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mardi 18 décembre 2018

Bandol : un péage incendié en marge d'un rassemblement de gilets jaunes

Riposte à une provocation de Vinci

Vinci Autoroutes venait d'annoncer l'envoi d'une facture aux automobilistes passés pendant une opération "péage gratuit" des "gilets jaunes"

Résultat de recherche d'images pour "gilets jaunes peage Bandol incendie"
Dommages collatéraux de l'arrogante provocation d'une groupe "premier de cordée"
Vinci Autoroutes a confirmé que ces automobilistes devront s'acquitter des droits de passage, comme indiqué par Le Dauphiné, lundi 17 décembre.
Vinci Autoroutes explique qu'"il s'agit juste d'appliquer une procédure de régularisation" et, bon prince, rassure les conducteurs : ils ne se verront pas infliger de "pénalités" !... 
L'entreprise compte identifier les usagers passés sans payer à l'aide des caméras de surveillance installées sur les péages - quand elles ont été épargnées - et les relancer par courrier postal. Les sociétés d'autoroutes ont en effet accès au fichier des plaques d'immatriculation du ministère de l'Intérieur.
"Près de 250 sites" touchés
Dimanche, le groupe a estimé à "plusieurs dizaines de millions d'euros" le montant des dégâts commis sur l'ensemble de son réseau en marge des manifestations des "gilets jaunes" depuis un mois. "Près de 250 sites ont ainsi été impactés quotidiennement par les actions des manifestants", selon le communiqué de Vinci Autoroutes.
Les mises à feu volontaires ont notamment détruit six bâtiments d'exploitation, dont la direction régionale de Narbonne, 33 véhicules d'intervention, 15 échangeurs et plateformes de péage, et dégradé de nombreuses chaussées, détaille l'exploitant. Vinci Autoroutes dénonce également "des dizaines d'actes de vandalisme", dont des dégradations commises sur des caméras de sécurité, des glissières et des panneaux de signalisation, et "des centaines de tonnes de détritus enlevés" autour des"campements" construits par les manifestants.
Vinci a allumé la mèche

Les "gilets jaunes" occupent la gare de péage de Bandol, dans le Var
Le péage de Bandol, avant l'annonce de Vinci autoroutes
La gare de péage de Bandol (Var) a été partiellement détruite par le feu, ce lundi 17 décembre en fin de soirée, alors qu'elle avait été occupée par des "gilets jaunes. L'autoroute a été fermée dans les deux sens.

Var Matin a diffusé la vidéo des images impressionnantes de la gare de péage de Bandol ravagée par les flammes en marge d'un rassemblement de "gilets jaunes" ce lundi. Une vidéo de l'incendie, visiblement filmée par les casseurs eux-mêmes, a par ailleurs largement circulé sur les réseaux sociaux cette nuit.


Le groupe Vinci Autoroutes a en conséquence fermé dans les deux sens l'A50 autour du site vandalisé sur l'axe entre Marseille et Toulon. Les sapeurs-pompiers ont été dépêchés sur place, de même qu'une cinquantaine de membres des forces de l'ordre.

Dix-sept personnes ont été interpellées pour "dégradations et attroupement".
Pour rappel, Vinci Autoroutes, qui exploite la majorité des autoroutes du sud de la France, a évalué ce dimanche le coût des dégradations liées au mouvement des "gilets jaunes" à "plusieurs dizaines de millions d'euros". 


jeudi 15 février 2018

Une centaine de travailleurs sans papiers est ...en grève : c'est en France !

Des travailleurs sans papiers instrumentés ?

Inquiets de la prochaine loi sur l'immigration, ils réclament leur régularisation
 
Essentiellement subsahariens, employés par six sociétés d'intérim,  de plats cuisinés, de livraison de colis ou de nettoyage en Ile-de-France, cent vingt travailleurs illégaux sont en grève depuis lundi, craignant de perdre l'un des rares moyens de régularisation, grâce au travail. Faisant l'amalgame médiatique et politique entre les nouveaux migrants illégaux et les anciens qui travaillent en France depuis de nombreuses années, les associations et syndicats vertueux mènent campagne.

