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lundi 27 avril 2020

Des Parisiens du 18e dansent dans la rue pendant que meurent des contaminés au Covid19

Des rebelles aux règles de la vie en communauté ont sottement brisé le confinement, méprisant leurs congénères

Des passants se sont trémoussés sur un air de Dalida samedi, dans le 18e arrondissement de la capitale, jusqu’à l’intervention de la police.

Vidéo. À Paris, des passants dansent dans la rue en plein confinement
'Le Parisien' en dénombre objectivement une vingtaine...
Les images ont provoqué de vives réaction d'indignation sur les réseaux sociaux. Samedi, en fin d’après-midi à Paris, plusieurs dizaines de passants se sont amassés sur une place du 18e arrondissement pour danser sous un balcon, qui diffusait de la musique, rapporte Le Parisien.
Dans une vidéo postée sur Twitter et partagée près de 20.000 fois, un journaliste écrit : "Le 18e vient officiellement de s'auto-déconfiner (et il aimerait qu'on le laisse danser)".

"Laissez-moi danser"

Coronavirus : sauvez des vies, restez chez vous | Agence régionale ...
Place Constantin Pecqueur ('square Joël-Le-Tac'), dans le quartier des Grandes-Carrières, au pied de la butte Montmartre, des écervelés se sont laissé entraîner par la musique de la célèbre chanson de Dalida, bravant jusqu’à l’arrivée des policiers les règles de confinement et de distanciation sociale qui sont édictées pour les protéger, mais aussi tous ceux que menacent le virus tueur, au premier rangs desquels, les soignants, mais aussi les transporteurs et livreurs qui leur permettent de continuer à s'alimenter.

Sur la vidéo postée sur Twitter, on peut en effet voir "une vingtaine" d’habitants  - en vérité, plusieurs vingtaines, si on élargit le plan (cf. ci-dessous) - danser sous le regard de passants responsables étonnés, certains fixant même les preuves avec leur téléphone
Tandis qu'une certaine presse se refusait à faire des vagues, les internautes ont lâché des commentaires de condamnation.

Le 18ème vient officiellement de s’auto-déconfiner (et il aimerait qu’on le laisse danser).


"Dépassé" par les événements

L'Express parle de "bal de rue" "organisé", alors, face au scandale, l’auteur de la vidéo s’est senti obligé de rétro-pédaler pour ne pas subir la colère des "libertaires" du 18e arrondissement (qui dispose de quatre mosquées), géré comme il peut par un socialiste, successeur de Daniel Vaillant. Au premier tour des municipales de 2020, Eric Lejoindre a rassemblé 31,66% des suffrages exprimés, contre 39,86 %, six ans plus tôt. Et le député est Pierre-Yves Bournazel (Agir !): ni l'un ni l'autre ne s'est exprimé sur cette rupture du confinement...

Mais l'argumentaire du vidéaste vole bas...
Quand la presse foireuse faillit à son rôle éducatif

"Précision pour nuancer des réponses très violentes.
Le 18e est très confiné [le contexte n'est-il pas le même dans le 15e ?]. Il s’agissait de 20–30 personnes [jugez vous-même] dansant sous un balcon plus des badauds ébahis [et participants sans respecter les règles de distanciation]Une minute après mon arrivée [et depuis combien de temps avant ?], la police a mis fin à la musique avant même que Dalida ait fini de chanter", a-t-il tenté d'expliquer dans un second tweet. 

Un "bal" de rue qui avait été organisé dans le 18e arrondissement de Paris a été interrompu ce samedi par la police.Le résident qui a diffusé la musique sur son balcon, a tenu lui aussi à s’expliquer sur Instagram. L'individu à l'origine du "concept" et des troubles tient un compte "Discobalcons" sur lequel il fait régulièrement des directs vidéo, indique Le Point. Il y filme des passants interpellés par sa musique, mais cette fois l'artiste a été "dépassé par les événements" !...
La presse lui donne largement la parole et il assure qu’il "n’a jamais rassemblé autant de monde sous son balcon" et que ces petits rendez-vous musicaux organisés le samedi [et nous en sommes à la 7e semaine de confinement] "n’auraient désormais plus lieu". Il diffusera uniquement une musique à 20 heures en semaine pour soutenir les soignants, mais "l’éteindra si un rassemblement venait à se reformer". 

