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jeudi 31 janvier 2019

Loi "anticasseurs": les députés votent des interdictions administratives de manifester

L'Assemblée nationale a décidé mercredi de donner la possibilité aux préfets de prononcer des interdictions de manifester

Cette disposition "liberticide"  de la proposition de loi "anticasseurs"
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La mobilisation violente de l’extrême gauche radicale contre Emmanuel Macron a servi les projets du président
Les députés LREM votent un nouveau délit de dissimulation du visage lors des manifestations.
C'est l'une des mesures de la proposition de loi "anti-casseurs" voulue par la  majorité présidentielledans la nuit du mercredi 30 au jeudi 31 janvier 2019, suite aux saccages menés par les Black Bloc sur les Champs-Élysées, le 24 novembre 2018.
Ce nouveau délit de dissimulation volontaire (totalement ou partiellement) sera assorti d'une peine d'un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende.

Dans la majorité présidentielle, les socialistes renégats se mordent les doigts, tandis que l'un des leurs, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner prétend qu'"il ne faut pas caricaturer" cet article 2 et soutient qu'"en aucun cas, il ne s'agit d'autre chose que de garantir le droit de manifester"Ce texte de privation des libertés suscite la colère de l'opposition et agresse une partie la majorité présidentielle, notamment ses élus LREM venus du Parti socialiste. 
La gauche (PS, PRG, écologistes, DVG) est de loin la plus représentée des tendances avec 126 députés dont... 83 ont été élus (ou ont eu une activité partisane) sous la bannière socialiste !Et, au total, sept ministres sont issus de la gauche.
Macron renforce l'arsenal répressif français.
Ces interdictions administratives préalables s'ajouteront aux interdictions  qui peuvent déjà être prononcées par la justice lors de condamnations. Selon le gouvernement, l’objectif principal du texte est de "lutter contre les armes par destination", en facilitant la recherche des marteaux ou autres boules de pétanque, via l’inspection visuelle des bagages et des fouilles sur réquisition du procureur, représentant du ministère de la Justice. Alors que l’amendement LREM mentionnait des palpations, le gouvernement a supprimé cette mention, admettant qu’elle était superflue, parce que déjà permises.
Par un amendement, le gouvernement a durci la proposition de loi originelle en sorte d'apporter "des améliorations juridiques et opérationnelles", selon les termes du secrétaire d'Etat Laurent Nuñez.

Flou et subjectivité des termes de la loi.
Les préfets pourront prononcer des interdictions de manifester à l'encontre d'individus représentant "une menace d'une particulière gravité [?] pour l'ordre public", sous peine de six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende en cas d'infraction

Des "critères objectifs" ont toutefois été ajoutés: la personne devra avoir commis des "atteintes graves à l'intégrité physique des personnes, ainsi que des dommages importants aux biens" ou encore avoir commis "un acte violent" lors de manifestations précédentes. 

Le préfet pourra restreindre des libertés d'aller et venir : il sera en droit d'imposer une convocation à la personne concernée, afin qu'elle ne se rende pas à la manifestation.
En cas de risque de participation à d'autres rassemblements, a ajouté le gouvernement, le préfet pourra interdire durant un mois maximum - de prendre part à toute manifestation sur le territoire national.

Les personnes "interdites" de manifester pourront faire un recours en urgence devant la justice administrative, donc soumise au gouvernement par le truchement des préfets, a précisé un amendement de la rapporteure Alice Thourot (LREM), une avocate drômoise de 33 ans, fille de cardiologue mais spécialisée dans le droit de l'immobilier et de la construction.

Les personnes "interdites" seront fichées.
Un sous-fichier des personnes recherchées (FPR) est créé à leur intention. La proposition de loi prévoyait initialement un fichier dédié, mais Castaner a vanté le FPR, accessible depuis le terrain, sur les tablettes des forces de l'ordre. "La fiche tombe dès qu'elle est inactive", a-t-il aussi affirmé aux opposants au "fichage". "Inactiver" ne veut pourtant pas dire "effacer", "supprimer"...