Ils ont été installés des piquets de grève avec l’appui de la CGT, réclamant leur régularisation, mais exprimant aussi l’inquiétude collective des nombreuses personnes qui partagent leur sort. Leur situation juridiquement irrégulière risque en effet de se compliquer avec la prochaine loi "immigration et asile", craint la CGT. 
Bénéficiaires d'aides sociales, ces salariés illégaux n'ont pas de droit au travail mais, cornaqués par la centrale syndicale d'extrême gauche, ils comptent bien mettre en oeuvre une ou plusieurs options qui leurs sont offertes comme sans papiers, explique Violaine Carrère, chargée d’études au Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s (Gisti) : "Soit fabriquer ou utiliser des faux papiers, soit être embauché sous l’identité d’un tiers, soit travailler au noir.

Dans les faits, c’est l'embauche sous une fausse identité qui prévaut pour espérer obtenir des papiers. Il s’agit concrètement de "travailler en utilisant l’identité d’une autre personne, que l’employeur le sache ou qu’il l’ignore", confirme tranquillement Violaine Carrère, mais apportant de l'eau au moulin du législateur. Et "très souvent, l’employeur le sait : on a déjà vu un restaurant qui avait embauché la même personne dans trois établissements, sous trois identités différentes", dénonce cette militante, après avoir cautionné, voire recommandé, cette pratique. 

Cette méthode permet d’accumuler les bulletins de salaire nécessaires à la constitution d’un dossier pour obtenir un titre de séjour. Et  le Gisti de dénoncer une "hypocrisie majeure" : "Non seulement l’Etat n’ignore pas que le travailleur a recouru à un alias, mais en plus c’est dans le dossier." En somme, il est nécessaire de travailler dans l’illégalité pour pouvoir espérer ensuite travailler légalement. On se demande si le Gisti est du côté de ceux qu'il prétend protéger de la loi. 
Le travail, bien qu’interdit aux personnes en situation irrégulière, est un moyen d’accéder à la régularisation, notamment depuis une réforme de 2007 (article 40 de la loi du 20 novembre) qui a inscrit dans la loi cette possibilité à la suite de plusieurs mobilisations. 
Ainsi avait-elle suscité la polémique lors de son adoption, principalement en raison d'une disposition qui autorisait le recours aux tests génétiques pour prouver la filiation de candidats au regroupement familial. Le Conseil constitutionnel avait également privé l'Etat de la possibilité de statistiques ethniques.
Mais l'article 40 de cette loi et une circulaire du 7 janvier 2008 offrent la
possibilité de régularisation sur demande de l'employeur, à condition que le salarié travaille dans un secteur qui connaît des difficultés de recrutement et soit sous contrat ferme d'un an minimum. L'art. 40 n'est pas applicable aux Algériens et aux Tunisiens, soumis à un régime dérogatoire. La circulaire a été annulée, le 23 octobre 2009, par le Conseil d'État.
Sur le sujet, le droit n’a pas bougé depuis novembre 2012 et une circulaire du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui a précisé les critères d’ancienneté de travail et de séjour : les préfets pouvaient s'y référer pour accorder des régularisations. 

Les travailleurs sans-papiers demeurent soumis à deux contraintes. 
Celle de leur patron d’abord, qui remplira ou non le formulaire Cerfa indispensable à leur régularisation : "Des employeurs jouent le jeu de cette circulaire et d’autres non, parce qu’ils préfèrent maintenir une main-d’œuvre en situation de vulnérabilité dans l’entreprise, selon un collectif migrants de la CGT. C’est pour ça que les salariés se sont organisés entre eux [sic] et sont venus nous voir," se justifie Marilyne Poulain, militante de ce collectif. 
Ensuite, celle du préfet. "A Paris, on applique la circulaire, mais en Seine-Saint-Denis ou dans le Val-de-Marne, c’est l’horreur, avec des délais de huit mois qui rendent les documents obsolètes, se plaint Marilyne Poulain, qui est aussi coordinatrice à l'association Autremonde sur les questions d'alphabétisation et d'accès au droit, et milite aussi aux côtés des grévistes d'Adec, un sous-traitant de Bouygues. 
"Vous savez ce que c’est qu’une grève?", demande Denise aux personnes venues ce jour là à Droits devant (association créée par un ensemble de personnalités telles que Albert Jacquard, Mgr Jacques Gaillot, Jacques Higelin ou Léon Schwartzenberg, pour l'égalité des droits entre les Français et les clandestins, associée à une intersyndicale du ...Ministère du Travail (CGT-TEFP et SUD Travail)) ... avant de conduire les grévistes sans-papiers, vers un immense chantier situé à la Défense : le chantier de la tour First… Commentaire de l'association : "Las d’être exploités et de se voir refuser un titre de séjour, des ouvriers maliens employés en région parisienne par un sous-traitant de Bouygues se sont mis en grève. Ils ont compris que pour être reconnus dans leurs droits, il leur faudrait s’attaquer à tous les rouages du système qui organise leur exploitation. Et réaliser des coups d’éclat."
En quoi le projet de loi 'immigration et asile' inquiète-t-il les travailleurs et les syndicats ? 

