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dimanche 9 septembre 2018

Les juppéistes se mordent la queue sur la question des européennes

Ils veulent se distinguer du courant Wauquiez, mais se mangent le foie entre eux 

Les juppéistes n'acceptent toujours pas d'être minoritaires

Les perdants se croient supérieurs mais ne parviennent pas à s'entendre
Juppé (au centre) a posé à Bordeaux avec les représentants de la droite dite sociale.
Il s'affiche ici avec Jean-Pierre Raffarin
(à droite), ainsi que Maël de Calan et Franck Riester, derrière
Ainsi,les juppéistes tournent en rond sur la question des européennes
Réunis samedi et dimanche à Bordeaux, l’ancien premier ministre (1995-1997) n'est pas parvenu à rassembler ses proches restés divisés sur la stratégie à suivre à l’approche des élections européennes de mai 2019.

Après un jour et demi de débats dans le huis clos d’un hôtel de la cité mondiale de Bordeaux, samedi 8 et dimanche 9 septembre, Alain Juppé et ses amis sont partis comme ils étaient arrivés : en ordre dispersé et faisant le constat que la situation politique n’est pas à leurs yeux assez mûre pour décider de l’attitude à adopter en vue des élections européennes de mai 2019.

"Ce n’est pas l’événement fondateur d’un nouveau parti, ni la commission d’investiture pour une liste aux européennes", a regretté le maire de Bordeaux, dimanche, à l’occasion d’une conférence de presse clôturant la deuxième édition des 'Vendanges de Bordeaux', cette 'rencontre entre amis' — selon son expression — qui vise à entretenir la flamme du juppéisme. Le rendez-vous sera d’ailleurs reconduit en 2019. Quand le vin n'est pas tiré, on ne peut le boire...
Alain Juppé est facteur constant de divisions. En novembre 2016, avec 28,6 % des voix, il arriva très loin derrière François Fillon (44,1 %) lors des primaires. Son score fut jugé décevant au vu des sondages qui le donnaient en tête, mais il démentit l'information de son retrait et créa des divisions profondes pendant l'entre-deux tours, ce qui suscite des interrogations et des critiques de plus de 200 parlementaires et jusque parmi ses partisans.
L'ex-député de Bordeaux en est toujours à régler les détails de la "plate-forme fondamentale" rédigée avec la petite trentaine de participants qui l’entouraient. Parmi eux, l’ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, ou encore le conseiller politique du premier ministre Edouard Philippe, Gilles Boyer, 47 ans, ci-dessous au centre.
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"C’est à la lumière de cette plate-forme que je me déterminerai pour les élections européennes", a dû admettre Juppé, avant d’assurer que les représentants de sa famille de pensée et lui soutiendront la liste qui "porte le mieux les idées que nous avons exprimées". "Déterminé à [se] battre contre ceux qui veulent démolir l’Europe", l’ancien premier ministre a dressé au passage la liste des politiques communautaires qu’il considère comme prioritaires : "migrations", "défense et sécurité de l’Europe", "convergence fiscale et sociale", "leadership sur le développement durable"...
En 1977, Juppé avait adopté une position ferme sur l'immigration.  il souhaitait alors que "les emplois traditionnellement abandonnés aux étrangers puissent être occupés par des Français". En octobre 1990, il jugeait encore que la question de l'intégration était un problème "permanent et gigantesque" avec beaucoup d'écoles primaires où "80 à 90 % des petits enfants sont d'origine étrangère".
En juin 1995, alors qu'il est premier ministre, il déclarait être
favorable à l'espace Schengen, "si Schengen améliore la sécurité à nos frontières et si Schengen permet de mieux lutter contre l'immigration clandestine", et se disait "décidé", en mars 1996, "à faire une stricte application des lois sur la maîtrise de l'immigration".
En 2016, il proposait des quotas de migrants et une durée minimale de séjour aux parents étrangers ayant des enfants nés en France.
Il réaffirma son concept d' "identité heureuse", et critiqua une possible suspension du regroupement familial, une proposition qu'il jugea "inhumaine". Il souhaitait interdire l’acquisition de la nationalité française aux étrangers nés en France mais dont les deux parents étaient à leur naissance des immigrés illégaux, et renforcer les restrictions d'accès de l’aide médicale d'Etat aux immigrés illégaux."
Malgré l’unité de façade, les considérations tactiques ont occupé une grande part des discussions lors de ce week-end bordelais, laissant libre cours aux divisions qui animent le clan Juppé éclaté de toutes parts. "Nous nous jaugeons les uns les autres, on est dans le rapport de force", convenait, samedi, un protagoniste des Vendanges.