Plus les jours passent, et plus le respect du confinement devient pénible et difficile à respecter par les Français qui ne savent pas prendre sur eux-mêmes. Et la capitale - encore moins la Butte Montmartre - n'est difficile à vivre le samedi, même au 40e jour de confinement, le même pour tous... Certains y voient une chance.

L'ennui, c'est aussi que cette vidéo postée sur Twitter révélé ce que dissimulait la presse institutionnelle qui fait moins d'information de terrain que de propagande en salle et en studio

Le document a bien naturellement mis le feu sur le réseau social, et bien au-delà, puisque les slogans tels que "Restez chez vous: sauvez des vies" paraissent bien vains dans certains milieux.

Si cette extravagance n'a pas duré très longtemps, c'est que les forces de l'ordre n'ont pas tardé à ramener les inconscients à la raison.
Et si elles sont arrivées vite, c'est aussi que ce n'était pas la première fête de rue à cet endroit.

Le Parisien, qui n'hésite pas à publier des contre-vérités, écrit en revanche que le "spectacle" a pris fin au bout de "quelques secondes de relâchement", certes qualifiées avec indulgence de "coupables", mais le quotidien condamne "en même temps" les nombreux internautes que cette mise en danger de la vie d'autrui a "suffi à rendre fous de rage".

Cette incitation au déconfinement n'est pas la première.
Alors qu'avec constance d'autres applaudissent chaque soir les soignants en respectant à leurs fenêtres les règles de distanciation sociale, certains  bravent les recommandations des "scientifiques" et prennent des risques qui mettent en péril des vies humaines, celles de leurs proches et des soignants.

La presse ne précise pas si les inconscients ont été verbalisés.
Il se dit toutefois que la dispersion s'est effectuée dans une ambiance bon enfant: les danseurs se sont carapatés comme des garennes.

Alors que la France est confinée depuis plus de quarante jours, le gouvernement doit annoncer mardi un plan déconfinement qui devrait prendre effet à partir du 11 mai. Seulement pour ceux et celles que ça intéresse ?...

jeudi 12 mars 2020

Candidat LREM aux municipales et pourtant propriétaire vivant en HLM

Et ce n'est ni Le Figaro, ni BFM qui le dit...

Il est planqué au fond d'une liste de Buzyn

Et il appartient à la communauté des "chances pour la France"

D
iscrètement logé au 17e rang sur la liste de Pierre-Yves Bournazel dans le 18e arrondissement de Paris, un certain Mohamed Midani M Barki, occupe actuellement un logement social avec sa compagne, révèle Le Parisien du mercredi 11 mars. Qu'une des priorités du programme d’Agnès Buzyn soit de "mieux contrôler le logement social, ça ne dérange en rien ce candidat LREM et protégé de l'adjoint au Logement de la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, le communiste Ian Brossat… 

Or, ce personnage si peu transparent et républicain est propriétaire d’un appartement. Contacté par le quotidien francilien, l’intéressé ne s’en cache même pas, avec l'arrogance des protégés du prince qui nous gouverne ! 

Un appartement qui lui a rapporté 11.070 euros en 2015

Agir, la droite constructive (comme Riester) et tête de liste LREM dans le XVIIIe arrondissement de Paris),
 Bournazel demande "un meilleur suivi des familles" logées en... HLM !

Avec pignon sur rue à Montmartre, Paris XVIII, ce peintre de métier a obtenu un logement social au cœur de "son" quartier, un atelier d’artiste avec terrasse, rapporte Le Parisien. Un logement de 73 m² au sol, loué à 652 euros par mois et 188 euros de charges mensuelles

Seulement, Mohamed Midani M Barki dispose également d’un appartement place du Tertre, dans le 17e arrondissement, dont il est propriétaire. Il en avait même "un autre de 30 m²", mais l’a "vendu". 
Sa compagne, artiste également, est aussi propriétaire d’un appartement rue du Montcenis, dans le 18e arrondissement. 

