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jeudi 31 octobre 2019

Gardes à vue du président LREM de la Région Guadeloupe et de sa vice-présidente

Soupçons de détournement de fonds publics en janvier, gardes-à-vue levées en octobre 

Les gardes à vue du président LREM de la Région, Ary Chalus, et de sa vice-présidente juppéiste, Marie-Luce Penchard, ont été levées

Ary Chalus et Marie-Luce Penchard, respectivement président et vice-présidente de la région Guadeloupe, ici le 29 juin 2018 à Matignon.
Convoqués dans les locaux de la police judiciaire aux Abymes mercredi matinAry Chalus, un ex-socialiste RRDP, membre du GUSR qui apporta son soutien à Macron dès le premier tour de la présidentielle de mai 2017 et Marie-Luce Penchard, maire de Basse-Terre, s'étaient vus notifier leurs gardes-à-vue le 30 octobre 2019 à 8h50 (13h50 heure de Paris), a indiqué le procureur de la République de Basse-Terre, Jean-Luc Lennon, lequel a annoncé leurs levées, le jour même en fin d'après-midi. Elle peut être de 24 heures et de 48 heures maximum.
A. Chalus, tombeur de Victorin Lurel, ministre des Outre-Mer de Hollande, est membre du bureau exécutif de LREM.
Ancienne ministre de l'Outremer dans les gouvernements Fillon, 
M.-L. Penchard a soutenu Alain Juppé à la primaire présidentielle des Républicains de 2016. Elle est la fille de Lucette Michaux-Chevry, 90 ans, ancienne ministre de Jacques Chirac et ancienne présidente de la collectivité d'agglomération Grand Sud Caraïbe (Guadeloupe).
L'enquête porte sur des soupçons de détournement de fonds publics
Résultat de recherche d'images pour "Macron à Saint-Martin"
L'affaire concerne l'embauche de l'ancien directeur financier de la collectivité de Saint-Martin, où Macron s'est rendu il y a un an,  en octobre 2018, quasiment jour pour jour, et où plusieurs clichés le montrent faisant une nouba torride avec des délinquants aux gestes explicitement obscènes, dont  un doigt d'honneur (ci-dessous) qui a circulé partout à travers le monde.
En Afrique, le geste de l'index et de l'auriculaire
faisant les cornes appelle une malédiction

L'embauche controversée du successeur de Jean-Paul Fischer concerne l'actuel directeur général de la SEM Patrimoniale en Guadeloupe, Pascal Averne. Ces gardes-à-vue intervenaient un peu moins de 15 jours après la perquisition du domicile, à Saint-François, de Pascal Averne, et surtout son placement en garde à vue dans les locaux de la DIPJ (direction interrégionale de la police judiciaire). Il est ressorti libre.

En effet, entre janvier 2015 et le 30 avril 2018, Pascal Averne a occupé les fonctions de directeur de cabinet de Mme Penchard à la mairie de Basse-Terre et d'inspecteur général des services au Conseil régional de Guadeloupe. "Deux emplois à temps plein cumulés (...) sauf à établir que l’un des deux était fictif", écrivait Guadeloupe la 1ère en mars dans cette affaire de faits présumés de détournements de fonds publics et de concussion (le fait pour un élu ou une personne chargée d'une mission de service public de percevoir des fonds indus).

Averne se tient ci-dessus à la droite de l'Edouard,
le 4 novembre 2017
Ce cumulard de deux emplois à temps plein percevait, d'une part, un traitement mensuel de 8.000 euros en sa qualité de directeur de cabinet de Marie-Luce Penchard à la mairie de Basse-Terre, et d'autre part, un salaire de 4 000 euros par mois en tant que collaborateur au sein du cabinet du président Chalus, entre juillet 2016 et avril 2018. Le hic ? L'absence d'heures de travail effectives sur ses feuilles de paie…
Mais, entre janvier 2015 et avril 2018, A. Chalus et M.-L. Penchard, elle-même cumularde à la mairie et à la région,  se sont ralliés à la majorité présidentielle, ce qui semble arranger leur situation commune.

