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vendredi 2 novembre 2012

Lâcher de ministres pour nier les couacs du gouvernement !

Le gouvernement tente de couvrir la voix des media


"La presse abuse du mot 'couac'", 'élément de langage' colporté par les ministres



Le mot "couac" irrite sérieusement l'exécutif.

Plusieurs ministres ont fait la tournée des chaînes de radio et de télévision pour reprendre les journalistes en main. Ils auraient un peu trop monté en épingle les cafouillages et contradictions des ministres, dont le Premier d'entre eux, ainsi que les ratés de la communication du gouvernement. Les organes de presse seraient tous à mettre dans le même paniers, analystes distingués, experts émérites et décrypteurs éminents, tous autant qu'ils sont, n'en déplaise à Libération, ne seraient  que des incapables tout juste bons à  relater "l'écume des choses". 
Voilà-t-il comment ce gouvernement intolérantescompte faire taire les canards, d'une pluie de coups sur le bec ? Une véritable chasse aux journalistes, une sorte de ratonnade, quouac ! 



Ce tir groupé est une riposte à une polémique déclenchée mardi 30 octobre par une phrase "idéologiquement incorrecte" prononcée sur les 35 heures dans un moment d'égarement mental par Jean-Marc Ayrault, vite corrigée à regret par le premier ministre lui-même, soucieux de se fabriquer une image de briseur de tabous, mais qui a suscité de nombreuses railleries à droite, d'effarement à gauche et de confusion dans la presse embarrassée.

Lire PaSiDupes : "35 heures: Ayrault et Sapin s'affrontent sur le pédalo ivre "
Lien PaSiDupes : "
Revue de presse: Ayrault fait du Cresson"



Najat Vallaud-Belkacem soupçonne les journalistes d'analphabétisme




"Je n'ai rien contre le mot 'couac' dans l'absolu. J'aimerais simplement que vous preniez le temps de réfléchir à la définition du mot 'couac', ce que, à mon sens vous ne faites pas toujours suffisamment", a lâché  la porte-parole du gouvernement, qui a pris le melon, lors du compte rendu du conseil des ministres (voir à partir de 9 minutes).



"Un différend politique n'est pas un 'couac', une divergence d'interprétation n'est pas un 'couac', un couac c'est une fausse note", a soutenu la benjamine du gouvernement, ex cathedra. "Or, en l'occurrence, dans ce gouvernement, j'ai le sentiment que le premier ministre est le chef d'orchestre, d'un orchestre qui marche plutôt bien", a poursuivi la sujette de Hollande, sombrant dans la subjectivité. Selon le Littré (lexicographe mort en 1881), un couac "s'emploie surtout pour désigner une fausse note en musique". Le Robert parle de maladresse, voire même de difficulté. Même Bruno Roger-Petit, si ignare soit-il, le sait. Peut-être.



De nombreux conseillers et membres du gouvernement se sont déployés dans  la presse 


Le gouvernement ne supporte pas d'être accusé d'amateurisme ou qu'on lui fasse un procès en manque de cohérence politique. 

"Par ailleurs, je trouve que dans la façon dont vous observez, vous commentez l'activité du gouvernement, vous faites beaucoup de mousse avec peu de savon", a encore vanné la porte-parole du gouvernement, avant de pousser le bouchon vraiment trop loin. 
"Sans doute les Français gagneraient à ce que vous leur présentiez plus en détails les réformes de fond que nous entreprenons, ce qu'elles changent à leur vie quotidienne [puisqu'ils ne s'aperçoivent de rien et ont besoin que la binationale leur dise), plutôt que l'écume des choses". 
Le jour de la "bourde" du Premier Z-Ayrault sur les 35 heures, le gouvernement voulait communiquer sur les premiers emplois d'avenir, hasarde Le Monde, bien que le lancement ne soit en rien une mise en oeuvre encore.

Opération commando

Revenant mardi sur ses passes d'armes avec l'opposition, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait abandonné la critique socialiste des opposants qui "salissent" pour la dénonciation de polémiques qui "ne servent pas à grand-chose" ou d'une politique qui "se caricature elle-même".

Trois autres ministres ont aussi manifesté leur méchante humeur, deux insistant toujours sur le même mot : "Il y a un mot qui commence à me hérisser le poil : c'est le mot 'couac', a grondé Pierre Moscovici (économie), sur BFM TV. On le met vraiment à toutes les sauces, à propos de n'importe quoi." (sic) Sauf votre respect, Monsieur le Premier ministre !...

