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samedi 15 décembre 2018

Macron aura attendu la neutralisation du terroriste islamiste pour se rendre à Strasbourg

Un hommage "privé" aux victimes et aux forces de l'ordre

Macron a mis en scène son déplacement à Strasbourg

Résultat de recherche d'images pour "Macron  Strasbourg"

En présence des seules autorités civiles et militaires locales, il a déposé une rose blanche devant le mémorial improvisé par les passants devant la statue du général Kléber, vendredi 14 décembre, trois jours après l'attentat islamiste qui a endeuillé la ville, mardi 11. 

Le chef de l'Etat est arrivé de nuit à Strasbourg.

Les apparitions de Macron se font rares et elles sont désormais nocturnes. Le secret est même bien gardé, puisque la presse accréditée n'est plus convoquée. Le déplacement-surprise de son bunker de l'Elysée au Puy-en-Velay a eu lieu nuitamment, ce qui ne lui a pas épargné des huées et insultes et à sa voiture d'être prise en chasse par des habitants... 

Etaient présents à Strasbourg des représentants de la police municipale et des policiers de la Brigade spécialisée de territoire (BST), dont les membres ont abattu l'auteur de l'attentat, ainsi que des militaires de l'opération Sentinelle, qui avaient blessé Cherif Chekatt mardi, et des membres des services de secours.

Le président mettait ainsi à profit son retour d'un sommet européen à Bruxelles pour faire un arrêt dans la capitale alsacienne. 
Emmanuel Macron s'est d'abord rendu place Kléber, dans l'hyper-centre, où passants et touristes ont déposé des milliers de bougies, des fleurs et des mots de compassion au pied de la statue, érigeant un mémorial improvisé aux victimes de l'attentat djihadiste.

Puis il s'est recueilli seul face à la statue, alors que des détachements de militaires entonnaient une Marseillaise a capella. 

Après son étape sur la place Kléber, Emmanuel Macron a fait quelques pas entre les chalets du marché de Noël, bien que fermé depuis l'attentat islamiste. 
En arrivant à l'aéroport de Strasbourg, le chef de l'État avait rencontré pendant une demi-heure quelques membres des forces de l'ordre qui sont intervenues en première ligne pour tenter de mettre un terme à la fuite du terroriste strasbourgeois, Chérif Chekatt, qui avait été finalement abattu la veille, vers 21h, jeudi soir 13 décembre, après avoir tué trois innocents dans le quartier historique.
Après qu'une femme a appelé le 197, suite à sa rencontre avec le tireur présumé, les membres de la Brigade de sûreté ont croisé en voiture un homme correspondant au profil de Chérif Chekatt. Le suspect a tenté d'entrer dans un immeuble, puis s'est retourné et a tiré dans leur direction. Les policiers ont riposté en le touchant mortellement. Selon France info, aucun policier n'a toutefois été blessé dans l'opération.
Le niveau du plan Vigipirate a été abaissé 

Le maire de Strasbourg avait appelé  "tous les Français et tous les Européens à revenir au marché de Noël", un geste qu'il qualifie de "défi au terrorisme" et de "signe de résistance".

Trois jours après l'attaque qui a frappé Strasbourg, le gouvernement a annoncé ce vendredi 14 décembre avoir ramené le plan Vigipirate au deuxième niveau, à savoir, "Risque attentat". Le troisième niveau "Urgence attentat" avait été fixé dans la nuit de mardi à mercredi, après la fusillade et les coups de couteau de Strasbourg qui ont déjà fait quatre morts, une victime en état de mort cérébrale et 11 blessés.

dimanche 28 juin 2015

Loi renseignement adoptée: elle fait de chaque Français un terroriste en puissance

En revanche, les étrangers ne sont pas soumis à contrôles

Les députés ont validé un texte de compromis parlementaire

Valls, el Caudillo Manolo
L'Observatoire des Libertés et du Numérique, ainsi que des associations et collectifs d'extrême gauche opposés au projet de loi liberticide sur le Renseignement, avaient appelé à une manifestation lundi 8 juin 2015, veille du vote du projet de loi sur le renseignement au Sénat.
Le hasard faisant bien les choses, c'est le jour où Wikileaks diffusa des preuves des écoutes menées par les services américains contre la France que le parlement adopte définitivement le très contesté projet de loi sur le renseignement. Ce texte était défendu au nom de la lutte antiterroriste par le gouvernement, même s'il légalise des pratiques contestables des services. L'attentat islamiste du 26 juin en Isère -un vendredi de ramadan- a fait une victime -première décapitation sur notre territoire depuis la Terreur de 1893- démontre que le plan Vigipirate -force 4 "écarlate"- en vigueur au niveau maximal -et porté depuis au "seuil maximum" (plus maximal que le maximum !) par l'illustre Hollande, c'est du pipeau. Et il appelle à l'unité nationale !