Les réactions sont vives de toutes parts

Les Républicains sont débordés sur leur gauche.
Ils ont défendu une mesure plus modérée d'interdiction qui "va faire progresser la sécurité de nos concitoyens, des forces de l'ordre et des manifestations", mais ne s'exposait pas à la dénonciation d'atteinte aux libertés. Les sénateurs LREM avaient d'ailleurs voté contre l'adoption du projet Retailleau en octobre dernier. Aujourd'hui, la majorité présidentielle va plus loin dans la répression préventive.
Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a dénoncé un texte LREM qui "ne va ressembler à rien". "Des manifestants, quand ils battent le pavé, sont menacés. Ils ont droit de manifester paisiblement", a déclaré le sénateur à Sonia Mabrouk sur Europe 1, mardi soir.


Bruno Retailleau avait milité pour une définition stricte d’un délit de dissimulation du visage lors des manifestations. "Dans notre droit pénal, vous devez vous assurer qu’il y a un lien entre l’identité de la personne et l’acte commis. Mais quand vous vous dissimulez, quand vous portez une cagoule, vous n’arrivez plus à avoir ce lien. Il y a eu plusieurs milliers d’interpellations pour seulement une centaine de mandats de dépôt. Il y a un vrai problème. Si la personne vient dissimulée, ce n’est pas parce qu’elle a froid", a-t-il observé.
Ce délit de dissimulation volontaire du visage a été redéfini par les députés. Les parlementaires ont précisé que le port d’un casque ou d’une cagoule ne suffira pas pour entraîner une condamnation, mais qu’il faudra démontrer l’intention du manifestant de participer à des troubles. Cette loi "anti-casseurs" est étudiée jusqu’à mercredi par l’Assemblée, avant un vote solennel le 5 février.

La gauche est aussi montée au créneau contre la mesure sur les interdictionsElle dénonce des "lettres de cachet" (PS) ou une "loi de circonstance" (PCF) voulue par le président Macron instrumentalisant des violences en marge des mobilisations de "gilets jaunes" pour s'attaquer "aux libertés fondamentales de tout un peuple" et introduisant de l'arbitraire dans le droit communmesure permise dans le cadre de l'état d'urgence (LFI).Ces derniers ont épinglé une future "loi anti-cagoule" dans la lignée du "décret anti-cagoule" pris sous Nicolas Sarkozy, le 20 juin 2009.
Ce texte de 2009 punissait déjà d'une amende maximale de 1.500 euros (3.000, en cas de récidive) "le fait pour une personne, au sein ou aux abords immédiats d'une manifestation sur la voie publique, de dissimuler volontairement son visage afin de ne pas être identifiée dans des circonstances faisant craindre des atteintes à l'ordre public".
Au moment de son annonce,
plusieurs syndicats de police avaient émis des doutes sur l'application réelle de cette mesure. "Il sera quasiment impossible d'aller chercher les gens cagoulés au cœur d'une manifestation", estimait Fabrice Ribeiro, secrétaire général adjoint du syndicat d'officiers Synergie. Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue de droits de l'homme, dénonçait, pour sa part, "une mesure grotesque qui va créer plus de problèmes qu'elle n'en résoudra". Ce décret suggéré par le ministère de l'Intérieur. faisait suite aux violences et exactions commises par les Black Bloc et antifa de l'extrême gauche anarcho-révolutionnaire, à l'occasion du sommet de l'OTAN à Strasbourg, en avril.
La publication de ce décret intervenait alors que la proposition de loi du député UMP Christian Estrosi, pour créer notamment un
délit de "participation à une bande violente" aggravé en cas de dissimulation du visage, avait été adopté dix jours plus tôt, le 10 juin, par la Commission des lois. 
Le Rassemblement national s'y est également opposé, critiquant un calque des interdictions de stade pour les hooligans, alors que la liberté de manifester est d'un niveau supérieur.

