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lundi 11 mars 2019

Grand débat : 4 thèmes n'ont pu être évacués

Le pouvoir macronien devra faire avec, admet Lecornu sur RTL

Le ministre chargé des Collectivités territoriales a eu un premier aperçu des contributions des Français lors du grand débat.

De nouveaux thèmes ont émergé que Macron avait tenté d'écarter.
Le grand débat tire à sa fin, le 15 mars, théoriquement, car Macron veut jouer les prolongations. Ce qui, en même temps, donne un supplément de temps pour traiter les contributions des Français. Le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, a déjà eu un aperçu des demandes des citoyens. 

D'autorité, l'exécutif avait fixé 4 grands thèmes : la transition écologique, la fiscalité, la démocratie et la citoyenneté, l'organisation de l'Etat et des services publics. 

"Quatre autres thèmes ont fait leur apparition", selon Sébastien Lecornu 

Ces thèmes, que Macron avait mis à la porte, sont entrés par la fenêtre et se sont invités, comme Lecornu à RTL. 
"Evidemment, l'emploi et l'économie. C'était assez logique", concède rétrospectivement le ministre. 
"Les questions d'immigration, entendue au sens de l'intégration", a-t-il interprété, renonçant à l'assimilation.
"Le pouvoir d'achat", dont l'affaiblissement, notamment du fait de la taxe gouvernementale sur les carburants, a jeté dans la rue les Gilets jaunes pendant déjà 17 samedi, sans compter quelques dimanches.
Enfin "les questions liées à l'éducation" sont très plébiscitées : "la revalorisation du métier d'enseignant - à la veille de deux scrutins -, la place de l'école, l'accès à l'école dans les milieux ruraux", énumère en termes généraux le visiteur de RTL. 

Malgré l'absence de chiffres précis sur les résultats du grand débat, Sébastien Lecornu arrive néanmoins à dégager de l'écheveau un fil conducteur: "l'accès aux soins", qui s'est imposé en ligne, dans les cahiers de doléances, lors des réunions et des débats entre citoyens et avec les maires.

Lecornu s'est vu imposer ces quatre thèmes dont ne comprend pas qu'ils aient pu être ignorés jusqu'ici. Ce recul de Lecornu et de ses maîtres montre à quel point les maîtres du jeu sont impréparés.   

Le trentenaire n'avait-il pas déjà fait montre d'incompétence et d'un manque grave de discernement
en favorisant l'ancrage de Benalla dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie en 2009 ?

dimanche 7 octobre 2018

"La crise est en premier lieu celle de la citoyenneté", insiste Yves Michaud

La citoyenneté, le laxisme et la victimisation, mis en cause dans la crise de société actuelle

"Le système est à bout"

Yves Michaud pointe le dépérissement des élites politiques et intellectuelles [rongées par la démagogie], un laxisme protéiforme, une autorité lézardée, une victimisation triomphante, une liberté d'expression aseptisée... Ce philosophe et auteur de "Aux armes, citoyens !" est interrogé par La Tribune.


L'Etat de droit défaille parce que "l'Etat-guichet s'est substitué à l'Etat-providence", l'incivisme meurtrier prospère parce que "l'incivisme mou est toléré", les figures populistes brillent parce que "les racines et les publics de leur consécration ont été méprisés", la démocratie de citoyenneté se disloque, parce que "les systèmes éducatif et fiscal se décomposent", le vivre-ensemble s'érode parce que "l'organisation de la société est tout entière catégorielle "... 

La riposte est-elle impossible ? 

Non, assure le philosophe. Mais il faut se mettre "concrètement en révolution".
LA TRIBUNE - De toutes les manifestations qu'elle adopte, la crise est en premier lieu, selon vous, celle de la citoyenneté. Quels sont l'origine et les symptômes de cette crise ? Quels périls sécrète-t-elle ?

