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dimanche 28 juin 2015

Le terroriste de l'Isère aurait avoué la décapitation de sa victime

Yassin Salhi aurait reconnu l'assassinat de l'entrepreneur 

Le principal suspect est sorti de son mutisme

Samedi dans la soirée, Yassin Salhi aurait commencé "à s'expliquer sur le déroulé des faits," la décapitation du chef d'entreprise isérois, puis l'attentat terroriste contre l'usine Air Products (photo ci-dessous) de Saint-Quentin-Fallavier en Isère.  Il aurait reconnu avoir assassiné son employeur. Sa garde à vue peut durer 96 heures. 

Le terroriste raconte l'attentat
Vendredi à 9h28, Yassin Salhi, chauffeur-livreur français de 35 ans, s'est présenté  au volant d'un Peugeot Boxer de l'entreprise devant l'usine du groupe américain Air Products, spécialisée dans la production de gaz industriels. Il a franchi sans encombre les contrôles de sécurité: l'homme effectuait régulièrement des livraisons sur ce site classé Seveso et était donc connu du personnel. Une fois dans la cour, il aurait foncé sur des bonbonnes de gaz stockées sur le site, provoquant une violente explosion qui ne fera qu'un seul blessé léger: lui-même. Il souffre de nombreuses entailles relativement profondes au visage. Il est sorti malgré tout de son véhicule et a tenté de déclencher une seconde explosion qui aurait pu être dévastatrice: 43 personnes se trouvaient sur le site au moment du drame. Il a finalement été  maîtrisé par deux pompiers, alertés par l'explosion. L'un deux est parvenu à le ceinturer et à le maintenir au sol jusqu'à l'arrivée de la gendarmerie, accueillie au cri de "Allahou Akbar".

Ce dimanche Yassin Salhi aurait reconnu être l'auteur de l'assassinat

A leur arrivée sur les lieux, les autorités découvrent à l'arrière de la camionnette un corps "abjectement décapité", selon les mots du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. La tête est accrochée sur le grillage de l'entreprise, entre deux drapeaux islamiques. 

Qui était la victime retrouvée décapitée?
La victime, Hervé Cornara, 54 ans, est le directeur commercial de la société ATC Transport dans laquelle Yassin Salhi est salarié depuis mars dernier. La victime et son assassin ont été vus pour la dernière fois vers 7h30, dans l'enceinte de leur entreprise, à Chassieu. Les circonstances de l'assassinat, vraisemblablement commis avant d'entrer dans l'enceinte de l'usine, restent encore floues. Selon Le Monde, Yassin Salhi avait "une arme factice qui aurait pu servir à enlever sa victime." 

L'autopsie n'a pas permis de déterminer les circonstances de la mort d'Hervé Cornara, et on ignore encore si la victime était déjà mort au moment de la décapitation: des traces d'asphyxie et d'égorgement ont été retrouvés sur son corps, sans que l'on puisse affirmer qu'elles aient causé la mort. Des examens complémentaires vont être effectués.

Des recherche de complicité sont en cours

Les enquêteurs sont à la recherche d'éventuels complices de Yassin Salhi: le terroriste a en effet envoyé un selfie de lui et de la tête décapitée de sa victime via le service de messagerie WhatsApp. Selon les premiers éléments de l'enquête, le destinataire de ce macabre texto aurait un numéro canadien, mais on ignore dans quel pays il se trouve actuellement. Ce numéro peut être un simple relais avant un rebond vers une autre destination. 

Yassin Salhi a-t-il reçu des ordres? Fait-il parti d'un réseau structuré et organisé? L'attentat n'a pas été revendiqué, mais la mise en scène et la décapitation font penser aux méthodes du groupe terroriste Etat Islamique.
Le djihadiste présumé est connu des services de renseignement.
Le terroriste présumé a fait l'objet  d'une fiche "S" (sûreté d'Etat) entre 2006 et 2008 pour "radicalisation" et pour ses "liens avec la mouvance salafiste" de Pontarlier (Doubs), d'où il est originaire. Il fréquentait notamment Frédéric Jean Salvi, alias "le Grand Ali", soupçonné d'avoir préparé des attentats en Indonésie avec des militants d'al-Qaïda. Mais selon une source proche du dossier, les deux hommes n'étaient plus en contact depuis.