"On se croit revenu sous le régime de Vichy", s'est exclamé Charles de Courson (Libertés et territoires, 16 députés), un brin ironique suscitant de vives protestations qui ont reconnu l'allusion à la "peste brune" évoquée dès novembre par Gérald Darmanin pour stigmatiser l'ensemble du phénomène Gilets jaunes, en écho au président Macron qui, le 1er novembre 2018, s'était autorisé un amalgame malencontreux avec "les années 30"... Mais une évocation prémonitoire de cette loi.

Dans les rangs LREM, quelques voix se sont également élevées faiblement pour réclamer la suppression de l'article.
Quelques députés qui ne marchent pas tout-à-fait droit ont défendu en vain des amendements pour un meilleur encadrement. 
Cette loi manque de "garde-fou", selon Delphine Bagarry, député des Alpes-de-Haute-Provence et médecin-urgentiste. Investie par le Parti socialiste en décembre 2016 pour les élections législatives de 2017elle a pratiqué la valse des étiquettes en sentant s'effondrer le PS et a décidé de monter En marche ! en mai 2017, comme elle a préféré s'établir en cabinet libéral.
Sans entrevoir la dérive actuelle, l'ex-socialiste et conseiller auprès des ministres du Logement Sylvia Pinel et Emmanuelle Cosse, Aurélien Taché s'est aussi inquiété de ce que pourrait en faire un pouvoir autoritaire. Ce trentenaire aux fortes convictions a pourtant mis son passé militant à l'UNEF dans sa poche pour déserter et rejoindre En Marche! 

De son côté, le MoDem a plaidé pour une condamnation pénale préalable de la personne.
Sur proposition de l’ex-magistrate Laurence Vichnievsky (MoDem), les députés ont modifié la définition qu'ils avaient trouvée en commission et que plusieurs, y compris à droite, trouvaient "inapplicable". Le juge devait en effet prouver l'intention de la personne portant un casque ou une cagoule de participer à des troubles. Dans la nouvelle rédaction,
la charge de la preuve est renversée et ce sera au manifestant d'apporter un "motif légitime" à la dissimulation de son visage. Tout en se disant "réservée" sur l’apport de l’article voté, Laurence Vichnievsky l'a voté.

jeudi 19 mai 2016

Valls accuse les services d'ordre des syndicats FO et CGT de violences contre la police

Manuel Valls ouvre les hostilités avec les syndicats

L
a "pertinence" des manifestations contre la réforme du Code du travail interpelle le chef du gouvernement
 

Les "pacifistes" de Nuit Debout sont de la fête
Jeudi, au lendemain de l'agression de deux policiers pris à parti dans leur voiture incendiée par des "antifa",   



Valls a dénoncé des 
violences sans rapport, selon lui, avec la contestation syndicale, 
alors que la CGT et FO estiment que "le match n'est pas fini," malgré la faiblesse des dernières mobilisations.

Une nouvelle journée d'action - manifestations, grèves, blocages, barrages... - est prévue ce jeudi en France 

La loi Valls agite les travailleurs et les partisans du dialogue qui se dressent contre le projet Valls de réforme du code du Travail porté par sa ministre-kamikaze du Travail, El Khomri. Adoptée sans vote  en première lecture la semaine dernière à l'Assemblée après le recours par le gouvernement à l'article 49.3 de la Constitution.

La circulation des trains, déjà entravée mercredi par une grève à la SNCF, et des avions au départ de l'aéroport d'Orly, près de Paris, reste perturbée.
En moyenne, 50% des liaisons TER et 40% des Intercités devaient être assurées, ainsi que deux TGV sur trois. En Ile-de-France, trois RER sur quatre et six Transilien sur dix devaient circuler. Dans l'aérien, 15% des vols sont annulés au départ d'Orly, selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Les routiers ont de nouveau mené des blocages en régions, notamment des barrages filtrants dans la zone de Fos-sur-Mer et de Lavéra (Bouches-du-Rhône). En Gironde, une soixantaine de routiers bloquaient l'accès à la plate-forme logistique de Cdiscount (Groupe Casino), à Cestas.

