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lundi 4 avril 2016

Valls, socialiste nanti qui se ferait bien passer pour un Français moyen

Premier ministre, expert en optimisation fiscale et millionnaire dissimulateur

"Manuel Valls, un ministre endetté sans réel patrimoine," titrait Le Figaro 

Lors de la publication de sa déclaration de patrimoine, la presse croyait avoir cerné Manuel Valls à son arrivée à Matignon en juin dernier. Cette déclaration du Premier ministre ne faisait état que de 93.000 euros d'actifs, plaçant "P'tit Zizi" dans le "peloton de queuedu gouvernement Valls I en matière patrimoniale. 

A la nomination du nouveau gouvernement (Valls II), le 25 août 2014, quatrième gouvernement de Hollande depuis 2012, toutes les déclarations de patrimoine ont été retirées du site de la Haute Autorité pour la Transparence de la vie publique, même si la plupart des ministres sont restés à leur poste. Sa seule et unique déclaration patrimoniale remonte au 19 décembre 2014. 

Certaines étaient habilement (et parfaitement légalement) rédigées 

Du travail de pro, à en croire Charlie Hebdo paru jeudi 9 octobre 2014 ! Ainsi, outre les 93.000 euros d'actifs déclarés (déduction faite de ses dettes, des emprunts), la déclaration patrimoniale du Premier ministre socialiste ne déclarait qu'un appartement de 88 m2 à Evry, et un autre de 44 m2 à Paris. C'est dans cet appartement parisien du XIe arrondissement (Bastille) que Manuel Valls vit avec son épouse, la violoniste Anne Gravoin. Un premier ministre dans un F2, cela éveille des soupçons... 

Charlie Hebdo a révélé la combine Valls dans son édition papier du 1er octobre 2014, mis ensuite en ligne sur son site Internet un peu plus tard. Marié sous le régime de la séparation de biens, Manuel Valls ne possède qu'une seule part de la SCI Homère qui détient l'appartement du XIe arrondissement. Les 99 autres parts (sur 100) sont détenues par son épouse. 

Mais surtout, la SCI Homère ne détient pas ce seul petit studio de 44 m2, mais 16 lots de copropriété, pour un total de 210 à 250m2, le tout étant valorisé entre 1,6 et 2 millions d'euros !

Sur le plan  cadastral, le descriptif des lots est effarant
Outre les 4 chambres, ce qui est tout à fait normal sur cette surface, il y aurait également 5 salles d'eau ou salles de bains (soit une par chambre, ce qui est déjà assez luxueux) mais aussi.... 7 pièces de séjour, ainsi que 5... cuisines et 2 terrasses
On imagine aisément que certaines pièces décrites comme "cuisine" dans le cadastre ont pu depuis changer d'affectation. Et Le Point avait osé qualifier de "bohême" ce logement, rappelle Charlie Hebdo. 

Comme par magie, le F2 s'est transformé en un somptueux appartement (duplex ?) de 11 pièces, voire 15, si on admet qu'une seule cuisine suffit au couple Valls, et que les 4 autres ont été transformées en bureau, salon télé, dressing ou encore buanderie... "On en connaît d'autres qui adoreraient vivre dans une telle bohème," dixit Charlie Hebdo. 
Ni Cécile Duflot, ministre EELV du Logement, ni DAL (proche du NPA du trotskiste Olivier Besancenot), qui apitoient les artistes Guy Bedos, Jean Rochefort ou Josiane Balasko, ni les amis de Julien Bayouconseiller régional d'Ile-de-France, ancien agitateur des collectifs Génération précaire et Jeudi Noir, que l'on retrouve en 2010 et 2011 dans l'opération de militants pro-palestiniens "Un bateau pour Gaza" (pour une Paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens) et aux côtés d'Eva Joly, puis de Jérôme Kerviel, aucun n'a interpellé le socialiste donneur de leçon sur son patrimoine.
La part de Manuel Valls dans la SCI montée avec son épouse ne vaut donc en effet que quelques milliers d'euros
en fonction du montant de l'emprunt probablement contacté par la société civile pour acheter les 16 lots de copropriété. La déclaration de patrimoine de Manuel Valls raconte donc l'histoire d'un homme politique "sans réel patrimoine", selon le très crédule journal Le Figaro, ce qui est comptablement exact. 
En revanche, même sous le régime de la séparation de biens, les époux sont censé être solidaires sur un certain nombres d'actifs, à commencer pour les impôts qui taxent les revenus et les biens du couple, quel que soit le contrat de mariage auquel ils ont souscrit. 