En 2013, Yassin Salhi réapparaît sur les radars des services de renseignementsalors que sa fiche "S" n'a plus été renouvelée depuis 2008: le salafiste s'était en effet mis en sommeil. Il fréquente alors assidûment un groupe de salafistes de Besançon. Le jeune homme porte la djellaba et la barbe mais rien dans son comportement ne laisse penser que ce Français parmi d'autres projette de faire le djihad. D'autant que son casier est vierge.
L'année suivante, un voisin signale aux autorités que Yassin Salhi organise régulièrement des réunions chez lui "avec d'autres hommes parfois vêtus de treillis militaires et dont les conversations parfois menées sur le palier de l'appartement faisaient référence au djihad et au Mali". Selon RTL, une note a été fournie à la DGSI, mais l'homme n'a pas fait pour autant l'objet d'une surveillance accrue. Malgré les attentats djihadistes par des Français comme lui, en janvier 2015, ce signalement n'a suffi ni à la ré-activation de sa fiche S par les services de Bernard Cazeneuve, ni à la reprise de sa surveillance étroite.  


L'éducateur qui a entraîné aux sports de combats Yassin Salhi, il y a quatre ans dans le Doubs 
a parlé au journal Le Parisien. Il décrit une "bombe à retardement", "un homme doté d'une double personnalité". "Iil se laissait taper sans réagir, sans même protéger son visage. Puis il explosait de colère et frappait dans tous les sens avec une rage inouïe. Il était dangereux, pour lui-même et pour les autres. Il ne se battait pas: il faisait la guerre", explique-t-il. 
L'entraîneur se rappelle d'un homme "dont la conversation était centrée sur l'Islam". Les deux hommes se sont perdus de vue quand la salle de gym a adopté un règlement plus strict en manière de laïcité. Rappelé à l'ordre pour être venu une fois en djellaba, Yassin Salhi n'est plus revenu.

Le principal suspect devrait être transféré dans la journée vers le siège de la police antiterroriste de Paris. Sa garde à vue peut durer 96 heures. Les auditions de sa femme et de sa soeur (ic-contre) ont également été prolongées.


Loi renseignement adoptée: elle fait de chaque Français un terroriste en puissance

En revanche, les étrangers ne sont pas soumis à contrôles

Les députés ont validé un texte de compromis parlementaire

Valls, el Caudillo Manolo
L'Observatoire des Libertés et du Numérique, ainsi que des associations et collectifs d'extrême gauche opposés au projet de loi liberticide sur le Renseignement, avaient appelé à une manifestation lundi 8 juin 2015, veille du vote du projet de loi sur le renseignement au Sénat.
Le hasard faisant bien les choses, c'est le jour où Wikileaks diffusa des preuves des écoutes menées par les services américains contre la France que le parlement adopte définitivement le très contesté projet de loi sur le renseignement. Ce texte était défendu au nom de la lutte antiterroriste par le gouvernement, même s'il légalise des pratiques contestables des services. L'attentat islamiste du 26 juin en Isère -un vendredi de ramadan- a fait une victime -première décapitation sur notre territoire depuis la Terreur de 1893- démontre que le plan Vigipirate -force 4 "écarlate"- en vigueur au niveau maximal -et porté depuis au "seuil maximum" (plus maximal que le maximum !) par l'illustre Hollande, c'est du pipeau. Et il appelle à l'unité nationale !

En plein scandale d'espionnage des trois derniers présidents français par Obama, le texte voulu par le caudillo Manuel Valls a été voté à main levée par une large majorité des députés présents. Le texte était soutenu par les socialistes, les radicaux de gauche, une grande majorité des Républicains et de l'UDI, alors que le Front de gauche.

Le Front de gauche et une majorité des écologistes avaient appelé à voter contre. 
Le Front de gauche voté contre une "loi scélérate" tout comme la majorité du groupe écologiste, au contraire d'Eric Ciotti (Les Républicains) qui s'est réjoui avec la "grande majorité" de son groupe d'un "projet de loi nécessaire et positif",  au nom d'une "unité nationale sans faille". 
Mise en chantier l'an dernier, son élaboration a été accélérée par l'exécutif à la faveur des attentats meurtriers par des djihadistes français qui ont fait 17 morts début janvier 2015 à Paris. 

 
Prétendues, les "atteintes aux libertés publiques" ?

De la prévention d'attentats à l'espionnage économique, le texte définit un large éventail des missions des services de renseignement, ainsi que le régime d'autorisation et de contrôle de nombreuses techniques d'espionnage (écoutes, pose de caméra ou de logiciel-espion, accès aux données de connexion, etc). Un catalogue qui va s'avérer vite dépassé et un risque de détournement totalitaire au détour  d'un scrutin ou avec l'émergence d'une personnalité anti-républicaine que le pouvoir n'aura pas vu venir, de l'extérieur ou de son sein.   

