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jeudi 9 décembre 2010

J.-V. Placé à Cohn-Bendit: "Les gens de droite n'ont rien à faire dans Europe Ecologie-Les Verts !"

Le gendarme des Verts s'oppose à l'ouverture

Jean-Vincent Placé, ex-numéro deux des Verts, revient sur la démission de Jean-Paul Besset. Il réaffirme aussi son protectionnisme sur les frontières des Verts face à la large ouverture prônée par Cohn-Bendit.

Bataille des Anciens Verts et des Modernes altermondialistes
La famille recomposée se décompose, malgré l'annonce il y a un peu plus de trois semaines, à Lyon, d'un nouveau mouvement, "Europe Ecologie-Les Verts", né de la fusion d'Europe Ecologie et des Verts, soit 15.000 adhérents. Mais la bataille des générations se poursuit entre les "vieux" militants des Verts et les "jeunes" sympathisants d'Europe Ecologie.

Ainsi, lundi, l'eurodéputé Jean-Paul Besset a quitté la direction du nouveau mouvement qu'il devait codiriger avec Cécile Duflot. Celui qui jette l'éponge est précisément celui dont la mission aurait dû consister à veiller à l'équilibre entre les partisans des deux structures.

Besset a constaté avec amertume un phénomène de rejet d'Europe-Ecologie par les Verts et, dans sa lettre de démission publiée par Marianne 2.fr, il fait savoir que "la fusion-dépassement n'a pas eu lieu". L'écologiste dénonce aussi un "climat délétère de guerre froide" entre les partisans d'Europe Ecologie et les Verts.
Lien PaSiDupes vers la pétaudière Europe-Ecologie/Les Verts

Meirieu a bondi sur le fauteuil encore chaud

Le réchauffement climatique né du frottement entre les deux entités profite à Philippe Meirieu, vice-président de la région Rhône-Alpes. Lien PaSiDupes à propos de ses régionales
Lire PaSiDupes sur le fossoyeur de l'Education nationale, gourou de Jospin

L'ex-leader d'Europe Ecologie Daniel Cohn-Bendit a regretté mardi que "les Verts occupent le terrain" face aux membres d'Europe Ecologie dans le nouveau mouvement.

Et en effet, mardi sur BFM TV, le secrétaire national du mouvement, Cécile Duflot, a déclaré "comprendre" la décision de Jean-Paul Besset, tout en soulignant que chacun doit "être capable de mettre de côté (ses) petites différentes…"

Jean-Paul Besset "a raison de nous alerter sur les jalousies et les affrontements excessifs pour prendre le pouvoir au sein de l'organisation", a également commenté Yves Cochet (ex-Verts) à L'Express.fr.

Le même jour, l'ex-numéro deux des Verts Jean-Vincent Placé, par ailleurs vice-président de la région Ile-de-France, prenait à son tour la parole pour reconnaître publiquement "des difficultés". Il pense à la fois qu' il faut "du temps" pour "faire l'amalgame entre les anciens des Verts et les nouveaux d'Europe Ecologie", mais admet aussi que si ses relations avec Cohn-Bendit se sont apaisées, il n'est pas prêt à ouvrir le parti aussi largement que le voudrait "Dany".

Entretien de Placé au Post du 8/12/10

Que pensez-vous de la démission de Jean-Paul Besset ?
"Je la regrette. Jean-Paul est un ami. C'est un intellectuel engagé, un type bien... Peut-être a-t-il ressenti une forme de lassitude devant les difficultés auxquelles nous sommes confronté. Mais maintenant, il faut se tourner vers l'avenir."

Des difficultés qui pourraient remettre en cause le nouveau mouvement ?
"Non, il n'y a pas de rupture entre les deux structures. Je reconnais qu'il y a des difficultés mais elles ne sont pas insurmontables. Et elles sont modestes par rapport à celles du PS ou du Parti de gauche ! Cela prend du temps de faire l'amalgame entre les anciens des Verts et les nouveaux d'Europe Ecologie. Je ne suis pas surpris de ce qu'il se passe. Jean-Paul Besset a beaucoup oeuvré pour l'existence de ce mouvement unique. Son coup de pied dans la fourmilière nous permet au moins de nous retrouver et de plus communiquer entre nous."

