POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

samedi 3 mai 2014

République des copains et des coquins socialistes: l'exécutif récidive

Valls renvoie l'ascenseur à son mentor, Michel Rocard
Le fils de Michel Rocard, deux sœurs jumelles… le cabinet Valls passé au crible

Valls ne va pas chercher loin ses conseillers. 
Lorsque Michel Rocard fut élu (et non coopté...) premier secrétaire du Parti socialiste le 24 octobre 1993, il posa avec les membres du nouveau bureau politique du PS et on reconnaît Daniel Vaillant (tout au fond), Henry Weber, Jean Glavany et Jean-Luc Mélenchon (sur la gauche), et, au premier plan, Manuel Valls (à la droite du père), Jean-Christophe Cambadélis (à sa gauche), Jean-Paul Huchon ( à gauche),, au siège du PS, à Paris.
A 26 ans, Manuel Valls était attaché parlementaire de Michel Rocard. Mais probablement incrédule sur les capacité du petit freluquet, le maître met son élève en garde. "Tu sais, explique le maître, la politique n'est pas un métier. Réfléchis bien, mais tu devrais songer à reprendre tes études." Le benjamin de la rocardie a un peu touché à tout, au  droit et à l'histoire,  sans qu'on sache pour sûr s'il a vraiment obtenu une licence... 

La revanche du petit aux feuilles de chou
Quand le Journal officiel publia la liste des membres du cabinet du premier ministre de Hollande, on constata que le nouveau casting de l'équipe de conseillers de Manuel Valls n'allait pas donner l'exemple du combat contre les déficits publicsCertes, ce sont neuf personnes de moins que pour le sombre Ayrault, mais il ne faut pas moins de 42 collaborateurs à Manolo pour commencer, et le petit n'a pas dit son dernier mot...  


Parmi les nouveaux venus, se trouve Loïc Rocard, le fils de l'ancien premier ministre Michel Rocard. Ancien élève de Polytechnique et de l'Ecole nationale de l'aviation civile, passé par l'université américaine de Berkeley, il est chargé de suivre les questions liées à l'énergie, aux transports, à l'environnement et au logement. Ségolène Royal aura affaire avec lui... Auparavant, l'homme était directeur d'exploitation de Cofiroute ou encore directeur de projet lignes à grande vitesse de Vinci Concessions.

Deux sœurs jumelles pour le prix d'une

Le premier ministre a aussi recruté… à l'Elysée. Issue du Conseil d'Etat, Anne Courrèges, qui conseillait François Hollande sur les questions d'éducation, va suivre la même thématique à Matignon. 
Elle rejoint sa sœur jumelle, Cécile, qui était déjà dans le cabinet de Jean-Marc Ayrault, en charge de la santé et de l'autonomie,après un passage par l'IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales). Agées de 37 ans, les deux sœurs ont été admises en même temps à l'ENA, en 1999, et évoluent depuis dans la haute administration. Anne Courrèges, ancienne directrice juridique de Vincent Peillon, avait suivi de près l'élaboration de la loi sur l'école. arrive donc à Matignon, où elle prend la suite de Jean-Paul de Gaudemar, conseiller de Jean-Marc Ayrault sur les questions d'enseignement. Le rédacteur en chef du Café pédagogique, site très suivi par les enseignants, s'interroge : "Mais si c'était pour continuer la refondation, alors pourquoi ne pas garder Peillon?"

A ses côtés, Manuel Valls a aussi repris des fidèles de son cabinet de maire d'Evry. Ainsi retrouve-t-on Sébastien Gros (chef de cabinet), Harold Hauzy à la presse ou encore Stéphanie Bes (chef de cabinet adjointe).
Le chef de cabinet militaire, le général de division Bernard de Courrèges d'Ustou, reste inchangé. On reste en famille !

Une lacune à combler.
Manuel Valls n'a pas encore recruté de conseiller chargé des réseaux sociaux et d'Internet, comme l'avait fait Jean-Marc Ayrault. Considérant ses craintes pour son image et sa volonté de mater les contestataires, ça ne saurait tarder.

Européennes : les invectives littéraires de Pervenche Berès (PS) et Pascal Durand (EELV)

Le débat à gauche cherche ses lettres de noblesse dans Jaurès  Molière ? 