Le frêle rapporteur Jean-Jacques Urvoas (PS) a balayé d'un revers de manche les discours sur de "prétendues atteintes aux libertés publiques", insistant sur la "création pour la première fois d'un cadre juridique démocratique des activités des services de renseignement" en France. Mais un cadre trop contraignant est la promesse d'une impuissance et d'un danger s'il est trop flou. 

"Là où les services estimaient que leur légitimité l'emportait sur toute autre considération, ils devront désormais agir dans le respect du principe inverse, leurs prérogatives particulières n'étant admises qu'à la condition qu'elles soient justifiées et proportionnées", a-t-il plaidé. 
Si Urvoas détient l'instrument idéal de mesure objective, il doit donner en urgence les références de son fournisseur à "el Caudillo Manolo"...

Grèce: Tsipras riposte avec le lancement d'un référendum de condamnation de l'eurogroupe

L’Eurogroupe est contraint de passer au 'plan B'

Les négociations ont été rompues entre la Grèce et les ministres des finances de la zone euro 
Tsipras appelle à voter 'non' au référendum qu'il a lancé sans crier gare:
 la crainte d’un 'Grexit' grandit 

Hollande et Moscovici avaient promis une issue positive... 
Or, l’Eurogroupe de la dernière chance, qui se déroulait samedi 27 juin à Bruxelles, a décidé une suspension de séance en fin d’après midi. Il était censé valider un accord " réformes contre argent frais", absolument nécessaire pour éviter le défaut de l’Etat grec. Son président, le ministre des Finances des Pays-Bas, Jeroen Dijsselbloem, a dû annoncer gravement que les négociations avec le gouvernement grec avaient été rompues, malgré l’offre "complète" et la volonté des créanciers de la Grèce.

L’Eurogroupe refusant de prolonger le plan d’aide à la Grèce, son président  a également annoncé que les ministres des finances vont reprendre leur conversation, pour parler du 'plan B'... Mais sans leur collègue grec, Yanis Varoufakis:  avec l’annonce surprise du référendum de par Tsipras, en quelques instants, la Grèce avait signé la veille sa sortie de la zone euro.

Préserver le systême bancaire grec de la faillite  

L’heure est grave: les 18 ministres des Finances de la zone euro doivent décider des mesures à prendre pour "assurer la stabilité de la zone euro", a précisé J. Dijsselbloem. Il faut d’abord préserver le système bancaire grec de la faillite, alors que la fuite des capitaux, déjà considérables ces derniers jours, a atteint 600 millions d’euros dans la seule matinée de samedi.

Pour se faire, il faudrait introduire un contrôle des capitaux, peut-être dès lundi 29 juin, à Athènes. Mais cette décision relève en dernier ressort du gouvernement grec d'extrême gauche qui s'est fait élire sur des promesses d'opposition farouche à l'austérité. Or,  en cette fin de semaine, des membres du gouvernement grec étaient persuadés qu’un contrôle des capitaux serait une bonne chose pour la popularité de Tsipras, renforçant le sentiment qu’il est victime de l’acharnement des créanciers, du FMI, de la BCE, du reste de l’Eurozone.

Inévitable à court terme, cette décision de limiter les sorties de capitaux n’est pas envisagée de gaîté de cœur à Bruxelles, où on craint qu’elle ne fonctionne pas suffisamment bien pour éviter une sortie de la Grèce, progressive, de la zone euro. "Cela a marché pour Chypre, qui est une île, qui est plus petite, mais la Grèce a des frontières et ce sera plus difficile de contenir les liquidités" s’alarmait une source européenne ces derniers jours.

Risque d'interruption de l'assistance respiratoire aux banques

La BCE devait réunir sa conférence des gouverneurs, dimanche 28 juin, pour décider, ou pas, de prendre des mesures  d’urgence concernant les liquidités aux banques grecques, ces désormais fameux ELA, le seul mode de financement qui reste au système bancaire grec.

Ces dix derniers jours, l’institut de Francfort avait décidé par trois fois de relever le plafond de ces ELA. Mais, à sa tête, les Allemands et les Finlandais faisaient de plus en plus pression pour que ces liquidités soient supprimées. En l’absence d’accord avec Athènes, et le deuxième plan d’aide à la Grèce "s’éteignant" le 30 juin, la BCE sera définitivement contrainte, peut-être dès dimanche soir, de prendre cette décision d’asphyxie du système bancaire grec.