"C'est le chevauchement de ces recrutement qui interpelle", souligne M. Lennon, ainsi que "les modalités des recrutement."
L'enquête se poursuit, car il faut "mener des analyses notamment sur la reconstitution de carrière de M. Averne, car l'enquête porte uniquement sur le volet du double emploi et la double rémunération par les collectivités", a précisé le procureur.

lundi 15 novembre 2010

Gouvernement Fillon III: la diversité est représentée

Trois des onze femmes du nouveau gouvernement

Le devoir de mémoire n'est pas qu'une notion

Marie-Luce Penchard, ministre chargée de l'Outre-mer, auprès du ministre de l'intérieur, de l'Outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration.
Née en Guadeloupe en 1959, elle était déjà à l'Outre-Mer en 2009 comme secrétaire d'État, puis ministre.
Elle est la fille de Lucette Michaux-Chevry, qui fut secrétaire d'État chargée de la francophonie du Gouvernement Jacques Chirac (mars 1986-mai 1988), puis ministre déléguée chargée de l'Action humanitaire et des Droits de l'Homme du Gouvernement Édouard Balladur (1993-1995).

Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée de la santé, auprès du ministre du travail, de l'emploi et de la santé.

L'ascenseur social fonctionne pour ceux qui veulent le prendre

Née à Lyon en 1963 d'un père tirailleur algérien, elle est la cinquième enfant d'une famille de onze. Médecin, elle travailla au service d'immunologie de l'hôpital Édouard-Herriot de Lyon. Elle sera élue conseillère municipale de Lyon en 2008, eurodéputée en 2009 et conseillère régionale de la région Rhône-Alpes en mars 2010.
Elle était déjà secrétaire d'État (chargée des Aînés) dans le gouvernement Fillon II (2009-2010).

Jeannette Bougrab, secrétaire d'Etat chargée de la jeunesse et de la vie associative auprès du ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative.

Elle incarne l'ascension sociale brillamment

Née dans l'Indre en 1973, elle est maître des requêtes au Conseil d'État.
Fille de harki ouvrier métallurgiste, devenue maître de conférences en droit public à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'IEP de Paris, elle était présidente de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) depuis le 16 avril 2010.
La Halde lui survivra-t-elle ?

lundi 11 janvier 2010

Guyane et Martinique: non franc et massif des électeurs à une autonomie accrue

Oui à la Pwofitasyon ?

Dimanche 10 janvier, les départements et territoires d'outre-mer n'ont pas choisi de s'affranchir de la tutelle de l'Etat et de la République: les électeurs de Guyane et de Martinique ont dit clairement non par référendum à la demande d'une majorité de leurs élus locaux de l'autonomie accrue de leurs départements.
Les électeurs étaient invités à dire s'ils souhaitaient un passage de leur département (et région) d'outre-mer, soumis aux mêmes règles juridiques que la métropole, à l'article 74 de la Constitution, qui en aurait fait une collectivité d'outre-mer pouvant bénéficier d'une autonomie accrue.

=> Résultats annoncés lundi 11 janvier par le ministère de l'outre-mer:
  • 69,8% de « non » en Guyane, pour une une participation moyenne de 48,16%,
  • 78,9% de « non », en Martinique, avec une participation de 55,35%.

    => Le 24 janvier, Guyanais et Martiniquais auront à se prononcer sur la mise en place éventuelle d'une collectivité unique, à la place du conseil général et du conseil régional de leurs régions mono-départementales, demeurant régie par l'article 73 de la Constitution.

    Réactions politiques

    - La mauvaise foi de Christiane Taubira (députée DVG) :
    "Je pense que les arguments pour le 73, il n'y en a pas. Le tour de passe-passe a été de faire croire que la seconde consultation (celle du 24 janvier, ndlr) était une alternative à la première. Il y en a qui ont peut-être trouvé que la marche du 74 était trop haute. Mais on leur à fait croire que le 24 janvier accoucherait d'un article 73 renforcé. Renforcé par rien du tout. Il n'y avait pas de contenu, je comprends le désarroi du citoyen. On lui demandait : faites le pari de."

    - Chantal Berthelot
    (députée DVG) s'interroge:
    "C'est un résultat négatif qui pose question. D'autant plus que l'écart est énorme. Il ne faut pas minimiser ce qui s'est passé même s'il faudra prendre le temps d'analyser les choses. Il faut respecter le résultat. Je retiens deux choses : la faible mobilisation des électeurs et l'écart qui, c'est vrai, m'impressionne. Au-delà de la déception d'une défaite, il y a cet écart important. C'est une double interpellation."

    -
    Axel Urgin (PS) a estimé que "Ce choix traduit l'attachement des Guyanais et des Martiniquais à un statut qui soit proche de celui des collectivités de Métropole, réaffirmant ainsi le lien étroit qui les unit à la République".