Cette nouvelle loi sera présentée en conseil des ministres le 21 février et l’essentiel de son contenu est connu. 
C’est en l’occurrence son article 16-II qui pose problème à la CGT. Il envisage d' "étendre le champ d’application de l’article 441-8 du code pénal", dont la dernière version remonte à la loi Cazeneuve de mars 2016. 
Cet article sanctionne l’utilisation du titre d’identité ou de voyage d’une autre personne "aux fins d’entrer ou de se maintenir sur le territoire de l’espace Schengen", mais ne précise pas ce qu’il en est pour les personnes qui recourent à un alias afin de travailler. Comme si c'était une circonstance atténuante !
"A l’époque, on nous a dit que cet article était là pour cibler le passage des frontières dans le cadre de la lutte antiterroriste, mais que ça ne concernait pas le travail", se rappelle Marilyne Poulain. 

Mais le Gisti trouve  à redire contre l’article 16-II de la loi à venir qui évoque l’extension de l’article 441-8 "aux cas d’usages frauduleux qui permettent […] de se maintenir [sur le territoire] et, dans la plupart des cas, d’y travailler". 
Cette disposition indispose les défenseurs des travailleurs clandestins et partisans de la libre circulation des travailleurs originaires de pays étrangers à l'Union européenne. 

Une certaine presse considère que l'avis partisan du Gisti doit prévaloir.
Violaine Carrière "ne comprend pas" en quoi l’article 441-8 empêchait jusqu’à maintenant de poursuivre quelqu’un recourant à un alias pour travailler. Elle dit n’avoir aucun souvenir d’avoir déjà vu cet article utilisé en ce sens. D’où son questionnement : "Y a-t-il une vraie volonté politique d’empêcher les gens de se déclarer quand ils travaillent ?" 
"On nous dit qu’ils pourront toujours être régularisés", doute Marilyne Poulain, dénonçant aussitôt qu' "un tel article dotera un employeur d’une arme énorme" envers un travailleur qui souhaiterait obtenir un formulaire de régularisation. L’article 441-8 prévoit cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende. 

Mardi, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a demandé au ministère de l’Intérieur et à l’Elysée des discussions sur le sujet. 
Le syndicat d'extrême gauche accuse cet article qui "correspond à la logique du tri entre "bons" et "mauvais" migrants" défendue par Gérard Collomb en faveur des salariés français plutôt que des nouveaux demandeurs en situation irrégulière, de surcroît. 

Dimanche, le ministre de l’Intérieur défendait sa politique en répondant, aux personnes qui "disent 'on n’a pas besoin de faire un tri, on ne doit pas choisir entre ceux qui ont besoin de l’asile et les migrants économiques' " : "Si. On est obligé de le faire parce qu’à un moment donné, nous ne pourrons pas donner un avenir à tout le monde."

samedi 16 janvier 2016

Fraude à la TVA: 4 millions de manque à gagner pour Bercy et de trop payé par les contribuables

Les douanes mettent au jour une fraude à la TVA de 4 millions d'euros

Les marchandises étaient 
écoulées au marché noir en région parisienne
.