L'exception culturelle française connaît un nouveau développement


Pascal Durand a osé s’en prendre aux socialistes. "Plus forts que les euro-sceptiques ou les euro-béats, voici venu le temps des euro-tartuffes", écrit-il aux "Euro-tartuffes" dans une tribune au JDD.fr,. Soit, à en croire Durand, ceux qui tiennent un discours à Paris et un autre à Bruxelles et qui souvent nous gouvernent.

Derrières les masques, on peut reconnaître quelques personnages visés. Notamment le candidat socialiste à la Commission européenne, Martin Schulz. L’Allemand défend une Europe de la relance quand les siens, au Parlement européen, ont voté un budget en baisse. 
Sous la plume acide de Durand, le gouvernement actuel ne sort pas non plus indemne. "Quant à l’Allemagne", écrit le candidat, "elle n’est forte que des renoncements de la France à défendre une vision politique et sociale de l’Europe, contre quelques miettes d’un accord sur une PAC qui lui garantit une fragile paix sociale avec la partie la plus nantie du monde agricole, tout en le conduisant, à termes, à de graves désillusions".

La tête de liste PS en Ile-de-France a traité samedi d' "euro-Scapin" la tête de liste EELV qui avait qualifié les socialistes d' "euro-tartuffes".

Piquée au vif et jouant à son tour des métaphores tirées du théâtre de Molière, l'eurodéputée PS sortante en Ile-de-France Pervenche Berès  fustige la "cruelle fanfaronnerie" de "l'euro-Scapin" que serait l'ancien numéro 1 d'EELV., comme Pascal Durand, dans une tribune au JDD.fr.

Pourquoi Scapin ? C'était un "valet intrigant et perfide", rappelle-t-elle. La socialiste lui reproche de négliger "à dessein les avancées sociales que nous avons arrachées, militants de chaque instant, en dépit d'une majorité conservatrice au sein du Conseil", comme la préservation de l'aide alimentaire européenne.
Pervenche Berès souligne en fait leurs similitudes. "L'euro-scapin, qui se fait à plusieurs endroits euro-olibrius, fustige enfin la duplicité des discours et des actes [...]. Devons-nous lui rappeler que nous nous sommes opposés à l'unanimité au vote du renforcement absurde du pacte de stabilité par le 6-Pack", paquet de six législations européennes adopté fin 2011 et prévoyant des sanctions plus rapides pour les pays jugés laxistes en matière budgétaire.

Bonnets-blancs et blancs bonnets

"Devons-nous lui rappeler que son idole Daniel Cohn-Bendit, membre de la délégation EELV et coprésident du groupe des Verts au Parlement européen, a préféré s'abstenir sur le renforcement de ce régime disciplinaire imposé par la droite aux États en proie aux pires difficultés budgétaires ?" ajoute Pervenche Berés.

"Plus forts que les euro-sceptiques ou les euro-béats, voici venu le temps des euro-tartuffes", avait écrit Pascal Durand. "Ils n'ont jamais de mots assez forts à Paris ou à Berlin pour pourfendre les reculs de l'Europe politique et sociale" et, "quelques semaines plus tard, déserter en rase campagne et faire voter au Parlement - pour la première fois de son histoire - un budget en baisse".

Sans connaître
la Pervenche évincée de la présidence de la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen et le Pascal, évincé de la direction d'EELV, Françoise Sagan avait observé que "la culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale".
C'est également vrai du lisier.


Les collectivités territoriales ont encore recruté 31.000 fonctionnaires de plus

Ces agents coûteront plus cher que les 50 milliards d'euros d'économies prônés par Valls !