La ministre déléguée aux personnes âgées, Michèle Delaunay, a également participé à la mobilisation d'intimidation de la presse dans un billet publié mercredi sur blog. "Ça commence à faire, chaque matin, chaque midi et chaque soir, et même quelquefois au cœur de la nuit de tomber sur un énervé de droite, un hypomane de gauche, un médiocrate de partout ailleurs, qui n'a d'autres soucis que de traquer, dénoncer, fustiger l'erreur dans la virgule, l'intonation douteuse ou le mauvais horaire de n'importe quelle prise de parole d'un membre de notre gouvernement", écrit-elle, méprisante de la presse qui a porté à l'Elysée le succédané de Dominique Strauss-Kahn, F. Hollande.
Malgré sa séparation avec X. Cantat, une autre "hypomane" socialiste a dit son irritation outragée. Cécile Duflot (logement) est en effet allée brûler quelques calories en mettant en demeure le journaliste de RTL, Jean-Michel Aphatie, brandissant l'élément de langage redondant de ses collègues : "Vous allez me définir ce que c'est qu'un couac parce que c'est devenu une espèce de leitmotiv..." Bel exemple de leitmotiv, avant de laisser entendre, comme Najat Vallaud-Belkacem, que la presse ne se préoccupe que de "la mousse". Celle visiblement de la bière surtaxée !

Le gouvernement avait ainsi distribué le polycopié de l'argumentaire officiel et ses petits soldats avaient défilé au pas cadencé par le tambour des génériques d'émissions télévisées amies. Il comptait afficher une image d'unité aussi retouchée que celle de la franche camaraderie du week-end dernier à la braderie des postes fédéraux du Parti socialiste à Toulouse. En fait de reconquête de l'opinion, les petits soldats de plomb de Ayrault-la-bavure ont certes marché du même pas, mais en rond. 

Ce piètre spectacle d'une armée mexicaine, après des semaines de dégringolade de la confiance en ce président et son Premier sinistre dans les sondages, ajoutait le ridicule au foutoir. L'impréparation et l'improvisation de l'exécutif sur la compétitivité, la dépénalisation du cannabis, le droit de vote des étrangers ou encore le mariage homosexuel ont nourri des articles sur la cacophonie dans la communication gouvernementale. Le Monde admet en titre au passage que la cacophonie est faite de couacs... 



VOIR et ENTENDRE l'outrecuidance du petit Cazeneuve, sous-ministre aux Affaires étrangères plein d'auto-suffisance et de morgue ce matin sur BFMTV,  face à son hôte,  Christophe Jakubyszyn qui n'a pas droit à la parole: 






Pécresse et Lienemann demandent "un cap" clair à Hollande

Hollande met la gauche du PS et l'UMP d'accord !
Lienemann (PS) ne voit pas assez de "lisibilité du cap stratégique" de l'exécutif

Proche de Benoît Hamon et d'Henri Emmanuelli, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris, a soulevé vendredi la "question de lisibilité du cap stratégique" de l'exécutif qui doit "se ressaisir".
Sur Radio Classique et Public Sénat, l'élue de Paris, une des principales voix de la gauche du PS (près de 30% au Congrès de Toulouse), a commenté: "Il y a une question de lisibilité du cap stratégique suivi par François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault".

Lienemann, porte-parole du ministre-délégué de Ayrault ?

Selon les membres de son courant, dont Benoît Hamon, "les discours sur les 3% de déficit (en 2013) ne peuvent pas faire office de stratégie, visible pour nos concitoyens, de relance de la croissance, de lutte pour la ré-industrialisation".

"Il y a un manque de visibilité sur comment on va atteindre les objectifs de croissance et d'emploi", a-t-elle expliqué. Pour eux, cela ne se résume pas à une question de pédagogie, mais il s'agit "d'éclairer où on va, au-delà du budget" ou des "premières mesures très positives", comme les emplois d'avenir, lancé justement par Hamon le 1er novembre, malgré l'absence de fonds et d'interlocuteurs publics 
(lien PaSiDupes : "Jour J des "emplois d'avenir" ...à venir "), et la retraite à 60 ans (lien PaSiDupes : " Retour sous conditions à la retraite à 60 ans aujourd'hui ").

"Il y a aussi un problème politique : pour que la gauche réussisse, il faut que la gauche soit rassemblée", a plaidé Mme Lienemann. "Il faut constituer une dynamique de rassemblement et moi, je prône l'organisation très rapide d'un comité de liaison permanent des forces de gauche".