Le dirigeant de la société qui prétendait les importer pour les revendre aux Pays-Bas est incarcéré en Espagne.  La fraude à la TVA mise au jour par les douanes s'élèverait à plus de 4 millions d'euros et n'impliquerait qu'une seule entreprise, ont annoncé vendrediles ministres des Finances et du Budget dans un communiqué commun. Jamais à cours de langue de bois populiste, Michel Sapin et Christian Eckert "félicitent les enquêteurs de la Direction nationale du Renseignement et des enquêtes douanières (DNRED)" qui, à l'issue de deux ans d'investigations, viennent de déceler cette fraude. 

Une fraude à l'échelle européenne 

Les fraudeurs étaient supposés faire de l'import-export entre la France et les Pays-Bas, mais la marchandise restaient dans l'hexagone sans payer la TVA en France, puisqu'elle était censée la payer dans le pays de destination. "En réalité, les marchandises, composées d'articles de très faible qualité, d'articles de bazar (bijoux fantaisie, "chouchous" pour cheveux...) et de textiles divers (foulards, robes, T-shirts,...) ne quittaient pas le territoire français et étaient revendues au marché noir en région parisienne, échappant ainsi à tout paiement de TVA", ont indiqué les deux ministres. 
"La société incriminée s'est avérée être le pivot d'une fraude à l'échelle européenne. Son dirigeant est aujourd'hui incarcéré en Espagne pour avoir fraudé, selon le même mode opératoire, pour un montant de plus de 100 millions d'euros", selon le communiqué. 

350 millions d'euros de fraude en 2014 
En 2014, la douane française a redressé 356,9 millions d'euros de fraudes douanières et fiscales contre 322,7 millions d'euros l'année précédente. Il s'agit du meilleur résultat jamais réalisé dans ce domaine, ont souligné les ministres. Sur ce total, 143,9 millions portaient sur des fraudes à la TVA du type de celle pratiquée par la société incriminée.

Les repentis fiscaux rapporteront 2,4 milliards d'euros à l'État en 2016

En 2015, l'État compte récupérer 2,65 milliards d'euros
- déjà inscrits dans son projet de loi de finances pour 2016 - grâce aux régularisations de personnes détenant un compte bancaire non déclaré à l'étranger, dont 85% étaient domiciliés en Suisse, a précisé le secrétaire d'État au Budget Christian Eckert, lors d'une visite au pôle déconcentré de régularisation des avoirs (inférieurs à 600.000 euros) détenus à l'étranger, situé à Saint-Germain-en-Laye, près de Paris, l'un des sept pôles interrégionaux sur toute la France à partir du 1er juin 2015.

Relativisons ce coup de filet.
L'Expansion (groupe L'Express) recopie une dépêche AFP qui omet un détail: les fraudes à la TVA représentent en fait un manque à gagner de 17 milliards d'euros chaque année, selon Bercy qui aurait réévalué à la hausse le manque à gagner lié à la fraude, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui en France.
.
Et pas question que la droite de retour au pouvoir en profite en 2017. Les contribuables concernés savent "que, s'ils ne viennent pas maintenant, demain ça sera plus dur", prévient le ministre Sapin.

vendredi 19 décembre 2014

Paris: Anne Hidalgo demande la régularisation de 500 sans-papiers

La maire PS ne veut pas que du bien aux Parisiens

La maire socialiste aspire les sans-abri et mal-logés

Un premier dommage collatéral du discours de François Hollande au Musée de l’histoire de l’immigration: la maire  de Paris a pris sa belle plume pour rédiger une lettre expresse qu'elle a postée dès le lendemain. Mardi 16 décembre, pure coïncidence fortuite, aux dires de son entourage, Anne Hidalgo a adressé  un courrier à Bernard Cazeneuve, le ministricule de l’Intérieur, appelant le gouvernement à régulariser la situation d’ "environ 500 personnes" afin de "stopper l’embolie de l’hébergement" d’urgence.

Trop de sans-papiers n’ont pas de toit à Paris, malgré une ministre Europe Ecologie-les Verts pendant deux années. Il s’agit d’"une situation aberrante" d’un point de vue "humanitaire" et "budgétaire", commente cette Mme Germain, son nom de femme mariée au frondeur prénommé Jean-Marc et proche de la Ch'tite Aubry, maire PS de Lille. Et ce courrier est cosigné des représentants de tous les groupes de sa majorité, PS, EELV, PCF-Front de Gauche et PRG.