Alors, Manuel Valls et Anne Gravoin devraient il payer l'ISF ? 
Le Monde sait parfois être compréhensif...
Eh bien, non, s'ils ne possèdent absolument rien de plus, ou encore s'ils sont (lourdement) endettés par ailleurs. L'appartement logé dans la SCI est certes valorisé autour de 1,25 million d'euros (abattement de 30% sur la résidence principale déduit), soit juste sous la limite des 1,3 million, déclenchant l'ISF. Le hasard est bon prince... 
Mais la SCI s'est certainement endettée en 2010 pour en faire l'acquisition : Cette dette vient en déduction de l'actif taxable, ce qui "laisse de la place" dans le patrimoine des époux Valls pour posséder d'autres biens !

Or, justement, Manuel Valls a déclaré un appartement de 88 m2 à Evry, dont on ne connaît pas la valeur, mais cela représente tout de même quelques centaines de milliers d'euros, puisque situé en banlieue parisienne (Sud). 

En fait, pour que les époux Valls ne soient pas soumis à l'ISF en 2015, il faut que leurs dettes (dans la SCI ou ailleurs) soient équivalentes au montant de leurs autres actifs, en dehors de l'appartement du XIe. S'ils possèdent pour 600.000 euros d'autres biens immobiliers, la SCI (ou eux-mêmes, directement) doivent être endettés à hauteur du même montant, pour ne pas dépasser le seuil ISF des 1,3 million d'euros. 

Au final, la déclaration de patrimoine transmise par Manuel Valls lors de son arrivée à Matignon (et avant, quand il était ministre de l'Intérieur) était manifestement régulière, mais en revanche, tout sauf sincère ou loyale. Cacher 99 % des parts d'une SCI détenant un actif de près de 2 millions d'euros, en les mettant au nom de sa femme, pour ne pas avoir à en déclarer le montant ou l'existence, en tant qu'homme politique est certes permis par la loi. les juges aux affaires familiales connaissent cependant la chanson : lors de la dissolution d'un mariage, on recherche toujours l'origine des fonds ayant servi à l'acquisition des biens détenus en indivision.
Avec ses cachets de violoniste, Anne Gravoin payerait 99 % des mensualités de l'emprunt de la SCI, et aurait apporté 99 % de l'apport initial ? Soit ! 
Mais peut-être pas, puisque le financement de son orchestre de chambre, l'Alma Chamber Orchestra, n'est pas non plus un montage très clair...

Au final, tout conduit à soupçonner une manoeuvre destinée à "blanchir" Manuel Valls d'une etiquette de bourgeois nanti. Il est en effet plus difficile de demander aux Français de se serrer la ceinture quand on est millionnaire, voire multi-millionaire, que lorsque l'on déclare un "patrimoine" de 93.000 euros à 52 ans ! 
Le patrimoine de François Hollande aussi a été décortiqué (pour ce qui en est connu, SCI La Sapinière: cf. libellé PaSiDupes) pour vérifier s'il aurait dû s'acquitter de l'ISF, tant avec Ségolène Royal que Valérie Trierweiler. 
Plus récemment, Emmanuel Macron a également intrigué: comment les 2 millions d'euros (bruts) touchés chez Rothschild ne l'ont-ils pas non plus asujetti à l'ISF les années suivantes... Mais l'intéressé a expliqué avoir fait d'énormes travaux de rénovation dans sa maison du Touquet. Oubliant cependant au passage que ces travaux, sauf si la maison menaçait de s'effondrer et qu'il s'agissait de la sauver, ont fort logiquement créé de la valeur, et augmenté celle de la maison aux yeux du fisc... 
Sauf à admettre que ces deux millions d'euros ont été investis dans la maison à fonds perdus... Comme les allocations aux faibles revenus pour stimuler le pouvoir d'achat ou les subventions gouvernementales à l'économie française.

mercredi 9 mars 2016

Loi Travail: vademecum à l'usage des lycéens qui manifestent pour manifester

Quel et le vrai (et le faux) des arguments entendus sur la loi Travail ?