Le peintre de Montmartre a d’ailleurs parfaitement exploité ses différents appartements. L’un d’eux lui a rapporté 11 070 euros sur la seule année 2015. Il continue de louer celui de la place du Tertre sur une plateforme. 

Le logement social, l’une des priorités de Griveaux d’Agnès Buzyn.
Mais pas de problème pour l’intéressé qui n’a "rien à se reprocher", "rien à cacher". "J’ai attendu 14 ans pour obtenir ce logement. Et la Régie immobilière de la ville de Paris, dont dépend sa HLM connaissait l’existence de nos appartements", se défend-il, accusant la RIVP. Mohamed Midani M Barki avait obtenu son logement en d'autres temps, sur intervention de l'un des bras droits d’un certain Jean Tiberi, ex-député et maire du 5e arrondissement. Après trois mandats socialistes, ni Delanoë, ni Hidalgo et Brossat n'y avaient mis de l'ordre en vingt ans (2001-2020)Ni le député PS Christophe Caresche (1997-2017) et ni Alain Juppé (1988-1993)...

Le candidat de LREM exemplaire n'a pas pris la peine de régulariser sa situation.
Une magouille qui passe mal à trois jours du premier tour des élections municipales. D’autant plus que l’une des priorités affichées du programme d’Agnès Buzyn est de "mieux contrôler le logement social", quand Pierre-Yves Bournazel, tête de la liste du 18e où figure Mohamed Midani M Barki, préconise, lui, "un meilleur suivi des familles"… Contacté, ce dernier s’agace, dénonçant une "manœuvre" et expliquant qu’il n’est "pas au courant". 
Mohamed Midani M Barki a-t-il encore six belles années devant lui ?

dimanche 19 janvier 2020

Municipales 2020 : Rachida Dati devient l'alternative à la maire sortante à Paris

Avec +5 points, une percée remarquée de l'ancienne ministre Rachida Dati

L'ex-garde des Sceaux coiffe désormais au poteau les candidats de la majorité présidentielle

Dati-Hidalgo, duel de femmes à Paris


Les candidats de la majorité présidentielle à la mairie de Paris sont en perte de vitesse, à deux mois des élections municipales, selon un sondage IFOP pour Le Journal du dimanche, détenu par le groupe LagardèreIl n'empêche que, paradoxalement, Elabe, entreprise commerciale de sondages, continue de valoriser les gains de points supposés d'un Macron dans la tourmente sociale, bien qu'il ne rassemble qu'une trentaine de sympathisants pour lui faire encore confiance. 

La candidate LR Rachida Dati a pris l'ascendant sur sur les deux candidats de la majorité LREM, celui désigné par le président Macron, Benjamin Griveaux, et le dissident, Cédric Villani. 
Au premier tour du scrutin de mars prochain, la maire du 7e arrrondissement de Paris obtiendrait 19 % des votes avec sa liste 'Engagés pour changer Paris', contre 15 % pour Benjamin Griveaux et 13 % pour Cédric Villani, qui vient de recueillir le soutien des Radicaux, ce que le sondage ne prend pas encore en compte
En mai 2019, Paris a pourtant encore attribué près de 33 % des voix à la liste LREM aux élections européennes.

La maire-sortante continue de bénéficier des promesses de 'rasage gratis'.  
Le sondage paraît au moment où la socialiste Anne Hidalgo vient justement de promettre la gratuité des transports aux mineurs de 18 ans, ainsi que la création de 10.000 logements par an, en faveur des classes moyennes. La liste Verts-PS, 'Paris en commun' arriverait ainsi au premier tour avec 25 % des voix, "bien loin devant Rachida Dati" et les autres candidats, selon l'AFP
En mars 2014, face à Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP, 35,64%) sur l'ensemble des 20 arrondissements de Paris, Anne Hidalgo, recueillait 34,40%, bien que première adjointe PS. 

