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lundi 14 décembre 2015

Régionales: les triangulaires, voire les quadrangulaires, qui ont profité à la gauche

Des régions gagnées par la gauche avec des voix de droite

Des scrutins incertains ont eu lieu dimanche dans huit régions et en Outremer

La Gauche pouvait espérer conserver plusieurs régions non disputées, comme 
en Aquitaine/Limousin-Poitou-Charente.
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Le socialiste Alain Rousset comptait paisiblement garder à gauche la région, malgré la forte poussée du Front national (23,2%). Arrivé en tête dans les 12 départements de la Grande Région ALPC et à... Bordeaux, le président sortant de l'Aquitaine a fusionné sa liste avec l'extrême gauche, celle d'EELV (5,6%), qui ne pouvait pas lui assurer un renfort consistant, et celles du Front de Gauche, qui a même manqué la barre des 5% au premier tour. Les apports de la gauche extrême n'étaient pas décisifs. En revanche, la complicité passive d'Alain Juppé (LR), maire de Bordeaux, et de François Bayrou (MoDem), maire de Pau, qui n'ont pas pesé, n'a laissé aucune chance à Virginie Calmels, 44 ans, sa première adjointe et candidate de l'Union de la droite et du centre: ancienne dirigeante d'Endemol ou de Numéricable et novice en politique, elle a obtenu 27,2% des voix au premier tour contre seulement 34,06% au second tour. Rousset est passé de 30% à 44,3%, grâce à l'extrême gauche et aux abstentionnistes ?
Et quand Bartolone se fait étendre, après avoir discriminé 
la "race blanche" et stigmatisé la "danse du ventre" des femmes,
qu'est-ce qu'on fait, on le garde ?
Une faible progression entre les deux tours qui interpelle, quand le socialiste fait 44,27%. Des voix de Les Républicains-UDI-MoDem-CPNT ont-elles assuré la victoire de la gauche ? Isabelle Balkany pointe d'ailleurs Alain Juppé qu'elle associe à la défaite de sa protégée. Il dit d'ailleurs sont intention de récompenser sa candidate de son sacrifice. Pour donner le change elle a dénoncé la... "politique politicienne".
En Auvergne-Rhône-Alpes, le duel était serré entre Wauquiez (LR) et Queyranne (PS): un dernier sondage donnait une avance si légère au candidat de la droite, Laurent Wauquiez, sur son adversaire socialiste avec 38% et 37% d'intentions de vote qu'elle n'était pas significative, mais loin devant le candidat FN, Philippe Boudot, également présent au second tour, crédité d'environ 25%.
Arrivé largement en tête au premier tour, avec 31,7% des voix, Laurent Wauquiez (LR-UDI-MoDem) ne disposait pas d'une grande réserve de voix. Devancé dimanche 6 décembre, avec 23,9%, Jean-Jack Queyranne a rallié pour sa part les listes PCF (5,39%) et EELV-PG (6,9%) dans la semaine et lancé un appel aux électeurs centristes. Un scénario à l'identique de l'Aquitaine, mais une issue inverse le 13 décembre qui relance les soupçons.

En Centre-Val-de-Loire, le second tour était également ouvert entre les listes de droite et de gauche et celles du FN menée par Philippe Loiseau, sortie en tête avec 30,49% au 1er tour.
Arrivée en troisième position avec 24,31%, la liste PS-PRG était cependant arithmétiquement en position de l'emporter,
si  un bon report des électeurs qui ont porté leur voix sur les listes d'EELV-Nouvelle Donne (6,6%) et du Front de gauche (4,59%) avait suffi, après accord de la dernière heure entre ces trois formations.
Menée par Philippe Vigier (UDI) épaulé par Guillaume Peltier (LR), la liste de la droite et du centre (26,25% au premier tour) ne dispose pas des mêmes réserves de voix et devait compter sur un sursaut de participation pour espérer l'emporter.