Quand 
les étudiants interrogés par la presse savent parfois -à grands traits flous- CONTRE quoi ils défilent,  ils ne semblent pas connaître le POUR du projet

Faute de concertation du gouvernement socialiste avec les représentants des salariés et des étudiants, pourtant très marqués à gauche, le texte du projet de réforme du Code du Travail n'est connu que pour ce qui en a fuité.  Il n'existe pour l'heure qu'un avant-projet de loi adressé... le 18 février au Conseil d'Etat, puis diffusé par le cabinet de la ministre du Travail, pour être présenté par  Myriam El Khomri, le 9 mars en Conseil des ministres. Le projet que Manuel Valls lui fait porter vise à "instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs".
Ces lignes sont plus largement destinées à ceux et celles qui veulent apprendre... alors que les syndicats de lycéens et d'étudiants, soutenus par la CGT et FO, appellent à une première  journée de mobilisation ce mercredi 9 mars. Ce texte qui prévoit une réforme du code du Travail est donc toujours en cours d'écriture, particulièrement depuis que le gouvernement a été contraint d'ouvrir -et non rouvrir- des négociations avec les partenaires sociaux, sous la pression de la gauche, depuis les frondeurs socialistes emmenés par Martine Aubry, jusqu'à l'extrême gauche, déterminée à rejouer la scène du rejet du CPE (contrat première embauche), un type de contrat de travail à durée indéterminée (CDI), à destination des moins de 26 ans prévu par l'article 8 de la loi pour l'égalité des chances du 2 avril 2006, abrogée le 21. 
Hollande redoute plus que tout que la jeunesse, dont il avait fait une priorité de son quinquennat, ne lui arrache la démission de Valls, son premier ministre détesté, qualifié de "p'tit zizi" par les agriculteurs.

"L'objectif de cette réforme n'est pas de précariser la jeunesse,
assure sa mère-porteuse, 
pour les convaincre, mais d'encourager l'embauche en CDI", au risque de les tromper sur les conditions restrictives que cela implique. Génération précaire qu'on identifie à Julien Bayou (ex-stagiaire à Alternatives économiques, ex-conseiller d'Eva Joly, candidate EELV à la présidentielle 2012 et chargé de campagnes pour Avaaz, ONG de cybermilitantisme) riposte d'ailleurs : "Cette réforme les précarise pendant leur CDI. C'est un non-sens social. On ne se bat pas pour avoir un contrat de travail au rabais", dit ce collectif de stagiaires connu pour ses 'flashmobs', visages dissimulés derrière des masques blancs, et ses interventions médiatisées.

Ce projet de loi concentre les dissensions idéologiques, particulièrement au sein de la gauche. Qui dit vrai? Pour se faire une religion, il faut se pencher sur les arguments des uns et des autres pour démêler le vrai du faux contenu dans sept points clés de l'avant-projet de loi.

Les indemnités prud’hommales seront réduites ?

C'est vrai. Le gouvernement veut plafonner les indemnités selon l'ancienneté du salarié. Trois mois de salaire pour un salarié dont l'ancienneté est inférieure à deux ans, six mois entre deux et cinq ans, neuf mois entre cinq et dix ans. Le maximum est de 15 mois pour une ancienneté de plus de 20 ans. Selon une étude du ministère de la Justice portant sur les 401 arrêts rendus par les Prud'hommes en octobre 2014, la réforme est globalement défavorable aux salariés, particulièrement pour ceux ayant entre deux et dix ans d'ancienneté.

Le gouvernement justifie cette baisse. Il assume de reprendre à son compte une proposition du patronat "au nom de l'emploi". Selon Emmanuel Macron qui avait tenté d'introduire la disposition dans sa loi (elle a été retoquée à l'époque par le Conseil constitutionnel), la mesure est censée donner de la visibilité aux chefs d'entreprise. En clair, dans un contexte de chômage record, il pense qu'en permettant aux dirigeants de savoir combien leur coûtera la séparation d'un salarié, ils seront plus enclin à embaucher en CDI au moment où 90% des nouvelles embauches se font en CDD.