En plein scandale d'espionnage des trois derniers présidents français par Obama, le texte voulu par le caudillo Manuel Valls a été voté à main levée par une large majorité des députés présents. Le texte était soutenu par les socialistes, les radicaux de gauche, une grande majorité des Républicains et de l'UDI, alors que le Front de gauche.

Le Front de gauche et une majorité des écologistes avaient appelé à voter contre. 
Le Front de gauche voté contre une "loi scélérate" tout comme la majorité du groupe écologiste, au contraire d'Eric Ciotti (Les Républicains) qui s'est réjoui avec la "grande majorité" de son groupe d'un "projet de loi nécessaire et positif",  au nom d'une "unité nationale sans faille". 
Mise en chantier l'an dernier, son élaboration a été accélérée par l'exécutif à la faveur des attentats meurtriers par des djihadistes français qui ont fait 17 morts début janvier 2015 à Paris. 

 
Prétendues, les "atteintes aux libertés publiques" ?

De la prévention d'attentats à l'espionnage économique, le texte définit un large éventail des missions des services de renseignement, ainsi que le régime d'autorisation et de contrôle de nombreuses techniques d'espionnage (écoutes, pose de caméra ou de logiciel-espion, accès aux données de connexion, etc). Un catalogue qui va s'avérer vite dépassé et un risque de détournement totalitaire au détour  d'un scrutin ou avec l'émergence d'une personnalité anti-républicaine que le pouvoir n'aura pas vu venir, de l'extérieur ou de son sein.   

Le frêle rapporteur Jean-Jacques Urvoas (PS) a balayé d'un revers de manche les discours sur de "prétendues atteintes aux libertés publiques", insistant sur la "création pour la première fois d'un cadre juridique démocratique des activités des services de renseignement" en France. Mais un cadre trop contraignant est la promesse d'une impuissance et d'un danger s'il est trop flou. 

"Là où les services estimaient que leur légitimité l'emportait sur toute autre considération, ils devront désormais agir dans le respect du principe inverse, leurs prérogatives particulières n'étant admises qu'à la condition qu'elles soient justifiées et proportionnées", a-t-il plaidé. 
Si Urvoas détient l'instrument idéal de mesure objective, il doit donner en urgence les références de son fournisseur à "el Caudillo Manolo"...

samedi 27 juin 2015

Attentat terroriste de l'Isère: le pouvoir socialiste tente de faire illusion par un flot de déclarations

Cazeneuve a beaucoup parlé, mais qu'a-t-il fait depuis janvier?...

B. Cazeneuve a occupé le terrain en l'absence de Hollande et de Valls

Bernard Cazeneuve s'est rendu à Saint-Quentin-Fallavier, en Isère, où une explosion a eu lieu vendredi 26 juin dans l’usine de produits chimiques Air Products. 
Pour combler le vide laissé au sommet de l'Etat, le petit homme aura été omniprésent devant les media. Et prolixe, face aux micros et caméras en manque des grosses pointures de l'exécutif. Et, l'air naturellement grave, il s'est répandu en longues phrases d'autant plus verbeuses que les éléments étaient flous et d'où rien n'émergeait au final, sinon le mot 'abject'. 

VOIR et ENTENDRE Bernard Cazeneuve aligner des phrases:


Le drame s'est produit un site Seveso en période de plan Vigipirate renforcé, là où il ne devait pas avoir lieu ! D'où l'embarras général, d'autant que -malgré les attentats djihadistes de janvier à Paris et les promesses de sécurisation des cibles humaines et des lieux à risques, l'accès à ce site sensible n'était pas protégé: pour pénétrer, il suffisait de sonner... 

Le petit homme tente d'occuper l'espace
Des déclarations en abondance ont encore tenu lieu de décisions en attendant que le président de la République rentre de Bruxelles et le premier ministre de Colombie. Alors, ont été annoncées des réunions de crise, successivement en petit et en grand comité. Voire en conseil restreint et restreint élargi...
Chargé de meubler le temps, le ministre de l'Intérieur a donc fourni les premières informations concernant les circonstances du nouvel attentat djihadiste par un terroriste français, suspect principal de la décapitation d'un homme en Isère, son patron.