Or, François Bonneau, PS-PRG, qui avait reçu le surnom de 'Monsieur 7 %' aux élections régionales de 2010 au vu de d'un sondage de notoriété, a pourtant réuni 35,43 % des voix avec sa liste d’union de gauche, dimanche 13 décembre.

Et miracle, le 'révérend Bonneau' devance d'un point la liste d’union de droite de Philippe Vigier (34,58 % des voix) et la liste FN de Philippe Loiseau (30 %), mais gagne . Les abstentionnistes repentis commence à avoir bon dos, car il prend plus de 9 points entre les deux tours, sans Michel Sapin, ancien député de l’Indre, président démissionnaire de la région qui l’a fait héritier en septembre 2007, sans Marisol Touraine, ancienne députée d’Indre-et-Loire, sans Manuel Valls, qui avait aussi été déclaré indésirable en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Le gouvernement peut se poser des questions sur la validité des sondages de popularité d'après attentats... Les Républicains, l’UDI et le Modem avaient rassemblé 26,25% des suffrages et ne gagnent qu'à peine plus de huit points, malgré le soutien de François Fillon, mercredi...

En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées
, le FN pose désormais problème.

Ex-secrétaire d'Etat de Manuel Valls, Carole Delga était donnée favorite dans ce territoire fusionné traditionnellement ancré à gauche, même si elle est arrivée deuxième au premier tour (24,41%) face au vice-président du FN? Louis Aliot (31,83%). Faute de réserve de voix, le Perpignanais semblait pas en capacité d' achever la bascule de cette nouvelle grande région qu'il se félicitait d'avoir fait "vaciller" au soir du premier tour. Or, le politologue Dominique Reynié, candidat de la droite qui s'est maintenu malgré sa troisième place (18,84%),  jugé hors course et abandonné de tous, les experts n'avaient pas envisagé que Delga puisse l'emporter en Midi-Pyrénées, mais subir la domination du FN en Languedoc-Roussillon. Lire PaSiDupes sur  le fracture de la super région.

La Normandie
: p'têtre ben qu'oui, 
p'têtre ben que non


Avec un score de 23,52% au premier tour, le président sortant de Haute-Normandie Nicolas Mayer-Rossignol (PS), pouvait néanmoins compter l'emporter, bien qu'arrivé 3e, du fait du "front anti-FN", d'autant qu'il disposait d'une réserve de voix de 12% cumulées entre le Front de Gauche et EELV au premier tour, soit 35,5%.

Pour amplifier son léger avantage (27,91%) et sauver l'honneur des centristes, Hervé Morin espérait récupérer des voix des abstentionnistes, notamment dans les grandes villes, pour contrer la dynamique du FN.
Alors qu'une première estimation Ipsos-Steria donnait évidemment la gauche en tête en Normandie, c'est finalement Hervé Morin (député UDI) qui l'a méritée. Selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l'Intérieur, l'ancien ministre de la Défense obtient 36,4% des voix au second tour des élections régionales, un gain de 6,5 points. Son rival socialiste et président sortant de Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol échoue à 36,1%, soit un peu plus de 4.000 voix d'écart de moins d'un point (0,9%) sur l'apport escompté de l'extrême droite. Troisième, le candidat FN Nicolas Bay obtient 27,5% des suffrages.
"J'ai vécu une soirée électorale comme jamais j'en avais vécu", a reconnu l'ancien ministre de la Défense, 54 ans, sur France Bleu. "La mobilisation de l'entre deux tours a rebattu toutes les cartes", a souligné Pascal Buléon, politologue de l'université de Caen, sur France Bleu. "Personne ne triomphe car les deux grands blocs politiques sont rongés par une abstention qui reste forte (?) et par un FN qui reste haut", a ajouté l'universitaire. Sur l'ensemble de la nouvelle région, la participation est passée de 49,95% au premier tour à 59,08% au second (l'abstention nationale au 2e tour des élections régionales est estimée à 41,5%), alors que le bon score du FN au premier tour a surpris.