La Socialie marche sur la tête
Certains à gauche du PS et opposés au plan de stabilité de Manuel Valls, les élus locaux, maires, présidents de communauté de communes, présidents départementaux et régionaux, tous très majoritairement à gauche et responsables de ce puits sans fond des recrutements de fonctionnaires territoriaux. Les chiffres de l'INSEE, diffusés pendant la troisième semaine d'avril, concernent l'année 2012. Pourquoi 2012, et pas 2013 ? Parce que l'administration française prend toujours son temps, même avec les statistiques. C'est l'exception statistique française... pour plus d'efficacité!
Après un relatif tassement entre 2008 et 2011 - période Sarkozy -, l'INSEE a donc constaté une nouvelle tendance à la hausse des effectifs de la fonction publique en France en 2012. L'effet Hollande... Les effectifs totaux des trois fonctions publiques ont atteint 5.372.600 fonctionnaires, sans compter les "contrats aidés" (135.300 de plus). L'État s'est amaigri de 25 500 postes, les hôpitaux en ont généré 7 500, tandis que les territoriaux, de leur côté, en créaient 31.000 de plus.
Une addition de 77,5 milliards d'euros !

Sachant qu'en France les fonctionnaires territoriaux statutaires ont la garantie de l'emploi à vie, de jure, et les fonctionnaires contractuels presque la même chose, de facto, combien de temps vont encore coûter à la France ces 31 000 postes supplémentaires ?

Un fonctionnaire d'État revient en moyenne à 3,5 millions d'euros pendant les 73 années (incluant ses études supérieures rémunérées, 21 ans de retraite et 10 ans de réversion au profit de son conjoint survivant) durant lesquelles il sera inscrit au budget général. Chez les territoriaux, le salaire net moyen étant plus bas - 1.823 euros au lieu de 2.431 en 2011, derniers chiffres connus - et les charges sociales moins lourdes, on peut estimer le coût total d'un poste à 2,5 millions d'euros.
31.000 multiplié par 2,5 millions égale 77,5 milliards d'euros
ce qui représente une addition phénoménale quand on sait que le gouvernement n'est pas sûr d'arriver à économiser vraiment 50 milliards sur trois ans - 16,7 milliards par an -, et quand on sait que cela ne couvre même pas l'augmentation "mécanique" de la masse salariale annuelle de tous les fonctionnaires, malgré un point d'indice bloqué, laquelle augmentation mécanique est de l'ordre de 20 milliards par an.

Sortir de ce cercle vicieux

De plus, ces 77,5 milliards d'euros de dépenses nouvelles générées en 2012 dans le mille-feuille territorial resteront invisibles pendant longtemps. Ils n'entreront jamais dans les comptes officiels : c'est du "hors bilan", comme on dit dans le privé. On ne verra apparaître que les salaires et les charges supplémentaires, soit tout de même un gros milliard de plus chaque année. Sans compter les dépenses générées par ces nouveaux serviteurs territoriaux, qui ont la gâchette facile.
On n'imagine pas ce qu'un maire très dévoué à ses électeurs peut arriver à dépenser pour sa commune ! Créer, par exemple, un service des parcs et jardins municipaux avec des achats somptuaires de végétaux rares. Acheter des camions très sophistiqués et très chers pour les poubelles et le lavage des rues et des trottoirs, ce qui suppose un personnel technique renforcé qui travaille au moins vingt-cinq heures par semaine... Chez les éboueurs FO de Marseille, c'est moins de trois heures par jour !

Question à François Hollande et à Manuel Valls : quand comptez-vous nous sortir de ce cercle vicieux ? 

Quand allez-vous commencer à couper les vivres à ces inconscients ? Vous nous annoncez, sans rire, une réduction du nombre des régions et la suppression des conseils départementaux pour 2021. Et la suppression de nos communes superfétatoires, ce serait pour quand ? Pour 2030.
La démagogie n'a donc pas de limites?

vendredi 2 mai 2014

Le "printemps arabe" a plongé les chrétiens d'Egypte dans la terreur

La minorité copte d'Egypte est exposée aux kidnappings et à la violence

Le maréchal Sissi sera-t-il le 
futur président à 
 la fin du mois? 
Il aura pour défi principal de rétablir la sécurité dans le pays secoué par des violences à répétition. Notamment des agressions qui visent la minorité chrétienne.

Ville située en moyenne Egypte, à 300 km au sud du Caire, Minya est au coeur d'une région où le vide sécuritaire favorise l'enlèvement de chrétiens et les kidnappings sont de plus en plus fréquents. Les associations y font part d'une cinquantaine de cas ces six derniers mois. Ce qui veut dire qu'il y a en a beaucoup plus car une seule loi prévaut là bas, celle du silence.