Bernard Cazeneuve a dressé le portrait d'un "homme", qu'on peut qualifier de terroriste, originaire de la banlieue lyonnaise, fiché en 2006 et sans casier judiciaire. Lassaad Ben Hassine, qui habite le même quartier que le suspect, à Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon, décrit le terroriste présumé comme "quelqu’un qui est en retrait, sympa, gentil à première vue, discret, qui n’a aucun signe ostentatoire. Il s’habille comme tout le monde, il sort jouer avec ses enfants".
Comme à chaque fois en pareilles circonstances, les voisins de cet islamiste de Saint-Priest, près de Lyon, se disent stupéfaits et décrivent un homme normal, peu affable.
VOIR et ENTENDRE les banalités généralistes de Cazeneuve qui assure au passage que ""depuis plusieurs mois [combien?], 300 personnes ont été arrêtées", sauf Yassin S. [Salhi], malgré les meurtriers attentats djihadistes de janvier à Paris et bien qu'il ait fait l'objet d'une "fiche S" de sécurité...

VOIR et ENTENDRE Cazeneuve évoquer le "criminel" et en fournir l'identité, précisant qu'"il avait fait l'objet d'une fiche S en 2006 pour radicalisation":

Mais le ministre de l'Intérieur a-t-il bien parlé ?

Le terroriste était en fait fiché depuis 2004 à Pontarlier, puis Besançon.

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a fourni vendredi soir le déroulé de l'attentat de vendredi matin, à 9h28, dans cette usine Seveso en Isère, près de Lyon, jusqu'à l'arrestation de Yassin S., alors qu'il "ouvrait des bouteilles d'acétone". 

La version officielle du déroulement des événements

- "A 9h28, un véhicule utilitaire a pénétré sans attirer l'attention [sur le site Seveso], il avait l'habitude d'y venir pour des livraisons. Il a sonné, la porte lui a été ouverte, car il était connu des employés"
- "Le véhicule a longé le mur jusqu'au bout de l'allée où il est sorti du champ des caméras entre 9h28 et 9h35". "A 9h35, on voit sur les caméras de l'usine que le fourgon a accéléré et s'est précipité vers un hangar dans lequel se trouvaient des bonbonnes".
- "9h36, une explosion a retenti"
- "A 9h41, les pompiers arrivent sur le site"
- "A 10h, ils surprennent le suspect ouvrant des bouteilles d'acétone dans le hangar et l'appréhendent"
- A un endroit non couvert par les caméras, le corps sans tête de la victime a été découvert devant le fourgon. A proximité de la victime, a été découvert un couteau. Plus loin sur un grillage, sa tête a été retrouvée entourée de deux drapeaux islamistes.
Le procureur a ajouté qu'il n'y avait "aucune preuve d'un complice à l'intérieur du véhicule, l'homme semblait seul".

Quant à la victime décapitée, elle était âgée de 54 ans.


La décapitation, "une signature, une manière de marquer les esprits"
Invité de BFMTV vendredi soir pour réagir à l’attentat djihadiste en Isère, Mohamed Sifaoui, spécialiste du terrorisme islamiste, a indiqué que "la notion de décapitation est consubstantielle à l’idéologie salafiste. C’est d’une certaine manière une signature. C’est aussi une façon de marquer les esprits, de frapper l’imaginaire collectif."


François Molins a confirmé que Yassin S. travaillait comme chauffeur-livreur pour l'entreprise de la victime. Il a également confirmé que le suspect est "père de famille, marié depuis plus d'une dizaine d'années, père de 3 enfants". Fiché "S" entre 2006 et 2008, le terroriste avait à nouveau été repéré entre 2011 et 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste lyonnaise.
VOIR et ENTENDRE la déclaration du procureur Molins:


Quelques heures après s'être rendu en Isère sur les lieux de l'attentat, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve est venu sur le plateau du 20h de TF1 vendredi soir, livrer de nouveaux détails sur le suspect arrêté et évoquer le risque terroriste "extrêmement élevé".