En Pays de la Loire
, le "Front commun" à gauche a fait face à la droite

Trois listes étaient admises au second tour : celles conduites par Bruno Retailleau (LR - UDI et MoDem), Christophe Clergeau (PS - EELV et Div gauche) et Pascal Gannat (FN). Bruno Retailleau devient le nouveau président de la région des Pays de la Loire avec 42,7% des suffrages exprimés.

Mais les candidats du PS et EELV (7,82%) ont fusionné leurs listes pour "faire front commun" tant face au FN qu'à la droite. Un accord conclu malgré les profondes divergences sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, voulu par le PS et notamment Jean-Marc Ayrault, l'ancien premier ministre, mais combattu par EELV. Ils devaient également rallier une partie des 3,33% de voix de la liste communiste du premier tour, malgré son hostilité nationale à Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie de Manuel Valls.
Au premier tour, la liste de la droite et du centre menée par Bruno Retailleau (LR) a largement devancé avec 33,49% des voix celles du PS et du PRG (25,75%) et du Front national menée par Pascal Gannat (21,35%).
Au final, malgré les compromissions des altermondialistes et des anti-libéraux, la droite a regagné la région: une claque pour Ayrault. Bruno Retailleau a rassemblé 42,70% des voix (+9,2) et 54 sièges, Christophe Clergeau 37,56% (soit +12 points) et 26 sièges, et Pascal Gannat 19,74% (en baisse de 1,6 points) et 13 sièges. Les voix perdues au second tour par le FN semblent bien s'être reportées sur la gauche...

Quatre régions outre-mer, dont deux deviennent des collectivités uniques

Martinique
La fusion de la liste indépendantiste du député Alfred Marie-Jeanne (MIM, 30,28% de voix) et de celle de droite menée par Yan Monplaisir (LR, 14,32%) pouvait désorienter les électeurs. La tête de liste était le député (GDR) Marie-Jeanne, et visait à déboulonner Serge Letchimy, président du Conseil régional sortant et député (apparenté PS), qui ambitionnait avec son statut de favori (38,96%) de prendre la tête de la nouvelle collectivité territoriale: S. Letchimy avait en effet battu A. Marie-Jeanne en 2010.
Alfred Marie-Jeanne a pris sa revanche, remportant sans conteste (54,1%) le second tour contre Serge Letchimy (45,8%).

Guadeloupe
L'ancien ministre Victorin Lurel (PS, soumis à l'impôt sur la fortune, ISF), président  sortant de région et candidat à un troisième mandat, a fait un petit premier tour prémonitoire en arrivant second (41,09%) derrière son rival Ary Chalus (DVG, 43,55%). Le député Chalus est à la tête d'une liste "anti-Lurel" d'ouverture qui compte en numéro 2 l'ancienne ministre UMP des outre-mer Marie-Luce Penchard. Sa liste a reçu le soutien de Laurent Bernier, le candidat LR qui n'avait pas passé la barre des 5%. Dans le camp Lurel, qui était distancé dans plusieurs villes au premier tour, on a "labouré le terrain" pour mobiliser les abstentionnistes (près de 53%).
La Guadeloupe échappe à l'ancien ministre de Hollande, Victorin Lurel, nettement battu par 42,48% de voix contre 57,52% pour son rival DVG Ary Chalus.