Certains à Bruxelles n’excluaient pas, samedi, que le SSM (le superviseur bancaire européen), sous l’égide de la BCE, réunisse aussi sa "direction" dans les heures ou les jours qui viennent, pour évaluer la solvabilité des banques grecques. Si elle estime qu’elles sont en risque, elle pourrait prendre - à la place du gouvernement grec - une décision de fermeture des établissements financiers.

Eviter la contagion au reste de l’Eurozone ? 

Les ministres des Finances en format "19 moins 1" en ont discuté samedi soir. Les banques européennes sont très peu exposées aux obligations grecques, contrairement à 2009-2012. Mais d’autres, en Bulgarie, en Roumanie, à Chypre, ont des banques plus vulnérables, et qu’il faudrait pouvoir protéger. Il y a aussi tous les instruments dont se sont dotés les Européens suite à la crise de 2008 : l’Union bancaire, le Mecanisme européen de stabilité, etc.

La commission européenne est prête à prendre les dispositions administratives pour éviter des effets collatéraux dans ces pays. Les dirigeants européens pourraient aussi, dans les jours qui viennent, communiquer d’une manière forte, pour dire que l’Eurozone, même sans la Grèce, sera préservée, et ne va pas vers l’implosion.
C’est d’ailleurs en prévision de ce scénario catastrophe que le président de la commission, Jean-Claude Juncker, le président du Conseil, Donald Tusk,  J. Dijsselbloem et Mario Draghi pour la BCE avaient publié, en début de semaine, leur 'plan' pour une plus grande intégration de l’Eurozone. "Aujourd’hui, il faut prendre des mesures fortes pour rassurer, et pour prévenir une nouvelle crise financière en Europe. On pourrait par exemple accélerer le principe d’une garantie des dépôts européenne ", selon une source européenne.

Tsipras a pris tout le monde par surprise

Les différents dirigeants de l’Eurozone ont pris soin, samedi, de dire à quel point ils avaient tout fait pour aider la Grèce, et que personne, autour de la table de l’Eurogroupe, ne souhaitait la sortie de la Grèce de la zone euro. "Ce qui s’est passé aujourd’hui, ce n’est pas la sortie de la Grèce de la zone euro",  a assuré Michel Sapin, le ministre français des Finances, alors que Hollande a voulu croire jusqu’au bout à son influence comme "trait d’union" entre l’Eurogroupe et le gouvernement Tsipras. "Nous avions fait une offre avec des flexibilités et des compromis. C’est le gouvernement Tsipras qui a décidé de la refuser et a envoyé un message négatif aux Grecs à propos de cette offre [en appelant à un référendum sur un accord qu’il estime inacceptable]3, a pour sa part dénoncé le Néerlandais, J. Dijsselbloem.

La Commission européenne a de fait travaillé jusqu’au vendredi soir 26 juin, pour parvenir à un accord avec Athènes. Les différences entre les parties étaient très faibles, selon l'Elysée. L’un collaborateur raconte : " Le pire, c’est que les négociateurs grecs qui étaient enfermés au Charlemagne [un des bâtiments de la Commission] , vendredi soir, ont appris la décision du référendum en même temps que les négociateurs côté créanciers."
Bien qu'il ait passé des heures avec Alexis Tsipras durant la semaine pour tenter de trouver une solution, Jean-Claude Juncker lui-même n’a découvert la décision du référendum qu’à son réveil. 

L'irresponsabilité des nouveaux venus à Athènes

En off à Bruxelles samedi, on ne se cachait pas pour dénoncer l’"irresponsabilité" de cet appel au référendum. "Quelle question va t-on poser aux Grecs ? S’ils acceptent le plan des créanciers ? Mais lequel va-t-on leur soumettre ? Aucun n’avait été validé par l’Eurogroupe, c’était encore un texte en chantier, sur lequel des compromis étaient négociés", explique, médusée une "source proche des négociations". "En plus, personne, à moins d’être spécialiste du sujet, ne peut vraiment y comprendre quoi que ce soit, ce sont des documents très techniques".

Tel autre s’indignait du fait que "vendredi, il y avait un conseil des chefs d’Etat et de gouvernement européens, et Tsipras n’a dit à personne ce qu’il avait l’intention de faire. Même pas à Merkel". De fait, Michel Sapin l’a confirmé, lors d’un point presse, samedi : le président Hollande n'a pas été avisé du référendum avant vendredi en soirée, assure son entourage. A moins que ce ne soit, à vrai dire, que samedi matin, comme tout le monde !...