La lettre invoque "la saturation" de l’hébergement d’urgence. 
"Entre 2.500 et 3.500 personnes dorment dans les rues parisiennes", avoue A. Hidalgo. Dans ce contexte, "maintenir des personnes en centre d’hébergement ou à l’hôtel, alors que certaines pourraient travailler, trouver un logement, accéder à des dispositifs d’insertion de droit commun, est coûteux, pour la collectivité dans son ensemble." 
La maire ignorerait-elle qu'elle dispose d'un gisement de logements sociaux inexploité par la Ville de Paris ou attribués à des nantis?

9.000 en centres d’urgence, 14.000 en hôtels sociaux

Après 13 ans de gestion socialiste de Paris par Bertrand Delanoë, 9.000 personnes dorment aujourd’hui dans les centres d’urgence et 14 000 dans des hôtels sociaux avec une prise en charge par la collectivité, précise le cabinet de la maire socialiste. La maire trouve que les indigents coûtent trop cher: les familles hébergées reçoivent une allocation de la ville et une nuit dans un hôtel coûte en moyenne 17 euros par personne, soit 2.600 euros par mois pour cinq personnes, a-t-elle calculé. "Le coût est bien supérieur à un loyer dans un logement pérenne", découvrent à point nommé ses services.

La maire de la capitale exige du gouvernement qu'il prenne ses "responsabilités "Elle veut que soient examinées des demandes de régularisation concernant la situation" de personnes qui sont "en zone grise : en séjour irrégulier, mais non expulsables dans les faits"
Parmi les quelque 500 individus qui pourraient être régularisés, Hidalgo repère, d’une part, des personnes "vulnérables" qui, parce qu’elles sont "âgées", " malades" ou handicapées, ne peuvent être reconduites dans leur pays d’origine, ainsi d’autre part, que des personnes qui "ont amorcé une trajectoire d’insertion par le travail" : des "jeunes scolarisés" ou des adultes "ayant des promesses d’embauche". Il y a enfin les étrangers en France "depuis des années" qui ont connu l’"errance" et ne peuvent donc fournir toutes "les pièces demandées". Pour ceux-là, la maire de Paris demande une "mise en œuvre bienveillante" de la circulaire sur la régularisation des sans-papiers prise par Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur, le 28 novembre 2012.

Au passage, tout en saluant le projet de loi relatif à la réforme du droit d’asile porté par le ministre de l’intérieur, "Mme Hidalgo", selon la désignation du révérencieux journal Le Monde, estime qu’ "à lui seul, il ne suffira pas à corriger les conséquences des errements du passé". Il s’agit d’ "apporter ensemble, sans délai" des "solutions" pour "débloquer des situations individuelles complexes", insiste-t-elle.
Pour l’instant, le ministère de l’Intérieur s’est contenté d’accuser réception du courrier.

En décembre 2013, l'ancienne ministre
Nathalie Kosciusko-Morizet souhaitait que "les critères d'attribution fassent une meilleure place au travail et à l'intérêt général. Par exemple, les enseignants, les infirmières ou les policiers ont les plus grandes difficultés pour se loger à Paris. Or, il y a une utilité sociale à ce qu'ils vivent à proximité de leur travail", soulignait-elle.
NKM a une approche différente: "Le problème, ce n'est pas de savoir quels sont les logements disponibles mais de savoir comment sont sélectionnées les personnes qui accéderont à ces logements. Qu'est-ce que cela apporte de savoir qu'il y a un logement disponible à tel endroit si vous n'avez aucune visibilité sur le mode de sélection?"

mercredi 29 octobre 2014

Mise en examen d'un ancien secrétaire d'Etat de François Mitterrand, dans l'affaire Rocancourt

Kofi Yamgnane est mis en cause par les juges du Pôle financier de Paris

Une soirée de levée de fonds pour la prochaine élection présidentielle togolaise 
 en 2015 a éveillé les soupçons


"Monsieur Afrique"
du candidat Hollande
Le bénéficiaire de l'opération était le candidat nommé Kofi Yamgnane, ex-secrétaire d’Etat (PS) à l’Intégration dans les gouvernements d’Edith Cresson, puis de Pierre Bérégovoy, de 1991 à 1993. Le bi-national franco-togolais brigue désormais la plus haute fonction dans son pays d’origine.
Kofi Yamgnane n’a pas été ministre dans les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et il n’a pas conservé son poste de conseiller à l’Elysée. Le Franco-Togolais fut pourtant l’un des fidèles parmi les fidèles, dès la première heure, sous la casquette de conseiller aux Affaires africaines du candidat François Hollande, aujourd’hui locataire de l'Elysée.

