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dimanche 8 mars 2015

L'ex-ministre Claude Guéant mis en examen pour ses toiles flamandes, faute de preuves

Derrière les toiles flamandes de Guéant, les juges n'ont pas trouvé de financement par Kadhafi de la campagne de Sarkozy...  

Guéant a été mis en examen samedi dans l'affaire des tableaux flamands

Les juges n'ont pourtant plus à se mettre sous la dent que la question de la vente de tableaux flamands à un avocat malaisiens et le virement de 500.000 euros que Claude Guéant a reçu sur son compte depuis la Malaisie. Sans précisions mais soulignant quelle est la cible visée véritable, le site Mediapart titre: "Le bras droit de Sarkozy, Claude Guéant, mis en examen." Le site de désinformation d'Edwy Plenel écrit: "L'ancien n° 2 de l’Élysée et ancien ministre de l’Intérieur est désormais, pour les juges, le suspect n° 1. Il a été mis en examen, samedi 7 mars, pour "blanchiment de fraude fiscale en bande organisée", "faux" et "usage de faux", dans un volet de l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy." D'une part, sa mise en examen ne présume pas de la culpabilité de l'homme traqué et, d'autre part, Guéant n'est nullement inquiété dans l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy comme évoquée par Mediapart.

Mais, en vérité, les juges ont fait chou blanc dans leurs investigations sur des accusations de financement de la campagne présidentielle en 2007 de Nicolas Sarkozy par la Libye de Mouammar Kadhafi. Me Philippe Bouchez el-Ghozi, l'avocat de Claude Guéant, souligne que ce "dossier présenté comme faramineux", "se dégonfle tout à fait" malgré la mise en examen de l'homme de confiance de Sarkozy pour un "simple" blanchiment de fraude fiscale en bande organisée et faux et usage de faux, selon une source judiciaire... anonyme.
VOIR et ENTENDRE la présentation à charge du dossier par M6 (Canal+):

Pendant ses 30 heures de garde à vue, l'avocat précise qu' "on lui a posé près de 300 questions qui portaient pour l'essentiel sur ce soi-disant financement libyen" de la campagne présidentielle largement perdue en 2007 par Ségolène Royal (47%), la candidate de la gauche pourtant portée par la presse et les... sondages. Mais en lieu et place de faits de corruption liés à ces soupçons de financement de campagne, "on a un dossier qui se réduit simplement à justifier l'acquisition de deux tableaux il y a 22 ans et de leur réalité et, éventuellement, de leur déclaration fiscale", fait valoir l'avocat qui a ajouté que son client nie tout délit.
VOIR et ENTENDRE comment M6 se rabat sur l'affaire de vente des deux toiles, faute de mieux...

L'enquête qui conduit à la mise en examen de Claude Guéant, est née d'accusations de dignitaires kadhafistes qui ont cherché à se démarquer du régime déchu et donnant des gages en affirmant à partir de 2011, sans apporter de preuve, que Nicolas Sarkozy aurait bénéficié d'un financement de la Libye de Kadhafi pour sa campagne 2007. Ouverte en avril 2013 notamment pour "corruption active et passive" et "trafic d'influence", elle a été confiée aux juges Serge Tournaire et René Grouman.

L'ancien premier flic de France est soumis à un contrôle judiciaire lui interdisant de se rendre en Malaisie et d'entrer en contact avec certaines personnes, dont un homme d'affaires saoudien, Khalid Ali Bugshan, lui aussi mis en examen samedi, pour blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, selon la source judiciaire. Interdit de quitter le territoire français et soumis à une caution d'un million d'euros, M. Bugshan est soupçonné d'avoir joué un rôle dans les flux financiers qui ont abouti au versement de 500.000 euros sur le compte d'une société malaisienne qui l'aurait ensuite reversée sur le compte de Claude Guéant, ce qui reste à démontrerCelui-ci avait d'ailleurs justifié ce virement par la vente en 2008 à un avocat malaisien de deux marines d'un peintre flamand du XVIIe, Andries van Eertvelt. Mais des experts avaient contesté la valorisation de ces oeuvres et occulté la liberté de l'acquéreur de négocier la somme de gré à gré. Les juges financiers parisiens ont lancé une commission rogatoire internationale en Malaisie, mais n'ont pas eu de réponse. Et l'avocat qui, selon les précisions de Claude Guéant, a acquis les tableaux, souhaite rester anonyme.
Le nom de cet homme d'affaires saoudien est dans le collimateur de la justice française. Les soupçons qui pèsent sur lui notamment dans l'enquête politico-financière dite de Karachi sur le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur via des rétrocommissions présumées sur un contrat d'armement avec l'Arabie Saoudite, Sawari II, ne sont toujours ni étayés, ni levés.

VOIR et ENTENDRE le bilan de l'avocat avant mise en examen réduite à l'affaire des deux toiles du maître flamand: lien
L'entourage de Claude  Guéant a relevé le caractère vexatoire des conditions de sa garde à vue avec l'envoi à l'aube de policiers au domicile de l'ancien ministre de l'Intérieur, vendredi. Il a aussi laissé entendre que cette enquête est l'objet d'une instrumentalisation politique à quinze jour des départementales.

L'ancien ministre de l'Intérieur subit le troisième assaut de la justice "indépendante" et une 3e garde à vue après celles ordonnées dans les affaires de l'arbitrage Tapie et des primes en liquide qu'il a perçues réglementairement quand il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, au ministère de l'Intérieur.
Dans ce dossier, le parquet national financier doit prochainement décider de classer sans suite, de désigner des juges ou de faire citer Claude Guéant en correctionnelle. Dans l'affaire de l'arbitrage Tapie, il ne fait l'objet d'aucune poursuite.
Les soupçons tombent les uns après les autres.

jeudi 25 juillet 2013

Affaire Cahuzac : la commission parlementaire et des ministres protègent Ayrault

Mobilisation des "amazones" du Premier ministre: qu'a-t-il à cacher? 