"La seule chose qu’on puisse espérer, pour éviter le pire, c’est que le Parlement grec décide d’empêcher le référendum ou que le gouvernement grec revienne sur sa décision et, d’ici mardi prochain, nous fasse une nouvelle proposition d’accord acceptable", lâchaient des proches de créanciers.

Pour Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaire économiques, " si les ministres des Finances n'ont pas accordé d'extension du plan d'aide à l'Eurogroupe, c'est parce que le gouvernement grec a accompagné l'annonce du référendum d'un appel à voter non. Mais la zone euro compte toujours 19 membres et pas 18;la Grèce en fait partie. La commission se battra jusqu'au bout pour qu'elle reste." 
Contre sa volonté ? samedi soir, Personne n’était capable de garantir qu’on serait capable de maîtriser la situation politique, économique, voire géopolitique dans les jours et les semaines qui viennent.

samedi 27 juin 2015

Attentat terroriste de l'Isère: le pouvoir socialiste tente de faire illusion par un flot de déclarations

Cazeneuve a beaucoup parlé, mais qu'a-t-il fait depuis janvier?...

B. Cazeneuve a occupé le terrain en l'absence de Hollande et de Valls

Bernard Cazeneuve s'est rendu à Saint-Quentin-Fallavier, en Isère, où une explosion a eu lieu vendredi 26 juin dans l’usine de produits chimiques Air Products. 
Pour combler le vide laissé au sommet de l'Etat, le petit homme aura été omniprésent devant les media. Et prolixe, face aux micros et caméras en manque des grosses pointures de l'exécutif. Et, l'air naturellement grave, il s'est répandu en longues phrases d'autant plus verbeuses que les éléments étaient flous et d'où rien n'émergeait au final, sinon le mot 'abject'. 

VOIR et ENTENDRE Bernard Cazeneuve aligner des phrases:


Le drame s'est produit un site Seveso en période de plan Vigipirate renforcé, là où il ne devait pas avoir lieu ! D'où l'embarras général, d'autant que -malgré les attentats djihadistes de janvier à Paris et les promesses de sécurisation des cibles humaines et des lieux à risques, l'accès à ce site sensible n'était pas protégé: pour pénétrer, il suffisait de sonner... 

Le petit homme tente d'occuper l'espace
Des déclarations en abondance ont encore tenu lieu de décisions en attendant que le président de la République rentre de Bruxelles et le premier ministre de Colombie. Alors, ont été annoncées des réunions de crise, successivement en petit et en grand comité. Voire en conseil restreint et restreint élargi...
Chargé de meubler le temps, le ministre de l'Intérieur a donc fourni les premières informations concernant les circonstances du nouvel attentat djihadiste par un terroriste français, suspect principal de la décapitation d'un homme en Isère, son patron.

Bernard Cazeneuve a dressé le portrait d'un "homme", qu'on peut qualifier de terroriste, originaire de la banlieue lyonnaise, fiché en 2006 et sans casier judiciaire. Lassaad Ben Hassine, qui habite le même quartier que le suspect, à Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon, décrit le terroriste présumé comme "quelqu’un qui est en retrait, sympa, gentil à première vue, discret, qui n’a aucun signe ostentatoire. Il s’habille comme tout le monde, il sort jouer avec ses enfants".
Comme à chaque fois en pareilles circonstances, les voisins de cet islamiste de Saint-Priest, près de Lyon, se disent stupéfaits et décrivent un homme normal, peu affable.
VOIR et ENTENDRE les banalités généralistes de Cazeneuve qui assure au passage que ""depuis plusieurs mois [combien?], 300 personnes ont été arrêtées", sauf Yassin S. [Salhi], malgré les meurtriers attentats djihadistes de janvier à Paris et bien qu'il ait fait l'objet d'une "fiche S" de sécurité...

VOIR et ENTENDRE Cazeneuve évoquer le "criminel" et en fournir l'identité, précisant qu'"il avait fait l'objet d'une fiche S en 2006 pour radicalisation":

Mais le ministre de l'Intérieur a-t-il bien parlé ?

Le terroriste était en fait fiché depuis 2004 à Pontarlier, puis Besançon.

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a fourni vendredi soir le déroulé de l'attentat de vendredi matin, à 9h28, dans cette usine Seveso en Isère, près de Lyon, jusqu'à l'arrestation de Yassin S., alors qu'il "ouvrait des bouteilles d'acétone". 

