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lundi 27 octobre 2014

A Dijon, François Hollande élude les mauvais chiffres du chômage de septembre

Les Français plongent toujours davantage dans le chômage 

Le chômage était un totem de Hollande; c'est devenu un tabou
Hollande enregistre un nouveau record  pour son mi-mandat
En septembre, 3,43 millions de demandeurs d'emploi sans activité pointaient à Pôle emploi en métropole seule, 5,43 millions avec l'Outre-mer.
"Soyons honnêtes: nous sommes en échec", reconnaît François Rebsamen dans un entretien avec Le Parisien, publié après la publication des chiffres. "On a beau faire feu de tout bois, tant qu'une croissance plus forte n’est pas là, il n'y a pas assez de création d'emplois", observe le défaitiste.

Or, le chef de l'Etat se refuse désormais à commenter ses records du chômage, comme à Dijon dimanche, pour ceux de septembre, préférant miser sur les emplois d'avenir et l'unité face à l'éclatement de sa majorité.
"Tout ce qui ira vers l'emploi, et vers l'emploi des jeunes, sera accueilli par le gouvernement dans un sens favorable", a déclaré le président de la République, sur les terres de son ministre du Travail François Rebsamen, où était réuni le 25e congrès de la Fédération Léo Lagrange.
VOIR et ENTENDRE Hollande commenter la débâcle:

Hollande s'est refusé à tout commentaire sur le rebond du chômage

Evoquant les pressions du groupe socialiste à l'Assemblée nationale pour davantage de mesures contre le chômage, Hollande a faiblement rappelé que 150.000 emplois d'avenir ont déjà été créés pour les jeunes"les moins qualifiés" et "les plus éloignés du marché du travail". 
Mais Hollande se voile la face: ses mesures n'ont pas l'impact espéré sur la courbe du chômage. Le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a augmenté de 1% en un mois et de 11,1% en un an (désormais ils sont plus de 800 000) tandis que les jeunes  ont subi une hausse  de +0,4% et les 25-49 ans, de +0,5%.

Sollicité ensuite par la presse, Hollande s'est dérobé.
"Il faut avoir confiance, c'est la durée qui compte, on va arriver à des résultats, il faut des résultats, c'est très important, sur le chômage, surtout sur le chômage", a bredouillé le président devant quelques badauds qui l'attendaient à la sortie de cette réunion.  

La lutte contre le chômage est-elle toujours une priorité du quinquennat?

Le nombre record de 3,41 millions de demandeurs d'emploi atteint le mois dernier constitue pourtant un nouveau signal d'alarme pour le chef de l'Etat, à l'orée de la deuxième moitié de son quinquennat. En un mois, 19.200 chômeurs de plus se sont inscrits dans les listes de Pôle Emploi en catégorie A, celle des chômeurs "sans aucune activité".

En avril dernier, Hollande avait conditionné son éventuelle candidature en 2017 à une amélioration sur le front de l'emploi, dont il a fait une priorité de son quinquennat. Depuis septembre, c'est le "black-out" à l'Elysée.

Hollande prétend rassembler à gauche malgré le chômage et la chute du pouvoir d'achat
Devant l'assemblée des clubs Léo Lagrange fondés par Pierre Mauroy en 1950, il a sécurisé son apparition en s'adressant à des socialistes grand teint, ceux qui répondent présent au recrutement d'animateurs pour assurer la réforme des rythmes scolaires. 
Mais le chef de l'Etat est visiblement davantage préoccupé de l'unité du PS que du sort des demandeurs d'emploi et s'est présenté en rassembleur, face aux discours défaitistes à aux déchirements à gauche. "Ce que doit rechercher un président de la République, c'est l'unité du pays, alors que nous sommes dans un moment où tout est fragmenté, tout est divisé, tout est séparé, tout est exacerbé", a-t-il déclaré, dans un discours de près d'une heure, brassant de nombreux sujets, sans annonce particulière.

Il s'est attardé sur les divisions dans sa propre majorité pour polémiquer. "C'est toujours un combat difficile l'unité, pas simplement dans les groupes politiques ou dans les partis", a ainsi affirmé le chef de l'Etat, en présence de Bruno Leroux, président de la fédération Léo Lagrange... mais aussi du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.
"Donc ma tâche (1), mon rôle (2), mon devoir (3), c'est de réunir, de faire comprendre que nous sommes tous ensemble, que nous avons besoin de destin commun, de bien commun, de lien commun et de sens commun pour vivre ensemble. C'est ça, le message de la République", a-t-il débité.
Hollande s'en est aussi pris à "ceux qui pensent que la France doit être forcément tourmentée et nostalgique", en regrettant "un âge d'or" passé. Au contraire, il faut "construire l'avenir" avec un "esprit de conquête de liberté", a plaidé le chef de l'Etat, alors que pour l'heure, seulement 4% des Français le considèrent comme le meilleur candidat du PS en 2017, selon un récent sondage.

Droit dans le mur

La hausse enregistrée le mois dernier n'est pas une surprise
 
Pour Philippe Waechter (Natixis), les mauvais chiffres de septembre, qui sont "cohérents avec la situation de quasi récession", traduisent le pessimisme des "chefs d'entreprises" quant à "l'évolution immédiate de l'activité".
Après un premier semestre de stagnation de l'économie, le gouvernement a en effet divisé par deux ses prévisions de croissance pour 2014, de 1% à 0,4%. Pour 2015, il prévoit 1%, contre 1,7% initialement. Or, pour beaucoup d'économistes, il faut au moins 1,5% de croissance en moyenne pour faire reculer le chômage. 
Par conséquent, "il faudra probablement attendre 2016 pour assister à une décrue du chômage", selon Xavier Timbeau, économiste à l'OFCE.

Les syndicats restent sur leur ligne politique
Déplorant une "situation dramatique", FO (Force ouvrière) demande, elle aussi, une réorientation de la politique gouvernementale.
Eric Aubin (CGT) estime que les chiffres de septembre sont la preuve que "la politique d'aides aux entreprises nous mène droit dans le mur".
Comme la CGT, mais pour d'autres raisons davantage politique, la CFDT, proche du PS, s'en prend au MEDEF, donc aux créateurs d'emploi, et "exige du patronat des engagements urgents sur l'emploi et l'apprentissage" dans le cadre du pacte de responsabilité, qui octroie 40 milliards d'euros d'aides aux entreprises.

Dans l'opposition, les réactions sont encore plus sévères. 
Dénonçant des "chiffres lamentables", le FN accuse le gouvernement de "se coucher sous cette broyeuse de croissance et d'emplois qu'est l'Union européenne".
De son côté, Laurent Wauquiez, député UMP et soutien de Nicolas Sarkozy, tweete: "Ce n'est pas en assommant les Français d'impôts qu'on inversera la courbe du chômage".

Pour Philippe Vigier, chef des députés UDI, la France "s'engage de manière inexorable sur la pente du déclin".

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