Crise ouverte à la commission d'enquête parlementaire


Les députés PS en bouclier de Jean-Marc Ayrault
Les députés socialistes de la commission ont fait barrage à l'audition du Premier ministre sur la gestion  de l'affaire Cahuzac par l'Etat. La commission est entrée ouvertement en crise mercredi 24 juillet, au lendemain de la deuxième audition de Jérôme Cahuzac mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale. Les commissaires ont ainsi mis à profit l'approche de la fin de la session extraordinaire et des vacances parlementaires. 
Malgré les promesses de transparence, la majorité socialiste s'est refusée à faire la lumière sur la gestion par l'exécutif de l'affaire du compte caché de l'ancien ministre du Budget. 

La veille, le trou de mémoire de l'ex-ministre du Budget concernant un échange le 16 janvier à l'Élysée avec le président François Hollande, Jean-Marc Ayrault et le ministre de l'Économie Pierre Moscovici, évoqué pourtant par ce dernier, avait conduit des membres UMP de la commission d'enquête à réitérer leur demande d'audition du chef du gouvernement.

Le socialiste Alain Claeys a estimé que l'audition de Jean-Marc Ayrault, "n'apporterait rien "malgré la "défaillance" de son collègue Cahuzac.
Rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Cahuzac,  ce Claeys est député de la Vienne et ancien membre du Conseil général de la Vienne (1982-2008) et du Conseil régional de Poitou-Charentes (1986-1997). C'est un polyvalent, à la fois spécialiste de la ...bioéthique et de l'enseignement supérieur au sein de l'équipe de Vincent Peillon. Le député-maire de Poitiers est un cumulard qui réserve son choix de mandat jusqu'en septembre 2013.

Les députés UMP ont immédiatement dénoncé cette forfaiture


Cette décision de refus de la majorité de convoquer le premier ministre, Jean-Marc Ayrault,, prise par 10 voix contre 8, a provoqué une crise au sein de la commission d'enquête parlementaire, à laquelle les députés UMP ont décidé de suspendre leur participation.
"La majorité vient de prendre une décision extrêmement grave en refusant d'auditionner le Premier ministre, a déclaré l'UMP Daniel Fasquelle. Nous avons décidé de suspendre notre participation aux travaux de la commission tant que nous n'aurons pas entendu le Premier ministre."

Ces députés avaient pour mission de tenter de déceler un éventuel dysfonctionnement de la part de l'Etat,  et notamment d'en savoir plus sur la fameuse réunion du 16 janvier qui se s'est tenue à l'Elysée entre François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac.

Après ce refus, le secrétaire de la commission, l'UMP Gérald Darmanin (UMP), a présenté sa démission. 
"En s'opposant à l'audition du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, la majorité socialiste refuse que la vérité soit révélée dans l'affaire Cahuzac, a-t-il déclaré. La transparence voulue par les socialistes s'arrête là où la vérité pourrait manifestement les gêner."

Pour 
le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob,  si le Premier ministre ne vient pas "ça veut dire qu'il a quelque chose à cacher et on est sans doute encore sur un autre scandale derrière cette affaire Cahuzac".

Le ministre des Finances, Pierre Moscovici a pourtant confirmé les informations révélées par Charlotte Chaffanjon dans son livre "Jérôme Cahuzac, les yeux dans les yeux". C'est donc bien lors de cette réunion que le fraudeur fiscal qui était encore ministre du Budget a été pravénu par Moscovici du lancement d'une procédure d'entraide avec la Suisse pour démontrer l'éventuelle existence de son compte non déclaré.

La commission d'enquête parlementaire ne peut pas entendre François Hollande
A défaut, Jean-Marc Ayrault, lui aussi présent à cette réunion, aurait pu éclairer les députés, mais il s'y est refusé, car il aurait pu forcer le barrage dressé par les prlementaires socialistes, peu soucieux de révéler la vérité à leurs mandants, le peuple souverain.
"L'attitude du Premier ministre est choquante, elle est méprisante et humiliante pour l'Assemblée nationale. J'en appelle au président de l'Assemblée nationale", a fait observé Christian Jacob aux journalistes.

Plusieurs ministres ont tenté de justifier la non-audition du Premier ministre 


Les ministres sont montés aux créneaux. Ce jeudi, Michel Sapin était sur Europe 1, Stéphane Le Foll sur RMC, Najat Vallaud-Belkacem sur i-télé, au prétexte d’un affichage de la mobilisation du gouvernement au lendemain de la publication des chiffres du chômage. 
Mais tous ont été contraints de déminer le dossier de la mise hors de portée de Jean-Marc Ayrault par la commission d’enquête parlementaire, chargée de à l'absence de dysfonctionnement des services de l’Etat sur l’affaire Cahuzac.
Le Premier ministre, lui-même, n’a pas échappé à la question. 
Si Ayrault n'a rien à cacher,
pourquoi ces cachotteries?
En visite en Corée du Sud, le locataire de Matignon a tenté de botter en touche, arguant que le rejet de la demande des députés UMP de l’auditionner est "de l’entière responsabilité" de la commission. "Il faut bien séparer l’exécutif et le législatif", a-t-il ajouté. Alors que, de bonne source, il y a bien eu des "contacts ", avant le vote, entre les élus socialistes et Matignon.
Cahuzac aurait trouvé ses maîtres en mensonges...