La version officielle du déroulement des événements

- "A 9h28, un véhicule utilitaire a pénétré sans attirer l'attention [sur le site Seveso], il avait l'habitude d'y venir pour des livraisons. Il a sonné, la porte lui a été ouverte, car il était connu des employés"
- "Le véhicule a longé le mur jusqu'au bout de l'allée où il est sorti du champ des caméras entre 9h28 et 9h35". "A 9h35, on voit sur les caméras de l'usine que le fourgon a accéléré et s'est précipité vers un hangar dans lequel se trouvaient des bonbonnes".
- "9h36, une explosion a retenti"
- "A 9h41, les pompiers arrivent sur le site"
- "A 10h, ils surprennent le suspect ouvrant des bouteilles d'acétone dans le hangar et l'appréhendent"
- A un endroit non couvert par les caméras, le corps sans tête de la victime a été découvert devant le fourgon. A proximité de la victime, a été découvert un couteau. Plus loin sur un grillage, sa tête a été retrouvée entourée de deux drapeaux islamistes.
Le procureur a ajouté qu'il n'y avait "aucune preuve d'un complice à l'intérieur du véhicule, l'homme semblait seul".

Quant à la victime décapitée, elle était âgée de 54 ans.


La décapitation, "une signature, une manière de marquer les esprits"
Invité de BFMTV vendredi soir pour réagir à l’attentat djihadiste en Isère, Mohamed Sifaoui, spécialiste du terrorisme islamiste, a indiqué que "la notion de décapitation est consubstantielle à l’idéologie salafiste. C’est d’une certaine manière une signature. C’est aussi une façon de marquer les esprits, de frapper l’imaginaire collectif."


François Molins a confirmé que Yassin S. travaillait comme chauffeur-livreur pour l'entreprise de la victime. Il a également confirmé que le suspect est "père de famille, marié depuis plus d'une dizaine d'années, père de 3 enfants". Fiché "S" entre 2006 et 2008, le terroriste avait à nouveau été repéré entre 2011 et 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste lyonnaise.
VOIR et ENTENDRE la déclaration du procureur Molins:


Quelques heures après s'être rendu en Isère sur les lieux de l'attentat, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve est venu sur le plateau du 20h de TF1 vendredi soir, livrer de nouveaux détails sur le suspect arrêté et évoquer le risque terroriste "extrêmement élevé".

Le criminologue Alain Bauer a indiqué sur BFMTV que l’Occident doit faire face à un nouveau terrorisme,
plus difficile à appréhender. "On est passé de l’hyper-terrorisme d’al-Qaïda de 2001 au terrorisme du pauvre, de proximité. C’est la guêpe qui attaque le lion. Elle est toute petite, le lion est énorme. Mais la guêpe peut rendre le lion fou."
VOIR et ENTENDRE Alain Bauer affirmer qu'"on est passé au terrorisme de proximité":

Le plan Vigipirate est porté en "alerte maximale" pendant trois jours en Rhône-Alpes, a annoncé le chef de l'Etat à l'issue d'un conseil restreint à l'Elysée.

VOIR et ENTENDRE le cynique Alain Bauer confirmer que Vigipirate (ou le plan Seveso ?) n'est qu'un "outil de communication et de confiance" fait "pour rassurer la population":

Selon le criminologue, "on assiste depuis le début de l’année dans tout l’Occident à des opérations menées par des individus isolés mais pas solitaires. Ils font ce qu’on leur dit de faire, où on leur dit de faire, et comme on leur dit de faire."

Thibault de Montbrial,directeur général du Centre d'analyse du terrorisme, a réagi à l'attentat en Isère, dans une édition spéciale, présentée par Ruth Elkrief, sur BFMTV.
VOIR et ENTENDRE  cet avocat au bareau de Paris:

Anne Giudicelli, la directrice de Terrorisc, cabinet de conseil sur les risques politico-sécuritaires, a indiqué que "la décapitation fait débat dans la mouvance djihadiste. Est-ce que c’est halal ou pas? Daesh estime que c’est autorisé de faire des décapitations et même recherché Ce mode opératoire, de même que les véhicules piégés et les attentats suicides, se pratique dans des pays en guerre. La nouveauté, c’est que deux de ces modes opératoires ont été exportés sur le territoire" français, a expliqué Anne Giudicelli. Yassin Salhi, l’auteur présumé de l’attaque en Isère, aurait percuté des bouteilles de gaz avec une camionnette. 
VOIR et ENTENDRE la spécialiste sur l'importation de la décapitation salafiste, le 26 juin 2015 


Cazeneuve a multiplié les déclarations creuses pour donner à la population l'illusion d'une maîtrise de la situation.