Que pouvez-vous améliorer concrètement ?
"Le lien Paris - Bruxelles peut être amélioré [entre les députés écolos et les eurodéputés, ndlr]. Nous avons besoin d'une cohésion plus forte entre nous."

Cohn-Bendit constate presque fataliste qu'"il y a deux cultures différentes entre les Verts et Europe Ecologie"...
"La fusion va se faire progressivement."

Cela va mieux entre lui et vous ? Vous vous êtes pas mal accrochés ces derniers mois...
"Ça va beaucoup mieux. Nous nous parlons beaucoup plus avec Daniel Cohn-Bendit. Ensemble, nous allons d'ailleurs proposé de co-animer les discussions programmatiques avec le PS, qui devraient débuter en janvier. Dany se sentait à l'écart. Il râlait... Je lui ai donc dit : 'Viens avec moi'. Comme ça, il arrêtera de m'emmerder (rires) !"

Vous et Cohn-Bendit, vous illustrez ce clivage au sein des écolos. Vous êtes des Verts et clairement de gauche. Il est d'Europe Ecologie et prône une ouverture plus large. Que pensez-vous de sa volonté d'ouvrir les portes du mouvement à des gens venant de gauche comme de droite, tant qu'ils adhèrent au projet écolo ?
"Mais c'est n'importe quoi ! Je n'en veux pas des gens de droite ! Je suis dirigeant d'un parti écologiste, allié avec la gauche, donc je ne vais pas accueillir des gens qui soutiennent la politique de Sarkozy ! Ces gens là n'ont rien à faire dans le nouveau parti ! La politique, c'est de l'ouverture mais aussi de la clarté." Lien PaSiDupes sur la vulgarité de Placé

De quoi relancer les critiques sur le "sectarisme" des Verts, formulées par Daniel Cohn-Bendit à plusieurs reprises...
"Mais c'est quand même incroyable d'entendre cela ! Nous ne sommes absolument pas sectaires. Nous sommes ouverts à tous les gens de gauche. Dans le nouveau mouvement, il y a des socialistes, des communistes, des radicaux de gauche, des chevénementistes... et des Verts. Et puis, attendez, ce n'est quand même pas rien d'avoir trouvé un consensus autour d'Eva Joly [la "vieille ethique" - cf. lien PaSiDupes] pour 2012. Je rappelle qu'elle vient d'Europe Ecologie [et du MoDem, avant cela...]. Vous en connaissez beaucoup des partis qui n'investissent pas un candidat issu directement de ses rangs ? Nous aurions très bien pu investir Yves Cochet, qui est un militant Vert historique."

lundi 22 décembre 2008

Le gouvernement s’ouvrira-t-il au socialiste Boutih

Des jeunes de la diversité ont fait le tour du PS
Selon Le Figaro, le socialiste Malek Boutih, 44 ans, aurait été approché par Nicolas Sarkozy pour un poste de délégué interministériel. L'ancien président de SOS-Racisme " n'a pas opposé de fin de non-recevoir aux offres du président". Mercredi matin, le principal intéressé a formellement démenti cette information.

Decembre 2008
"C'est faux!" Mercredi matin, Malek Boutih n'a pas tardé à démentir les informations parues dans Le Figaro du jour, selon lesquelles le socialiste pourrait faire son entrée au gouvernement. Et devenir ainsi le nouveau visage de "l'ouverture", chère au Chef de l'Etat.

Dans son article, le quotidien admet qu’il ne sait pas tout et précise d'emblée que "le titre et la fonction restent à préciser". Plus précisément, Le Figaro écarte un rôle ministériel et avance le poste, proche de celui détenu par Martin Hirsch, de "délégué interministériel chargé d'une mission" pour ce fils de parents algériens, représentant idéal d'un autre concept sarkozyen, celui de "la diversité". Concept que le président de la République a d'ailleurs développé dans la journée à l'Ecole Polytechnique. Boutih serait-il moins sectaire que d’autres ?
Bien que crédible, cette piste est donc écartée par le principal intéressé. "Je ne vais pas m'exprimer sur ce qui n'existe pas", a prétendu Boutih à un journaliste, cette fois de France Inter, avant, quelques minutes plus tard, de démentir fermement une telle éventualité. "L'information du Figaro est fausse, totalement fausse, c'est un bidonnage", a-t-il lancé sur I-Télé. La rumeur était tellement vraisemblable que l’intéressé a dû se démultiplier dans les media.