Selon des propos rapportés dans Le Figaro, le mercredi 15 mai, le ministre Cahuzac
minimisa la gravité de son mensonge sur ses comptes illégaux en Suisse et Singapour. Mais "c'est moins grave de mentir pendant quinze secondes devant 577 députés que de mentir depuis un an sur l'état de la France, comme le fait François Hollande...!", aurait-il déclaré à certains de ses anciens conseillers. 
Un raisonnement sur la hiérarchie du mensonge déjà rapporté début avril par Le Canard enchaîné. Jérôme Cahuzac pointait alors du doigt la politique du gouvernement qui lui aurait ordonné de mentir sur la possibilité de réduire le déficit de la France. "On me dit que j'ai menti sur ma situation personnelle. Cela veut dire quoi? Qu'il y aurait des mensonges indignes et d'autres qui seraient dignes? Quand on ment sur ordre, et pour des raisons politiques, à l'Assemblée, est-ce digne? A ce compte-là, j'ai menti devant l'Assemblée, sur la possibilité de réaliser 3% de déficit en 2013."
Comment donc accorder le moindre crédit aux propos du sombre Ayrault.

Les ministres peinent à justifier la décision de la commission scélérate
 Même pour les ténors de la mauvaise foi, il  est difficile d'expliquer que cette audition n’aurait servi à rien, alors que des doutes subsistent sur la réunion qui s'est bel et bien tenue à l’­Elysée le 16 janvier sur la procédure d’entraide avec la Suisse.
Les ministres se désolidarisent et suggèrent qu’on peut douter de la parole d’un homme qui a trompé le gouvernement, le Parlement, les Français et le président  lequel a poussé son ministre au mensonge ! " Le jeu, c’est celui de la vérité. (sic) C’est de savoir comment chacun a agi dans cette période compliquée où un ministre de la République mentait, mentait, mentait et mentait", a martelé Michel Sapin.
Jérôme Cahuzac n’en a "aucun souvenir" , alors que Pierre Moscovici a affirmé que le ministre délégué au Budget y avait "assisté".

"Les propos de Pierre ­Moscovici ont été clairs. Maintenant, ce que dit ou ne dit pas Jérôme Cahuzac, seul Jérôme Cahuzac en est responsable", a estimé Najat Vallaud-­Belkacem, la porte-parole du gouvernement, bottant en touche. Il est vrai que sa propre mémoire est peu fidèle.

"Il n’y a pas eu de flou", a assuré 
Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, évoquant malencontreusement la critique de F. Hollande par la Ch'tite Aubry le 13 octobre 2011 sur RTL 
: "Quand c'est flou, il y a un loup !" 

Les gros godillots de Sapin

L’exécutif mise sur la lassitude des Français pour ces "faux rebondissements" qui n’ont "aucun intérêt ", selon lui. Eux "voudraient que l’on s’occupe des vrais problèmes", notamment l’emploi, a polémiqué le ministre du Travail, accusant l’UMP de faire "du cinéma". "L’opposition en fait trop ", a tranché Stéphane Le Foll. Ce qui n’empêche pas le ministre délégué aux Relations avec le Parlement, Alain ­Vidalies, de faire de la surenchère sur la droite.

Le gouvernement devra attendre quelques mois pour espérer clore la polémique. Elle pourrait reprendre de plus belle à l’automne, lors de la publication du rapport.

jeudi 16 mai 2013

Cahuzac accuse: Hollande serait un plus gros menteur que lui

Au PS, un menteur peut en cacher bien d'autres

Le président de la République ment "depuis un an sur l'état de la France", lance l'ancien ministre du Budget, histoire de salir l'autre un peu plus, en tentant de minimiser son propre mensonge.
Jérôme Cahuzac assure avoir trouvé plus menteur que lui en la personne de François Hollande, affirme un article paru mercredi dans Le Figaro. Ainsi donc, selon l'ancien ministre du Budget, "c'est moins grave de mentir pendant 15 secondes devant 577 députés que de mentir depuis un an sur l'état de la France, comme le fait François Hollande" ! Une phrase apparemment prononcée après sa démission devant d'anciens conseillers, qui, selon le quotidien, "n'en reviennent toujours pas".

"Je te tiens, tu me tiens par la barbichette..."

La citation fait écho à une autre phrase de Jérôme Cahuzac, rapportée début avril par Le Canard enchaîné : "On me dit que j'ai menti sur ma situation personnelle. Cela veut dire quoi ? Qu'il y aurait des mensonges indignes et d'autres qui seraient dignes ?

Quand on ment sur ordre, et pour des raisons politiques, à l'Assemblée, est-ce digne ?

"À ce compte-là, j'ai menti devant l'Assemblée, sur la possibilité de réaliser 3 % de déficit en 2013."


Exclu du PS et contraint à démissionner du gouvernement, celui que l'on pressent candidat à sa succession à l'Assemblée aurait-il un tempérament revanchard ?


Une histoire de "sale mec" de plus.

jeudi 11 avril 2013

Déluge de réserves sur la moralisation de la vie politique improvisée par Hollande

Ayrault intoxiqué dans l'enfumage de l'affaire Cahuzac 

Assez de mensonges et d'intox !
Pendant  que, la nuit, le Parlement vote les textes gouvernementaux, le jour, Jean-Marc Ayrault est confronté aux premiers affrontements, souvent vifs ce jeudi, suscités sur le projet de moralisation de la vie politique improvisé la veille par François Hollande

Les résistances viennent aussi bien de la droite que de la gauche.
Le président PS de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, s'est rendu à Matignon pour exprimer ses réserves, de même que les principaux responsables parlementaires.

Alors que,  pour la première fois depuis ses aveux, l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac, est sorti de son silence jeudi pour tenter d'apitoyer l'opinion sur son sort, en déclarant qu'il "déménage tous les deux jours pour fuir la pression", et pour dire qu'il réfléchit toujours à récupérer son siège de député, les conséquences de son blanchiment de fraude fiscale et de ses mensonges continuent d'agiter la vie politique.
On en oublierait les soupçons qui planent aussi sur le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dont on se demande où est passée son immense fortune.