La scène se passe le 29 janvier, dans le 16e arrondissement de Paris à la fin du discours du candidatMarcel Ceccaldi s’approche du candidat, socialiste et lui présente une certaine Asmaa Kartoubi. Le premier est un avocat spécialisé dans la défense des chefs d’Etat africains et la seconde est une Marocaine de 26 ans, sans papiers. A l’invitation de l'avocat français de l'État libyen jusqu'à la chute du régime de Kadhafi, la jeune femme tend une enveloppe à l'ancien ministre de Mitterrand. A l’intérieur, 3.000 euros en liquide. En échange, l’ancien  ministre lui offre un exemplaire de son livre assorti d’une dédicace : "Pour Asmaa, en fraternité, en souvenir de cette belle soirée".


Cette remise d’argent justifie une mise en examen du candidat à la présidentielle togolaise pour "trafic d’influence". Il était en effet convenu que l’ancien ministre interviendrait auprès des plus hautes instances françaises pour obtenir la régularisation de la jeune femme. Pour avoir entrepris les mêmes démarches, contre rémunération, en faveur d’Asmaa et de sa sœur, l’avocat Marcel Ceccaldi, l’ancien chef du GIGN Christian Prouteau et "l’escroc des stars", Christophe Rocancourt, sont déjà mis en examen. Ils encourent une peine de cinq ans de prison et une amende de 500.000 euros.
La justice soupçonne notamment Rocancourt d'avoir tenté, contre paiement, de faire régulariser des situations administratives à partir des titres de séjour. 

Mercredi 29 octobre: 
suspecté de trafic d’influence, le socialiste est placé en garde à vue, puis mis en examen
Lors de l'enquête sur cet éventuel trafic de cartes de séjour que Christophe Rocancourt aurait dirigée, le Franco-togolais est à son tour suspecté de "trafic d’influence".

Les ambitions togolaises de Yamgnane

Août 2014: la ministre Lebranchu éleve
Yamgnane au grade de
commandeur de la Légion d’honneur
pour son "parcours exemplaire"...
En 2003, le Franco-Togolais n'est plus maire de Saint-Coulitz dans le Finistère (députés: Lebranchu et Urvoas) et Yamgnane se brouille avec le président du Togo, Gnassingbé Eyadema. Il est alors déclaré "persona non grata" dans son pays de naissance jusqu'en 2008. 
En 2005, il annonce sa candidature à l’élection présidentielle du Togo, pour finalement se retirer de la course dans le même mois. En 2009, Yamgnane fait à nouveau l'annonce officielle de sa candidature à l'élection togolaise de 2010, mais renonce encore à aller au bout de sa campagne pour se déclarer une fois de plus candidat au scrutin de 2015.

Le candidat a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de rencontrer les autres protagonistes de ce dossier, et devra s'acquitter d'un cautionnement de 3.000 euros. 
L'enveloppe de la compatriote de Najat Vallaud-Belkacem pourra-t-elle changer de destination ?

mercredi 16 octobre 2013

L'expulsion de Leonarda, jeune rom du Kosovo, met le gouvernement Ayrault en péril

Les associations s'opposent à la loi, la gauche radicale s'enflamme et Peillon fustige son collègue Valls

Le ministre de l'Education, Vincent Peillon, a demandé mercredi qu'on "sanctuarise l'école" contre son "camarade" Valls.


Le professeur Peillon a tiré l'oreille du p'tit Valls , lui faisant promettre qu'il ne recommence pas. Demain la fessée déculottée?
La gauche veut-elle la tête de Valls ?

