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samedi 18 février 2017

Mariage pour tous : le candidat Macron se proclame gay-friendly, puis rétro-pédale

"La communauté LGBT trouvera toujours en moi un défenseur", assure Macron, racoleur

Actif ou passif ?

Face aux réactions indignées provoquées par sa soudaine sympathie  pour les opposants au mariage homosexuel "humiliés" par l'exécutif auquel il a lui-même pourtant appartenu à l'Elysée, le candidat à la présidentielle tente de se refaire une virginité.

Les adversaires du mariage entre personnes du même sexe ont été "humiliés" lors du quinquennat de François Hollande, car on ne leur a pas suffisamment "parlé", a confessé Emmanuel Macron dans un entretien avec L'Obs publié jeudi 16 février. Inattendu de la part de cet hebdo qui est co-détenu à 66 % par la triade de la presse socialiste Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre Bergé, lequel fut cofondateur de l'association Sidaction dont il reste président, et ancien propriétaire de Têtu, magazine gay. On dit d'ailleurs que le milliardaire a encore piqué une colère et menace  de représailles. 
"Une des erreurs fondamentales de ce quinquennat a été d'ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes", a déclaré, en incidente, le candidat à la présidentielle dans ce long entretien, essentiellement consacré à son parcours intellectuel et culturel.

A voile et à vapeur ?

A gauche, ce retournement a surpris, voire pénétré de stupeur. "Je n'aurais pas utilisé ce mot-là; il y a eu un débat démocratique, a jugé sur BFMTV la ministre de l'Environnement Ségolène Royal. 

Sur Twitter, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, s'est dit atterré. 

Benoît Hamon s'est mollement déclaré  "très surpris par ses paroles", vendredi sur France Info, soulignant que Macron était conseiller à l'Élysée lorsque "Christiane Taubira se faisait insulter". "Laisser entendre que ceux qui ont été humiliés sont ceux qui ont voté contre, je ne comprends pas," a admis ce bac +3. 

Colère de la communauté LGBT

La communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles et trans) n'a pas laissé glisser cet acte de racolage public sur la droite jusqu'ici stigmatisée de l'étoile de l'intégrisme le plus réactionnaire. Le groupe de pression arc-en-ciel  l'a accusé de draguer la droite ou l'extrême droite. "Ignorer toutes les haines qui se sont manifestées" contre les LGBT durant les débats sur la loi Taubira relève d'une "erreur fondamentale", a déclaré Virginie Combe, la porte-parole de l'association SOS homophobie. "On se demande si son objectif n'est pas de ratisser des voix qui ne sont pas de son côté," feint-elle de croire.

A la vérité, Macron tente ainsi une manoeuvre d'enfumage de la rumeur insistante qui lui prête une double vie avec Mathieu Galley, sémillant président-directeur général de Radio France, 100% Made in France, sur huit supports qui ne sont donc pas indifférents au candidat préféré du patron.

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Les déclarations du candidat d'En marche! sont "tragiques, inadmissibles, impardonnables", s'est emporté le secrétaire général de l'association Homosexualité et socialisme, Lennie Nicollet, un peu émotif. "On a quelqu'un qui se prétend libéré des tabous socialistes, qui se réclame du pragmatisme, et qui va faire le pire des racolages à droite", a éructé ce planqué du site web de Nouvelle Vie ouvrière (NVO), magazine de la Confédération générale du travail (CGT).

"Macron essaie de ratisser large, même à droite de la droite", s'est indignée Catherine Michaud, la présidente de Gaylib, une association proche de l'UDI, par opposition aux groupes d'extrême droite tels que le GUD ou Civitas qui se sont opposés au mariage pour tous. Pourtant, l'un des fondateurs, Sébastien Chenu, a rejoint le Rassemblement bleu Marine (FN).

Résultat de recherche d'images pour "Une de Causette lesbienne"Les justifications de Macron

Face à ces critiques, Emmanuel Macron a tout de suite tenté de désamorcer la polémique. Dans la soirée de jeudi, il s'est retourné pour Causette, lors d'un entretien en direct sur le compte Facebook du magazine, pour assurer que tout bien considéré, il est finalement "favorable à la loi du mariage pour tous.

Je la protégerai et la défendrai", alors que "d'autres candidats veulent la remettre en cause", a-t-il polémiqué pour élargir son cercle d'amis LGBT. 

L'ex-ministre de l'Économie de Valls s'est également prononcé en faveur de la procréation médicale assistée (PMA) pour les femmes seules et les homosexuelles.



Samedi 18 février, il insiste à nouveau dans un entretien à L'Obs. 
Il en fait des tonnes, distribuant les poppers à qui en manque, assurant avoir "condamné" "la vindicte et la haine de nombre de manifestants [de la Manif pour tous] contre les homosexuels". Pour autant, cet ambivalent a refusé "de traiter par le mépris les témoignages reçus de personnes que ce mariage pour tous heurtait dans leurs croyances et leurs valeurs. Des gens sincères, pas des extrémistes, pas des fanatiques. Ils demandaient davantage d'explication et surtout davantage de considération."



Selon ce candidat réversible, ces derniers "ne se reconnaissaient pas dans les leaders outranciers de la Manif pour Tous mais se posaient des questions et on ne prenait pas la peine de leur répondre", a-t-il laborieusement développé, histoire d'éclater un peu plus la communauté. 
Un "ressentiment" qui demeure encore aujourd'hui, assure-t-il encore. D'autant plus qu'il les a largués, à peine les avait-il chauffés. "C'est pourquoi j'ai affirmé qu'il ne faut jamais humilier les gens, a-t-il lourdement insisté. 

D'ailleurs, il change ensuite de rôle, prenant le parti de la communauté homosexuelle qui lui a rappelé que ses plaies sont encore à vif. Qu'elle a été humiliée, violentée, blessée par un processus qui aurait dû être un soulagement mais a tourné à l'affrontement. Quant aux opposants, ils ont conservé leur amertume et leur rancœur. Ce n'est pas cela la France que je souhaite."

Le progrès "ne doit pas être une machine à créer des haines recuites, assure-t-il. C'est pourquoi nous devons être, nous politiques, vigilants sur la méthode de la réforme." Il se dit très attaché au progrès de droits de la communauté LGBT qui "trouvera toujours en (lui) un défenseur". Sans pointer les hétérosexuels qui seraient encore majoritaires dans l'électorat.

Le trentenaire se cherche visiblement encore et a toujours besoin de maman pour l'aider à ne pas se tromper de voie.

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