Le criminologue Alain Bauer a indiqué sur BFMTV que l’Occident doit faire face à un nouveau terrorisme,
plus difficile à appréhender. "On est passé de l’hyper-terrorisme d’al-Qaïda de 2001 au terrorisme du pauvre, de proximité. C’est la guêpe qui attaque le lion. Elle est toute petite, le lion est énorme. Mais la guêpe peut rendre le lion fou."
VOIR et ENTENDRE Alain Bauer affirmer qu'"on est passé au terrorisme de proximité":

Le plan Vigipirate est porté en "alerte maximale" pendant trois jours en Rhône-Alpes, a annoncé le chef de l'Etat à l'issue d'un conseil restreint à l'Elysée.

VOIR et ENTENDRE le cynique Alain Bauer confirmer que Vigipirate (ou le plan Seveso ?) n'est qu'un "outil de communication et de confiance" fait "pour rassurer la population":

Selon le criminologue, "on assiste depuis le début de l’année dans tout l’Occident à des opérations menées par des individus isolés mais pas solitaires. Ils font ce qu’on leur dit de faire, où on leur dit de faire, et comme on leur dit de faire."

Thibault de Montbrial,directeur général du Centre d'analyse du terrorisme, a réagi à l'attentat en Isère, dans une édition spéciale, présentée par Ruth Elkrief, sur BFMTV.
VOIR et ENTENDRE  cet avocat au bareau de Paris:

Anne Giudicelli, la directrice de Terrorisc, cabinet de conseil sur les risques politico-sécuritaires, a indiqué que "la décapitation fait débat dans la mouvance djihadiste. Est-ce que c’est halal ou pas? Daesh estime que c’est autorisé de faire des décapitations et même recherché Ce mode opératoire, de même que les véhicules piégés et les attentats suicides, se pratique dans des pays en guerre. La nouveauté, c’est que deux de ces modes opératoires ont été exportés sur le territoire" français, a expliqué Anne Giudicelli. Yassin Salhi, l’auteur présumé de l’attaque en Isère, aurait percuté des bouteilles de gaz avec une camionnette. 
VOIR et ENTENDRE la spécialiste sur l'importation de la décapitation salafiste, le 26 juin 2015 


Cazeneuve a multiplié les déclarations creuses pour donner à la population l'illusion d'une maîtrise de la situation.

vendredi 10 avril 2015

Vigipirate: appel à militaires réservistes et à vigiles

"On sert notre pays, même avec nos petits moyens"

"S’engager pour le pays"
Des hommes et des femmes entrent dans la réserve militaire avec la volonté de prolonger le service de la patrie. Parmi eux, 20minutes cite deux femmes contre un seul homme, Philippe, Marie et Adeline... Au quotidien, ils sont étudiant, responsable des ressources humaines dans un hôpital et employée dans une chambre d’agriculture. Quelques jours, voire plusieurs semaines par an, ils ont fait le choix de  devenir des militaires à part entière

Le service militaire, un manque à combler 
Pour Philippe Males, étudiant en 3e année de chimie à la faculté de Toulouse (Haute-Garonne), le choix de la réserve est arrivé un peu par hasard, via un am. Depuis un an et demi, le jeune homme enchaîne les formations et les entraînements au sein du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Castres. Cet été, il devrait effectuer son premier Vigipirate. Cette mission de surveillance et d’aide à la population est qualifiée d’"accomplissement". "Partir sur le terrain, c’est l’aboutissement de nos entraînements. C’est aussi une fierté d’être au service de la Nation", explique Philippe.

Un besoin "sans précédent" en hommes face à la menace terroriste
Les  risques encourus durant la mission ne font pas reculer le jeune homme, en réaction à la menace terroriste qualifiée de "sans précédente" par le Premier ministre Manuel Valls. "Oui, il y a un contexte particulier aujourd’hui avec les attentats de janvier. On nous dit de faire attention. Mais on est préparé aux agressions et entraîné au maniement des armes. Et puis, le risque, il faut l’accepter", explique le jeune homme. 
Un risque évoqué également par Marie Portes, sergent de réserve au 31e régiment du génie à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne). "Nous sommes vigilants, encore plus sérieux dans ce que nous faisons", affirme cette responsable des ressources humaines de 29 ans. Mais le jeu en vaut la chandelle: "On sert notre pays, même avec nos petits moyens. On est là, on rassure la population, on limite les risques. Et puis on représente notre régiment, l’armée", dit-elle avec fierté. Et qu’importent les difficultés de planning entre la vie professionnelle et militaire, la réserve représente "une bouffée d’air". En respiration alternée...