Guyane
La liste Guyane Rassemblement conduite par le président du Conseil régional sortant Rodolphe Alexandre, 62 ans, remporte largement (55%) l'élection à la collectivité territoriale de Guyane (CTG), l'assemblée unique qui va fusionner région et département. La liste conduite par son homologue du Conseil général, Alain Tien-Liong (DVG), a totalisé 45,49% des voix, dix points derrière.
Arrivé de peu en tête du premier tour, le centriste Hervé Morin (27,91%) a eu fort à faire pour conquérir une Normandie unifiée dans une triangulaire très incertaine, talonné par le secrétaire général du FN Nicolas Bay (27,71%) et un PS qui n'a pas dévissé (23,52%).
Le président sortant du Conseil régional, Rodolphe Alexandre (DVG), fort de ses 42,35% des voix un premier tour, partait favori pour l'élection de la nouvelle collectivité unique de Guyane qui fusionnera département et région.


Son rival et homologue du département, Alain Tien-Liong (DVG, 30,24%), entendait relever un défi difficile, avec des soutiens aussi divers que la maire de Cayenne, Marie-Laure Phinéra-Horth (DVG, ancienne proche d'Alexandre) ou le maire de Saint-Laurent du Maroni et ancien ministre UMP Léon Bertrand.

La Réunion
Les listes de la gauche et du centre (MoDem) se sont unies au terme de longues tractations pour tenter d'arracher la plus importante région ultramarine à Didier Robert, candidat (LR) à la tête d'une union de la droite et du centre (UDI), arrivé largement en tête avec 40,36% des voix au premier tour.
Personnalité préférée des Réunionnais, la députée Huguette Bello (DVG) a mené cette liste inédite, en tandem avec  le député-maire et hommes d'affaires Thierry Robert (MoDem) et des candidats issus de la liste du socialiste Patrick Lebreton, sans être assurée de convaincre les électeurs de cette alliance.
Au final, la liste du président sortant du Conseil régional de La Réunion Didier Robert (LR) remporte les élections régionales avec 52,69% des suffrages exprimés dimanche 13 décembre, devant la liste de la gauche et du MoDem de François Bayrou, 47,31%.

mercredi 9 décembre 2015

Valls peut-il rester à Matignon si le FN remporte une région ?

Valls dit qu'il restera à Matignon même si le FN remporte des régions

Le Premier ministre a décidé qu'il gardera son poste en cas de victoire du FN dans une ou plusieurs régions. 

Manuel Valls se considère inamovible et assure qu'il restera à Matignon quoi qu'il arrive, notamment si le Front national remportait sa ou ses premières régions au second tour des élections régionales dimanche 
"Non! Parce que le combat, c'est le combat d'une vie", a répondu le chef du gouvernement socialiste à une question sur un éventuel départ de son poste au lendemain d'une victoire de Marine Le Pen dans au moins une région. Le premier ministre a d'ailleurs rejeté l'idée qu'en cas de désaveu populaire il doive se démettre, après s'être investi au point de délaisser les affaires de l'Etat. 

Mercredi 9 devant Jean-Jacques Bourdin
, il a d'ailleurs profité de sa présence en direct sur BFMTV/RMC pour de nouveau appeler à la mobilisation électorale.
"J'espère d'abord que nous le gagnerons ce combat. Moi, je suis un combattant", s'est vanté Manuel Valls, qui a tenté "de convaincre les Français qui ne sont pas allés voter au premier tour de venir voter pour les candidats qui représentent l'avenir, la République, les valeurs de notre pays". Or, un combattant vaincu doit se rendre
br>Valls, chef de parti, a également fustigé "l'arnaque" et la "supercherie" du parti d'extrême droite. 

Valls, haineux, doigt pointé
"Vous pensez un seul instant que pour la France, pour l'Europe et pour le monde [les élections régionales ont-elles une répercussion planétaire?], la solution c'est l'extrême-droite, des idées d'exclusion, celles qui montrent du doigt en permanence ?", a interrogé le Premier ministre, centre du monde.

Manuel Valls a également martelé que la gauche n'a "pas d'hésitation à avoir" Rue de Solférino et doit voter pour les candidats de droite en cas de duel face au FN, face à "l'arnaque" et la "supercherie" du parti d'extrême droite.