Autre ministre également dans l'oeil du cyclone, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a été contraint de démentir "avec la plus grande force" - sa version du "les yeux dans les yeux" de Cahuzac" -  qu'il connaît depuis le 31 décembre 2012 l'existence du compte secret de son ministre, en Suisse puis à Singapour, suite aux révélations de l'hebdomadaire Valeurs actuelles.

Parmi les textes sortis de la naphtaline et les mesures préparées à la hâte mercredi par François Hollande, c'est l'obligation faite aux ministres et élus de rendre public leur patrimoine qui recueille le plus de critiques, y compris au Parti du président.

Les parlementaires écologistes réclament même des 'choix clairs et forts' en matière de transparence et de moralisation de la vie politique. "Il faut mettre fin au règne de la loi du silence et de l'opacité", a ajouté le coprésident du groupe des députés écologistes, François de Rugy.
La candidate Europe Ecologie-les Verts Eva Joly participera d'ailleurs à l'action de rue organisée le 5 mai par l'extrême gauche, à l'initiative de Mélenchon.

En revanche, le président (PS) de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a ainsi jugé que cette publication du patrimoine n'était "pas forcément la bonne solution pour permettre un lien de confiance entre les élus et la population".
L'élu de Seine-Saint-Denis n'est pas opposé au contrôle du patrimoine par une haute autorité, annoncée mercredi par le président de la République. Mais la publication de ces patrimoines le mettent mal à l'aise. "Déclarer, contrôler, sanctionner, c'est de la transparence, rendre public, c'est du voyeurisme", a mis en garde Cloclo Bartolone dans Le Figaro, au risque d'attirer la suspicion populaire et le mépris des gros dealers de son département...
A l'occasion du travail parlementaire, "j'espère que (...) nous serons en mesure de faire des propositions qui permettent de faire    concilier à la fois la transparence sans pour autant tomber dans le voyeurisme", a-t-il précisé à la presse à l'issue de sa rencontre avec Ayrault. Ainsi, selon ce socialiste, ses concitoyens seraient-ils des pervers !
Ces réserves sont entendues à l'Elysée, où l'on se montre compréhensif: Claude Bartolone "s'est fait le porte-parole des parlementaires", souligne-t-on dans l'entourage du président. "Au niveau de leurs électeurs, à la limite, ils peuvent s'arranger, mais ça coince au niveau de leur vie privée puisque ça concerne aussi leurs enfants et leur conjoint", ajoute-t-on de même source. Quid des concubins et concubines ?
VOIR et ENTENDRE une sélection France Info des réactions, dont l'épouvantail Marine Le Pen, et Luc Chatel ou Manuel Valls et Montebourg et le ravi du Béarn:

Le point de vue du patron de l'Assemblée est souvent partagé à droite

L'ex-ministre UMP
Luc Chatel s'est inquiété jeudi matin que le chef de l'Etat jette "l'opprobre" sur la classe politique pour masquer le fait qu'il y avait un "voyou" au PS. A-t-il pour autant donné un coup de strike>'Kärcher'
   de balai au gouvernement ?
"Sur la publication du patrimoine et la mise en pâture des parlementaires et élus, j'y suis clairement opposé", a renchéri le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, après sa rencontre avec  Ayrault. Il a toutefois assuré que "si la loi passe, on l'appliquera".
VOIR et ENTENDRE Nadine Morano choisir la vérité contre la "transparence":

En attendant,
François Fillon et Laurent Wauquiez ont reproduit leurs déclarations antérieures de leur patrimoine."On n'est pas au PS, on est à l'UMP, les gens ont leur liberté", a ironisé en retour M. Jacob, proche de J.-F. Copé.
'On n'est pas dans une opération 'mains propres', on est dans une opération 'tous à poil' et le problème, c'est que l'on est dans un pays où l'on ne vise pas l'ambition ou la réussite mais la jalousie! (...) Imaginez que les règles de transparence aient existé il y a un an, pensez-vous que celui qui a un compte en Suisse l'aurait déclaré?', renchérit Thierry Mariani.

VOIR et ENTENDRE 
le "duel des éditorialistes" entre Eric Decouty, de Libération, et François d'Orcival, de Valeurs actuelles, hier mercredi: 
L'idée du délit de parjure sera-t-elle retenue par le pouvoir socialo-écolo ?
S'il a salué une "démarche de travail assez consensuelle" et n'est pas opposé à la publication des patrimoines des ministres et élus, le président du groupe UDI, Jean-Louis Borloo, souhaite pour sa part que les "familles" ne soient pas concernées. "Moi, j'ai choisi ce métier, c'est une autre histoire", a expliqué M. Borloo.

La publication du patrimoine est acceptée par d'autres personnalités politiques, à l'instar du président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, premier à être reçu par le chef du gouvernement. Celui-ci a assuré jeudi ne pas avoir "de réticence particulière" à ce sujet.

Ces divergences jusqu'au sein de la majorité ont donné au Front de Gauche une impression de "cacophonie", selon la présidente du groupe communiste au Sénat, Elliane Assassi, reçue avec son homologue de l'Assemblée, André Chassaigne.
"Pendant qu'on parle de ça, on ne parle pas d'autre chose", a-t-elle regretté, alors qu'il y a "d'autres mesures sur l'évasion fiscale, les conflits d'intérêts".

Christian Jacob a de son côté appelé une nouvelle fois à "d'abord faire la lumière sur ce qui s'est passé à la tête de l'Etat, au ministère des Finances".

Les consultations devaient s'achever par une déclaration du Premier ministre.


Moscovici a-t-il fait obstacle à la moralisation et à la justice ?

