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samedi 2 juillet 2016

Mort de Michel Rocard, laissant la "deuxième gauche" orpheline

Poil à gratter de Mitterrand, Michel Rocard, son ancien premier ministre, est mort

Rocard avait rêvé de moderniser un Parti socialiste déjà "rétrograde"

Mort le samedi 2 juillet à l’âge de 85 ans, il laisse aujourd'hui, au Parti socialiste, dans les ministères, dans les think tank de la gauche qui rêvent de la refonder, quantité de ses disciples, nourris par cette "deuxième gauche" sociale-démocrate, réaliste et redistributrice qu’il avait fini par incarner.

Derrière une apparente simplicité, Michel Rocard, né le 23 août 1930 à Courbevoie, fut un homme politique paradoxal et compliqué. Longtemps l’homme politique le plus populaire de France, il était spontané voire impulsif, sincère voire naïf, maladroit mais volontiers calculateur; apôtre d’un "parler vrai " parfois dévastateur, mais capable de manier sans broncher la langue "de madrier", selon l’expression d’un de ses anciens conseillers; orateur parfois obscur, mais, en dehors des tribunes, d’un abord simple et direct. 
Et surtout obsédé par l’idée d’être écouté, reconnu, respecté. Ce dernier trait de sa personnalité ne peut pas être dissocié des relations difficiles, mélange d’admiration et de frustration, qu’il avait avec son père. Yves Rocard était un scientifique de haut niveau. Quand, à 17 ans, Michel décida de faire Sciences-Po, il cessa d’être pris au sérieux par son père et il tenta toute sa vie, parfois inconsciemment, de reconquérir son estime. Yves était conservateur. Le jeune Michel fut progressiste, mais intégra l’influence paternelle, en étant très vite proche d’un socialisme humaniste, plus que du marxisme. 

Le parcours de Michel Rocard, meilleur ennemi de Mitterrand

Michel Rocard s’engage dans la mouvance de la SFIO (ancêtre du PS) dès 1949

et devient six ans plus tard secrétaire national de l’Association des étudiants socialistes. Déjà la SFIO bat de l’aile, empêtrée dans les compromissions de la IVe République et les mensonges de la guerre d’Algérie. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris – où il milite à l’UNEF et combat un dénommé… Jean-Marie Le Pen –, Michel Rocard sort de l’Ecole nationale d’administration dans la promotion 'Dix-huit juin', en 1958. 
Il intègre alors l’inspection des finances. La même année, il quitte la SFIO, découragé, comme tant d’autres, par la politique de Guy Mollet. C’est là qu’il participe à l’organisation d’un parti de gauche, le Parti socialiste autonome (PSA), dont le titre de gloire principal est d’avoir refusé d’accueillir dans ses rangs… François Mitterrand. 
Le petit parti deviendra le PSU en 1960. L’histoire de Michel Rocard se confond alors avec celle de toute une génération qui, transitant au PSU, à l’UNEF ou ailleurs, lutte contre la guerre d’Algérie. Après la fin du conflit, Michel Rocard, qui a pris un pseudonyme, Georges Servet, pour que ses activités militantes soient compatibles avec son statut de haut fonctionnaire, commence, déjà, à se ranger dans une gauche "moderniste". 
Dès 1966 lors d’un meeting à Grenoble, 'Georges Servet' affirme à la tribune, que "la visée à long terme du socialisme n’est pas nécessairement la nationalisation". La déclaration rompt avec la culture dominante dans la gauche de l’époque. Pour la première fois, le pseudo de Michel Rocard apparaît dans un titre du journal Le Monde.