YVES MICHAUD - La "crise de citoyenneté" que traverse notre temps est effectivement plus aiguë que les crises de la démocratie et de l'identité. Parce qu'elle met en jeu, et surtout en cause, les fondements mêmes du vivre-ensemble, qui font la communauté politique. Aujourd'hui, les citoyens n'ont plus le sentiment de partager une même communauté. Et l'origine, la raison première de ce constat réside dans la composition des programmes et des actions publics qui, particulièrement depuis l'accession de Jacques Chirac, en 1995, à la présidence de la République, relèvent de logiques purement catégorielles. Une fois le moment électoral passé - qui porte le phénomène à son paroxysme -, que constate-t-on ? Un éventail de propositions, de compensations, de dispositifs, de lois adaptés à chaque catégorie de personnes : fonctionnaires (d'État, de la filière hospitalière, des collectivités territoriales.), enseignants, professions libérales, jeunes, retraités, chômeurs (de courte, moyenne, longue durées), travailleurs pauvres, habitants des banlieues classées "difficiles ", etc. 

A force d'apporter une offre spécifique à chaque catégorie, on atomise la communauté humaine et politique, on segmente puis on enferme la population dans des cloisonnements, voire des ghettos. On encourage chaque membre de chaque catégorie sociale à défendre ses revendications en jalousant les autres catégories, in fine on multiplie les sentiments de victimisation. Chacun apparaît - ou plutôt se pense - "victime" de quelque chose ou de quelqu'un, c'est-à-dire de ce qui caractérise, privilégie, embellit le fonctionnement de ces "autres" catégories. C'est la politique du  "Et pour vous, ce sera quoi ?" qui engendre les plaintes du "Et moi, on m'oublie ?"

L'origine de ce mal est lointaine et plurielle. 

L'une des causes les plus fondamentales est la lente transformation de l'Etat-providence en Etat-guichet. En un sens, ce sont les bienfaits de l'Etat-providence qui d'eux-mêmes engendrent ces maux. La providence pour tout le monde est devenue un guichet pour chacun, et ce mouvement de "catégorialisation" de l'Etat, si je peux inventer ce mot, coupe ce dernier de sa vocation première : servir l'intérêt de toute la communauté républicaine plutôt que celui de chacune des catégories qui la composent. 
Ainsi, au lieu de garantir le socle assurant universalité, équité, justice, l'Etat s'est lézardé, se muant peu à peu en producteur de particularismes qui compartimentent, fracturent et donc désunissent la société. La générosité de l'Etat n'est plus au service de tous, elle se morcelle au profit de groupes d'individus. Avec pour paradoxe que plus cet Etat se délite, plus la bureaucratie prolifère. C'est normal, car la gestion catégorielle des personnes réclame toujours plus d'agents spécialisés. L'incroyable maquis des aides sociales ou des dispositifs de formation en est un exemple symptomatique.
La citoyenneté, c'est disposer des droits civils et politiques dans une communauté politique donnée. La crise de citoyenneté ne peut donc pas être disjointe de celles d'identité et de démocratie. 

Qu'est-ce que l'identité ?

L'identité constitue un sujet d'étude éminemment complexe, malheureusement maltraité par les raccourcis, les incompétences ou même les détournements. C'est un des sujets logiques et métaphysiques les plus difficiles en philosophie. Nationale, linguistique, libidinale, affective, religieuse, l'identité englobe beaucoup de réalités, de situations, de concepts. Et chaque individu est lui-même la juxtaposition, ou plutôt la confluence plus ou moins cohérente et organisée de toutes ces identités. Qui suis-je ? Un Lyonnais, un intellectuel, un "vestige" du XVIIIe siècle auquel j'ai consacré une grande partie de mon existence, etc ? Mon identité, votre identité, l'identité de chacun est par essence formidablement diverse, formidablement dense, formidablement complexe parce qu'elle est l'imbrication d'une multitude d'identités ; or, plus la mondialisation "contamine" des pans de notre existence, plus nous prenons conscience de cette diversité, et plus alors nous sommes en peine de définir ou de circonscrire une, notre identité.
Certes, comme on le voit avec le secteur de l'hôtellerie, qui propose une offre similaire de Shanghai à Buenos Aires, les outils susceptibles d'aplanir ou d'égaliser les différences d'identités révélées par les disparités géographiques, culturelles, cultuelles ne manquent pas. Toutefois, ils ne sont pas suffisants pour effacer la force des facteurs d'identité locale. Et c'est notamment là, en affirmant que l'identité est exclusivement politique, que l'on commet la plus lourde erreur. 