Les conditions d'expulsion de la collégienne Leonarda, une collégienne kosovare, la semaine dernière dans le Doubs, plonge la majorité dans une nouvelle crise politique. Les réactions d'indignation se succèdent contre le ministre de l'Intérieur, très populaire dans l'opinion, mais beaucoup moins au sein de son propre parti.

"Il y a la loi. Mais il y a aussi des valeurs avec lesquelles la gauche ne saurait transiger. Sous peine de perdre son âme", a écrit Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale sur Twitter
Le député socialiste du Nord Bernard Roman a quant à lui qualifié de "rafle" l' expulsion de Leonarda alors qu'elle était en sortie scolaire, revendiquant un "devoir d'insurrection" contre de tels actes. "Je soutiens sans aucun problème la politique et le positionnement de Manuel Valls dans sa tâche de ministre de l'Intérieur. Mais il y a des limites au-delà desquelles on sort du champ de ce qui est acceptable pour la gauche, et là on l'a fait", a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée. "Aller chercher un enfant dans une activité scolaire, ce n'est pas une expulsion, c'est une rafle. Ce n'est pas acceptable" (...). "Si cela avait été la droite, nous l'aurions condamné avec force, ce n'est pas parce que c'est la gauche qu'on ne doit pas le condamner avec force. On n'a pas respecté nos valeurs", a-t-il ajouté.

Deux responsables du PS ont tweeté pour exprimer leur fort mécontentement, l'un d'entre eux se montrant particulièrement incisif à l'encontre du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, en prônant même sa démission du gouvernement. "Manuel Valls qui justifie l'expulsion de #Leonarda ! Quand est-ce qu'on prend une mesure d'éloignement du gouvernement à l'encontre de Valls ?", a lancé Frédéric Hocquard, secrétaire national du PS à la Culture, en réagissant à la reconduite à la frontière de la jeune fille de 15 ans. "Perso, je ne me vois pas rester à la direction du PS si rien n'est fait pour #Léonarda j'en tirerai les conséquences"a appuyé dans un autre tweet Stéphane Delpeyrat, le secrétaire national du PS à la Recherche, évoquant "la goutte d'eau" qui fait déborder le "vase".

Peillon : "Je souhaite que ce genre de situation ne se renouvelle pas"

Dans un registre plus modéré, le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon n'a pu s'empêcher de regretter cette expulsion  "à l'intérieur du temps scolaire". "Le ministre de l'Intérieur est dans son rôle quand il exécute des décisions de justice mais elles doivent être exécutées avec discernement. Et dans ce discernement il y a le respect de ce sanctuaire qu'est l'école", a-t-il déclaré à la sortie du conseil des ministres. "Je souhaite que ce genre de situation ne se renouvelle pas", a-t-il  prévenu.



"On ne doit pas aller chercher des enfants à l'école"

En attendant les résultats de l'enquête administrative ordonnée par le gouvernement pour déterminer les circonstances de cette expulsion,
Harlem Désir demande le retour en cours de la jeune fille. "Aujourd'hui, le gouvernement demande une enquête administrative urgente, c'est un premier pas. En attendant, Leonarda doit pouvoir revenir dans sa classe", explique le premier secrétaire du PS. Et avec elle son père accusé de violences conjugales, sa mère et ses quatre frères et soeurs, soit 7 personnes. Une pétition, signée par de nombreux responsables politique de la gauche, a d'ailleurs été mise en ligne pour exiger le retour en France de Leonarda. Sur les faits, Harlem Désir estime que "les conditions de l'interpellation de cette jeune collégienne sont choquantes, pendant une sortie scolaire, devant les autres enfants".

Le porte-parole du PS, David Assouline , qualifie également de choquantes les conditions dans lesquelles cette élève de 3e a été remise à la police : "Faire descendre d'un bus par les forces de l'ordre une élève devant l'ensemble de ses camarades de classe est insupportable et inacceptable", a-t-il estimé. 

Invité mercredi matin sur i>Télé, le député de Seine-Saint-Denis (comme Bartolone...) Bruno Le Roux s'est également élevé contre les conditions d'expulsion de la jeune Kosovare. "On ne doit pas aller chercher des enfants à l'école", a déploré le député socialiste. Cette expulsion aurait dû "être différée", selon lui. "Il faut avoir quelques principes : il y a les textes, il faut avoir quelques capacités de discernement", a précisé l'élu.