Interrogée sur la chute de l'exécutif dans les sondages, elle a observé que "cela arrive très vite. Il faut rappeler que l'élection s'est faite à assez peu de voix. On a été tous à gauche très heureux de cette élection, mais il ne fallait pas négliger le fait que l'écart de voix entre François Hollande et Nicolas Sarkozy n'était pas considérable et qu'on vit dans une période d'extrême crise" qui se traduit par "une espèce de fatalisme".
"J'attendais une chute assez rapide, pas à ce point, c'est vrai que là, il faut se ressaisir", a encore asséné la sénatrice.


Pécresse (UMP) juge qu'"il n'y a pas de cap" du tout 

Elle exige "un virage économique immédiat "
Valérie Pécresse, ex-ministre UMP du Budget, a observé vendredi qu'il n'y a "pas de cap" fixé par l'exécutif.
Sur RTL, la députée des Yvelines et  a assuré : "il n'y a pas de cap gouvernemental, et notamment pas de cap économique". Pour elle, "M. Hollande se comporte en comptable, pas en garant de la croissance économique du pays et en garant de l'emploi".

Le soutien de François Fillon accuse Hollande
"Aujourd'hui, nous avons besoin d'un cap économique", a insisté la responsable UMP qui demande "un virage économique immédiat pour ranimer la croissance". "J'accuse le gouvernement de dissimulation, sur la gravité de la crise et sur les solutions pour s'en sortir", a lancé Valérie Pécresse.

François Hollande est le "maillon faible"de l'exécutif 
Interrogée sur le "problème Ayrault", elle a répondu : "je crois, moi, que le maillon faible, aujourd'hui, c'est François Hollande. Parce que sous la Ve République, c'est le président qui fixe le cap, qui est la boussole".

Elle a une nouvelle fois exhorté le chef de l'Etat à "donner le cap de la croissance, de l'emploi, de la compétitivité, d'une France qui a confiance en elle-même et ne se met pas à dos l'Allemagne".

Mardi, au lendemain de la remise du rapport Gallois sur la compétitivité , le gouvernement se réunira en séminaire à Matignon pour arrêter ses décisions qui seront annoncées le soir même par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.



Les Juifs sont-ils bien des Français, pour France Info ?


Des propos de journalistes qui devraient interpeller


"Hollande et Netanyahu unis contre l'antisémitisme",
titre le site du Nouvel Obs,
sans photo
 


Au cours de la visite officielle de Benjamin Netanyahu en France, François Hollande s'est engagé -avec emphase - à lutter contre l'antisémitisme "sans relâche" et a fait de la sécurité des Juifs "une [grande] cause nationale"

Ce qui fait l'objet d'un débat sur France Info, chaîne nationale publique.
"Les mots qui ont été dits par le président hier sont un sans-faute" juge Jean-Dominique Merchet de Marianne. Même analyse de Carl Méeus du Figaro magazine pour qui "la simple présence du président à Toulouse est un signe fort."

"Il y a en France un réel antisémitisme" précise Jean-Dominique Merchet. "Il y a eu à une époque une volonté de trop le nier pour le pas stigmatiser certains. Il est bon de regarder cela en face. Après la forme que ça prend, le faire avec un chef de gouvernement étranger, c'est une question que l'on peut se poser."
Carl Méeus souligne lui-aussi l'inquiétude de la communauté juive. "Les gens de la communauté vivent parfois un enfer. De harcèlement, de petites brimades, de vexations ou de propos antisémites et pour lesquels rien n'est fait."
Si seulement ils ne disaient que cela...

Raphaëlle Duchemin
les labelise "d'origine française"
et Jean--Dominique Merchet déclare que les Juifs, tous Français qu'ils soient, "sont chez nous"...

ENTENDRE donc le duel de ce matin, à 8h47 entre Carl Méeus du Figaro Magazine et Jean-Dominique Merchet de Marianne:



A noter que l'intitulé du podcast évoque la sécurité des "Juifs de France" et non pas des Juifs français, ni des Français de confession israëlite... Un alignement subreptice sur une autre religion d'implantation beaucoup plus récente et dont la frange radicale et active conteste, elle, la loi française.
Les Juifs sont-ils français, telle est donc LEUR question.

Valls extrade la militante basque française Aurore Martin

Une première en France, par le ministre de l'intérieur d'origine catalane


La militante nationaliste a été livrée à l'Espagne

Membre de Batasuna, organisation légale en France, mais sous le coup d'un mandat d'arrêt européen, Aurore Martin a été interpellée ce jeudi à Mauléon, dans les Pyrénées-Atlantiques, à l'occasion d'un contrôle routier. Elle a été remise dans la soirée aux autorités espagnoles.