"Les identités sont en danger", "Reconstruisons les identités". 

Que n'entend-on pas comme ineptie ! Les identités ne sont pas seulement politiques, mais justement elles ne doivent pas contaminer le champ politique.
Comment l'état du monde - formidablement mondialisé, décloisonné, interdépendant, uniformisé, instantané, déstructuré, marchandisé, mobile - bouleverse-t-il l'identité ?
Qu'elle porte sur les échanges commerciaux, le tourisme, la finance, la consommation, les technologies ou encore l'enseignement, la mondialisation est une réalité incontestable. 

Mais un autre mouvement tout aussi incontestable est celui de la (re) localisation. Nous sommes à la fois de plus en plus mondialisés et de plus en plus localisés, illustrant ainsi le terme, désormais largement usité, de "glocalité". Pourquoi nombre d'entreprises dites internationales peinent-elles tant à mettre en oeuvre le principe "d'intelligence culturelle", c'est-à-dire à mettre en harmonie, en sympathie, en symbiose même, les intelligences issues du monde entier qui composent le corps social ? Parce que les identités demeurent très locales, et elles imposent de s'accorder entre et avec toutes. Essayez de faire collaborer un ingénieur indien avec un homologue russe, un gestionnaire arabe et une consœur brésilienne ! On y parvient, mais cela ne va pas de soi. Et cette réalité corrobore un constat sociologique, et même anthropologique, extrêmement intéressant, qui met en lumière les incohérences, voire les écartèlements auxquels l'aspiration à et le rejet de la mondialisation placent les citoyens.
La polémique récente sur le goût supposé différent des pots de Nutella distribués en Italie et en Pologne, ou les réactions, contrastées, à la découverte des mêmes enseignes de mode à Barcelone et à Prague, l'illustrent : dans le concert de la mondialisation tous azimuts, les populations à la fois veulent et refusent l'uniformité. Et souvent elles peinent à savoir qui elles sont devant le dilemme.

Peut-on se considérer citoyen du monde sans être citoyen de la nation à laquelle on est lié ?

Citoyen d'Europe davantage que citoyen de France ? Citoyen de la biodiversité plus que de la ville où l'on habite et travaille ? Existe-t-il une hiérarchie factuelle ou morale "des" citoyennetés ?
En 1948, le militant pacifiste américain Garry Davis rendait son passeport et s'autoproclamait "premier citoyen du monde" avant de fonder le mouvement du même nom. Quelques années plus tôt, d'aucuns déjà revendiquaient le droit à l'apatridie. Cet idéalisme cosmo-politique, très complexe à mettre en oeuvre, convoque la condition de "pur sujet de raison" chère à Kant. Un "pur sujet de raison" sans attache, porté exclusivement par la volonté de "faire le bien" et par un intellect déterminé à ne rien croire qui dépasse la raison, peut être cosmopolite. Or, la réalité est que nous sommes constitués de chair, de sang et d'émotions qui forment notre identité, en partie issue de l'endroit où nous sommes nés. Personne (ou presque) ne peut s'affranchir de cette relation physique, "géographique".

Tout aussi idéaliste doit être considéré le vœu d'une "identité européenne", quand bien même la notion de "citoyenneté nationale" est durablement contestée. Les égoïsmes locaux et nationaux demeurent très forts, et d'aussi vertueux programmes que celui d'Erasmus - modules de formation dans les pays de l'Union européenne, grâce auxquels chaque étudiant détenteur d'une identité dite nationale revient enrichi de sa confrontation à d'autres identités dites nationales - ne les atténuent qu'à la marge. La résurgence des revendications identitaires locales ou régionales dans certains pays d'Europe est une réalité... d'ailleurs contrastée. En effet, lorsqu'elle est contenue au folklore, il me semble qu'elle est parfaitement inoffensive, et même doit être encouragée. Mais lorsqu'elle se manifeste par des appels, chez les Catalans, à ne pas partager les eaux de l'ET bre avec les Andalous, par des mouvements séparatistes en Belgique, ou par la détermination, chez certaines élites d'Italie du Nord, de ne plus financer l'économie des Pouilles ou de la Calabre, elle devient extrêmement dangereuse.