Manuel Valls a accusé la CGT et FO d'"attiser les inquiétudes" avec des "contre-vérités"

"Nous ne pouvons tolérer ces barrages", a lancé le socialiste à propos notamment  de la rémunération des heures supplémentaires.

Le pouvoir mise sur un essoufflement du mouvement syndical
"Ce n'est pas la première fois qu'un gouvernement dit rester droit dans ses bottes. Ça peut changer. Le match n'est pas fini", a répliqué sur France Inter, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO), qui continue de réclamer avec son homologue de la CGT le retrait de la réforme.

"Il faut que cette colère soit entendue par le président de la République qui a une posture de fermeté. Il faut absolument que les salariés continuent à protester", a dit Philippe Martinez (CGT) sur RFI. "La structure du texte reste inacceptable. Il faut reprendre à zéro", a-t-il insisté.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a vu un "essoufflement" des manifestations.
Il appelle les syndicats à "prendre leurs responsabilités" dans un climat de tension et de violences aigu, en raison de l'infiltration systématique, désormais, de soi-disant "casseurs" dans les cortèges, en fait des agitateurs politiques d'extrême gauche.
"Je ne vois pas quel est véritablement le but aujourd'hui" des manifestations, a raconté Valls.

Alors que des auditeurs le pressaient de prononcer l'interdiction des manifestations, il a répondu : "Ça ne peut pas être mon rôle; manifester est un droit constitutionnel".

"Jeunes" activistes trotskistes
"Je ne confonds pas ceux qui manifestent avec les casseurs", mais "je pense qu'il faut aujourd'hui que les syndicats (...) prennent leurs responsabilités", a-t-il poursuivi.

"Si à chaque manifestation il y a aujourd'hui des casseurs, on doit s'interroger sur la pertinence d'un certain nombre de ces manifestations", a-t-il dit après avoir évoqué l'agression de policiers mercredi à Paris en marge d'une manifestation de membres des forces de l'ordre contre la "haine anti-flic", amalgamée par les anarcho-révolutionnaires à la haine antifasciste.

Valls met en cause les services d'ordre des syndicats

Le Premier ministre a promis des "sanctions implacables" envers les contre-manifestants qui ont incendié une voiture de police et tenté de régler leur compte aux fonctionnaires.

Selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, quatre hommes, dont trois avaient fait l'objet d'une interdiction de manifester, ont été interpellés et placés en garde à vue, mais cette interdiction de récidivistes identifiés comme violents a été cassée par la justice administrative.



Des listes noires, mais aucune dissolution de groupes 'antifa'
"Des listes de noms vont être de nouveau décidées pour empêcher encore une fois un certain nombre d'individus de se rendre à des manifestations", a dit Manuel Valls, en espérant que la justice administrative confirme "cette fois-ci" la mesure: une incitation claire du pouvoir exécutif sur le judiciaire.