Islamistes et Coptes cohabitent difficilement

La moyenne Egypte est une terre chargée d'histoire religieuse liée au culte du dieu Osiris. Islamistes et Coptes se disputent ce territoire où la cohabitation reste chaotique entre les musulmans intégristes et l'importante minorité chrétienne qui est régulièrement prise pour cible, depuis l'évacuation du sit-in des pro-Morsi. 

Là, le stéréotype du copte forcément fortuné a la peau très dure.
L'exemple de Hani Sidhom est symptomatique. Il est pharmacien, donc supposément à l'aise financièrement, et c'est pourquoi il est enlevé à la sortie de son travail, soumis à 48 heures de torture, les yeux bandés la plupart du temps. Ses geôliers n'ont consenti à lui donner que de l'urine pour se réhydrater. Ce père de famille raconte son cauchemar. Il a été menacé de mort par ses ravisseurs qui sont allés jusqu'à le mettre dans une tombe. Sous la pression de ce simulacre d'exécution, sa famille a payé 30.000 euros de rançon pour le revoir. Ces ravisseurs sont des bandits, avant tout motivés par l'argent. 

Depuis les événements politiques de cet été, à la cupidité s'est ajoutée une motivation religieuse. C'est ce qu'explique Peter Hany, très investi dans la communauté copte, il répertorie les cas d'enlèvements dans la région :
" Les Frères musulmans n'ont plus d'argent. Les rançons leur servent pour organiser leurs manifestations ", explique Peter.
Cette menace permanente plane sur la communauté copte. 

Désormais, les ravisseurs ciblent aussi les familles pauvres et, comble de la terreur, les enfants. Dans le village de Towa, minuscule endroit en périphérie de Minya, cinq personnes ont été enlevées dont un petit d'un an et demi libéré contre une rançon de 500 euros, le maximum que ses parents pouvaient payer.

Les autorités peuvent endiguer cette terreur

Ce village de Towa offre toutefois un autre exemple. La famille de Kirolos, un jeune homme de 21 ans disparu depuis 52 jours alors que sa famille modeste s'est saignée pour rassembler les 12.000 euros réclamés par les ravisseurs. Adel, son père, raconte que l'argent a été versé mais que son fils reste introuvable :
" C'est un commerce très facile pour de l'argent n'importe quelle somme".
Les associations  réclament des procédures plus souples pour traquer ces preneurs d'otages. Pour géolocaliser les portables, il faut en effet deux ou trois jours en temps normal et c'est trop long dans ces cas là. Alors ces gangs continuent de sévir dans la région, explique Isaak Ibrahim. Chercheur pour une ONG spécialisée dans ces questions explique même que le nombre de rapts a augmenté ces derniers temps.

A Mynia, jusqu'à présent, il n'y a jamais eu de condamnations, ni même de procès dans ces affaires d'enlèvements...

Un militaire à la tête de l'Etat saura-t-il se rendre maître des islamistes et rétablir la sécurité ?


jeudi 1 mai 2014

1er-Mai: seulement 100.000 manifestants, selon les autorités

La CGT avance, quant à elle, le chiffre de 210.000 manifestants

Les syndicats n'ont pas réussi à mobiliser les Français, malgré leur opposition à François Hollande.  

La question du nombre de manifestants fait débat. 
Selon la CGT, 65.000 personnes ont battu le pavé dans la capitale, et 210.000 dans toute la France. Les autorités ont, quant elles, dénombré moins de 100.000 manifestants dans toute la France.
Une entreprise toulousaine pense avoir trouvé la solution au problème du comptage. Grâce à un outil qu’elle utilise pour connaître les déplacements des personnes dans les commerces, elle pense qu’elle sera capable d’estimer un nombre minimum de manifestants.

Seulement 32% des Français font confiance aux syndicats

selon les résultats d’un sondage IFOP  tombé à pic le matin même.
"Le gouvernement n'a pas entendu la claque des municipales. Mais il a intérêt à entendre le message. Celui sorti des urnes, et celui que font entendre les salariés et les représentants que nous sommes", renchérit le leader de CGT, qui dit craindre la montée des "idées d'extrême droite". Une crainte partagée par toutes les organisations syndicales et dont elles rendent Hollande responsable.. Mais qui ne les a, une fois encore, pas conduit à défiler ensemble. 