    -Brice Hortefeux (Ministre de l'Intérieur) et Marie-Luce Penchard (ministre de l'Outremer) ont jugé qu'"avec ces résultats, les électeurs ont souhaité clore pour longtemps" le débat sur une autonomie accrue. Ils les ont appelés "à rester mobilisés pour exprimer leur choix définitif".

    Deux votes pour un triple désaveu

    Une claque pour les agitateurs autonomistes
  • Les demandes des élus locaux qui avaient rendu ces consultations nécessaires ont ainsi été désavouées par la population de ces deux départements d'outre-mer français (DOM).
  • En Guadeloupe, autre DOM, le fonctionnaire Elie Domota et le LKP ( Liyannaj Kont Pwofitasyon, ou LKP -"Collectif contre l'exploitation outrancière"- tentaient précisément de relancer la contestation avec une manifestation organisée opportunément samedi à Pointe-à-Pitre par ce collectif révolutionnaire.
    Mais seulement 7.500 personnes, dont "2.000 suivant le groupe carnavalesque Akyio", ont manifesté, selon la préfecture, et "plus de 20.000 voire 25.000", selon Elie Domota, meneur du collectif LKP, mais "plus de 10 000", selon RFO.
    Depuis, Elie Domota a mis de l'eau dans son rhum et révisé à la baisse ses ambitions de grève générale pour le 20 janvier, évoquant seulement une "mobilisation". Il cherche néanmoins à maintenir la pression pour "mobiliser pendant la période du Carnaval" de manière à "faire une confusion".

    Ces résultats traduisent un sentiment de défiance des populations à l'égard des élus locaux et vis-à-vis d'un système institutionnel qui renvoie à une loi organique ultérieure le contenu exact d'éventuels nouveaux statuts. En Guyane, les quatre parlementaires, dont les présidents du conseil régional et du conseil général, tous de gauche, qui avaient appelé à voter oui, ont démontré leur coupure avec la base.

    -> Ainsi, Axel Urgin, le secrétaire national du PS à l'Outre-mer a "pris acte" lundi matin des résultats des referendums statutaires en Guyane et en Martinique, "qui par leur ampleur sont incontestables".

    -> Christiane Taubira (PRG, apparentée au groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche) fut membre de l'équipe de campagne de Sa Cynique Majesté Royal candidate de la Présidentielle, en qualité de « déléguée à l'expression républicaine »...

    Les retombées sur les Régionales de mars prochain

    A court terme, les résultats des consultations démocratiques de dimanche auront des conséquences importantes sur les élections régionales.

  • En Guyane, Antoine Karam (1950), le président du Conseil Régional de la Guyane depuis 1992 et membre du Parti socialiste guyanais, ne se représente pas. Le candidat PS à la Région désigné par la primaire sera d'ailleurs Léon Jean-Baptiste-Edouard.
    Le maire de Cayenne Rodolphe Alexandre (ex Parti socialiste Guyanais), grand gagnant du non des Guyanais à une autonomie accrue pour leur département, a estimé lundi que "c'est la victoire de la démocratie, de la majorité silencieuse".

  • En Guadeloupe, Victorin Lurel (sortant), qui sera tête de liste élue par les militants et officialisée par le PS pour les élections régionales des 14 et 21 mars 2010, aura donc face à lui, outre les deux listes UMP (Jalton et Marc) et celle de Laurent Bernier (dissident UMP), une liste Verts et une liste PCG/LKP/Indépendantistes. Mais Lurel avait appelé à voter Oui à une autonomie accrue...
  • En Martinique, le président du Conseil Régional, Alfred Marie-Jeanne, (Mouvement indépendantiste) avait appelé à voter oui... Et le candidat PS n'est toujours pas désigné. Les candidats vont-ils se bousculer ?...

    Sur le fond
    , la fracture entre les partisans d'une autonomie accrue et la population est béante.

    Les partisans d'une autonomie accrue ne sont manifestement pas parvenus à convaincre les électeurs
    des vertus d'une plus grande autonomie pour assurer plus efficacement le développement local et satisfaire leurs besoins quotidiens (transports, logement, emploi, coût de la vie...).
    Une bonne partie de la campagne s'est faite sur la peur de la perte d'acquis sociaux, notamment en Martinique, à la population vieillissante, alors que ce qui relève de la protection sociale devait continuer à demeurer de la compétence de l'Etat.
    Se sont exprimées aussi des craintes sur les importants fonds européens dont bénéficient aujourd'hui les deux DOM, "régions ultrapériphériques" de l'UE, et une peur de "largage" par la métropole, malgré les assurances données par Nicolas Sarkozy sur ce point.

