitation» à l'origine de la grève générale qui paralyse depuis maintenant trente-cinq longs jours la Guadeloupe. La scène se déroule lundi dernier devant l'entrée du port autonome de Pointe-à-Pitre. Depuis plusieurs heures déjà,
    Élie Domota, le leader charismatique du LKP (lien Le Figaro), lui-même fonctionnaire [directeur adjoint, avec 1,4 fois le salaire de métropole, comme les autres] auprès de l'ANPE [Pôle Emploi], est enfermé dans une petite salle du bâtiment avec le préfet et les représentants du patronat. Les négociations piétinent. Comme depuis un mois. Dehors, les fidèles de Domota s'échauffent au rythme de la chanson créée pour l'occasion : «La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup sé pa ta yo» («La Guadeloupe, c'est à nous, la Guadeloupe, ce n'est pas à vous»). [Indépendantistes, ou non ? Assistés haineux, ou pas?]
    L'homme à la casquette de base-ball prend alors un micro. Et dit en créole : «Si vous voyez des magasins ouverts, allez les voir !» Traduction : faites-les fermer ! [Celui qui parle est un enseignant...] Dans la foule, galvanisée par des heures d'attente, des poings se lèvent. On acquiesce de la tête. Pas question que des «traîtres» de commerçants brisent «l'unité» du mouvement. Après la trêve du week-end, pour cause de recueillement à la mémoire de «Jacky» Bino, le syndicaliste tué la semaine dernière dans des circonstances toujours à élucider, quelques commerçants avaient en effet tenté de rouvrir lundi matin dans le centre-ville. Plus ou moins ouvertement, d'ailleurs, certains laissant le rideau métallique à moitié baissé. D'autres filtrant le client devant leur magasin officiellement fermé.

    La crainte des représailles est toujours vivace. Les témoignages de pressions exercées par les gros bras du LKP sont nombreux. Les menaces graduées. Du simple avertissement aux menaces physiques. Quand ce ne sont pas des insultes racistes lorsque le commerçant n'est pas «pays». Ce lundi, donc, après que notre homme à la casquette a harangué la foule, des petits groupes se sont ainsi dispersés dans la ville. «On a dit fermé, pas ouvert», répétaient-ils, en tapant du poing contre les rideaux métalliques des magasins. Cette fois, pas de blessé. Juste le bruit des coups donnés sur les rideaux. Les commerçants se sont exécutés. Résignés, un nœud à l'estomac.

    «Posture de victimes»

    Depuis le début du conflit pourtant, plusieurs cas de «tabassage» de commerçants ou de chefs de petites entreprises sont à déplorer. Au moins une dizaine de signalés, sachant que la plupart n'osent pas porter plainte. Comme cet Haïtien. Alors qu'«on» lui demandait de «se solidariser» avec le mouvement, il eut le toupet de répondre : «J'ai connu les Tontons macoutes, c'est pas vous qui allez me faire fermer !» Il a été roué de coups. Son entreprise est désormais fermée. Cette restauratrice de Pointe-à-Pitre, installée en Guadeloupe depuis une quinzaine d'années, s'est, quant à elle, fait traiter de «sale putain de blanche» pour avoir tenté d'ouvrir. Ce mois-ci, elle ne pourra pas donner de salaires à ses deux employés, pourtant des «locaux». Ni à elle-même.

    Comme souvent aux Antilles, confie un béké, «on lâche de temps en temps les chiens» en période de crise. On se cherche des boucs émissaires : «Selon la saison, le coupable, c'est le béké ou le Chinois. Parfois, c'est l'État. D'autres fois encore, ce sont les métropolitainsBref, il faut attendre que ça passe. «Le plus terrible, c'est que les Guadeloupéens se remettent rarement en question. Ils se complaisent dans une posture de victimes. Et portent toujours en eux la blessure de l'esclavagisme dont leurs aïeux furent victimes. Quant à la réussite du voisin, elle est toujours suspecte», ajoute-t-il avec fatalisme. Le mouvement, entamé maintenant depuis près de six semaines, a néanmoins trouvé ses limites tolérables, en défiant l'État de droit. L'entrave à la liberté du commerce, même si trois commerçants seulement ont osé porter plainte à Pointe-à-Pitre, est manifeste. Pour ne pas jeter de l'huile sur le feu depuis les quatre nuits de violence de la semaine dernière pendant lesquelles des tirs à balle réelle ont été constatés, la police se fait discrète dans les rues. D'une certaine façon, les «amis» du LKP ont les mains libres pour imposer leur loi. Élie Domota le répète chaque jour : «Seule la pression populaire peut faire pression sur le gouvernement.»