La citoyenneté ne s'exprime pas par le sang ou par le sol, mais par l'engagement civique. Celui-ci résulte de la loyauté que l'on manifeste à l'égard de la communauté dont on attend les droits et dont on accepte les devoirs, et cette loyauté est elle-même commandée par un serment. Une organisation démocratique doit être dessinée qui favorise cet accomplissement, qui agrège l'efficacité de la démocratie et l'efficacité de la citoyenneté. Vous circonscrivez à l'éducation et à la fiscalité les deux principaux chantiers à conduire dans ce sens d'une démocratie au service de la citoyenneté. Effectivement, l'exercice de l'impôt participe de manière fondamentale à la construction de toute citoyenneté. Faire accepter la nécessité et l'utilité de s'acquitter de l'impôt constitue l'une des meilleures parades à la fraude - dont vous proposez de punir de la déchéance de nationalité les auteurs d'infractions majeures. Sur quelle base peut-on réformer le système fiscal afin que la perception de sa nécessité, de son utilité et de sa justice s'impose dans les consciences, et ainsi sustente l'appartenance citoyenne ?

Le système fiscal conditionne et, sur un autre plan, éclaire et rend présent et concret le système de solidarité. Une théorie de l'impôt, c'est bel et bien une conception de la société et de ses liens. Tous les penseurs du passé l'ont déclaré, rien n'a changé. "Autant tu paies d'impôt, autant tu as d'action publique." La santé de la communauté politique dépend en grande partie de la politique fiscale. Accepter ces principes, c'est considérer que l'impôt doit être clair pour être compris et accepté. 

De grandes orientations et d'importants choix sont à déterminer, qui tous servent à renforcer l'exercice de citoyenneté. Parmi eux : la fin de l'exemption - être "inimposable". Qu'en France moins d'un foyer fiscal sur deux s'acquitte de l'impôt sur le revenu - pourtant le seul lisible - est délétère ; absolument tous les citoyens, y compris les allocataires du RSA, devraient apporter leur contribution, même symbolique, à la solidarité et à la collectivité. Cela permettrait également de supprimer les effets de seuil, par la faute desquels l'intéressé peut se retrouver simultanément à être imposable et à perdre les avantages liés à la non-imposabilité. Cette fin des exemptions fiscales pourrait être compensée par une révision des taux et notamment des premiers taux de l'échelle. Ainsi, les éléments du blocage récurrent de toute réforme fiscale ambitieuse seraient levés.

Un système fiscal "citoyen" doit être clair, simple, lisible, juste, valable pour tous, responsabilisant. Et ceux qui le trompent doivent faire l'objet d'une répression implacable. Inspirons-nous du modèle américain : les taux d'imposition y sont contenus, mais malheur aux fraudeurs ; ils rejoignent les geôles, et souvent pour longtemps.
"Les montages très problématiques d'Ernest-Antoine Seillière et de ses acolytes chez Wendel datent de 2007 et n'ont toujours pas été jugés dix ans plus tard." Ainsi illustrez-vous l'extrême mansuétude qui profite au traitement judiciaire des crimes en "col blanc" et ternit au sein de la société la perception de citoyenneté. Les rédacteurs des lois étant eux-mêmes exposés auxdits délits, est-il crédible d'espérer mettre fin aux indulgences, collusions et compromissions ?
Que 14 ans après avoir initié un montage financier, baptisé Solfur, grâce auquel un gain net de 315 millions d'euros fut généré après un investissement de départ de moins d'un million d'euros, que six ans après qu'une information judiciaire ait été ouverte, que près de deux ans après que le parquet financier eut conclu au délit, aucun procès ne se soit encore tenu contre le très puissant ex-président du Medef et de Wendel est symptomatique. Et proprement inimaginable. Le quidam incarcéré six mois après un jugement hasardeux en comparution immédiate appréciera... Voilà une nouvelle illustration du processus de transformation de l'Etat-providence en Etat guichet : les prétendus représentants du peuple, qui sont pour la plupart des politiciens professionnels et pour beaucoup issus d'une Ecole nationale d'administration qu'il faut impérativement supprimer - ce qui ne s'annonce pas être une priorité, bien au contraire même si l'on se réfère aux cursus des nouveaux gouvernants -, écrivent les lois à leur profit, introduisent des dispositions avantageuses pour leur corporation via quelques amendements discrets, s'arrangent "catégoriellement" en se fabriquant des "régimes spéciaux" sur mesure. Songez que 20 ans de présence au Sénat garantit une retraite à taux plein... Comment, dans ces conditions, être crédible pour dénoncer les privilèges des agents de conduite de la SNCF, des pilotes de ligne ou des contrôleurs aériens ?