    L' « exploitation outrancière » de l'Etat et de l'Union Européenne a eu gain de cause, mais
    à l'inverse de la propagande du LKP ! ...

  • vendredi 26 juin 2009

    Martinique: Sarkozy propose un référendum d’autonomie

    Domota, indépendantiste révolutionnaire, régnera-t-il jamais sur l’île ?

    Premier Président de la République en Martinique

    Le Président Nicolas Sarkozy est arrivé jeudi 25 juin à la Martinique, où il a atterri à 19h30 heure de Paris à Fort-de-France.
    Il est accompagné du Ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux et de la première secrétaire d’Etat antillaise chargée de l’Outre-Mer, Marie-Luce Penchard.
    A une question sur l'avenir institutionnel de la Martinique et de la Guadeloupe, il a répondu: «On ne peut pas gérer un département au coeur de la Caraïbe comme un département dans la métropole, c'est une évidence. En même temps, il y a les principes républicains qu'il faut respecter».
    L’annonce

    Après avoir rebaptisé l'aéroport de Fort-de-France du nom du poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire, le chef de l'Etat a répondu à l'attente des élus du département-région de la Martinique en annonçant qu'il consulterait la population d'ici à l'automne.
    Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi matin 26 l'organisation d'un référendum sur un éventuel statut d'autonomie pour la Martinique, avant de mettre le cap sur la Guadeloupe voisine, terme de sa visite de deux jours aux Antilles.
    "Je suis venu vous annoncer clairement que j'ai l'intention de consulter les Martiniquais sur l'évolution institutionnelle de leur territoire comme la constitution m'y autorise", a-t-il déclaré lors de cette cérémonie.
    -> L'article 72 de la Constitution autorise le chef de l'Etat de à consulter les populations des départements et territoires d'Outre-mer sur son «organisation», ses «compétences» ou son «régime législatif». Tout changement de statut doit recueillir l'approbation des populations concernées, selon ce texte.

    L’autonomie n’est pas l’indépendance

    Le Président Sarkozy a toutefois été clair. "Il ne s'agit pas d'organiser, à mes yeux subrepticement, un je ne sais quel ‘largage de la République’. Le débat qui est ouvert est celui du juste degré d'autonomie", a-t-il expliqué.
    "Tant que je serai président de la République, la question de l'indépendance de la Martinique, c'est-à-dire de sa séparation d'avec la France, ne sera pas posée", a insisté le Président Sarkozy.

    Devant la presse, il a précisé que les modalités de cette consultation et un calendrier qui devraient être précisés seraient définies d'ici à "fin septembre, début octobre", après une large consultation avec les élus martiniquais.

    Selon le chef de l'Etat, ces discussions permettront de déterminer le calendrier du référendum et de répondre à la résolution des élus départementaux et régionaux de Martinique, qui ont demandé le 19 juin le report des élections régionales prévues en 2010 dans la perspective de cette consultation. "Je ne répondrai pas à ça maintenant car il y a des positions divergentes", a indiqué le président à la presse à l’issue de son allocution.

    Un peu d’histoire

    Consultés en 2003 par référendum, les électeurs de Martinique, tout comme ceux de la Guadeloupe, avaient refusé à une courte majorité (50,48%) l'instauration d'une collectivité unique. "Je pense que depuis les esprits ont évolué", a estimé N. Sarkozy à Fort-de-France.

    Les réactions

    Très attendue, l'annonce présidentielle d'un référendum a été accueillie favorablement par les élus de toutes tendances.

  • Parti socialiste : le député-maire apparenté socialiste de Fort-de-France, Serge Letchimy
    "Nous sommes unanimes sur cette nécessité d'un engagement dans un processus de responsabilisation qui n'est ni l'indépendance ni le statu quo", a-t-il déclaré, avant de souligner que, selon lui, "la constitution française ne pourra pas rester longtemps insensible aux aspirations de nos peuples".
  • Indépendantistes : le député indépendantiste Alfred Marie-Jeanne
    "Les rapports avec la France doivent être redessinés", a estimé, ajoutant qu'"il ne suffit pas de réclamer l'autonomie si on ne peut jamais l'appliquer".

    De la Martinique à la Guadeloupe

    Son discours terminé, Sarkozy s’est dirigé vers la Guadeloupe pour un séjour de quelques heures, au terme duquel il doit notamment participer, à Petit-Bourg, aux Etats Généraux de l'Outre-Mer lancés par le gouvernement en avril après les émeutes qui ont agité l'île de janvier à mars.