Trois options à l'étude

La première consisterait à soutenir la liste de la République en marche (LRM) - option défendue par le néo-macroniste Gilles Boyer, ancien directeur de campagne de A. Juppé pendant la primaire de la droite, en 2016. "Il y a des moments où il faut se compter et des moments où il faut réfléchir avant de le faire", avance-t-il, préférant "multiplier les chances" de voir la "grande" liste pro-européenne du parti présidentiel "arriver en tête".
Mais la position de Juppé est ambiguë. En effet, il s'était d'abord prononcé en faveur du 'oui" au référendum français sur le traité de Maastricht, avant de finalement nuancer son propos en déclarant à l'Assemblée nationale : "Si le traité de Maastricht avait été un peu mieux fagoté, nous n'en serions pas là où nous en sommes aujourd'hui."
Autre exemple de ses fluctuations : il se démarqua d'abord de son parti politique en prônant la sortie de la Grèce de la zone euro ("Grexit"), mais rétro-pédala après des propositions du premier ministre grec, Alexis Tsípras, aux créanciers de la Grèce.
Une liste sur laquelle Boyer se verrait bien figurer en position éligible. Mais ce nouveau pas vers la macronie n’est pas encore l’option privilégiée par Juppé qui attend des éclaircissements sur le programme de l’exécutif. "Il a annoncé la couleur, M. Macron ?", a fait mine de s’interroger le maire de Bordeaux pour justifier son refus de se prononcer - pour l’heure - sur un éventuel soutien.

Seconde option : faire la guerre à la majorité du parti Les Républicains (LR) en pratiquant un lobbying intense et tenter de faire oublier ses propos anti-immigration pour être crédible sur ses critiques de l'euroscepticisme supposé de son président, Laurent Wauquiez, sa bête noire. 
Au soir du premier tour des élections législatives de 2017, Alain Juppé appela à voter pour les candidats Les Républicains afin d'éviter une Assemblée nationale 'monochrome', en référence aux bons scores réalisés par les candidats du parti La République en marche (LREM) du nouveau président de la République, Emmanuel Macron Cependant, il soutint une candidate investie par LREM, Aurore Bergé, son ancienne collaboratrice quand il était candidat à la primaire de la droite et du centre, considérant qu'ils partagent les mêmes valeurs.
En novembre 2017, alors que Laurent Wauquiez est favori pour prendre la tête du parti Les Républicains, Juppé évoqua déjà la possibilité de constituer un "mouvement central avec Emmanuel Macron en vue des élections européennes de 2019".
Le 5 décembre, quelques jours avant le congrès des Républicains, le condamné (en 2011) à deux ans de prison avec sursis dans l'affaire des finances à la mairie de Paris indiqua qu'il voterait pour son homme de paille, Maël de Calan, un  de ses porte-paroles de campagne lors de la primaire. 
Dès le premier tour du congrès, Laurent Wauquiez l'emporta largement, recueillant 74,64 % des suffrages exprimés, contre 9,25 % pour Maël de Calan, ce qui ne légitime ni ses idées (fluctuantes, voire opportunistes) ni son opposition dite 'humaniste' et 'sociale'.
Cette seconde option est aussi celle retenue notamment par Valérie Pécresse et son bras droit au  mouvement Libres ! ...Maël de Calan, le candidat battu à plate couture à la primaire de l'UMP. "Face à Emmanuel Macron, qui incarne une gauche pro-européenne, il doit y avoir une droite pro-européenne qui s’affirme ", selon V. Pécresse, qui l'appelle de ses voeux, répétant, samedi : "Je suis LR, je le reste, je le demeure".

Troisième (et dernier ?) scénario possible, enfin : celui qui verrait la "deuxième droite", comme l’appellent certains juppéistes, constituer une liste indépendante. "Si j’avais 40 ans, je ferais cette liste", aurait par exemple lancé Jean-Pierre Raffarin, 70 ans, à ses collègues dans le huis clos. "Il y a un espace politique important qui est en train de se créer entre Emmanuel Macron et Laurent Wauquiez, qui à mon avis sera comblé", a ensuite estimé devant la presse cet autre ancien premier ministre, qui s’est toutefois gardé de trancher entre les différents scénarios à disposition.