On pourra licencier plus facilement

C'est vrai. Alors qu'il appartient aujourd'hui au juge de dire si un licenciement économique est justifié, le projet de loi envisage de dégager des critères objectifs qui permettront à l'employeur de décider si un licenciement est "juste". En cas de baisse du chiffre d'affaires (ou du carnet de commandes) pendant plusieurs mois consécutifs, un employeur pourra se séparer de salariés. De plus, les groupes internationaux qui possèdent une entreprise en France n'auront plus à justifier de difficultés au niveau du groupe dans son ensemble mais seulement de son entreprise en France.

Ce que le gouvernement défend. Comme pour les indemnités prud'homales, le gouvernement fait de ce point une concession aux chefs d'entreprise pour les inciter à l'embauche, selon le principe que plus les conditions pour se séparer d'un salarié sont lisibles, plus ils sont incités à embaucher.

C'est la fin des 35 heures

Et c'est faux, si on considère que l'avant-projet de loi portée par El Khomri pose deux principes: la durée légale du travail effectif des salariés à temps complet est fixée à 35h par semaine et "toute heure accomplie au-delà est une heure supplémentaire" qui ouvre droit à une compensation. La majoration de minimum 10% est également maintenue. Et contrairement à la rumeur, rien ne change sur la durée maximale de travail qui reste fixée à 48h (plafond européen) auquel il est possible de déroger jusqu'à 60h.

Mais le diable est dans les dérogations. La loi envisage de pouvoir déroger plus longtemps à cette durée légale de 35 heures. En cas d'accord dans les entreprises, les salariés pourront travailler jusqu'à 44 ou 46h par semaine pour un maximum de 16 semaines (contre 12 aujourd'hui). 
De plus, en cas d'accord d'entreprise, il sera possible de descendre sous les 25% de majoration salariale qui sont la norme pour les heures supplémentaires.

Les mineurs pourront être appelés à travailler plus

C'est vrai. Le projet de loi prévoit d'assouplir les conditions de travail des apprentis mineurs qui ne peuvent pas travailler aujourd'hui plus de 8h par jour et 35h par semaine, sauf autorisation de l'inspecteur du Travail. A "titre exceptionnel ou lorsque des raisons objectives le justifient", ces durées pourront passer à 10 et 40h. De plus, il suffira que l'inspection du Travail soit informée.

Comment le pouvoir socialiste se justifie. Selon l'exposé des motifs, le gouvernement (qui vient de se doter d'une secrétaire d'Etat à l'Apprentissage, Clotilde Valter) entend -à son tour et après quatre ans- "développer l'apprentissage" et adapter le rythme de travail de l'apprenti "à celui de la communauté de travail dans laquelle il évolue". Seuls quelques secteurs, dont le bâtiment, seront concernés.

C'est la fin du pouvoir de négociation des syndicats

Les syndicats pourraient perdre
leur emprise sur les salariés
C'est vrai. Le texte prévoit que les accords collectifs signés dans l'entreprise doivent l'être par des syndicats représentant au moins 50% des salariés (ou par des syndicats représentant 30% des syndicats, si ceux représentant la moitié des salariés ne s'y opposent pas). C'est le cas aujourd'hui. Seulement pour éviter des blocages, une consultation des salariés par référendum pourra être organisée pour valider les accords et passer outre l'opposition des syndicats hostiles. 

Des garde-fous... Ce référendum d'entreprise ne pourra pas se faire à la demande de la direction, comme ce fut le cas pour Smart. Ils pourront seulement être proposés par des syndicats représentant au moins 30% des salariés.

Le repos quotidien n'est plus protégé

C'est vrai. Alors qu'aujourd'hui la loi prévoit qu'entre deux journées de travail, un salarié doit avoir un repos consécutif de 11h, le texte de loi prévoit que ce repos puisse être fractionné.

Un bémol... Le projet de loi émet deux conditions: cela ne peut intervenir que sur demande du salarié et par accord d'entreprise qui devra alors fixer une durée minimale de repos consécutif.

Une journée d'astreinte, comptée comme une journée rémunérée de repos

C'est vrai. Quand un salarié d'astreinte n'intervient pas, son temps d'astreinte est considéré comme du repos (mais il est rémunéré). Le projet ne change pas cette règle.