Il y a banal et banal

Ce contrôle routier à Mauléon est qualifié de 'banal', mais est-il 'banal' que cette Française a été arrêtée dans les Pyrénées-Atlantiques et de surcroît livrée par les autorités de son pays ?

Elle est désormais entre les mains des autorités espagnoles. Cette militante de Batasuna, le mouvement considéré comme le bras politique des séparatistes d'ETA, est sous le coup d'un mandat d'arrêt européen.


Aurore Martin avait décidé, en juin 2011, de quitter la clandestinité. Elle s'attendait donc à être interpellée à tout moment. L'Espagne la recherche, pour "participation à une organisation terroriste".

Une "provocation", selon Batasuna

La jeune Française a été extradée par la France vers l'Espagne.
Cette militante était sous le coup d'un mandat d'arrêt européen, émis par l'Espagne en 2010. 

Plusieurs élus basques ont exprimé leur incompréhension. Pour Jakes Bortayrou, membre du secrétariat d'Abertzaleen Batasuna, la droite espagnole "fixe la feuille de route du gouvernement Ayrault".

L'incompréhension après l'arrestation

Les soutiens d'Aurore Martin affirment qu'elle n'est qu'une militante, et qu'elle n'a fait que prononcer des discours - elle n'est jamais passée à l'action, disent-ils.

Une situation "ubuesque"

Plusieurs élus basques, de gauche et de droite, ont exprimé leur incompréhension après l'interpellation d'Aurore Martin et son tranfert en Espagne.
Pour Jakes Bortayrou, membre du secrétariat d'Abertzaleen Batasuna, le gouvernement de Jean-Marc Ayraut  est  aux ordres de  la droite espagnole au pouvoir à Madrid.
Kotte Ecenarro, vice-président socialiste du Conseil général des Pyrénées-Atlantique, déplore une situation "ubuesque, incompréhensible en plein processus de paix".
L'UMP Max Brisson y voit lui "un mauvais signe pour la paix".

2 novembre 2012: la Fête des Morts de Hollande

Le président Hollande est allé fleurir la tombe de sa popularité

Après seulement quelques mois de vie commune...

La gauche désenchantée fait son deuil


Et pendant ce temps-là

jeudi 1 novembre 2012

Jour J des "emplois d'avenir" ...à venir

Son lancement ne signifie pas que le dispositif est opérationnel

"La priorité des priorités" du gouvernement arrive après plus de 5 mois

Le dispositif des "emplois d'avenir", destinés aux jeunes pas ou peu qualifiés des zones défavorisées, est "opérationnel", assure Benoît Hamon, ce jeudi 1er novembre, avec en toile de fond l'explosion du chômage des jeunes. Le coup d'envoi de ce dispositif destiné aux 16-25 ans et largement subventionné par l'Etat, a été donné par un décret paru au Journal officiel.

Alors que le chômage touchait 22,7 % des 15-24 ans au deuxième trimestre, soit 634 000 personnes, le gouvernement ambitionne de créer 150 000 de ces emplois aidés d'ici à 2014, dont 100 000 dès l'an prochain. Dans la cible visée se trouvent notamment les 120 000 jeunes sortant chaque année du système scolaire sans diplôme, pour lesquels le taux de chômage dépasse 40%.

Slogan: "Les emplois de demain" 

Coût estimé pour un dispositif tournant à plein régime : 1,5 milliard d'euros par an. Les emplois d'avenir, "ce sont les emplois de demain", avait lancé le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lors de la signature des premières conventions. "La priorité des priorités est de commencer, et de continuer, par les jeunes", avait-il ajouté.

Inscrits dans une des premières grandes lois du quinquennat – adoptée par le Parlement le 9 octobre avec les voix de la gauche et une partie des voix de la droite –, ces emplois d'avenir seront proposés essentiellement dans les collectivités locales et les associations pour une durée de trois ans. Ils ciblent les jeunes peu qualifiés issus des zones urbaines, rurales et d'outremer en difficulté, et devraient être accompagnés de dispositifs de formation.