Mais revenons pour mémoire en mai 2007
lorsqu’il avait déjà été approché.
> Rien de tellement surprenant dans la mesure où depuis le congrès du Mans, face à la crise sociale et identitaire du pays, il défend l'idéal de République métissée.
Mais un confidentiel de l'hebdomadaire Le Point, non confirmé par Malek Boutih, est plus embarrassant, car selon le magazine, il avait en fait accepté mais Julien Dray ne lui avait pas laissé la liberté et il avait dû se désister la veille à minuit.

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L'éventualité Boutih permet de braquer à nouveau les projecteurs sur un responsable socialiste déjà approché par Nicolas Sarkozy en juin 2007 pour le poste, finalement confié à Fadela Amara, de secrétaire d'Etat à la Ville.

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A cette époque, celui qui faisait partie de la direction sortante du PS dirigée par François Hollande avait, sur les conseils de son mentor Julien Dray, décliné l'invitation. Il avait toutefois avoué "un respect réciproque" Nicolas Sarkozy et entre lui. Comme le chef de l'Etat, Malek Boutih est, en matière d'intégration, favorable à une politique de quotas.

Boutih, victime de dommages collatéraux
Depuis plusieurs années, Malek se montre plus vindicatif envers sa propre famille politique.

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En juin 2007, parachuté par le PS en Charente dans le cadre des élections législatives, il a dû encaisser un sérieux revers contre une autre socialiste, Martine Pinville, soutenue par le député sortant

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Il estime avoir été battu par son propre parti : il avait alors accusé sa direction de l'avoir envoyé "au casse pipe". Il critique sévèrement les dirigeants du PS qui "forment un cénacle qui n'aime pas la société telle qu'elle est, qui ne s'y projette pas et qui garde la mélancolie des années 1970. Chez nous, c'est Good Bye Lénine !".

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Il reproche au PS d'avoir survolé le débat sur la diversité et ne pas l'avoir abordé en profondeur, comme d'autres sujets qui ont trait aux préoccupations réelles des Français : la violence, le travail, le droit à l'émancipation sociale, l'identité.

> Plus récemment, dans la course au fauteuil de premier secrétariat du parti de la rue de Solférino, Boutih avait fait le choix de Désirdavenir Royal. Comme l'ensemble des partisans de la présidente de la région Poitou-Charentes, il a donc dû faire l'impasse sur un rôle dans l'équipe de Martine Aubry, qu'il n'avait d'ailleurs pas hésité à qualifier de "dictature", au moment de son installation.

La repentance coloniale au PS, ce n’est pas pour tout de suite
Malek Boutih a eu l’occasion de tester, à ses dépens, les difficultés des socialistes à passer des discours à l’action. Alors le quadra qui sait désormais qu’il n’a rien à espérer du PS, se sent libre. Et, maintenant que le mentor s’est mis dans de mauvais draps, l’élève pourrait être délié de ses liens.

Boutih accusé de racisme par le MRAP

Le jeudi 15 juin 2006 à Paris, le procureur de la République a requis la condamnation du secrétaire national du PS, Malek Boutih, poursuivi en diffamation par le MRAP pour avoir mis en cause l’attitude de l’association lors d’une manifestation où les cris de "Mort aux juifs" avaient été proférés.
Malek.
Boutih, ancien président de SOS Racisme, était poursuivi pour des propos tenus lors d’un colloque, organisé le 23 novembre 2003 au Club Léon Blum, sur le thème "Antisémitisme, la gauche face à elle-même".
A cette occasion, il avait déclaré qu’il y avait plusieurs formes d’antiracisme en France. Il avait notamment , déclaré: "Il faut dire par exemple que si je prends la société française que je connais, il y a des formes d'antiracismes différentes: il y a celui du MRAP qui défile aux cris de 'mort aux juifs', celui de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) qui écrit le texte justifiant la présence de Tariq Ramadan au FSE. Mais il y a aussi celui de SOS Racisme qui lui organise des débats contre l'antisémitisme et qui l'assume". L’association présidée par Mouloud Aounit et proche du PCF considéra la liberté d’expression dans ces propos comme attentatoire à son honneur et à sa considération.
Lors des débats, M. Boutih a expliqué avoir voulu relever le fait que le comportement du MRAP avait été "ambigu" lors de cette manifestation où des extrémistes avaient lancé ces slogans antisémites. "Il y a eu une faute qui a été commise (par le MRAP) qui méritait d’être interpellée, je ne regrette pas mes propos", a déclaré Malek Boutih à l’audience.
Le représentant du parquet, Alexandre Aubert, a requis la condamnation du prévenu, estimant qu’il imputait à l’association antiraciste d’avoir "fait siens" les cris de "Mort aux juifs".
Il a été condamné le 14 septembre 2006 à 1.000 euros d’amende et à verser un euro de dommages et intérêts au MRAP.