Le ministre de Hollande aurait su dès décembre pour Cahuzac

Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, avait envoyé une mission secrète en Suisse

Il connaissait donc depuis décembre 2012 l'existence du compte secret suisse de l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, écrit jeudi Valeurs actuelles. Selon l'hebdomadaire, l'équipe d'une quinzaine de fonctionnaires, notamment de la Direction nationale d'enquêtes fiscales, a agi de façon parfaitement légale et n'a eu aucune difficulté à obtenir la confirmation recherchée.  Le nom de code de l'opération lancée le 5 décembre 2012 était "Muraille de Chine", sous-entendant que le ministre délégué au Budget ne devait en aucun cas être mis au courant de ces investigations. Dans les derniers jours de décembre une réponse claire et non équivoque a été donnée par les autorités suisses.

Dans ces conditions, "
la démarche de Pierre Moscovici, qui consiste, le 24 janvier, à demander aux autorités helvétiques si Jérôme Cahuzac disposait d'un compte à l'UBS entre 2006 et 2012 avait quelque chose de surréaliste", écrit Valeurs actuelles. 


Le ministre de l'Economie a rapidement démenti
ce jeudi


Soupçonné par l'opposition d'avoir cherché à couvrir Jérôme Cahuzac, qui a avoué la semaine dernière avoir eu un compte clandestin en Suisse, le ministre de Hollande a adressé une demande "sur mesure" aux autorités helvétiques.

Pierre Moscovici s'est défendu de toute complaisance ou faille dans l'enquête diligentée auprès de la Suisse sur le compte de l'ex-ministre du Budget.
"
J'oppose à ça un démenti formel. Cet article que j'ai lu ne mérite pas grand commentaire. C'est une reconstruction à partir d'une réalité qui n'existe pas," a-t-il opposé, avec mépris. 
Prié de préciser si ses services étaient au courant, il a été catégorique : "Non, bien sûr que non." 

L'Élysée s'est refusé jeudi à tout commentaire, renvoyant à la réaction du ministre de l'Économie.
L'hebdomadaire laisse entendre que François Hollande et le ministre de l'Intérieur Manuel Valls ont été informés par le ministre de l'Économie du résultat de la mission secrète effectuée en Suisse. "Le ministre de l'Économie en a-t-il informé l'Élysée, en l'occurrence François Hollande ? Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls ? Poser la question, nous indique un haut fonctionnaire de Bercy, c'est déjà y répondre", écrit-il.
Son entourage n'avait pas de commentaire à faire dans l'immédiat sur l'article de Valeurs actuelles.

Pas moins de trois services auraient été mobilisés

Pour vérifier les révélations, début décembre, du site d'informations Mediapart, la Direction des vérifications nationales et internationales (DVNI), la Direction nationale d'enquêtes fiscales (DNEF) et la Direction nationale des vérifications de situations fiscales ont été mobilisés, avance Valeurs actuelles. 
Manuel Valls a démenti à plusieurs reprises toute enquête parallèle dans l'affaire Cahuzac. "Si vous voulez à tout prix chercher une mise en cause, je trouve que vous frappez vraiment à la mauvaise porte, car nous n'avons rien cherché à blanchir, à couvrir ou à excuser ou à innocenter", a martelé Pierre Moscovici.

Mais, selon Valeurs actuelles,
la question posée aux autorités helvétiques par le ministre de l'Économie aurait pu être "calibrée" en fonction des informations que les fonctionnaires souhaitaient voir remonter. La date et la banque visée auraient été soigneusement choisies pour susciter une réponse négative. Autre révélation des investigations de Valeurs actuelles, le compte aurait donné naissance à des sous-comptes dont la trace et les montants n'ont pas encore été précisés. 
Pressé par les révélations et pour preuve de sa bonne foi, Moscovici a transmis la semaine dernière aux présidents et rapporteurs généraux des commissions des Finances du Parlement les documents échangés entre les administrations fiscales française et suisse. Mais il n'a pas totalement convaincu les présidents des commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat, les UMP Gilles Carrez et Philippe Marini, qui lui reprochent un recours par trop partiel à la convention d'entraide fiscale en vigueur depuis 2009 entre la France et la Suisse.

La question de savoir si Jérôme Cahuzac disposait d'un compte portait en effet sur la période 2006-2013 - 2006 étant la date de prescription fiscale française - et sur la seule banque UBS citée par Mediapart. Pierre Moscovici "a posé une question étroite, à mon avis volontairement étroite, et il a eu une réponse étroite. Il n'a pas utilisé la possibilité offerte par la procédure exceptionnelle de l'échange de lettres", a déclaré Philippe Marini.


samedi 6 avril 2013

J. Cahuzac, fraudeur fiscal et ...faussaire ?

Le socialiste aurait menti à une banque suisse


L'ancien ministre français du Budget a fourni un "certificat fiscal falsifié"
à la banque suisse Julius Baer*
Il refuse de renoncer à ses indemnités parlementaires
C'est une révélation du quotidien zurichois Tages Anzeiger, citant  samedi ses propres sources.

Le journal français Le Monde avait fourni mercredi une version allégée de l'exil des 600.000 euros que le journal socialiste qualifie d' "odyséee" (sic), que Jérôme Cahuzac a dissimulés au fisc et qui sont restés longtemps en Suisse.
En 1992, Philippe Péninque, un ami de longue date de Jérôme Cahuzac a ouvert pour lui, sous son nom, ce compte à l'UBS Genève.

Quelques mois plus tard, le "responsable" socialiste s'est rendu lui-même à Genève et le compte a été transféré à son nom.

En 2000, la petite société financière Reyl & Cie est entrée dans le circuit 

A l'époque, 
établie à Genève, elle n'avait pourtant pas de licence bancaire, mais travaillait comme une société de Bourse. A ce titre, elle relevait de la surveillance de la FINMA, l'autorité suisse de surveillance des marchés financiers.