A Rennes, la police a interpellé jeudi matin 19 "personnes" au visage dissimulés avec des cagoules dans plusieurs stations de métro de Rennes, alors qu'ils tentaient de dégrader des systèmes permettant aux rames automatiques de circuler.
Le 8 avril 2009, la gauche avait contesté la loi anti-cagoule, comme inadaptée à la protection de la vie.
Le député UMP Didier Julia avait déposé une proposition de loi visant à "interdire", comme en Allemagne, "le port de cagoules et de tout autre moyen de masquer le visage lors de manifestations ou attroupements". Cette initiative du député de Seine-et-Marne se justifiait par les violents incidents survenus à Strasbourg, en marge du sommet de l'OTAN, imputés à des membres encagoulés des "Black blocs". 
Terme provenant de la Stasi (service de police politique, de renseignements, d'espionnage et de contre-espionnage de la République démocratique allemande (RDA), le Black Bloc désigne autant une tactique de manifestation, qu'une forme d'action collective par des groupes d'anarchistes ou d'autonomes, cagoulés et vêtus de noir, s'attaquant aux symboles de l'État (la police) et de la société capitaliste (les agences bancaires). Pour justifier leurs interventions parfois violentes face à la mondialisation libérale, les militants anarcho-révolutionnaires soutiennent que le capitalisme est infiniment plus destructeur qu'aucune de leurs actions directes, récusant toute hiérarchie ou intermédiaire de personnalités politiques ou syndicales.
Le PS ne s'oppose pas à l'interdiction de la burqa, mais combattit la vidéosurveillance et ce qui devint  le "décret anti-cagoule" de François FillonL'interdiction de dissimuler volontairement son visage lors d'une manifestation publique a été officialisée le samedi 20 juin, avec la publication d'un décret du premier ministre au Journal officiel. Le texte punit d'une amende maximale de 1.500 euros "le fait pour une personne, au sein ou aux abords immédiats d'une manifestation sur la voie publique, de dissimuler volontairement son visage afin de ne pas être identifiée dans des circonstances faisant craindre des atteintes à l'ordre public". Ce décret prévoit une amende de 3.000 euros en cas de récidive.Il ne restait plus à l'Etat-PS qu'à appliquer la réglementation...
A Nantes, la préfecture de police a décidé dès mercredi d'interdire la manifestation de jeudi après de nombreux épisodes de violence lors des défilés contre la loi Travail.

Manuel Valls pointe les services d'ordre des syndicats

Il reproche aux nervis de la CGT et de FO qui se sont faits prendre


Ils ont en effet créé la polémique en s'armant de battes ou de manches de pioche lors des récents rassemblements. Il souhaite qu'ils prennent "avec le soutien de la police, toutes les mesures pour empêcher ces casseurs de se mêler à la foule des manifestants".


Philippe Martinez (CGT) et Jean-Claude Mailly (FO) ont joué le double-jeu en exprimant leur inquiétude face aux violences, dont leurs gros bras se sont rendus coupables, et ont en même temps interpellé l'Etat. Ainsi le dirigeant de la CGT a retourné au gouvernement une phrase toute faite dont il abuse depuis plusieurs semaines: "le service d'ordre prendra ses responsabilités". "En même temps, on voit bien du côté des forces de l'ordre des choses qui ne vont pas. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités. C'est en marge des cortèges qu'il y a des problèmes."

mercredi 20 mars 2013

Far West parisien: une bande de voyous prend un RER d'assaut

Une vingtaine de jeunes attaquent un RER à Grigny, Essonne

Une bande d'au moins une vingtaine de voyous a attaqué une rame du RER D samedi au niveau de la gare de Grigny-Centre
(Essonne)

Août 2010 

Vers 22 heures, entre 20 et 30 jeunes casseurs ont fait irruption dans la rame et s'en sont pris aux usagers -tous des nantis- pour les forcer à leur remettre portables et argent. 

Une dizaine de personnes ont été agressées

Un raid rapide et violent.
"J'étais dans le RER en direction de Corbeil-Essonnes, et à Grigny nous avons entendu beaucoup de bruits et de cris et nous avons vu des gens courir sur les quais", a déclaré un jeune homme sous couvert d'anonymat. 

Après avoir tiré le signal d'alarme, les jeunes, qui avaient le visage dissimulé, sont passés de wagon en wagon et ont attaqué "le plus de monde possible", a-t-il expliqué.
Des cagoules et les capuches ?

"Moi, j'ai pris un coup de poing et du gaz lacrymogène dans les yeux. Ils ont arraché le sac à main de mon amie et m'ont pris mon argent. C'était rapide, violent et cela avait l'air très organisé", a ajouté ce jeune homme, étudiant à Evry.


"Cela ressemble à une attaque de diligence de l'époque moderne , a estimé un policier. De cette ampleur, ce n'est pas habituel."