Dans cette organisation si morcelée de la société, chacun avance ses pions pour qu'ils profitent à son intérêt catégoriel ; les parlementaires sont simplement mieux outillés pour réaliser cette quête. La porosité de cette caste avec d'autres également dirigeantes, notamment dans le monde économique, favorise les collusions d'intérêts. Peut-on y faire face ? Je l'ignore. La plupart des parades sont étonnamment simples à imaginer et à mettre en oeuvre, mais la force de résistance des publics "menacés" est considérable. Surtout lorsqu'elle s'allie à un périmètre de pouvoir substantiel.
"L'état de santé" de la citoyenneté en France apparaît comme "un" élément de la radiographie sociale, sociétale, humaine, même civilisationnelle, il "dit" substantiellement de la volonté et de la capacité individuelles et collectives de créer et de bâtir ensemble, et même, comme notre dialogue l'introduit, de vivre ensemble. Le malade est au plus mal...

C'est incontestable. Mais ce n'est pas définitif. Le monde est un mouvement perpétuel, qui périodiquement brille et s'affaisse, progresse et stagne - voire recule. A l'usure ou à la dégradation momentanée, il existe des pansements, des remèdes, dont la nature et la puissance sont adaptées à l'ampleur du mal. Ce XXIe siècle est celui d'un changement monumental de paradigme, d'un contexte de révolution. Oui, nous sommes potentiellement en révolution, et il est l'heure de nous mettre concrètement en révolution. Juguler le déclin intellectuel et moral est à ce prix.
Yves Michaud, "Aux armes, citoyens !" (L'Aube, 96 pages, 9,90 euros)

jeudi 26 novembre 2015

L'exemple Taubira du respect: La Marseillaise donne envie de cracher à Karim Benzema

Le footballeur éprouve le besoin de se purifier après La Marseillaise ? 

Le footballeur se dit "extrêmement choqué" par l'"interprétation scandaleuse" de son geste


"Pointé du doigt par certains", seulement "certains", d'après l'AFP.
Bon musulman, c'est à voir...
Cette nouvelle affaire dite du "crachat de Karim Benzema", vient après et en plus de 
celle de proxénétisme en 2010 (il est mis en examen le 20 juillet 2010 pour "sollicitation de prostituée mineure" -Zahia- mais nie tout en bloc et le parquet de Paris lui accorde un non-lieu jusqu'en août 2012, quand le juge ordonne le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris pour qu'il soit relaxé, puis innocenté par le tribunal correctionnel en janvier 2014)
ou celle du chantage visant Mathieu Valbuena, son coéquipier en équipe de France et ami,  en octobre 2015 (affaire où il est mis en examen le 5 novembre 2015 pour "complicité de tentative de chantage et participation à une association de malfaiteurs" et est placé sous contrôle judiciaire lui interdisant tout contact avec Mathieu Valbuena).

Accusé de provocation, le joueur du Real s'explique par la voix de son avocat. 

Bon Franco-algérien ? C'est tout vu
Le week-end dernier, une image d'avant-match Madrid-Barcelone a scandalisé les Français encore sous le choc des assassinats islamistes du 13 novembre 2015. Karim Benzema a craché par terre à l'issue de La Marseillaise jouée en hommage aux victimes des tueries du 13 novembre. "Certains spectateurs y ont vu un geste insultant pour la France et se sont indignés sur les réseaux sociaux," raconte l'AFP. Probablement des fachos...
Mais, selon l'avocat du joueur, les observateurs outrés ont tort...
Me Alain Jakubowicz est-il le mieux placé pour émettre un avis objectif?