Une longue incompréhension réciproque avec Mitterrand 
Michel Rocard et François Mitterrand, eux, ne se connaissent encore que de réputation. Ils se rencontrent lors des négociations pour les législatives de 1967 (Rocard est lui-même candidat sans succès, dans les Yvelines). C’est le début d’une longue incompréhension entre le terrien de province amoureux des arbres et l’urbain qui sera maire de Conflans-Sainte-Honorine (1974) mais qui trouvera longtemps l’évasion sur un bateau à voile, au large de la Bretagne. 
Michel Rocard prend la tête du PSU en juin 1967. Ce petit parti, débordant de militants brillants, devait réveiller et rénover la gauche. Il sera, selon son expression, un "laboratoire terrifiant" où l’on s’épuise dans des débats stériles et sans fin. Après avoir mis le général de Gaulle en ballottage en 1965, Mitterrand est l’homme qui monte à gauche. Mais Michel Rocard ne veut toujours pas travailler avec lui.

Arrive Mai 68. Rocard est au premier rang des manifestations avec les dirigeants gauchistes, alors que Mitterrand et ses amis courent derrière le mouvement, sans le rattraper. Pour Michel Rocard, c’est une victoire fatale : après Mai, il s’enferre avec le PSU dans un gauchisme débridé. 
Pourtant, 1969 marque aussi la véritable découverte de son personnage par le grand public. Candidat du PSU à la présidentielle provoquée par le départ anticipé du général de Gaulle, Michel Rocard fait 3,66 % des voix. C’est peu, mais la SFIO dépasse à peine 5 %. Le PSU continue pourtant son existence groupusculaire. 

Au congrès d’Epinay de juin 1971, lorsque François Mitterrand lance le PS dans l’aventure de l’union de la gauche, Rocard n'adhère pas à cette nouvelle stratégie. Il perd son mandat de député et attend 1974 pour soutenir la candidature de Mitterrand à la présidentielle et rejoindre le PS. Venu de l’extrême gauche, il passe directement à la 'droite' du PS en incarnant désormais une "deuxième gauche", souvent d’origine chrétienne, plus décentralisatrice, préférant la recherche du consensus à l’affrontement, l’autonomie de la "société civile" au tout Etat. En septembre 1975, Michel Rocard entre au secrétariat national du PS. En 1977, il est élu maire de Conflans-Sainte-Honorine.

Au congrès de Nantes, la même année, il prononce un discours resté célèbre, sur les "deux cultures" qui structurent la gauche. 
La rupture entre socialistes et communistes fait perdre à la gauche les législatives de 1978. Michel Rocard, lui, récupère son fauteuil de député des Yvelines. Mais au soir du second tour, à la télévision, il exprime en quelques mots, la déception et l’amertume de la gauche, et aussi sa foi dans l’avenir. La déclaration respire la spontanéité. En fait, elle a été répétée à l’avance et Rocard, à partir de là, conservera longtemps la faveur des media et des sondages. 

En 1979, au congrès de Metz, allié à Pierre Mauroy, il passe dans l’opposition à François Mitterrand. 
Le premier secrétaire (Mitterrand) et ses alliés prônent la "rupture avec le capitalisme", Michel Rocard n’y croit pas. En 1980, il décide de s’appuyer sur sa popularité et de presser le mouvement. Le 19 octobre, depuis sa mairie de Conflans, il annonce sa candidature, mais seulement si Mitterrand n’est pas lui-même candidat. Sa déclaration est malhabile, mal filmée. Lorsque, le 8 novembre, François Mitterrand se déclare, Rocard, mortifié, ne peut que se retirer. 