Même agacement de la part de Sandrine Mazetier sur LCI. Selon la députée et secrétaire nationale du PS en charge de l'immigration fait valoir que cette famille aurait pu, dans quelques jours, déposer une demande de régularisation. Elle accuse, quant à elle, le préfet du Doubs d'avoir manqué de discernement.




Valls demande à ce "que chacun garde son sang-froid"

Pour calmer les esprits, Manuel Valls a lancé ce mercredi une enquête administrative sur les "conditions d'éloignement" de la jeune Leonarda. "J'ai vu qu'il y a une polémique que je crois stérile, inutile", a déclaré-t-il. Il demande par ailleurs "que chacun garde son sang-froid". En marge d'un déplacement à Lorient, il recommande d'attendre le rapport de l'inspection générale de  l'administration qui doit se pencher sur le sujet. "Ne doutez pas un seul  instant que les règles de droit public sont appliquées avec intelligence, discernement, humanité (...) par mes services", a-t-il ajouté.
Le porte-parole du ministère de l'Intérieur a lui aussi tenté de légitimer l'action des forces de l'ordre. Interrogé sur LCI, Pierre-Henry Brandet a assuré que dans cette affaire, "le respect du droit des étrangers a été total". Selon lui, l'expulsion "a été faite en concertation avec un membre de son comité de soutien", précisant que l'opération s'était faite "dans les conditions les plus sereines possibles". "On est venu chercher cette jeune fille dans le bus, on ne l'a pas arrachée à ses camarades", explique le porte-parole. Il a reconnu toutefois que "ce sont des situations traumatisantes".
Enfin, malgré la colère qui monte dans les rangs socialiste, le président Hollande se tient bravement à distance de la mêlée. "Il y a des divergences d'appréciation sur la façon dont les choses se sont réellement passées (...). Il nous appartient d'y voir plus clair avant de commenter les faits", a rapporté la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.

mardi 26 février 2013

Sans-papiers: Besancenot au panier à salade

Valls fait embarquer Olivier Besancenot

Manifestants anti-français
Tunis, 16 février 2013
Le meneur du parti trotskiste NPA (Nouveau parti anticapitalistique) manifestait au côté de membres d'un collectif de défense des immigrants illégaux près du ministère de l'Intérieur ce matin à Paris. 
L'ex-candidat à la présidentielle a été embarqué dans un fourgon de police peu après 11h00, après avoir participé à une action du Collectif "Faut-il mourir pour avoir des papiers", un rassemblement spontané place des Saussaies (VIIIe) qui se trouve aux abords du ministère de l'Intérieur et non loin de l'Elysée. 
A quoi serviraient-ils à des clandestins morts d'avoir des papiers ?
Ce collectif est né cet hiver dans la région parisienne en soutien aux sans papiers de Lille engagés dans une grève de la faim sur le parvis de l’église Saint Maurice de Lille. Avec le soutien du Comité des sans papiers 59 (CSP 59), ils réclamaient le droit de déposer leurs dossiers de régularisation.
Leurs soutiens ?
NPA, Droits Devant !, Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), Parti des Indigènes de la République (PIR), Union des Travailleurs Immigres Tunisiens (UTIT), Femmes plurielles, Sortir du Colonialisme (SDC), FTCR, Fédération des Travailleurs Africains en France (FETAF), Fédération SUD ÉducationFASE (Fédération pour une alternative sociale et écologique, PCF), l’Union syndicale Solidaires, comité de soutien marseillais aux grévistes sans papiers Lillois, Collectif de soutien aux sans-papiers de Figeac, La Marmite aux Idées (Calais), MRAP.

Selon Besancenot, les manifestants et lui devaient être emmenés rue de l'Evangile dans le XVIIIe arrondissement...
Les manifestants réclamaient "la régularisation et l'installation de tous les sans-papiers", en France plutôt qu'en Tunisie, Algérie ou Turquie. En janvier, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a prévenu qu'il exclut toute régulariseration de sans-papiers sous la pression.

Une provocation donc des communistes révolutionnaires.
Et le droit de vote aux étrangers ?