    Jeudi, le Président Sarkozy avait déclaré sa volonté "d'apaiser les choses" et "d'apporter une réponse" au malaise social qui persiste aux Antilles, indiquant que "le statu quo n'est pas possible".
  • «Je parlerai avec tous ceux qui veulent me parler», a-t-il aussi dit, répondant à une question sur une éventuelle rencontre avec le leader du collectif LKP, Elie Domota.
  • Le chef de l'Etat ne devrait donc pas croiser la route du porte-parole du collectif LKP, Elie Domota, indépendantiste révolutionnaire et instigateur de la contestation de l'hiver, qui n'est pas là pour "apaiser les choses". Il a en effet décidé de bouder la consultation pour la mauvaise raison qu’elle est initiée par l'Etat et qualifiée a priori de "leurre".
  • mercredi 24 juin 2009

    Fillon IV : permutations, disparitions, intégration et assimilation

    Commentaires et vacheries fusent de la gauche-peau de chagrin
    Au lendemain de son discours historique devant le Congrès, le chef de l'Etat a finalement redistribué les principaux portefeuilles de l'équipe Fillon. Alors qu’il ne devait s’agir que d’un réajustement consécutif aux élections de deux ministres, Michel Barnier et Rachida Dati, au Parlement Européen, c’est en fait un remaniement en profondeur du gouvernement de François Fillon qui a été annoncé hier mardi 23 juin pendant les journaux télévisés de 20H00. Pour la gauche et les media, le changement est marqué par un changement aux ministères clés de la Justice, de l'Intérieur, du Travail et de l'Education et les arrivées du neveu de François Mitterrand, ancien président socialiste de la République, et de Michel Mercier, un proche de l’ex-premier opposant à Nicolas Sarkozy.

    Les permutations

  • Ministre de l'Intérieur depuis mai 2007, Michèle Alliot-Marie est promue ministre d'Etat au poste de Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Jean-Louis Borloo, numéro 2 du gouvernement, partage désormais ce titre tout en conservant son portefeuille de ministre de l'Ecologie, en charge d’un ministère élargi à la Mer, aux Technologies vertes et aux négociations sur le climat.
  • Ministre du Travail depuis cinq mois, Brice Hortefeux, un fidèle de Nicolas Sarkozy, succède à Michèle Alliot-Marie à l'Intérieur. C'est un autre poids-lourd du gouvernement, Xavier Darcos, qui lui succède rue de Grenelle.
  • L’ancien secrétaire d'Etat à l'Industrie, Luc Chatel, considéré comme l'un des ministres préférés de Nicolas Sarkozy, est promu à l'Education et reste porte-parole du gouvernement.
  • Rama Yade (1973, musulmane d’origine sénégalaise, mariée avec Joseph Zimet, conseiller au cabinet du secrétaire d'État Jean-Marie Bockel et fils du célèbre chanteur yiddish Ben Zimet, aura la mission de relancer le secrétariat d'Etat chargée des sports, auprès de la ministre de la santé et des sports, R. Bachelot.
  • Ceux qui permutent ou sont promus

  • Jean-Louis Borloo, ministre d'Etat, voit ses attributions renforcées à l'Ecologie.
  • Bruno Le Maire (1969, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin et député de l'Eure) est promu de secrétaire d'État aux Affaires européennes à la suite de Jean-Pierre Jouyet, à ministre de l'Alimentation, de l'agriculture et de la pêche.
  • Christian Estrosi (1955), député-maire sarkozyste de Nice, ancien-ministre délégué à l'Aménagement du territoire du gouvernement Dominique de Villepin et ancien secrétaire d'État chargé de l'Outre-mer dans le gouvernement de François Fillon II, il est promu ministre de l’Industrie auprès de la ministre de l’Economie.