Rocard, premier ministre de l'"ouverture"
Avril 1985. Après la victoire de 1981 et un passage au ministère du Plan, Michel Rocard est à l’Agriculture. Le 3 avril, le scrutin proportionnel est adopté pour les législatives de 1986. Dans la nuit du 3 au 4, il présente sa démission. Il justifie sa décision par son opposition à ce mode de scrutin qui va amener pour la première fois le Front National à l’Assemblée. Il a aussi l’échéance de 1988 en tête. 
En mars 1988, François Mitterrand, annonce sa candidature à sa propre succession, sonnant la fin de la "récréation Rocard". Une fois réélu, pourtant, Mitterrand envoie à Matignon celui des socialistes qu’il juge le plus "en situation ", quoi qu’il en pense sur le fond. Michel Rocard est le premier ministre de l’" ouverture". Ses gouvernements intègrent des membres de la société civile, voire quelques transfuges de l’opposition. Pendant la campagne, François Mitterrand a affirmé qu’il n’est "pas sain" qu’un seul parti ait la majorité. Les électeurs l’ont si bien suivi que Michel Rocard ne dispose à l’Assemblée nationale que d’une majorité relative, qui le conduit à un jeu de bascule permanent, pour s’appuyer soit sur le PC, soit sur une partie des centristes.
Dans des conditions très inconfortables, le premier ministre, entravé par François Mitterrand, mène pourtant à bien un certain nombre de réformes, parfois tambour battant comme pour la création du Revenu minimum d’insertion (RMI) qui entrera en vigueur dès le 1er décembre 1988. Il ramène la paix civile en Nouvelle-Calédonie et institue la Contribution sociale généralisée (CSG)… 
A  son cabinet, le jeune Manuel Valls entame son parcours politique et il se placera désormais dans le sillage de Rocard qui l'emploiera comme conseiller en charge des affaires étudiantes. Aujourd'hui premier ministre, Manuel Valls a nommé conseiller en charge du pôle énergie, transport, environnement, logement, auprès de lui à Matignon, un polytechnicien de 40 ans en 2014,  Loïc Rocard). 

"Nous ne pouvons héberger toute la misère du monde"

"La France doit rester une terre d'asile politique...mais pas plus", ajouta-t-il. La gauche nie (Kouchner, pour qui, en avril 2015, les "salauds" sont les autres) ou instrumentalise (Sapin) - en fonction des besoins de l'actualité - que Michel Rocard a prononcé cette sentence le 3 décembre 1989, au Soir 3:

VOIR et ENTENDRE donc l'archive que conserve l'INA à disposition des manipulateurs :

Le temps creuse le fossé entre le président et son premier ministre. La première guerre du Golfe lui donne un sursis. Mais le 15 mai 1991, un mercredi, Michel Rocard se retrouve congédié en quelques minutes. 

Les illusions perdues
Les échecs de ses successeurs, Edith Cresson, puis Pierre Beregovoy le laissent espérer que son destin politique n’est pas encore joué. En avril 1993, Rocard réclame un "big bang" du PS, dont il devient premier secrétaire après le désastre des législatives. Le 29 mai 1994, il annonce que "rien", cette fois, ne l’empêchera d’être candidat à la présidentielle de 1995, où on sait que François Mitterrand ne se représentera pas. 
Mais aux Européennes de juin, alors que le président de la République a laissé Bernard Tapie conduire une liste radicale de gauche, le PS, dont les candidats sont menés par le premier secrétaire, s’effondre à 14,5 % des suffrages. Michel Rocard est débarqué, sans ménagement. C’est la fin de ses espérances. Il abandonne à l’automne la mairie de Conflans, après presque de vingt ans de mandat. Il ne sera jamais président de la République. 

Le monde a changé malgré lui. 
Il n’aime pas l’évolution des media, le règne de la dérision et le déclin du pouvoir politique. "La profession politique ne bénéficie plus du respect qu’on avait pour elle du temps où elle passait pour efficace, c’est-à-dire du temps du plein-emploi, avait-­il confié au Monde (Le Monde2 du 7 mars 2004). Aujourd’hui, on nous insulte, on nous veut pauvre et on nous moque (…) Ce qui fait que ne viendront plus que les ratés de leur profession." Il ne s’y résout pas cependant.

La victoire de Ségolène Royal aux primaires socialistes, en 2006, l’accable. Un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, il tente en vain de la convaincre de se désister… en sa faveur. Puis, quelques jours plus tard, se prononce dans Le Monde pour un accord "Royal/Bayrou", afin de battre Nicolas Sarkozy. 

Le 7 février 2013, Rocard exprime ses réserves sur le projet de loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe, estimant que le PACS "aurait pu suffire".