Les besoins sont inconnus et les infrastructures ne sont pas prêtes

Les besoins ne sont pas tous identifiés et la plupart sont encore en cours. 
"Ne nous précipitons pas," demande Hamon. "L'engagement en faveur des emplois d'avenir doit être sérieux et durable"
Les conventions-cadres ne sont toujours pas signées entre l'Etat et les grands réseaux pour définir la nature de l'engagement pris : "quels types d'emplois sont visés, assortis de quelle formation, quelle est l'articulation avec les autres partenaires mobilisés sur ces conventions - les régions, les départements, pour quel type de prestation : formation, complément de financement de l'emploi.
Dès novembre, les premiers contrats seront signés entre les employeurs et les jeunes, avec l'aide de l'Etat. Je me déplacerai partout en France afin de signer des conventions avec les collectivités et les chambres régionales de l'économie sociale et solidaire, pour mobiliser et appuyer les employeurs dans leurs démarches de recrutement." Tout reste à faire.
Le ministre-délégué l'avoue, "les chambres vont jouer un rôle décisif pour faire le lien entre les politiques publiques, les besoins des associations et le montage des projets dont elles garantiront la robustesse." Le travail de mise en oeuvre reste à faire.
Le 30 octobre 2012, le premier ministre Jean-Marc Ayrault réunir devait un "certain nombre" de "têtes" de réseaux de l'économie sociale, identifiées par chaque ministère comme étant capables de déployer des stratégies nationales de recrutement. Il s'agit de grandes fédérations associatives, d'organisations du secteur sanitaire et social, de coopératives ou de mutuelles : à elles d'identifier les besoins.


Des bénéficiaires militants mais improductifs

Le programme "emploi d'avenir" [150 000 emplois en 2013 et 2014] va reposer pour beaucoup sur la mobilisation de l'économie sociale et solidaire (ESS), notamment du monde associatif, à travers les grands réseaux nationaux dans le domaine du sanitaire et du social, le domaine sportif et les régies de quartiers. Déjà les associations, dont les cadres sont vieillissants, souhaitent que la part des emplois d'avenir réservés aux non-qualifiés soit limitée à 40 % et ne leur soit pas affectée: elles pourront donc faire leur marché parmi les 60% restants... Hamon confirme d'ailleurs que "d'ici à 2020, 600 000 départs à la retraite sont programmés dans l'économie sociale et solidaire. Il y a donc largement matière à construire des contrats de génération, qui permettront aux seniors de transmettre leur expérience." Or, les emplois d'avenir sont inscrits au budget de l'Etat. Comme leur coût est estimé à 2,3 milliards pour 2013, le contribuable participera largement au financement des salaires des cadres du milieu associatif.
La Banque publique d'investissement (BPI), c'est promis, réservera 500 millions d'euros à l'ESS.
Ces 500 millions sont inscrits noir sur blanc dans la lettre d'engagement qui a été signée entre les départements et l'Etat, lundi 22 octobre à l'Elysée, avec le président de la République: l'encre est encore fraîche. 
Mais ils ne sont pas disponibles: la BPI a un président virtuel depuis 15 jours, le 17 octobre, Jean-Pierre Jouyet, un proche du président Hollande qui ne devait pas nommer les grands commis de l'Etat, et un directeur général, Nicolas Dufourcq, mais, elle non plus, n'existe encore que sur le papier.

Ayrault a produit 20 couacs en cinq mois

La boîte à couacs est pleine


Regard bovin et tête de mort:
Ayrault-la-gaffe conjugue
déprime et dépression.
Résistons !


L'exécutif socialo-écolo a dépassé son quota 

Depuis quelques semaines, les ministres du gouvernement étaient priés de se taire.

Jean-Marc Ayrault était devenu son principal porte-parole. Mais le chef lui-même a  pourtant enfilé les bévues comme des perles, donnant une image d'amateurisme "comme on n'en a jamais vu", souligna un Jean-François Copé horrifié. C'est même "la symphonie des couacs", selon Nathalie Kosciusko-Morizet: une symphonie de Mahler. Alors, cette boîte à couacs, est-elle une création originale de l'équipe socialiste ou un standard remixé ?
Devoir de mémoire...


Les couacs de procédure

En anticipant une annonce du Conseil constitutionnel, qui sanctionnait une grossière erreur de procédure, Jean-Marc Ayrault a atteint des sommets. Non seulement, il a prêté le flanc à des attaques sur le non-respect de la séparation des pouvoirs, mais il a aussi mis en lumière l'impréparation d'un gouvernement pressé d'agir dans la précipitation d'avoir trop longtemps tergiversé. Car, si les Sages ont retoqué la totalité de la loi Logement présentée par son alliée EELV, Cécile Duflot, c'est que le texte examiné dans l'hémicycle du Sénat n'était pas la version validée en commission le matin même. 

Un deuxième projet de loi pourrait d'ailleurs connaître un sort similaire au Sénat et cette délirante excuse ne pourrait plus être invoqué : celui sur la tarification progressive de l'énergie. En commission, une majorité de sénateurs a jugé que ce texte contrevient au principe de la "péréquation tarifaire". Les décrypteurs indulgents admettent cette fois que les travaux d'une commission engagent la gauche gouvernementale et les représentants négligés de 4 millions d'électeurs communistes n'ont pas laissé passer.