Juppé veut se concentrer sur Bordeaux
Le parti 'Agir' et ses dirigeants - Franck Riester, Fabienne Keller, Pierre-Yves Bournazel - pourrait représenter la vitrine de cette liste 'indépendante'. Juppé participera au congrès fondateur de cette formation, le 16 septembre. Mais comme le reconnaît un participant, cette hypothèse va grandement dépendre de la courbe de popularité du président Macron dans les semaines à venir. Il se pourrait en effet que la chute vertigineuse de Jupiter dans les sondages redonne quelqu'espoir aux aigris.

"On ne va pas aux élections pour les perdre", convient encore cette source. " Pour les supplétifs du macronisme, ce n’est plus le temps des vendanges, c’est déjà celui de la vidange : ils ne servent à rien et n’iront nulle part", cingle Guillaume Larrivé, député LR de l’Yonne et membre de la majorité Les Républicains.

Le président de LR et Alain Juppé ne risquent en tout cas pas de voir leurs positions se rapprocher. 
Tandis que Laurent Wauquiez assume de parler à tous, "aussi bien à [la chancelière allemande] Angela Merkel qu’à Viktor Orban", le premier ministre hongrois, un eurosceptique chantre de l’'illibéralisme" (culture politique qui disqualifie en son principe la vision libérale) et de la lutte contre l’immigration, la minorité juppéiste très active dans les media fustige les électeurs de V. Orban, lequel est décrit comme "un leader politique qui défend des thèses à l’encontre de tout ce que je défends".  Déclaration qu’Emmanuel Macron pourrait très bien signer des deux mains. Mais Juppé n'est pas la référence qu'il croit, d'autant moins qu'on ne sait ce qu'il défendra demain de ce qu'il soutient aujourd'hui...

A 73 ans, Juppé joue les gourous, mais ne compte néanmoins pas s’investir outre mesure sur la scène politique nationale. Le septuagénaire a de plus en plus de mal, en revanche, à se retirer de la vie politique et ne cache guère son envie de se représenter aux élections municipales à Bordeaux, en 2020, un 5e mandat en treize ans (2006). "Je n’ai plus d’ambition électorale... Nationale, bien sûr. Ou européenne !", a-t-il souri lors de sa conférence de presse. Alors près pour la campagne de trop ?

jeudi 2 novembre 2017

Les Républicains ont clarifié la situation des ministres Macron-compatibles

Les pro-Macron pourront créer leur propre formation

Ces juppéistes refusaient de choisir leur cantine

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Philippe, Le Maire, Lecornu, Riester, Darmanin, Solère

Les quatre responsables "Constructifs" et collabos Républicains se sont finalement fait exclure mardi après plusieurs semaines de confusion. Le premier parti d'opposition en a profité pour "acter le départ" d'Édouard Philippe.
Sous réserve de recours des exclus, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, le secrétaire d'État à la Transition écologique, Sébastien Lecornu, le président du groupe UDI-Constructifs à l'Assemblée, Franck Riester, et le député du même groupe, Thierry Solère, la décision du bureau politique de LR marque l'épilogue d'un feuilleton devenu interminable.
La semaine dernière, un premier bureau politique s'était tenu mais, faute de quorum réglementaire, n'avait pu statuer sur leur sort.

Mardi soir, aucun quorum n'était plus requis et, parmi les 126 participants que compte le BP, on notait la participation de Laurent Wauquiez, Gérard Larcher, Christian Jacob, Bruno Retailleau ou Eric Ciotti. 
"Le bureau politique a adopté à une très large majorité une délibération d'exclusion formelle", a indiqué LR dans un communiqué. "La page est tournée, la clarification était nécessaire", a estimé le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, sur Twitter.

Parmi les reproches des Républicains aux pro-Macron, "leur ralliement individuel à la majorité présidentielle", à certains d'entre eux, d'avoir "soutenu des candidats contre les candidats" LR aux législatives, ou, à l'instar de G. Darmanin, de s'être présenté sur des listes La République en Marche aux sénatoriales.