La Syrie ne draine pas toute la jeunesse 
Adeline Vaulot est réserviste depuis six ans et demi, un choix effectué à "17 ans et demi" et elle oriente son sens du service et de l'abnégation vers le pays qui l'a aidée à grandir... Aujourd’hui employée dans une chambre d’agriculture, la jeune femme de 24 ans est maréchal des logis réserviste au 61e régiment d’artillerie de Haute-Marne. Elle a déjà effectué deux missions Vigipirate à Montpellier et à Lyon, et devrait repartir en mission en juillet.
En septembre 2013, envoyée à l’aéroport de la capitale des Gaules, Adeline a été chef de groupe, responsable de deux autres militaires. Elle a notamment effectué des rondes, mais aussi collaboré avec la police des frontières et les douaniers. L’expérience a été marquante: "Vigipirate est une mission un peu à part. On est en extérieur, en opérationnel. On travaille ensemble et on y met du cœur", explique-t-elle. Un engagement qu’elle compte bien renouveler: "J’essayerai de continuer la réserve tant que je peux. Aujourd’hui, c’est ma priorité."

Une relève nécessaire en soutien aux hommes épuisés de Vigipirate

Policiers et militaires font partie du paysage urbain depuis les attentats de janvier, stationnant armés devant les bâtiments sensibles (écoles et lieux de culte, media, ambassades ou groupe de presse…)  Pistolet-mitrailleur noir en  mains, un policier avoue: "Rester debout à ne rien faire, c’est fatigant". "Mais on est surtout blasé. On n’est pas entré dans la police pour faire de la garde." "Pendant qu’on est là, on n’est pas en train d'effectuer des missions de secours, c'est-à-dire notre travail de policier", ajoute un militaire déçu et agacé.

"Les hommes ont besoin de repos"
Les niveaux actuels du plan Vigipirate, "alerte attentats" pour l'Ile-de-France et les Alpes-Maritimes et "vigilance renforcée" pour le reste de la France, devraient être prolongés pour "plusieurs mois," au-delà du 10 avril, a indiqué une source gouvernementale. "Pendant plusieurs mois, on fera donc de la m..., mais on n’a pas le choix...", se désole un militaire.
"Ce prolongement dans la durée montre que la situation est préoccupante", reconnaît Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance Police Nationale. "Mais les hommes ont besoin de repos, de souffler un peu. Ils tiennent plusieurs heures debout avec leurs gilets pare-balles. Ce ne sont pas des robots, ils ne pourront pas tenir plusieurs mois."

Les hommes de
trois compagnies de CRS se sont mis collectivement en arrêt maladie afin d'attirer l'attention sur les effets du plan Vigipirate qui les "épuise", un moyen déjà utilisé dans le passé de manifester leur mécontentement.

Les heures supplémentaires s'accumulent
"La police n’est pas organisée pour rester en Vigipirate sur le long terme. Nos collègues sont fatigués", développe Philippe Capon, secrétaire général UNSA Police. "S’ajoute à la fatigue une lassitude face aux missions 'pots de fleurs', 24h/24h, jour et nuit, et peu valorisantes pour les hommes."
Depuis quelques semaines, les périodes de repos se font plus espacées. "Le niveau alerte attentats impose que les chefs de service privilégient la nécessité du service sur les congés. Il y a une restriction de ce côté-là", précise Frédéric Lagache. 
Autre sujet délicat, les heures supplémentaires. "Les policiers font des heures supplémentaires et ne peuvent pas les récupérer. On en était déjà à 19 millions d'heures en attente en décembre 2014 et on devrait atteindre les 20 millions à la fin de l’année 2015", explique Philippe Capon.

"Eviter le drame"
Les deux syndicats soulignent le manque d’effectifs. "Pourquoi ne pas déléguer certaines missions de garde statique à des officines privées ?", demande Frédéric Lagache, prenant pour exemple les missions de filtrage dans les aéroports. "Cela permettrait de recentrer les policiers vers le cœur de notre métier." Le transfert de cette activité régalienne divise toutefois la profession.

Pour le moment, seuls les militaires sont également sur le pont. Outre les gendarmes, 10.500 soldats ont été déployés depuis janvier pour protéger les 830 "sites sensibles" en France. Mais, là aussi, la fatigue se fait sentir. "Nos effectifs ne nous permettent pas sérieusement de tenir le rythme actuel de déploiement sur plusieurs mois", affirme Jean-Hugues Matelly, président de l'association professionnelle GendXXI, qui demande davantage de recrutements.