La lente progression des écologistes.
Entre eux s'intercale l'écologiste David Belliard (14 %), soumis à rude concurrence dans un paysage municipal où tous les candidats s'évertuent à verdir leur programme. Anne Hidalgo, qui apparaissait en difficulté il y a un an, après notamment le fiasco de Vélib', creuse son avantage sur ses concurrents. Dans le précédent sondage publié par Ifop courant décembre, elle était déjà en tête avec 22,5 % des intentions de vote. Benjamin Griveaux (17 %) et Rachida Dati (17 %) étaient au coude à coude devant Cédric Villani (14 %) et David Belliard (12,5 %).

Les ralliements n'ont pas tous été annoncés

L'enquête Ifop pour le JDD et Sud Radio est publiée après le ralliement à Benjamin Griveaux du candidat de centre droit Pierre-Yves Bournazel. 
Les sondeurs ont toutefois testé l'hypothèse du maintien de la girouette Bournazel (Agir!, jusqu'ici en partenariat avec LREM, le MoDem et... le Mouvement Radical) et  la pirouette de l'élu juppéiste du 18e arrondissement fait gagner 2 points à Rachida Dati (17 %), tandis qu'elle en fait perdre 1 (16 %) à Benjamin Griveaux, à l'inverse de Cédric Villani (12 %), et surtout David Belliard qui en cède 1,5 (14 %). 

Mais l'impact du ralliement des Radicaux à Villani échappe au sondage IFOP.
Ce dimanche 19 janvier, les Radicaux ont quitté Hidalgo pour Villani, ce que le sondage IFOP réalisé du 13 au 17 janvier 2020 ne prend pas encore en compte. Un prochain sondage indiquera si la préférence des Radicaux fait tomber Hidalgo à 23% et monter Dati à 21%... Sans intégrer la marge d'erreur !

Aux extrêmes, les listes LFI de Danielle Simonnet et RN de Serge Ferdebusch obtiendraient chacune 5 % dans tous les cas de figure. Au second tour et dans l'état actuel des alliances à la date du 17 janvier,, une liste d'union hypothétique entre les listes Hidalgo et Belliard l'emporterait avec 41 % devant celle de Rachida Dati (22 %), suivie de Benjamin Griveaux (20 %) et de Cédric Villani (17 %), des scores qui ne sont déjà plus fiables.

L'enquête de l'IFOP publiée ce 19 janvier a été réalisée en ligne du 13 au 17 janvier auprès de 1 102 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points.

jeudi 18 juillet 2019

Griveaux insulte ses concurrents de LREM

Pour l'élu de Macron, ses rivaux seraient des "abrutis" ou des "fils de p..."

L'individu est-il l'homme qu'il faut à la tête de Paris ?

Le candidat LREM aux municipales à Paris aurait été insultant envers ses anciens adversaires pour l’investiture présidentielle à la municipale de Paris, révèle Le Point. 

L'ancien porte-parle du gouvernement, Benjamin Griveaux, est un arrogant avéré, mais on découvre maintenant qu'il est aussi mal embouché. S'il est si peu respectueux d'un mathématicien récompensé de la médaille Fields, des femmes, des homosexuels ou des Franco-Marocains, les candidats opposés à La République en marche vont devoir enrichir leur vocabulaire. 

Quelques semaines avant son investiture par le parti présidentiel, l’ancien porte-parole du gouvernement semblait déjà bien confiant. "Je sais exactement ce que l’on va faire et sur quel calendrier, mais ça, c’est entre le président et moi […] Tout cela est très réfléchi depuis le début ", aurait affirmé Benjamin Griveaux, cité par l’hebdomadaire. 
"Qui tient Bournazel par les c… depuis le début si ce n’est moi ? 
Pourquoi est-ce qu’on fait entrer [Franck] Riester au gouvernement ? Pour tenir les mecs d’Agir, tout cela n’est pas le fruit du hasard", aurait-il ajouté. 
"Il y a un abruti chaque jour qui dit qu’il veut être maire de Paris", aurait même conclu Benjamin Griveaux.