Le premier ministre, le seul des cinq qui avait refusé de se présenter devant la commission ad hoc du parti, n'a pas été formellement "exclu" mais considéré comme partant d'office: "Le bureau politique avait pris acte du départ d'Édouard Philippe de notre mouvement", a indiqué LR dans son communiqué.
Résultat de recherche d'images pour "le maire macron"Le 8 octobre 2013, Mediapart révéla que Pauline Le Maire, l’épouse de Bruno Le Maire, a été rémunérée aux frais de l’Assemblée en tant qu’assistante parlementaire à temps plein entre 2007 et 2013, période entrecoupée d’une longue interruption pour congé de maternité. L’enquête entreprise par le site trotskiste souligne que Pauline Le Maire -une "artiste-peintre"- n’a jamais été présentée officiellement comme l'assistante parlementaire de son mari et suggère qu'elle a bénéficié à cette époque d’un emploi non pas, à proprement parler, fictif mais de complaisance. L’omission de référence explicite à cet emploi par Bruno Le Maire a donc été interprétée comme un élément intrigant, propre à susciter des doutes sur la nature exacte des fonctions concernées.
En mai 2017, Bruno Le Maire se présenta pour un nouveau mandat de député sous l'étiquette La République en marche ! dans l'Eure.

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Le directeur de cabinet de Le Maire est Emmanuel Moulin (ci-contre à gauche), ancien numéro 2 de Christine Lagarde à Bercy, un ex-conseiller économique de Nicolas Sarkozy au palais de l’Élysée et ami d’Alexis Kohler, (à droite) secrétaire général de l'Élysée. 
Ce qui permet de penser que dans l'hypothèse de son élection à la présidence de la République, Le Maire aurait pu faire entrer Macron, Kohler (ci-contre à droite) et Lecornu dans son gouvernement.
Mais le candidat Le Maire à la présidentielle fut battu à la primaire de la droite et du centre avec 2,4 % des voix. Macron remporta la présidentielle en éliminant le candidat socialiste, Benoît Hamon, 6%, et l'ex-banquier alla chercher le ...cinquième LR au premier tour de la primaire pour le placer à la tête de Bercy. Renversement de situation et copinage.
L'adjoint de Nicolas Hulotministre de l'Ecologie, choisit la polémique
"Les Républicains préfèrent les exclusions. J'assume de mettre mon énergie au service des réformes nécessaires pour la France", a réagi sur Twitter Sébastien Lecornu. 
Apparatchik dans l'ombre de Bruno Le Maire, ex-député UMP de l'Eure, il a assuré ses anciens collègues de sa profonde "tristesse". 
Plus jeune conseiller ministériel du gouvernement de François Fillon, co-directeur en 2013 de la campagne de Bruno Le Maire pour la présidence de l'UMP (), ce politicien aux dents longues porté par Le Maire à la présidence du Conseil départemental de l'Eure, a parcouru un remarquable chemin d'opportuniste.
Thierry Solère s'est pour sa part associé à un tweet de Gilles Boyer.
Selon Gilles Boyer, 46 ans,


Image associée

un proche conseiller d'Alain Juppé, d'abord directeur de cabinet à la mairie de Bordeaux, avant de le suivre au ministère de la Défense, puis au Quai d’Orsay (2010-2012), il fut directeur de campagne de son mentor lors de la primaire présidentielle des Républicains de 2016, 

Résultat de recherche d'images pour "Gilles Boyer Juppé Le Maire"et d'Édouard Philippe, 46 ans, avec lequel il publia deux polars politiques. Bien que battu au second tour de la législative des Hauts-de-Seine par le candidat investi par ...La République en Marche !, parti du président Macron, le 18 juin, il est, quelques jours plus tard, nommé conseiller politique auprès d'Edouard Philippe devenu premier ministre;
et Thierry Solère, 46 ans,
l'ex-UDR, ex-UMP, ex-dissident-UMP aux élections municipales de 2014 à Boulogne, ex-LR et soutien successif de Bruno Le Maire à la primaire à l’élection présidentielle de 2017, puis porte-parole de François Fillon, ex-fraudeur fiscal (2010-2013), ex-franc-maçon, 
"aux yeux des Républicains, il est inexcusable de tendre la main à Emmanuel Macron, mais pas à Marion Maréchal Le Pen: les masques tombent".