Le Front national, "c'est une arnaque. Sortir de l'euro, c'est une arnaque. Ca mettrait à genoux le pays. [Il a déjà un genou à terre !] Et tous ceux qui parfois sont séduits par le FN, les ouvriers, les petits retraités, les commerçants, seraient ruinés. C'est une arnaque, le Front national, quand cette formation parle de sécurité alors qu'à l'Assemblée ou au Sénat, ils ne votent aucune mesure pour lutter contre le terrorisme".

Les électeurs du Front national sont-ils des "arnaqueurs" ?
Plusieurs appels au départ de Valls

Les appels publics au départ de Manuel Valls se multiplient, au-delà du FN.
"Ces gens-là (au gouvernement) aujourd'hui sont détestés, plus personne ne veut les voir. Je ne vois pas d'autre issue à Manuel Valls que celle de la démission au lendemain du deuxième tour de ces élections régionales", a ainsi affirmé mardi Louis Aliot, le compagnon de Marine Le Pen et tête de liste FN en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon.

Le député Les Républicains du Rhône Georges Fenech, un ex-magistrat, a également réclamé la démission de Manuel Valls au lendemain du premier tour et la dissolution de l'Assemblée nationale après le second.



Avant les régionales, François Hollande a assuré à plusieurs reprises que Manuel Valls restera  à son poste jusqu'en 2017. Depuis les Régionales, la donne a changé. 
Un vaste remaniement après les régionales a en outre été rendu plus pressant par les assassinats islamistes de masse que l'Etat-PS n'a pas su prévenir et par la nécessité d'instaurer un état d'urgence de trois mois jusqu'à fin février que l'exécutif tente de prolonger de trois mois encore.

Valls mouille et ne peut rien à rien:
il ne peut pas plus

Hollande et Valls peuvent-ils balayer 
la volonté populaire d'un revers de manche ?

dimanche 15 novembre 2015

Régionales dans le Nord: un sondage "dans ces moments tragiques" offusque François Lamy

Hollande a maintenu les élections régionales en décembre: la vie républicaine continue !

Factotum de Martine Aubry, maire de Lille, le député PS de l'Essonne est colère 

Il a publié dimanche 15 novembre un communiqué, relayé par une journaliste du journal officieux du PS, Le Monde, dans lequel il explique être "doublement en colère". Une manie dans la majorité: à l'instar de l'hystérique de Matignon, garder ses nerfs est au-dessus de leurs moyens. 
En cause, "la publication ce soir d'un sondage par RTL, LCI et Le Figaro sur les élections régionales dans le Nord-Pas-de-Calais - Picardie", écrit celui qui est le porte-parole du candidat PS dans la région, Pierre de Saintignon. 

Le timing est le même pour tous mais ne lui sied point...
Cette publication intervient en effet moins de 48 heures après les attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis. François Lamy fulmine et fait donner les violons:
"Alors que tous les candidats ont suspendu naturellement leur campagne [voir ici] devant l'horreur du moment et au regard du recueillement nécessaire, publier un sondage quand de nombreuses victimes ne sont même pas encore identifiées, que les Français sont sous le choc, est proprement indécent, indigne et choquant", se plaint le socialiste  Assurerait-il ainsi un argumentaire d'après-second tour ?
La seconde raison est plus terre à terre et, disons-le,  politicienne. 
Selon cet apparatchik local, ce sondage serait volontairement défavorable à Pierre de Saintignon en ne faisant "tester" qu'une seule hypothèse de second tour : "un duel Xavier Bertrand/Marine Le Pen". Et ce "alors que la gauche est devant la droite à l'issue du premier tour, que Pierre de Saintignon fait jeu égal avec Xavier Bertrand en cas de triangulaire au second tour". Dans sa tête !
Le mauvais joueur est de mauvaise foi.
Ce choix des "commanditaires" "relève à l'évidence d'une opération politicienne". L'hypothèse d'une triangulaire Saintignon/Bertrand/Le Pen a bien été testée. Mais pas celle d'un duel Saintignon/Le Pen.