"Les permissions et repos sont reportés, les stocks s’accumulent. Les hommes sont fatigués nerveusement et physiquement. Face à cette situation complexe, il faut veiller aux temps de récupération si l’on veut éviter le drame."

Le plan Vigipirate s'étend aux centres commerciaux
Depuis les attentats de djihadistes français à Charlie Hebdo, le 7 janvier, puis à l’Hyper Cacher le surlendemain, les besoins en vigiles ont grimpé, mais l’embauche ne suit pas. En période troublée, la peur fait certes bondir la demande, mais l'offre se raréfie. Les services de sécurité de l’Etat, (police, gendarmerie et armée) sont en état d’alerte maximale sur le territoire français, mais ne suffisent pas à faire face à la menace djihadiste. Les sociétés de sécurité privées doivent répondre à une demande accrue de main-d’œuvre qualifiée, dans un secteur qui en manque.

La sécurité privée emploie environ 250.000 agents contre 150.000 policiers et gendarmes. "Il y a eu pas mal de panique dans les heures qui ont suivi les attentats et nous avons eu un certain nombre de demandes liées à cette situation atypique, atteste Olivier Féray, PDG de Prosegur France, l’une des cinq plus importantes sociétés de sécurité privée française avec 5.500 salariés. Tous les lieux qui accueillent des gens ont décidé de renforcer leurs dispositifs."
L’activité avait ralenti sous l'effet conjugué de la crise économique et des tergiversations socialistes. "Les entreprises réduisant leurs dépenses et rognant sur ce qui pouvait l’être, les budgets de sécurité ont été amputés", témoigne Olivier Féray. Mais, depuis janvier, aux grands magasins voulant assurer la sécurité de leurs clients pour la période de soldes se sont ajoutées les demandes d’établissements et de services publics déterminés à rassurer leur public face à la menace invisible. "Là où il fallait deux personnes pour filtrer les entrées, il en a fallu une troisième", précise le patron de Prosegur France.

Or, le secteur peine à recruter, comme le confirme le groupe Triomphe Sécurité, qui emploie d’ordinaire 1.500 agents pour protéger, entre autres, Disneyland Paris et des centres commerciaux franciliens. Triomphe Sécurité a déjà fourni plus d’une centaine d’agents de sécurité supplémentaires à sa clientèle, même alors qu'elle en aurait souhaité "plus de 300".
Toute la difficulté est de parvenir à conserver les agents compétents.  Il s’agirait essentiellement d’une question de faible rémunération, un agent de "base" étant en général payé au Smic, soit 9,61 euros de l’heure, même si le travail de nuit et du week-end permet d’améliorer la paye.
Selon le SNES (FSU), les effectifs d’agents de sécurité ont toutefois augmenté de 15 à 20% depuis les événements"Mais les difficultés de recrutement sont également liées à l’image de la profession, même si, depuis les attentats, cette dernière "a énormément évolué de manière positive". "Les gens comprennent que les agents ne sont pas là pour les embêter mais pour les protéger", affirme le patron de Prosegur. "On ressent un regard nouveau et positif des citoyens", confirme Jean-Pierre Tripet, président du Syndicat national des entreprises de sécurité (Snes). Son entreprise, Lorica, recrute ses agents "dans le milieu sportif", et notamment "dans les arts martiaux" : "Ils savent défendre leur intégrité physique, mais aussi appréhender la menace et le danger."
Pour devenir agent de sécurité privée, une formation de base de cent quarante heures dispensée dans des centres spécialisés est obligatoire. Sanctionnée par un certificat de qualification professionnelle, la formation porte sur différents aspects juridiques et techniques - légitime défense, secours et assistance à personne - et autres spécificités du métier, telles le certificat incendie, la surveillance physique et vidéo, l’utilisation des moyens de défense et d’alarme… Le processus de recrutement se révèle assez long - de trois à six mois - en raison d’enquêtes administratives diverses en sus de la formation. Enfin, selon les recruteurs du secteur, "calme, recul, pondération, faculté d’évaluation" comptent parmi les qualités nécessaires au métier. "Avec les évolutions de la pratique et du regard de la population, qui a compris que l’on participe à la sécurité du pays, nous gagnons nos lettres de noblesse", se félicite Jean-Pierre Tripet. Il en veut pour preuve qu’aujourd’hui, "toutes les casernes, à l’instar de l’Ecole militaire, sont gardées [le savait-on] par des sociétés de sécurité privées supervisées par des militaires gradés". Difficile de rêver plus belle vitrine que l’armée faisant appel à des vigiles pour renforcer la sécurité de ses installations.