Boutih a plus d’une corde à son arc
Malek est par ailleurs membre du Conseil Economique et Social (section des affaires sociales). Il exerce également la fonction d'administrateur au sein du collège des personnalités qualifiées du PSG (Paris Saint-Germain). Par ailleurs, Malek Boutih travaille pour Skyrock où il est directeur des relations institutionnelles.

Le vent de révolte promis est un vent de diversité !

dimanche 21 décembre 2008

Eric Besson préfère l’UMP au PS

L’ancien socialiste consacre sa rupture avec le PS
Selon le journal du soir socialiste, Le Monde, le président de la République a demandé à l’actuel secrétaire d’Etat à la Prospective, ministre de l’ouverture, de rejoindre le parti majoritaire. Il était un des symboles du gouvernement d’ouverture. Il pourrait aller encore plus loin.

L’ouverture au gouvernement gagne l’UMP

Eric Besson, député socialiste de la Drôme, rallié à Nicolas Sarkozy, rejoindrait en janvier l'UMP, à la faveur d'une restructuration de la direction du parti majoritaire, écrit le quotidien. Cet ancien socialiste, devenu secrétaire d’Etat à la prospective dans le gouvernement Fillon, pourrait rejoindre les rangs de l’UMP, « sans doute au poste de secrétaire général adjoint », explique Le Monde. Un poste-clé, donc, alors même qu’il n’a pas sa carte à l’UMP. Ce serait une première, puisque cette fonction est traditionnellement dévolue à des membres UMP de longue date.

Sa Cynique Majesté Royal, repoussoir socialiste

Après plusieurs passes d'armes avec Désirdavenir Royal, au temps de sa grandeur dans les sondages et avant sa disgrâce, Eric Besson, ancien secrétaire national du PS chargé de l'économie, avait quitté le PS pendant la campagne présidentielle, le 14 février 2007.

Eric Besson a rédigé le livre de son entretien avec Claude Askolovitch (grand reporter au Nouvel Observateur), Qui connaît Madame Royal ?, (Grasset, 2007). « Je pense, en conscience, que Ségolène Royal ne doit pas devenir Président de la République. Je ne le souhaite pas pour mon pays . Je le redoute pour mes enfants. Je le dis sans passion aucune, calmement mais fermement, ce que construit Ségolène Royal dans cette campagne présidentielle est mensonger et dangereux, pour la gauche et pour la France. »


Lucide et sans états d’âme

> Rejoignant le candidat Sarkozy, Eric Besson était devenu en mai l'un des symboles de l'ouverture politique pratiquée par le chef de l'Etat, faisant son entrée au gouvernement comme un autre socialiste, Jean-Marie Bockel.

> Selon le quotidien, le secrétaire d'Etat à la prospective de François Fillon pourrait remplacer Brice Hortefeux, qui quitterait le ministère de l'Immigration pour celui des Affaires sociales, à la suite de Xavier Bertrand.

Vers une confédération de l’ouverture

Selon Le Monde, son mouvement "Les Progressistes" (cf. PaSiDupes) entrera dans la future "Confédération de la majorité", une structure appelée à fédérer les partis alliés de l'UMP. Cette nouvelle structure regrouperait les partis alliés ou associés de l'UMP, et serait présidée par Jean-Claude Gaudin.