François Lamy conclut son communiqué par un coup de gueule récapitulatif :
"La situation de notre pays et ce que vivent dans ces moments tragiques nos concitoyens exigent de la part des media un sens des responsabilités et une déontologie que n'ont malheureusement pas eus RTL, LCI et Le Figaro. [Le Monde, Libération, L'Obs et L'Express , pour ne citer qu'eux, seraient parfaitement socialistes, donc] Inutile de parler de République et de démocratie quand on se comporte ainsi." 
Or, ce sondage a été réalisé par Ifop avant les attentats. 
Il a depuis sa publication été relayé par divers media (ici, France3, ou , Le Point) et a fait l'objet d'une dépêche AFP. Trois vecteurs d'information peut suspects de sympathies droitières...


vendredi 7 mars 2014

Municipales: à Strasbourg, la droite pourrait reprendre la mairie

L'UMP Fabienne Keller ferait jeu égal avec le maire PS sortant 

Mais
, selon un sondage, le PS Roland Ries, sur un siège éjectable, sauverait son poste au second tour, avec l'aide du FN

L'opposition UMP-MoDem apparaît en mesure de revenir à la ville de Strasbourg, en raison d'une baisse significative des intentions de vote en faveur de la gauche nationale et de l'équipe sortante. C'est la principale leçon tirée du sondage CSA pour BFMTV, Orange et Le Figaro consacré à la capitale de l'Alsace.

Au premier tour, la liste d'opposition, conduite par l'ancienne maire centriste Fabienne Keller, arriverait en tête avec 32 % des intentions de vote exprimées. Elle devancerait de trois points la liste d'union PS-PRG-MRC conduite par le maire sortant, Roland Ries (29 %), qui brigue un nouveau mandat. Mais la marge d'erreur des sondages est généralement de trois points... Or, avec 11 % des voix, la liste du Front national, menée par Jean-Luc Schaffhauser, obtiendrait le troisième meilleur score et provoquerait une triangulaire au second tour. Dans cette ville, où treize listes sont en compétition (contre onze en 2008), les autres listes seraient toutes éliminées du second tour, avec des scores allant de 1 % à 9 % pour la liste EELV menée par Alain Jund.

L'avenir de Strasbourg se joue dès le premier tour

Dans l'hypothèse d'un duel classique gauche-droite au second tour, le Front national peut faire élire le socialiste. Les listes de Roland Ries et de Fabienne Keller étant toutes deux créditées de 50 % des voix, le FN serait en mesure de jouer les arbitres. "On constate une forte polarisation autour des deux listes principales, souligne Yves-Marie Cann, directeur en charge de l'opinion à l'institut CSA. 

Mais par rapport aux municipales de 2008, il y a un effondrement potentiel des voix de la gauche, puisque Roland Ries l'avait emporté il y a six ans au second tour avec 58,33 % des voix, contre 41,77 % à Fabienne Keller." À l'époque, les divisions de la majorité tout au long du mandat de la maire centriste de Strasbourg avaient entraîné une forte démobilisation de l'électorat de droite. À l'inverse, en 2014, le potentiel de participation des Strasbourgeois s'élève à 58 % et la mobilisation s'annonce d'autant plus forte que le scrutin paraît serré. 61 % des électeurs de Fabienne Keller comme des électeurs de Roland Ries se disent sûrs d'aller voter au premier tour et 64 % se prononceront en fonction de considérations locales.



Victoire du PS en cas de triangulaire

En cas de triangulaire au second tour, la présence d'une liste FN, placée en position d'arbitre, serait en revanche fatale à l'opposition: la liste Ries pourrait l'emporter avec 47 % des suffrages, devançant la liste Keller de cinq points, à 42 %, la liste FN conservant son score du premier tour, à 11 %.