Sarkozy l'aide à ne pas vieillir
Le 30 juin 2007, à 77 ans, victime d’une hémorragie cérébrale en Inde, il est transporté dans un état grave à l’hôpital de Calcutta. Une fois rétabli, il continue de fumer, boit vin blanc et rouge au déjeuner, dévore des dizaines de livres. Michel Rocard n’ignore pas, cependant, qu’il lui faut peu à peu décrocher. Il démissionne du Parlement européen en janvier 2009, sous les ovations des députés. 
Il s’installe sur les Champs-Elysées, dans un immeuble hausmannien, "non loin de l’Arc de Triomphe", floute Le Monde, en fait les locaux cossus de la Fondation
Terra Nova, un think tank proche du PS. Et… continue à travailler. "Je suis déclaré guéri du cancer depuis un mois. Epargnez-moi vos commisérations, mais j’ai trois mois de retard dans mon travail, donc je bosse", lâche d’emblée l’ancien premier ministre âgé de 85 ans, de retour d'une "croisière dans l’Arctique," selon Le Monde, occultant l'attachement de Rocard à la mission que Sarkozy lui a confié.

Nicolas Sarkozy qui pratique l'ouverture s’est voulu le "DRH" du PS. Il lui confie dès le printemps 2009 une série de responsabilités : un rapport sur la taxe carbone, la co-présidence avec Alain Juppé d’une commission chargée de réfléchir à la mise en œuvre d’un grand emprunt national et le nomme ambassadeur de France chargé des négociations relatives aux pôles Arctique et Antarctique. Le voici sur la banquise, à 80 ans. 

Michel Rocard ne cachait pas, cependant, que son voyage le plus difficile restait son arrivée dans le grand âge. Lui qui vivait avec sa quatrième épouse dans une maison remplie de chiens et chats et avait encore réuni 300 personnes pour fêter son anniversaire, il constatait : "La vie active s’arrête à 60 ans; on devient caduc à 65 et les gens pensent que l’on sucre les fraises à 70. Il faut s’habituer à être moins attendu, à n’avoir plus d’avenir, quoi !" 

Intellectuellement, pourtant il en aurait remontré à beaucoup. Le 9 octobre 2015, François Hollande avait remis à un Rocard, frêle et souriant, la grand-croix de la Légion d’Honneur. Ces derniers mois, avant que la maladie ne l’affaiblisse trop, chaque fois qu’on allait lui rendre visite, on le trouvait encore au travail, son bureau encombré de livres dont il recommandait volontiers la lecture. Presqu’à chaque fois, on l’a entendu faire cette recommandation, en raccompagnant son visiteur à la porte : "N’oubliez pas : chaque nouveau quart d’heure est tout bénéfice…" 
Michel Rocard en 11 dates23 août 1930 : naissance à Courbevoie (Hauts-de-Seine)1949 : adhère à la SFIO

1958 : adhère au Parti socialiste autonome (PSA), qui devient le Parti socialiste unifié (PSU)1974 : rejoint le Parti socialiste 
1977 : élu maire de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines)
La même année, il devient député des Yvelines.  1983-1985 : Ministre de l’Agriculture
1988-1991 : Premier ministre
1993-1994 : premier secrétaire du Parti socialiste 1994-2009: Député européen1969 : candidat du PSU à l’élection présidentielle, où il recueille 3,61 % des suffrages.
2 juillet 2016 : mort à l’âge de 85 ans

samedi 18 octobre 2014

Braquage: l'argent facile fait encore un mort

Mort à Toulouse pour une poignée d'euros

Le jeune met en joue les policiers
Un braqueur a laissé la vie dans une supérette Carrefour City de Toulouse. 
La BAC est intervenue dans un contexte tendu de recrudescence des petits braquages de commerces et la multiplication des agressions contre les citoyens et les forces de l'ordre.