Au journal qui lui demande s'il a des "états d'âme", "j'assume totalement le fait d'être partie prenante de la majorité (...) Aujourd'hui, j'estime que les réformateurs se trouvent à l'UMP et les conservateurs au PS", déclare-t-il.

samedi 19 avril 2008

JO de Pékin – Le droit d’ingérence et de quel droit ?

De quel droit RSF donnerait-elle des leçons à la Chine ?
Aucun incident notable à Bangkok aujourd’hui, assez peu à Los Angelès et seulement 200 arrestations en Inde, ce qui est dérisoire, rapporté à la population. Alors pourquoi Londres et Paris se distinguent-ils ?
Entre le
désordre à Paris sur le passage de la flamme olympique et les menaces
de bouder la cérémonie d’ouverture des JO, Pékin s'interroge sur l'attitude de la France. Mardi, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a même mis en garde les autorités françaises: «L’amitié nécessite les efforts des deux parties. On ne peut pas d’un côté entendre vanter l’importance de la relation entre la France et la Chine et de l’autre voir des choses que le peuple chinois ne comprend pas et n’accepte pas».
Elle a encore ajouté : «
Nous espérons que la France pourra écouter attentivement la voix du peuple chinois et, sur un certain nombre de problèmes récents, prendre une position objective et impartiale, respecter les faits, faire la part du vrai et du faux et, comme beaucoup de pays, comprendre et soutenir la position juste et les mesures appropriées prises par le gouvernement chinois» .

Cette porte-parole a soutenu les appels au boycottage des marques françaises, concernant notamment le distributeur Carrefour très bien implanté en Chine, circulant sur l’Internet. Elle s’est contentée de constater que «récemment, des Chinois ont fait part de leurs opinions et de leurs sentiments. Tout cela a une raison». Cette Chinoise respecte la liberté d'expression...

Au sein de la communauté d’affaires française en Chine, l’inquiétude commence d’ailleurs à monter, tandis que Robert Ménard, Romain Mesnil et Stéphane Diagana sont retournés vaquer à leurs occupations. Un débat au sein de la Chambre de Commerce et d’Industrie française en Chine (CCIFC) sur l’opportunité de s’exprimer publiquement n’a finalement pas abouti. L’un de ses membres éminents, le consultant André Chieng a exprimé son point de vue personnel modéré dans une tribune publiée par le journal Les Echos. «La Chine a été fermée pendant des siècles. Son ouverture ne date que de trente petites années. Ne lui claquons pas la porte au nez», conseille-t-il.
L’objectivité, le bon sens et la mesure, en revanche, ne sont pas des spécialités de la gauche idéologique et vertueuse. Les associations qui vivent de subventions et les partis qui ne se reconnaissent jamais aucune responsabilité sont-ils bien placés pour donner des leçons de responsabilité et d’éthique en matière de droits de l’homme comme sur tous les sujets.

Mercredi, les médias officiels chinois ont largement repris les reproches faits à la France, avec une modération étrangère aux amis de RSF. «Paris a blessé l’amitié franco-chinoise», titrait le Global Times, rappelant que la France avait été le premier pays occidental à reconnaître la Chine communiste et l’excellence des relations ces dernières années sous la présidence de Jacques Chirac.
«Par conséquent, le fait que la flamme olympique, dans son parcours mondial, ait reçu l’accueil le plus froid en France aura surpris et blessé les Chinois», estimait le journal.

L’ambassade de France à Pékin s’est, elle, refusée à tout commentaire. «D’une relation “intime” avant la visite de Sarkozy à Pékin (en novembre), on était passé après à une relation “excellente”, maintenant on est revenu loin en arrière», tranche un observateur sous couvert de l’anonymat.

Au ministère français des Affaires étrangères, la porte-parole, Pascale Andréani, a appelé mardi la Chine à faire des JO «un moment d’ouverture et de tolérance». Interrogée sur la décision du président Nicolas Sarkozy de lier sa participation à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin à un dialogue entre Pékin et le dalaï-lama, le chef spirituel des Tibétains, Pascale Andréani a répondu qu’il était «trop tôt» pour se prononcer.
Si la gauche a voulu lui compliquer la tâche à la présidence de l’Europe, elle a réussi, mais par la même occasion, elle n’a pas craint de mettre en péril les trésoreries des entreprises de leur propre pays et l’emploi de leurs propres concitoyens, sacrifiés à l’idéologie.