L'avocat est-il crédible et décent,
au vu des antécédents de provocation ?
Benzema paie l'avocat le mieux approprié à ses comportements: qui irait en effet soupçonner le président de la LICRA de partialité à son endroit ?... Il dénonce d'ailleurs un "procès d'intention". "Karim Benzema est extrêmement choqué de l'interprétation qui est donnée à cet acte, en général anodin, pratiqué par tous les footballeurs du monde, écrit-il sur Twitter. "Un tel crachat n'était pas le bienvenu à ce moment précis", reconnaît l'avocat. Mais son client "conteste avec fermeté l'interprétation scandaleuse auquel il donne lieu".
"Bien qu'il n'ait pas à s'en justifier, Karim Benzema tient à rappeler qu'il a manifesté sa totale empathie à l'égard des victimes des attentats", raconte encore son conseil, un Français d'origine polonaise qui est dédié au droit commercial, au droit de la presse et au devoir de mémoire pour la Shoah... Après les attaques du 13 novembre, Karim Benzema avait eu, sur Twitter, "une pensée pour les victimes et leurs familles". "Pray for Paris" (priez pour Paris), avait écrit le schizophrène.

C'est le cas notamment de Nadine Morano. L'eurodéputée Les Républicains a demandé, sur Facebook, que "Karim Benzema (ne joue) plus jamais en équipe de France". Évoquant une "vidéo de la honte", l'ancienne ministre
 a jugé que "cet acte relève du mépris et de l'insulte faite aux victimes, à leurs familles et à la Nation toute entière".

Selon Francetv.info, "sur les réseaux sociaux, c'est la curée" [sic]. "Le commentateur de foot Pierre Ménès s'en prend au joueur", ajoute la chaîne de service public :

La presse dans le déni, mais ici, on est sur i-télé...
Pascal Praud n'y voit rien à redire...
Parmi les foireux dont on peine à suivre les méandres du "raisonnement ", Jérôme Rothen qui se reprend après avoir déclaré: "c'est vrai que ça aurait été un signe fort qu'il chante la Marseillaise... au moins une fois."

Il n'y aurait pas de débat si Benzema crachait  après avoir chanté la Marseillaise:  Le Prophète Mouhammad (sallâllâhou alayhi wa sallam) avait aussi enseigné à ses Compagnons (radhia Allâhou anhoum), lorsqu’ils leur arrivaient de cracher par terre (comme cela se faisait habituellement à l’époque), de prendre le temps de recouvrir leur crachat de terre et de le dissimuler, et ce, afin qu’il n’atteigne pas le corps ou les vêtements de quelqu’un, ce qui ne manquerait pas de l’indisposer. (D’après le sens d’un Hadith authentique rapporté dans le Mousnad Ahmad. Réf: "Fiqh ous Sounnah")

Prière publique de Benzema,
sur son lieu de travail
D'après Houdheyfa Ibn Al Yaman (qu'Allah l'agrée), le Prophète (que la prière d'Allah et son salut soient sur lui) a dit: "Celui qui crache en direction de la qibla (direction de La Mecque, lieu du tombeau du prophète, vers lequel les musulmans se tournent pour prier. ) viendra le jour du jugement avec son crachat entre les deux yeux". Mais Benzema a la mauvaise foi chevillée au corps et sans doute aussi le sens de l'orientation.