Le gouvernement Fillon a évidemment connu ce genre de situation. Une dizaine de projets de loi a été censurée, mais en CINQ ANS, totalement ou partiellement, par le Conseil constitutionnel. Sachant que le gouvernement Fillon était autrement plus productif, la censure la plus spectaculaire reste celle de la taxe carbone, quelques jours avant son entrée en vigueur. C'était au motif que les nombreuses exemptions prévues créaient une rupture de l'égalité devant l'impôt et limitaient les objectifs de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans la lutte contre le réchauffement climatique.

La première était, elle, intervenue dès août 2007. C'est paradoxalement la lenteur socialiste à l'allumage qui permit de faire sourire un ministre socialiste malencontreusement, quelques jours avant la confirmation de la censure de loi Logement: "Nous sommes en retard sur le gouvernement précédent." 

Verdict: vu la lenteur de ses premiers pas, le gouvernement Ayrault a pris une forte avance sur ses prédécesseurs. 

Les couacs entre ministres

Partisan de l'auto-gestion, le ministre de l'Education, Vincent Peillon, s'est cru autorisé à proposer de revenir à la semaine de 5 jours dans le primaire et, dans la foulée, de relancer le débat sur la dépénalisation du cannabis.  Ayrault a dû recadrer son ministre indépenant. 

Jérôme Cahuzac penche pour un retour de la publicité après 20h sur France Télévisions. Court-circuitée, sa collègue Aurélie Filippetti écarte immédiatement l'hypothèse. 
Cet été, c'était l'inverse : Filippetti se déclare pour une redevance sur les écrans d'ordinateur mais, au Budget, Cahuzac, qui dément  dans la foulée. 
Le bouquet final se joue en ce moment : au moins cinq ministres ont donné leurs solutions pour relancer la compétitivité française.

La situation de François Fillon aux manettes était très différente, car les décisions étaient réputées prises à l'Elysée. En mai 2011, Claude Guéantministre de l'Intérieur, annonce aux députés UMP la suspension du démontage des panneaux annonçant les radars automatiques. Quelques minutes auparavant, son "patron" venait de réaffirmer la consigne de fermeté. 

En septembre 2009, le secrétaire d'Etat Christian Blanc, entrepreneur et UDF proche de Michel Rocard, envoie une lettre à Matignon pour se plaindre que les arbitrages rendus sur le Grand Paris ne figurent plus dans le projet de loi. Et demande que sa version remplace celle des services du Premier ministre. 
Enfin, mentionnons Christine Lagarde, alors rebaptisée "Lagaffe", mais aujourd'hui directrice générale du FMI. En septembre 2007, la ministre des Finance annonce un plan de rigueur dans la fonction publique est en préparation, dit-elle. Pas du tout, est obligé de répondre, embarrassé, Matignon.


Verdict le ministre en charge au gouvernement Fillon avait entendu les 80 députés UMP frondeurs hostiles à la nouvelle politique de sécurité routière du gouvernement. Mais s'agit-il d'un simple couac ou d'un grave conflit d'intérêts, lorsqu'Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, fait nommer sa concubine Audrey Pulvar à la tête de la rédaction des InRockuptibles dont le patron n'est autre que Matthieu Pigasseen outre actionnaire multi-millionnaire du Huffington Post et du Monde, nommé à la future Banque Publique d'Investissement (BPI), comme conseil,   par... Pierre Moscovici ?
3 couacs subalternes en 5 ans, côté Fillon, mais 5 couacs "maousse costauds" en 5 mois, côté Ayrault. 

Les couacs entre le Parlement et le gouvernement

Le projet de loi de finances 2013 a donné lieu à quelques amendements tout droit sortis des couloirs de l'Assemblée et que les ministères ont découvert au dernier moment. D'où une impression de flottement. Ce fut particulièrement vrai avec la proposition du député PS Christian Eckert d'intégrer les oeuvres d'art à l'ISF.
L'hyper-président qui a précédé la "gauche molle" était pressé par la crise et le besoin de réformes de faire adopter ses projets de loi. Entre décembre 2010 et janvier 2011, Le Figaro compte "une série de couacs: sur le permis à points, la réforme de la garde à vue, la Cades, les avantages fiscaux pour les aides à domicile et la fiscalité du patrimoine". 
Le couac le plus spectaculaire reste celui - écologique- de mai 2008. L'Assemblée adopte alors un amendement communiste qui limite considérablement la culture des OGM. La secrétaire d'Etat, Nathalie Kosicusko-Morizet dénonce un "concours de lâcheté et d'inélégance" entre le patron des députés UMP et Jean-Louis Borloo, son  propre ministre de tutelle.