En tant qu'intermédiaire financier, Reyl & Cie n'était pas soumise aux mêmes règles que les banques et ne devait pas fournir de renseignements sur les détenteurs de ses comptes.

Reyl & Cie a ouvert auprès de l'UBS un compte "omnibus", soit un compte comprenant les fonds de plusieurs clients - seulement connus de la banque... -, et parmi lesquels figurait Jérôme Cahuzac, dont l'argent est resté de facto à l'UBS.

Jérôme Cahuzac a estimé que la situation devenait trop dangereuse à Genève

En 2009, la Suisse s'est en effet déclarée prête à accorder l'aide judiciaire en cas d'évasion fiscale et a demandé à Reyl & Cie de transférer les fonds sur un compte omnibus à Singapour, auprès de la filiale de la banque Julius Baer .

La banque Julius Baer a réagi avec prudence, écrit le journal. Elle a réclamé à Reyl & Cie, bien que rien ne l'y obligeait, un formulaire appelé "formulaire A", qui fait apparaître le nom du détenteur des fonds.

Lorsque les banquiers de Julius Baer ont vu qu'il s'agissait d'un homme politique, ils ont demandé un document certifiant que les fonds avaient bien été déclarés au fisc compétent.

Selon des recherches effectuées par le Tages Anzeiger, Jérôme Cahuzac "a présenté un certificat fiscal falsifié". 
Il a également assuré que ces 600.000 euros provenaient de son activité de chirurgien esthétique, ajoute le journal. En conséquence, Julius Baer a autorisé l'opération de transfert de fonds.

Exemplarité: Hollande se trompe d'interlocuteurs

Qu'il s'occupe de la conduite "exemplaire" de ses ministres,
plutôt que d'éclabousser les autres !

Hollande a les socialistes qu'il mérite


Deux salisseurs
Onze ans de responsabilité comme premier secrétaire du PS de 1997 à 2008: onze années !
Bien que plongé dans la tourmente par les aveux de fraude fiscale de Jérôme Cahuzac, son ministre du Budget, c'est à  tous les responsables politiques - de droite comme de gauche ? - que François Hollande a demandé samedi une conduite "exemplaire", lors d'un déplacement éclair à Tulle (Corrèze), la ville dont il a longtemps été maire.
Le président français a déjà écarté l'hypothèse d'un remaniement ministériel, malgré l'indignation de la classe politique , jusqu'au sein de son propre parti: certains élus le soupçonnent d'avoir été informé de l'existence de l'évasion fiscale de l'ancien ministre du Budget.

Au détour 
d'une remise de décoration retransmise par i>Télé, le président moralisateur a tenté de s'extraire du bourbier par le verbe
"Dans un moment où il DOIT y avoir des valeurs qui DOVENT être portées, une exigence morale qui vaut pour tous ceux qui ont une responsabilité à quelque niveau que ce soit, chacune et chacun DOIT servir à sa place la République et d'une manière exemplaire", a déclaré François Hollande.

vendredi 5 avril 2013

L'affaire Cahuzac, nouvelle poule aux oeufs d'or pour Mediapart

"Pierre Moscovici a tenté de blanchir Cahuzac", affirme Fabrice Arfi
Le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi, en avril 2012 à Paris.
 Fabrice Arfi, le journaliste
de Mediapart en avril 2012 
Après quatre mois de dénégations, Jérôme Cahuzac a admis détenir un compte à l’étranger, déclenchant une crise politique. Fabrice Arfi, le journaliste qui a mené l’enquête pour Mediapart, a répondu aux questions de Libération.
Mez. (lecteur) Pensez-vous que Hollande était au courant et a essayé d'étouffer l'affaire ?

Fabrice Arfi. Bonjour à tous... Pour répondre à la question beaucoup posée sur la connaissance par la présidence de la République des faits aujourd’hui reprochés à Jérôme Cahuzac, nous pouvons dire que, à ce jour, factuellement, rien ne nous permet d’affirmer que monsieur Hollande était informé, et depuis quand, du compte suisse de son ancien ministre du Budget.
Cela étant, la question se pose évidemment, parmi de nombreuses autres. Le fait est que François Hollande, comme tous les gens qui lisent Mediapart, était au moins informé depuis début décembre et la publication de nos premières révélations d’un faisceau d’indices graves et concordants, visant l’ancien ministre.
En revanche, il est apparu qu’un membre important du gouvernement, le ministre des Finances Pierre Moscovici, de concert avec Jérôme Cahuzac, a mis en branle fin janvier les moyens de l’Etat pour tenter de blanchir de manière factice l’ancien ministre, en diligentant ce que l’on appelle une demande d’entraide fiscale administrative avec la Suisse. Monsieur Moscovici a publiquement assumé sur France Inter la paternité de cette opération, et a dit que la soi-disant réponse des Suisses n’ébranlait pas ses certitudes sur l’innocence de monsieur Cahuzac.
Des journaux sont même allés jusqu’à titrer : «La Suisse a blanchi Cahuzac», alors qu’aucun journaliste n’a eu entre les mains le fameux document des Suisses, et que l’on sait aujourd’hui que les questions posées par l’administration fiscale française (dont monsieur Cahuzac avait la tutelle), n’étaient pas formulées correctement. Je rappelle que cette tentative de blanchiment orchestrée depuis Bercy a eu lieu alors qu’une enquête judiciaire était en cours depuis plus de deux semaines. Cela apparaît très clairement aujourd’hui comme une étonnante tentative de hold-up sur une enquête en cours. Et l’on voit bien à quel point les aveux foudroyants de monsieur Cahuzac viennent à eux seuls briser cette manœuvre.
Yansolo. Quelle différence faites-vous entre une tentative de blanchiment et une demande d’information ?