V
igipirate fait baisser le nombre de cambriolages et de vols.

mercredi 8 avril 2015

Plan Vigipirate : la grogne monte chez les CRS

Faut-il faire appel aux... postiers ou redéployer dans la rue les nouvelles recrues de l'Education nationale ?

L'équivalent de trois compagnies de CRS s'est fait porter collectivement pâle

Ils entendent manifester leur grogne contre les effets du plan Vigipirate qui les "épuise", a-t-on appris mardi de sources syndicales policières. Depuis la semaine dernière et mardi, 240 CRS se sont déjà mis en arrêt maladie. Ce moyen de manifester son mécontentement n'est pas une première chez ces spécialistes du maintien de l'ordre, relativise-t-on du côté de Nanard Cazeneuve, ministricule de l'Intérieur et chance exceptionnelle des Français.

Cela a d'abord concerné la CRS de Toulouse vendredi puis, mardi, celles de Lyon et Nancy qui devaient venir en renfort pour Vigipirate en région parisienne. Selon Nicolas Comte, responsable d'unité police SGP-FO (second syndicat de gardiens de la paix et de CRS), "l'emploi très tendu des effectifs" en raison de Vigipirate a déclenché un "ras-le-bol" des CRS. Ils se disent "épuisés" et "inquiets sur les possibilités de tenir à long et moyen terme à ce rythme". "Il faut donner des signaux, ouvrir des négociations", a demandé le syndicaliste.

Une mobilisation sans précédent

"On a tapé sur les repos et la formation, les CRS n'en peuvent plus", a assuré Nicolas Comte. Les niveaux actuels du plan Vigipirate, "alerte attentats" pour l'Ile-de-France et les Alpes-Maritimes et "vigilance renforcée" pour le reste de la France, ont déjà été prolongés jusqu'au 10 avril et le seront pour "plusieurs mois", avait claironné le gouvernement début mars. "Tous les sites sensibles restent protégés", a  confirmé Manuel Valls, le 4 mars dernier.

Le gouvernement n'a jamais manqué une occasion d'afficher sa détermination à poursuivre l'opération Sentinelle autant que nécessaire face à la menace d'attentats toujours très élevée visant la France. Manuel Valls avait ainsi assuré mi-février que le plan Vigipirate serait prolongé "autant que nécessaire, tant que la menace reste élevée".
"Il faut dire la vérité aux Français, avait politisé le communicant de Matignon [...] Il faut s'habituer à vivre avec cette menace terroriste qui est le fruit d'organisations internationales particulièrement barbares", avait prévenu le Premier ministre. Le pouvoir et les media ont beaucoup vanté le courage des CRS, mais, eux, ils ne s'habituent pas.
Les premières victimes de l'islamisme
seraient les musulmans
C'est l'agression le 3 février de trois militaires en faction devant un centre communautaire juif à Nice qui avait entraîné le relèvement par Manuel Valls au niveau "alerte attentat" du plan Vigipirate dans les Alpes-Maritimes, rappelle L'Obs: pour cet hebdomadaire, la solution réside-t-elle dans le départ des Juifs français ou faut-il tout de suite restituer Nice à l'Italie ou, mieux, aux Ottomans de l'actuelle République de Turquie ?

Depuis que des 
djihadistes français ont perpétré les tueries de Charlie Hebdo à Paris et de l'Hyper Casher de Vincennes, 10.500 militaires protègent 830 "sites sensibles" en France, dont 310, principalement juifs, en Ile-de-France. Un millier de CRS en moyenne est mobilisé chaque jour, selon les sources syndicales. Cette mobilisation sans précédent, qui entraîne aussi d'importants surcoûts budgétaires, risque toutefois d'épuiser les effectifs soumis à rude épreuve depuis plusieurs mois, avaient indiqué plusieurs sources lors de cette annonce gouvernementale et politicienne. Peu avant 11 heures mardi, la Direction générale de la police nationale (DGPN) n'était pas en mesure de communiquer.

Ils connaissent bien le terrain: on attend les enseignants dans la rue, vite !
Mais eux aussi ont le blues des rythmes de travail. 
Alors Besancenot et ses postiers peuvent-ils aussi faire l'affaire et servir la République ?...