Verdict: Dans le cas de NKM, François Fillon saura faire preuve de fermeté et lui imposer un exil du palais Bourbon:  elle finira par présenter des excuses publiques .

Les couacs d'amateurs

"Amateurs!", lance la totalité de la droite à l'adresse de Jean-Marc Ayrault et de son gouvernement. Et à demi-mots, la gauche reprend l'idée. Le président du Sénat, le socialiste Jean-Pierre Bel a demandé au gouvernement de "mieux respecter les contraintes du travail législatif". 


Déçu de n'avoir pas obtenu le ministère de la Justice, le député PS Jean-Jacques Urvoas ironise sur le manque de considération de Ayrault, "chef" hégémonique : "en général, on commente une décision" du Conseil constitutionnel mais "on ne l'annonce pas". 

Sur ces accusations d'amateurisme, Jean-François Copé a exprimé sa préoccupation. Ses adversaires lui rappellent qu'en avril 2009, lors du vote de la loi Hadopi, défendue par Christine Albanel et Frédéric Mitterrand, il déclencha une belle colère du chef de l'Etat quand la majorité à l'Assemblé, ne  put rejeter le texte, à cause d'une trop faible mobilisation des troupes UMP dans l'hémicycle. 

Mieux, en avril 2008, des députés UMP critiquent l'amateurisme du gouvernement Fillon
Mais, pour tout dire, il s'agissait alors, sur fond de boycottage des JO de Pékin, de la cacophonie provoquée par les déclarations intempestives de Rama Yade, ainsi que du désordre créé par le franc-tireur Martin Hirsch, venu de la société civile et associé au gouvernement d'ouverture en qualité de Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté et à la Jeunesse. Difficile, en vérité, de faire de  deux contextes différents une vieille rengaine de couacs.

Verdict: D'une part, Copé n'était pas Premier ministre et d'autre part les élus socialistes avaient usé contre la loi Hadopi d'un stratagème peu reluisant, se cachant sournoisement derrière un rideau pour tromper leurs adversaires sur leur nombre réél, contre tous les usages et pendant les vacances de Pâques. 
Se faire sermonner par le président du Sénat, qui plus est membre de son propre camp, est en revanche une autre prouesse accablante de Jean-Marc Ayrault. 

VOIR et ENTENDRE Ayrault se revendiquer "chef" de cet orchestre à vent: 


La chance de Ayrault, c'est qu'il n'a plus que quatre ans et six mois à tenir !
Si Hollande est plus  mou que Mitterrand, malade, avec Edith Cresson...
Quant à nous, nous serrons tout ce que nous pouvons.

35 heures: la bourde folle de Ayrault et la danse des canards du gouvernement

Ayrault bashing ou  "cressonnade" ? 


Le dogmatique Ayrault a tenté de passer pour un 
Premier ministre ouvert et éclairé


Une tentative de "ouf", car le Premier ministre s'est carbonisé
Il s'est maintenant fait connaître de tous comme le nul qu'il était seulement pour son entourage.
Lien PaSiDupes: la "cressonnade"
Z-ayrault s'est une nouvelle fois lourdement pris les pieds dans les cables. C'était cours d'un face à face avec un panel de lecteurs du journal Le Parisien: lien PaSiDupes

Z-ayraut-la-gaffe a créé un immense remue-ménage dans la sphère socialiste: le chef du gouvernement a en effet assuré qu'un retour aux 39 heures n'est pas un sujet tabou ! L'onde  de choc s'est aussitôt propagée de Matignon à la Rue de Solférino à  Libération, Le Monde et France Inter, jusqu'à l'UMP.
Lien PaSiDupes 


Le sang de Michel Sapin, le ministre du Travail, n'a fait qu'un tour - et qu'un bond à Matignon -  pour recadrer son "Chef" de gouvernement.
Lien PaSiDupes

Maintenant, pour changer, l'"hyper"-chef nie !
Z-ayralult-la-gaffe a mis moins de 35 heures alors pour reprendre ses esprits et faire savoir qu'il n'a pas exprimé la doctrine du gouvernement. 