Timothée Lake, 20 ans, domicilié dans le quartier Basso-Cambo, proche du Mirail à Toulouse, est mort pour une poignée de billets. Il venait de mettre en joue des policiers de la brigade anti-criminalité alertés sur un vol à main armée, dans une supérette du quartier Saint-Cyprien et s'est fait tuer d'une balle dans le cœur le 17 octobre au petit matin.

Ce braquage intervient dans un climat de haute tension allant crescendo depuis plusieurs semaines, à Toulouse. Jets de projectiles sur les forces de l'ordre, caillassages en série dans les quartiers, fonctionnaires blessés par des chauffards ou braqués avec des armes factices sont le quotidien "banal" dans certains quartiers, zones prioritaires ou non.

Alors que l'enquête pour "homicide volontaire" menée par la police des polices, dira si le fonctionnaire de la BAC a agi en état de légitime défense, les syndicats, dont Unité-Police, et UNSA-Police, pointent le contexte de plus en plus difficile dans lequel évoluent leurs collègues. De son côté, Alliance Police nationale, dénonce "un climat de tension permanent pour les policiers toulousains qui doivent faire face aux agressions et provocations de voyous", précise Luc Escoda. Ce syndicat de police demande "la réécriture de la légitime défense et des peines planchers pour les auteurs d'agressions envers les policiers."

Ces derniers jours, on ne dénombre pas moins de dix agressions ou rébellions faisant des blessés plus ou moins graves parmi les policiers.
"Le constat alarmant se réitère et s'amplifie chaque jour davantage. Les récentes dispositions relatives à la contrainte pénale ne semblent pas étrangères à ces comportements offensifs puisque le sentiment de totale impunité des délinquants prévaut lors de chaque contrôle ou interpellation", avait alors alerté, Didier Martinez, du syndicat Unité SGP Police-FO.

La nuit dernière, un homme a encore été sérieusement blessé par balle, dans un square de Toulouse, où un agresseur armé d'un fusil et au visage masqué a surgi pour lui tirer dessus, a-t-on appris de source policière. La victime, âgée d'une trentaine d'années, présente des blessures très sérieuses à une jambe, mais son pronostic vital n'est pas engagé, selon la même source. L'agression s'est produite dans un square, entre deux cheminements, non loin de la station de métro Reynerie, dans le vaste ensemble du Mirail érigé il y a cinquante ans au sud-ouest de Toulouse.

Lundi, à Toulouse, un homme de 21 ans avait été mis en examen et placé en
détention provisoire pour "meurtre avec préméditation en bande organisée", dans l'enquête sur un assassinat à l'arme de guerre, commis le 14 août sur un parking, dans une commune située à la périphérie de la ville.

Responsabilité de la crise économique et de la misère  

Le braquage mortel du 17 au matin s'inscrit aussi dans ce contexte où les vols à main armée sont en recrudescence, à Toulouse et dans sa proche périphérie.
Jeudi matin, deux individus, visage dissimulé sous des masques vénitiens et menaçant le patron du magasin avec des armes de poing, ont fait irruption dans un magasin Spar (acronyme de "en coopérant harmonieusement, tout le monde profite régulièrement", en néerlandais) à Tournefeuille, également à l'ouverture, et se sont emparés d'environ 1.000 € après avoir porté des coups au gérant. Un troisième individu serait resté à l'extérieur. Dans la supérette, le gérant est pris à partie et menacé par les deux braqueurs qui exigent de se faire remettre de l'argent. L'un des agresseurs dégaine une bombe lacrymogène et l'utilise contre la victime qui reçoit également un coup derrière la tête.
Le 9 octobre, ce sont deux attaques de commerce en 3 heures d'intervalle et en plein jour qui sont commises par des individus armés.

Quatre braquages en seulement 8 jours, entre le 9 et le 17 octobre. Les 16 et 18 septembre, ce sont respectivement, un magasin Lidl, à Tournefeuille et un restaurant Quick, à Toulouse, qui sont à leur tour visés par des malfaiteurs armés. Une vague jusqu'ici contenue à de maigres butins et des traumatismes subis par des commerçants malmenés.