    Sous couvert d'anonymat, un policier pose tout de même la question des relations entre le LKP et ce qu'il est convenu d'appeler «les jeunes des quartiers difficiles» qui seraient à l'origine des barrages et des pillages de la semaine dernière. Était-ce réellement spontané ? «Pour tracter des carcasses de voiture sur les routes et les incendier à l'aide de bidons d'essence alors que les stations-service étaient officiellement fermées, il leur a bien fallu une aide logistique», estime-t-il.

    «On mange les tomates du potager»

    La question de la possession des fusils de chasse utilisés contre les forces de l'ordre se pose également. Comment les jeunes se les seraient-ils procurés ? Dans le passé, le syndicat indépendantiste UGTG, aujourd'hui composante du LKP, avait eu recours aux mêmes méthodes pour mettre la pression lors de négociation avec l'État.

    En attendant, la population souffre. Elle s'arrange comme elle peut. «On mange les tomates du potager», raconte un Créole. Un couple de touristes avec un bébé, rencontré la semaine dernière, a dû rapidement écourter son séjour. Le lait pour nourrissons est rare. Pour les personnes âgées ou isolées, la situation est critique. Certes, la solidarité dans les familles bat son plein. Mais la crise laissera des cicatrices. Pas seulement économiques. Humaines aussi. L'équilibre de la société antillaise tout entier pourrait en pâtir de nombreuses années. [Depuis combien de temps les établissements scolaires sont-ils fermés et les cours suspendus, sans espoir de rattrapage de six semaines d'interruption?]

    Certains porte-parole du LKP ont parfois dépassé la ligne jaune en stigmatisant certaines catégories de la population (lien PaSiDupes). Un dirigeant du LKP a ainsi dénoncé une nouvelle fois, lundi soir, «la politique raciale et de caste des békés». Le parallèle avec les métropolitains n'est pas loin à faire. Comme pour cette jeune femme qui s'est fait traiter de «sale blanche» il y a quelques jours, en bas de chez elle. «Ce qui me fait le plus mal, c'est que je vis ici depuis des années. Je vis avec les locaux, ce sont mes amis. Mais l'autre jour, dans la rue, personne ne m'a défendue alors que tout le monde me connaît», témoigne-t-elle, en refrénant un sanglot dans la voix. Une autre femme se demande si elle ne va pas tout simplement rentrer définitivement en métropole. La violence gratuite, même si elle n'est que verbale, est insupportable.

    Le Medef local estime, pour sa part, à environ 10 000 le nombre d'emplois menacés dans le secteur privé. Un millier de petites entreprises ne devraient pas se relever.[Or, la solidarité nationale des "sales blancs" de métropole sera sollicitée...] Mais l'interrogation qui commence à tarauder de nombreux Guadeloupéens porte sur le but réellement recherché par le LKP. Le mouvement était en effet préparé, pensé, depuis quatre ou six mois, admettent assez facilement certains syndicalistes. Il faut reconnaître que l'organisation est «parfaite». Le service d'ordre est omniprésent et les débordements maîtrisés. [Une formation efficace reçue de Cuba...] Mais, derrière le jusqu'au-boutisme affiché par Élie Domota pour obtenir une augmentation de 200 euros net pour tous les bas salaires, certains voient «un réveil identitaire». «Domota joue avec le feu», craint un «métro». Les tee-shirts «Gwadloupéyen Doubout» font un tabac dans la rue.

    Officiellement, Élie Domota ne réclame pas l'indépendance. S'il dénonce d'un côté «la gestion paternaliste de comptoir de l'État colonial français», de l'autre, il demande l'intervention du gouvernement. «Pas la mendicité», juste que l'État fasse pression sur le patronat «pour que le travail soit mieux payé». L'autre enseignement de cette crise est sans doute aussi le désamour croissant entre la population et ses élus locaux. Élie Domota semble occuper un vide. Il sait parler à la foule, toujours en créole. Et elle le suit. Les élus locaux, à droite comme à gauche, tentent timidement de prendre le train en marche. En évoquant notamment une possible autonomie de l'île.