FO et la CGT s'étaient entendus pour protester contre la politique du gouvernement. 
En revanche, pour la première fois depuis longtemps, la CFDT, proche du gouvernement, et la CGT, en compagnie de la FSU et Solidaires, n'ont pas défilé ensemble.

A la mi-avril, le secrétaire de la CGT Thierry Lepaon avait appelé les organisations syndicales à se rassembler. Laurent Berger, le numéro un de la CFDT,  lui avait alors opposé que les deux syndicats "ne pratiquent pas tout à fait le même type de syndicalisme". Avec l'UNSA, la CFDT a donc fait bande à part et ils ont réuni environ 200 militants, sur le thème de l’Europe.

Dans le "gros" cortège, plusieurs milliers de personnes, unies contre le pacte de responsabilité et la politique du nouveau gouvernement
ont scandé une multitude de slogans contre "l'austérité". Quelques personnalités de gauche leur ont aussi apporté leur soutien : Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent du Front de gauche, Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier, syndicaliste chez PSA, de Lutte ouvrière (LO) et Olivier Besancenot (NPA). La ligne était donc claire. «Nous voulons redire notre opposition au pacte tel que conçu par Hollande et Gattaz. 
Ancienne magistrate "indépendante" et "apolitique", candidate écologiste radicale (EELV) à la présidentielle, Eva Joly s'était affichée avec l'extrême gauche révolutionnaire.

A Lyon, le 1er mai a réuni un millier de personnes environ jusqu'à la place Bellecour, invitées à acheter les "muguets des communistes". De leur côté, Jean-Claude Mailly et FO étaient rassemblés dans le quartier de La Croix-Rousse, comme chaque année, devant la plaque commémorant la mémoire des Canuts, en souvenir de la révolte de ces ouvriers de la soie dans les années 1830.

1er-Mai : 100.000 manifestants selon les autorités
Manifestation à Lyon jeudi matin
A Marseille, 20.000 manifestants, selon les organisateurs (près de 3.000 selon la police) ont également dit leur "colère" face à la "politique d'austérité" du gouvernement de Manuel Valls, deux jours après le vote à l'Assemblée du programme de stabilité. 

La dénonciation du pacte de responsabilité a été au coeur de tous les défilés, qui ont rassemblé de 1.300 à 3.000 personnes à Rennes, selon les sources, de 950 à 1.200 personnes à Rouen, et environ 450 à Saint-Nazaire.


A Toulouse, la CGT a revendiqué 6.000 manifestants (2.800 selon la police). A Bordeaux, entre 4.000 et 10.000 personnes étaient dans la rue, davantage qu'en 2013. "Cela ne peut plus durer, ça va péter", scandaient les manifestants.

Manifestation unitaire le 15 mai

Preuve supplémentaire que l'union n'était pas au rendez-vous, Jean-Claude Mailly, le numéro un de FO, a martelé que "le patronat ne prendra jamais d'engagements en matière d'emplois et de rémunération". Mais il l'a dit depuis… Lyon.

Toutefois, les différents leaders ont récusé l'idée de guerre syndicale. Tout juste ont-ils reconnu la "désunion" actuelle. Et, de fait, les sections "fonction publique" de tous les syndicats appellent à manifester de façon unanime le 15 mai contre le gel du point d'indice de fonctionnaires, qui sert de base à leur rémunération. 
Hollande réclame l'austérité aux Français après avoir recruté 60.000 fonctionnaires pour l'Education, auxquels il tolère que s'ajoutent 31.000 agents territoriaux de plus. A sept mois des élections dans la fonction publique, aucune centrale ne veut apparaître comme faible. Vu les circonstances, le 18 avrilLaurent Berger a énoncé ce paradoxe qui se vérifie à nouveau: "souvent l'unité se fait dans l'opposition"
Pour le gouvernement, ce 15 mai sera donc le vrai test de la mobilisation contre sa politique.