Des profils de braqueurs très divers
Délinquants ordinaires, solitaires désespérés plus proches du "suicide social", marginaux en errance ou équipes organisées, la palette du braqueur type est très large. Mais un dénominateur commun revient sur chaque affaire : "Ils sont tous en quête d'argent facile et cela constitue leur principale source de motivation même si les profils sont très variés", décrypte un enquêteur.
Pour boucler les fins de mois difficiles ou régler des dettes liées parfois à la drogue ou aux jeux, les malfaiteurs n'hésitent plus à braquer les commerces en minimisant parfois les risques.

Reste que la sanction encourue est théoriquement lourde. 
Les auteurs de vol à main armée sont passibles de la cour d'Assises avec une peine de 20 ans de réclusion criminelle au bout. 

C'est dans ce contexte préoccupant que le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, fera sa petite visite rituelle en pareilles circonstances, sachant que son passage était déjà annoncée le 13 octobre.

mardi 17 juin 2014

Drame de l'auto-défense en Seine-Saint-Denis

La communauté rom sanctionnée par des "personnes" du 9.3 

Aggression inter-communautaire

Un adolescent rom se trouvait lundi entre la vie et la mort après avoir été roué de coups, à une douzaine contre un, en Seine-Saint-Denis. Ces courageuses "personnes" le soupçonnaient de cambriolages à Pierrefitte-sur-Seine, ville socialiste du 9.3 dont la propagande assure que ce "quartier cosmopolite et chaleureux à sa manière souffre d'une mauvaise réputation dans les médias".
Les agresseurs se seraient livrés au lynchage d'un jeune rom de 16 ans qu'ils ont laissé entre la vie et la mort  lundi, à force de coups. Les justiciers le soupçonnaient d'avoir cambriolé un appartement dans une cité de Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis.
Le drame s'est déroulé vendredi. Le jeune Rom, habitant d'un bidonville de la Cité des Poètes, a été retrouvé inconscient peu avant minuit, abandonné sur la nationale 1, dans un chariot de supermarché. C'est la mère de l'adolescent qui a prévenu la police pour signaler l'enlèvement de son fils. Vers 17 heures, Sandu, un garagiste installé à quelques pas de ce camp de fortune dressé en bordure de la nationale 1, reçoit un coup de téléphone de son épouse affolée. "Elle m’a dit qu’il y avait une vingtaine de jeunes le visage masqué qui faisaient des problèmes à côté. Je lui ai dit de fermer les portes et de rester tranquille", confie-t-il.
Le pronostic vital engagé
"Un groupe de plusieurs personnes est venu le chercher dans le campement et l'a emmené de force", a raconté une source policière. L'adolescent aurait alors été séquestré dans une cave, où ses agresseurs l'auraient   frappé avec la plus grande violence. Grièvement blessé, le jeune a été transporté à l'hôpital Lariboisière à Paris, où il se trouvait toujours dans un état critique lundi soir. "Son pronostic vital est engagé. Il est dans le coma", rapporte une source judiciaire.
"Les invraisemblances dans cette affaire". 
"Je ne peux pas imaginer qu'une douzaine de personnes enlèvent un jeune dans un camp, pour l'emmener dans une cave, sans qu'il n'y ait aucune réaction", commente Saimir Mile, porte-parole de la Voix des Roms, une association qui défend les droits de cette communauté. Il dénonce "la multiplication des appels à la violence plus ou moins formels à l'encontre des Rom".
Le bouquin d'Alain Fourest (ci-dessus, originaire de Marseille et Aix-en-Provence, où Caroline Fourest a fait sa scolarité) tend à accréditer l'idée que les Rom, nouveaux immigrants clandestins venus de l'Est et fardeau social instrumentalisé par la propagande d'extrême gauche au titre de l'augmentation de  la précarité et de la misère en France, peuvent être assimilés aussi bien que leurs lointains parents, membres de la communauté dite " des gens du voyage ", présents en France depuis plusieurs siècles et qui ont reçu la nationalité française.
"Le jeune homme avait été interpellé à plusieurs reprises pour des faits de vol  depuis le début du mois de juin."
Quartier des Poètes
Saimir Mile remet en cause cette déclaration du maire de Pierrefitte-sur-Seine, Michel Fourcade (PS):  "si ce jeune avait été interpellé pour vols, il ne pouvait pas se trouver en liberté". Toujours d'après l'élu, il n'y a pas eu de tensions ce week-end dans la ville. Selon lui, la situation se serait néanmoins tendue ces dernières semaines au quartier des Poètes de la Cité Roseplusieurs voitures ont eu leurs vitres cassées et ont été cambriolées, suscitant l'exaspération des habitants envers les Rom du campement qu'ils accusent d'être les auteurs de ces vols. 
La police judiciaire de Seine-Saint-Denis, chargée de l'enquête, n'avait encore interpellé personne lundi soir.