Chez les soutiens juppéistes dits Constructifs, avec un 'C', comme 'Collaborationnistes', partisans d'une alliance avec les vainqueurs de leur camp,  les mots sont également sévères: "Le parti Les Républicains fait ce soir honte aux valeurs du gaullisme et du rassemblement", a considéré Christian Estrosi, alors que Fabienne Keller a déploré "le sectarisme", "maladie de notre système politique". A la Libération, l'épuration qui désigne la période de règlement de comptes avec les Français qui ont pactisé avec les autorités d'Occupation, était extra-judiciaire. La "société civile", chère à Macron, a ses traîtres économiques. Le secteur politique n'est pas épargné.  

Balkanisation du paysage politique français

Les désormais ex-LR n'excluent pas de former des recours : "J'ai pas envie de me faire virer comme un malpropre", s'était rebellé mardi matin Sébastien Lecornu, qui estime que "sur le terrain juridique, (Les Républicains) n'ont pas d'argument". "Le but, c'est de les emmerder", avait encore abondé l'un des cinq, qui préfère garder l'anonymat.

Mais les rebuts se sentent désormais libres de sortir le nouveau mouvement politique qu'ils préparent depuis des semaines.
"Un député peut-il rester apatride ? Je ne crois pas", a interrogé un migrant Constructif, alors que d'autres députés issus de LR siégeant dans le groupe des Constructifs à l'Assemblée pourraient être logiquement sanctionnés à leur tour d'ici la fin du mois.

Un mouvement croupion de LREM
Résultat de recherche d'images pour "constructifs exclus"Si le principe d'un nouveau mouvement politique de centre-droit, soutien du gouvernement, semble acté depuis la purge, "il reste à régler le timing, mais on ne va de toute façon pas attendre l'élection du président des Républicains", le 10 décembre, a expliqué ce même parlementaire masqué. 
Ses statuts et ses rapports avec l'UDI doivent également encore être discutés, le débat entre partisans d'une fédération, ceux d'une confédération, et ceux favorables à de simples alliances électorales au coup par coup n'est pas encore tranché.
La nouvelle formation, décrite comme "progressiste, européenne et humaniste" devra enfin trancher la question subalterne de se trouver un nom.
Le défi des Constructifs sera de trouver sa place dans l'ombre du parti majoritaire de Jupiter. Et les godillots LREM ne voient pas comment leur faire de la place : ils l'occupent toute...

dimanche 27 novembre 2016

Primaire socialiste: une candidature Valls, ce serait la colère permanente au programme

Manuel Valls a encore piqué une crise: 
sa cible était cette fois une femme ! 

Le premier ministre s'est encore démonté en public

Peut-on lui confier le bouton nucléaire ? 
Une fois de plus, il y a deux mois, presque jour pour jour, Manuel Valls s'est montré incapable de garder le contrôle de sa frêle personne. C'était pendant une séance de questions au gouvernement qui avait lieu au Sénat. La mallette noire entre ses mains ne serait-elle pas une prise de risques inconsidérée ? En revanche, une douche froide lui ferait (peut-être) le plus grand bien...

Manuel Valls s'est encore mis minable au Sénat, pendant les questions d'actualité au gouvernement. Sur la chaîne Public Sénat, les téléspectateurs ont ainsi pu voir le premier ministre de François Hollande perdre son sang-froid contre Fabienne Keller, laquelle soutient Alain Juppé pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016.

VOIR et ENTENDRE Valls en crise au Sénat (septembre 2016) contre l'ex-maire de Strasbourg (2001-2008:

Alors qu'il répondait à une question, le premier ministre a pété un plomb parce que la Juppette manifestait sa désapprobation depuis son siège. Il s'est alors tourné vers elle : "Madame la sénatrice, ne remettez pas en cause ma parole dans cette affaire-là, s'est écrié le despote socialiste. Si vous remettez en cause ma parole, c'est un autre débat. Quand je suis à Strasbourg, vous avez un autre comportement. Alors ne soyez pas différente à Strasbourg et ici pour des raisons de basse politique politicienne !" s'est-il énervé, le visage rouge, incapable de contenir sa colère. Rien à faire, l'hystérique ne contrôle plus rien... Respire, Manuel, respire !

Que peut faire Marianne contre un compagnon colérique ? 