    Les assimilations

    Les transfuges de l’opposition confirmés à leur poste, ministres de l’ouverture, qui ont reçu les injures des impuissants de la gauche aigrie et divisée, ont en revanche été récompensés par le Chef de l’Etat qui leur conserve sa confiance.
  • Bernard Kouchner (PS) reste ministre des Affaires étrangères et européennes.
  • Hervé Morin (Nouveau Centre) conserve le ministère de la Défense.
  • Eric Besson (1958, ex-PS), ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du développement solidaire. Démissionnaire de son mandat de secrétaire national à l'économie du PS le 21 février 2007, il est secrétaire général adjoint de l'UMP depuis le 24 janvier 2009.
  • Jean-Marie Bockel (1950, PS), ancien membre du gouvernement Fabius, poursuivra sa tâche de secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Justice et des libertés.
  • Fadela Amara (1964, d’origine kabyle), anciennes conseillère municipale PS à Clermont-Ferrand et présidente de l'association ‘Ni Putes Ni Soumises’, est reconduite au secrétariat d'Etat auprès du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville, chargée de la Politique de la Ville.
  • Anne-Marie Idrac (ex-Jupette avait rejoint François Bayrou à Force démocrate, puis à l'UDF), reste secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, chargée du Commerce extérieur.
  • Valérie Létard (1962, Nouveau Centre), conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais depuis 1998, était secrétaire d'État chargée de la Solidarité dans le gouvernement Fillon II et devient secrétaire d'État chargée de l'Écologie et du Développement durable.
  • Christian Blanc (1942, Nouveau Centre), haut fonctionnaire (RATP, Air France, etc), il reste secrétaire d'État chargé du Développement de la région capitale, un poste nouvellement créé mars 2008.
  • Martin Hirsch (1963), maître des Requêtes au Conseil d’Etat et professeur à l’ENA, ancien président d'Emmaüs France (successeur de l’Abbé Pierre) et de l'Agence nouvelle des solidarités actives, il fut (mai 2007) Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, dans le Gouvernement François Fillon. Depuis 2009, il est (et reste) Haut commissaire à la Jeunesse (tout en conservant le Haut commissariat aux solidarités actives contre la pauvreté).

    Les UMP entrants

    - Pierre Lellouche (1951) devient secrétaire d'État aux Affaires européennes. Aavocat, il est co-fondateur de de l'Institut français des relations internationales (IFRI). Docteur en droit de la Faculté de Droit de Harvard, il enseigne parallèlement à l’ENA, à l’INSEAD (Institut européen d'administration des affaires établi à Fontainebleau, Singapour et Abu-Dhabi) et à l'Université Galatasaray (université publique turque francophone établie à Istanbul). Jusqu’ici représentant spécial de la France pour le Pakistan et l'Afghanistan, entre pour la première fois dans un gouvernement.

    - Henri de Raincourt (1948), agriculteur diplômé de l'École supérieure d'ingénieurs et de techniciens pour l'agriculture et ancien sénateur de l'Yonne, il est le nouveau ministre délégué aux relations avec le Parlement.

    - Benoist Apparu (1969), chef de cabinet du ministre délégué à l'enseignement scolaire puis à la coopération Xavier Darcos (2002), et conseiller puis directeur adjoint du cabinet du ministre délégué à la cohésion sociale, Catherine Vautrin (2005 et 2007), et député de la Marne, il accède au poste de secrétaire d'État chargé du Logement et de l’Urbanisme, auprès de Jean-Louis Borloo, à la suite de Christine Boutin, ministre.

    - Nora Berra, représentante de la diversité née à Lyon en 1963, elle est médecin. Conseillère municipale UMPde Lyon, elle fut élue en juin 2009 aux Européennes dans le Sud-Est (bien que 5e de liste).sera en charge des « aînés » auprès de Xavier Darcos, ministre du Travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité.

    - Marie-Luce Penchard, jeune quinqua guadeloupéenne et fille de l’ex-ministre chiraquienne Lucette Michaux-Chevry, succède à Yves Jego. Chargée de mission à l’Élysée pour l’Outre-mer en 2007, elle devint en 2008 conseillère technique en charge de l'Outre-mer, et fut nommée secrétaire nationale de l'UMP chargée de l'Outre-mer et veilla à la mise en œuvre de la départementalisation de Mayotte.