Le 9 avril 2014, un site d’infos "anticapitaliste, anti-autoritaire et révolutionnaire" dénonçait  "des faits de violences policières injustifiées à l’encontre des jeunes habitants de La Cité Rose [qui] augmentent dans des proportions très inquiétantes... En effet, il y a quelques semaines un jeune habitant d’une trentaine d’années, responsable associatif et employé municipal, traversait la Cité pour se rendre chez ses parents. Au même moment, des policiers en civil couraient après des gamins d’une dizaine d’années."  Le Parisien du 3 avril précédent rapportait d'autres faits de violences: "Rixe aux Poètes : un policier blessé". 

En septembre 2012, Manuel Valls s'était livré à l'un de ses effets d'annonce, promettant la création d’une zone de sécurité prioritaire (ZSP) à Saint-Denis (ville voisine de Pierrefitte) qui réclamait 300 policiers supplémentaires, notamment dans le quartier de la gare, avec pour objectif la lutte contre le trafic de stupéfiants, les vols avec violence mais aussi le stationnement...
VOIR et ENTENDRE un reportage consacré à l'affaire de l'héroïne surdosée et à la descente de 250 policiers dans une cité de Pierrefitte-sur-Seine : Les Poètes [Cité Rose]

jeudi 14 novembre 2013

Les Espagnols écrivent leur colère sur les billets de banques

Ou comment faire passer le message aux responsables politiques et financiers

Une idée que n'a pas eue Mélenchon...

Pour se faire entendre, les Espagnols ont décidé d'écrire leur exaspération sur leurs billets de banque.
La démarche, racontée sur Euronews.com n’a rien d’illégal et pourrait bien se révéler efficace : comme la rumeur ou la calomnie, les billets circulent rapidement
Sur ce billet de 50 euros, on peut lire :
"Ah, chers politiciens et banquiers, comme je suis sûr que ce billet finira entre vos mains, j’en profite pour vous laisser un message privé : vous êtes des voleurs et des fils de putes." Et cet Espagnol affirme qu’il ne laissera aucun billet sans message.
Ces petits graffitis, qui n’enlèvent rien de leur valeur légale aux billets, suivent leur petit bonhomme de chemin de main en main, de caisses enregistreuses en distributeurs de billets, ainsi que sur les réseaux sociaux.

Sur ce billet de 5 euros :
"Les politiciens et les banquiers sont la honte de la Nation."

Un autre message demande que quelqu’un “retourne dans le passé et fasse en sorte que les parents de Rajoy [le Premier ministre Mariano Rajoy] ne se rencontrent jamais”.

mercredi 13 novembre 2013

L’immigration n’est pas une chance pour la France, révèle un sondage

Une vaste majorité de Français rejette les discours bien-pensants sur l’immigration

L’immigration n'est plus une "chance pour la France", comme  en 1984, selon Bernard Stasi


Un sondage exclusif réalisé par l’IFOP ne laisse aucune place au doute : pour une large majorité de Français, l’immigration est aujourd’hui perçue de manière négative. Ils sont ainsi 86 % à penser qu' "il faut passer d’une immigration subie à une immigration choisie", au lieu de 62 % en avril 2006. 