Pourtant... Aujourd'hui un salarié qui travaille pendant son astreinte à droit à 11 heures de repos à l'issue de son intervention. Le texte envisage d'accorder un repos dont la durée ne pourradépasser la durée de l'intervention.

lundi 5 octobre 2015

Régionales: (contre-) référendum et fuite en avant d'une gauche désunie

Face à un Waterloo annoncé, la gauche préfère se saborde avant de se faire battre 

Le PS confronté à un contre-référendum
Cambadélis a réprimandé le porte-parole d'EELV
pour sa "primaire de l'espoir"
La gauche ne dissimule plus sa désunion, malgré l'approche du premier tour des élections régionales ou à cause d'une défaite annoncée.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a annoncé samedi 19 septembre la tenue d'un référendum "pour l'union de la gauche" aux élections régionales.
"La question sera assez simple, vous le verrez dans quelques jours : elle portera sur 'oui ou non à l'unité dès maintenant pour les élections régionales?'", a indiqué le premier secrétaire du Parti socialiste devant la presse à l'issue du conseil national du PS
Du 16 au 18 octobre, ce référendum officiel du Parti socialiste "se fera sur trois jours avec des urnes dans chaque marché et un site dédié pour pouvoir voter en ligne", a-t-il dit sur le compte Twitter officiel du PS. "C'est un bon moyen de dépasser les partis tels qu'ils sont aujourd'hui et de s'adresser directement au peuple."

En réplique, des militants ont lancé, lundi 5 octobre, un contre-référendum, en réponse à celui initié par Cambadélis. Désormais, deux propositions s'opposent à gauche. Celle du PS : "Face à la droite et l'extrême droite, souhaitez-vous l'unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales ?" Et celle de ses militants : "Face à la droite et l'extrême droite, souhaitez-vous que le gouvernement tienne ses engagements et mène une politique de gauche ?" Aux sympathisants de gauche de choisir et de voter oui ou non à celle qui emporte leur préférence.

Ce n'est "pas une initiative officielle" des écologistes d'EELV

Les militants de gauche contestataires ont retenu les mêmes dates pour leur "autre référendum", lancé sur le web. 
Parmi eux, figure le porte-parole d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Julien Bayou, soutenant Eva Joly ci-contre. Il affirme cependant que ce "n'est pas une initiative officielle" de son parti.

Reste que les initiateurs de ce contre-référendum accusent le premier secrétaire du PS de "chantage au FN", alors qu'il plaide pour l'union aux régionales, face notamment aux chances de victoire du Front national dans plusieurs régions, les 6 et 13 décembre.
"Si les écologistes réagissent de cette façon-là en essayant de détourner notre référendum, c'est qu'ils ont parfaitement compris que l'électorat écologiste ne comprend pas cette alliance avec Jean-Luc Mélenchon, qui détourne l'écologie de ses buts, qui vise simplement à essayer de construire une alternative sur notre gauche", a réagi Jean-Christophe Cambadélis.

Julien Bayou plaide en faveur d'une primaire ouverte aux frondeurs du PS en vue de 2017


L'hégémonique PS a promptement et fermement réagi.
"Primaire de l'espoir" pour l'un, "primaire de la radicalité" pour l'autre.

Le 1er octobre a été un Jeudi noir pour Cambadélis.
Dans une longue tribune publiée jeudi matin, le représentant de l'aile gauche d'EELV, le poulain drivé par Eva Joly, estime qu'il y a des "leçons à tirer" de l'expérience de Syriza en Grèce


J. Bayou, activiste de
Génération précaire
Dans le prolongement du meeting du 19 janvier qui a rassemblé à la même tribune écologistes, représentants du Front de gauche et socialistes frondeurs, Julien Bayou cherche à ratisser large, au-delà des partis. Dans son texte intitulé 'Pour une primaire de l'espoir: dépassez-vous, unissons-nous', le cofondateur du collectif Jeudi-Noir défend "une primaire ouverte aux mouvements citoyens qui veulent contribuer à forger une nouvelle offre politique et civique". "Je le dis clairement nos camarades socialistes frondeurs y ont toute leur place, et leur participation est même déterminante", écrit le porte-parole. "A Cécile Duflot, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Pierre Larrouturou, Benoit Hamon, Christiane Taubira, Arnaud Montebourg, Clémentine Autain et tous les autres, je dis ceci: il est temps de faire mouvement", ajoute-t-il. Il précise qu'il limite son invitation "au PS qui ne recule pas devant la finance." 