1er mai: l'extrême gauche perturbent le rassemblement d'extrême droite

Les anarcho-révolutionnaires ukrainiennes occupent la scène à Paris
Les Femen ont récidivé en ce jeudi 1er mai 
Venues d'Ukraine,
ces féministes révolutionnaires
 ne sont pas reparties
soutenir les rebelles de Kiev...
Avec véhémence et impudeur, elles s'en sont prises à l'extrême droite, à l'occasion du traditionnel défilé du Front national. 

Une semaine après leur action contre Marine Le Pen dans le 8e arrondissement de Paris, deux militantes ont fait leur action coup de poing avant d'être rapidement maîtrisées par les forces de l'ordre.
Pour la plupart venues d'Ukraine, ces féministes anarcho-révolutionnaires multiplient les agressions sur la voie publiqueMoins de dix jours après leur action coup de poing devant la Maison des centraliens rue Jean Goujon (8e) où le Front national donnait une conférence de presse pour présenter ses listes aux élections européennes, les Femen ont récidivé ce jeudi 1er mai. 

Attentat public à la pudeur
Deux militantes se sont en effet imposées au traditionnel défilé du FN qui devait partir vers 10 heures de la place du Palais-Royal à Paris et qui devait se rendre, comme à l’accoutumée, place de l'Opéra où devait se tenir vers midi le discours de Marine Le Pen.

Vite maîtrisées, mais impunies

Elles se disent pacifistes,
avec le soutien d'une certaine presse
Le départ du cortège, conduit par la présidente et président d'honneur du parti, a été retardé toutefois par l'action des deux femmes qui se sont placées devant les manifestants, avant d'être écartées par les forces de l'ordre. L'une d'elles avait le slogan "épidémie fasciste" sur sa poitrine nue, tandis que l'autre criait "stop à l'union fasciste".

Sous la protection de la police
Après quelques minutes de perturbations, les deux femmes ont été arrêtées par les forces de l'ordre. Elles devaient être ensuite conduites au commissariat. 

Elles en ressortent comme elles   sont entrées et pourtant à moitié nues.

Syndicats: moins d'un Français sur trois leur fait confiance

32% des Français font confiance aux syndicats

Seuls 2% d'entre eux font "tout à fait confiance aux organisations syndicales"
Seulement 30% des sondés disent leur faire "plutôt confiance", selon un sondage Ifop pour Atlantico.fr publié jeudi, jour de la Fête du Travail.

Près de sept Français sur dix (68%) expriment même leur défiance
27% n'ont "pas du tout confiance", 41% "plutôt pas".

Les femmes sont plus nombreuses  que les hommes à accorder leur confiance aux organisations syndicales (37% contre 28%).

Les salariés du secteur public sont plus nombreux à faire confiance aux syndicats 

Sur 38% qui les considèrent encore, ceux du secteur privé ne sont que 33% contre 47%.
En octobre 2010, au moment de la mobilisation contre la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy, 53% des Français misaient encore sur les syndicats.

Ce sondage a été réalisé en ligne auprès d'un échantillon représentatif de 943 personnes (méthodes des quotas) du 28 au 30 avril.

1er mai de la discorde: ce n'est encore pas le changement !

CFDT, d'un côté, CGT et FO, de l'autre

Les organisations syndicales continuent de se déchirer sous Hollande
Esprit syndical français
La Journée internationale de solidarité des travailleurs, le 1er-Mai, n'est certes plus, depuis plusieurs années,  marquée par des manifestations en rangs dispersés. Mais le quinquennat de Hollande n'a fait qu'accentuer les divisions syndicales, comme les tensions dans la population. La CGT et la CFDT ont célébré, comme en 2013, le 1er- Mai séparément.

La nouveauté 2014 est le rapprochement circonstanciel entre la CGT et FO. Sœurs ennemies du syndicalisme – Force ouvrière est née, en 1948, d'une scission de la CGT –, les deux centrales ont livré bataille ensemble, en 2013, contre l'accord sur la flexibilité de l'emploi, d'ailleurs signé notamment par la CFDT, et la réforme des retraites, mais leur mobilisation a eu un faible écho. Elles ont pourtant recommencé cette année en manifestant ensemble le 18 mars contre le pacte de responsabilité proposé par François Hollande.  
La CGT et FO vont pourtant s'afficher – partiellement – ensemble. Traditionnellement, FO célèbre le 1er-Mai en se rendant devant le mur des Fédérés, au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Cette année, elle sera accompagnée par des militants de la CGT. Et l'union départementale FO de Paris et d'Ile-de-France ont décidé de se joindre – une première – au défilé parisien organisé par la CGT, entre Bastille et Nation, avec la FSU et Solidaires. Mais Jean-Claude Mailly ne défilera pas aux côtés de Thierry Lepaon, son homologue de la CGT. Le secrétaire général de Force ouvrière tiendra un meeting à Lyon.