Villani "quand même plus intelligent que les autres"

Le candidat à la mairie de Paris est plus respectueux de sa femme, on l'espère, que de ses anciens concurrents à l’investiture. 

Pour lui, Cédric Villani "n’a pas les épaules pour encaisser une campagne de cette nature. Il ne verra pas venir les balles, il va se faire désosser !"

Hugues Renson, "c’est un fils de p…, on le sait depuis le premier jour", estime Griveaux, imbattable sur le sujet

L’ancien secrétaire d’Etat Mounir
Mahjoubi bénéficie d’un cinglant "no comment", lourd de sens, du fait de certains tabous

Le "monde nouveau" de Macron cale encore au démarrage
Malgré les critiques à son encontre, Benjamin Griveaux accorde, à propos de Cédric Villani, qu’il est "quand même plus intelligent que les autres". Griveaux, notamment ?

Selon Le Point, ils ont tous été informés de ce que ce dernier pense d’eux, alors qu’il les appelle désormais à le rejoindre dans la bataille pour la mairie de Paris. Pas sûr que les "abrutis" accourent. S'ils le faisaient, ils confirmeraient... 

Preuve s’il en faut, Cédric Villani a récemment posé sur une photo avec la maire de Paris Anne Hidalgo lors du concert du 14 Juillet, quelques jours seulement après sa défaite. L'entourage du candidat, cité par franceinfo, affirme que "Benjamin Griveaux déplore qu'une conversation privée se retrouve dans la presse". "Dès qu'il en a pris connaissance, il a appelé les personnes citées pour s'excuser auprès d'elles", est-il ajouté. 

dimanche 9 septembre 2018

Les juppéistes se mordent la queue sur la question des européennes

Ils veulent se distinguer du courant Wauquiez, mais se mangent le foie entre eux 

Les juppéistes n'acceptent toujours pas d'être minoritaires

Les perdants se croient supérieurs mais ne parviennent pas à s'entendre
Juppé (au centre) a posé à Bordeaux avec les représentants de la droite dite sociale.
Il s'affiche ici avec Jean-Pierre Raffarin
(à droite), ainsi que Maël de Calan et Franck Riester, derrière
Ainsi,les juppéistes tournent en rond sur la question des européennes
Réunis samedi et dimanche à Bordeaux, l’ancien premier ministre (1995-1997) n'est pas parvenu à rassembler ses proches restés divisés sur la stratégie à suivre à l’approche des élections européennes de mai 2019.

Après un jour et demi de débats dans le huis clos d’un hôtel de la cité mondiale de Bordeaux, samedi 8 et dimanche 9 septembre, Alain Juppé et ses amis sont partis comme ils étaient arrivés : en ordre dispersé et faisant le constat que la situation politique n’est pas à leurs yeux assez mûre pour décider de l’attitude à adopter en vue des élections européennes de mai 2019.