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Lui opposer son calme
Un colérique est avant tout une personne qui a mal. "Elle tente de façon maladroite de diminuer sa souffrance en s’en prenant aux autres et en leur reprochant de souffrir à cause d’eux," expliquent les psychanalystes. Même si les véritables raisons de sa douleur sont tout autre.
Lors d’une crise de colère, la personne n’est pas dans le rationnel, expliquent les manuels de psychologie. Et ce n’est pas le moment pour un échange de qualité. Mieux vaut alors rester calme, y compris si le partenaire est en désaccord avec le colérique. S’énerver à son tour n’apportera rien de bon. Toutefois, le partenaire peut choisir de réagir de façon plus affirmée, quand les attaques sont particulièrement virulentes qu'il les considère injustifiées. 

Refuser la victimisation
Si, dans un premier temps, apparaître en victime peut permettre d’apaiser les tensions, très vite, cette réaction peut devenir préjudiciable au couple ou au peuple. Jouer la victime revient à entrer dans le jeu du conjoint ou du despote. En psychologie, comme en démocratie, courber l'échine ne permet pas de désamorcer la décharge agressive sur le moment, ni d’évoluer vers un échange de meilleure qualité dans le temps. Manuel Valls a du talent pour manoeuvrer la communication médiatique, mais n'a aucune disposition naturelle au dialogue.
La posture du partenaire en victime face au colérique est un encouragement aux crises du comportement. En résumé, se montrer faible laisse plus d’espace au colérique.

Résister
Lorsque la crise est passée, le conjoint colérique se sent beaucoup mieux. Il a même pu jusqu’à oublier ce qu’il a fait ou dit. C'est alors le moment de revenir sur les événements à l'origine de la perte de contrôle émotionnel. Mais pour limiter les risques de re-déclenchement, il faut que le partenaire ne soit pas resté secoué ou blessé par ce que le colérique a pu lui dire.
Une remise à plat est dans tous les cas nécessaire. Le conjoint doit pouvoir mettre des mots sur ses émotions et son comportement, mais le despote le peut-il ? Il convient alors que le conjoint ou l'entourage du persécuteur trouve le bon moment pour discuter. 

L'envoyer passer ses nerfs contre les moulins
Un conjoint colérique peut trouver dans le sport une façon de canaliser son agressivité sur le court terme. Un homme politique peut se rassurer en faisant la tournée d'une administration dévote. Mais, si cette diversion est une aide, elle ne résout pas le problème de fond. En faisant du sport, le conjoint colérique peut trouver une raison de ne pas mettre de l'ordre dans les causes réelles de ses colères. Il lui sera alors beaucoup plus difficile d’apprendre à contrôler ses émotions, si ses proches ne l'amènent pas à engager une analyse. Si Valls n'est pas enclin au sport, il pourrait s’exprimer à travers une activité artistique comme le théâtre, la peinture, l’écriture ou tout simplement dans des activités du quotidien telles que le bricolage ou le jardinage...

Lui claquer le bec
Quelles soient accompagnées de cris, d’insultes ou de casse d’objets, les crises de colère ne doivent pas être acceptées. Chaque attaque est un traumatisme pour le partenaire, une agression sur le peuple. "Si le colérique casse ou détériore des objets auxquels son partenaire tient, cela s’apparente à un viol" estiment les psychologues, qui non seulement ne craignent plus l'évocation de ce tabou, mais le banalisent. 
Il faut veiller à ce que la violence "mineure" ne soit pas acceptée car elle tend à s’aggraver. La constitution de la République pose des limites, mais une majorité parlementaire doit aussi savoir jouer son rôle. Après avoir été victimisés par une série de recours à l'article 49.3, les députés ont subi les révélations de la violation du secret défense par Hollande, mais ils ont renoncé à sa destitutionIl est donc important pour le parlementaire de réagir tout de suite lors d’excès d’agressivité. Plus le mécanisme s’installe et plus il est compliqué de retrouver un fonctionnement de couple sain, et chez Valls, la colère est récidivante. Elle est pour lui un moyen d'affirmer son autorité. Et sa puissance, s'agissant de "p'tit zizi" ? 