    Les UMP confirmés
  • Roselyne Bachelot (1946), docteur en pharmacie de profession, reste ministre de la Santé et des Sports.
  • Patrick Devedjian (1944), avocat et président du Conseil général des Hauts-de-Seine, nommé le 5 décembre 2008, il reste ministre auprès du Premier ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance.
  • Valérie Pécresse (1967), auditrice au Conseil d'Etat et professeur de droit constitutionnel à l'IEP de Paris, elle conserve son poste de ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (depuis mai 2007)
  • Laurent Wauquiez (1975), ENA, maître des requêtes au Conseil d’Etat, qui a pris la mairie du Puy-en-Velay en mars 2008 à la maman de l’ex-meneur étudiant (UNEF), Bruno Julliard, est renouvelé au secrétariat d'État à l'Emploi auprès de la ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi.
  • Nathalie Kosciucko-Morizet (1973), polytechnicienne, maire de Lonjumeau, fut nommée secrétaire d'État à la prospective et au développement de l'économie numérique, auprès du Premier Ministre (2007) est confirmée au secrétariat d'État chargé de l'écologie auprès du ministre d'État, Jean-Louis Borloo.
  • Nadine Morano (1963), issue du milieu ouvrier, est confirmée au secrétariat d'État en charge de la Famille et de la Solidarité auprès du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité Xavier Darcos.
  • Hubert Falco (1947), chef d'entreprise (HEC), député-maire de Toulon et secrétaire d'État à l'Aménagement du territoire, auprès du ministre de l’Ecologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire du gouvernement François Fillon et chargé d'accompagner la restructuration de la carte militaire qui prévoyait la suppression de 83 sites militaires à travers la France à partir de 2009, il vient d’être nommé secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants.
  • Dominique Bussereau (1952), fils de cheminot, lauréat de la section service public à l’IEP et président du Conseil Général de la Charente-Maritime depuis mars 2008. Ministre de l'Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et de la Ruralité (2004 – 2007), il devient secrétaire d'État aux Transports, auprès du ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire depuis mai 2007, et fut reconduit en juin 2009.
  • Alain Joyandet (1954), depuis mars 2008, secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie à la suite de J.-M. Bockel, dans le deuxième gouvernement Fillon, restera secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de la Coopération et de la Francophonie.
  • Chantal Jouanno (1969, championne de France de karaté et diplômée de l’ENA), depuis le 21 janvier 2009, secrétaire d'État à l'Écologie auprès du ministre d'Etat, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer.
  • Hervé Novelli (1949), ancien PDG de PME, était secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes entreprises, du Tourisme et des Services, depuis mars 2008, et le reste, à la satisfaction de Christine Lagarde.

    Les sortants
  • Christine Albanel, la ministre de la Culture, ne mettra pas à son terme la mise en œuvre de la loi innovante sur le téléchargement illégal sur l’Internet.
  • Christine Boutin, ministre du Logement et représentante de la frange catholique sociale de la majorité, se consacrera à la présidence du parti Démocrate Chrétien, associé à l'UMP.
  • Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, a été jugé trop accommodant lors de la grève générale menée par les révolutionnaires de LKP qui ont pris la Guadeloupe en otage de janvier à mars, avec le soutien du Che-Besancenot. Il est remplacé par la guadeloupéenne Marie-Luce Penchard, fille de la chiraquienne et ex-ministre Lucette Michaux-Chevry, qui appella tous les élus de la Guadeloupe à un front uni dans le dialogue avec le président Sarkozy. L’effet Obama n’a pas joué sur Marie-Luce Penchard et les Obamamaniaques n’en ont pas fait une 100% Noire, malgré son métissage.
  • Roger Karoutchi, chargé des relations avec le Parlement, est lui aussi appelé à d’autres fonctions. Il est remplacé par le président du groupe UMP au Sénat.
  • Bernard Laporte (1964) laisse le secrétaire d'État chargé de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative à Rama Yade.
  • André Santini (1940), victime d'un malaise cardiaque, hospitalisé à Pékin, et rapatrié en France, doit lâcher prise et cède son poste de secrétaire d'État auprès du ministre du Budget, chargé de la Fonction publique. "Bon client" de la presse pour ses réparties, il ne manquera pas de nous gratifier de nouvelles saillies dont il a le secret.
    Dans un style fort différent, son suppléant, l'UMP Frédéric Lefebvre, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, ne siégera plus à l'Assemblée.
  • et les ministres élus aux Européennes, Rachida Dati et Michel Barnier.

    Les intégrations
  • Un ‘bon coup’… médiatique?