Suite à cette "fuite" de l'inconscient du Premier ministre, l'entourage a assuré que "Jean-Marc Ayrault est un homme tenace, il tiendra le choc." Lien PaSiDupes

VOIR et ENTENDRE le déroulé de cette abracadabrantesque bourde, digne de Ségolène Royal:


Devoir de mémoire : Valls voulait "déverrouiller" les 35 heures aux primaires PS
Le 02/01/2011, le député-maire d'Evry dans l'Essonne prônait de "travailler plus et travailler mieux". 
Ainsi lisait-on dans Le Point: "Le socialiste Manuel Valls, candidat aux primaires socialistes pour la candidature à la présidentielle de 2012, s'est dit favorable à une réforme de la loi sur la semaine de travail des 35 heures. Emblématique de la période du gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002), [mise en oeuvre par la Ch'tite Martine Brochen-Aubry], cette loi est l'objet d'un contentieux idéologique persistant, la gauche considérant en général qu'elle a créé des emplois et favorisé la croissance, la droite soutenant le contraire. Invité sur Europe 1, Manuels Valls a critiqué cette mesure."

Celui qui cohabite maintenant avec Moscovici et Sapin expliquait, il y a moins d'un an : 
"Est-ce que, dans le monde tel qu'il est aujourd'hui, avec la concurrence que nous connaissons, pouvons-nous nous permettre d'être sur des idées des années 1970, 1980, 1990 ? Non. Il faut dépasser la question des 35 heures. Oui, nous devrons déverrouiller les 35 heures", a ajouté le maire d'Evry. Le déverrouillage consisterait, a-t-il précisé implicitement, à un quasi-retour à la semaine des 39 heures, l'horaire légal qui précédait la réforme de 1998-2000. "Ceux qui ont la chance d'avoir un emploi doivent pouvoir travailler deux ou trois heures de plus sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires, qui ont beaucoup coûté à l'Etat".

Aujourd'hui, quand on est pourtant au gouvernement, "on ferme sa gueule"....

Retour sous conditions à la retraite à 60 ans aujourd'hui

Avec le risque d'augmentation du travail au noir


Le décret relatif au départ anticipé, au titre des carrières longues, est paru le 3 juillet 2012 (décret n°2012-847 du 2/07/2012).


Encore une promesse coûteuse de Hollande

La retraite anticipée à 60 ans, réforme phare du quinquennat de François Hollande, entre en vigueur dès ce jeudi 1er novembre. Seuls les assurés justifiant de la durée d'assurance cotisée requise pour leur génération, et ayant commencé à travailler avant 20 ans, sont concernés, contre 18 ans auparavant.

De nouvelles règles de calculs
Pour être éligible au départ anticipé en retraite, le décret paru le 2 juillet dernier requiert, en plus d'avoir commencé à travailler tôt, une durée de cotisation suffisante, soit au moins 41 ans et un trimestre pour les générations 1953 et 1954, et 41 ans et demi pour ceux nés en 1955 et 1956. 
Désormais, les accidents et interruptions de carrières seront pris en compte. Pour les victimes d'une perte d'emploi au cours de leur vie professionnelle, deux trimestres chômés seront pris en compte dans le calcul du nombre d'annuités. De même, pour les mères de famille, deux trimestres de congé maternité, s'ajoutant aux quatre trimestres pouvant être validés au titre des arrêts maladie, seront désormais intégrés dans le calcul.



Un Retour à 60 ans entièrement financé, assure le gouvernement

La mesure devrait concerner un peu plus de 110.000 personnes chaque année

Lors de la présentation du dispositif, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait estimé le coût de la mesure à 1,1 milliard d'euros en 2013 et 3 milliards en 2017, pour les régimes généraux. Depuis, son coût aurait été revu en baisse. Dans tous les cas, la dépense serait intégralement financée par une augmentation des cotisations sociales 'retraite', qui s'établira pour la première année à 0,1 point pour les salariés et 0,1 point pour les employeurs.

Les jeunes bénéficiaires pourront occuper leur temps à arrondir leurs fins de mois au "black"
On n'avait pas encore assez de parasites ?

Le pouvoir socialiste encourage ainsi le travail non déclaré qui pénalise le marché de l'emploi, sans rapporter aux caisses de l'Etat, ni contribuer à l'aide sociale aux plus défavorisés.

Le jeune retraité constituera désormais un gisement de main d’oeuvre bon marché. 
Sa rémunération le valorisera et deviendra une forme de reconnaissance nécessaire pour l’aider à ne pas perdre confiance en lui, mais le complément de revenus dans cette filière parallèle et souterraine ne sera pas déclaré et donc déloyal envers les jeunes que le candidat F. Hollande promettait d'aider. 
Pour les uns, le travail dissimulé permet de joindre les deux bouts ou simplement de mettre un peu de beurre dans les épinards. Pour les autres, c'est du pain noir.