Demain vendredi,
comme préconisé par les nouveaux nationalistes du Parti socialiste, Benzema ne manquera pas d'arborer le drapeau tricolore à la fenêtre de son domicile...

mardi 7 août 2012

Ramadan violent: un contrôle de femme voilée vire au pugilat

Violences racistes anti-France dans la Région de Martine Brochen-Aubry 
Une jeune Roubaisienne de 18 ans, revêtue d’un voile intégral, s'est violemment opposée samedi à un contrôle d’identité. 
Selon la Voix du Nord, qui dévoile cette affaire dans son édition du jour, la jeune femme a été repérée en centre-ville vers 18h30 par la brigade spécialisée de terrain de Roubaix. Alors que ces derniers lui demandaient ses papiers d’identités -conformément à la loi de 2010- et de lever le voile pour vérifier que la photo correspond bien, la jeune fille a poursuivi son chemin en expliquant qu’elle était en retard. 
Rattrapée par les forces de l’ordre, elle s’est alors mise à hurler comme un porc qu'on égorge pour ameuter la foule. Les policiers ont alors décidé d’appeler des renforts pour emmener la jeune fille au poste. 

Le ramadan n'adoucit pas les moeurs

La jeune mégère ne s’est pas laissé apprivoiser et a hurlé, donné des coups de pieds et des coups de poings et fait son possible pour ne pas entrer dans le véhicule. 
Une fois chargé,  l'encombrant a continué à se débattre et à donner des coups de coudes. La jeune furie a également griffé et tenté de mordre à plusieurs reprises la fonctionnaire de police qui procédait à une palpation réglementaire. Ces différents actes de rébellion lui ont valu un placement en garde à vue pour “rebellion, outrages, incitation à l’émeute et violences volontaires”: Manuel Valls ne rigole plus ! 

Le Parquet de Lille s’est saisi du dossier et la jeune femme sera jugée le 30 octobre.
Les policiers de Roubaix ont expliqué à la Voix du Nord qu’ils n’avaient jusque-là jamais rencontré de problèmes lors du contrôle de femmes voilées. "D'habitude, à Roubaix, ça se passe bien, la personne présente sa pièce d'identité, elle lève son voile quelques instants, on lui remet une convocation pour un stage de citoyenneté, et c'est tout”, explique l’un d’eux. 

“Les faits de Marseille y sont peut-être pour quelque chose”.
Fin juillet, le contrôle d’une femme entièrement voilée à Marseille avait déjà tourné à l'échauffourée.

vendredi 6 juillet 2012

Le droit de vote aux étrangers divise le centre et au-delà

Borloo "plutôt favorable", Bayrou carrément pour et Sauvadet "totalement opposé"
La majorité de gauche pousse au vote des étrangers


"
Le droit à la parole politique est aussi important que le droit à la santé ou à l'éducationassure Roland Ries, maire de Strasbourg, à l'origine de cette initiative. La cohésion sociale ne se décrète pas mais se construit." 


Sur France 2, le candidat socialiste F. Hollande a donné le calendrier de sa réforme. 
"Il n'y a pas d'échéance particulière, mais je dirais en 2013, avant les élections de 2014."

C'est la mesure qui fait polémique. 


François Hollande
 a affirmé mercredi qu'il envisageait pour "2013" sa réforme institutionnelle donnant le droit de vote aux étrangers non communautaires aux élections locales
. 
A petits pas. "Ce sera uniquement pour les élections municipales, car ce sera le même régime que pour les étrangers européens qui votent déjà aux élections municipales, qui ne sont pas éligibles, qui ne peuvent pas devenir maire ou adjoint, qui peuvent devenir conseillers municipaux", "ça existe déjà dans notre pays", a-t-il rappelé. 


Martine Brochen-Aubry s'est déclarée pour le droit de vote des étrangers, en situation régulière, aux élections locales. Dans une tribune parue dans Libération , elle s'expliqua, disant " parce qu'ils participent activement à la vie de la cité, les étrangers en situation régulière doivent enfin prendre part aux élections locales en détenant le droit de vote ". Une position claire et définitive déjà affirmée dans le passé. Tout en reconnaissant qu'il faut conserver " la règle de nationalité française pour les élections nationales ", la première secrétaire du PS suggère " qu'en ouvrant le droit de vote aux élections locales aux autres Européens, (...) nous avons démontré la capacité d'une marche en avant ".  

VOIR et ENTENDRE Christophe Barbier (L'Express) faire la part des choses:

Chevènement s'abstient, Bayrou dit oui
Le candidat du MRC à la présidentie
lle se démarque du PS
qui défend le vote des étrangers non communautaires aux élections locales.