Cambadélis est encore prêt à faire le coup de poing


Il dénonce une "attitude irresponsable." Quelques heures après la publication de la tribune, Jean-Christophe Cambadélis publie un communiqué lapidaire intitulé "La machine à diviser, ça suffit !" "Julien Bayou propose ni plus ni moins qu'une scission dans le Parti socialiste pour organiser les primaires de la radicalité", s'étouffe Kostas. Pour le premier secrétaire du parti, "c'est un accroc inadmissible dans l'union de la gauche". Il conclut ces quelques lignes sur une menace à peine voilée des socialistes qui seraient tentés par l'idée d'une primaire avec les autres forces de la gauche: "La gauche divisée, c'est la gauche éliminée", met-il en garde.

Julien Bayou se dit "étonné" par cette "attaque personnelle". 

Bayou, devant J-Baptiste Eyraud (DAL) et Balasko 
"C'est me faire beaucoup d'honneur que de s'adresser à moi", ironise-t-il. Il estime que Jean-Christophe Cambadélis a "mal lu" la tribune, puisqu'elle n'appelle pas à la division mais au "rassemblement". "Je ne comprends pas le ton de son communiqué, il a des réflexes de surveillant général", regrette l'écolo de 35 ans. Tout juste rentré d'Athènes, où il a assisté au sacre de la coalition de gauche Syriza, il estime qu'il y a du "pain sur la planche" pour construire un projet. Il assure que Benoît Hamon a hésité à venir avec sa délégation soutenir Alexis Tsipras, et que plusieurs soutiens d'Arnaud Montebourg étaient de la partie. "La condition du succès est d'être le plus ouvert possible", a insinué cet ancien chargé en 2013 de campagnes pour Avaaz (cf. libellé), ONG de cybermilitantisme et de flash-mobs.

Début février, une rencontré est organisée dans le cadre des "chantiers de l'espoir", pour construire une alternative. Cécile Duflot, Emmanuelle Cosse, patrone d'EELV, ainsi que Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Clémentine Autain 
ont déjà signé l'appel, ainsi que  des dirigeants de l'aile gauche du PS.

dimanche 5 octobre 2014

Chevènement, le locataire des HLM de Paris qui loue des lofts

Ancien ministre socialiste vertueux type

Jean-Pierre Chevènement avait déjà été mis en cause pour son modèle d'éthique

Un phobique de la quittance de loyer?
Le candidat à la présidentielle 2012 était encore moins exemplaire qu'il y paraissait, vu que plusieurs fois ministre, député, sénateur et maire il était locataire à la Ville de Paris d'un logement "social" parisien qu’il occupait personnellement. Le refus de Jean-Pierre Chevènement de rendre ses 120 m² aux défavorisés, après tant d'années (depuis 1983), n'avait nullement indigné la gauche. Des spécialistes qualifiaient pourtant son loyer de "très modéré" (1.519 euros/mois, à l'époque) par rapport aux prix du marché dans le quartier du Panthéon.
Il ne voulait pas plus en décaniller, pas plus que Delphine Batho.

Un socialiste masqué de plus
Julien Bayou, activiste
au regard sélectif
J.-P. Chevènement a en effet été co-propriétaire d’un immeuble
Sis à Ivry-sur-Seine, deux lofts ateliers-appartements de cet immeuble de rapport étaient loués à des artistes, intermittents ou bobos.
Le candidat nécessiteux à la présidentielle était associé depuis 2005 dans une Société Civile Immobilière, la "SCI Camille Claudel", propriétaire de l'immeuble d'artistes dans la ville communiste d'Ivry-sur-Seine. Ce bien immobilier avec vue sur Seine, dans le pur style bobo, est situé dans un quartier où le prix moyen du m2 était évalué à 3.600 euros. Aujourd'hui, l'immeuble regroupe, outre des artistes, un restaurant et des appartements. 
Pierre Bertheau, concepteur du projet, détaille l'historique du "107", nom de l'immeuble dans le milieu branché : "C'est avant tout un ensemble d'ateliers d'artistes. A l'époque on avait monté ça à 2.000 euros le m². Aujourd'hui (au début des années 2010) effectivement ça a pris de la valeur". Mais les ateliers sont-ils habités ? "Oui, certains en on fait également des appartements". Les ateliers avaient, en effet, dès le départ, été conçus pour être habités de façon permanente. Sachant que les surfaces vont de 75 m² à 140 m², il y a effectivement, en poussant un peu la ferraille, de quoi faire un très bel appartement !