"Ce n’est pas l’événement fondateur d’un nouveau parti, ni la commission d’investiture pour une liste aux européennes", a regretté le maire de Bordeaux, dimanche, à l’occasion d’une conférence de presse clôturant la deuxième édition des 'Vendanges de Bordeaux', cette 'rencontre entre amis' — selon son expression — qui vise à entretenir la flamme du juppéisme. Le rendez-vous sera d’ailleurs reconduit en 2019. Quand le vin n'est pas tiré, on ne peut le boire...
Alain Juppé est facteur constant de divisions. En novembre 2016, avec 28,6 % des voix, il arriva très loin derrière François Fillon (44,1 %) lors des primaires. Son score fut jugé décevant au vu des sondages qui le donnaient en tête, mais il démentit l'information de son retrait et créa des divisions profondes pendant l'entre-deux tours, ce qui suscite des interrogations et des critiques de plus de 200 parlementaires et jusque parmi ses partisans.
L'ex-député de Bordeaux en est toujours à régler les détails de la "plate-forme fondamentale" rédigée avec la petite trentaine de participants qui l’entouraient. Parmi eux, l’ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, ou encore le conseiller politique du premier ministre Edouard Philippe, Gilles Boyer, 47 ans, ci-dessous au centre.
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"C’est à la lumière de cette plate-forme que je me déterminerai pour les élections européennes", a dû admettre Juppé, avant d’assurer que les représentants de sa famille de pensée et lui soutiendront la liste qui "porte le mieux les idées que nous avons exprimées". "Déterminé à [se] battre contre ceux qui veulent démolir l’Europe", l’ancien premier ministre a dressé au passage la liste des politiques communautaires qu’il considère comme prioritaires : "migrations", "défense et sécurité de l’Europe", "convergence fiscale et sociale", "leadership sur le développement durable"...
En 1977, Juppé avait adopté une position ferme sur l'immigration.  il souhaitait alors que "les emplois traditionnellement abandonnés aux étrangers puissent être occupés par des Français". En octobre 1990, il jugeait encore que la question de l'intégration était un problème "permanent et gigantesque" avec beaucoup d'écoles primaires où "80 à 90 % des petits enfants sont d'origine étrangère".
En juin 1995, alors qu'il est premier ministre, il déclarait être
favorable à l'espace Schengen, "si Schengen améliore la sécurité à nos frontières et si Schengen permet de mieux lutter contre l'immigration clandestine", et se disait "décidé", en mars 1996, "à faire une stricte application des lois sur la maîtrise de l'immigration".
En 2016, il proposait des quotas de migrants et une durée minimale de séjour aux parents étrangers ayant des enfants nés en France.
Il réaffirma son concept d' "identité heureuse", et critiqua une possible suspension du regroupement familial, une proposition qu'il jugea "inhumaine". Il souhaitait interdire l’acquisition de la nationalité française aux étrangers nés en France mais dont les deux parents étaient à leur naissance des immigrés illégaux, et renforcer les restrictions d'accès de l’aide médicale d'Etat aux immigrés illégaux."
Malgré l’unité de façade, les considérations tactiques ont occupé une grande part des discussions lors de ce week-end bordelais, laissant libre cours aux divisions qui animent le clan Juppé éclaté de toutes parts. "Nous nous jaugeons les uns les autres, on est dans le rapport de force", convenait, samedi, un protagoniste des Vendanges.

Trois options à l'étude

La première consisterait à soutenir la liste de la République en marche (LRM) - option défendue par le néo-macroniste Gilles Boyer, ancien directeur de campagne de A. Juppé pendant la primaire de la droite, en 2016. "Il y a des moments où il faut se compter et des moments où il faut réfléchir avant de le faire", avance-t-il, préférant "multiplier les chances" de voir la "grande" liste pro-européenne du parti présidentiel "arriver en tête".
Mais la position de Juppé est ambiguë. En effet, il s'était d'abord prononcé en faveur du 'oui" au référendum français sur le traité de Maastricht, avant de finalement nuancer son propos en déclarant à l'Assemblée nationale : "Si le traité de Maastricht avait été un peu mieux fagoté, nous n'en serions pas là où nous en sommes aujourd'hui."
Autre exemple de ses fluctuations : il se démarqua d'abord de son parti politique en prônant la sortie de la Grèce de la zone euro ("Grexit"), mais rétro-pédala après des propositions du premier ministre grec, Alexis Tsípras, aux créanciers de la Grèce.
Une liste sur laquelle Boyer se verrait bien figurer en position éligible. Mais ce nouveau pas vers la macronie n’est pas encore l’option privilégiée par Juppé qui attend des éclaircissements sur le programme de l’exécutif. "Il a annoncé la couleur, M. Macron ?", a fait mine de s’interroger le maire de Bordeaux pour justifier son refus de se prononcer - pour l’heure - sur un éventuel soutien.