Le commissariat de Juvisy-sur-Orge a été chargé de l'enquête.
Une dizaine de plaintes avaient été déposées au commissariat de Juvisy, sur la trentaine de victimes présumées.
Extrait du journal Le Monde
(19 mars 2013, par Olivier Razemon)

La loi dite Loi cagoule avait été raillée par la gauche 


Mediapart la présentait comme "une loi illustrant l’active politique de communication que mène le Président Sarkozy
autour des questions de sécurité." Le site trotskiste lui opposait alors l’impossibilité d’appliquer cette loi selon des"spécialistes", tel Michel Marcus (magistrat honoraire, expert en sécurité urbaine à Paris), et faisait valoir le bilan de la loi réprimandant les regroupements de personnes dans les halls d’immeuble pour laquelle moins de 120 poursuites devant les Tribunaux ont été lancées. Elle avait pourtant ce mérite, lorsque la menace était réelle et, malgré la caricature qui en était faite, non pas de viser l'éradication de tout rassemblement, même tranquille, mais de ne pas priver la police et la justice des moyens de ramener la paix civile dans les quartiers. Mediapart décriait le " prétexte de ces incriminations pour fournir une couverture procédurale au bras armé, qu’est la police."

L'opposition a fait pression sur le législateur pour que la loi ne soit pas votée.
 
L'interdiction de dissimuler volontairement son visage lors d'une manifestation publique a été officialisée, samedi 20 juin 2009, avec la publication d'un décret du premier ministre au Journal officiel.

Le texte punit d'une amende maximale de 1 500 euros "le fait pour une personne, au sein ou aux abords immédiats d'une manifestation sur la voie publique, de dissimuler volontairement son visage afin de ne pas être identifiée dans des circonstances faisant craindre des atteintes à l'ordre public". Ce document, aussi connu sous le nom de "décret anti-cagoule", prévoit une amende de 3 000 euros en cas de récidive. Il ajoute que des exceptions sont prévues, notamment pour les "manifestations conformes aux usages locaux ou lorsque la dissimulation du visage est justifiée par un motif légitime".
"Les bandes, un phénomène plus spectaculaire que dangereux", assurait Markus,  le 25 février 2012 à Atlantico : "Il est toujours impressionnant d’imaginer deux groupes d’une vingtaine de jeunes qui se rencontrent pour se taper dessus à coups de barre de fer. Cela fait réfléchir. Mais on oublie de dire que c’est tellement rare que ce phénomène n’est pas si inquiétant que ça." Mais qu'a-t-il à ajouter cet expert quand une bande de forcénés s'en prend maintenant, non plus à une bande rivale, mais à des travailleurs des banlieues ?
 
Un bilan partiel de l'opposition de la gauche peut aujourd'hui être dressé

Le 3 février 2013 déjà, le TGV Marseille-Nice avait été attaqué en plein jour et un samedi après-midi, à hauteur de la cité Air Bel (11e) dans les quartiers nord de Marseille. La presse avait banalisé l'interruption du traffic ferroviaire en la présentant comme un ..."divertissement." Explication de la thèse: la scène avait été filmée ! Les "tournantes" aussi sont souvent filmées: s'agit-il également de divertissement ? Parmi les dix "artistes" arrêtés, huit ont été mis en examen, notamment pour "destruction ou détérioration d'un bien appartenant à l'autorité publique, entrave à la circulation ferroviaire et vol en réunion". Le plus jeune était âgé de 13 ans et demi et le plus "adulte", de 36 ans, qui a évoqué "un mouvement spontané, dans un souci ludique et artistique". Tous ne sont pas des "intermittents du spectacle" et le prochain de ces instants privilégiés sera-t-il un "casse" sanglant?