Les Chevènement ne coucheront pas sous les ponts.
Si sa femme, la sculpteuse sur métal Denise "Nisa" Chevènement, a dû déménager son bruyant atelier dans un autre secteur d'Ivry (Val-de-Marne dont le président est PCF), le politicien socialiste n'a été traversé d'aucune prise de conscience, ni sursaut républicain donc, à la suite du malaise suscité par la révélation de son occupation d'un logement social de la Mairie dans le très recherché Ve arrondissement. Les époux Chevènement ont toutefois fini par donner une autre destination à leur appartement-atelier en le mettant tout simplement en location.
Nisa est en effet gérante d'une autre Société Civile Immobilière, la SCI Bayadère, créée en 1992 et installée, non pas dans le XXe, mais rue Suger (VIe), où le prix du m² avoisinait les 13.000 euros. La transparence étant ce qu'elle est, savoir si cette société gère un appartement luxueux ou une simple chambre de bonne ou d'immigré.

Le voisinage des époux Chevènement
Le collectif 4Sauvons les riches4
s'est-il invité au restaurant Laurent
ou à la Maison de l'Amérique latine ?
Leur ghetto comporte une vingtaine d'associés. Outre, les pro-nucléaires Chevènement, et leurs bêtes noires Emmanuelle Brisse, compagne de Bruno Rebelle, ancien dirigeant de Greenpeace et actuellement membre d'Europe Écologie-Les Verts.  Pourtant, Emmanuelle Brisse, également ancienne responsable de Greenpeace, nie en bloc tout lien entre elle-même et l'ancien ministre, puisque "je n'ai jamais rencontré Jean-Pierre Chevènement, je ne le connais pas. 
On était au début dans ce projet (la SCI Camille Claudel) mais on s'en est retiré très vite, on n'a même jamais eu les clés d'un des appartements", assure-t-elle, tout en continuant de signer  des papiers de co-propriété portant clairement le nom de Jean-Pierre Chevènement, de sa femme et de leur fils Raphaël Chevènement (qui possède donc aussi un appartement dans le même immeuble) et tandis que Bruno Rebelle twittait sans vergogne : "Malgré les pressions, Chevènement ne veut pas quitter son logement social à Paris, qu'elle honte !". 

La gauche extrême fermait les yeux

Bayou prépare son DEA
dans la rue
Détourner le regard n'est pas, croyait-on, son style.  Occupés et d'un bon rapport, DAL n'avait jamais pu y héberger des sans-abris et les Jean Rochefort (un habitué de La Baule et Deauville) et autres Balasko n'avaient rien soupçonné... 

Qu'est-ce qui empêchait Julien Bayou
, un conseiller d'Eva Joly, une magistrate vertueuse et candidate des Verts radicaux (EELV) à la dernière présidentielle, d'aller y organiser une animation spontanée devant les caméras?
Détenteur d'un DEA en économie internationale (!), qu'on peut imaginer aussi mérité que celui de J.-Christophe Cambadélis, tant il est accessible aux acteurs politiques socialistes (), Julien Bayou s'est beaucoup consacré à l'agitprop dans de multiples réseaux, collectifs ou réseaux (appelez ça comme vous voulez) : Génération précaire, Jeudi Noir, La France qui se lève tôt (mouvement), ASSO (Action des Salariés du Secteur Associatif, un syndicat), En 2011, tout en obtenant une licence de droit par correspondance (sésame pour le DEA), Bayou se disait choqué par la décision de la Ville de Paris de ne plus poursuivre l'ancien président Jacques Chirac dans l'affaire des emplois fictifs et participait à l'opération pro-palestinienne "Un bâteau pour Gaza" avec Olivier Besancenot (LCR)... 
Fin 2012, avec Stéphane Pocrain (l'homme des petites phrases et autres éléments de langage de la candidate), il fait partie de l'équipe de campagne d'Eva Joly et de l'expédition contre le bâtiment du 2, rue Valenciennes (Xe) pour y loger des habitants soutenus par le collectif Jeudi-Noir et DAL. En juin 2013, il s'engage aux côtés de Jérôme Kerviel.
Une telle débauche d'énergie impose un regard sélectif qui ne permet pas de garder un oeil vigilant sur son propre camp.