Sur Radio Classique-Public
 Sénat, Jean-Pierre Chevènement, candidat  à l'Elysée et ancien ministre de F. Mitterrand,  déclara en novembre 2011 : "J'ai évolué sur ce sujet et je ne prendrai pas part au vote [...] Je ne veux pas me laisser instrumentaliser dans un débat qui n'a pas de sens aujourd'hui". Le sénateur de Belfort a ajouté: "Il faut viser l'intégration des étrangers et la naturalisation me paraît être une meilleure voie que le saucissonnage de la citoyenneté". 
Le candidat du MoDem se rapproche des socialistes sur la question
Bayrou, le candidat du Modem à la présidentielle, s'est dit favorable à ce changement "Vous êtes roumain ou bulgare, vous êtes en France depuis six mois, vous avez le droit de vote aux élections locales" alors qu'un Marocain "en France depuis vingt ans" n'a "pas le droit de participer au choix des élus municipaux. [...] Lorsqu'une personne est en France, en règle depuis plus de 10 ans, qu'elle paye ses impôts, elle a le droit de dire quelque chose sur la collectivité locale à laquelle elle appartient". 

Cette proposition, vilipendée à droite avait été jugée "hasardeuse" par le président Sarkozy. 

Les opposants au projet socialiste de loi sont nombreux
, à droite: 

Marine Le Pen
, depuis toujours.
Nicolas Sarkozy, a évolué contre. Le président, suivi par les cadres de son parti, affirme qu'il est "hasardeux" de séparer la nationalité du droit de vote - à l'exception des "citoyens européens, qui partagent avec nous une communauté de destin". 
Et François Fillon affirme aussi qu'il est impensable de dissocier le droit de vote de la citoyenneté et ainsi couper avec la tradition Républicaine française. Pour l'UMP,  il n'y aucun quiproquo
"Si l'on veut accéder au droit de vote [....] il faut faire la démarche de vouloir lier son destin à un pays en demandant la nationalité française".


De plus, l'ex-majorité réclame la "réciprocité": si un étranger peut voter, son pays d'origine doit permettre aux résidents français de faire de même.

Le centre se divise

Jean-Louis Borloo
président du groupe UDI (Union des démocrates et indépendants, 
des élus du Nouveau centre, du Parti radical, de l'Alliance centriste ou même de l'UMP) à l'Assemblée nationale, s'est déclaré mercredi "plutôt favorable" au droit de vote des étrangers aux élections locales.

"Je pense que les avis ne seront pas totalement convergents chez nous sur cette question", a dit J.-L. Borloo devant l'Association des journalistes parlementaires (AJP). "Moi, j'y suis plutôt favorable, mais je comprends que ce ne soit pas partagé". "Sur le droit de vote, les gens changent d'avis, certains sont moins pour qu'avant et d'autres moins contre", a-t-il relevé.


Le vice-président du groupe, 
François Sauvadet, s'est dit "totalement opposé"

Alors que  Hervé Morin y est farouchement opposé, "J'y suis totalement opposé", a réagi François Sauvadet, quelques heures plus tard. "Le vote doit être lié à la nationalité. La question à poser est donc celle de l'accès à la nationalité. S'il y a un droit de vote des étrangers de l'Union européenne, c'est qu'il y a une forme de citoyenneté européenne".

"Le sujet n'a pas été évoqué au sein du groupe UDI, mais beaucoup au sein du groupe sont totalement opposés à ce droit de vote", a-t-il ajouté.

Jean-Louis Borloo et François Sauvadet se rejoignent sur un point: sur ce sujet, il y aura liberté de vote au sein du groupe UDI.



Borloo a précisé que ce serait également le cas pour le mariage homosexuel. "Pour tout de ce qui relève de sujets de société, de l'intime, comme l'égalité devant le mariage, il y a une totale liberté. A l'évidence, il y a des sensibilités différentes sur ces sujets", a-t-il déclaré.

En revanche, "il y a quelques grands textes sur lesquels il est plutôt mieux de donner une cohérence" dans le vote du groupe UDI, a-t-il souligné, en donnant l'exemple du budget et des "grandes lignes stratégiques".