Deux types de syndicalisme

L'aggravation des dissensions entre la CGT et la CFDT – hier sur la flexibilité de l'emploi et les retraites, aujourd'hui sur le pacte de responsabilité – n'a jamais empêché Lepaon d'appeler à l'unité avec son ex-alliée. Sa main tendue s'est heurtée à une fin de non-recevoir de Laurent Berger. "Nous n'avons pas d'objectifs communs à partager", a lancé le secrétaire général de la CFDT, le 18 avril, devant la presse. "Nous essayons de franchir l'obstacle, d'autres reculent", avait-il ajouté, en mettant en avant "deux types de syndicalisme ".

La stratégie de Lepaon, treize mois après son élection à la tête de la CGT, est celle des deux fers au feu consistant à saisir toutes les occasions de manifester avec FO et, en même temps, à rechercher (en vain) les voies de rapprochement avec la CFDT. Cette stratégie de "reconnexion syndicale", selon sa formule, est contestée au sein de la CGT. Lors du dernier comité confédéral national, en février, sa ligne a été chahutée. Alors que la légitimité du successeur – par défaut – de Bernard Thibault est loin d'être assurée, Lepaon doit faire face à une montée des dissensions internes. Le 12 avril, la CGT a refusé de participer à la "marche contre l'austérité", organisée par le Front de gauche, mais d'importantes fédérations (finances, fonction publique, services publics, Livre, chimie…) s'y sont associées.

Il y a un an, juste élu, Lepaon avait adressé une "lettre ouverte" à Hollande, soulignant "le décalage immense entre les attentes des salariés et les réponses politiques apportées". Réclamant une "rupture avec les politiques d'austérité", il invitait le chef de l'Etat à changer de cap. Depuis lors,  Lepaon semble répondre à sa crise interne par un durcissement continu du ton à l'égard du pouvoir, sans modifier l'image que la CGT offre à l'extérieur, celle d'une centrale sans boussole.

Tête-à-tête

Après l'annonce du plan d'économies de Manuel Valls,  Lepaon a fait part de sa "colère", en pronostiquant que « les manifestations en préparation laissententendre qu'il y aura un grand 1er-Mai d'expression populaire sur les préoccupations des salariés ». La CGT annonce près de 300 défilés.

A un mois de son congrès, du 2 au 6 juin à Marseille, la CFDT peine à souder un "bloc" réformiste avec la CFTC, la CFE-CGC – qui fait de plus en plus bande à part – et l'UNSA. En 2013, elle avait fêté le 1er- Mai avec la CFTC et l'UNSA à Cormontreuil, près de Reims (Marne). Cette année, elle sera en tête-à-tête avec l'UNSA pour un rassemblement à la Rotonde de La Villette, à Paris, destiné à mobiliser sur les élections européennes. Intitulé "Europe, emploi, progrès social", il devrait accueillir des syndicalistes espagnols et britanniques.

La CFDT soutient le pacte de responsabilité, mais critique le plan Valls. Le 28 avril, parce qu'elle est politiquement proche du PS, elle a eu le sentiment d'avoir été "entendue sur les retraites et le plan pauvreté". Mais elle juge " inacceptable" le gel du point d'indice des fonctionnaires. 
Le 15 mai, tous les syndicats de fonctionnaires seront dans la rue.

RATP: des gens "normaux" trouvent la mort dans le métro parisien

Des effectifs insuffisants coûtent la vie aux usagers

Mort d'une femme de 74 ans  précipitée sur la ligne RER
La septuagénaire est morte mercredi après avoir été bousculée, projetée sur les rails et percutée par un RER à Paris.