F.A. A partir du moment où l’administration fiscale française a posé de manière à tout le moins maladroite les questions concernant Jérôme Cahuzac, cela apparaît comme un acte de pure mauvaise foi administrative. D’autant que je rappelle qu’une enquête judiciaire était déjà en cours. Dès lors, pourquoi ne pas avoir laissé le procureur et les policiers faire leur travail, sans tenter d’amener de manière biaisée les réponses qu’ils cherchaient ?
Toquinha. Est-il vrai qu’une première enquête sur Cahuzac a été «plantée» par Eric Woerth ?

F.A.
 En effet, en juin 2008, un agent du fisc du Sud-Ouest, Rémy Garnier, avait alerté sa hiérarchie et le ministre du Budget de l’époque, Eric Woerth, sur des soupçons concernant l’existence d’un compte suisse détenu par monsieur Cahuzac. Il réclamait dans ce courrier que Mediapart a rendu publique [public] l’ouverture d’une enquête poussée sur ces soupçons, pour les vérifier ou les infirmer. Eric Woerth n’a donné aucune suite à cette requête. Je peux rappeler que le même Woerth, deux fois mis en examen [et présumé innocent] dans l’affaire Bettencourt, a été le premier témoin de moralité à voler au secours de Jérôme Cahuzac dès le premier jour de nos révélations.
Gymnopedie. Faut-il croire à cette histoire rocambolesque de «rappel téléphonique par erreur» ? Mediapart ne prend-t-il pas le risque d’être manipulé par des agences spécialisées ou des cabinets noirs à des fins politiques ?

F.A. Ce n’est pas parce que c’est rocambolesque que c’est faux. L’enquête préliminaire du Parquet de Paris a permis d’établir à la fois l’intégrité (c’est-à-dire qu’il n’a pas été bidouillé) de l’enregistrement et, grâce au meilleur laboratoire français de police scientifique, la certitude au[x] deux tiers qu’il s’agit bien de la voix de Jérôme Cahuzac.
Parallèlement, les enquêteurs ont recueilli les témoignages d’un ancien gendarme, d’un huissier, d’un détective, et d’un banquier suisse qui, chacun à des degrés divers, ont [a] confirmé l’authenticité de la voix de monsieur Cahuzac ou celle de son correspondant, à savoir, le gestionnaire de fortune Hervé Dreyfus, personnage central de l’affaire.
Kimpap. Je suis attéré [atterré] par l’aplomb des dénégations de M. Cahuzac. Sans être de son bord politique, il m’avait même presque convaincu. Excusez-moi d’avoir douté de vous. Comment expliquez-vous ses dénégations et son attitude alors qu’il avait peu de chance de s’en tirer ?

F.A. Jean-François Kahn, le fondateur de Marianne, a une expression très juste : «D’abord on lèche, puis on lâche, ensuite on lynche.» Je ne ferai pas parti de ceux qui, bien que saisis de vertige face au mensonge de monsieur Cahuzac, pensent qu’il faut aujourd’hui accabler l’homme.
Ses aveux ne peuvent prétendre mettre un terme à l’enquête judiciaire en cours, bien au contraire. De très nombeuses questions demeurent : comment le mensonge a-t-il pu tenir si longtemps ? D’où venait précisément l’argent occulte qui a abondé les comptes secrets ? Que savaient la présidence et Matignon de cette affaire ? Est-ce que Hervé Dreyfus (gestionnaire de fortune et homme de confiance de Cahuzac, ndlr) représente les intérêts d’autres personnages publics de premier plan? Je crois que nous ne sommes qu’au début d’une grande enquête judiciaire. Du moins, je le souhaite.
Lien PaSiDupes -"Mediapart: le gestionnaire de fortune de Cahuzac en sait long" : Mediapart abat une nouvelle carte
Santana. Pourquoi cet enregistrement a mis autant de temps a apparaître ? Mettrez-vous autant de verve à mettre à jour les affaires droitières actuelles ?

F.A. Cet enregistrement a surgi du fin fond des siècles, pour la simple et bonne raison, qu’à partir du mois de juillet dernier, j’ai décidé d’enquêter sur monsieur Cahuzac, intrigué par sa proximité et leur renvoi d’ascenseur mutuel avec Eric Woerth. J’ai d’abord entendu parler de cet enregistrement, puis rencontré des gens qui l’avaient écouté, puis obtenu, puis authentifié. Grâce à mes nombreuses sources dans cette affaire, qu’elles soient bancaires, liées aux services de renseignements, fiscales, politiques ou personnelles, j’ai pu approfondir mon enquête au-delà de cet élément matériel.
Concernant la droite, Mediapart peut difficilement être soupçonné de partialité, pour avoir révélé sous l’ancienne présidence, les affaires Tapie, Bettencourt, Karachi, Takieddine, ou Kadhafi.
Pew. On en oublierait presque que notre ministre du Budget avait un compte en Suisse. Pourquoi parle-t-on plus du mensonge que de l’acte en lui-même ? Le second me semblant plus grave que le premier.

F.A. Je partage entièrement votre sentiment. Il ne faudrait pas que le traitement médiatique de l’affaire Cahuzac sombre uniquement dans une sorte de psychanalyse publique face aux mensonges d’un homme, et oublie le cœur du dossier, à savoir qu’un ministre chargé de lutter contre la fraude fiscale ait été lui-même un fraudeur. Il est peut-être temps que la classe politique française prenne conscience des ravages profonds et quotidiens de l’évasion et la fraude fiscale dans une démocratie, a fortiori en temps de crise.
Nicolaszin. Visiblement Jérôme Cahuzac aurait «caché» son compte dans un «compte maître». Est-ce que la justice, ou vous, allez regarder s’il n’y a pas d’autres comptes «à problème» dans ce compte maître? N'est-ce pas l’arbre qui cache la forêt ?