Seconde option : faire la guerre à la majorité du parti Les Républicains (LR) en pratiquant un lobbying intense et tenter de faire oublier ses propos anti-immigration pour être crédible sur ses critiques de l'euroscepticisme supposé de son président, Laurent Wauquiez, sa bête noire. 
Au soir du premier tour des élections législatives de 2017, Alain Juppé appela à voter pour les candidats Les Républicains afin d'éviter une Assemblée nationale 'monochrome', en référence aux bons scores réalisés par les candidats du parti La République en marche (LREM) du nouveau président de la République, Emmanuel Macron Cependant, il soutint une candidate investie par LREM, Aurore Bergé, son ancienne collaboratrice quand il était candidat à la primaire de la droite et du centre, considérant qu'ils partagent les mêmes valeurs.
En novembre 2017, alors que Laurent Wauquiez est favori pour prendre la tête du parti Les Républicains, Juppé évoqua déjà la possibilité de constituer un "mouvement central avec Emmanuel Macron en vue des élections européennes de 2019".
Le 5 décembre, quelques jours avant le congrès des Républicains, le condamné (en 2011) à deux ans de prison avec sursis dans l'affaire des finances à la mairie de Paris indiqua qu'il voterait pour son homme de paille, Maël de Calan, un  de ses porte-paroles de campagne lors de la primaire. 
Dès le premier tour du congrès, Laurent Wauquiez l'emporta largement, recueillant 74,64 % des suffrages exprimés, contre 9,25 % pour Maël de Calan, ce qui ne légitime ni ses idées (fluctuantes, voire opportunistes) ni son opposition dite 'humaniste' et 'sociale'.
Cette seconde option est aussi celle retenue notamment par Valérie Pécresse et son bras droit au  mouvement Libres ! ...Maël de Calan, le candidat battu à plate couture à la primaire de l'UMP. "Face à Emmanuel Macron, qui incarne une gauche pro-européenne, il doit y avoir une droite pro-européenne qui s’affirme ", selon V. Pécresse, qui l'appelle de ses voeux, répétant, samedi : "Je suis LR, je le reste, je le demeure".

Troisième (et dernier ?) scénario possible, enfin : celui qui verrait la "deuxième droite", comme l’appellent certains juppéistes, constituer une liste indépendante. "Si j’avais 40 ans, je ferais cette liste", aurait par exemple lancé Jean-Pierre Raffarin, 70 ans, à ses collègues dans le huis clos. "Il y a un espace politique important qui est en train de se créer entre Emmanuel Macron et Laurent Wauquiez, qui à mon avis sera comblé", a ensuite estimé devant la presse cet autre ancien premier ministre, qui s’est toutefois gardé de trancher entre les différents scénarios à disposition.

Juppé veut se concentrer sur Bordeaux
Le parti 'Agir' et ses dirigeants - Franck Riester, Fabienne Keller, Pierre-Yves Bournazel - pourrait représenter la vitrine de cette liste 'indépendante'. Juppé participera au congrès fondateur de cette formation, le 16 septembre. Mais comme le reconnaît un participant, cette hypothèse va grandement dépendre de la courbe de popularité du président Macron dans les semaines à venir. Il se pourrait en effet que la chute vertigineuse de Jupiter dans les sondages redonne quelqu'espoir aux aigris.

"On ne va pas aux élections pour les perdre", convient encore cette source. " Pour les supplétifs du macronisme, ce n’est plus le temps des vendanges, c’est déjà celui de la vidange : ils ne servent à rien et n’iront nulle part", cingle Guillaume Larrivé, député LR de l’Yonne et membre de la majorité Les Républicains.