Les précédents récents

En juillet 2011, un TER a heurté un barrage avant qu’un train de marchandises ne soit pris d’assaut par une vingtaine de voyous. Le train régional express effectuait la liaison Marseille-Miramas par les quartiers Nord de Marseille. A croire que les Marseillais sont des cinéphiles avertis et revisitaient la célèbre attaque du train postal Glasgow-Londres. La seule ressemblance avec le vol de 1963 réside dans le nombre de participants à l’attaque : une petite vingtaine. Le chiffre d'or chez les fadas. Mais, pour ce qui est du butin, il était bien inférieur aux 2,6 millions de livres sterling dérobés à l’époque (environ 70 millions d’euros).
Dans le quartier de la Calade, des chariots de supermarché ainsi que des poutres en fer et des plaques de béton avaient été déposées sur les rails. Le TER heurta un caddie et s'immobilisa. La bande d'encagoulés munis de barres de fer, tenta de pénétrer dans le TER. " C’est curieux, car on ne peut pas ouvrir les portes de l’extérieur ", explique un policier. Arrive alors un train de marchandises, affrété par la société Euro Cargo Rail. Les agresseurs forcent trois wagons, et dérobent une dizaine de cartons avant de s’enfuir, échappant ainsi à la police. Le butin ? " De la marchandise de grande consommation sans aucune valeur ", expliqua la chargée de communication de la société de transport de fret, qui minimisa l’incident. Il s’agissait de vêtements destinés à des grandes surfaces.

Les agressions de ce type sont loin d’être isolées. 

La série phocéenne a débuté en 2004, toujours dans le cadre des quartiers Nord de Marseille, petites circonscriptions gâtées des députés PS Christophe Masse et  Sylvie Andrieux. La dernière attaque de train remontait au 25 juin 2008. Un train de marchandises avait alors été stoppé entre la zone portuaire et une cité du 15e arrondissement (Henri Jibrayel, PS) par des conteneurs de gravats et des blocs de béton. Des malfaiteurs avaient ensuite fouillé une dizaine de wagons et s’étaient emparés de matériel informatique.

Deux mois plus tôt, le 24 avril 2008
, un train de marchandises était stoppé par des traverses de bois entre la zone portuaire et les quartiers Nord. Les voleurs cherchaient du cuivre mais étaient tombés sur des coussins Playboy… C’est en tout cas ce que racontera lors de son interpellation l’un d’entre eux, un jeune de la cité du Ruisseau Mirabeau.


La première de ces attaques semble avoir eu lieu le 12 janvier 2004.
Des jeunes avaient immobilisé un train de marchandises pour tenter de le piller, mais sans y parvenir. Ils avaient allumé un important feu près de la voie pour attirer l’attention du conducteur. Ils l’avaient convaincu de s’arrêter en lui faisant des signes. Au final, trois des 24 wagons du train avaient été fracturés.

Nouvel An 2006, attaque du train Nice-Lyon avait créé un grand émoi
Une vingtaine de jeunes excités ont violemment pris à partie plusieurs passagers et le Parquet de Draguignan a ouvert une information judiciaire
pour "vols, menaces et dégradations ". En tout, trois passagers du TER 17 430 ont porté plainte: une étudiante de Besançon de 20 ans, victime d'attouchements sexuels, et un couple de la région parisienne, victime de vols. Ils ont été reçus par le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. 
Lorsque nous sommes montés dans le train, nous avons tout de suite senti que quelque chose n'allait pas. Les voitures étaient bondées, il y avait énormément de jeunes, beaucoup dormaient, mais certains étaient très excités."
La préfecture des Alpes-Maritimes s'était plainte de ne pas avoir été prévenue de l'arrivée de ce TER, dans lequel avait pris place des jeunes qui s'étaient déjà manifestés par leur agitation à l'aller. La SNCF et le Conseil régional ont répliqué que ce type d'opération existait depuis cinq ans. Un contrôleur SNCF a été frappé en gare de Grasse (Alpes-Maritimes) par un jeune, qui lui a fracturé le nez. L'agent contrôlait alors un petit groupe de voyageurs. L'agresseur, sans titre de transport, a été interpellé par la police.
Mohamed Ali Baya a été condamné à six mois de prison avec sursis, mise à l'épreuve et interdiction de SNCF pendant deux ans.
Parallèlement à cette enquête judiciaire, une enquête administrative avait été chargée de pointer les éventuels dysfonctionnements qui ont abouti à cette attaque en règle du train.  
En sorte que ça ne se renouvelle pas ? 
Mais la police et la justice disposent-elles des moyens légaux adéquats?