Un fraudeur qui avait sauté par dessus le tourniquet donnant accès au quai a provoqué une bousculade "accidentelle", a-t-on appris de source policière, confirmant une information de RTL.

Le resquilleur "n'aurait pas fait exprès de bousculer la victime..." 
Le brave garçon aurait tenté de "la rattraper avant de prendre la fuite", selon les premiers éléments d'une enquête qui peut préciser que le tricheur est âgé d'une trentaine d'années, mais qui ne confirme pas qu'il est de type européen.

Vers 9h20 à la station Cité-Universitaire du RER B, l'individu avait déséquilibré la voyageuse en enjambant le tourniquet et la vieille dame avait été percutée par le citoyen modèle. 
La victime a eu le tort de heurter dans sa chute le marche-pied du RER au moment où le train entrait en gare. La faute à pas de chance ?

Souffrant d'un traumatisme crânien et de douleurs au dos, la victime avait été admise à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière où elle a succombé peu après.

Un SDF sera jugé pour avoir poussé une femme sur les voies du métro

Dans la même semaine, un sans-domicile fixe de 38 ans sera jugé en correctionnelle pour avoir poussé lundi sur les voies du métro à Paris une femme de 36 ans, qui s'en est sortie indemne grâce à des voyageurs qui se sont portés à son secours, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Les faits ont eu lieu lundi vers 20h00, à la station Edgar-Quinet sur la ligne 6 du métro parisien, près du cimetière Montparnasse. La victime, une habitante d'Alfortville (Val-de-Marne), a été "projetée violemment et sans raison apparente par un homme sur les voies du métro au moment où une rame entrait dans la station sur le quai opposé", avait expliqué une source policière.

Alerte, la voyageuse est parvenue à remonter rapidement sur le quai, avec l'aide d'autres usagers qui donnent immédiatement l'alerte. "La victime n'a pas été blessée mais est très choquée", avait précisé cette source.

Très rapidement, un SDF est arrêté et placé en garde à vue. Les images de vidéosurveillance démontrent clairement selon une source policière, le caractère intentionnel de son geste, que l'homme a catégoriquement nié.

Un examen psychologique effectué pendant sa garde à vue a conclu à la responsabilité pénale du suspect, qui devait être déféré mercredi soir au parquet, a indiqué une source judiciaire.

Cet homme - dont l'identité est dissimulée -  sera jugé jeudi en comparution immédiate à Paris pour "violences volontaires aggravées" ayant entraîné une incapacité de travail (ITT) inférieure à huit jours, une qualification passible de trois ans d'emprisonnement.

Le métro de Paris est plus dangereux que les quartiers nord de Marseille

La RATP est excessivement discrète sur les "accidents graves de voyageurs" et les syndicats ne font état que du traumatisme des salariés de l'entreprise, omettant de mentionner celui des usagers témoins involontaires des drames du métro.
Il n'est d'ailleurs jamais question que des suicides, lesquels n'impliquent pas la RATP. Les chiffres du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT, Ministère du Travail) datent. En 2011, 71 personnes ont tenté de se donner la mort dans le métro à Paris, et 23 voyageurs sont décédés. Alors qu'en 2005 ils étaient 185 voyageurs à avoir tenté de mettre fin à leurs jours et 21 à en être réellement décédés. A la RATP, " les suicides représentent une grosse part", selon un élu du CHSCT. "Après les fêtes, après les vacances, il y a beaucoup plus 'd’accidents'."
 
189 accidents sur voies en 2005. Les statistiques de la Régie relatives à l'insécurité sont très peu accessibles, quand la presse n'occulte pas également les agressions et homicides volontaires, involontaires et accidentels. Les enquêtes sont décennales...
L'électrocution est la hantise de nombreux usagers du métro. Il est rare de se faire pousser sur les voies et de finir électrocuté ou écrasé par une rame, mais le risque n'est pas nul. 
Au cas où nous êtes témoin d'un accident, nous ne pouvons compter sur la présence d'un salarié de la RATP. La première chose à faire est de couper le courant sur les voies en actionnant l'alarme située au milieu du quai, juste au-dessus de l'extincteur. Ca ressemble à la photo ci-contre.