Le président de LR et Alain Juppé ne risquent en tout cas pas de voir leurs positions se rapprocher. 
Tandis que Laurent Wauquiez assume de parler à tous, "aussi bien à [la chancelière allemande] Angela Merkel qu’à Viktor Orban", le premier ministre hongrois, un eurosceptique chantre de l’'illibéralisme" (culture politique qui disqualifie en son principe la vision libérale) et de la lutte contre l’immigration, la minorité juppéiste très active dans les media fustige les électeurs de V. Orban, lequel est décrit comme "un leader politique qui défend des thèses à l’encontre de tout ce que je défends".  Déclaration qu’Emmanuel Macron pourrait très bien signer des deux mains. Mais Juppé n'est pas la référence qu'il croit, d'autant moins qu'on ne sait ce qu'il défendra demain de ce qu'il soutient aujourd'hui...

A 73 ans, Juppé joue les gourous, mais ne compte néanmoins pas s’investir outre mesure sur la scène politique nationale. Le septuagénaire a de plus en plus de mal, en revanche, à se retirer de la vie politique et ne cache guère son envie de se représenter aux élections municipales à Bordeaux, en 2020, un 5e mandat en treize ans (2006). "Je n’ai plus d’ambition électorale... Nationale, bien sûr. Ou européenne !", a-t-il souri lors de sa conférence de presse. Alors près pour la campagne de trop ?

mardi 13 juin 2017

Moralisation : l'Elysée et Matignon soutiennent un candidat différent dans la même circonscription

Macron joue sur tous les tableaux

M. El Khomri (En marche!) affirme avoir reçu le soutien officiel de Macron, tandis que son adversaire LR P.-Y. Bournazel a celui de Philippe

Née à Rabat (Maroc), et candidate investie par le PS dans la très multiculturelle 18e circonscription de Paris, l'ancienne ministre du Travail de Manuel Valls tweeté elle-même pour revendiquer le "soutien officiel" d'Emmanuel Macron, lundi 12 juin .
"Merci au président de la République, Emmanuel Macron, de m'avoir confirmé sa confiance en m'apportant son soutien officiel pour ce second tour", a écrit Myriam El Khomri sur le réseau social. 

Pierre-Yves Bournazel (LR), 39 ans, a lui-même obtenu le soutien 
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du Premier ministre Edouard Philippe, la semaine dernière. C'est le Premier ministre soi-même qui tweete en faveur du conseiller municipal de l'arrondissement (depuis 2008) : "Faites le bon choix, ne vous trompez pas et portez à l'Assemblée nationale un excellent député, Pierre-Yves Bournazel", a écrit aux électeurs le chef du gouvernement dans une vidéo postée sur le compte Twitter du candidat.
Pierre-Yves Bournazel (IEP) prend position contre la réforme des rythmes scolaires, dès la rentrée 2013, dans la capitale, une mesure de Najat Vallaud-Belkacem - elle-même en ballottage défavorable dans le Rhône, et abandonnée par son successeur au ministère de l'Education, Blanquer 

Un soutien clair qui pourrait contribuer à l'élimination de El Khomri

L'équipe de campagne de Myriam El Khomri assure, mais sans preuve, 
Résultat de recherche d'images pour "el khomri"qu'"il y a eu des échanges" entre l'ex-ministre et Emmanuel Macron, ce lundi.

La présidente par intérim de La République en marche, Catherine Barbaroux, a en effet affirmé le 25 mai que le parti n'a pas choisi entre les deux candidats. "C'est le cas, presque le seul, où le mouvement se met en situation d'être témoin d'une primaire, entre deux candidats qui, l'un comme l'autre, sont dans la recomposition souhaitée par le président de la République", avait-elle indiqué.
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Jean-Yves Bournazel est arrivé en tête dimanche avec 31,76% des voix
, loin devant Myriam El Khomri (20,23%). 
La porteuse de la loi Travail de Valls est en mauvaise posture et pourrait à nouveau glisser dans sa douche. En mars 2016, la ministre avait séché un déplacement du président de la République :  "Myriam El Khomri a été victime d'un accident domestique," avait précisé François Hollande, en marge d'une conférence de presse.
Liens PaSiDupes  

Que peuvent donner les ambiguïtés de Macron  à l'Assemblée,
sinon le désordre?