F.A. En effet, il est question dans le dossier de l’existence de ce que l’on appelle un compte maître, au sein d’UBS. C’est-à-dire qu’une société où un gestionnaire de fortune peut détenir en nom propre un compte structuré en sous-comptes représentant de nombreux bénéficiaires économiques cachés. Cette technique permet de masquer au sein même des établissements bancaires l’identité réelle des propriétaires des fonds cachés.
La question est donc, si l’on décide de dérouler la pelote de laine, de savoir si les intermédiaires de monsieur Cahuzac représentaient d’autres personnalités et, si oui, combien. Et pour quel montant.
Bernard974. Antoine Peillon, auteur du livre «Ces 600 milliards qui manquent à la France - Enquête au coeur de l’évasion fiscale» a déclaré sur France Inter : «Les 600 000 euros sont une blague. D’après différentes sources, la somme s’élèverait à 16 millions d’euros». Qu’en pensez-vous ?

F.A. Pour ceux que la question démocratique de la fraude fiscale intéresse, le livre d’Antoine Peillon [frère du ministre de l'Education] est à lire de toute urgence. Grand reporter à La Croix, il est celui qui connaît le mieux les arcanes poisseuses de l’évasion fiscale, et de la faiblesse de l’action politique pour la combattre. S’il évoque de telles sommes publiquement de plusieurs sources, je pense qu’il faut prendre au sérieux ses informations.
Cela vient donc nous interroger sur la réalité des aveux de monsieur Cahuzac, qui évoque un solde actuel sur ses comptes cachés de 600 000 euros. Ce que nous ne savons pas, en revanche, c’est combien d’argent a circulé, et combien a été retiré (peut-être en espèces), ou investi ces dernières années.
[Et peut-être aussi sa provenance ?...]
Juste. Mediapart a t-il subi des pressions ? Si oui, lesquelles ?

F.A. Contrairement à ce que nous avons pu connaître sous la présidence Sarkozy, Mediapart n’a pas été dans l’affaire Cahuzac la cible de dérapages verbaux orchestrés depuis le sommet de l’Etat [allégations trotskistes]. Je rappelle que pendant l’affaire Bettencourt, le secrétaire général de l’UMP avait dénoncé les «méthodes fascistes» de Mediapart [liberté d'opinion !], ou que Nadine Morano, dont nous connaissons tous la subtilité langagière [polémique?], nous avait traités d'«hitléro-troskistes [trotskistes ?]» - pour ne citer qu’eux.
Je ne parle pas non plus des surveillances dont nous avons pu être la cible sous l’ancienne présidence, comme nous l’avions raconté dans Mediapart et comme cela avait été rapporté dans le Canard enchaîné et dans le livre l’Espion du président [raconter n'est pas prouver... "Ce n’est pas parce que c’est rocambolesque que c’est vrai"]. Il faut également faire crédit à la majorité actuelle d’avoir laissé la justice travailler en toute indépendance. On ne peut pas en dire autant de la présidence Sarkozy qui avait tout tenté pour étouffer l’affaire Bettencourt, grâce au relais judiciaire du procureur de Nanterre, Philippe Courroye.
VOIR et ENTENDRE comment F. Hollande et Edwy Plenel bras dessus-bras dessous s'entendent pour chercher des noises à la droite:

Bob. Apathie [Aphatie] met en doute votre méthode de travail. Si j’ai bien compris, il vous reproche de ne pas avoir «publié les preuves de vos affirmations» si vous les aviez en possession. Qu’en est-il exactement ?
F.A. Je ne souhaite rentrer dans aucune querelle personnelle. [sic] Cela étant, je crois que l’obsession dont monsieur Aphatie a fait preuve pour discréditer notre enquête doit être analysée, comme un révélateur d’un déficit culturel démocratique dans notre pays sur l’utilité d’un journalisme [révolutionnaire] qui révèle, qui dérange, qui bouscule, qui crée de l’intranquillité [ce qui s'appelle de l'agit-prop, car Mediapart cherche à déstabiliser, mais n'a pas toujours raison].
Dans l’affaire Cahuzac, je reste sans voix quand je constate que monsieur Aphatie ou d’autres n’arrivent pas à consacrer l’enregistrement comme une preuve [un enregistrement n'est jamais une preuve à lui seul, aux termes de la loi], ce que l’enquête préliminaire a pourtant fait [parmi d'autres indices]. Mais au-delà de la question de l’enregistrement, faisons un tout petit peu d’histoire du journalisme. [Arfi pontifie volontiers !] Dans l’affaire Ben Barka [disparu en 1965, alors qu'Arfi avait 16 ans], si je devais reprendre les injonctions comminatoire de certains, où sont les preuves de l’Express? Dans l’affaire du Watergate [Arfi avait 9 ans], où sont les preuves du Washington Post? Dans l’affaire des micros du Canard enchaîné, où sont les preuves? Dans l’affaire du Rainbow Warrior, où sont les preuves du Monde? [C'est ainsi l'ensemble de la presse qu'il incrimine] Il faudrait qu’une partie de nos détracteurs comprennent qu’un journaliste a des sources, qu’il doit à tout prix protéger, et que, parfois, il a aussi des preuves. Dans l’affaire Cahuzac, nous avions les deux.
Churchill. Quelle sera la prochaine affaire sur laquelle vous allez enquêter ? Allez-vous poursuivre celle-ci en provoquant la démission d’un autre ministre ?

F.A.
 Mediapart n’a pas vocation à couper des têtes. Nous mettons sur la table des informations d’intérêt public. La démocratie fonctionne quand il existe les relais institutionnels (le Parlement, la justice...) à ces informations. Nous sommes sur de très beaux dossiers, mais vous comprendrez que nous gardions la primeur pour les lecteurs de Mediapart.

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