Le laisser postillonner
Il est difficile de conseiller un conjoint - ou au chef de l'Etat - colérique, lorsqu’il est en pleine crise. Mais lorsqu’il accepte de se remettre en question, écrire peut être une activité positive, dans la mesure où elle permet au colérique de prendre de la distance avec ce qui l’agite, de remettre de l'ordre dans ses idées et de leur mettre des mots, pas uniquement de jeter tout ce qui lui passe par la tête pour blesser l’autre. On a vu que Valls ressasse énormément des rancoeurs et des rancunes accumulées et, au Sénat, il a éprouvé le besoin d'évacuer une vieille histoire rancie.

Le planter là
Lors d’une crise, le conjoint colérique a tendance à vouloir blesser son partenaire avec des mots ou des gestes violents, afin de minimiser ses propres souffrances. Dans ce cas, prendre de la distance, en sortant de la pièce - ou de l'hémicycle - par exemple est la décision à prendre la plus sensée et déroutante, qu’il s’agisse du colérique ou de l'homme de pouvoir. 
L'offensé qui sort doit toutefois verbaliser l'outrage.

Ne pas attendre de mieux
En vieillissant, chez certains, les colères vont se calmer au fil du temps. Pour d’autres, en revanche, les accès de colère sont une stratégie gagnante qui permet au malade d’obtenir ce qu’il veut ou à l'autocrate de réduire son opposant au silence. Dans le cas de tactique et de manipulation mentale, aucune chance de constater une amélioration avec l’âge. En 2017, Valls aura 55 ans. 

Se mettre au violon...
Anne Gravoin est une grosse consommatrice de boyau de chat !

vendredi 7 mars 2014

Municipales: à Strasbourg, la droite pourrait reprendre la mairie

L'UMP Fabienne Keller ferait jeu égal avec le maire PS sortant 

Mais
, selon un sondage, le PS Roland Ries, sur un siège éjectable, sauverait son poste au second tour, avec l'aide du FN

L'opposition UMP-MoDem apparaît en mesure de revenir à la ville de Strasbourg, en raison d'une baisse significative des intentions de vote en faveur de la gauche nationale et de l'équipe sortante. C'est la principale leçon tirée du sondage CSA pour BFMTV, Orange et Le Figaro consacré à la capitale de l'Alsace.

Au premier tour, la liste d'opposition, conduite par l'ancienne maire centriste Fabienne Keller, arriverait en tête avec 32 % des intentions de vote exprimées. Elle devancerait de trois points la liste d'union PS-PRG-MRC conduite par le maire sortant, Roland Ries (29 %), qui brigue un nouveau mandat. Mais la marge d'erreur des sondages est généralement de trois points... Or, avec 11 % des voix, la liste du Front national, menée par Jean-Luc Schaffhauser, obtiendrait le troisième meilleur score et provoquerait une triangulaire au second tour. Dans cette ville, où treize listes sont en compétition (contre onze en 2008), les autres listes seraient toutes éliminées du second tour, avec des scores allant de 1 % à 9 % pour la liste EELV menée par Alain Jund.

L'avenir de Strasbourg se joue dès le premier tour

Dans l'hypothèse d'un duel classique gauche-droite au second tour, le Front national peut faire élire le socialiste. Les listes de Roland Ries et de Fabienne Keller étant toutes deux créditées de 50 % des voix, le FN serait en mesure de jouer les arbitres. "On constate une forte polarisation autour des deux listes principales, souligne Yves-Marie Cann, directeur en charge de l'opinion à l'institut CSA. 

Mais par rapport aux municipales de 2008, il y a un effondrement potentiel des voix de la gauche, puisque Roland Ries l'avait emporté il y a six ans au second tour avec 58,33 % des voix, contre 41,77 % à Fabienne Keller." À l'époque, les divisions de la majorité tout au long du mandat de la maire centriste de Strasbourg avaient entraîné une forte démobilisation de l'électorat de droite. À l'inverse, en 2014, le potentiel de participation des Strasbourgeois s'élève à 58 % et la mobilisation s'annonce d'autant plus forte que le scrutin paraît serré. 61 % des électeurs de Fabienne Keller comme des électeurs de Roland Ries se disent sûrs d'aller voter au premier tour et 64 % se prononceront en fonction de considérations locales.



Victoire du PS en cas de triangulaire

En cas de triangulaire au second tour, la présence d'une liste FN, placée en position d'arbitre, serait en revanche fatale à l'opposition: la liste Ries pourrait l'emporter avec 47 % des suffrages, devançant la liste Keller de cinq points, à 42 %, la liste FN conservant son score du premier tour, à 11 %.