Laïcité: l'église de Font Romeu profanée

L'effet Charlie hebdo: de présumés "fêtards" seraient responsables 
Aucune inscription permettant de situer les blasphémateurs

Le curé de la paroisse a découvert des détritus, des excréments, des vitres cassées dans son église.
Le curé de la paroisse de Font Romeu montre les dégâts constatés dans l'église vandalisée © France 3 LR/ D. Bérhault

A Font-Romeu, Pyrénées-Orientales, l'église "le Christ roi" a subi des dégradations: des vitraux ont été brisés, l'harmonium renversé, des détritus, et même des excréments humains jonchaient le sol. Mais aucun trace de vol ou de tags revendicatifs à caractère religieux n'a été constaté par les enquêteurs.
L'hypothèse la plus probable est que ces dégradations seraient le fait de quelques fêtards.

Bris de vitraux dans l' église "Christ Roi" de Font Romeu
Ces dégradations datent du début du mois de juin.

Le curé de la paroisse fait part de son indignation sur son blog et une messe de réparation sera célébrée le 27 juin prochain à 11 h 00. 
COMMUNIQUÉ DE MGR TURINI
A la suite de la profanation de l’église du Christ-Roi de Font-Romeu, Mgr Norbert Turini fait la déclaration suivante : "Je dénonce un acte odieux qui, pour nous croyants, est profanation d’un lieu sacré, essentiel pour les chrétiens qui y célèbrent leur foi, vivent les sacrements, en particulier l’eucharistie. »
"Nous ne pouvons pas rester sans réagir. C’est pour cela que je remercie les pouvoirs publics qui sont intervenus très efficacement et rapidement, ainsi que la presse, la radio et la télévision qui, de leur côté, ont porté cette profanation à la connaissance du grand public".

"J’invite tous les fidèles et les personnes de bonne volonté touchées par ce qui s’est passé et qui souhaitent manifester leur solidarité à participer à la messe de réparation dont la date sera bientôt fixée."
+ Norbert Turini
Evêque de Perpignan-Elne.
LA MESSE DE RÉPARATION SERA CÉLÉBRÉE SAMEDI 27 JUIN à 11h00 À L'EGLISE DU CHRIST ROI.

Le curé veut faire des travaux pour empêcher des squatteurs d'entrer dans l'édifice religieux qui date des années 50.

vendredi 26 juin 2015

UberPOP: le pouvoir socialiste prend le parti des entreprises de sa nébuleuse

"UberPOP doit être dissous", selon François Hollande

Le ministre de l'Intérieur estime que l'entreprise Uber "se croit au-dessus des lois": quelles lois ?
           
Elargir l'offre et la liberté de choix,
une chose trop belle pour les Français
Alors que la guerre ouverte a été déclarée par les taxis, François Hollande a sans nuance réclamé la dissolution pure et simple d'UberPop, le service de covoiturage urbain. Dans son sillage, Bernard Cazeneuve annonce en écho qu'une plainte a été déposée hier, visant notamment les dirigeants de l'entreprise, accusés de tous les noms. Le tout est cependant suspendu à une question prioritaire de constitutionnalité. 

La manifestation des taxis contre leur ennemi numéro 1, UberPOP, prend désormais une tournure violente dans la rue, et partisane, sous les ors de la République. Cette nuit, lors d’un meeting à Bruxelles, François Hollande a pris sans ambages la défense des taxis traditionnels. Le chef de l’État compte faire pression sur la justice pour qu'elle déclare cette avancée illégale, décrétant que "la saisie des véhicules devra être prononcée et être effectuée. Plus tôt ces décisions de justice seront rendues, plus simple sera la situation notamment pour les taxis".
Or, aucun des procès jusqu'ici intentés contre l'entreprise Uber n'a abouti à une condamnation: vu le flou de la loi Thévenoud, les juges ne disposent actuellement pas des moyens juridiques de condamner Uber.