De plus, la proportion de sympathisants de gauche à partager cette opinion s’élève à… 82 % (avec la plus forte progression : 33 points en sept ans), quand ceux de l’UMP sont 96 %, et ceux du Front national, 92 % !


Racisme et xénophobie hantent les esprits de gauche
 

On entend déjà les idéologues fustiger une société française “radicalisée” et une "parole qui se libère". Que la gauche politique et syndicale qui recrute moins parmi les autochtones que parmi les immigrés réguliers -ou non- analysent les résultats du sondage : les sympathisants du NPA à 83 % et du PS à 85 %, ceux du Front de gauche à 75 % et d’Europe Écologie-Les Verts à 77 %, du MoDem (90 %) et de l’UDI (96 %) la partagent eux aussi !



"On observe, sur la question de l’immigration, un durcissement très net de la société française, commente Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop. Ce durcissement s’est même accéléré ces dernières années, et ce, sur toutes les questions que soulève ce débat."



En effet, 67 % des sondés affirment qu’ "on en fait plus pour les immigrés que pour les Français". En avril 2006, ils n’étaient que 40 % à le penser. Cette hausse flagrante n’épargne pas la gauche (38 % des électeurs de Mélenchon et 41 % de ceux de Hollande partagent ce constat !) mais touche particulièrement la droite, où elle atteint 41 points dans l’électorat UMP et 27 dans celui du FN.


Plus révélateur encore dans les catégories supérieures 

Le rejet de l’immigration est le moins prononcé parmi eux, à 61 %. Dans les classes populaires, en revanche, 73 % des employés et 80 % des ouvriers ressentent cette “préférence immigrée”. 
On observe, de même, un crescendo de l’exaspération selon que les sondés vivent ou non éloignés des beaux quartiers parisiens d’où viennent les leçons de morale de la gauche bien-pensante. Ainsi, 76 % des habitants des communes rurales répondent oui à cette question, tout comme 66 % de ceux des villes de province. Les habitants de l’agglomération parisienne ne sont en revanche "que" 59 % à partager cette opinion.

Le microcosme politique est déconnécté
"Tous les indicateurs vont dans le même sens", poursuit Jérôme Fourquet. À la question "Trouvez-vous que les pouvoirs publics luttent efficacement contre l’immigration clandestine ?", les Français apportent un cinglant désaveu à la caste médiatico-politique, qui jette un voile pudique sur la question.

En octobre 2013, ils ne sont plus que 24 % à penser que la réponse du gouvernement est  adaptée, contre 45 % en février 2007, sous un gouvernement de droite.  Au PS, seuls 50 % des sympathisants jugent satisfaisante la politique menée en la matière par "leur" gouvernement, quand, à l’UMP, seuls 8 % se disent satisfaits, et 6 % au Front national ! Là encore, confirmant les thèses du géographe Christophe Guilluy, théoricien de cette "France des invisibles", péri-urbaine et rurale, "beaucoup moins habituée au métissage et au multiculturalisme, sujette à un réflexe très marqué", selon Fourquet, 18 % seulement des Français des catégories populaires se disent satisfaits.


Cinglant démenti, enfin, à l’affirmation de Bernard Stasi. 

Repris dans une question de notre sondage, le titre de son livre, l’Immigration, une chance pour la France, fait aujourd’hui la quasi-unanimité contre lui. Les Français ne sont plus que 37 % à partager sa conviction — ils étaient encore 49 % en février 2007. Un discrédit généralisé envers la doxa politiquement correcte des conseillers déphasés de nos gouvernants actuels.

Prochaine confrontation de la bien-pensance avec la réalitéPartagez-vous l'opinion de Michel Rocard sur la France qui "ne peut pas accueillir toute la misère du monde"?