L'ex-ministre de l'Intérieur et de la Défense, mais aussi de ...l'Education nationale n'avait pas eu  - à lui seul -  l'idée généreuse d'en offrir la jouissance à des mal-logés.

samedi 24 novembre 2012

Notre-Dame-des-Landes, Larzac de F. Hollande

Aéroport d'Ayrault: huit interpellations et trois blessés dont un gendarme

"Répression socialiste", selon le Nouvel Observateur


Double langage PS:
 Ayrault condamne 
"toutes les violences"
sur le site de son aéroport,
mais, cohérent",  envoie les gendarmes mobiles



Des victimes ont été recensées au cours des affrontements entre forces de l'ordre et occupants hostiles au projet Ayrault d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes,  a annoncé la préfecture.

Jean-Marc Ayrault a décidé d'user de la force




Des moyens disproportionnés


Manuel Valls a donc lancé les gendarmes mobiles vendredi matin dans une vaste opération d'expulsion et de destruction de squats d'opposants sur le site du futur aéroport de la ville du Premier ministre socialiste. Cette opération, qui a repris samedi matin, était en cours depuis l'aube.
VOIR et ENTENDRE un reportage du Nouvel Obs consacré, le 23 novembre 2012, à l'éradication du "kyste" (propos du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls) d'écolos radicaux dans le bocage nantais 


Le gendarme est victime d'un "trauma sonore", a-t-on indiqué de même source. 
En revanche, aucune précision n'a en revanche fuité sur la gravité des blessures des deux opposants qui ont été évacués par les pompiers. Ces derniers avaient été appelés par les opposants, a-t-on précisé de même source.

VOIR et ENTENDRE ce reportage consacré à la manif du 17 novembre et présentant les points de vue des altermondialistes, tel Julien Bayou (Génération précaire, Jeudi noir et chargé de comunication de la candidate bi-nationale à la présidentielle, Eva Joly), des révolutionnaires trotskistes, tel Olivier Besancenot,  et autres anarcho-révolutionnaires:
   



Présent sur le terrain le 17 novembreJean-Luc Mélenchon (Parti de gauche et ex-candidat des communistes à la présidentielle), le fait savoir: lien MP3









Au lendemain de l'opération menée par Manuel Valls contre le "kyste" d'opposants, les irréductibles "vigilants" résistent à la répression socialiste.


Parmi les personnes interpellées, l'une était en possession d'un cocktail molotov  et l'autre d'une fronde, a-t-on indiqué.
Les combattants du Larzac rempilent contre le projet "mégalo" d'Ayraultport à Nantes


Lorsqu'en octobre 1971, le gouvernement, sous la direction  de Michel Debré, ministre d'État, chargé de la Défense nationale, décida de l'agrandissement du camp militaire du plateau du Larzac, qui s'étend au sud du Massif central entre Millau (Aveyron) et Lodève (Hérault), les paysans et leurs sympathisants s'opposèrent à ce projet d'extension, qui fut finalement annulé en 1981 par le nouveau président de la république, François Mitterrand.
En 1962, le camp constitua un des centres d'accueil des rapatriés d'Algérie (CARA) destiné à héberger les harkis et leur famille. Le Larzac a accueilli plus de 12 000 d'entre eux dans des tentes.

VOIR et ENTENDRE un rappel des faits au Larzac:


Lors des heurts de vendredi dans le bocage nantais, deux gendarmes, un manifestant et deux journalistes ont été blessés.

Sur les trois personnes interpellées, deux ont été relâchées après un contrôle d'identité, indique la préfecture.