Il a profité de l’occasion pour certes, dénoncer les violences commises, mais en les relativisant d'ailleurs : "elles sont faites sans doute par minorité", ajoutant même qu’ "on peut comprendre qu'il y ait une exaspération", brossant les taxis du groupe G7 et des Taxis Bleus (aux mains de la famille André Rousselet, un proche de François Mitterrand) dans le sens des incrustations du pneu, n'en déplaise à la chanteuse  Courtney Love - prise en embuscade et en otage par des taxis qui exercent leur propre justice sur la voie publique  - et des touristes anonymes qui se promettent de ne plus s'exposer à nouveau en France.

Nulle doute que les candidatures de la France à l'Exposition universelle 2025, à l'organisation des J.O. 2024 et des Championnats d'Europe de football 2016 (Euro 2016) vont s'en trouver facilitées... C'est le prix de l'amitié socialiste avec les Rousselet.



UberPOP ? Une activité archaïque et souterraine, selon Bernard Cazeneuve


Au lendemain de la grève bruyante organisée par les taxis et leurs syndicats, l’Élysée a donc fait son choix. Sur RTL ce matin, Bernard Cazeneuve a détaillé le plan de bataille. Déjà 481 procédures ont été intentées depuis le début de l’année contre des personnes impliquées dans l’écosystème Uber. Et le ministre de promettre d’ "amplifier encore le phénomène de poursuites de ceux qui sont à l’origine de ces infractions."

VOIR et ENTENDRE le ministre de l'Intérieur prendre la parole - à la place de la ministre des Transports, Ségolène Royal - pour accuser la société Uber de "cynisme et d'arrogance"... 



Le locataire de la place Beauvau a pris un soin tout particulier à jeter le discrédit sur Uber et ses dirigeants, dépeints comme une société richissime, tapie dans l’économie souterraine et qui n’a rien inventé : "Ils sont dans une attitude cynique, arrogante. Il s’agit de quoi ? Il s’agit d’une entreprise qui fait 40 milliards de chiffre d’affaires, qui est dans la mondialisation, notamment la mondialisation numérique, et qui considère parce qu‘elle se croit au-dessus des lois en raison de cette puissance, en situation de développer des activités totalement archaïques. Ces activités n’ont rien de moderne parce que mettre des chauffeurs dans des voitures qui leur appartiennent en prélevant 24 % sur les commissions qu’ils perçoivent, en les mettant dans la situation de contravention avec toutes les règles de droit [quelles règles de droit que les juges sont dans l'impossibilité d'appliquer en dépit de leur droit discrétionnaire d'interprétation des textes ?], y compris pénales, sans que ces chauffeurs ni la société qui les emploie, n’acquittent la moindre cotisation sociale [un accord contractuel choisi], le moindre impôt, le tout relevant de l’économie souterraine et clandestine dans sa forme chimiquement la plus pure [plus pure que les stupéfiants qui s'échangent  au vu et au su de la police et de la justice]... Si ça c’est la modernité, ça c’est l’état de la jungle ! [C'est le refus par le pouvoir socialiste de la démocratisation de l'usage des taxis] C’est ce qui existait avant que le droit social ne protège les salariés". C'est ce qu'on appelle les transports "low cost" (à bas coût), plébiscités par les touristes et les Français aux revenus modestes. 

Un dossier suspendu à une QPC

Les propos du petit ministre guindé peuvent faire sourire lorsqu’on a en mémoire les travaux du député Thévenoud qui a tout fait pour interdire aux VTC la géolocalisation dans les services ressemblant d’un peu trop près aux taxis… Le ministre de l’Intérieur a indiqué au passage avoir déposé une plainte qui pourrait frapper les dirigeants d’UberPOP, leur reprochant d’avoir déclaré en substance que leur activité n’est pas illicite.

De fait, le sujet est pendu à une question prioritaire de constitutionnalité transmise mardi dernier par la Cour de cassation. C’est justement une disposition de la loi Thévenoud (du nom du joueur de Scrabble en réseau dans l'hémicycle) du 1er octobre dernier, sur les taxis et VTC, qui est en cause. Le point visé concerne l’interdiction "d’organiser un système de mis en relation de clients avec des personnes" autour des activités de transport, sans que la personne en cause ne soit une entreprise de transport routier, ni un taxi ou un VTC.

Le litige en cours, dont dépend le sens de la question, compte justement faire injonction à Uber "de cesser de proposer au public, directement ou indirectement, un service de mise en relation avec des clients". Ce serait la mort des applications numériques et des technologies d'avenir. Le Conseil constitutionnel devra donc dire si la disposition contestée est conforme au principe de la légalité des délits et des peines et au principe d’égalité.

Les Sages ne se prononceront pas sur les protections au sommet de l'Etat de certaines entreprises bien en cour.