jeudi 23 août 2012

Sous Valls, la police se radicalise: les Anonymous en font l'expérience

Cinq Anonymous verbalisés à Paris pour avoir porté un masque

Les Anonymous paient le prix de leur anonymat 

Le réseau se dit "libre et ouvert" mais, pour une secte, c'est une contre-vérité.  Le plus souvent, ces activistes non-identifiés portent un masque pour mener des actions en faveur de la liberté d’expression sur Internet ou ailleurs. Le masque s'impose en effet de plus en plus, puisque ces laïcs anti-racistes poursuivent les détracteurs de l'islam radical, comme si cette religion était une "race", terme et réalité pourtant honnis. Mieux, SOS Racisme fait désormais la chasse aux "politiquement incorrects" de la Toile, selon ses critères totalitaires. 

Or, ce mois-ci, le 10 août précisément, 
cinq Anonymous ont été verbalisés pour… dissimulation du visage !   Ils étaient rassemblés au 69, rue Legendre (XVIIe), non loin d’un centre de scientologie, une organisation contre laquelle Anonymous milite tout particulièrement. 

La préfecture de police a reconnu hier que l’infraction " avait été constatée ". Ses services n’ont cependant pas précisé le nombre de PV distribués. D’après le Code pénal (article R645-14), toute personne peut être punie si elle dissimule volontairement son visage pour ne pas être identifiée (décret dit " anticagoule "). 

Le PV (ou les PV) a donc été rédigé. " Libre au verbalisé de le contester ", précisait hier la préfecture de police.
C’est ce que s’apprêtent aujourd’hui à faire les cinq Anonymous épinglés. " On ne se masque pas pour le plaisir ! Si l’on ne montre pas nos visages, c’est parce qu’il y a un risque évident de représailles des scientologues. D’ailleurs cette organisation nous a déjà agressés ", soutient l’un d’entre eux. L’article R645-14 note justement que le texte n’est pas applicable " lorsque la dissimulation du visage est justifiée par un motif légitime "...

La police se radicalise  
Près de deux semaines après les faits, l’un des jeunes hommes en cause s’interroge toujours sur les motifs des policiers. Pourquoi ont-ils eu recours aux PV ? " Depuis plus de deux ans, les relations entre les forces de l’ordre et notre groupe sont plutôt bonnes à Paris ", remarque-t-il. En mars dernier (cf. photo), les Anonymous avaient par exemple manifesté sans difficulté sur le parvis du Centre Pompidou (IVe). Ils étaient masqués, comme à leur habitude. Mais la police n’avait pas dégainé son carnet de PV.

Un nouveau rassemblement prévu samedi aux Batignolles

Qu’est ce qui a changé depuis mars dernier ? 
La bande des cinq Anonymous tente de comprendre. Les policiers auraient-ils voulu marquer le coup après une action menée en début d’année? En janvier, les militants avaient alors mis sur Internet les données personnelles de 541 policiers français. La liste aurait été réalisée à partir du fichier des adhérents du syndicat Unité-Police SGP-FO, premier syndicat des gardiens de la paix. Les manifestants avaient justifié ce piratage par des arrestations de membres présumés de leur groupe en France. 

Les Anonymous ne comptent pas s’arrêter là. 
Près de 200 d’entre eux, toutes nationalités confondues, sont attendus ce samedi encore, vers 15 heures près de l’église des Batignolles. Ils vont à nouveau s’élever contre les abus de la scientologie… toujours masqués.

Toutes les cultures sont-elles équivalentes ?
Les Anonymous partagent leur identité par l'utilisation d'imageboards qui permettent aux initiés de les reconnaître. On compte ainsi un grand nombre de sites d'imageboards partageant sensiblement la même " culture ".