    Frédéric Mitterrand sera le nouveau ministre de la Culture et de la communication. Il arrive de la direction de la Villa Médicis à Rome, mais surtout de la famille de feu le président socialiste Mitterrand !
    La gauche minimise l'arrivée auprès de Nicolas Sarkozy du neveu de François Mitterrand, qu'elle a qualifiée de "coup".
  • Féroce, la numéro un du PS Martine Aubry a même assuré que le neveu de l'élu socialiste de 1981 par la grâce de la gauche plurielle , Frédo Mitterrand, n'avait "jamais été socialiste". La Ch'tite Aubry aurait-elle donc du mépris pour les Radicaux de gauche, comparses de Tonton ? (Merci à l'aimable et fidèle lecteur qui nous donne l'occasion de ce supplément d'information).
  • Arnaud Montebourg, aka Nono Montebourde, et ex-animateur des noces et banquets de Sa Cynique Majesté Royal au temps de sa gloire dans les sondages, l’a qualifié d’ « animateur de télévision ».
    Notons aussi que celle qui était dite calamiteuse est désormais regrettée de certains à gauche !...
  • Une bonne prise sur le 'meilleur opposant'...
  • Michel Mercier (1947), sénateur rural diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon et président du Conseil Général du Rhône depuis février 1990, il enseigne les finances et le droit des collectivités locales à la faculté de Droit de Lyon III.
    Mais ce sont ses liens avec François Bayrou qui créent l’événement. Jusqu’ici président du groupe Union centriste au Sénat depuis 2002, il a été également trésorier de l'UDF et du MoDem, il resta fidèle à la stratégie de Bayrou face à la politique gouvernementale de Dominique de Villepin et singulièrement celle de Gilles de Robien, ministre de l'Éducation Nationale et alors seul centriste des gouvernements Raffarin et Villepin.
    Aujourd’hui qualifié de prise de guerre, il inaugure le nouveau ministère de l'Espace rural et de l'aménagement du territoire. Pourtant, plutôt que de l’interroger sur la nature des attributions de son ministère, la presse engagée préfère lui poser des questions insipides qui n’apportent rien, sinon qu’elles détournent l’attention de son amitié avec Zizou-Bayrou et déplace sur sa personne l’intérêt suscité par la nomination du neveu de Tonton…
  • dimanche 25 janvier 2009

    Européennes : les huit têtes de listes UMP

    Au PS, ils en sont encore à s’étriper
    L'UMP a présenté samedi lors de son bureau national ses têtes de listes pour les européennes de juin dans les huit circonscriptions régionales de métropole et d'Outre-mer.

    - Ile-de-France : Michel Barnier (ci-dessus), né en 1951, actuellement Ministre de l'Agriculture et de la Pêche du gouvernement François Fillon (2) mènera la liste, avec la garde des Sceaux Rachida Dati comme numéro deux. Tous deux devront quitter leurs fonctions gouvernementales avant de siéger au Parlement européen. Michel Barnier a été commissaire européen (1999), vice-président du Parti populaire européen (PPE) et ministre des Affaires Etrangères dans le troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin;

    - Est : l’eurodéputé Joseph Daul, né en 1947, agriculteur et président du groupe du Parti populaire européen au Parlement européen ;

    - Nord-Ouest : Dominique Riquet, médecin et maire de Valenciennes ;

    - Sud-Ouest : Dominique Baudis, né en 1947, ancien député-maire de Toulouse (1983-2002) et ancien Président du CSA ;

    - Sud-Est : la sortante Françoise Grossetête, née en 1946, professeur de droit, élue stéphanoise, secrétaire nationale de l'UMP (depuis 2002) et vice-présidente de la fédération UMP de la Loire (2002);

    - Centre : l'eurodéputé Jean-Pierre Audy, né en 1952, conseiller général de Corrèze;

    - Ouest : Christophe Béchu,né en 1974, président du Conseil Général du Maine-et-Loire (avec Elisabeth Morin en numéro 2) ;

    - Outre-Mer : l'eurodéputée Margie Sudre (1943, Secrétaire d'État chargé de la Francophonie de 1995à1997 et Conseiller régional de la Réunion), Maurice Ponga (né en 1947, Nouvelle Calédonie)et Marie-Luce Penchard (secrétaire national chargé de l'Outre-Mer, fille de Lucette Michaux-Chevry, la sénatrice-maire de Basse-Terre, Guadeloupe ).

    Au PS, les noms des têtes de listes tardent à venir et les désignations sont moins évidentes. On donne Harlem Désir candidat en Ile de France.

    Désirdavenir Royal
    trouve les habits de député Européen trop étroits et n’est pas candidate, car elle s’accorde un dimension internationale... Dans une interview accordée au quotidien Le Parisien, samedi 24 janvier, Sa Cynique Majesté Royal a annoncé qu'elle ne sera pas candidate aux élections européennes de juin prochain. "Bien que très sollicitée [ !].
    Elle compte labourer le terrain, un peu pour les candidats, mais beaucoup pour raviver son image dans les campagnes : pour la première fois, un sondage la place en effet derrière son ex, François Hollande… "Comme toujours, je suis disponible pour faire campagne et défendre des idées." Et donc celles de son émule, Barrack Hussein Obama.